Karine au Salon !

Karine, une de nos chères Abeilles de la Ruche, a fait la permanence dans la galerie d’art du Salon de Toulouse en octobre dernier avec sa casquette de membre actif de la délégation France Patchwork 31. Excellente communicatrice, elle a su expliquer au public la démarche de cette exposition et a engagé de longues discussions sur l’art et ses formes, l’expression artistique hors des sentiers battus… J’ai vu de nombreuses personnes enchantées de leur passage à la galerie, alors merci à Karine et à toutes les bénévoles qui ont parfois dû faire le gendarme mais aussi et surtout mettre en lumière le talent des quilteuses exposantes !

Elle nous raconte ici son expérience.

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Deux journées ou presque de présence dans notre galerie d’exposition au Salon des Loisirs Créatifs m’ont définitivement convaincue de l’intérêt pour notre association France Patchwork d’être visible.

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Avoir un stand et un lieu d’exposition est une formidable opportunité de sortir de l’entre-soi dans lequel nous évoluons bien souvent. C’est avant tout un événement grand public, ouvert, dynamique : il a donc soufflé sur notre exposition une brise revigorante et extrêmement motivante pendant 4 jours.

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Etait-ce le thème ou l’exceptionnelle qualité des œuvres ? Il m’est difficile de le dire mais les visiteurs étaient cette année véritablement intéressés, curieux, posant beaucoup de questions pertinentes.

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Leur enthousiasme nous a fait un bien fou ! Je dois préciser à nos lectrices et lecteurs qui n’étaient pas présents sur le salon, que par sa variété, l’exposition « dentelles et kimonos » avait pour vocation de toucher un large public. Des œuvres traditionnelles, modernes ou art textile, réalisées à la main ou à la machine, piécées ou appliquées étaient proposées aux visiteurs. Bref, toutes les tendances étaient représentées.

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Vous voyez ci-dessus un quilt qui s’appelle « Mais où est le kimono ? » La réponse était en bas à droite, très peu de personnes l’ont découvert… Ou comment mettre un peu d’humour dans ses oeuvres, bravo Sylvie Bedu !

Le format « tableau » a favorisé également la venue de personnes habituellement peu intéressées par les œuvres textiles et je dois le souligner, de nombreux messieurs. Toutes et tous, en tout cas, ont relevé la modernité des œuvres : paroles bien agréables à entendre pour les patcheuses trop souvent jugées avec un brin de condescendance…

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Au premier plan, quilt de la talentueuse Christine Mahé. Comme vous le voyez sans doute, l’éclairage artificiel modifie les couleurs malheureusement…

Enfin, signe qui ne trompe pas, de nombreux visiteurs ont exprimé le souhait d’acheter des œuvres exposées ou d’entrer en contact avec les artistes comme ils le feraient pour n’importe quel artiste peintre les intéressant.

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En résumé, cette expérience un peu fatigante mais très enrichissante m’a confirmé qu’il existe en France un vrai public pour nos œuvres. Aller à sa rencontre est une mission qui tient à cœur toutes les abeilles de la Ruche des Quilteuses et les membres de FP qui débordent d’idées pour le faire mais n’ont souvent pas assez de 24h par jour pour y arriver !

Karine Favard, Abeille et membre de France Patchwork 31

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Un immense bravo à toutes les talentueuses quilteuses de France et du Japon qui ont participé à ce concours !

Le blue jean ailleurs…

…car nous allons aujourd’hui bien loin, en Corée du Sud !

Choi So-Young est une artiste coréenne qui vous rappellera Denimu, tous deux utilisent cette même matière première qu’est le pantalon en jean usé pour faire des oeuvres d’art. C’est une jeune génération, Choi étant de 1980 et Ian Berry (Denimu) de 1984. Peu d’autres renseignements filtrent sur internet sur la jeune femme en raison du barrage de la langue. Son inspiration est principalement urbaine, ses tableaux captent les instantanés de Busan, 2e ville coréenne après Séoul, ville dynamique grâce à son port, ses belles plages et son climat clément.

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Busan est une ville à l’économie florissante, très moderne et touristique. Cette vue de nuit montre son fameux « Diamond Bridge » de 900 mètres pendant le festival des feux d’artifice (attraction ayant lieu tous les ans en octobre). Voyez ci-dessous l’interprétation de l’artiste !

