Betty a acquis, vous l’avez lu, un quilt issu de la Grande Dépression, fait de restes d’autres quilts. Aujourd’hui, c’est un quilt qui a eu beaucoup de chance que je vous montre, Betty me l’a signalé et rêverait de l’acquérir !
Il a passé les décennies sans broncher, protégé chez une famille d’antiquaires conscients de sa valeur ! Rendez-vous compte, ce quilt a presque 100 ans, fait pendant les années folles, juste avant la Grande Dépression. Il est remarquable par sa fraîcheur, mais aussi par sa composition : il est fait à l’envers, c’est à dire commencé par les bordures et continué jusqu’au centre.
L’immense variété de tissus le rend encore plus précieux. Le centre est un autre sujet d’émerveillement, oh une rose !
Vous pouvez aussi y voir un nénuphar, une pivoine… En tout cas c’est superbe !On voit bien ici les changements de direction, décidément ce quilt est unique !
La Mère Migrante est LE visage de la Grande Dépression, photo mythique de Dorothea Lange prise en 1936 :
Femme longtemps anonyme dont on ne connaissait que l’âge -32 ans seulement- et qu’on supposait fermière blanche chassée de ses terres devenues incultes en raison de la crise et du dust bowl, sur la route avec ses enfants mourant de faim… Un symbole poignant.
Dans les grandes plaines, là où naguère des herbes aux puissantes racines fixaient le sol, les nouveaux Américains labourèrent des milliers d’hectares… Un mauvais alignement des étoiles et voilà la bonne terre soumise à des sécheresses, des vents… La bonne terre s’envole en énormes nuages, le dust bowl, qui tue et met sur la route des milliers de familles qui n’ont plus rien… en pleine récession économique.Cette peinture de Rebecca Barker (Quiltscapes) rappelle que les Grandes Plaines étaient naturellement plantées d’herbes que broutaient les bisons… Sur ce territoire poussaient quelque 3 000 espèces de plantes qui étaient le garde-manger et le réservoir médicinal des Indiens.
On a longtemps parlé de la puissance de la photo de Migrant Mother, le regard courageux malgré le poids de la misère. Effectivement, en plein dans la période décrite dans Les Raisins de la Colère de Steinbeck, cette femme souffrait comme des millions de personnes de pauvreté mais elle n’était pas celle qu’on croyait… Des suppositions erronées font de ce portrait un malentendu que la protagoniste Florence Owens racontera bien plus tard. Pour des détails, voir par exemple cet article en français.
En 1979, Florence Owens entourée de ses filles qu’on voit sur la photo mythique. Elle aura en tout 10 enfants.
Dans tous les Etats-Unis, les 10 ans de Grande Dépression sont restés dans les mémoires comme une vilaine cicatrice mais aussi, rétrospectivement, comme la preuve du pouvoir de résilience et de rebond des Américains. Florence Owens en est malgré tout un bon exemple, avec ses sept enfants à 32 ans, déjà veuve, remariée, soucieuse de l’avenir de ses enfants et surtout de leur présent, c’était une femme courageuse.
Pour survivre on s’inquiète toujours de la nourriture, mais dormir au chaud est une autre nécessité de la vie. Que vous inspire ce quilt ?
Un quilt unique et bizarre…
On n’en connaît pas l’origine mais, avec toutes les précautions d’usage, on peut essayer d’en deviner une bonne partie. Mon amie Betty, devenue collectionneuse de quilts anciens utilisant la technique de la pomme de pin, l’a acheté à une spécialiste chevronnée du Nouveau-Mexique qui en fit une appréciation et estimation.
Il est certain que ce quilt est du Vieux-Sud américain, d’origine afro-américaine. On peut voir qu’il est fait de morceaux très différents : des portions en pine-cone : trois longues bandes verticales ininterrompues et plusieurs plus petits morceaux constituant une quatrième bande. Parfois en lignes droites, parfois en courbes, les carrés pliés n’ont pas la même taille. En encadrement sur trois côtés, de larges pièces de tissus ainsi que des string blocks (blocs faits de bandes de tissus cousus) agrandissent ce quilt un peu bancal (12 cm d’écart entre les côtés). Ce qui est en pine-cone n’a pas de molleton, juste un tissu de fond, alors que l’encadrement est molletonné. Le quilt est matelassé de manière lâche, à grands points.
