Lettre d’une amie que vous allez vite reconnaître…
Dear Katell,
Depuis notre voyage en France en juin dernier, Smitty et moi ne cessons de parler de notre merveilleux séjour chez toi. Il ne se passe pas un jour sans que nous n’évoquions un aspect de nos découvertes et des si bons moments passés ensemble.
J’avais commencé, une semaine avant le Florida Folk Festival fin mai, un Pine cone quilt qui n’a connu qu’une seule interruption, les 9 jours de notre voyage en France.
Il est dans les couleurs qui pour moi symbolisent Toulouse, alors lui trouver un nom était évident : Toulouse a été mon compagnon sur mes genoux pendant les mois derniers. Rangée après rangée, je l’ai chargé de mes souvenirs. Ce quilt représente pour moi mon amour de ta région, le sud-ouest de la France, Toulouse, Penne, Bézac, les Abeilles, les Salvage et tout le temps passé avec toi. Je cousais auprès de Smitty et nous nous rappelions les vins, les fromages, la nourriture, les grandes promenades, les jardins, les fermes, les pigeonniers, toutes les histoires de chacun de ces jours et toute l’amitié de ces femmes qui nous ont entourées. J’ai juste à fermer les yeux et je revois les vieilles maisons sur les collines, les rivières, les églises et les cimetières (tu sais que je les affectionne), et puis toutes ces femmes assises autour des tables, penchées sur leur premier Pine cone quilt avec toi et moi. Ah que de beaux souvenirs !
J’ai terminé Toulouse le 1er septembre, juste au moment où tu arrivais aux Etats-Unis, de l’autre côté de notre grand pays. Les derniers jours ont été consacrés à la coupe des carrés qui débordent et à la pose de la bordure de finition.
Il est maintenant dans notre salon avec les poupées que j’affectionne. Il mesure 208 x 213 cm et pèse 12,7 kg. Un beau bébé !
Mes quilts sont à présent souvent demandés pour des expositions, c’est en ce moment le cas à Tallahassee (capitale de la Floride) de fin août à fin octobre. J’y expose le Noir et le Bleu Caraïbes, ils sont bien appréciés. L’exposition s’appelle Out of the Blueet tu peux voirles 86 quilts exposés et expliqués par ici.
Ma prochaine grande exposition aura lieu au National Quilt Museum de Paducah (Corner Gallery) du 1er février au 16 avril 2019 avec six quilts parmi lesquels Toulouse. Je projette d’ailleurs un Toulouse 2, pour utiliser les vraies couleurs de la ville, tous les roses, briques, bruns, saumon, bleus et turquoise… De quoi m’occuper tout en repensant à mon séjour en France !
C’est en ce moment, jusqu’à dimanche soir, la vingtième édition… Cela se fête dès l’entrée avec une très belle partie consacrée aux expos d’artistes et associations.
Une entrée dans la joie et la fantaisie !
J’ai enfin pu apprécier autrement qu’en photos la sélection du concours Modern Quilt de France Patchwork. Comme toujours, quelle différence entre les photos et les œuvres ! Ces quilts m’enthousiasment et, comme j’ai passé un bon moment à les admirer (et faire la police : on ne touche pas, c’est une oeuvre d’art !!), j’ai entendu beaucoup de réactions élogieuses, d’admiration devant le travail et surtout le résultat esthétique. Le public est enfin mûr pour apprécier. Il y a quelques années encore, les réflexions auraient été en majorité : Pff, c’est à la machine, je n’aime pas… Bravo à toutes ces dames qui savent évoluer et reconnaître le talent des artistes modernes ! Vous trouverez ici une galerie FP complète avec le nom des œuvres et des artistes.
Non loin de la galerie France Patchwork, Andrée Leblanc expose ses quilts en log cabin, toujours impressionnants.
Depuis quand existent ses « toolless », les imprimés sur tissus qui permettent un log cabin précis ? Bien plus de 10 ans je crois bien !