 

Sur le blog Moonberry, j’ai trouvé quelques photos étonnantes :

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Vue de Busan de nuit, avec le feu d’artifice rebrodé et « emboutonné », photo du blog de Moonberry

 

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Photo de détail venant du même blog (immeuble à droite du tableau précédent). L’artiste utilise absolument toutes les parties des jeans, ici des passants font la façade !

 

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On remarque bien les effets de volumes, la liberté d’interprétation de cette artiste.
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Autre vue de Busan, tableau de 2005, 84 x 150 cm. Des jeans presque entiers s’intègrent miraculeusement au paysage !

 

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Busan, une des plages touristiques
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Il me semble que ce tableau représente le quartier de Gamcheon Culture Village, récemment réhabilité par l’Etat.
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Naguère le quartier le plus pauvre et insalubre de la ville de Busan, Gamcheon est fait de maisons qui rappellent des Legos et abritent des anciens régugiés, persécutés pendant la guerre de Corée en raison de leur religion (basée sur le symbole du Yin & Yang). Un programme d’aide a fait réparer les bâtiments et a fait des commandes à des artistes pour transformer l’aspect de cet endroit, maintenant visité par des milliers de touristes !

 

 Dans ce blog espagnol, on voit un autre tableau montrant un quartier plus central de Busan :

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Fait en 2010, 97 x 97 cm.

 

 

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 Le talent est sans frontière ! 
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Son art est largement reconnu par les professionnels car ce tableau fut vendu… 187 000 euros le 24 mai 2008 à Hong-Kong (Christie’s) ! Il est gigantesque et représente un immense travail puisqu’il mesure 1,50 m de haut pour 3 m de long. 
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Mais je crois que mon tableau préféré parmi ceux trouvés sur internet est celui-ci (100 x 65 cm), bien plus sobre et empreint de poésie ! J’aime cette simplicité…

 

Le blue jean ici…

Ici, en terre de Pastel, nous ne sommes pas rancunières. L’indigo asiatique a fait s’écrouler l’économie régionale au XVIIe siècle, rendant notre teinture bleue issue de l’Isatis Tinctoria trop peu performante, mais nous aimons quand même le blue jean à la folie ! De toute manière, cela fait belle lurette qu’il n’est plus teint à l’indigo…

Nous aimons la récup’ des pantalons fatigués de la famille :

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 Des sacs en blue jean ont fleuri le 14 novembre dernier lors des 30 ans de France Patchwork ! Nous avons admiré la créativité de chacune…

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… et Hélène nous avait apporté son fameux « Mon jeans a le blues, c’est le blues du blue jeans… »

L’histoire du blue jean est comme un roman d’aventures qui commence à Gênes (jean) et Nîmes (denim), continue au FarWest avec Levi Strauss… et gagne la planète entière au cours de la 2e moitié du XXe siècle. De nos jours, on peut en trouver à très bon marché mais avec quelles matières premières, quels produits chimiques, quel respect des ouvriers ?

Kris l’abeille butineuse  m’a appris qu’il existe une jeune société française faisant l’effort de fournir des pantalons blue jean le plus possible « faits en France » ; leur démarche est méritante car le choix de chaque matière première, chaque étape de fabrication est mûrement réfléchie jusqu’au moindre détail, dans un souci à la fois économique et écologique.

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Leur nom ? Le voici : 1083, car c’est le nombre de kilomètres à vol d’oiseau sur une carte de France si vous cherchez la plus grande diagonale… Et donc le « fait en France », est né au maximum à 1083 km de chez vous, résident de ce pays ! Un peu d’humour ne fait pas de mal…

En ce qui concerne un pantalon en jean, je suis contente de la transparence des chiffres qui montre que les matières premières : coton (biologique) + les rivets + le bouton coûtent en tout… 3 euros ! Quant à la teinture, elle est sans produit nocif, mais pas à l’indigo ou au pastel qui, j’imagine, ferait grimper en flèche le prix du pantalon !

Je crois que je vais acheter un blue-jean français à mon mari… Il faut patienter, il y a deux mois d’attente ! La rançon du succès sans doute !

Happy Thanksgiving to You!