A gauche on voit la partie en bandes, un des blocs les plus populaires de la Grande Dépression : couture rapide, utilisation de toutes les chutes. Les trois bandes de pine-cone ont une certaine unité, car ils étaient faits des tissus recyclés disponibles venant de vêtements et linge de maison : on y voit de la diversité mais des dominantes fortes de ce qu’on avait sous la main dans chaque foyer.Cette partie avec beaucoup de rouges est très jolie !
Le dos est constitué principalement de feed sacks, ces sacs ayant contenu des denrées alimentaires. Des coutures d’assemblage ont lâché.
Cette partie du dos montre un sac de sel utilisé comme doublure.Ce sac contenait du sucre de canne. Quelques taches sont visibles sur le dos.Couture entre deux bandes de pine coneDos du quilt
Comment rester indifférent devant un tel quilt ? Certes, il ne gagnera aucun concours d’élégance. Mais son examen suggère fortement qu’il est fait de restes d’autres quilts, peut-être de pine cone quilts trop tachés ou usagés pour les garder tels quels, faits des années plus tôt par la mère ou la grand-mère de la quilteuse… Les parties en pine-cone ne sont pas molletonnées, simplement parce qu’elles sont déjà très chaudes, avec les multi-couches de tissus qui emprisonnent l’air ! Ce quilt est pour moi une poignante évocation du courage des femmes de l’époque qui savaient à quel point il fallait se battre pour survivre.
Enrichie par mes lectures et les témoignages de Betty, je ne peux m’empêcher d’imaginer une mère de nombreux enfants devant, en pleine Grande Dépression, fournir le plus vite possible des couvertures pour sa famille avant l’hiver…
Bien sûr je peux me tromper, comme la photographe, mais ce quilt semble me parler…
Je vous ai souvent parlé de Betty, ma grande amie de Floride qui, inlassablement, hisse bien haut le patrimoine afro-américain et plus particulièrement les pine-cone quilts. Ces jours-ci elle expose à la Highland Art League en Floride des grands et petits pine cone quilts, des poupées, des vêtements afro-américains du XXe siècle (de Miss Sue)… et un tapis en hook-rug fait par sa maman dans les années 1970 !
Betty a un supporter indéfectible, son mari ! L’année dernière, il a choisi une gamme bien particulière de tissus, des blancs et noirs, avec des pointes de couleurs rouge vif incluses dans un imprimé. Ce très beau quilt a été cousu par Betty, le voici, tout juste terminé le 21 décembre dernier au Solstice d’hiver :
Il y a quelques mois, Betty assemblait patiemment ses petits carrés :
Mais pour le faire, elle avait une aide discrète mais oh combien utile :
Smitty utilise un cutter qui glisse dans le rail de la règle, une technique bien connue des encadreurs pour couper le carton, maintenant proposée aux quilteurs.En plus d’avoir suggéré les couleurs, Smitty met la main à la pâte… ou plutôt au cutter, quelle bonne idée !
Après le douloureux épisode de la tempête Irma, Betty & Smitty ont pris une décision lourde de conséquence : vendre leur magasin d’antiquités…
Dans son magasin, Betty avait disposé son premier quilt avec des poupées aux longues jambes qu’elle avait faites dans les années 1980.Vue du magasin, réputé dans la région, avec de beaux éventails au premier plan.
En décembre, il a fallu dire bye-bye aux antiquités, c’est un choix qui néanmoins fait un serrement au cœur…
Le camion, qui a tant transporté de meubles et objets pendant 14 ans…
Le magasin vendu, Smitty s’est dit qu’il fallait faire quelque chose de peu commun pour aider à tourner la page, comme… Go & meet Katell, dit-il. Quelle bonne idée encore Smitty, de répondre à mon invitation !! Je suis extrêmement heureuse à l’idée d’accueillir Betty & Smitty en juin prochain ! Je sais que cette rencontre sera inoubliable, Betty est une belle personne que j’admire tant ! Nous visiterons ensemble chaque jour un nouveau coin de l’Occitanie et, qui sait, peut-être pourrons-nous rencontrer des quilteuses au cours de leur semaine de séjour ?
Hi Betty, see you soon!
