Je n’ai pas un tempérament particulièrement nostalgique. J’aime évoquer l’Histoire pour mieux comprendre d’où viennent les choses, mais en général, je vais de l’avant dans ma vie et mon époque. En voyageant, je réalise ma part de rêves et pour voyager dans le temps, les lectures et les films me font faire une pause dans la réalité.
Le seul, le vrai, l’unique voyage est de changer de regard. Marcel Proust
Mais cette année est bien particulière… Je ressens un gros besoin de lâcher un peu la pression de la vraie vie et m’offrir une grande évasion, même virtuelle ! Alors quand j’ai lu sur Facebook la constitution d’un groupe de quilteuses francophones sur le sujet de la mythique Route 66, je n’ai pas hésité longtemps… Échappons-nous un temps des préoccupations de 2020 et de notre avenir à construire avec vigilance, vivons-rêvons un peu dans une des périodes les plus joyeuses et optimistes : les années 1950-60 aux USA, country music, swing and rock ‘n roll à fond dans les oreilles !
La Route 66 a de nombreux surnoms, Mother Road, la Route Mère, est le plus connu.
Tout d’abord, éclaircissons un détail de vocabulaire : la Route 66, ce n’est pas une route française égarée aux USA, le mot route signifie parcours, itinéraire en anglais et ce long périple entre Chicago et Los Angeles emprunte des voies urbaines déjà existantes et diverses routes tracées pour traverser le continent de manière horizontale, presque comme un grand sourire.
Illustration postée dans le groupe par Nicole S. : on a la banane sur la Route 66 !
Officiellement née le 11 novembre 1926, le tracé de la Route 66 a varié, elle a été progressivement recouverte d’asphalte : cette première route transcontinentale des USA de plus de 3 500 km a vu le jour avec l’accroissement des voitures en circulation.
Si l’automobile a bien été inventée en Europe, sa construction a d’abord été artisanale. Aux États-Unis, la fabrication en série donna le coup d’envoi pour sa démocratisation et une vie progressivement organisée autour des voitures. Ici la Ford T en 1910, 1ère voiture fabriquée en grande série à Detroit (un jour, je vous raconterai l’histoire de cette ville et de la Cadillac !). C’est l’organisation des gigantesques abattoirs de Chicago (chaque salarié travaillant à son poste sur la même partie de la bête) qui donna l’idée de créer une ligne d’assemblage pour automobiles dès 1908.
Cette Route suit plus ou moins, sur la moitié ouest, le tracé d’une des voies de chemin de fer du siècle antérieur ; elle est devenue mythique pour les Américains tant elle a vu de migrations temporaires ou définitives vers l’Ouest ! Certaines étaient bien difficiles, à pied pour les victimes de la Grande Dépression et/ou du Dust Bowl (voir ici) ou pleines de joie de vivre lors de la découverte des vacances en voiture particulière après la seconde guerre mondiale, ou quand les Hippies voulurent vivre le Flower Power en Californie 🌺.
Elle a été officiellement déclassée en 1985, remplacée par des Interstates et autres variantes, même si 80 % du chemin initial existe encore. Mais la Route 66 persiste dans le cœur des gens et des tronçons sont désormais conservés comme « route historique »…
La Route 66 est bien un symbole du XXe siècle, avec ce sentiment unique de liberté que procure un voyage en voiture ou en moto dans les grands espaces américains !
Le groupe Facebook Route 66 US, créé par Patou Pat, comporte déjà plus de 40 membres : des quilteuses, toutes motivées pour commencer un quilt en septembre, au rythme d’étapes avec les 8 États traversés par ce parcours mythique. Il reste encore quelques places mais il faut s’engager à être active, c’est-à-dire créer un quilt au cours de ce voyage. Si vous êtes motivée, une vraie quilteuse-routarde US dans l’âme, contactez donc Patou Pat sur Facebook.
Le baiser est notre arme la plus forte, mais il faut craindre de l’émousser. Sa valeur, ne l’oublie pas, est relative, purement convention. Elle change sans cesse suivant les circonstances, les dispositions du moment, l’état d’attente et d’extase de l’esprit. Le baiser – Guy de Maupassant
Il est des œuvres d’art, comme des baisers, basés sur des malentendus.
Dans une rue de Vilnius, capitale de la Lituanie. Photo Petras Malukas/AFP – Artiste : Mindaugas Bonanu
Des photos de cette fresque murale, dévoilée le 13 mai 2016, ont fait le tour du monde. Elle symbolisait l’entente affichée alors entre Vladimir Poutine, dirigeant de la Russie, et le candidat iconoclaste et inattendu à la présidence des États-Unis d’Amérique, Donald Trump. Beaucoup ont simplement compris ce dessin satirique comme s’ils étaient tournés en ridicule avec une relation « contre nature » comme une complicité homosexuelle, encore si mal vue, mal comprise, mal acceptée dans notre monde… et en particulier en Russie. C’est en tout cas la lecture primaire de cette peinture graffiti, pourtant si puissante qu’elle est érigée en oeuvre d’art à décrypter.
Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître🎶 (La Bohème, Aznavour)… alors je crois que tous mes lecteurs s’en souviennent ! L’Union Soviétique et le bloc de l’Est choquaient avec leurs goulus baisers entre chefs politiques ! C’est bien la référence d’origine de la fresque de Vilnius, et cette photo en particulier :
Cette fabuleuse photo est celle d’un photographe français, Régis Bossu/Sygma. La photo a été reprise sur un vestige du Mur de Berlin par Dmitri Vrubel en 1990. Traduction de la légende en allemand : Mon Dieu, aide-moi à survivre à cet amour mortel. C’est une icône de la pop culture !
C’est la plus connue de toutes les embrassades qui nous parvenaient de l’autre côté du Rideau de Fer, Leonid Brejnev et Erich Hoenecker à Berlin, à l’occasion du 30e anniversaire de la RDA (=Allemagne de l’Est) en 1979. Dans la Russie traditionnelle, le bisous sur la bouche en deux êtres humains est un signe de paix, d’amitié, de cordialité. Dix ans après, celui avec le même Hoenecker et Gorbatchev pour les 40 ans de la RDA, toujours à Berlin, fut plutôt considéré comme le baiser de la mort :
Autres baisers de la Mort, ceux de la Mafia où un baiser signe l’arrêt de mort, il bacio della morte, voir le film de Cosa Nostra ou Le Parrain 2, sans doute hérités du baiser de Judas… qui pourraient bien avoir leur place dans le monde politique !
En 2011, Benetton fait une campagne publicitaire très controversée, inspirée de ces embrassades, unissant deux adversaires politiques avec le mot Unhate, Ne hais point.
Et bien plus récemment, en 2018, on s’est amusé de notre président Macron reprenant ces codes confus de fraternité ou d’audace à la française… Les Américains parlaient de Bromance, contraction de brother (frère) et romance. D’autres souvenirs remontaient à la surface, les fameux baisers russes !
Revenons au Baiser de Vilnius (Lituanie) entre Trump et Poutine. Dans la nouvelle Russie, les embrassades politiques à la Russe ont cessé avec Poutine. Soucieux de son image virile chez lui et dans le monde, il a rompu avec la tradition de son pays.