Thanksgiving est une fête nord-américaine : on voit parfois au cinéma de grands repas de famille à cette occasion, on lit des romans autour de drames ou de réconciliations, de joies et de peines au cours de cette fête, c’est la vie !

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Mais ce n’est pas notre culture ici en France, et donc beaucoup se demandent d’où vient cette fête de Thanksgiving.

En Amérique du Nord, Thanksgiving célèbre dans tous les esprits les premières récoltes faites par les Européens sur le sol américain et la reconnaissance envers Dieu de leur avoir permis de survivre.

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Origines de Thanksgiving au Canada

Au Canada, le navigateur anglais Marin Frobisher remercia Dieu de l’avoir préservé d’un terrible voyage au nord du Canada en faisant un grand repas au sud du Groenland en 1578.

Des fêtes plus organisées naquirent avec des Français menés par Samuel de Champlain, né à Brouage. Durant l’hiver 1606-1607, à Port-Royal (île de la Nouvelle-Ecosse), ces Français décidèrent de ne pas se laisser aller à la morosité et Champlain créa l’Ordre de Bon Temps, une sorte de club pour promouvoir de bons repas tout l’hiver ! Voici un extrait de son récit :

Nous passâmes cet hiver fort joyeusement et fîmes bonne chair, par le moyen de l’ordre de bon temps que j’y établis, qu’un chacun trouva utile pour la santé et plus profitable que toutes sortes de médecines, dont on eut pu user. Cet ordre était une chaîne que nous mettions avec quelques petites cérémonies au col d’un de nos gens, lui donnant la charge pour ce jour d’aller chasser : le lendemain on la baillait à un autre et ainsi consécutivement : tous lesquels s’efforçaient à l’envie à qui ferait le mieux et apporterait la plus belle chasse : Nous ne nous en trouvâmes pas mal, ni les Sauvages qui étaient avec nous.
Tiré des Voyages […] de Champlain, 1613

Ces repas, souvent partagés avec les autochtones, étaient accompagnés de fêtes, d’animations théâtrales… ou comment passer du bon temps quand il fait froid ! On reconnaît bien l’esprit français qui aime la bonne chère en toutes circonstances… Cet esprit perdura les années suivantes, établissant cette idée de profiter des récoltes, de la chasse, de la pêche… mais Thanksgiving fut officialisé bien plus tard.
En raison du climat, Thanksgiving est célébré au Canada le 2e lundi d’octobre, ce qui coïncide avec l’anniversaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb (le 12 octobre 1492, fêté chaque 2e lundi d’octobre un peu partout sur le continent américain, malgré quelques contreverses).

Origines de Thanksgiving aux Etats-Unis

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En 2020, les festivités seront sûrement immenses pour célébrer les 400 ans du débarquement du Mayflower et des Pères Pélerins, premières personnes s’installant définitivement sur le sol des US. Parmi leurs descendants, 7 sont devenus présidents des USA et un certain nombre de personnalités peuvent aussi s’enorgueillir de compter des Pilgrims parmi leurs ancêtres (listes ici)

Plusieurs textes stipulent des commémorations religieuses de remerciements en Floride (1564) par les Huguenots français, au Texas (1598) par les très catholiques Espagnols… On peut dire que c’était une suite logique à une année qui s’achève dans un monde nouveau !

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Carte postale ancienne avec le Mayflower arrivant en Amérique.

Cependant le Thanksgiving célébré de nos jours est clairement lié aux Pilgrims, des Puritains anglais d’abord émigrés en Hollande pour trouver la liberté religieuse, puis espérant jouir de plus de liberté d’entreprise dans le Nouveau Monde. Après 66 jours de traversée très mouvementée, une centaine de personnes débarquèrent du Mayflower le 11 novembre 1620  dans la grande baie du Massachussets. L’implantation fut très difficile pour ces gens démunis de tout : environ la moitié d’entre eux moururent le premier hiver.

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Connaissez-vous John Smith ? Oui, celui de Pocahontas !! Il ressemblait plutôt à ceci :

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Capitaine John Smith (1580-1631), navigateur anglais. Il fit 2 voyages vers l’Amérique, l’un vers la Virginie (avec l’histoire de Pocahontas) où il resta de 1607 à 1609, puis vers le Maine et la baie du Massachussets en 1614-1615.