Prochainement, nous verrons ensemble un quilt antique acheté par Betty dont on ne connaît pas vraiment l’histoire, mais qui pourtant raconte tant de l’époque de la Grande Dépression… A bientôt !
Régulièrement, je vous donne des nouvelles de mon amie Betty de Floride, cette historienne et quilteuse érudite qui protège de l’oubli le savoir-faire du Pine-Cone quiltdans le grand Sud-Est des Etats-Unis et en particulier en Floride.
Le week-end dernier Betty se trouvait à Naples, non pas en Italie mais tout au sud de la Floride, au nord des Everglades (zone humide sub-tropicale du sud de la Floride). Ses pères fondateurs en 1880 trouvaient cet endroit magnifique « surpassant la beauté de Naples en Italie » mais cet endroit ne commença à être prospère qu’avec l’arrivée -tardive, dans les années 1920- du chemin de fer et de la route est-ouest du sud de la péninsule, le Tamiami Trail (de Tampa jusqu’à Miami, en passant par Naples). Cette route est spectaculaire, on longe une nature encore sauvage, on y voit beaucoup d’animaux… par exemple, des alligators… Naples est aujourd’hui une superbe station balnéaire peuplée de retraités et de touristes. Bien sûr, on chérit l’histoire et, non loin du centre de la ville, le musée en plein air du Comté célébrait le week-end dernier le passé de cette région sous forme d’un grand festival de deux jours.
Cette maison, construite en 1926, était la première maison qu’on voyait quand on entrait dans la ville. Menacée de destruction, elle a été déplacée pour être conservée dans ce musée de plein air. Les murs sont de bois local, une sorte de pin, et les fondations étaient faites de sable de la plage et de coquilles d’huîtres pilées et brûlées. Lors de la reconstruction, cela a été fait un peu plus solidement !
Dans une des maisons historiques datant de 1928, Betty avait toute la place pour accueillir les visiteurs et montrer son savoir-faire :
Ce nouveau quilt noir et blanc avec des touches de rouge est une idée de son mari. Il est presque fini !
Les nouvelles recherches de Betty sont sur les vêtements portés par les quilteuses dans la période 1890-1930. Vous avez déjà vules robes incroyables portées par Miss Suejusqu’au début du XXIe siècle ! Alors Betty va tenter de se faire des tenues aussi proches que possible de ces femmes qui ne jetaient rien, réutilisaient le moindre bout de tissu pour des résultats toujours uniques. Pour ce Festival, elle n’avait pas encore de matériel historique, elle s’est donc confectionné une robe à mi-chemin entre une de Miss Sue et une de Namibie. Sa tenue a été faite de chemises et jupes de l’Armée du Salut. La prochaine fois, elle espère en savoir plus sur les vêtements des femmes africano-américaines de la période 1890 à la veille de la Seconde Guerre Mondiale.
Betty a par ailleurs achetéle livre sur les yukatas car tout ce qui est textile ancien réutilisé la passionne. Et elle va suivre avec attention, m’a-t-elle confié, le résultat des robes de princessepour Lacaze ! Ce projet lui plaît beaucoup car on va faire du neuf, et même du féerique, avec des bouts de tissus de récupération.
La redécouverte des pine cone quilts n’en finit pas d’inspirer. Le Pine Cone Quilt, c’est au départ la fascination du scrap quilt, fait de restes de tissus de vêtements ou de literie dans le Vieux Sud des Etats-Unis, avec un effet de volume intéressant. Cet artisanat traditionnel prend des galons dans le monde coloré des quilteuses modernes !
C’est tout d’abord Rachael Daisy d’Australie qui s’amuse avec toutes les variantes qu’elle invente, et elle ne manque pas d’imagination ! Son tout dernier qui vient d’être exposé à Adelaïde, il a la force des unis vifs, des formes rondes et triangulaires qui se répondent et la fantaisie d’un sampler de modèles :
Zap Zing Zowie, de Rachael Daisy. C’est un triptyque, ici posé sur fond noir.
Une autre artiste travaille sur ce thème du « petit carré plié » depuis quelques années, c’est Tara Faughnan. Elle utilise uniquement des tissus unis mais ne manque pas d’inspiration ! Allez voir sa galerie de quilts, vous y trouverez forcément de l’inspiration.
Pine Burr Quilt fait en 2015, exposé au QuiltCon 2016. On voit de joyeuses ruptures de lignes qui rappellent les scrap quilts anciens. Et pourtant, quelle modernité !
