Il y a encore une bonne décennie, voir des portraits textiles marquaient les esprits, ils étaient des oeuvres de rares artistes confirmés. Puis Freddy Moran a démocratisé l’exercise, suivie de beaucoup de quilteuses en herbe. Oui, avec quelques repères, c’est facile ! À présent, cet exercice est proposé de maintes manières. Faisons le point sur différentes méthodes !
J’ai tellement aimé le rêver, le préparer, le coudre, le broder, le quilter ! Le voici terminé, j’en suis bien sûr ravie mais en faire un nouveau pour 2024 me titille déraisonnablement. En attendant de prendre la décision définitive, voici mon dernier bébé ! J’ajoute, en fin d’article, une belle expérience d’animatrice…
Alors que je n’accepte plus de nouveaux stages en ce moment (cela reviendra !), celui que j’ai animé la semaine dernière, programmé depuis bien des mois, n’a tenu qu’à un fil : celui de la vigueur de Domingos. Nous avons eu de la chance 🍀, la situation n’était pas aussi dramatique qu’en Bretagne ou en Normandie avec Ciaran, ni comme dans le Pas-de-Calais juste après. Tout mon soutien aux personnes sinistrées, nous compatissons, il y a tant à reconstruire…
Au Salon Pour l’Amour du Fil, une centaine de cours et ateliers sont programmés ; c’est encore une lourde organisation, menée avec brio et efficacité par la charmante Aurore. C’est l’occasion de côtoyer une artiste et d’apprendre un savoir-faire en direct, découvrir une technique, se perfectionner dans un domaine particulier… et pouvoir poser toutes les questions ! Comme un certain nombre d’intervenantes ne parlent pas français couramment, il est fait appel à une interprète qui, nécessairement, connaît déjà au moins un peu le monde des arts textiles. Mine de rien, nous utilisons un vocabulaire bien particulier !
Pour les instructrices de patchwork aux États-Unis, la pandémie a donné un grand élan aux rendez-vous en ligne. Au lieu de chercher un lieu avec salle, restaurant, commodités et accès facile, il suffit de se donner rendez-vous devant son ordi ! Cela existe aussi en France, mais à bien moins grande échelle.
Hier, vous avez découvert quelques vues de Palalda qui, je l’espère, vous donneront envie de venir passer quelques heures ou quelques jours à Amélie-les-Bains-Palalda. Le Club Au Fil du Tech exposera des quilts-météo, ainsi que d’autres œuvres textiles, du 25 au 27 mai. A cette occasion seront exposés des ouvrages inédits. À vos agendas !
J’aime tellement animer des stages ! Ils ne se déroulent jamais pareil, c’est un peu mystérieux car je montre les mêmes principes à chaque fois. Je ne peux pas montrer tous les ouvrages qui en découlent, mais je ne résiste pas à la joie de montrer la photo reçue hier soir d’une stagiaire de St-Nicolas :
Marie Hélène a su enfin comment mettre en valeur ces tissus qu’elle avait depuis un certain temps. Les imprimés sont en hommage au peintre Piet Mondrian (1872-1944), qui se fit connaître avec l’art abstrait avec les couleurs primaires, + du blanc et du noir. Un autre quilt est déjà en cours…
Marie Hélène a osé couper, recouper à main levée et quilter à grands points graphiques. La bordure de finition va être posée et youpi ! voilà un quilt moderne, gai et sympa qui rappellera de bons moments !
Tout le monde connaît le style Mondrian, mis à toutes les sauces tellement ce graphisme est un symbole réussi de l’art abstrait.
Icône des années soixante, LA robe – Photo Vogue. Il en existe plusieurs modèles, comme on peut voir ci-dessus.Quand le marketing s’empare de l’art !…
La situation d’un artiste est humble. Il est essentiellement un canal. Piet Mondrian
Voyons tout de même quelques véritables œuvres de Piet Mondrian !
