Dans 50 jours commence 2017. Dans 50 jours le Canada entre dans une grande fête de commémoration de ses 150 ans d’existence en confédération !
Tout le pays va le fêter avec la couleur emblématique, le rouge, présent dans leur beau drapeau. Une collecte d’histoires, pour se remémorer comment le Canada s’est construit et s’est développé, est en cours de fabrication sur ce site.
Le drapeau canadien que nous connaissons bien, avec sa feuille d’érable, n’a que 51 ans. C’est sans doute pour cela qu’il est si moderne et attractif :
De nombreux logos pour symboliser les 150 ans ont vu le jour (la bataille fait rage !) et j’aime beaucoup celui-ci, plus que l’officiel qui n’est pas tout rouge & blanc :
Logo de Greg Muhlbock. Peut-être pas assez lisible, la feuille d’érable n’est pas assez mise en valeur… mais j’aime bien !
Le logo officiel est malheureusement celui-ci, avec un arc-en-ciel à la mode de ces dernière années :
Tant qu’à faire, j’aurais bien mieux aimé la superbe feuille d’érable en quilt de Sarah Elizabeth :
Un fond clair aux imprimés inattendus, un design repensé, des couleurs arc-en-ciel bien plus subtiles, en tissus Liberty… J’adore ce tableau textile !
Du côté des quilteuses, Mary Elizabeth Kinch a signalé sur sa page Facebook le début d’un sampler quilt-along (à faire ensemble au fur-et-à-mesure) organisé par la boutique Sew Sister Quilt Shop. En voici le modèle :
Chaque bloc est la création d’une quilteuse canadienne.
A suivre si vous le souhaitez, mais manifestement c’est la partie canadienne anglophone qui organise ceci. Si j’apprends des initiatives de quilteuses francophones, je vous en tiendrai informés ! Rien ne vous empêche de décider de faire le sampler rouge & blanc dont vous avez déjà tant rêvé… Oui, celui-ci, ou celui-là…
Au moment où tant d’Américains, catastrophés par l’arrivée de Trump, cherchent une nouvelle patrie, le Canada n’a jamais été autant sous les feux de la rampe…
C’est ce que tout le monde, qui suit de près ou de loin la campagne électorale américaine, se demande. Son goût du secret, sa propension à ne pas tout dire font que de nombreuses rumeurs courent sur sa santé.
Ce n’est pas ici le lieu pour faire une tribune politique, mais je m’intéresse tant à l’histoire des Etats-Unis, notamment via l’histoire des quilteuses ! Je m’informe en suivant notamment les interventions de Nicole Bacharan, journaliste que j’apprécie beaucoup. Sa fine analyse du monde politique, sa connaissance du peuple américain dans toute sa diversité, m’aident à mieux comprendre toute la culture américaine qui reste bien différente de la française. Vous rappelez-vous ? J’avais évoqué son livre sur l’évolution de la condition des Noirs en terre nord-américaine.
Selon elle, il est évident qu’il vaudrait bien mieux Hillary Clinton que Donald Trump à la Maison Blanche.
Vous savez ce que c’est, vous vous donnez le droit de critiquer vos parents ou vos enfants, mais vous ne supportez sans doute pas que d’autres personnes le fassent ! Alors n’étant pas Américaine ni journaliste, je m’en tiendrai à donner ma préférence personnelle avec cette simple photo :
Un petit quilt nommé « In Honor of Hillary », fait en juin dernier lorsqu’elle a gagné l’investiture démocrate.
Ce quilt vous dit-il quelque chose ? C’est que vous avez feuilleté Les Nouvelles n° 130 de France Patchwork ! Il est en illustration, dans la rubrique des Blocs de Garance, pour les Etoiles de l’Ohio… ou Etoiles de l’Espoir.
Ma chère amie Maïté m’a envoyé des photos au cœur de l’été au sujet d’une histoire insolite, méconnue (du moins en France), triste et touchante. On se croirait dans un roman exotique, mais Lili’uokalani a bien existé et voici un pan de sa vie.
Lili’uokalani, ici en 1891, eut un destin unique.
Hawaï, Hawaii ou Hawai’i, au choix, est un archipel de 137 îles nommé d’après l’île principale, perle américaine du Pacifique, paradis de vacances au son du ukulélé, réserve de merveilles de la nature, spot de surf, lieu de naissance de Barack Obama en 1961… et je n’en savais pas grand chose d’autre.
Je ne m’étais jamais demandé comment cette île avait bien pu rejoindre le géant étasunien.
Paysages paradidiaques…
Pour faire court, ces îles polynésiennes furent découvertes par l’Occident par le grand explorateur James Cook en 1778. Il les baptisa les Îles Sandwich : il aurait aussi pu les nommer Îles Ananas, tant qu’à faire !
L’ananas, soleil d’or de Hawaii!