Ce quilt est entièrement réalisé à la machine. On devine que les carrés sont pliés différemment et disposés non pas en cercles comme pour la plupart des Pine Cone traditionnels, mais en ligne, ce qui ouvre bien d’autres perspectives esthétiques. D’ailleurs, il nous reste quelques quilts témoins de cette option qui n’avait pas échappé à des quilteuses d’antan :
Quilt trouvé au Texas, fait de 5 bandes juxtaposées, en vente chez Laura Fischer QuiltsMême style, mais on voit un tissu de fond, cela s’apparente alors au Prairie Point. Les unités sont plus larges que le précédent (en deux morceaux). Laura Fischer QuiltsPour celui-ci, on parle de Prairie Point, car les triangles ne sont pas imbriqués d’une rangée à l’autre. Voir chez Bill Volkening des détails sur ce quilt. Il date des années 1960 et intéresse les collectionneurs !
Voyons maintenant un autre quilt de la Californienne Tara Faughnan sur le même thème du carré plié, Bazaar Quilt :
Ici les pliages forment des languettes et font penser à certaines décos faites de post-it !! Mais c’est tellement plus beau en tissus, n’est-ce pas 🙂Bazaar Quilt (détail) Tara Faughnan
Pour compléter les possibilités autour de la pomme de pin, voiciun tuto de Maryline Collioud-Robertinspiré d’une Japonaise ; l’idée est un peu similaire mais le travail encore différent !
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Je ne peux vous quitter aujourd’hui sans vous donner des nouvelles de Betty, notre amie de Floride qui fait renaître le Pine Cone Quilt traditionnel dans le Vieux Sud. Elle a été pleinement impactée par l’ouragan Irma et a passé avec son mari plusieurs heures calfeutrée dans leur salle de bain. Elle était très nerveuse, terrifiée à l’idée de tout perdre de nouveau, comme lorsque son toit s’était envolé il y a 25 ans lors de l’ouragan Andrew. Jusqu’à la fin de charge de la batterie de ton téléphone, elle a communiqué, puis c’était le black-out. Elle a passé 8 jours sans eau courante ni électricité dans la chaleur et la moiteur, de l’eau infiltrée et des dégâts un peu partout… Un cauchemar, surtout pour ces personnes à la santé fluctuante. Il faut maintenant déblayer, jeter, réparer ce qui peut l’être, nettoyer, tout comme des dizaines de milliers d’autres sinistrés. Ils s’y attellent avec courage mais il faudra de longs mois pour retrouver une vie normale.
Quand les éléments se déchaînent comme cette année, on se sent tellement impuissants… Mes pensées à toutes ces victimes, et l’espoir que la série noire est enfin finie.
Pour terminer sur une note plus gaie, sachez que son quilt a gagné le 3e Prix dans sa catégorie lors de l’exposition qui se termine ce week-end au Museum of Florida History à Tallahassee !
Avant-hier je vous montrais une photo de Queenie Udell remportant un franc succès avec sa démonstration de yoyos en 1978. Précisément 39 ans après, exactement au même endroit (le Florida Folk Festival existe depuis 65 ans), Betty Smith a tenu un grand stand de démonstration d’une autre tradition populaire textile, les Pine Cone quilts. Il y faisait une chaleur accablante (36°) mais l’ambiance n’a pas faibli durant 3 jours avec des danses, des musiques, des artistes de toutes disciplines…
Le panneau rappelle l’héritage de cette technique de femme à femme, de Miss Sue à Betty Smith.
Betty s’est sentie un peu la Queenie (la reine) avec toutes les femmes autour d’elle, curieuses d’apprendre son savoir-faire !
Le quilt violet qu’elle m’a dédié attirait beaucoup le regard, alors que beaucoup d’autres étaient au moins aussi attractifs. Aux plus intéressées, Betty sortait un exemplaire du magazine Les Nouvelles(France Patchwork n° 132) pour montrer l’article qui lui était consacré. Elle ne le laissait pas traîner sur la table, de crainte qu’il ne disparaisse !
Les Nouvelles, le magazine France Patchwork, a consacré deux pages d’interview de Betty dans son n° 132. On y trouve aussi les explications pour faire des Pine Cone quilts avec un mini-quilt baptisé… Betty ! J’ai eu un immense plaisir à écrire ces quelques pages.