Les amis de Labastide-Rouairoux ont un stand très sympa, montrant notamment une sélection d’art postal, qu’ils reçoivent année après année pour la Fête du Fil. Une dame fait une démonstration de tissage. Ce sont des gestes fascinants et je trouve les tisseuses toujours jolies, leurs gestes sont si harmonieux, les matières si douces et naturelles…
Ma découverte du jour fut le brodeur-poète Dimitri Vontzos. Je n’avais encore vu ses broderies que dans le magazine de La Pratique du Patchwork. Il réalise des petits tableaux, comme des cartes postales de villages où l’on sent la lumière du sud. Le trait pourrait être un trait de crayon, mais c’est du fil. Chaque tableau est adorable.
Il excelle aussi dans des œuvres contemporaines bien plus audacieuses, maniant le feu et l’eau, en bon Grec amoureux de la Méditerranée.
Désolée, Dimitri, mes photos ne rendent pas justice à tes tableaux !
Ce qui m’a impressionnée au premier coup d’œil également, c’est sa Polyphonie aquatique… et l’étonnante interprétation qu’il en fait, comparant cette oeuvre harmonieuse mais morcelée avec notre Europe à la brillante culture mais à l’économie complètement déchirée entre des forces antagonistes.
Les détails sont étonnants, le fond bleu étant mi-brodé de blanc, mi-appliqué de Velcro pour pouvoir ajuster les carrés colorés dessus ! Il faut l’écouter et le regarder nous révéler les formes d’hippocampes, de poissons qui se retrouvent dans les entrelacs blancs… Grâce au Velcro, le tableau vit et évolue !
Vous verrez de bien plus belles photos que les miennes chez Nathalie La Bastidane, cette oeuvre ayant été exposée précédemment à SMM.
Dimitri expose régulièrement dans toute la France, guettez ce nom : Dimitri Vontzos !
Et bien sûr les exposants vous attendent, nos achats les aident à vivre !
Le stand France Patchwork est au E11 : comme d’habitude c’est le lieu de rendez-vous et de convivialité !
Petit article pour les Occitanes de la région de Toulouse : j’ai reçu plusieurs annonces que je vous livre ici rapidement, les infos importantes sont sur les affiches et les dates sont très proches, à vos agendas !
Dans l’Aude :
Dans le Tarn-et-Garonne :
En Ariège :
En Haute-Garonne :
De quoi bien remplir nos journées et rencontrer les amis !
Que ferais-je sans le Routard* ? Né en 1975, il existait déjà pour mon tout premier voyage en solo aux Pays-Bas en 1979. Je crois n’avoir jamais entrepris des vacances sans un exemplaire en poche car je voyage toujours sans organisation tierce. Mon premier grand périple aux USA, à 19 ans, s’était fait déjà avec une des premières éditions de ce guide sur les USA en poche. Depuis que je suis mariée, c’est en famille ou en couple que je pars, mais il m’incombe toujours d’organiser les transports et les itinéraires. La dernière édition couvrant les Parcs Nationaux de l’Ouest américain (et bien d’autres choses dans le même espace géographique) m’a été très utile le mois dernier !
*Le Guide du Routard s’inspire directement de l’air du temps des hippies, à la fois écolo, rigolo, cultivé, débrouillard… Il m’aide, toujours avec beaucoup d’efficacité, à réussir nos vacances. Il s’est embourgeoisé après 43 ans d’existence mais moi aussi…
Après de longues années d’attente du bon moment pour pouvoir partir un mois dans l’Ouest américain avec mon mari, nous avons arrêté le mois de septembre 2018 pour notre grand projet de voyage.
Ce fut à la hauteur de nos rêves et bien au-delà ! J’ai décidé de partager avec vous, chaque mardi jusqu’à épuisement des sujets, une page de notre voyage.
Ce ne sera pas un carnet de voyage mais quelques instantanés, notamment des visites dans des quilt shops ou quelques sites remarquables, des anecdotes, de belles rencontres et aussi mes impressions plus intimes sur divers thèmes qui me sont chers.