James Cook mourut à Hawaii un an après, battu à mort par les natifs (on dit qu’il fut ensuite mangé… mais rien n’est sûr). Cela ne lui a pas porté chance de baptiser ces îles en hommage à John Montagu, comte de Sandwich (Angleterre), diplomate et amiral, mais aussi joueur invétéré corrompu ! La légende veut que ce comte ne voulait pas perdre de temps à se mettre à table pour manger, d’où la préparation avec une tranche de bœuf au milieu de deux tranches de pain nommée ensuite sandwich…
Les îles s’unifièrent en royaume en 1810, dynastie qui perdurera jusqu’en 1893 pour laisser place à une République éphémère et troublée, puis elles devinrent territoire américain jusqu’à devenir en 1959 un Etat des Etats-Unis à part entière, le 50e. C’est le destin du dernier monarque qui nous intéresse aujourd’hui, une femme nommée Lili’uokalani.
Lili’uokalani régna de 1891 à 1893. Tableau de William Cogswell.
Lili’uokalani (1838-1917) succéda légitimement à son frère au trône d’Hawaii en 1891. Elle avait à cœur de restaurer les prérogatives de son peuple vis-à-vis des Américains et des Européens de plus en plus « envahissants » ; le port de Pearl Harbor est idéalement situé comme base économique du Pacifique pour les USA… Hélas, les haoles (les riches blancs) contestèrent donc rudement l’autorité de Lili’uokalani et ne la laissèrent pas longtemps en place : la Reine fut destituée deux ans après. Les troubles durèrent jusqu’en 1895, date à laquelle elle fut arrêtée, soupçonnée de rébellion, et gardée de force dans une chambre de son ancien palais royal à Honolulu. Enfermée une année, cette femme très pacifique (chrétienne mais aussi proche des bouddhistes et shintoïstes d’Hawaii) avait une âme d’artiste qui l’aida à passer le temps : elle écrivit des poèmes, ses mémoires, composa des chants devenus célèbres… et fit un quilt à sa manière ! Elle sera réhabilitée et dédiera sa fortune dans son testament pour sa Fondation pour les enfants orphelins et déshérités d’Hawaii.
Voici le quilt fait par la Reine durant sa captivité, quilt qui n’a rien de commun avec les habituels quilts hawaïens actuels mais tout à voir avec son époque :
Quilt crazy victorien de Lili’uokalani, fait en 1895. De fait, dépêchée par son frère, Liliuokalani avait mené la délégation royale hawaïenne vers Londres pour le Jubilée d’Or de la Reine Victoria en 1887. Les toilettes colorées des Hawaiennes y firent sensation et c’est peut-être là qu’elle vit et aima ce genre de quilts à la mode !
Par amitié, la dame de compagnie de la reine resta tout le long de l’assignation à résidence avec elle. La fidèle servante ne partait que le dimanche pour rendre visite à sa famille. Le quilt fut probablement fait par les deux femmes ensemble. Vu dans son ensemble, ce n’est pas le crazy le plus esthétique du monde, mais il témoigne de tant de choses et de près, il est somptueux. Il est immense (presque 2,50 m de côté), fait de chutes de vêtements féminins d’alors, principalement de soie, velours, rubans, lin… Il est extrêmement fragile et est à présent exposé sous verre dans sa chambre de détention. La différence esthétique entre les blocs provient du fait que l’ex-reine assembla des parties faites au fur et à mesure, sans savoir quand son incarcération finirait. L’avait-elle commencé avant son arrestation ? L’a-t-elle assemblé après sa libération ? Je l’ignore. En tout cas, Lili’uokalani ne remonta jamais sur le trône et vécut jusqu’en 1917.
Bill Clinton, 1993
Bill Clinton, au nom des USA, présentera tardivement un texte d’excuses (Apology Resolution) au peuple hawaiien en 1993. Le revenu médian des ménages est nettement au-dessus de la moyenne dans cet Etat, la population est très diversifiée et il fait bon y vivre ! Pourtant l’indépendance d’Hawaii est un sujet épineux pour une partie de la population et des revendications d’indépendance restent d’actualité.
Voici des photos de détail, les premières proviennent de Mary Agnes Howard, l’amie de Maïté qui a visité le palais d’Honolulu cet été. On a donc quelques reflets inévitables, mais le quilt est bien visible. Merci à toutes deux !
La bordure noire encadre bien les carrés de styles variés et donnent une unité, ce qui n’empêche pas mille et une fantaisies !Faune et flore de l’archipel sont bien présents, très joliment brodés.
Le quilt de style victorien est extrêmement bien brodé et recèle de nombreuses allusions au peuple hawaiien, mais aussi tout ce que l’on trouve habituellement dans un ouvrage de ce genre (livre).(livre)(livre)
La reine déchue mit dans son quilt tout son amour pour Hawaii, pour sa famille… Un livre montre de nombreuses photos détaillées du quilt avec son histoire et certaines photos ci-dessus proviennent de cette source :
Et voilà comment, une fois de plus, la grande histoire s’apprend grâce aux quilts !
EDIT à 10 h : je viens d’apprendre que le Président Obama vient de quadrupler, à l’ouest de l’archipel d’Hawaï, une zone protégée de la planète qui devient ainsi la plus grande du monde, à lire ici en français. La pêche commerciale, l’utilisation des fonds sous-marins sont désormais interdites, mais la pêche traditionnelle hawaïenne reste autorisée. Protection de la Nature : Yes we can!