Un couple s’embrasse devant le graffiti montrant le Président russe Vladimir Putin, à gauche, et le candidat Républicain Donald Trump, sur le mur d’un bar dans la vieille ville de Vilnius, Lituanie, le 14 mai 2016. (AP Photo/Mindaugas Kulbis). Plus à gauche, il a été ajouté le slogan « Make everything great again », en référence au Make America great again de Trump.
Il a doublement marqué Maryte Collard, une amie quilteuse, Lituanienne de naissance, devenue Américaine. Elle a raconté en 2017, alors qu’elle participait à « Threads of Resistance », Les Fils de la Résistance (un mouvement artistique contre l’élection de Donald Trump) pourquoi elle avait interprété la fresque murale en quilt. Vous avez l’original ici en anglais ; en résumé, cette scène imaginaire illustre la connivence dangereuse entre ces deux hommes, en particulier pour la paix dans les pays proches de la Russie mais aussi dans le monde. Les Pays Baltes sont une zone tampon entre la Russie et l’OTAN, ils pourraient avoir un rôle-clé dans la politique mondiale. Déjà, avec ce Baiser, ils sont entrés dans l’Histoire de l’art contemporain.
The Kiss, Maryte Collard, créé avec l’autorisation des créateurs de la fresque Dominykas Ceckauskas (propriétaire du restaurant) et Mindaugas Bonanu (artiste), une superbe interprétation de la peinture de street art en textile.
Voilà, en un temps où les baisers sont déconseillés, j’ai souhaité simplement vous distraire un instant !
Aujourd’hui, c’est Kristine qui nous informe en nous distrayant !
Nous entendons souvent : il fait chaud, il fait froid, c’est la canicule, on se gèle, combien fait-il, quel temps fait-il ? La température s’affiche partout, dans la rue, sur les enseignes des pharmacies, à la télévision, à la radio, sur notre téléphone, nos stations météo domestiques, dans les aéroports, les gares, les voitures, etc. Elle est accompagnée de drôles de signes : °F ou °C.
Thermomètre géant à Barcelone
Cette année 2020, de nombreuses quilteuses et un quilteur sont encore bien plus attentifs aux températures, relevant les moyennes du jour, les mini ou maxi, ou encore une à heure fixe… Les personnes qui vivent cette aventure du Quilt Météo 2020 ont vu, au moment des préparatifs, que les Américaines avaient une échelle de couleurs en degrés Fahrenheit (°F), alors que, bien sûr, nous préférons utiliser ce que nous connaissons, les degrés Centigrade ou Celsius (°C). Mais que se cache-t-il derrière ces deux systèmes ?
Messieurs Fahrenheit et Celsius étaient deux savants européens qui auraient pu se rencontrer : ils étaient contemporains, tous deux voyagèrent beaucoup à travers l’Europe et ont travaillé, parmi bien d’autres sujets, sur la thermométrie.
Gabriel Fahrenheit (Gdansk 1686 – La Haye 1736), brillant physicien, inventa notamment le thermomètre à mercure, plus performant que les précédents à alcool ou autres liquides. Parallèlement, l’échelle de températures qu’il inventa est fine : l’eau gèle à 32°F et bout à 212°F, soit un écart de 180°. Quant à la tranche 96°F – 100°F, c’est la température normale du corps humain.
Thermomètre à mercure de Fahrenheit, au Musée de Galilée de Florence (Italie)
Fahrenheit 451, livre de Ray Bradbury, est un livre de science-fiction où, horreur pour moi et tant d’autres, les livres sont interdits et brûlés… 451 °F est le point d’auto-inflammation du papier (232,4 °C)
Le film de Truffaut, tourné en 1966, est sans doute daté, mais les multiples thèmes de la société de l’image, de l’abrutissement du peuple, de la coupure de l’humanité à son histoire sont présents. De plus, que penser d’une société où ses Soldats du feu sont mandatés pour brûler les livres ?
Anders Celsius (1701-1744, Uppsala, Suède) était surtout astronome, il étudia le phénomène des aurores boréales, des éclipses et autres observations du ciel, des mesures géodésiques avec notamment la mesure de l’arc méridien, confirmant les travaux de Newton sur la forme de la Terre, sphère aplatie aux pôles. Il inventa un thermomètre pour ses observations météorologiques avec, en graduation, 100° pour le point de congélation de l’eau et 0° pour l’ébullition… inverse de ce que nous connaissons ! Il se trouve que c’est le botaniste suédois Carl von Linné – ou le Lyonnais Jean-Pierre Christin, selon les sources – qui le mettra dans l’autre sens quelques années après.
Anders Celsius
Les degrés Fahrenheit furent vite adoptés dans le monde occidental et les degrés Celsius (ou Centigrade, la différence est pour les physiciens) utilisés à la marge par les savants. Mais la Révolution Française passa par là et avec elle, la normalisation de tout ce qui pouvait l’être en système métrique… l’échelle de degrés de 0 à 100 était donc parfaite ! Au fil du temps, les degrés Centigrade de l’échelle de Celsius s’impose partout, à quelques exceptions près : les États-Unis, Belize, les Îles Caïman… Les Américains sont globalement réticents au système métrique et préfèrent les Fahrenheit en raison de leur finesse : 1°C est 1,8 fois plus grand que 1°F (100°C entre le gel et l’ébullition de l’eau contre 180°F). Ensuite, d’autres critères plus politiques entrent en jeu, comme la volonté d’indépendance par rapport à l’Europe !
Ce cher Anders Celsius imaginait-il que son invention de thermomètre à degrés centigrade immortaliserait son nom, bien plus que tous ses autres travaux ? Probablement pas… C’est la beauté des surprises que nous réserve l’Histoire !
Mon quilt météo rend hommage à cet homme dont l’invention fait partie de notre quotidien.
Voici donc le début de Merci Anders Celcius, mon projet de calendrier météo 2020, avec les jours du mois de janvier et début février en polygones colorés par les températures de ma ville près de Toulouse :
Sur certains jours, j’ai mis quelques signes… Le vendredi, c’est rencontre avec les amies Abeilles et l’épi de blé, c’est mon anniversaire (je suis originaire de la Beauce !)
La photographie est disproportionnée pour le moment, comme la plupart des Quilts Météo 2020 en colonnes, mais ce projet m’enthousiasme !
Que faire au 19e siècle aux Etats-Unis quand on a un esprit curieux et scientifique ? Pour un homme, la question ne se pose pas dans ces termes. Pour une femme, il faut que ce soit acceptable, convenable.
Pour une femme vivant dans l’Iowa rural, une des occupations scientifiques convenables était l’astronomie, sans doute parce que c’était propre et lointain… Sarah Ellen Harding Baker (1847-1886) réussit à mener sa vie familiale avec 7 enfants nés (5 survivant aux difficultés de la petite enfance) et ses recherches sur le système solaire. Elle n’eut pas le temps de poursuivre longuement sa carrière, la tuberculose l’emporta à 38 ans.
Pour transmettre son savoir acquis par de multiples lectures pointues, elle faisait des conférences… mais elle n’avait pas de Power point… Elle fit donc un quilt immense, bien visible en conférence : 225 x 269 cm !