L’organisation de ce voyage était simple : location d’une voiture à Seattle après un séjour chez ma délicieuse amie LeeAnn puis voyage au jour le jour, sans aucune réservation d’hôtel au préalable. La liberté, quoi ! Cela donne 8 000 km au compteur en 25 jours avec le bonheur pur de n’avoir eu presque aucune contrainte. Si vous envisagez un tel voyage, je pourrai vous donner quelques conseils et les liens vers des blogs qui m’ont aidée à préparer grosso modo notre itinéraire, mais c’est à chacun de le faire selon ses goûts et ses capacités. Par exemple, un tel périple nécessite un conducteur chevronné et la bonne pratique de l’anglais…
Grâce à cette coupure complète du quotidien, j’ai emmagasiné beaucoup d’énergie, d’amour des gens et de la nature, tout en décidant me recentrer sur les essentiels dans ma vie : un bonus inattendu de ce voyage qui m’a souvent bouleversée de bonheur !
Rendez-vous donc chaque mardi pour suivre le Western Spirit, l’Esprit de l’Ouest aux multiples facettes. Je commencerai par la visite d’un musée de quilts avec LeeAnn.
Until later, à bientôt, Katell
Le seul, le vrai, l’unique voyage est de changer de regard. Marcel Proust
En attendant que je prenne le temps de trier mes photos, pour illustrer cet article j’ai pris celles de ce site, avec de jolies citations !
A peine rentrée des Etats-Unis, j’ai fait une petite virée dans l’Aude avec quelques Abeilles, voir l’expo des amies de Pexiora. Le temps de défaire mes valises et je partagerai avec vous quelques moments de mon beau voyage : rendez-vous tous les mardis pour une immersion dans l’Esprit de l’Ouest américain!
Tchatche et Petits Points, c’est en soi un beau programme et c’est le nom du club de Pexiora (11), qui s’adonne encore plus aux petites croix qu’au patchwork. La belle équipe expose jusqu’à demain soir les ouvrages de ces dernières années sur le thème des saisons.
Une belle ambiance de Noël autour d’une cheminée
J’ai particulièrement aimé voir leur ouvrage en commun que j’avais vu en cours au printemps, quand je leur avais rendu visite. C’est un sampler réalisé par Geneviève, Bénédicte, Domi, Marie-Hélène, Marie-Françoise, Lucie, Andrée, Evelyne, Jeannette et Fanchon. Bravo à chacune !
Plusieurs exposants ciblés vous permettent d’acheter le nécessaire pour votre prochain ouvrage !
D’autres photos sont disponibles sur le blog de Gene, La passion au bout des doigts.Assurément, je retournerai à Pexiora en février prochain, pour leur Salon annuel !
Chaque année c’est un rituel : j’aide à l’accueil des plus petits le jour de la rentrée dans l’école dirigée par mon amie. Je vois des parents de plus en plus jeunes – oups c’est moi qui vieillis – et des enfants toujours impressionnés par cette nouveauté. Entrer à l’école est un sacré événement dans la vie familiale ! Ce rendez-vous me tient à cœur, je suis attendrie par les bouts de chou qui vivent un tournant dans leur vie. J’apporte modestement un soutien très temporaire, une demi-journée, à une équipe enseignante si dévouée.
Pour mon amie Alice, la rentrée est particulière, sa fille entre justement en maternelle… Alors je connais bien les sentiments de joie, de fierté, d’inquiétude, tout un patchwork de sensations… Est-elle assez autonome ? Va-t-elle vite se faire des amis ? La plupart du temps, cela se passe très bien, même si de part et d’autre quelques larmes peuvent couler…
Alice a préparé cette rentrée à sa manière, confectionnant d’adorables robes :
Jolie comme un cœur ! La rentrée se passera bien pour la demoiselle !
Blossom Quilt & Craft est la boutique en ligne d’Alice qui vend de superbes tissus modernes d’Art Gallery et de la mercerie de qualité. Allez aussi faire un tour sur son blog riche en conseils ! Alice fait aussi partie d’Artesane, tout un univers d’apprentissage de loisirs créatifs en français.
Pourtant cette année je manquerai ce rendez-vous, je serai bien loin le jour de la rentrée…
Seattle, ville émeraude, verte et bleue, avec au loin le Mont Rainier omniprésent.