En dépit du plaisir de nous retrouver après un été plutôt chaud et actif pour ma part et qui, je l’espère, fut beau pour vous tous, nous allons commencer par un sujet grave mais aussi un projet exaltant. Cécile, une fois de plus, a été la première en France à faire connaître sur son blog un challenge lancé pour commémorer une page fort sombre de l’Histoire. C’est donc avec ce projet hors norme que commence l’année – car je reste comme les enfants et les enseignants, l’année commence en septembre – fou pour l’organisatrice, inconcevable par l’évocation du thème, mais si raisonnable à suivre pour nous…
Participer à un quilt « pour une cause » est affaire courante aux Etats-Unis. Seul on est impuissant, ensemble on est si fort… Ici le but est de réunir 70 273 blocs. Non, je ne me trompe pas, malheureusement…
Jeanne Hewell-Chambers a un jour découvert une des horreurs de la seconde guerre mondiale, en 1940-41 : 70 273 personnes, adultes, ados et enfants, furent exécutées lorsque deux docteurs les désignaient handicapés (moteur ou mental) au vu de leur fiche médicale ; il s’agissait de se débarrasser de gens « qui ne méritaient pas de vivre », « des fardeaux inutiles pour la société ». Une horreur de normalisation concrétisée par une croix rouge sur la feuille. Deux croix signaient l’arrêt de mort. Cette absurde haine de l’autre différent, orchestrée par les Nazis, fait partie du passé, mais l’homme ne change pas et notre présent est rempli de toutes sortes de risques d’embrasements, ici et ailleurs.
Bloc de Catherine Hill, Royaume-Uni.
Pour des infos historiques détaillées, vous pouvez voir la présentation sur ce blog. C’est le quotidien avec sa belle-sœur handicapée qui a sensibilisé Jeanne à cette horreur, mais je ne connais personne qui puisse rester indifférent à la monstruosité de ces faits historiques.
Le but du projet est de faire 70 273 blocs représentant chaque mort.
OUI, Jeanne se rend compte de l’énormité du travail ! C’est pourquoi elle fait appel au monde entier pour l’aider à réaliser ce rêve fou. Pas besoin d’être quilteuse accomplie, il faut juste, sur un tissu blanc de la dimension choisie entre les trois données et d’y appliquer deux croix. Toute liberté ou presque est laissée pour le choix des matériaux. Cela peut faire l’objet d’un atelier, autant avec des enfants qu’en maison de retraite, et bien sûr en club de patchwork !
couper un tissu blanc (blanc comme la feuille de papier) d’une de ces 3 tailles : 3.5″ x 6.5″ ou 6.5″ x 9.5″ ou 9.5″ x 12.5″. Ces mesures ne tombant pas juste en centimètres, je ne les convertis pas (convertisseur sur le site France Patchwork). Les fantaisies sont permises : tissus de récup’ appréciés, tant qu’ils sont blancs, aux bonnes dimensions et pas trop épais.
Des napperons anciens pour tissu de fond chargé d’histoire…
appliquer dessus 2 croix rouges, de la couleur de l’encre qui condamnait (en tissu découpé, en broderie, en ruban, feutrine ou autre, même en peinture si vous voulez) en laissant un cadre blanc d’au minimum 7 mm libres tout autour pour la couture d’assemblage. Cela peut être rustique ou sophistiqué.
on nous demande de ne pas signer sur le bloc, mais d’épingler la feuille de participation remplie (ce PDF) au bloc.
adresse d’envoi : sur le PDF, à Jeanne Hewell-Chambers, en Caroline du Nord, USA.
EDIT : suite à la demande en commentaire, je suis donc à la recherche d’une personne qui pourrait traduire en français le PDF de Jeanne. Merci de me laisser un message si cela vous semble possible de réaliser ce travail de traduction bénévole ! Notez la couleur verte, couleur de l’espoir…
Sophistication extrême : un texte a été écrit en piqué libre pour former les croix. Fait par MJ Kinman. Photo FBBrenda Shimshick a habilement mêlé ruban et bordure de dentelle. Photo FBAutre participation : chaque bloc est important ! Photo FBLe début du premier top. Les 70 273 blocs seront assemblés par des volontaires en plusieurs quilts bien sûr, qui seront exposés un peu partout. Un jour peut-être en France ?… Si nous sommes nombreuses en Europe à y participer, pourquoi pas à Sainte-Marie-aux-Mines ?… Jeanne attend également vos témoignages et dédicaces, le cas échéant (voir le PDF, pour le moment uniquement en anglais). Outre l’expo itinérante, ce grand projet aboutira aussi à un livre.
Bien sûr, j’y participerai et espère récolter dans mon entourage quelques blocs… Je vous les montrerai avant leur envoi !
Les bénévoles Kitty Sorgen et MJ Kinman avec le premier top, espoir de la réussite du projet 70273. Photo FB. Admirons le quilt du mur, invraisemblable scrap-quilt de récup’ !!! C’est un quilt de MJ Kinman, à droite. Avec de telles quilteuses, on comprend qu’un projet aussi fou et grandiose puisse aboutir un jour… avec l’aide de nous tous.Le quilting du premier top commence. Tant de bonnes volontés pour ce projet… Je souhaite une participation massive de la France et des amies francophones !
De cette tragédie du milieu du XXe siècle, Jeanne veut en faire une oeuvre d’art collective pour ne pas oublier.