Le top est fait sur une étoffe de laine noire, doublé d’un tissu laine et coton, brodé et appliqué de laine et de soie. Il fut terminé au bout de 7 ans. Il est dans l’esprit des gravures scientifiques d’alors et son système solaire est exact. Elle passa de longues heures au télescope de Chicago pour bien capter les lunes de Jupiter, les anneaux de Saturne… Bien sûr Pluton n’y est pas, planète découverte en 1930.
Ce quilt est conservé au National Museum of American History, à Washington D.C.
L’Allemande Caroline Herschel (1750-1848… vécut 97 ans et 10 mois !) fut la première femme astronome professionnelle au monde, suivie par Maria Mitchell (1818-1889) aux USA. Toutes deux furent de brillantes astronomes. Dans la galaxie des scientifiques de l’espace, elles y laissèrent leur nom (chacune a un cratère de la Lune à son nom, ainsi que des comètes). L’Américaine, en bonne Quaker, ne s’habillait jamais en coton, pour ne pas soutenir l’économie du coton américain lié à l’esclavage…
Je prends ici le temps de vous présenter une oeuvre de Judy Chicago, artiste contemporaine, qui dans les années 1970 créa une table triangulaire de 39 places, chacune étant dédiée à une femme remarquable. Pour chacune, une place avec des symboles, un chemin de table brodé par l’artiste. Certaines évocations très explicites sur l’anatomie féminine ont fait couler beaucoup d’encre !
The Dinner Party, exposé à présent au Musée de Brooklyn
Parmi ces femmes, l’Allemande Caroline Herschel est présentée ainsi :
Broderie à la main par Judy Chicago. C’est superbe, sans scandale, sans critique !
« Miss Cecilia H. Payne – Harvard Obs. Astron. »
Au XXe siècle, la chercheuse brillantissime Cecilia Payne, née en Angleterre en 1900, fit scandale quand elle décida de garder son poste alors qu’elle venait de se marier. Pire, elle osa faire une conférence enceinte de 5 mois. Chocking n’est-ce pas ? Je ne saurai pas entrer dans les détails, mais elle fut la première à découvrir, à 24 ans, que les étoiles sont primairement faites d’hydrogène, elle fit de brillantes recherches sur les étoiles variables, les supernovas… et elle broda, au crépuscule de la vie, une image pixelisée des vestiges de la supernova Cassiopée :
Représentation de ce qui se passa il y a des centaines d’années, à des milliers d’années-lumière de chez nous, avec un art traditionnel féminin. Quelle poésie ! Cette broderie est conservée dans les archives de Harvard. 1975
Au 21e siècle, des femmes sont astronautes… et néanmoins quilteuses, du moins Karen Nyberg ! Pendant les 5 mois de travail intensif dans la station spatiale en 2013, elle trouva le temps de coudre le premier bloc fait dans l’espace ! Elle raconte qu’elle a eu du mal à couper et coudre en apesanteur et estime que ce n’est pas un chef d’oeuvre… mais quel exploit, indéniablement ! Dans cette video elle partage avec nous ses difficultés avec humour et lance un challenge.
Les tissus ne se laissent pas couper facilement en apesanteur.
Une étoile libérée à la manière de Gwen Marston…
C’était en 2013. Elle propose en fin de vidéo que des quilteuses cousent d’autres blocs d’étoiles pour en faire un quilt à exposer à Houston en 2014. Ce qui fut fait, et au-delà !
Une star, Karen Nyberg, autour d’autres stars… 2 200 blocs d’étoiles sont arrivés à la suite de sa proposition et 28 quilts ont été faits ! A Houston en 2014, voici Karen avec le quilt comportant son étoile faite dans l’espace…
Une blogueuse, Katie, a photographié les 28 quilts que vous pouvez voir ici. L’exposition itinérante continue son chemin, elle était à Winedale (TX) en février dernier. La collection de quilts a été offerte au Briscoe Center for American History à Austin (Texas).
Parmi la myriade d’étoiles, un bloc fit sensation :
« Portrait de l’astronaute quand elle était jeune fille ». Il se trouve dans le même quilt que l’étoile de Karen.
Avant de rendre visite aux Patriarches au pied du Mont Rainier, je te présente cette montagne qu’on voit de Seattle dès que le temps est clément.
J’opte désormais pour le tutoiement dans la série Western Spirit tous les mardis, car c’est un partage d’idées, d’aventures et d’expériences qu’on partage entre amis !
Skyline (« silhouette urbaine ») de Seattle au coucher du soleil, avec la silhouette du Mont Rainier (photo d’ici)
Des 26 volcans de la chaîne, le Mont Rainier est l’un des plus dangereux. Non loin, l’éruption de Mont St-Helens en 1980 fit de gros dégâts et surtout 57 mortsdans une région peu peuplée. Le Mont Rainier est le plus haut sommet de la chaîne des Cascades qui s’étale du Canada à la Californie, le long du Pacifique. On sait que la faille San Andreas poursuit plus au sud les risques majeurs de séismes. La Terre est toujours en activité, c’est loin d’être un astre mort !
En suivant ce lien, tu verras que plusieurs villes dans le monde sont menacées par un volcan actif, comme l’est Seattle.
Le Mont Rainier est néanmoins un but de randonnée privilégié, nous avons assisté avec émotion au dévoilement progressif du mastodonte au fil des heures dans la région du Sunrise en étant déjà à environ 2 000 m d’altitude :
Et les Patriarches ?
Ils se trouvent du côté de l’Ohanapecosh River, au pied sud-est du Mont-Rainier. Nous ne sommes plus qu’à environ 500 m d’altitude. Les Patriarches sont les héros de cette forêt primaire, plusieurs dizaines d’arbres millénaires qu’on peut approcher après avoir traversé un pont suspendu.
Traversée sécurisée de la rivière. On nous conseille de traverser le pont un par un car chaque pas engendre des vibrations. C’est pourtant drôle de s’amuser dessus à plusieurs ! Cela me rappelle des passerelles en lianes en Côte d’Ivoire dans la région de Man quand j’étais toute jeune, bien plus instables :
Les racines spectaculaires de cet arbre tombé en 1970 permettent de photographier des enfants dans le centre de l’arbre, c’est ici le cliché habituel. N’ayant pas d’enfant sous la main, le creux reste vide, on ne se sent donc pas bien compte de l’échelle 😉
Les arbres tombés sont laissés car ils deviennent parfois des arbres-pépinière : les troncs morts en cours de décomposition, pleins d’insectes, de mousses et de champignons servent de support et de nourriture à de jeunes plants. La forêt primaire suit son cours complet.