Eh bien, indirectement il est le sauveur de ces Anglais du Mayflower en détresse !…

Revenons en 1614-1615, John Smith est en exploration dans une région qu’il baptise lui-même Nouvelle-Angleterre (ce nom est resté et désigne le nord-est des Etats-Unis). Quelques Indiens de cette région furent capturés par des hommes de John Smith afin de les amener en Angleterre en tant qu’esclaves ou « bêtes curieuses ». L’un d’eux réussit à s’échapper et prit un bateau pour retrouver sa tribu. Entre temps, il avait eu le temps d’apprendre l’anglais ! Ce cher Squanto, sans une once de ressentiment, enseigna aux Pilgrims en 1621 comment survivre dans ce monde hostile : il leur montra comment cultiver ce qui est comestible et inconnu alors en Europe : le maïs, la patate douce… et les citrouilles évidemment, et leur montra aussi des baies comme les airelles… Ces immigrants n’étaient pas des paysans mais avaient apporté des semences dans le Mayflower afin de s’installer dans le Nouveau Monde ; malheureusement tout avait moisi et c’est ainsi ils ont dû se mettre à cultiver  des plantes locales car sans bonne récolte, c’est la famine !

Puis à l’automne, un grand repas festif réunit les Pilgrims et la tribu de Squanto, apportant pour leur part des dindons et des pigeons sauvages, des coquillages, des poissons et des homards… La fête dura finalement plusieurs jours !

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Illustration d’ici.

Les familles américaines préparent donc le grand repas familial commémoratif avec les ingrédients supposés du festin d’automne 1621.

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Table présentée par Martha Stewart

On doit dire que la tradition ne fut pas ancrée dès lors, car très vite tant de luttes et tant de guerres occupèrent Européens et Indiens dont, malheureusement, les aspirations divergeaient radicalement…

Deux Présidents contribuèrent à asseoir cette fête si typiquement américaine. George Washington décréta peu après l’indépendance des Etats-Unis un jour d’action de grâce, un jour de remerciements à Dieu pour exprimer la reconnaissance d’avoir un si beau pays (en 1789, pendant que la Révolution grondait en France). Puis en pleine guerre de Sécession, pour fédérer le pays à feu et à sang, Lincoln accéda aux demandes répétées de Sarah J. Hale (1788-1879) qui prônait une fête nationale de remerciements. Cette femme, écrivain et éditrice, eut une grande influence sur l’accès des femmes à l’éducation. Ainsi, depuis 1863 aux Etats-Unis il y a cette fête nationale le 4e jeudi de novembre en souvenir de la coopération entre les premiers pélerins et les Indiens.

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Sarah Josepha Hale, femme d’influence au XIXe siècle. On la surnomme parfois la marraine de Thanksgiving !
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Son magazine lui permettait de diffuser largement ses idées, principalement l’accès des femmes aux carrières d’éducation et de médecine.

Thanksgiving aux Etats-Unis de nos jours

Les Américains ont bien moins de jours de congés annuels que nous Européens. Les quatre jours (de ce jeudi au dimanche) sont considérés comme de vraies vacances propices aux déplacements et aux réunions familiales. Ce repas commémoratif reste très ancré dans les habitudes, dans certaines familles c’est même quasiment le seul jour avec Noël où l’on cuisine et où toute la famille se met à table ensemble !

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Bientôt Thanksgiving aux US (le 27 novembre 2014) : Mrs Bobbins a bien préparé l’essentiel grâce à une organisation dont elle est fière : une bien belle table avec le chemin de table, les sets, serviettes, dessous de verre… Son mari approuve mais demande : mais où est le repas ? Oh zut, répond Mrs. Bobbins, voilà ce que j’ai oublié ! (dessin trouvé sur Facebook – Mrs. Bobbins est régulièrement sur ce site : Kansas City Star Quilts )

Le menu « obligé » consiste en dinde farcie, sauce aux airelles, patates douces et tarte à la citrouille (stuffed turkey, cranberry sauce, sweet potatoes, and pumpkin pie) ainsi que plein d’autres bonnes choses, au choix des cuisiniers ! Si vous souhaitez faire entrer une tradition américaine chez vous, à vos fourneaux ! Les recettes sont un peu partout sur internet.