Démarche assez similaire finalement, en 2014 un artiste a entièrement recouvert de miroirs un bunker édifié par les Allemands en 1944 sur une plage des Flandres.
Un bunker parmi d’autres, vestige de la 2e Guerre mondiale, avant sa transformation extraordinaire par un artiste anonyme.
D’une grosse verrue hideuse de béton mais qui finissait pas devenir invisible aux yeux de tous, l’artiste en a fait une oeuvre énigmatique et poétique nommée « Réfléchir » :
Anonyme (c’est ainsi que se fait appeler l’artiste qui reste justement anonyme, voir son site ici) explique sa démarche :
« Réfléchir renvoie à un aspect plus politique du blockhaus, on ne peut ignorer que sur cette terre, il y a plus de 70 ans une guerre a eu lieu, des hommes se sont affrontés. Par son projet, Anonyme nous questionne sur le contexte social et politique actuel, la montée de l’extrémisme. Le passé est-il réellement révolu ? Saurons-nous tirer les enseignements de l’Histoire ? »
« Entre les mains de l’artiste, le bunker ainsi indéfinissable, universel, nous transporte loin, très loin de Dunkerque, vers un ailleurs, une terre inconnue. »
J’aime regarder les photos anciennes qui sont autant de témoignages directs de la vie d’antan. En ce qui concerne les clichés d’Amérique du Nord montrant les conditions de vie des pionniers, je traque toujours ce qui a inspiré les femmes dans leur création de blocs de patchwork… On ne se refait pas !
L’économie domestique, tout comme en Europe, était basée sur le troc avec les voisins ou les colporteurs. Tant de choses se faisaient à la maison et on échangeait ce qu’on savait faire, avec les matières premières disponibles.
Le beurre se préparait à la maison quand on avait du lait à la ferme.
En voyant cette baratte (pour faire du beurre), je ne vois pas le rapport avec le fameux bloc « Churn Dash » alias palette de baratte à beurre, le plus souvent traduite simplement par baratte. C’est que je n’ai pas vu ce qui agite la crème fraîche à l’intérieur ! Parmi les très nombreuses palettes ingénieuses qui toutes permettent d’agiter la crème, de l’oxygéner et ainsi de précipiter d’un côté les matières grasses, de l’autre côté de petit-lait (ou babeurre), j’ai trouvé la photo de celle-ci :
On comprend ici comment un jour, une femme a eu l’idée d’appeler son bloc du nom de cet objet ! Photo de ce blog.Cette baratte en grès et bois est du XVIIIe siècle.Le beurre se fait un peu partout ! Ici, au Tibet.
Ces barattes sont les plus rudimentaires et réclament beaucoup d’énergie et de patience ! Les femmes chantaient souvent des chansons consacrées au barattage, pour les aider à tenir le rythme. Plus sophistiquée, la baratte normande est plus rapide pour séparer le beurre du petit-lait, nous en avions un bel exemplaire dans la salle d’exposition de Fibre Occitane à Roques-sur-Garonne.
Le bloc Churn Dash est un des plus simples, mais pas le moins beau, il permet tant de variations de couleurs et valeurs ! Il faisait partie des tout premiers blocs appris par les petites filles. Si populaire, il est appelé de toutes sortes de façons : baratte à beurre, mais aussi trou dans la porte de la grange, assiette cassée, tête de dragon, poules et poussins, marteau de Lincoln, nœud d’amour et tant d’autres… N’est-ce pas poétique tout ça ?
La beauté des quilts traditionnels est infinie. Plus modernes et toujours attractifs :
Très beau quilt de Marianne Fons (vu ici)Impressionnante perspective de ce quilt fait par Patricia Nordmark : Shoo, fly!De Joëlle Vétillard, 30 ans, 30 blocs, en hommage à France Patchwork en 2014.Toujours pour les 30 ans de France Patchwork, l’interprétation de Brigitte Didier.Un bloc unique est très beau aussi ! Un rayon de lumière sur des blocs !Lisa Ellis QuiltsMise en abîme du bloc par Quilt Jane, Australie.Barn Dance, Denise RussartLes barattes libérées et distordues de Fresh Lemon Quilts
Et le beurre dans tout ça ? Il est possible de le faire à la maison (voir ici ou ici) : drôle à faire, un peu magique pour les gens du XXIe siècle, à essayer avec des enfants !… Mais je préfère faire du patchwork.
Dans le beau livre d’images Quiltscape II de Rebecca Barker, une illustration du quilt « Hole in the Barn Door » devant une scène de ferme, avec un trou dans la porte de la grange (traduction littérale du nom du bloc).Pour finir, un très joli bloc de Lori Holt du blog Bee in my Bonnet !
Une quilteuse ariégeoise, Anne-Marie Esteban, n’a pas oublié de rendre hommage à un illustre musicien de son beau pays pyrénéen :
Au Pays de Gabriel Fauré, A-M Esteban
Le voici, peint par John Singer Sargent en 1889, l’époque de la création de La Pavane :
La Pavane est une musique aérienne composée pour célébrer la grande beauté de la Comtesse Elisabeth Greffuhle, sa muse, « Madame la Fée », une femme au cœur de la vie artistique européenne durant sa longue vie (1860 – 1952).