Les arbres locaux sont des Douglas (appelés ainsi d’après David Douglas, un botaniste écossais qui fit 10 000 km en 1825-26, à pied et en canoë, pour découvrir la flore le long du Pacifique), des tsugas (autres conifères), et des cèdres rouges (thuyas géants). Ces derniers étaient de première importance pour les Indiens, procurant la matière première pour faire notamment des paniers ou même des capes imperméables avec l’écorce qu’on peut tisser. Ce bois quasi-imputrescible se travaille et se fend facilement ; on le creusait pour faire des canoës, on le sculptait pour faire des mâts totémiques*, on le coupait pour faire les maisons… De nos jours, il continue d’être exploité pour couvrir les maisons en bois traditionnellement sous forme de shingles (bardeaux), sert à l’industrie des meubles, repousse naturellement les insectes (en particulier les mites textiles)… et, merveille culinaire découverte chez LeeAnn et cuisinée par son mari, ce bois donne au saumon un goût incomparable quand on pose le poisson sur une planche de cèdre rouge et qu’on le cuit au barbecue !! Dans ces cas-là, j’adore la cuisine américaine !
*Les totems sont sur-représentés dans notre imaginaire sur les Indiens d’Amérique (la faute aux westerns !). En Amérique du Nord, les mâts totémiques n’existaient que chez les peuples qui s’étendaient de l’Alaska à l’Etat de Washington (en passant donc par la partie ouest du Canada), on les nomme les Indiens du Nord-Pacifique. Les mâts totémiques correspondaient, non pas à une religion, mais à un emblème clanique, un blason, un hommage à une personne décédée ou une commémoration (la victoire d’une guerre par exemple). Il y a donc confusion de termes avec d’autres civilisations utilisant des mâts vaguement similaires ayant une symbolique religieuse.
De même, jamais aucun Indien, à part devant les caméras, ne fit whoo-whoo-hoo en battant la main devant la bouche pour partir à la guerre… et je reviendrai un jour sur le mythe des cowboys, attention déceptions en vue !
Un cèdre rouge qui connut de plus beaux jours… mais sa décomposition enrichira le sol.
Une longue passerelle en bois est aménagée pour que nos pas ne tassent pas la terre, ne blessent pas les racines.
Nous découvrons ébahis de vénérables arbres de 1 000 ans, toujours vivants, appelés les Patriarches.
On les appelle les jumeaux Douglas, ils ont mille ans, malgré leur allure alerte seule une couronne d’environ 20 à 25 cm est encore vivante. LeeAnn et moi ne sommes pas jumelles mais nous sommes sœurs de cœur !
Quelle émotion de toucher ces arbres… Ils fournissent une force énergétique et je comprends les peuples qui les ont divinisés.
Rappelle-toi Pocahontas, dessin animé de Walt Disney (1995) où l’héroïne demande conseil à sa « grand-mère feuillage » qui est la voix de la sagesse…
Plus généralement, ce film est une ode à la tolérance entre les peuples ainsi que l’encouragement à écouter et protéger la nature. C’est bien ce que nous enseigne l’étude de la vie des Indiens qui vivaient en symbiose avec la nature il y a encore peu de temps. Nous sommes bien moins sages. Sans bouder des aspects formidables du progrès, il y a urgence à revoir notre mode de fonctionnement, nous reconnecter à la nature dont nous faisons partie et mieux la respecter, c’est tout notre intérêt.
Nous n’avons pas visité la péninsule d’Olympia, au sud-ouest de Seattle. C’est encore là un lieu exceptionnellement préservé, une forêt primaire extraordinaire. Je t’invite à rendre visite à ce blog, l’un de ceux qui m’ont aidée à organiser notre voyage. Il est écrit par un professeur de géographie de l’université d’Orléans. On y voit ici de magnifiques photos de la péninsule.
Au fil de notre périple dans l’Ouest américain, nous nous sommes posé une question : pourquoi, dans notre vieille Europe, n’avons-nous que peu de très grands arbres ? Nous avons des Arbres Remarquables dûment répertoriés, certes, mais justement pas de très vieux arbres en abondance. Malgré la violence des incendies, ouragans ou tornades qui balaient ce pays américain, nous avons vu tant de très vieux arbres à la circonférence étonnante, même au centre de San Francisco ! La réponse est dans l’histoire des hommes.
L’Europe est, depuis bien longtemps, bien plus densément peuplée que l’Amérique. Si à l’origine, les forêts recouvraient la plus grande partie des territoires européens, au 11e siècle (à partir de l’An 1000), une conjonction d’événements changea la donne. Le climat connut un épisode très doux, la population s’accrut, une meilleure stabilité politique s’instaurait en même temps induisant la sécurité, le développement de l’agriculture et de l’élevage et donc un besoin de gagner de la terre. Mais un défrichement massif sans discernement fut effectué, les forêts furent souvent brûlées, comme un reset, une mise à zéro, ce qui fait qu’on a peu d’arbres très anciens, les arbres jeunes adultes étant exploités, depuis lors, au fur et à mesure des besoins. A noter qu’après 3 siècles de relative prospérité, le Moyen-Âge se termina avec un fort déclin de la population européenne au 14e siècle avec la Guerre de Cent Ans, la Grande Famine, la Peste noire… La Renaissance ne permit pas aux forêts de se reconstituer : les arbres étaient des produits de consommation de première nécessité, sans parler des constructions navales et autres industries avides d’énergie. On était à la recherche constante de bois de construction ou de chauffage : le petit peuple n’avait le droit que de glaner les branches, les troncs étant réservés aux propriétaires terriens.
Au 20e et 21e siècle, nous n’avons jamais eu autant de forêts en France, du moins depuis le 11e siècle ! En revanche, elle ne sont que rarement naturelles. Même les flancs de montagnes sont reboisés, ce qui est formidable, mais souvent avec une seule essence et cette politique favorise la propagation des maladies et insectes ravageurs. Ainsi, au printemps dernier, nous avons frémi à la vue de la forêt du Causse Noir à l’est de Millau, reboisé de pins noirs d’Autriche : ils furent ravagés en 2017 par les chenilles processionnaires et il n’y reste que des milliers d’arbres morts…
En Amérique, c’est une toute autre histoire, les Indiens étaient numériquement très peu nombreux en regard de l’immensité du territoire. Leur prélèvement de bois sur la nature était insignifiant. Et lorsque vinrent les Européens, quels arbres choisirent-ils pour construire leurs maisons (les log cabins), pour élever leurs clôtures, pour brûler dans la cheminée ? Certainement pas les plus grands et les plus vieux, sans doute pour le respect qu’ils inspiraient, mais encore plus certainement parce que les plus jeunes ont des diamètres bien plus pratiques à couper et à transporter !
Famille dans le Minnesota en 1890 devant leur cabane en rondins. On voit bien que les arbres utilisés ne sont pas très vieux…
C’est donc pour ces raisons qu’on peut voir encore aux USA des régions extraordinairement préservées. Pour retrouver l’ambiance de la découverte des très anciens arbres de l’Ouest américain au 19e siècle, je recommande la lecture du roman de Tracy Chevalier A l’Orée du Verger, maintenant disponible en format de Poche.
Et pour illustrer cet article avec quelques quilts, en voici que j’aime beaucoup avec des forêts qui me rappellent celles de l’Etat de Washington, ainsi que quelques arbres remarquables :
J’aime ce modèle classique des années 1930 je crois !
Bear in the Wood par Emma Louise, avec l’ours fait en couture sur papier d’après un modèle de Margaret Rolfe.
Uncommon Forestde Debbie de Seattle, probablement inspirée par les belles forêts de son Etat, Washington. Je suis amoureuse de ce quilt aux couleurs différentes de celles d’un Noël traditionnel !