Un mot sur les dindes : ces gros volatiles d’ Amérique sont maintenant élevés en batterie et plus de 45 millions de dindes passeront au four jeudi. Je ne vous montrerai pas de photos de ces élevages pour ne pas vous couper l’appétit, mais sachez que la dinde prête à cuire pesait en moyenne moins de 7 kg en 1930, en 1985 moins de 9 kg et maintenant on arrive à des dindes de 13 kg… Des dindes qui ne tiennent plus debout tellement leur poitrine sont hypertrophiées, mais parallèlement les prix ont baissé : on en a plus pour moins d’argent…

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Un beau dindon en parade ! Nous appelons dinde ce volatile (poule d’Inde) car ces gallinacées furent importés en Europe par les Conquistadors espagnols qui croyaient encore avoir trouvé l’Inde par l’Ouest. Quant aux Américains, ils l’appellent turkey (comme le pays Turquie) car à sa découverte, elle était confondue avec la pintade de Guinée (appelée Turkey hen), bref un beau méli-mélo géographique pour ces gros oiseaux !

Après cette journée familiale, c’est le Black Friday avec des magasins qui ouvrent parfois dès minuit une minute ! Soldes et promotions incitent à acheter ce jour les premiers cadeaux de Noël. On assiste à une vraie orgie de consommation dont nos soldes ne sont qu’une pâle copie…

Quelques références :

http://indianapolis.canalblog.com/archives/2005/11/26/1041769.html
http://lostinsf.com/comment-thanksgiving-est-devenue-une-f%C3%AAte-nationale
http://www.pointsdactu.org/article.php3?id_article=987
http://www.washingtonpost.com/opinions/five-myths-about-the-pilgrims/2013/11/22/9f93e822-52c1-11e3-9e2c-e1d01116fd98_story.html (en anglais)

Décorations en patchwork et appliqué

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C’est la suite directe des décorations d’Halloween en couleurs chaudes : orange, marron, vert, écru etc. Les thèmes préférés sont les potirons évidemment,  mais au lieu d’un zeste d’humour typique à Halloween, les quilts sont plus sages et réconfortants, souvent dans le style Primitive Country qui correspond bien à cette fête familiale :

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Jolie déco vue ici !
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Thanksgiving Sampler, vu ici.
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Magnifique étoile de circonstance vue ici

Autre symbole prisé, la Cornucopia ou Corne d’Abondance, et tous les fruits d’automne :

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Magnifique appliqué avec les feuilles en soie laissées libres pour un effet 3D, à voir ici.

S’ajoutent les feuilles d’érable dans leurs plus belles couleurs :

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Un lit amish est l’écrin de ce superbe quilt aux feuilles d’érable.

Dieu étant dans la constitution américaine, on n’hésite pas à le remercier avec force. Thanksgiving est une fête laïque, célébrée par tous, mais d’origine religieuse puisqu’on remercie Dieu pour les bonnes récoltes :

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Vu sur le blog Stemmons Day.

Parfois on trouve des modèles à tendance plus moderne :

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Très joli chemin de table automnal, dont on peut trouver les explications en anglais dans la petite boutique de Frivolous necessity.

 Happy Thanksgiving à tous nos lecteurs américains le 27 novembre !

Valériane, la Lune et les vagues…

Quand on habite à la campagne, on voit mieux la Lune :

 

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Voyez-vous les reflets du clair de lune sur les vagues ?

 Nouvelle peinture sur bois de Valériane Leblond aux accents japonais, à la fois par son format et par ses vagues !

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Motif japonais depuis plus de mille ans, le seigaiha, « océan aux vagues bleues », avec ses cercles concentriques, est d’une rare élégance. D’abord symbole de la mer sur les anciennes cartes chinoises, il se trouve depuis mille ans au Japon brodé ou imprimé sur les tissus, gravé dans la pierre ou le bois, dessiné sur le papier, la céramique ou encore en mosaïque…

Son graphisme peut aussi suggérer des toits de tuile, des éventails ou des coquillages… Outre-atlantique, on décline ce motif depuis le XIXe siècle à la fois en patchwork, appliqué et quilting. Ce fut aussi un motif très prisé en art déco !
Il m’a inspiré mon logo de blog :seashells

Alors vous comprenez combien j’aime cette nouvelle peinture de Valériane !