Photographie Paul Nadar, Elisabeth à l’âge de 35 ans (1895).
Pour entendre cette divine musique… et voir de bien belles choses, allez visionner le cadeau que nous fait Liliane Buda (descendez, cliquez sur diaporama Fibre Occitane… et montez le son).
Aujourd’hui, c’est Frédérique, quilteuse investie dans la délégation France Patchwork de l’Hérault, qui s’exprime ici aujourd’hui ! Suivons-la pas-à-pas pour visiter une rubanerie…
A la limite de la France et de la Belgique se trouve la petite ville de Comines. Une rivière partage la ville de chaque côté de la frontière. Dès le Moyen Âge, Comines acquiert un précieux savoir faire textile puis s’y installe une manufacture de rubans sur la rive droite de la Lys.
Au début du XXème, Comines devient même la capitale du ruban utilitaire mais la guerre de 14-18 détruira les usines. Aujourd’hui, il reste quelques fabricants de rubans de haute technologie mais aussi un musée qui retrace toute cette évolution de plus de 800 ans, avec des métiers et des machines en état de marche. On y est très bien reçu, le personnel fait l’ effort de parler dans différentes langues et n’ hésite pas à faire fonctionner les machines pour bien expliquer. Ce soir, je pense à cette gentille dame, à ce monsieur passionné mais aussi à tous ceux que je connais en Belgique. J’ai envie de partager cette petite rubrique pour dire qu’à travers le temps et l’espace des gens sont capables de vivre ensemble malgré leurs différences, leur langue, et de partager .
Tout d’abord le ruban est un tissage de quelques millimètres à 30 cm maximum, au delà c’est du tissu. Le tissage consiste à croiser deux types de fils : ceux de la chaîne, dans la longueur et ceux de la trame qui passent à l’ aide des navettes. La navette est une pièce de bois pointue qui contient une bobine de fil. Elle se déplace d’une lisière à l’ autre alternativement. Les côtés d’une fermeture éclair, les ceintures de sécurité, les élastiques des chaussettes, les marques tissées avec ou sans dessins, la laisse du chien, la gaine des fils électriques, le câble d’amarrage du porte avions Charles-de-Gaulle… sont des rubans.
Loin des métiers du Néolithique, dont une maquette montre le fonctionnement avec les poids constitués de gros cailloux, les premiers métiers manuels fonctionnent avec une simple barre de bois qui soulève les fils de chaîne. En 1200, c’ est le début du tissage en Flandres, mais la ville d’Ypres arrive à éliminer Comines de cette production. Comines organise alors la production du ruban. A l’époque on travaille avec du lin et de la laine anglaise, c’est toujours la même personne qui produit. On appelait alors la Lys la Golden river car en permettant le rouissage du lin, elle prenait une couleur jaune doré. Dans un bruit d’ enfer, d’autant que les métiers étaient dans les maisons, commence alors la danse des navettes.
Puis vers 1719 arrive un métier à tisser 5 rubans simultanément, c’est un métier à barre. Il fallait une heure pour fabriquer 20 cm de ruban. Pour toucher 20 sous, il fallait 5 rubans de 30 m, en comparaison à l’époque, un pain valait 2 sous ! Les métiers sont alors regroupés dans des manufactures.
Ensuite, avec la révolution liée à la machine à vapeur, les tisserands intègrent les usines et travaillent à côté de plusieurs dizaines d’autres.
J’ai découvert une chaudière qui faisait fonctionner un métier à vapeur. Sous l’énorme porte noire par laquelle on enfournait le charbon, il y a un tuyau, brûlant, bien sûr. Les enfants se glissaient dedans pour nettoyer la chaudière. Je frémis en pensant à la terreur qu’ ils devaient ressentir à devoir se glisser là-dedans…
Arrive en 1900, un nouveau métier, le « progrès » permettait à un ouvrier de gérer 5 métiers à tisser. C’est à ce moment que Comines est considérée comme la capitale mondiale du ruban utilitaire (à Lyon ou à St-Etienne c’est le ruban fantaisie). Pendant la 1ère Guerre Mondiale, la ligne de front est dans la ville, les usines servent de dortoirs, les métiers sont démontés ou détruits. Les usines seront reconstruites et les navettes tisseront à nouveau ! En 1933, le métier en demi-lune permet alors de tisser 20 rubans à la fois. Le nom vient d’une pièce en bois sur laquelle le ruban se déroule qui est en forme de poignée. Ce système de propulsion des navettes sera breveté mais surtout permettra à la ville de se relever après les destructions de la guerre. Il permet en effet de tisser deux fois plus de rubans sur la même surface d’usine car la course horizontale de la navette est remplacée un mouvement semi circulaire ( en demi lune). Puis vers 1950, les métiers porteront 2 étages de navettes, une personne sera alors responsable de 25 métiers. Dans cette machine, on utilise le nœud du tisserand , très fin. Vers 1970, les métiers en bois disparaissent au profit des métiers à aiguilles, plus compacts et surtout plus rapides : on produit 2 mètres à la minute.