On change d’univers artistique avec Redwoods de Merle Axelrad. Tissus collés puis quiltés. Bluffant de réalisme !
L’érable de Ruth McDowell, si artistique…
La Forêt, oeuvre collective faite dans le Tarn, dirigée par Cécile Milhau, voir l’article de Christophe pour des photos de détails. Cécile Milhau, ancienne déléguée FP du Tarn, est une artiste surprenante, aussi à l’aise dans la broderie, le patchwork que l’art textile mix-media.
Je reviendrai un jour sur des arbres que j’ai découverts en Utah, mais dès mardi prochain nous plongerons ensemble dans une ambiance western !
Grâce à Tata-Georgette qui tient pour nous un agenda rigoureux sur les arts textiles, je suis allée visiter une exposition sur les kimonos jeudi dernier.
Pour mieux apprécier ces œuvres uniques peintes à la main, riches de symboles de longévité, de protection, de sincérité des sentiments, lisez la fiche disponible à l’accueil écrite par la collectionneuse Anita Henry, elle vous fera mieux apprécier la visite. On peut regretter la pénombre un peu trop marquée, protectrice des fibres bien sûr, mais mes yeux ne s’habituaient pas à l’obscurité, dommage. Nous reconnaissons sur ces kimonos anciens les grands thèmes recopiés pour nos collections de tissus de patchwork, somme toute plutôt fidèles ! Cette vidéo en est une charmante présentation, avec une bien meilleure luminosité que celle qu’on avait, sans doute parce l’exposition a été rallongée de plusieurs mois :
Nous apprenons de nombreux détails sur les symboles japonais et les usages, comme la longueur des manches d’un kimono de cérémonie qui dit si une femme est mariée ou pas !
Les kimonos étaient le but de ma visite, évidemment, mais j’ai découvert dans cette abbaye bien plus par la même occasion…
S’ensuit une excellente exposition sur le japonisme, ou la mode de l’esthétique japonaise dans les arts de la table, de 1870 à nos jours.
Ces quelques pièces du service en faïence de Creil Montereau sont dans l’esprit japonais. Claude Monet choisira ce modèle pour Giverny.
Couteaux aux manches identiques aux poignards japonais.
Japonisme toujours en 2018 : on aime en ce moment les lignes minimalistes avec des irrégularités comme le service Myoko (d’après un volcan sur l’île Honshu) cherchant à imiter la glasure des grès nippons.
Au même niveau, de l’autre côté d’un large couloir qui m’a fascinée (voir plus bas) se trouve une exposition permanente sur le thé et les théières de Chine. Que de beaux objets d’exception et du quotidien, majoritairement en terre rouge, des grès de Yixing, là où on inventa tout simplement la théière pour laisser infuser les feuilles ! Auparavant, on préparait le thé en décoction, le thé mis à chauffer avec l’eau… C’est la plus grande collection de théières en grès d’Occident qui, à elle seule, vaut la visite. Et pour en savoir plus sur l’art du thé au Japon, il faut suivre Marie-Claude Tsuruya sur Facebook, elle y présente en ce moment des Histoires de thés. Son blog,la Chambre des Couleurs, est un enchantement pour qui aime le patchwork et le Japon !
Cette Abbaye cistercienne de Belleperche (82) est devenue un beau Musée des Arts de la Table, où l’on passe de l’écuelle à l’assiette, du Moyen-Âge au XXIe siècle… J’ai beaucoup aimé cette joyeuse présentation de l’évolution des us et coutumes, de la fourchette naguère jugée satanique, de l’utilisation des pains de sucre et tant d’autres détails savoureux !
Pain de sucre, marteau, sucriers, pinces à sucre…
Objet oublié, un présentoir d’ananas, signe de bienvenue pour un centre de table mais aussi signe de richesse : un tel fruit coûtait horriblement cher, alors on pouvait le louer juste pour une soirée… Voir une histoire de l’ananas ici.
Le Musée est très complet et je préfère vous laisser découvrir l’ensemble du Musée. Les enfants ne s’ennuient pas un instant, on a pensé aussi à eux lors des présentations. Et pendant les vacances, certains jours des jeux de rôles sont proposés… A voir dans leur agenda !
L’Abbaye a connu bien des vicissitudes au gré des siècles, comme tout bâtiment ancien d’envergure qui parvient jusqu’à nous.
Les destructions et rénovations successives ont largement modifié le site, cependant la visite est un enchantement.
Les gypses toulousains sont précieusement conservés dans ce réfectoire.
Rénovations très soignées…
J’ai vraiment aimé découvrir ce lieu que j’ai ressenti empreint de joie et légèreté !
L’Abbaye de Belleperche : son achat par le département du Tarn-et-Garonne lui évita de devenir une boîte de nuit en 1983…
La galerie des graffitis est très étonnante ! Voici quelques vues des murs qui racontent de nombreux épisodes du lieu, des histoires d’amour, des passages de militaires, des séjours de prostituées et tout simplement la visite de centaines de personnes au fil du temps :
Locution latine signifiant : le nom des imbéciles se trouve toujours sur les murs…
On a de superbes vues de la Garonne à partir des fenêtres :
J’aime à croire que la douceur de vivre de la région rendait la vie dans cette abbaye bien agréable !
A quelques centaines de mètres se trouve une fontaine mystérieuse, à l’architecture monumentale. On n’a pas d’explication définitive, le secret est peut-être dans de très lointaines vénérations pré-catholiques de cette source…
Tout ceci se trouve à une petite heure de route de Toulouse, à l’ouest de Montauban. L’Abbaye de Belleperche mérite votre visite !
Abbaye de Belleperche 82700 CORDES TOLOSANNES – http://www.musee-arts-de-la-table.fr/
Entrée abbaye : 2€
Groupe à partir de 5 personnes : 1€ / personne
Gratuit : 18 ans, groupes scolaires, personnes en situation de handicap, demandeurs d’emploi
De mai à septembre :
Du mardi au samedi : 10h-18h
Dimanche : 14h-18h
Fermé le lundi et le dimanche matin
A voir dans les environs, l’ouest du Tarn-et-Garonne : la belle ville de Montauban (et leurs liens avec les Amérindiens Osages d’Oklahoma), Moissac, ses extraordinaires sculptures romanes et un des plus beaux cloîtres, Lafrançaise et son panorama sur les Pyrénées (presque de la Méditerranée à l’océan par temps dégagé !) ainsi que des tombes pyramidales mystérieuses, et plus au nord la superbe ville de Lauzerte… N’hésitez pas à vous arrêter en chemin, les fruits vendus dans les fermes sont délicieux !
Les artistes expriment leur vision du Monde, leurs convictions, leurs obsessions. Les quilteuses contemporaines savent utiliser le tissu pour faire connaître ce qui leur importe. Gina Adams est l’une d’elles. C’est Betty qui m’a donné l’information sur ce bouquet de quilts hors du commun exposés en ce moment dans le New Hampshire.
Exposition exclusive de Gina Adams à Dartmouth College à Hanover, New Hampshire, tout l’été.
Ses quilts ont une forme inédite : du texte appliqué sur des quilts anciens, souvent abîmés par l’outrage des ans.