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Autre Vague japonaise : dans l’actualité parisienne, l’exposition des estampes d’Hokusai au Grand Palais est bondée, le public se rue sur la fameuse Vague : elle n’est pourtant pas plus grande que les autres estampes, donc à chacun son tour !

La Grande Vague de Kanagawa
La Grande Vague de Kanagawa (1831) a longtemps été accrochée dans ma chambre, je la connais par coeur et l’aime toujours autant ! L’estampe originale surprend par sa modeste taille ( environ 25 cm sur 37 cm), alors qu’on a l’habitude de la voir en grande affiche.

Une estampe est le résultat d’une série de travaux : le dessin sur la matrice (ici du bois), la gravure en suivant le dessin, puis l’encrage et l’impression… Il existe donc plusieurs originaux dont les couleurs diffèrent, les traits sont plus ou moins nets en fonction de l’ordre d’impression… Elles ne sont pourtant pas numérotées comme des lithographies actuelles. La qualité du papier joue une importance primordiale également ; certains spécialistes pensent que près de 5 000 estampes originales de cette Vague furent tirées, dont une est toujours à Giverny, chez Monet ! L’ordre de tirage peut grosso modo être établi par les spécialistes en fonction de la netteté des traits (qui s’estompe avec l’usure de la matrice originale).

Cette première vue du Mont Fuji d’une série de 36 est fascinante et de nombreux essais décortiquent les raisons du succès.

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La composition géométrique peut expliquer la beauté de l’oeuvre.

L’exposition ne se limite absoument pas à cette Vague, vous y ferez beaucoup d’autres découvertes si vous avez la chance d’y aller… un jour sans trop d’affluence !

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Au Grand Palais à Paris, du 1er octobre au 18 janvier, avec une interruption du 21 au 30 novembre. 

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Merci Valériane de nous offrir de si belles vues au clair de Lune :

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moutons sous la lune Valériane Leblond… des vagues menaçantes portant peut-être un message d’espoir :

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Trouvez-vous la bouteille à la mer ?…

… des vagues bien plus douces dans un monde idyllique :

vagues seigaiha Valériane Leblond

… et tant d’autres scènes de la campagne et du littoral gallois que vous pouvez admirer et vous procurer sur son site ici !

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Ayrton Senna vu par Denimu

Le célébrissime pilote de formule 1 décédé en 1994 voulait consacrer une partie de sa fortune à l’éducation des enfants dans son pays, le Brésil :

“Se a gente quiser modificar alguma coisa, é pelas crianças que devemos começar, por meio da educação »
« Si on veut changer les choses, c’est par les enfants que nous devons commencer, via l’éducation »
Ayrton Senna

C’est ainsi qu’a vu le jour une fondation dédiée à l’amélioration de l’éducation au Brésil. Ainsi, son nom reste au firmament pour les jeunes générations.

Cette fondation a commissionné l’artiste Denimu, pour lequel j’ai tant d’admiration, pour faire le portrait géant du pilote. La matière première ? Des blue jeans (denim) de la famille Senna !

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Le portrait a été dévoilé avant-hier à Sao Paulo pour la commémoration des 20 ans de la disparition du sportif, juste avant le Grand Prix du Brésil qui aura lieu ce dimanche. Encore une totale réussite de cet artiste britannique qui réussit à faire passer la fierté, la sensibilité de l’icône des circuits.

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Superbe hommage à la légende de la F1, Ayrton Senna – Denimu, 2014, 122 x 160 cm. L’argent récolté par la vente aux enchères de ce tableau textile ira à l’ONG Ayrton Senna pour l’éducation des enfants brésiliens.  

Articles précédents de la Ruche sur Denimu :

https://quilteuseforever.wordpress.com/2014/01/13/inspiration-denim-denimu/
https://quilteuseforever.wordpress.com/2014/01/14/denimu-ses-recents-tableaux-textiles/
https://quilteuseforever.wordpress.com/2014/05/24/des-news-de-denimu/

Les blogs de Sujata, de Natacha et de Christine

Certaines lectrices attentives ont déploré la disparition de mon « blogroll » depuis l’été dernier, cette liste de liens allant vers d’autres blogs sympathiques. En cherchant à le refaire, hop il est réapparu ! C’est la petite cuisine WordPress dont je n’avais pas complètement suivi la recette… Alors sur le côté droit, vous pouvez retrouver mes adresses favorites ! Bientôt j’en ajouterai quelques unes liées principalement au patchwork moderne. 