C’est à Seattle, chez ma chère LeeAnn, que commencera notre périple dans le grand Ouest américain, un long voyage dont nous rêvions, mon mari et moi, depuis des années. A notre retour je ne manquerai pas de vous raconter les épisodes ayant un lien avec le patchwork !
Pour qui connaît cet événement, le titre à lui seul évoque la chaleureuse ambiance régnant chaque année les 14 & 15 août à Labastide-Rouairoux, ville trait d’union entre le Tarn et l’Hérault, au cœur de l’Occitanie.
Une part de la France vue par Ian Berry : jamais Labastide-Rouairoux ne fut autant le centre du monde 🙂 … rappelant le centre du monde pour Dali, dans une extase cosmogonique : la gare de Perpignan !
Les organisateurs nous gâtent particulièrement cette année avec les incontournables puces des couturières et l’espace commercial, la boutique des Toiles de la Montagne Noire dans le village et aussi des ateliers, démonstrations… Mais ce qui déplace les foules, ce sont les artistes exceptionnels que nous dénichent chaque année Patricia et ses amis !
Ian Berry exposera son nouvel univers textile, en denim toujours, dans cette ville naguère industrielle au savoir-faire textile qui fit la réputation de la région… Attendons-nous à un spectacle époustouflant !
Attirée par la mention de Modigliani, j’ai ouvert pour la première fois un livre signé David Foenkinos.
De nombreux thèmes universels s’entrecroisent et enrichissent une histoire qu’on découvre peu à peu. La fragilité de l’adolescence et le sentiment de culpabilité de certaines victimes sonnent particulièrement juste avec un drame intime si difficile à maîtriser… mais c’est l’indescriptible puissance de la beauté sur l’âme qui irradie le roman :
Elle comprenait la puissance cicatrisante de la beauté.
Peut-on se soigner en se confiant à un tableau ? On parle bien d’art-thérapie, de créer pour exprimer son malaise, pour se comprendre à travers les intuitions de l’inspiration. Mais c’était différent. Pour Antoine, la contemplation de la beauté était un pansement sur la laideur. Il en avait toujours été ainsi.
Oui, la beauté apaise…
La beauté demeure le meilleur recours contre l’incertitude.
Quand il se sentait mal, il allait se promener dans un musée. Le merveilleux demeurait la meilleure arme contre la fragilité.
Seule la beauté pouvait le sauver…
Ces citations sorties de leur contexte sont risquées, masquant l’histoire singulière d’une poignée de personnes qui se croisent, s’aiment, se font du bien ou du mal, qui se comprennent en silence ou qui, faute de communication, sombrent dans la culpabilité.
David Foenkinos, photo de C. Elie/Gallimard
Les critiques professionnels sont parfois gênés par les nombreux aphorismes et une écriture simple qui desserviraient le beau sujet. Pour moi, simplicité rime souvent avec réussite, j’ai aimé ce roman fluide et bien construit ainsi que sa réflexion sur la possible guérison grâce à l’art, souvent synonyme de beauté dans le livre, mais aussi la bienveillance de certaines personnes, le mystère de l’amour…
Le mur des mots à Blois, création de Ben.
Et pourtant, l’art est-il toujours beau ? N’est-il pas parfois dérangeant ? C’est bien un thème récurrent dans l’art moderne et bien trop complexe pour aujourd’hui !
Pas de quilts dans cette histoire, mais d’intéressantes réflexions sur la création et l’intuition, communes à toute activité artistique. En compensation, voici un pêle-mêle de citations venant de Quiltville, le blog de Bonnie Hunter (scrap-quilteuse) :
Ose créer ta propre forme de beauté
La créativité n’est pas une compétition.
Les choses sont belles quand on prend le temps de les rendre ainsi.
Le pire ennemi de la créativité est le doute de soi. Sylvia Plath, poétesse.
A chaque fois que tu crées de la beauté autour de toi, tu répares ton âme. Alice Walker, auteur de La Couleur Pourpre.
Ose être différent – la conformité tue la créativité.