Mais les textes ne sont pas choisis au hasard, ce sont les nombreux traités signés entre les hommes blancs et les tribus natives, c’est-à-dire en langage courant les Indiens.
Ces textes sont parfois très antérieurs aux quilts, les premiers traités étant du 17e siècle, promettant aux Indiens de l’argent et du pouvoir contre les terres, mais la plupart ont l’âge des quilts, datant du 19e siècle. Appliquer ces textes qui engageaient les autorités coloniales puis gouvernementales des Etats-Unis sur des objets de confort que sont les quilts amplifie le sentiment de malaise sur ces promesses non tenues, d’autant plus qu’un véritable génocide suivra.
Gina Adams est descendante Native Americaine et Européenne (elle descendrait du 2e Président des Etats-Unis, John Adams), d’où probablement son engagement particulier pour rappeler cette part honteuse de l’Histoire des Etats-Unis.
Gina Adams
Les photos sont de la page Facebook de Gina Adams. Vous pouvez voir d’autres photos de ses quilts par ici.
Bien souvent les textes étaient rédigés de manière obscure, à dessein… C’est pourquoi parfois les textes ne sont pas bien lisibles sur les quilts…
Mary Stuart (1542-1587) par François Clouet, vers 1560.
Une longue amitié lie les Écossais et les Français et nous partageons de nombreuses pages d’histoire comme celle de Mary Stuart. Depuis plus de quatre siècles cette femme inspire les artistes. On la voit incarnée au cinéma dans d’innombrables films et séries (si on voit Elizabeth 1ère, Mary Stuart n’est jamais loin), poètes et musiciens la vénèrent, historiens et écrivains ont écrit de touchantes biographies (comme Stefan Sweig)… Et bien sûr les romanciers font la part belle à la fascinante Mary Stuart au destin tragique, la seule qui fut reine de France et d’Ecosse. Mini-sélection : le court roman de Didier Decoin La Dernière Nuit (1978) et le gros pavé de Ken Follett, Une Colonne de Feu (2017). Si touchante, la petite Mary.
Dans les hautes terres du nord de l’Ecosse, les Highlands, J. K. Rowling y a situé la mythique Ecole de Poudlard (Harry Potter), poursuivant ainsi la tradition de légendes et de magie qui collent à ce pays.
Parmi tant d’autres, Outlander, saga écrite par Diana Gabaldon (aussi en série TV), nous plonge aussi dans un univers fascinant, après le fameux Highlander (film de 1986) avec Christophe Lambert.
Bien sûr les montagnards d’Ecosse, les Highlanders, sont célèbres pour leurs kilts ! Nous parlions vendredi dernier de nos souvenirs d’enfance, quand nos mères aimaient nous vêtir de ces jupes alors à la mode.
Le plus célèbre représentant de la fierté highlander est Sean Connery :
Kilts, quilts, les mots prêtent parfois à confusion en France… Rappelons que les kilts sont des jupes dont le tissage spécifique, aux lignes de couleurs entrecroisées, est appelé tartan en anglais, écossais en français. Chaque clan (famille) possède son propre dessin précis depuis le 19e siècle (seulement, dirais-je !), c’était auparavant plutôt lié à la localité. Les kilts étaient au début un lé de tissu de 5 mètres de long enroulé autour de la taille puis le pan restant était relevé sur l’épaule et épinglé.
En Ecosse, ce sont les hommes qui portent le kilt… et la femme le pantalon ? 😉 Plus sérieusement, des tribunes se posent la question des normes vestimentaires (par exemple iciiciou là). Prendre du recul, voir ce qui se passe ailleurs ou avant, c’est intéressant !
Les tartans ont inspiré une quilteuse qui fait des kilts en quilts (vous me suivez ?) et vient de publier ce livre :
Avec des techniques modernes et de bons petits trucs et astuces, Kathy Allen nous convie à réaliser des tartans de 7 clans mais aussi de s’en inspirer pour créer le sien, si on le souhaite !
Outre une intéressante introduction historique, Kathy Allen réinterprète donc des tartans comme ceux-ci :
Elle joue habilement avec les effets de transparence qui me rappellent certains quilts de Bill Kerr et Weeks Ringle, pionniers des quilts modernes :
En France, Cosabeth Parriaud anime des stages sur les transparences, c’est un thème toujours intéressant car il exerce l’œil à analyser les nuances et jouer avec la lumière.
Des impressions d’écossais, de carreaux, de signes + sont explorées par des artistes contemporaines. Ces techniques sont simples, amusantes, mais longues tout de même ! En quilt moderne, le but est de ne pas copier mais découvrir, à partir d’inspirations, de nouveaux horizons…
Voyons tout d’abord une infime partie des quilts d’Eleanor McCain sur ce thème, elle est parmi les premières à avoir fait une série de quilts avec des grilles qui donnent parfois des idées de tartan :
Eleanor Mc Cain, Variation on a theme, 2010, Private Collection of Bain Consulting
Bonjour ☀,
Bienvenue dans la Ruche des Quilteuses 🐝 !
Voici la suite et fin de mon exposé sur deux mouvements artistiques qui s’articulent autour de la Première Guerre Mondiale.
Le style arrondi, féminin, alangui de l’Art Nouveau a vécu. Après le traumatisme de la Grande Guerre, on voulait tourner la page et aller vers du neuf, du différent, du moderne en mouvement. Le monde a un désir d’ordre, de sobriété, de symétrie. Des prémices de cette orientation se voyaient déjà dès 1910 mais c’est vers 1925 qu’explose cette esthétique, d’où son nom Art 1925 jusque dans les années 1960. Ensuite on commence à dire Art Déco. L’Art Déco est masculin, qui va d’une sobriété élégante à l’étalement d’un luxe affiché.
Contrairement à l’Art Nouveau, l’Art Déco aime les lignes droites et la symétrie ! Intersections, triangles, octogones (carrés aux angles coupés) sont les figures géométriques typiques de l’époque.
Nos villes françaises sont riches en exemples architecturaux, car on a beaucoup construit pendant les Années Folles. Je ne résiste cependant pas à vous montrer comme exemple Art Déco le building Chrysler de Manhattan :
Construction entre 1928 et 1930, haut de 319 mètres. Il fut avec la Tour Eiffel (324 m) le bâtiment le plus haut du monde pendant 2 ans, jusqu’à la construction de l’Empire State Building (381 m).
Un des ascenseurs du Chrysler Building.
Ici l’intérieur du Splendid, à Dax (40) est un brillant exemple d’Art Déco. ARCHIVES DAVID LE DÉODIC
Spectaculaire rénovation el loft d’une Poste érigée en pur Art Déco à Trouville.
La Maison Bleue d’Angers construite en 1929 est recouverte de mosaïques bleues d’Isidore Odorico (Breton d’origine italienne). L’intérieur est également orné de mosaïques dans les bleus, verts et or. A ne pas manquer quand vous profiterez de la douceur angevine (peut-être début juin 2018 avec France Patchwork ?)
La figure féminine, telle une Déesse gréco-romaine de l’information, porte en ses rayons les rubriques du journal. Ce bâtiment fut érigé à la fin des années 1920.