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Parmi mes quilteuses préférées à ajouter dans le blogroll, Sujata Shah ! Je viens tout juste de la mettre sous le nom de son blog principal « The Root Connection ». Son premier livre va sortir le mois prochain… Je ne sais pas si j’attendrai Noël pour me l’offrir !

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Voici également un jeune blog français sur lequel je souhaite diriger mon projecteur personnel : Chroniques Patchwork de Natacha. C’est bien écrit, c’est documenté et c’est en ce moment sur l’émission « Cousu Main » de M6 ! A lire Natacha, je crois qu’elle est bien plus jeune que moi et c’est un bonheur dès que je sens venir la relève ! Lisez son blog, petites chroniques culturelles sur le patchwork, et je suis sûre que, comme moi, vous y apprendrez des choses ! 

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Un autre blog est déjà ajouté aussi, celui de Christine, Française vivant à Athènes. Elle vient d’offrir à sa soeur un superbe Log Cabin :

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Française vivant à l’étranger, son blog est écrit en anglais : Quilting Stories… mais vous admirerez les photos qui n’ont pas de frontières ! C’est une quilteuse chevronnée et talentueuse, vous verrez…

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Doodle : drôle de mot ! On commence à le voir dans des textes français depuis plusieurs mois…
Hormis le pratique outil de planification que nous utilisons souvent entre nous dans la Ruche (voir doodle.com si cela vous intéresse aussi), un doodle signifie un griffonnage, un gribouillage, un crayonnage… Et c’est à la mode !!! Ce sont au départ les petits dessins qu’on trace sans trop y penser, laissant courir son crayon sans idée préconçue, en réunion ou cours d’une conversation téléphonique… Tout comme Monsieur Jourdain fait de la prose, vous « doodlez » sans vous en douter !

Dans l’air du temps, on conseille ces gribouillages, ainsi que des coloriages de toutes sortes, pour décompresser, méditer, devenir ZEN. Le mot Zentangle,  inventé par des Américains, est dans cette mouvance. 

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C’est une des nombreuses récentes publications sur le sujet. Smaranda Bourgery, bien connue dans le monde du patchwork, s’est trouvé une nouvelle passion dans cette forme d’expression : ici son blog pour en savoir plus ! Cette photo provient de ce blog.

Mais si vous lisez la Ruche des Quilteuses, c’est que vous aimez par-dessus tout le fil et le tissu, l’aiguille et les ciseaux… Et dans notre domaine aussi, nous pouvons « doodler » ! Les crazy quilts en sont une forme complète, avec à la fois l’impro dans l’appliqué des pièces au fur et à mesure et de la broderie spontanément l’une après l’autre… du moins ma forme de crazy ! Le quilting à la main est aussi pour beaucoup un moment de paix et de méditation.

Mais ce qui s’approche le plus des gribouillages artistiques au crayon, c’est la broderie spontanée, celle qu’on commence sans savoir comment on la terminera ! J’ai bien aimé la progression des réflexions de Nathalie Locquen à ce sujet, qui n’aime rien tant que le contact avec les tissus… Lisez ici sa découverte dès 2010 des zentangles, puis ses jolis essais, et enfin son retour vers la broderie

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Broderie d’une inconnue trouvée sur Pinterest (la première source semblant être de Neethu Krisnaraj, d’Inde, voir ici) : c’est pour moi un exemple de dessin brodé de manière spontanée, sans schéma préconçu, un bel exemple de broderie doodle !

Cette spontanéité de dessins au fil se trouve beaucoup, actuellement, dans la customisation des vêtements.
C’est aussi, dans une certaine mesure, dans la broderie bretonne renouvelée par Pascal Jaouen, la broderie Glazig. On sait quand on commence, et on finit… quand on décide que le résultat est harmonieux !

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Broderie signée Pascal Jaouen – La symétrie absolue n’est pas recherchée et la broderie se prolonge au gré de l’inspiration. Cependant, la broderie glazig exige un apprentissage de points particuliers : d’abord l’apprentissage, ensuite l’improvisation !

