Il y a quelque temps, j’avais écrit une petite série appelée Drôles de Signes. En voici une suite, où l’on parle de nos lettres mais aussi des hiéroglyphes de l’ancienne Égypte.
Comme le sujet est passionnant, j’aurais aimé savoir vous faire un long article sur la naissance et le développement des écritures dans le monde, tout simplement parce que je suis ressortie éblouie du Musée des Écritures à Figeac (Lot). Mais ouf, cela a déjà été formidablement fait :
Je me contente donc de vous dire : allez baguenauder dans les ruelles de Figeac, une des plus belles villes d’Occitanie. Entrez dans une arrière-cour où s’équilibrent miraculeusement un cadre médiéval et la reproduction géante d’une des pierres les plus connues du monde. Visitez la maison attenante à cette cour, lieu de naissance d’un de nos brillants intellectuels du 19e siècle… J’arrête les énigmes, voyez les photos !
Trois marches pour l’interprétation du même texte en trois langues…Sur la Place des Écritures s’étale la géante reproduction de la pierre de Rosette, cette pierre gravée du même texte en trois langues (en grec, en démotique et en hiéroglyphes), qui a permis au tenace et brillant Jean-François Champollion (1790-1832) de déduire la compréhension des hiéroglyphes égyptiens. Et pourtant, il manque la plus grande partie du texte en égyptien !Sa représentation en granite noir du Zimbabwe sur 14 m x 7 m, faite par Joseph Kosuth en1990 et devenue dalle fixée au sol, est une complète réussite. L’été, c’est la foule, une mer de baskets sur les écritures !Le Musée des Écritures du Monde, un bijou dans l’écrin de la maison natale de Champollion, vue de l’arrière, Place des Écritures.
La pierre de Rosette originale (1,12 x 0,75 m) fut découverte lors d’une campagne napoléonienne à Rosette en Égypte, en 1799. Mais en raison de la défaite de la France, elle est dès 1801 la propriété des Anglais. Depuis lors, on peut l’admirer au British Museum de Londres. Elle date de 196 avant JC.
Le 14 septembre 1822, il y a 198 ans tout juste, Champollion s’exclama :
Je tiens mon affaire !
C’était son Eurêka à lui, il avait enfin percé les mystères de l’écriture des Égyptiens anciens.
Figeac est pleine de bonnes ondes, grâce à ses habitants d’hier comme d’aujourd’hui. C’est dans chaque boutique un accueil authentique. J’ai eu du plaisir à discuter en particulier avec une dame qui aime tant les tentures du Cairequ’elle en vend quelques-unes dans son magasin. Bien sûr, ça crée des liens. Un autre est né à Figeac mais a passé une vingtaine d’années en Amazonie, à Manaus notamment. Il en a conservé la jovialité brésilienne, l’amour de l’artisanat des Amérindiens (qu’il vend) et voilà, après avoir vécu ailleurs, sa vie est de nouveau à Figeac, en toute sérénité.
La ville est sereine, belle par nature, authentique sans esbroufe.
Un seul exemple : cette maison est solidement construite et entretenue, mais une rénovation du 20e siècle a fait percer d’autres fenêtres. On n’a pas cherché à cacher ce changement, on lit sur la façade l’histoire du bâtiment… C’est un peu la philosophie du Kintsugi, réparer, améliorer (ici intérieurement) sans chercher à cacher…
Certaines d’entre vous connaissent Michel,un de mes 3 amis quilteurs français. Jeudi dernier, nous ne nous sommes pas croisés, mais il est à Figeac, se reposant d’une blessure qui l’empêche momentanément de continuer son Chemin de Compostelle. Il n’aurait pas pu mieux tomber, rester une semaine dans cette ville est une récompense quelque part ! Il raconte sur Facebook l’ambiance sympa au son du flamenco, le soir venu…
J’avais déjà visité Figeac au mois d’août, mais un lundi, jour de fermeture du Musée des Écritures. Sa visite aurait pu attendre quelques mois, mais je voulais absolument y voir l’expo temporaire de Rieko Koga !
Initialement jusqu’au 27 septembre, l’exposition de Rieko Koga continue jusqu’au 1er novembre 2020, en raison de la fermeture temporaire due au coronavirus. Vous avez encore le temps d’aller y faire un tour.
J’ai eu un grand plaisir à découvrir, en même temps que les origines des écritures, des œuvres de cette artiste déjà admirée l’année dernière à Toulouse. Ses ouvrages sont ici répartis dans chaque pièce du musée, les œuvres se dévoilent bien différemment, presque toujours protégées par une vitre.