Avez-vous déjà lu ce livre ou d’autres de Foenkinos ? Plusieurs me tentent à présent : Charlotte, De la délicatesse, Lennon…
Elle avait une belle peau laiteuse avec des cheveux auburn, on l’appelait noix de coco ! Son étrange regard très clair fut maintes fois peint par Modigliani, donnant un air d’étrange vacuité ou d’insondable profondeur…
Jeanne Hébuterne est un personnage du livre Vers la Beauté, une artiste d’une beauté éblouissante. Entre elle et Amedeo ce fut l’amour fou. Elle fut la dernière amante de Modigliani, mort de tuberculose, qu’elle suivit dans la mort. Il avait 36 ans, elle 21. Giovanna, leur fille orpheline à 14 mois, fut adoptée par sa tante. Cette poignante histoire d’amour est relatée dans plusieurs livres et mise en scène dans des pièces de théâtre, des films…
Utiliser une Mijot’in, c’est une question d’habitude. Je vous ai longuement parlé en début d’année de cette méthode de cuisson passive et de mon expérience. Les premiers jours je me demandais, avant de préparer chaque repas, comment j’allais bien pouvoir l’essayer. Il fallait changer mes habitudes et rechercher les moyens de l’utiliser. Chaque essai étant concluant, j’ai gagné en confiance et depuis le début de l’année, j’ai pris de nouvelles habitudes et réflexes, il ne se passe pas deux jours sans qu’elle ne me soit utile.
L’été, évidemment, quand on préfère les salades, je la sollicite moins, quoique je continue à cuire des légumes, du riz ou autres céréales…
Comme il est finalement difficile de savoir si c’est un gadget inutile de plus qui finira par prendre la poussière ou une vraie aide culinaire, Chantal propose désormais, pour les personnes de la région toulousaine, un tout nouveau service : la location à la semaine d’une Mijot’in, afin de la « prendre en main » et vérifier ses qualités ! C’est dire la confiance qu’elle porte à sa création, mais aussi sa position claire : si vous n’êtes pas convaincue au bout d’une semaine, vous rendez la marmite norvégienne et ne lui devez plus rien.
Les conditions de location sont : 5 € la semaine (avec un chèque de caution), conseils, trucs et astuces offerts par Chantal inclus !
Grâce à Tata-Georgette qui tient pour nous un agenda rigoureux sur les arts textiles, je suis allée visiter une exposition sur les kimonos jeudi dernier.
Pour mieux apprécier ces œuvres uniques peintes à la main, riches de symboles de longévité, de protection, de sincérité des sentiments, lisez la fiche disponible à l’accueil écrite par la collectionneuse Anita Henry, elle vous fera mieux apprécier la visite. On peut regretter la pénombre un peu trop marquée, protectrice des fibres bien sûr, mais mes yeux ne s’habituaient pas à l’obscurité, dommage. Nous reconnaissons sur ces kimonos anciens les grands thèmes recopiés pour nos collections de tissus de patchwork, somme toute plutôt fidèles ! Cette vidéo en est une charmante présentation, avec une bien meilleure luminosité que celle qu’on avait, sans doute parce l’exposition a été rallongée de plusieurs mois :
Nous apprenons de nombreux détails sur les symboles japonais et les usages, comme la longueur des manches d’un kimono de cérémonie qui dit si une femme est mariée ou pas !
Les kimonos étaient le but de ma visite, évidemment, mais j’ai découvert dans cette abbaye bien plus par la même occasion…
S’ensuit une excellente exposition sur le japonisme, ou la mode de l’esthétique japonaise dans les arts de la table, de 1870 à nos jours.
Ces quelques pièces du service en faïence de Creil Montereau sont dans l’esprit japonais. Claude Monet choisira ce modèle pour Giverny.
Couteaux aux manches identiques aux poignards japonais.
Japonisme toujours en 2018 : on aime en ce moment les lignes minimalistes avec des irrégularités comme le service Myoko (d’après un volcan sur l’île Honshu) cherchant à imiter la glasure des grès nippons.