Transmission du savoir dans la bonne humeur :
Fierté d’avoir appris une nouvelle technique :
Le bonheur de partager de bons moments ensemble :
Le plaisir de goûter une spécialité locale, des cœurs de palmier cuits :
Le nouveau quilt en cours de Betty a bien avancé pendant ces trois jours :
Et voilà, inlassablement Betty continue de faire connaître son art appris par son ancienne voisine, Miss Sue, dont j’ai longuement raconté la vie précédemment.
Sa dernière idée lui est venue comme une illumination (vous savez, la petite ampoule qui s’allume dans une bulle de BD) : utiliser des petits carrés de cette technique pour orner son t-shirt, histoire de revendiquer son savoir-faire et d’égayer sa tenue :
Une de ses élèves du Folk Festival lui a apporté son carré fini quelques jours plus tard, l’idée a plu à Merri McKenzie et voilà la mode est lancée !
Queenie Udell a vécu en Floride, encore une de ces femmes fortes qu’on trouve dans le Vieux Sud. Elle naquit en 1919 et eut une vie de labeur, de création d’innombrables quilts, la plupart des string quilts, les plus faciles à faire à partir de petits bouts de tissus de récupération.
Elle apprit de sa mère et sa grand-mère à faire des yoyos dans les années 40. Dès lors, elle avait sa récréation, ses temps libres étaient occupés à faire des yoyos, de minuscules ronds froncés de la taille d’un dime, moins de 2 cm… Et elle en faisait par dizaines, par centaines, par milliers, les fermant avec du fil de broderie, les assemblant bien serrés pour que le quilt soit beau… Faits de petits restes de vêtements ou de feed sacks -sacs de tissu contenant des denrées alimentaires- ses quilts suscitent l’admiration, en particulier en raison de leur taille minuscule !
Il y a environ 4 000 yoyos dans ce quilt. Queenie est à gauche sur cette photo de 1977.Autre photo de 1977.
Dans les années 70, ses quilts font parler ! Elle fut alors invitée au Florida Folk Festival où sa technique impressionna les passants.
Elle continua de faire des quilts de yoyos, aux pièces toujours aussi minuscules :
Un de ses quilts est précieusement conservé par un Musée (Florida Memory), il est montré ici à un petit groupe de quilteuses, parmi lesquelles Betty Smith, LA spécialiste des Pine Cone Quilts, autre technique ancienne populaire. Thank you Betty for this discovery and your photos!
Et ses ouvrages de yoyos sont si représentatifs des quilts populaires de la région que des grangesde Floride montrent des yoyos à la manière de Queenie !
La peinture sur le côté du magasin Adams County à White Springs (Floride) fut peint par l’artiste Janet Moses qui a su très bien rendre le volume des tissus. L’ouvrage original est de Nancy Morgan, qui voulait ainsi honorer a mémoire de Queenie Udell, la Reine des yoyos. -Photo: Bill KilbornAutre grange, autre dessin !
Les quilts en yoyos sont délicieusement désuets, en voici un petit florilège issu de Pinterest :
Mais la modernité frappe à la porte avec Rachael Daisy, en Australie :
Fair and Square ( 2016) Best in Show – 2016 Australian Modern Quilt Show First place in Modern Traditional category – 2016 Australian Modern Quilt ShowYoyos à la Mode, détail.YoYos a la Mode (2014) 2nd place in Modern Traditional Category – 2015 Modern Quilt Show Australia
Et voilà comment le traditionnel inspire les artistes d’aujourd’hui une fois de plus !
Edit : je n’ai pas évoqué dans cet article que les yoyos étaient populaires aussi en France, heureusement les commentaires le rappellent ! Voici en exemple un gilet chiné par la sœur d’Hélène Vispé :
Vous aussi avez sans doute vu des ouvrages de yoyos !
Bien entendu il s’agit des Nouvelles, Patchwork & Création Textile. Vous ne le trouverez pas en kiosque puisque c’est le magazine des membres de l’association France Patchwork, dont je suis fière de faire partie depuis… des décennies.