Présentation en 3D de l’exposition par l’artiste Ce tableau s’intitule Lettre d’amour.
J’ai retrouvé, dans l’escalier, le mantra Peaceque j’avais tant aimé à Toulouse, mais aussi son frère en français :
Ne laissez pas le comportement des autres détruire votre paix intérieure. Le Dalaï Lama
Les belles photos sont difficiles à réussir en raison des vitrines et éclairages forts. On constate bien cependant l’infinie patience de l’artiste, on imagine son état méditatif en faisant danser son aiguille, se souvenant sans doute de sa maman qui pratiquait le sashiko pendant son enfance.
On voit en arrière-plan la magnifique façade secondaire en cuivre, percée de signes d’écritures, de ce musée décidément magnifique.
L’artiste des petites lettres en bâtons en noir sur fond blanc a occupé l’espace qu’on lui a octroyé avec finesse et poésie. Le 21e siècle côtoie les origines de l’Histoire de l’humanité, un grand écart où la soif d’exprimer et de transmettre par l’écriture reste intact.
Broder, quilter, tricoter, crocheter… Ce sont des gestes qui nous mènent au lâcher prise, au retrait de notre vie bruyante et impatiente, à la concentration, à la méditation… Que du bonheur !
Aujourd’hui-même Hugues Aufray, notre troubadour folk, fête ses 90 ans. Sa longue vie est comme un roman, pleine de péripéties, commençant enfant à la santé fragile, à présent Lion fort à la blanche crinière, à qui on commanda déjà en 2007 ses secrets de santé ! C’est un modèle de résilience, « ce qui ne me tue pas me rend plus fort » ainsi que disait Nietzsche. Je ne me rendais pas compte de son âge, et c’est à la suite d’une interview en juillet dernier que j’ai eu la curiosité de lire ce livre, pour mieux le connaître.
J’ai lu attentivement son livre où le chanteur se dévoile avec simplicité. J’aime son authenticité et son ouverture d’esprit. C’est un homme curieux du monde, respectueux des traditions d’autres peuples et de la nature. Il reste optimiste et positif, ça conserve !
Tout ce que je savais de lui, c’étaient ses chansons à succès qui entraient immédiatement dans notre patrimoine, son amitié avec Bob Dylan, sa passion pour les chevaux et les USA, et je savais aussi qu’il avait passé une partie de sa jeunesse dans le Tarn, à Sorèze. C’est là qu’il fêtera ses 90 ans avec son public… J’en ferai partie ! Mieux le connaître par son livre m’a donné grande envie de participer à cet événement :
Quand j’étais petite, on disait parfois à mon cousin doué mais oh combien turbulent : « si tu continues, je te mets à Sorèze ! ». A Sorèze, il y avait un pensionnat pas comme les autres, ex-école militaire royale (fermée en 1793), puis école-abbaye dominicaine jusqu’en 1991, où bien sûr la discipline régnait, mais aussi l’épanouissement de l’enfant par le sport et la culture. C’est là que le jeune Hugues découvrit l’équitation et y vécut, malgré des difficultés scolaires, les plus belles années de sa vie au beau milieu de la guerre !
Sorèze, photo Pascale Walters CDTTarn
L’établissement de Sorèze est devenu musée des tapisseries de Dom Robert, musée de l’Ecole et hôtel-restaurant. Si vous êtes dans la région, une visite s’impose… Et sa prochaine métamorphose viendra peut-être d’Hugues, qui souhaite ardemment y refaire une école, probablement liée à l’équitation…
Curieusement, Hugues Aufray me rappelle à deux titres l’article écrit grâce à mon amie Betty contenant deux sujets hors du commun : le Bennett Junior College de Betty qui n’a pas eu la chance de Sorèze puisqu’à l’abandon, et le mythique Festival de Woodstock il y a pile 50 ans, où Bob Dylan était le grand absent… Ironie suprême, Bob habitait justement à Woodstock même !… Il justifiera son absence par une période difficile (grave accident de moto puis décès de son père et son fils Jesse gravement malade) mais avouera plus tard qu’il était excédé par tous les hippies qui squattaient chez lui à Woodstock… Je me demande d’ailleurs si ce n’est pas à cause du domicile de Bob Dylan à Woodstock qu’on appelle ce concert Woodstock, pour l’éternité, alors qu’il se passa à 75 km de cette petite ville !!