Composition 2, Mondrian, 1929
Composition en rouge, jaune, bleu et noir, 1921, Musée de La Haye
Broadway Boogie-Woogie, 1942, MoMa de New-YorkVictory Boogie-Woogie est son dernier tableau, inachevé – 1944On voit bien ici que ce tableau est fait de papiers collés. Œuvre exposée au Musée Municipal de La Haye
Pour approcher le spirituel en art, on fera usage aussi peu que possible de la réalité, parce que la réalité est opposée au spirituel. Piet Mondrian
Mais Piet Mondrian avait déjà une vie de peintre avant l’abstraction. Il était notamment inspiré par la peinture de son compatriote Vincent Van Gogh (1853-1890), tant pour les sujets que le style (parfois) :
Un très délicat sous-bois de bouleaux peint en 1899
Sous-bois peint par Vincent Van Gogh en 1890 (Musée Cincinnati USA) – Tous deux ont peint beaucoup d’arbres, beaucoup de sous-bois…
Moulin en plein soleil, 1908 – Mondrian. Contrairement à ce que j’imaginais, ce n’est pas un moulin hollandais, mais du Pouldu en Bretagne ! On peut voir ce tableau au Musée de La Haye.
A Paris, le moulin de la Galette, par Vincent en 1886 (collection particulière)
Un paysan est plus beau parmi les champs dans son costume de futaine que lorsqu’il se rend le dimanche à l’église affublé comme un monsieur. Vincent Van Gogh, 1883 (lettre à son frère Théo)
L’Arbre Rouge le soir – Piet Mondrian – 1908-1909 (aussi au Musée de La Haye)
Le Semeur, Van Gogh, avec aussi un arbre rouge et la lumière de la fin de la journée… Peint dans la campagne d’Arles en1888. Collection Emil Buehrle, Zurich
Un soleil, une lumière que faute de mieux je ne puis appeler que jaune, jaune soufre pâle, citron pâle, or. Que c’est beau le jaune ! Vincent Van Gogh
Voir de belles choses fait tant de bien !
L’art disparaîtra à mesure que la vie aura plus d’équilibre. Nous n’aurons plus besoin de peintures et de sculptures, car nous vivrons au milieu de l’art réalisé. Piet Mondrian
Passez une excellente semaine, sans oublier le Salon de Pexiora si vous êtes dans la région ! Katell
Des petites villes bien de chez nous ont parfois une renommée inattendue ailleurs. Entre Agen et Montauban, tout près de Moissac et Castelsarrasin, le village de Saint-Nicolas-de-la-Grave se remarque d’abord par son lieu stratégique, à la confluence du Tarn et de la Garonne. C’est un endroit préservé, refuge pour les oiseaux.
La réserve ornithologique est à peine à portée d’objectif, d’après le photographe Claudio Boaretto. Les oiseaux semblent donc bien tranquilles !Je suis passée en voiture sur ce pont qui a la particularité d’enjamber à la fois la Garonne et le canal d’entre-deux-mers. Il a été rénové depuis, mais pas élargi ! On serre les fesses si, d’aventure, on croise un autre véhicule… mais ça passe ! Son histoire prouve l’impétuosité des flots garonnais : deux ans après son inauguration, en 1852, le pont s’écroule. En 1858, son tablier chute lors d’une crue mémorable. Depuis, ses fondations ont été renforcées avec des moyens plus modernes, les suspensions adaptées et il fait l’objet d’entretiens réguliers.
Le village nous enchante par le caractère de ses beaux bâtiments de brique ou de fer (la halle centrale), une qualité de vie préservée, une ambiance chaleureuse :
Mais celui qui fait sa renommée aux États-Unis, c’est Antoine Laumet, né ici en 1658. Il est bien plus connu sous le nom qu’il s’est attribué, le Sieur de Lamothe-Cadillac. Je vous avais raconté son incroyable histoire en été 2020 et vendredi dernier, j’ai eu le grand privilège de me faire ouvrir la porte de sa maison natale. Entièrement rénovée grâce à des volontés locales et la municipalité de Detroit reconnaissante, elle est devenue le Musée Cadillac, en l’honneur de ce Gascon qui s’est créé une vie à son image, hors du commun !