Le nouveau magazine est arrivé en plein black-out de ma Box internet, mais il n’est pas trop tard d’en raconter des bribes d’histoires, car si vous n’êtes pas abonnée vous pourrez l’acheter sur le stand France Patchwork de la plupart des grandes manifestations de patchwork de France (prochainement par exemple à Quilt en Sud et Quilt en Luberon).
Je participe avec joie à la rédaction de ce magazine, écrivant quelques pages sur des aspects méconnus du monde du patchwork. Cette fois-ci j’y ai développé la technique du Pine Cone, la Pomme de Pin. On la connaît un peu pour faire une pomme de pin de Noël en piquant les triangles sur un œuf de polystyrène ou pour faire des maniques épaisses et donc isolantes. C’est en fait un pliage universel, vu à la fois à Madagascar et en Thaïlande, en France et en Grèce, en Afrique et aux Etats-Unis. Dans ce dernier pays, on manque de littérature à ce sujet mais il semble établi que les quilts faits de triangles de tissus de récupération remontent au temps des esclaves.
Le temps a passé et cette technique intéressante resurgit parfois sporadiquement. Mais depuis le quilt fait par LeeAnn et grâce à internet, les Pine Cone (ou Pine Burr) quilts regagnent l’attention des quilteuses ! C’est pourquoi vous trouverez l’interview de Betty Smith et celle de Rachael Daisy, l’une suivant la tradition avec patience et passion, l’autre la renouvelant avec peps et talent. Pour compléter le sujet, vous trouverez les explications de cette technique dans la rubrique des Modèles.
Voici un nouveau Pine Cone fait par Betty. Elle est devenue la personne incontournable, la référente pour ces quilts de tradition du Vieux Sud.Des cours sont donnés de plus en plus souvent pour refaire vivre cette technique. Ici à la Folk School du Musée Maritime de Floride. L’apprentissage se fait comme avant, à la main.
En même temps, de l’autre côté du monde en Australie, Rachael Daisy donne elle aussi des cours de Pine Cone Quilts !
Cours de Rachael Daisyavec les premiers résultats des stagiaires qui apprennent cette technique à la machine.
Autre sujet que j’ai abordé dans ce magazine de mars 2017, le Modern Quilt. C’est le présent et l’avenir de notre activité. Il ne faut pas en avoir peur, ce style se construit avec nous, utilisant des tissus différents, des techniques souvent simples, des maquettes graphiques, des expressions personnelles… On le confond souvent avec les Artextures, cela méritait un éclaircissement !
Mini quilt de Sophie (Lunalovequilts) qui a récemment participé à un challenge Log Cabin moderne sur internet.
Beaucoup d’autres thèmes, traditionnels ou modernes, sont traités dans chaque numéro. Devenez membre de France Patchwork, abonnez-vous au magazine, participez, donnez votre avis, ce magazine est celui des adhérents !
…Chez vous aussi probablement, car c’était un jour printanier. Mais le Soleil est vraiment arrivé avec la factrice qui m’a apporté un gros paquet… venant de Floride. Je n’y connais qu’une seule personne, ma chère Betty ! Je n’en croyais pas mes yeux… Un Pine Cone quilt !!!!!
Aussitôt arrivé, aussitôt posé en évidence dans notre salon…
Il est tellement dans « mes » couleurs ! Cerise sur le gâteau, icing on the cake, ce précieux cadeau est accompagné d’une lettre… oh si touchante ! Elle raconte le choix de chaque tissu, élu pour sa couleur et sa signification, son symbole, son imprimé… Tout est fait pour me plaire, mais aussi pour m’attribuer maintes qualités que je ne suis pas sûre de réunir ! Si vous comprenez l’anglais, vous pouvez lire ce texte qui ressemble tellement à Betty, dans toute sa spiritualité, sa gentillesse et sa sincérité.
Ce Pine Cone quilt de mon amie « de l’autre côté de l’Océan » me touche infiniment, avec toutes les intentions qui s’y trouvent. Comme elle j’aime trouver des symboles, des significations aux hasards qui souvent n’en sont pas ! Le monde du patchwork me comble d’amitiés, proches ou plus lointaines.
Si vous vous demandez ce qu’est cette sorte de patchwork, vous pouvez lire les articles précédents à ce sujet… et/ou attendre le numéro 132 des Nouvelles (magazine de France Patchwork) qui paraîtra en mars : les Pine Cone quilts y seront évoqués !