À l’est de Sorèze se trouve une vallée naguère très industrieuse dans le domaine du textile, avec en son centre Labastide-Rouairoux. Un petit groupe autour de Patricia Cathala organise tous les ans un Festival qui prend chaque année de l’ampleur. Pour connaître un peu mieux cette valeureuse équipe, suivez ce lien.
J’y étais le 15 août avec des Bees (mes amies Abeilles) et on peut dire que cette édition des 20 ans fut une fameuse réussite, un enchantement avec la douceur de vivre occitane, des artistes invités tellement disponibles, des rencontres très inattendues (ah Claudine, si contente de t’avoir revue !) et tant d’autres tout aussi chaleureuses ! J’ai pris bien trop peu de photos, mais d’autres l’ont fait pour moi : allez voir les centaines de photos sur Facebook par Flo Volsul, Les Jolis Instants par exemple… Quaquie a commencé une série de reportages sur son blog et bientôt d’autres blogs s’en feront aussi l’écho certainement dans les jours qui suivent.
Toute la journée, un air vénitien flottait à la Fête du Fil, donnant une touche féerique :
Chacun souhaite se faire photographier auprès de ces personnages aux somptueux costumes…
… moi aussi : même si ma robe n’a rien de celle d’une princesse, je suis accompagnée d’un prince charmant !
Petites et grandes nous font rêver…
Les masques énigmatiques assurent d’être incognito et s’amuser sans barrière. A Venise dès la Renaissance, la République aristocratique jouait à la démocratie où chacun a les mêmes droits pendant quelques jours par an…
Pour ma part j’ai décidé de ne vous présenter que trois univers, centrés autour de la Méditerranée, même si j’ai des regrets de laisser temporairement de côté tant d’autres beaux artistes…
Tout d’abord, Dimitri Vontzos, qui anima la Journée Nationale de l’Amitié à Vichy en juin dernier pour France Patchwork ; il était à Labastide avec son plus beau chef d’oeuvre, sa fille, tout aussi souriante et sympathique que son père ! Mais j’ai admiré aussi ses créations d’étoles et ses nouvelles broderies, toujours axées sur sa culture méditerranéenne.
Dimitri est un artiste qui sait se renouveler et c’est à chaque fois un plaisir de l’entendre parler de ses inspirations ! Lui et bien d’autres (Pascal Jaouen et les brodeuses comme Monik Paugam avec la broderie glazik de Bretagne et plus généralement nos artistes textiles françaises, si nombreuses à mêler patch & broderie créative…) donnent un élan de créativité avec bien peu de choses : du fil, du tissu, une aiguille… La simplicité des matières premières donne libre cours à l’imagination !
Ensuite, je souhaite vous présenter un autre homme, venu de l’autre côté de la Méditerranée, l’Égyptien Ekramy Al Farouk, un des éminents tentmakers du Caire, ces hommes qui sauvent la tradition des khayamiya, tentures textiles qui offraient un raffinement certain à l’intérieur des tentes des nomades tout en renforçant la protection contre la chaleur, le froid et le vent. Je crois que je ferai un article à leur sujet prochainement, tellement je suis admirative de leur chemin parcouru. Lors de leur précédente exposition, je n’avais pas osé m’offrir la toile dont j’étais tombée amoureuse : je l’ai regrettée, oh combien !
J’ai tellement regretté d’avoir été raisonnable en 2016…
Je n’ai toujours pas succombé à une des plus grandes toiles, mais je me suis tout de même fait un plaisir immense en choisissant des oiseaux de paradis sur fond bleu :
Merci à la photographe, la bénévole bastidienne du stand, Krystyna ! Pour le plaisir, voici d’autres photos du stand, avec une mention spéciale pour l’histoire contenue dans ce quilt qui se lit de droite à gauche, contée avec talent par Krystyna :
« Un jour, un homme arrive à la ville, juché avec son fils sur son âne. On dit de lui : oh quelle honte, pauvre âne, l’homme pourrait marcher quand même ! Le lendemain, le fils est sur l’âne, l’homme marchant à côté. On dit : ah c’est comme ça qu’on élève les enfants, c’est du propre ! Le jour suivant, l’homme est sur l’âne, son enfant marchant à côté. On dit : ben voyons, il se prend pour qui celui-là ? Pauvre enfant ! Le jour suivant, l’homme et l’enfant marchent à côté de l’âne. On dit : ridicule, ils ne profitent même pas de l’âne ! Le dernier jour, l’homme porte l’âne. On dit : ah on avait bien fait de se méfier de lui, il est complètement fou ! Moralité : n’écoute pas le qu’en dira-t-on… »
Une vue des ouvrages exposés : des tableaux rappelant la splendeur des mosaïques symétriques arabo-musulmanes ou leur calligraphie, des harmonies de couleurs toujours réussies, des dessins enrichis par leur culture devenue cosmopolite (certaines ont bénéficié de l’influence des tapisseries de Dom Robert de Sorèze que Ekramy avait vues en 2016 !)