Dans ce musée on peut aussi voir quelques représentations de personnages locaux : le géant Simon le rubanier et Luc, le marmouset. Des machines : ourdissoirs, canetières, tresseuses. On découvre un « piano » pour créer les cartons Jacquard comme ceux utilisés pour la dentelle, un baudet, machine permettant la mise sur carton du ruban pour la vente. On peut aussi découvrir ce qui se cache dans la fermeture éclair. Une jeep bâchée montre les premières fermetures éclairs, métalliques et énormes, arrivées avec les américains à la 2ème guerre mondiale !
Aujourd’hui à Comines, a été créé un ruban médical pour suppléer les carences osseuses de vertèbres. Le ruban remplace et consolide la partie osseuse malade.
Voilà, c’était ma façon de montrer ma solidarité à ce pays touché à son tour si durement,
Vous faites peut-être partie des quilteuses folles de récupération, préservant même les lisières des tissus pour les utiliser ensemble à part entière, comme on le ferait de n’importe quelle bande de récupération.
Mais savez-vous qu’indépendamment du patchwork, les lisières étaient réutilisées dans l’économie ménagère des siècles précédents ?
Auparavant, il n’y avait pas de normes concernant la largeur des tissus, la limite physique était imposée par le métier à tisser. On tissait la largeur juste nécessaire pour faire le linge de maison, du drap au torchon : deux ourlets à faire, c’est mieux que quatre ! Ces bordures droites, ces lisières étaient si possible utilisées aussi en confection, le long des boutonnières par exemple. Et puis on peut même évoquer les rubans, qui sont finalement des tissus d’une largeur variant de quelques centimètres à quelques millimètres, avec leurs deux lisières bien mises en évidence.
A chaque fin de vie de drap, on récupérait les bords (moins usés que le centre) et on conservait toutes les lisières qui étaient restées bien solides. L’usage en était tellement banal qu’il est difficile d’en trouver des traces écrites. Mais les langes de bébé, ces carcans invraisemblables, étaient la plupart du temps des lisières de draps. Seuls les bébés nés dans des familles aisées avaient droit à de la dentelle sur les langes, mais ils étaient tout autant entravés… et rarement changés.
Le futur Louis XIV et sa nourrice, Dame Longuet de La Giraudière. Peinture de C. Beaubrun.Jusqu’au début du 20e siècle, les enfants sont emmaillotés dans les campagnes. Voir ici… Dans plusieurs régions la coutume était de les accrocher à un clou, ou les mettre dans un sac suspendu. JJ Rousseau a longuement traité de l’éducation des enfants dans son livre l’Emile, un traité révolutionnaire sur l’éducation, et recommande notamment de vêtir les bébés de manière plus libre. Comme le monde n’est jamais parfait, ses excellentes visions n’ont pas fait de lui un bon père, mais c’est une autre histoire… Voir le blog les Petites Mains, très documenté sur ce vaste sujet.Emmaillotage d’un bébé – Hiver, de Giuseppe Gambarini, 1721.
Les lisières étroites avaient aussi le rôle de ficelle. Toujours pour les bébés, elles maintenaient le bébé dans le berceau :
On garde en mémoire, dans la littérature ou la peinture, trace de l’utilisation des lisières comme brides pour tenir les enfants en laisse lors de leurs premiers pas.
Tableau de Rubens : sa femme tient leur enfant en lisière, qui porte aussi un bourrelet autour de la tête.
Pour prévenir les dangers d’une chute, on confectionnait également une sorte de casque en chutes de tissus appelé bourrelet.
Emile n’aura ni bourrelets, ni paniers roulants, ni chariots, ni lisières ; ou du moins, dès qu’il commencera de savoir mettre un pied devant l’autre, on ne le soutiendra que sur les lieux pavés, et l’on ne fera qu’y passer en hâte*. Au lieu de le laisser croupir dans sa chambre, qu’on le mène journellement au milieu d’un pré. Là, qu’il coure, qu’il s’ébatte, qu’il tombe cent fois le jour, tant mieux : il en apprendra plutôt (sic) à se relever.
* Il n’y a rien de plus ridicule et de plus mal assuré que la démarche des gens qu’on a trop menés par la lisière étant petits : c’est encore ici une de ces observations triviales à force d’être justes, et qui sont juste en plus d’un sens.
L’Emile, livre II.
La lisière est, de manière figurative, ce qui sert à guider :
Nous sommes de vieux enfants ; nos erreurs sont nos lisières, et les vanités légères nous bercent en cheveux blancs.
Voltaire, Epître 88.
Une expression, « tenir quelqu’un en lisières », signifiait « tenir quelqu’un sous sa coupe ».
Nous avons oublié l’existence des chaussons en lisière, si communs des siècles durant et pourtant encore portés au XXe siècle. Il s’en faisait dans de nombreux ateliers. Il nous en reste juste les espadrilles du pays basque !
Les romans regorgent de citations comme :
Je n’avais que mes chaussons de lisière à mes pauvres pieds.
Eugène Sue, Mystères de Paris II (1842)I
Il distingua soudain un bruit assez difficile à exprimer et qui devait être produit par des hommes en chaussons de lisière montant l’escalier.
Honoré de Balzac, le Père Goriot (1835)
J’ajoute le commentaire que je viens de recevoir :
Ces chaussons étaient traditionnellement tressés dans des ateliers de prison et « tresser des chaussons en lisière » était synonyme, dans l’argot des voleurs, d’être en prison !