Au même niveau, de l’autre côté d’un large couloir qui m’a fascinée (voir plus bas) se trouve une exposition permanente sur le thé et les théières de Chine. Que de beaux objets d’exception et du quotidien, majoritairement en terre rouge, des grès de Yixing, là où on inventa tout simplement la théière pour laisser infuser les feuilles ! Auparavant, on préparait le thé en décoction, le thé mis à chauffer avec l’eau… C’est la plus grande collection de théières en grès d’Occident qui, à elle seule, vaut la visite. Et pour en savoir plus sur l’art du thé au Japon, il faut suivre Marie-Claude Tsuruya sur Facebook, elle y présente en ce moment des Histoires de thés. Son blog,la Chambre des Couleurs, est un enchantement pour qui aime le patchwork et le Japon !
Cette Abbaye cistercienne de Belleperche (82) est devenue un beau Musée des Arts de la Table, où l’on passe de l’écuelle à l’assiette, du Moyen-Âge au XXIe siècle… J’ai beaucoup aimé cette joyeuse présentation de l’évolution des us et coutumes, de la fourchette naguère jugée satanique, de l’utilisation des pains de sucre et tant d’autres détails savoureux !
Pain de sucre, marteau, sucriers, pinces à sucre…
Objet oublié, un présentoir d’ananas, signe de bienvenue pour un centre de table mais aussi signe de richesse : un tel fruit coûtait horriblement cher, alors on pouvait le louer juste pour une soirée… Voir une histoire de l’ananas ici.
Le Musée est très complet et je préfère vous laisser découvrir l’ensemble du Musée. Les enfants ne s’ennuient pas un instant, on a pensé aussi à eux lors des présentations. Et pendant les vacances, certains jours des jeux de rôles sont proposés… A voir dans leur agenda !
L’Abbaye a connu bien des vicissitudes au gré des siècles, comme tout bâtiment ancien d’envergure qui parvient jusqu’à nous.
Les destructions et rénovations successives ont largement modifié le site, cependant la visite est un enchantement.
Les gypses toulousains sont précieusement conservés dans ce réfectoire.
Rénovations très soignées…
J’ai vraiment aimé découvrir ce lieu que j’ai ressenti empreint de joie et légèreté !
L’Abbaye de Belleperche : son achat par le département du Tarn-et-Garonne lui évita de devenir une boîte de nuit en 1983…
La galerie des graffitis est très étonnante ! Voici quelques vues des murs qui racontent de nombreux épisodes du lieu, des histoires d’amour, des passages de militaires, des séjours de prostituées et tout simplement la visite de centaines de personnes au fil du temps :
Locution latine signifiant : le nom des imbéciles se trouve toujours sur les murs…
On a de superbes vues de la Garonne à partir des fenêtres :
J’aime à croire que la douceur de vivre de la région rendait la vie dans cette abbaye bien agréable !
A quelques centaines de mètres se trouve une fontaine mystérieuse, à l’architecture monumentale. On n’a pas d’explication définitive, le secret est peut-être dans de très lointaines vénérations pré-catholiques de cette source…
Tout ceci se trouve à une petite heure de route de Toulouse, à l’ouest de Montauban. L’Abbaye de Belleperche mérite votre visite !
Abbaye de Belleperche 82700 CORDES TOLOSANNES – http://www.musee-arts-de-la-table.fr/
Entrée abbaye : 2€
Groupe à partir de 5 personnes : 1€ / personne
Gratuit : 18 ans, groupes scolaires, personnes en situation de handicap, demandeurs d’emploi
De mai à septembre :
Du mardi au samedi : 10h-18h
Dimanche : 14h-18h
Fermé le lundi et le dimanche matin
A voir dans les environs, l’ouest du Tarn-et-Garonne : la belle ville de Montauban (et leurs liens avec les Amérindiens Osages d’Oklahoma), Moissac, ses extraordinaires sculptures romanes et un des plus beaux cloîtres, Lafrançaise et son panorama sur les Pyrénées (presque de la Méditerranée à l’océan par temps dégagé !) ainsi que des tombes pyramidales mystérieuses, et plus au nord la superbe ville de Lauzerte… N’hésitez pas à vous arrêter en chemin, les fruits vendus dans les fermes sont délicieux !