Un des Arbres de Vie féeriques du stand…
… et un détail !
Une des splendeurs du stand ! Sans limitation de budget, j’aurais eu du mal à choisir entre ces deux derniers… Étant près de la porte, il y a un contre-jour un peu gênant, mais on voit la beauté de la tenture tout de même…
Terminons par une femme qui a surpris tous les visiteurs, Paule François. Sa matière première est la laine, sa technique est un cadre de bois sur lequel est créé un métier à tisser sur mesure pour chaque création, son inspiration vient de ses propres photos. Elle vécut cinq ans sous le soleil du Maroc et y trouva une inspiration majeure pour ses ouvrages, ses voyages lui inspirent également de très belles scènes, et enfin la côte méditerranéenne française, auprès de laquelle elle vit à présent, lui offre d’autres sources d’inspiration tout aussi lumineuses. Quand on voit un de ses tableaux de loin, on croit voir une photo ou un tableau réaliste, éclatant de couleurs et à la profondeur de champ parfaitement maîtrisée. Quand on s’approche, ce sont de grands points de fils de laine qui font le tableau ! Inutile de dire que ce travail est bien plus long que ne le serait un tableau en peinture… Son art est bien sûr apprécié dans le monde où elle évolue (le monde des galeries d’art), mais trop souvent du bout des lèvres… Ce n’est que du fil… Sa notoriété bondira si elle entre dans le monde de l’art textile où son art sera bien plus apprécié, comme à Labastide-Rouairoux !
Nous avons aussi tendu des laines pour faire des tableautins dans notre enfance, la technique n’est pas franchement nouvelle, mais le résultat de Paule est tout autre (encore bien plus beau que sur mes photos!) :
Merci aux Bastidiens pour cette formidable édition 2019! Terminons en beauté avec quelques vues du Musée du Textile, au cœur de la ville de Labastide-Rouairoux :
Pour nos retrouvailles en beauté à la mi-août, remontons un peu le temps : je vous l’avais promise, la voici, la sublime robe millefiori de notre amie Joëlle Vétillard :
Une journée en Occitanie comme j’aime : jeudi dernier, nous avons avalé les kilomètres en faisant une grande boucle, revisité quelques-uns de nos lieux favoris… Voici quelques impressions, en pêle-mêle.
L’Aveyron (12) est connu en tant que département rural, immense, à la gastronomie simple et goûteuse – ah l’aligot, les farçous verts, le gâteau à la broche et le roquefort avec la salade, pour ne citer que quelques mets végétariens !… Deux monuments récents font parler d’eux également : le viaduc de Millau, miracle d’élégance et d’intégration dans le paysage, et le musée Soulages à Rodez, miracle culturel, le noir éclairant désormais la ville. Ce musée était le but principal de notre journée.
J’avoue osciller entre l’admiration et les doutes sur l’ordre des choses dans l’art contemporain. Ce musée est parfait pour s’interroger sur le concept de l’art abstrait : ce qui est intellectuellement intéressant, ce qui émeut… et ce qui sonne creux ! Mais ce jour-ci à Rodez je suis captivée par ces artistes de l’art abstrait, aux caractères complexes : Soulages, le maître des lieux, et Yves Klein, son invité.
On reconnaît la majestueuse cathédrale en grès rosé à des kilomètres, alors que le musée, en acier Corten, se fait discret de loin… mais pas de près, suscitant d’incessantes discussions sur le choix du matériau. L’accord est pourtant bluffant avec certaines peintures de Soulages, en noir et brou de noix…
Deux exemples de tableaux en noir brou de noix de Soulages, en parfait accord avec le bâtiment !
Je voulais y retourner pour m’imprégner de nouveau de l’outrenoir de Soulages, mais surtout découvrir l’exposition temporaire consacrée à l’outremer d’Yves Klein. Deux monomaniaques de LEUR couleur célébrés ici, l’un qui célébrera ses 100 ans à Noël, l’autre mort si jeune en 1962, à 34 ans.
Des cris bleus, exposition jusqu’en novembre 2019 à Rodez.