Danielle, passionnée d’art et de culture – et de patchwork! – a été ma guide attentionnée, elle m’a fait vivre la vie tumultueuse de ce téméraire Gascon. J’ai beaucoup appris, appréciant la qualité de la mise en contexte de l’histoire, hors des légendes… Cette vie est suffisamment extraordinaire pour ne pas avoir besoin d’en rajouter ! On peut visiter en se contentant de lire les panneaux, mais écouter un(e) bon(ne) guide est irremplaçable.
Cet homme, excessif en tout, a illustré sa Gascogne natale par son intrépidité, sa ténacité, sa passion de l’aventure, son intelligence des plus déliées et son remarquable sens des affaires. René Toujas Le Destin extraordinaire du Gascon Lamothe-Cadillac de Saint-Nicolas-de-la-Grave fondateur de Detroit, Ateliers du Moustier, Montauban, 1974
Une peintre locale, Patricia Blanchet, a réalisé l’été dernier une splendide fresque murale dans l’entrée ; elle représente le fortin créé par Lamothe-Cadillac, entouré de cette nature idéalisée qui ressemble au paradis, avec des bosquets d’aspens, mes arbres américains préférés, des oiseaux, ainsi que des personnages qui discutent en toute quiétude et courtoisie… Trois murs qui nous immergent dans la fin du XVIIe siècle dans la région des Grands Lacs ! Et savez-vous que les Français s’entendaient très bien avec la population autochtone américaine, bien mieux que les Anglais ?…
Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez vous référer à cet article de Tourisme-Occitanie, vous avez un numéro de téléphone pour organiser votre visite.
Lamothe-Cadillac s’est offert une vie à son image, voguant vers des horizons inconnus. Il est même devenu mondialement connu, indirectement, grâce aux voitures qui portent le nom de Cadillac en son honneur. Moins connue, la chanson d’Etienne Roda-Gil écrite pour Johnny, rend hommage au Sieur de Cadillac !!
En patchwork, nous pouvons aussi élargir nos horizons. Le club de patchwork de St-Nicolas est très réputé depuis des décennies pour la qualité de leurs quilts faits à la main. J’ai cependant été sollicitée par Isabelle pour montrer quelques techniques permettant de s’amuser à modifier ses habitudes. On ne jette pas tout par la fenêtre, mais on prend quelques idées pour moderniser ses ouvrages, changer de style, se faire plaisir sans la crainte du cutter ou de la machine à coudre. Cap sur l’improvisation, sur l’acceptation de l’imperfection, la réjouissance des effets inattendus au lieu de la réplique exacte ! En une journée, les idées ont fusé, avec des périodes d’incertitude puis la joie de la réussite… Bravo à chacune d’entre vous d’avoir osé dépasser votre zone de confort avec le sourire et beaucoup de rires, et merci infiniment pour votre accueil si chaleureux !
Vous pourrez compter sur moi pour annoncer votre prochaine exposition en 2023 et surtout, je viendrai l’admirer avec mes amies Abeilles, avec grand plaisir !
La créativité autorise chacun à commettre des erreurs. L’art c’est de savoir lesquelles garder. Scott Adams (dessinateur de BD)
Bon dimanche à tous, et offrez-vous peut-être de nouveaux horizons ! Katell
Une joie infinie nous habite dès lors que nous nous retrouvons, nous amies quilteuses. Je ne peux établir aucune hiérarchie entre mes rendez-vous avec vous, ils se sont succédés et partout, les sourires, avec ou sans masque, réchauffaient les cœurs.
J’ai déjà évoqué le week-end enchanteur à Lacaze en juin, la magie de l’exposition des quilts météo au Val d’Argent, tout évoquait un état surnaturel tellement nous avions été privées de rencontres…
J’ai eu la chance ensuite de pouvoir aller à Nantes Pour l’Amour du Fil avec Kristine, où nous avions rendez-vous avec Annie et Cécile :
Nous sommes ici au Coin des Blogueuses. On le voit, le Royaume-Uni était à l’honneur, avec les drapeaux en banderole ! Le blog de Cécile montre toutes les expositions, un enchantement !
Quelques jours après, mon premier stage depuis janvier 2020, dans un endroit idyllique : Arcachon !