Je suis heureuse de partager ce Soleil avec vous !
Grâce à l’article sur La Couleur Pourpre, LeeAnn de Nifty Quilts a eu la merveilleuse intuition de nous mettre en relation, car elle savait que je serais heureuse de connaître un peu plus sur les Pine Cone quilts, ce style de patchwork presque oublié qu’elle avait elle-même remis en lumière avec son Pine Burr quilt – autre appellation de la même technique.
Depuis septembre 2014, nous avons échangé des milliers de lignes de mails, des centaines de photos, des dizaines de confidences, il en résulte quelques articles qui sont parmi mes favoris de mon blog, mais surtout je retiens notre sincère amitié construite au fil des ans.
Pour une fois je t’écris en français et je partage ici ma conversation en public, car le sujet intéresse toutes les quilteuses ! Tu m’as demandé un jour: Crois-tu que je doive faire des étiquettes à mes quilts ?
C’est ton Pine Cone Quilt #2, fait de couleurs pastel pimentées de jaune vif et de marine. Il faut lui mettre une étiquette à son dos !
La réponse, tu le devines est : oui, absolument ! Oui, d’autant plus que tes ouvrages seraient des énigmes pour les historien(ne)s du futur : * ces quilts sont typiques du début et milieu du XXe siècle… et tes tissus sont du XXIe, * tu fais des quilts qui se faisaient surtout dans un milieu défavorisé… mais tu utilises de beaux tissus, * ces quilts se faisaient surtout dans les Etats de Georgie, de Caroline du Nord et du Sud, d’Alabama… et tu es en Floride centrale.
Alors, un peu de pitié pour elles, aide les générations futures avec un beau label !
Je considérais les finitions d’un quilt comme une corvée : la bande de finition, le manchon d’accrochage, l’étiquette. Avec l’âge, j’ai plus de patience pour ça car j’en connais l’utilité et j’aime bien faire ces dernières finitions en pensant au prochain quilt ! La corvée est devenue plaisir…
Mes étiquettes restent assez rustiques, étant gauchère mon écriture n’est pas belle et on le retrouve dans l’écriture brodée. Je sais, je pourrais faire mieux quand même !!!
Ce sont mes amies qui m’ont entraînée à faire ce que je recommandais aux autres… mais ne faisais pas forcément : broder de belles étiquettes. D’abord, Maïté, puis Kristine… mais nous y sommes toutes mises ! Mes amies Abeilles sont toutes sensibilisées à l’esthétique d’un dos de quilt et elles font des merveilles ! En général, nous écrivons les renseignements habituels, parfois un petit mot pour le destinataire.
Voici quelques étiquettes de l’exposition Fibre Occitane :
Ce sont tous des ouvrages collectifs de différents clubs de Haute-Garonne où seuls les prénoms sont écrits. Mais la plus belle étiquette que je connaisse est bien celle de Christophe, que j’avais montrée ici ! Comme je ne sais pas gommer les zones de noms de famille, je ne mets pas beaucoup d’exemples. Une autre fois sans doute, avec l’aide informatique de quelqu’un !
En ce qui te concerne Betty, je te suggère de mettre sur chaque label le nom de la technique (Pine Cone Quilt), son ordre dans ta production (#1, #2…), le titre que tu peux trouver pour ce quilt, la date et le lieu de sa création et bien évidemment ton nom. Certaines personnes ajoutent une poche pour y glisser des pages de renseignements, cela pourrait se justifier pour toi, surtout si tu destines tes quilts à des musées ultérieurement.
Et bien sûr, il faudrait faire de même pour les quilts de Miss Sue qui t’appartiennent. La plupart des quilts utilitaires sont anonymes, quel dommage… Souvent on ne recueille de renseignements que lorsqu’on trouve les quilts dans la famille de celle qui le fit. Le meilleur livre sur ces quilts utilitaires du XXe Siècle que je connais est celui de Roderick Kiracofe. Je n’ai pas ceux qui sont uniquement consacrés aux quilts de Gee’s Bend, ils sont sans doute également instructifs.
Alors Betty, j’espère que tu es convaincue de l’utilité de faire des labels pour tes quilts ! Ils peuvent bien sûr être écrits au feutre permanent. Mais si tu te laisses tenter par la fantaisie et la broderie, tu t’amuseras sans doute bien plus !