Et voici un tout autre style, celui de Dijanne Cevaal :

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Cette fabuleuse « couverture du voyageur » de Dijanne Cevaal évoque les découvertes des grands voyageurs comme Marco Polo, la route de la soie, les échanges de bijoux ou de pacotille, les trésors mal acquis des pilleurs ou pirates : un travail de longue haleine aux appliqués brodés tout en fantaisie, en rêvant à d’autres temps, d’autres rivages…

J’adore cette forme de broderie simple et sans prétention qu’on peut appeler broderie doodle (terme existant déjà en anglais : doodle stitching) ! Les points sont basiques et peuvent déjà faire un effet saisissant. C’est une création permanente, des choix de tissus, de couleurs, de points de broderie, le tout sans se prendre la tête !
Je dois dire que c’est un modèle paru dans le numéro 121 des Nouvelles (France Patchwork) qui m’a sensibilisée à cette possibilité d’amusement :

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Cette petite couverture bleue d’Els Gauchotte, aux teintures végétales maison et aux broderies spontanées, a touché mon coeur ! Retrouvez cette artiste sur son blog : Du fil et des couleurs.

A bientôt pour une broderie doodle inédite !

La dentelle de la Reine Anne

Revenons au mois de septembre…

Dans la partie de mon jardin semi-sauvage, là où est placée notre ruche, il s’en trouve par centaines, des dentelles de la Reine Anne…

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Prairie pleine de carottes de juin à fin septembre !

 

Dentelle de la Reine Anne : c’est la traduction du nom commun américain (Queen Ann’s Lace) d’une plante considérée comme une mauvaise herbe… Que j’aime ce nom romantique pour notre vulgaire carotte sauvage !

 

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Certaines ont des formes étranges et subtiles…

 

fibo Queen Ann
D’autres dévoilent une formation très régulière en spirale dite « suite de Fibonacci », merveille de la Nature. Voyez-en des centaines d’exemples ici…

Pour distinguer cette plante de la dangereuse ciguë (ne jouons pas à Socrate…), plusieurs caractéristiques les distinguent définitivement. Deux sont faciles à retenir :

– la carotte sauvage a une minuscule fleur pourpre en son centre (parfois quasi-invisible),
– la carotte sauvage a des poils sur sa tige (pensez à « Poil de carotte » en moyen mnémotechnique !).

C’est vrai que les ombellifères font penser à de la dentelle ! L’Histoire ne dit pas clairement de quelle Reine Anne il s’agit, mais il s’agirait d’une reine aimant faire de la dentelle, se piquant le doigt et tachant d’une goutte de sang son ouvrage… Cela rappelle la Belle au Bois Dormant !

(c) National Galleries of Scotland; Supplied by The Public Catalogue Foundation
La Reine Anne la plus souvent citée pour cette légende est la Reine Anne du Danemark (1574–1619), mariée à James VI d’Ecosse… Déjà, sa parure pourrait évoquer l’ombellifère !

Ces modestes fleurs font des sujets extraordinaires :

queen ann's lace

 

J’ai vu des photos d’un mariage où ces fleurs étaient en déco principale, c’était extraordinairement sympathique, bucolique, magnifique !!!
Elle inspire aussi des quilteuses :

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Quilt de Kate Dowty, « Above Eype Beach II »,  exposé à Sainte-Marie-aux-Mines en septembre dernier.

En voici quelques détails :


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Elsbeth Nusser-Lampe s’en est également inspirée :

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Elsbeth Nusser-Lampe, Allemagne. Nous avons eu la joie de la rencontrer à Sélestat lors de la Journée Nationale de l’Amitié de France Patchwork.

 

Inspirée par Elsbeth Nusser-Lampe et Marie-Agnès du club de Balma, Kristine a fait un adorable panneau mêlant patchwork (le fond), peinture et broderie :

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Au bord de l’étang, par Kristine, Abeille de la Ruche

 

Parmi les herbes folles, il y a des fleurs de dentelle…

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Ce sera bientôt l’objet d’un stage au club de Colomiers !
Oui, je vous montrerai nos essais…  Quelle joie d’essayer d’approcher le style d’une artiste comme Elsbeth Nusser-Lampe qu’on admire tant !