Le mobilier se renouvelle profondément pendant cette période. Ici un buffet marqueté en palissandre. Les éventails continuent d’occuper une place importante dans la décoration.
Les vitraux sont toujours à la mode, mais l’esthétique a radicalement changé !
A cause des roses, un œil non averti pourrait dire que c’est Art Nouveau. Toute influence du passé n’est pas définitivement effacée ! Mais les octogones allongés de part et d’autre, les nombreuses lignes droites datent ce fer forgé dans l’entre-deux guerres.
Malgré tout ce que je viens de vous dire, les arrondis existaient bien dans l’esthétique des années folles (les années 20), et surtout dans les années 30. Souvent les maisons ont des fenêtres-hublots, les immeubles sont des proues à l’angle de deux rues : c’est l’esprit-paquebot. Nous sommes au temps où on traversait l’Atlantique non seulement pour l’émigration définitive ou le commerce, mais aussi pour le plaisir… mais pas encore en avion de ligne !
Avant sa déportation, Simone Veil habita ce grand bâtiment blanc de Marseille construit en 1931.
L’arrondi rappelle la proue d’un paquebot, les balcons évoquent les coursives (voir ce blog)
Les affiches de spectacles sont Art Déco ou cubistes, montrant le dynamisme de ces Années Folles, l’envie de profiter de la vie moderne sous le signe du mouvement :
Après avoir voulu caractériser l’Art Déco, je ne peux m’empêcher de nuancer tout cela. L’Art Déco c’est aussi et surtout un état d’esprit. Tout comme pendant l’Art Nouveau, l’Art Déco était l’expression des jeunes artistes qui bouillonnaient d’idées novatrices. Ils étaient farouchement contre le « modernisme » de l’époque… Difficile de suivre presque 100 ans plus tard ! Le mouvement moderniste (terme très ambigu qui peut se mettre à toutes les sauces) valorise dans l’entre-deux guerres tout ce qui est fait par la machine, « ingéniérisé », en un mot fonctionnel. Pas du tout glamour, dit comme ça ! On l’appelle aussi le Mouvement International en matière architecturale. Pourtant ce modernisme était l’affaire d’architectes féconds et géniaux comme Le Corbusier, du Bauhaus en Allemagne et d’avant-gardistes comme Mies van der Rohe, déjà cité dans la Ruche ici. En littérature, le modernisme c’est le refus des conventions, le scepticisme, l’existentialisme, un grand pan de notre littérature du XXe siècle.
Pendant ce temps, l’inquiétude grandit avec la montée du national-nationalisme allemand. Art Déco et Art Moderniste sont mis dans le même panier par Hitler qui parle d’art dégénéré. Il n’a sans doute jamais digéré son éviction de l’Ecole des Beaux-Arts de Vienne (voir le roman d’Eric-Emmanuel Schmidt La part de l’Autre).
On ne peut évoquer cette période sans parler de la crise économique qui fait suite au Jeudi Noir, le krach de la bourse new-yorkaise le 29 octobre 1929. L’insouciance, le faste des années folles est coupée net aux USA et impacte l’Europe également. J’en avais parlé à propos de l’Exposition Universelle de Chicago en 1933.
Les femmes et l’Art Déco
Pendant cette période, la plupart des pays donnent le droit de vote aux femmes. La France est notoirement en retard.
Un duo de femmes, Marguerite Mareuse et Odette Siko, participent en 1930 aux 24 Heures du Mans et finissent 7e avec une Bugatti Type 40. Même sans droit de vote, les femmes grignotent les prérogatives naguère masculines.
La mode est la grande affaire de l’entre-deux-guerres ! Paul Poiret, Jean Patou, Gabrielle Chanel et d’autres contribuent à libérer la femme de leur corset-carcan, de leurs robes longues jusqu’aux pieds, les cheveux sont coupés… Certaines jouent à la garçonne. La femme s’émancipe tous azimuts, mais il faut reconnaître que ce sont surtout les citadines.
La femme s’affirme et devient aussi une cible publicitaire ; elle travaille souvent, a un pouvoir d’achat… Dans la période Art Nouveau, la femme n’était encore qu’un faire-valoir décoratif et le message était destiné aux hommes.
Bérénice Béjo dans The Artist (film français de 2011)
Les motifs textiles ou de papier peint sont très graphiques, parfois japonisants.
Les bijoux Art Déco sont rarement discrets ; ils rappellent parfois l’Egypte ancienne ou d’autres civilisations disparues. Quand le moderne rappelle l’antique…
Et les quilts ? Pendant cette période, on faisait beaucoup de quilts parmi lesquels les assiettes de Dresde, les éventails qui rappellent ce mouvement artistique, sans s’en revendiquer clairement. Les quilts Art Déco sont peut-être plus nombreux de nos jours ! Cependant il y en avait de superbes lors de l’exposition de Chicago en 1933 ; malheureusement, c’est un « moche » qui a gagné le grand prix !
Voici quelques quilts dans l’air du temps, en 1933, exposés à Chicago :
L’indispensable livre pour tout connaître de cette Exposition Universelle, fait par M. Waldvogel et Barbara Brackman.
Et voici des quilts de style Art Déco faits après cette période :
Bloc qu’on dit traditionnel à présent (= d’avant la seconde guerre mondiale), très représentatif de l’Art Déco. Exposé la semaine dernière en Suisse.
Ce livre de Don Linn peut vous aider à faire vous-même un quilt Art Déco !
La mouvance des Quilts Modernes favorise la création de quilts de style Art Déco, l’esthétique s’y prête. C’était d’ailleurs un thème proposé aux quilteuses en Suisse cette année. Je vous convie à découvrir chez Luna Love Quilts les quilts Art Déco faites par nos amies helvétiques, à voir en fin d’article (clic).
Opalescence, de Sophie Zaugg.A vrai dire, j’ai tellement aimé ce quilt et le thème de l’exposition que c’est ce qui m’a incité à écrire ces deux articles ! Art nouveau et Art déco étant souvent confondus, c’était l’occasion…
Ce logo n’est-il pas à la fois moderne et Art Déco 🙂 ?…
Cette incursion dans les arts du passé vous donnera peut-être envie de revisiter ces styles en quilt ! A très bientôt, Katell🐝
Bonjour ☀, Bienvenue dans la Ruche des Quilteuses 🐝 !
Le 11 septembre est une date indélébile, inutile d’expliquer pourquoi. Alors allons du côté de l’art pour nous changer les idées !
Ce n’est pas l’histoire, mais l’art qui exprime la vraie vie. Nietsche, 1888
J’ai souvent remarqué la confusion faite entre deux périodes artistiques, l’Art Nouveau et l‘Art Déco. Que les spécialistes me pardonnent, je vais évoquer ces deux mouvements à ma manière, de façon partielle mais pédagogique, je l’espère.
Revenons un instant à l’histoire pour fixer le temps en toute simplicité, revenons 100 ans plus tôt. Le 11 septembre 1917, l’aviateur Georges Guynemer, héros de 22 ans, ne reviendra jamais de son combat aérien. Une victime parmi des millions de jeunes hommes sacrifiés à l’autel de la « Grande Guerre », ou plutôt le « Grand Gâchis ». Je pense fort à mon fils de 19 ans qui construit sa vie et à son âge, deux jeunes hommes parmi tant d’autres étaient dans les tranchées de Verdun ; ils ne se connaissaient pas, ils devinrent mes grands-pères, liés par l’union de leurs enfants mais aussi par des cauchemars similaires.