Le pis qui pouvait arriver, c’était que Raboliot se fît cueillir par les gendarmes. Alors, il tirerait un mois à Sancerre, chauffé, nourri pour rien, fabriquerait des chaussons de lisière, et reviendrait la mine florissante, avec un pécule dans sa poche.
Genevoix, Raboliot,1925
Illustration Gournay : Vous n’avez pas de chaussures, v’nez par ici… vous allez faire des chaussons de lisière.
… Mais c’était aussi une occupation pour les aliénés ou les aveugles. Louis Braille fut nommé « contremaître de l’atelier de chaussons de lisière et de tresse » à l’Institution Royale des Jeunes Aveugles de Paris, alors qu’il mettait au point son alphabet, à l’âge de 14 ans… La valeur n’attend pas le nombre des années !
Alors les quilteuses d’aujourd’hui sont les héritières de cette longue tradition ! Si les lisières se réutilisent depuis la nuit des temps, certaines en font vraiment des quilts formidables :
Sauvez vos lisières ! C’est l’appel de Riel Nason qui publie son livre très bientôt ! Ce quilt est vu ici.
Pour en savoir plus, lisez le dossier « Modern Quilt » des Nouvelles n°128, magazine de France Patchwork, qui va arriver dans les boîtes aux lettres des adhérents dans quelques jours ! J’ai essayé de vous inciter à vous amuser avec ces petites bandes de rien du tout…
Quant à l’Arbre de Vie dans la rubrique des Modèles, vous verrez le quilt qui me l’a inspiré, de Karen Griska, par ici!
Même si vous n’avez jamais mis les pieds dans un temple ou une église, vous connaissez certainement ce chant religieux, Amazing Grace. Il fut même chanté a capellapar le Président Obama en hommage aux victimes de la fusillade survenue voilà 7 mois à Charleston (Caroline du Sud), dans une église. Le tueur voulait démontrer la suprématie blanche, il a donc tué 9 personnes noires. Tel est notre monde, avec un certain nombre d’éléments bien foireux. Nous en avons malheureusement bien trop d’exemples récents.
La mélodie est prenante, gracieuse, et en voici le texte traduit :
Grâce étonnante, au son si doux,
Qui sauva le misérable que j’étais ;
J’étais perdu mais je suis retrouvé,
J’étais aveugle, maintenant je vois.
C’est la grâce qui m’a enseigné la crainte,
Et la grâce a soulagé mes craintes.
Combien précieuse cette grâce m’est apparue
À l’heure où pour la première fois j’ai cru.
De nombreux dangers, filets et pièges
J’ai déjà traversés.
C’est la grâce qui m’a protégé jusqu’ici,
Et la grâce me mènera à bon port.
Le Seigneur m’a fait une promesse,
Sa parole affermit mon espoir;
Il sera mon bouclier et mon partage,
Tant que durera ma vie.
Oui, quand cette chair et ce cœur auront péri
Et que la vie mortelle aura cessé,
Je posséderai, dans l’au-delà,
Une vie de joie et de paix.
La Terre fondra bientôt comme de la neige,
Le Soleil cessera de briller,
Mais Dieu, qui m’a appelé ici-bas,
Sera toujours avec moi.
Ce chant a une belle histoire, à l’américaine. Il était une fois, au milieu du 18e siècle, un capitaine britannique de navire négrier, paillard et débauché. Après avoir survécu à une terrible tempête en mer il a reçu la grâce, s’est converti, est devenu prêtre anglican et militant contre l’esclavage ! John Newton écrivit ce texte plein de références au Nouveau Testament en 1760, mais la mélodie que nous connaissons, écrite en 1835 par William Walker, provient du mélange de plusieurs chants anglo-celtiques.
Ce bijou est devenu à part entière un trésor du patrimoine culturel américain populaire, chanté avec ferveur bien au-delà de considérations religieuses. Les peuples celtiques le revendiquent toujours, les Noirs américains le chantent en gospel, c’est un monument musical apprécié de tous. A chaque mouvement racial, à chaque revendication pacifique, quelqu’un lance cet hymne au rassemblement pour la paix et l’espoir malgré les épreuves. Il est joué, chanté 10 millions de fois… par an !
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Amish Grace, tel est le nom de ce quilt présenté par Simply Moderne (n° 3). Je n’ai pas pu m’empêcher de rapprocher ce titre de celui du chant ! Amish par l’utilisation d’unis denses, gracieux par son élégance, il attire l’œil avec ses tons chauds réconfortants. Contrairement à ce que j’imaginais, les quarts de rond ne sont pas piécés comme pour un Chemin de l’Ivrogne, mais appliqués. Toutes les explications sont dans le magazine, mais si vous souhaitez un coup de pouce pour le réaliser, rejoignez mes copines Béa et Cécile ! Elles vont commencer ce quilt en février et proposent de le faire en « quilt along » (quiltons ensemble), avec des rendez-vous à chaque étape. Excellente initiative !
Depuis des mois, depuis même des années, des bateaux traversant la Méditerranée causent beaucoup de soucis, à la fois humanitaires et politiques. On parlait de Boat People il fut un temps, dans les années 1970-1980, pour traiter de l’exode des Vietnamiens qui voulaient une vie meilleure.