Le patchwork créatif et improvisé a enthousiasmé les adhérentes de FP33-47 ! Une belle équipe réunie par Nadine Meyssonnier, l’envie de devenir amie avec chacune d’entre vous, Mesdames… Merci pour ces journées que vous avez ensoleillées tout autant que le cher vieux Soleil !
Il y eut ensuite le Salon des Tendances Créatives de Toulouse, à l’invitation complètement inattendue pour cette année — nous n’avons pris la place de personne, nous avons rempli l’espace ! Pour la première fois, outre un nombre relativement élevé de femmes, plusieurs hommes ont manifesté leur envie de commencer le patchwork… mais de façon créative et indépendante. Attendons quelques années, nous verrons peut-être surgir leurs ouvrages !
Enfin, last but not least (le dernier mais pas le moindre), ces derniers jours ont été intenses avec le Festival de Ménigoute (79), qui réunit chaque année 30 000 passionnés de Nature. Pour la première fois, j’y étais, grâce à un bon concours de circonstances… La bonne étoile des quilteuses ⭐ nous a réunies, c’était le rêve de Marmotte Rousse…
Exposition de Béatrice Bueche, avec Michelle Braun et Marmotte Rousse : quand les Alsaciennes viennent dans le Sud-Ouest, ça fait des couleurs sur les murs et du bruit dans les couloirs !
Tout le monde parlait de cette exposition : mais oui, c’est du tissu !! Nous étions entourées de personnes habituées aux circuits des arts habituels (dits majeurs…) et cet art textile les a enthousiasmées au-delà de ce qu’on peut imaginer. Le stand ne désemplissait pas, beaucoup de personnes venaient et revenaient… surtout des hommes ! Le talent de la solaire Béatrice a touché le cœur du public, rêve réalisé et mission accomplie.
Nous avons eu le temps d’avoir de très belles conversations et de grands éclats de rire toutes quatre. Nous avons aussi parlé de ce qui nous anime, et aucun téléphone ni écran n’aurait pu remplacer ces échanges cœur à cœur et les yeux dans les yeux.
Même si l’éclairage était parfait pour le public, mes photos faites au smartphone ne rendent pas du tout justice à la féerie de chaque tableau de Béatrice Bueche.
Et samedi dernier, c’était notre première JA post-Covid en Charente, à une bonne heure de Ménigoute. Revoir Corine, la déléguée FP16, m’a fait un immense plaisir, nous qui nous croisions depuis des années, juste pour quelques instants ! Enfin, nous avons passé une journée ensemble, même si nous étions chacune bien occupées. Le club de Ligné offre une très belle salle aux murs de pierres claires, une splendide luminosité… et la joie se lisait sur chaque visage. Nous avons tellement vécu dans l’instant présent que nous n’avons même pas songé à faire une photo de nous ensemble…
Samedi dernier, j’ai embarqué les adhérentes FP dans un voyage dans l’espace et le temps, à la rencontre des Amérindiens, les premiers peuples de cet immense continent. J’ai notamment partagé mon admiration pour la peintre canadienne Leah Dorion.
Le symbole de l’infini se trouve souvent sur ses tableaux, tout comme d’autres signes symboliques qui signifient beaucoup pour les Peuples Premiers.
Les liens tissés avec toutes ces personnes rencontrées après les épreuves dues au covid sont l’éclatante preuve que nous sommes des êtres sociaux et que la bienveillance fait un bien fou ! Au contact des autres, nous nous épanouissons de nouveau, telle une plante déshydratée après une pluie salvatrice.
L’infini chez les Métis
La peintre Leah Dorion est Métisse, mais pas exactement dans le sens où vous le comprenez. Les Métis sont un peuple du Canada, ayant une part d’origine autochtone et une autre part française ou écossaise. Oui, des hommes français et écossais, marchands de fourrure, se sont assimilés en se mariant avec des femmes locales dans les années 1700 et leurs descendants forment une culture originale. Ils sont reconnus comme un des 3 peuples autochtones du Canada (les Amérindiens, les Inuits, les Métis).