C’est de part et d’autre de la Grande Guerre qu’on retrouve nos deux mouvements artistiques. Commençons par l’Art Nouveau, le plus ancien comme son nom ne l’indique plus 😉
Art Nouveau
A la fin du XIXe Siècle, le monde occidental est à la fois enthousiasmé par les nouveautés du modernisme qui facilitent la vie, éblouis par le foisonnement des inventions et mais aussi plombé par le poids du classicisme ambiant, ainsi que la crainte de l’uniformisation par l’industrialisation de tous les objets utilitaires. Rappelons-nous l’autarcie des gens qui faisaient leurs propres outils, leurs vêtements, leur nourriture… Soudain tout devient achetable, produit uniformément en grande quantité donc accessible, mais tout devient pareil que chez le voisin ! C’est alors que souffle un grand vent de fantaisie…
A chaque époque son art, à chaque art sa liberté.
C’est une phrase qui convient si bien à l’Art Nouveau ! Les jeunes occidentaux de la fin du XIXe siècle sentaient pousser en eux la sève printanière d’un chamboulement de leur quotidien. Ils ne pouvaient plus vivre dans un environnement convenu, des intérieurs aux décorations surannées, des habitations aux normes de leurs aînés, il leur fallait de la couleur, de la nouveauté !
Cette soif prit de nombreux visages un peu partout dans les villes occidentales. C’est d’abord une réaction à ce qui est attendu et convenable, privilégiant des formes libres qui rendent hommage à la Nature. Le citadin souhaite faire venir la campagne à lui ; au XXIe siècle, on en est un peu au même point 🙂 Imaginez des lianes qui s’enchevêtrent, des fleurs, des plantes, des insectes, des oiseaux, des courbes et volutes gracieuses, de l’audace sensuelle, vous aurez une bonne idée de l’Art Nouveau, moderne et extravagant. Cet art se manifeste dans tous les domaines, les artistes voulant abolir le mur entre arts majeurs et arts mineurs.
L’Art Nouveau est à la gloire de l’artisan qui exprime sa fantaisie.
Tous les domaines de l’esthétique sont touchés par l’Art Nouveau, y compris la calligraphie ! Arrondis, arabesques, fantaisie sont présents ici aussi.
Vase d’Emile Gallé en verre gravé. Ecole de Nancy. Les fleurs des champs sont mises en valeur.
Hector Guimard marque à tout jamais l’image de Paris avec ses bouches de métro de style Art Nouveau en fonte industrielle et verre. Il sera fortement combattu par l’extrême-droite.
Boutique à Douai à la devanture audacieuse Art Nouveau.
Vitrail de Gruber à Nancy, ville qui partage avec Paris l’essor de l’Art Nouveau en France. L’art du vitrail est renouvelé avec des scènes de verdure. Le paon, à droite, est l’oiseau Art Nouveau par excellence !
Les meubles n’échappent pas aux nouvelles courbes et l’évocation de la nature. Bureau aux ombelles, Ecole de Nancy.
L’architecture de Gaudi qui marque si fortement Barcelone est de l’Art Nouveau.
Les ferronneries se prêtent fort bien à l’imagination des artistes Art Nouveau ! Ici une graineterie dans la rue St-Jean à Nancy.
Ce bâtiment Art Nouveau frise le rococo !
Vitraux, verrières, vérandas, jardins d’hiver, serres sont très à la mode au tournant du XXe siècle ! On apporte la nature en ville. Ici en Belgique à Onze-Lieve-Vrouw-Waver.
Typique de l’Art Nouveau, l’affiche fait sortir l’art dans la rue grâce aux dessins d’Alfons Mucha, de Henri de Toulouse-Lautrec et tant d’autres. La femme est sur-représentée, le dessin est élégant, souvent influencé par l’esthétique japonaise.
Ce duo de cartes postales, Les Bretonnes par Mucha, rappelle que l’art celtique est parfaitement adapté à l’art nouveau !
On pourrait encore montrer mille et un exemples, tous plus beaux les uns que les autres. Cet art visible par tous était cependant critiqué d’une part parce qu’il était trop populaire pour une partie des collectionneurs élitistes, et d’autre part il était fortement combattu par l’extrême-droite nationaliste qui l’appelait par dérision l’art nouille. Pas assez sérieux, pas assez traditionnel !
L’Art Nouveau, c’est l’Art pour Tous.
Tissus et quilts Art Nouveau
Nous connaissons encore quelques tissus emblématiques de cette période. William Morris, génie de l’esthétique et personnage complexe, avait déjà lancé en 1888 le mouvement Arts & Crafts, qui valorisait le travail de l’artisan et jetait aux orties le goût victorien ou les références à l’Antiquité. Grâce à Barbara Brackman, des reproductions de ces tissus sont disponibles chez Moda.
Toujours en Angleterre, un globe-trotter au beau nom d’Arthur Liberty, amoureux de l’extrême-Orient, monta une boutique en 1875 dans Regent Street à Londres pour vendre des chinoiseries et japonaiseries. Le succès est immédiat. Quelque temps après, il crée une gamme de tissus imprimés en coton très fin, très doux, rappelant la soie, aux imprimés quasiment réversibles… Les tissus Liberty sont nés ! Ils prirent tant d’importance qu’en Italie l’Art Nouveau s’appelle Stile Liberty.
I was determined not to follow existing fashion but to create new ones.
J’étais déterminé à ne pas suivre la mode existante mais à en créer de nouvelles.
Arthur Lasenby Liberty
Hera, un des tout premiers imprimés Liberty, montre des plumes de paon, l’oiseau emblématique de l’Art Nouveau.
De nos jours, quelques quilteuses s’expriment dans le style Art Nouveau comme Suzanne Marshall :
C’était la Belle Epoque, et on donnait souvent aux petites filles de jolis prénoms de fleurs. Rose était un prénom emblématique de cette période, on nous l’a rappelé dans le film du Titanic ! Ma grand-mère, née en 1901, portait ce beau prénom aussi. Voici quelques représentations de roses style 1900, en commençant par des céramiques de l’Ecossais Rennie Mackintosh.
Tissu Art Nouveau de Rennie Mackintosh (GB)
En préparant cet article, je me rends compte que le dernier quilt fait par Kristine🐝, Abeille de la Ruche, a vraiment un air Art Nouveau, ne trouvez-vous pas ? Explications dans le dernier numéro des Nouvelles (magazine de France Patchwork). Voici la Rosa Centifolia de Kristine :
Rosa Centifolia, modèle offert par Kristine🐝 aux lecteurs du magazine de France Patchwork. Oui, vous y trouvez les explications ! L’esprit est actuel, mais j’y vois un je-ne-sais-quoi d’Art Nouveau !
Bientôt nous verrons l’évolution artistique après la Première Guerre Mondiale avec l’Art Déco. En attendant, portez-vous bien et créez pour votre plaisir !