Le parcours d’Yves Klein est intrigant comme une étoile filante. Champion de judo, obnubilé par les Quatre Éléments (Eau, Air, Feu, Terre), mystique au point d’avoir conçu sa vision de la Sainte-Trinité dédiée à Sainte Rita (les causes désespérées…) : un artiste bien complexe qui nous frustre d’être parti si tôt.
Ex-voto pour Sainte Rita de Cascia par Yves Klein. Rose pour l’Esprit saint, Bleu pour le Fils et Or pour le Père. Une trinité inspirante !
Ce bleu unique, le bleu Klein, outremer outrepassé par de nouveaux solvants et une nouvelle résine de synthèse, a sans doute ruiné sa santé et causé la crise cardiaque qui l’emporta si jeune. La matière de l’oeuvre ci-dessus est constituée d’éponges naturelles.
Yves Klein apparaît en filigranedans une histoire étrange, poétique et palpitante, que j’ai lue en début d’année grâce à ma sœur Véronique: Siècle Bleu de Jean-Pierre Goux. Si vous souhaitez découvrir à la fois les restes de l’expérience Biosphère 2, un retour sur la Lune, la beauté chez le peuple Navajo, une énergie du futur, les mensonges d’état, une pensée écologique éclairée (thème majeur) et mille autres sujets passionnants, ce roman en 2 volumes (édition La Mer Salée) est pour vous :
Siècle Bleu m’a fait passer des jours bleus et des nuits blanches !
Le même jour, nous avions fait un grand saut dans le temps, en flânant au marché de Villefranche-de-Rouergue : très beau, très bio, très chaleureux, un de mes marchés préférés, qui me donne des sensations de siècles remontés. Bastide aux rues se coupant à angle droit, ville nouvelle du Moyen-Âge, Ville Franche s’affranchissant des obligations féodales, riche de maisons style Renaissance et d’une place carrée aux puissantes réminiscences de siècles de commerce : je m’y sens bien, comme si les pierres restituaient l’impression de jours heureux et d’opulence. Le marché ici, c’est tous les jeudis matin ! Nous y allons au moins une fois par an.
Nous avons déjeuné entre Villefranche et Rodez, toujours au bord de l’Aveyron, à Belcastel. Un village enchanteur, moi qui cherche inlassablement des signes dans les vieilles pierres. Attention, il a fortement été rénové, mais il garde tout de même son esprit. Nous mangions en terrasse, face au village, quand je me suis soudain rendu compte que les racines d’un des quilts faits pour BeeBook étaient précisément ici ! Pendant sa création, j’avais bien l’idée d’un village grimpant vers le ciel, comme tant d’autres dans la vallée de l’Aveyron (Penne dans le Tarn, Bruniquel dans le Tarn-et-Garonne et bien d’autres) mais ici la ressemblance m’a saisie, tout comme la proximité des noms, Belcastel et Castelnau ! Il a fallu y revenir pour que je me rende compte de l’inspiration précise…
A gauche, un superbe vieux pont qu’on ne voit pas bien 😦 et en face, le village qui grimpe à l’assaut de la colline ; la balade est courte mais fort agréable ! C’est au restaurant du Vieux Pont que Cyril Lignac, natif de Rodez, élève du lycée hôtelier de Villefranche-de-Rouergue, fit son BP de cuisine pendant 2 ans (1998-2000) ; l’enfant du pays a fait son chemin depuis !
Castelnau, mon village rêvé, aux maisons de guingois dans la verdure, où chaque maison est habitée par des amis parmi lesquels de nombreuses quilteuses ! Photo très moyenne avec mon phone, mais vous en avez de meilleures dans BeeBook 🙂
Fin de journée à Albi-la-Belle (81), promenade au bord du Tarn, en admirant les dentelles de buis heureusement sauvés des ravages de la pyrale.
Je viens de lire un livre de Christine Machureau (romancière découverte grâce àCécileD.), l’Hérétique, Tourmente Cathare (les Éditions du 38*), qui se passe en grande partie au sud d’Albi. On s’attache vite à une jeune fille en plein dans la croisade albigeoise, quand l’Église catholique multiplie les massacres contre des gens qui ont l’audace de vouloir vivre une foi proche des premiers Chrétiens… C’est très bien écrit et documenté, une parfaite lecture estivale !
*Cette maison d’édition se trouve en pleine région cathare et pays de cocagne, à Villefranche-de-Lauragais (31), autre Ville Franche héritée du Moyen-âge. J’aime les coïncidences !