Le drapeau métis est le plus ancien du Canada. Tantôt sur fond bleu (à l’origine pour les descendants français) tantôt rouge (pour les Ecossais), le signe distinctif est le symbole de l’infini, en blanc. C’est tout d’abord la réunion de deux cultures, européenne et amérindienne, devenues solidaires pour toujours et à jamais, à l’infini. C’est aussi le symbole de l’immortalité de ce peuple et cette culture, qui continue de lutter pour ses droits.
Le drapeau Métis existe depuis 1816, celui du Canada sous cette forme seulement depuis 1965 (oui !!)
A présent, le fond bleu représente officiellement tout le peuple Métis, et le fond rouge la part qui se trouve dans l’Alberta.
Vers l’infini et au-delà
Je viens d’apprendre que cette phrase, ToInfinity and beyond, doit sa gloire à Buzz l’Éclair dans Toy Story !
La notion d’infini est à la fois mathématique, métaphysique et poétique. La première fois qu’on y est confronté, c’est quand on apprend à compter : 1, 2, 3… Mais cela ne s’arrête jamais !!
On peut regarder aussi regarder le ciel étoilé pour ressentir une idée de l’infini… ou cet escalier conçu en 1958 par Lionel Penrose (le père de Mr. Penrose de la Passacaglia !) :
On peut monter ou descendre à l’infini, sur un escalier « fini ». Nous sommes trompés par notre perception de la perspective…
L’actualité nous a appris la semaine dernière que Mark Zuckerberg s’appropriait le symbole mathématique de l’infini comme sigle de son nouveau groupe. C’est signe de l’infinie ambition de ce groupe qui nous prépare un avenir fondé sur les relations virtuelles. J’ai tellement expérimenté la différence avec mes récentes rencontres « en vrai » que cela m’effraie ! Je crains aussi un monde où le wokisme serait roi. Etre woke, c’est être éveillé, en particulier pour le respect des différences, ce que je soutiens évidemment, mais cela devient une propension à régresser intellectuellement et socialement, préférant les segmentations, les divisions systémiques plutôt que l’acceptation de la différence et l’harmonie entre tous… ce qui est ma vision idéale du monde, le hozho des Navajos, ou l’utopie de John Lennon :
Vers l’infini et au-delà avec Meta, le nouveau nom du groupe Facebook, cela m’inquiète et m’amène à vous conseiller un livre édité dans une petite maison d’édition que j’aime beaucoup : La Mer Salée. Ils sont à Nantes et soutiennent l’idée utopique d’un monde audacieux, humaniste et écologique, en éditant des écrivains qui ne suivent pas les idées majoritaires. J’ai découvert cette maison d’édition avec Siècle Bleu, de Jean-Pierre Goux.
L’utopie est la vérité de demain. Victor Hugo, Les Misérables (1862)
L’homme est fait pour rêver, c’est-à-dire pour combattre et non subir. Et surtout, l’homme est fait pour la poésie. Or, l’utopie est poétique. Et la poésie aura toujours raison contre le réalisme. Jean-Christophe Grangé, Miserere (2008)
Soyons les moutons noirs du wokisme !
Quand le réchauffement climatique n’est plus une éventualité mais une réalité, on se demande dans quel monde nous vivrons prochainement. On sait aussi que la diversité de notre monde vivant se réduit de manière alarmante. Je viens de lire plusieurs romans et essais sur le sujet, et celui que je préfère vous présenter est La part cachée du Monde, d’Ève Gabrielle.
Devant mon quilt « Ensemble malgré tout » fait pendant le premier confinement, le livre d’Ève Gabrielle trouve sa place. Tant d’émotions dans ce livre…
Ce livre est partagé en deux, tout comme la France l’est par La Déchirure, une frontière réputée infranchissable, dans cette fiction du futur proche. Nous commençons par vivre avec Sienne et Vincent, sœur et frère, dans le monde du Nord où tout est désespérant. Greenlife – une sorte de Google ou Meta ? – s’est mis à tout diriger, à la suite de l’effondrement du système bancaire et du gouvernement. On étouffe, on gémit dans ce système où on gagne sa vie en ramassant les déchets de plastique de notre époque. Et bien sûr, un bracelet connecté nous surveille… Les habitants subissent la dure loi de la gouvernance numérique. Une vraie dystopie (fiction décrivant un monde utopique sombre).