1984 – Boat People vietnamiens- Photo Phil Eggman
Dans le désespoir, ces gens fuyant coûte que coûte une douloureuse vie vers un avenir meilleur ne peuvent laisser indifférents ; prendre la mer est un moyen d’exil utilisé depuis la nuit des temps.
Couverture de livre (voir aussi ici) montrant un navire allant d’Europe vers l’Amérique.
Pour l’espoir, des voyages en bateau véhiculent le rêve de nouvelles terres, l’envie de grandes explorations, d’aventures ou le commerce d’un continent à l’autre… De l’Antiquité jusqu’au milieu du XXe siècle, les voies fluviales et maritimes étaient le majeur moyen pour transporter de nombreuses personnes et/ou marchandises à la fois, jusqu’à l’arrivée des lignes aériennes.
La tapisserie de Bayeux, brodée sur lin, raconte comme une bande dessinée la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Normand, devenu le Conquérant en 1066… surnommé le Bâtard par les Anglais. Les navires étaient issus directement de l’expertise Viking.
Ce n’est donc pas étonnant que tant de quilts montrent des thèmes marins ! Il suffit d’une Rose des Vents pour évoquer la traversée d’un océan…
Extraordinaire quilt de notre amie Any Vieussens, ayant nécessité des milliers d’heures de travail tout à la main ! Modèle américain magistralement interprété évoquant de longs voyages entre ciel et mer…
La population actuelle de l’ensemble du continent américain descend en grande partie de boat people des siècles passés, venant d’Angleterre ou de Russie, de Pologne ou de Chine, d’Irlande ou d’Afrique, d’Espagne ou du Portugal, d’Italie ou de France… Volontaires ou contraints, leurs descendants sont maintenant les Américains d’aujourd’hui.
Un des bateaux mythiques de l’Histoire des Etats-Unis est le Mayflower, qui le premier amena des personnes qui s’établirent sur ces terres « indiennes » (nous l’évoquions ici).
Comment ne pas avoir un petit mot ici pour « la frégate de la liberté », l’Hermione, dont la réplique vient de prendre le chemin de l’Amérique ? C’est un fameux Trois-Mâts fin comme un oiseau Hissez haut…, sorti de l’Arsenal de Rochefort (non loin de Brouage, info spécial quilteuses), passé à la postérité principalement pour avoir transporté le Marquis de La Fayette en 1780 vers les Etats-Unis en guerre. Le traité d’Indépendance (vis-à-vis de la Grande-Bretagne) avait été signé le 4 juillet 1776 mais la guerre entre Anglais et nouveaux Américains, menés par Washington, dura jusqu’en 1783. La France, ennemie des Britanniques, fut du côté des Indépendants. La magnifique frégate l’Hermione vient d’être répliquée et vogue vers l’Amérique : vous avez ici le blog de ce voyage qui se poursuit actuellement. Voici un quilt réalisé par un groupe de quilteuses françaises il y a déjà quelques années :
Au XIXe siècle, les échanges entre l’Europe et l’Amérique sont intenses et les quilteuses de la côte Est sont nombreuses à faire figurer des bateaux sur leurs ouvrages, en particulier dans les blocs de style Baltimore, nommé d’après la grande ville portuaire (malheureusement dans l’actualité en ce moment). Cherchez le bateau !!
Il est amusant de voir tant de blocs de fleurs encadrer quelques blocs plus symboliques (voilier, personnage, la Bible…). Ce quilt est au Musée de la Marine en Virginie. Description détaillée de ce quilt ici !Quilt de 1845 environSi vous comprenez l’anglais, un excellent article sur les quilts Baltimore est disponible ici.« Pride of Baltimore », quilt contemporain de Barbara Burnham (2011). Cette spécialiste du Baltimore vient d’exposer et donner des cours pendant le Salon de Paducah.
Du côté de la Gironde, plusieurs personnes se sont lancées ensemble dans un modèle de Baltimore d’Ellen Sienkiewicz. Michel (Le Thé à Coudre) a terminé le sien :
Superbe navire de Marie-Christine Chasseraud ! Ton quilt est-il fini Marie-Christine ? Si oui, donne-nous le lien vers une photo !
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Un couple d’artistes conceptuels fort renommés, les Kabakov, russes ukrainiens d’origine mais vivant aux Etats-Unis, créent des événements marquants comme le « Ship of Tolerance ». Plusieurs sont faits au fil des ans à des fins pédagoqigues, bateaux éphémères aux voiles piécées de dessins d’enfants :
Le concept est de demander à des enfants d’une ville de dessiner leur conception de la tolérance. A New-York en 2013 par exemple, près de mille enfants des cinq arrondissements (Manhattan, Brooklyn, Queens, Bronx et Staten Island) âgés de 5 à 13 ans et provenant de multiples communautés à l’image de la population de cette ville, ont offert leur vision de la tolérance. 150 peintures ont été sélectionnées pour faire la voile du bateau, les autres ont été exposés dans divers lieux de la ville. Expérience menée dans divers pays pour diffuser l’espoir d’un monde meilleur, la connaissance et le respect de l’autre par l’art.