Mais Sienne et Vincent réussissent à passer La Déchirure, la Frontière, pour aller à la recherche de leur grand-mère qui aurait, dans un livre de botanique en possession de Sienne, caché un moyen de sauver le monde. Ils découvrent en Aveyron un monde résilient, pas parfait, mais qui a surmonté les écueils majeurs du dérèglement climatique grâce au génie humain au service de solutions simples et futées. Ils sont woke, éveillés, mais dans le bon sens !! Un bel espoir dans cette partie utopique optimiste, qui fait la part belle aux relations humaines positives, à la créativité et aux talents de chacun.
La renaissance des arbres offre une pure joie au printemps ! Ils accompagnent ici les miens en textile, offerts à ma sœur Véronique.
A nous de choisir le chemin de notre futur, au Nord ou au Sud de La Déchirure… Là où on plante des arbres génétiquement modifiés, ou bien là où on les soigne et où on communique avec eux…
L’idéogramme chinois signifiant Crise est en deux parties : danger + opportunité
Je ne vous ai pas dévoilé beaucoup plus que ce que nous dit l’éditeur ou la 4e de couverture, tout reste à découvrir au cours de votre lecture. En plein dans la période de la COP26, nous comprenons à quel point des décisions fermes sont à prendre, ce n’est pas une option. Il sera sans doute difficile de renoncer à notre routine confortable, mais l’effort sera moindre si nous réussissons à choisir les meilleures voies de changements et de progrès, axées sur des choix vraiment pertinents, pragmatiques et bien expliqués (le livre Réaliste de Bertrand Piccard, éditions Stock est écrit dans ce but). Pour évoluer dans le bon sens, le monde aura besoin de pédagogie, de réalisme, de progrès maîtrisés, certes. Mais un rapprochement avec les lois simples du vivant, l’utilisation raisonnée des trésors de la nature, sont incontournables. Jamais peut-être l’humanité n’a eu un si grand défi à relever, on peut en ressentir un vertige infini, mais on n’a pas le choix, il faut s’y attaquer avec maîtrise et enthousiasme !
Si nous ne tuons pas la Nature, Elle nous sauvera.
Entre Alerte et Espoir, le livre d’Ève Gabrielle a bien trouvé sa place !
C’est avec ce livre plein d’espoir que je vous quitte momentanément, mais vous ne vous débarrasserez pas de moi, je reviendrai bientôt ! J’ai envie simplement de faire une pause dans l’écriture, pour retrouver la voie de la créativité dans mon atelier.
Dans mon livre BeeBook, j’ai aimé mettre en avant le bloc des étoiles créatives, si rapide et amusant à faire.
C’est aussi le bloc choisi par la délégation France Patchwork des Hautes-Alpes comme Bloc pour la JNA (Journée Nationale de l’Amitié) qui aura lieu le samedi 6 juin 2020 à Gap. Cette JNA est réservée aux adhérents de France Patchwork à jour de leur cotisation, naturellement ! Pour adhérer, veuillez suivre ce lien. Et pour vous inscrire à la JNA, toutes les informations se trouvent dans les Nouvelles n° 143 de France Patchwork, ainsi que les détails pour faire ce bloc d’étoiles.
⭐⭐⭐
Curieusement, Bee Maïté disait ne pas aimer les blocs d’étoiles en patchwork, trop statiques à son goût. Ce bloc d’étoiles plus modernes, plus vivantes, dans la lignée du patchwork improvisé et libéré par Gwen Marston et ses amies, fait scintiller les étoiles et les yeux de Maïté. La machine à coudre étant sa nouvelle copine, vite fait, elle a fait une constellation d’étoiles pour la JNA :
Vendredi dernier, Maïté nous a montré ses étoiles créatives, très scrappy (utilisation massive de chutes de tissus !)
C’est tellement simple à faire que Maïté projette d’occuper ses petites-filles aux prochaines vacances en faisant des étoiles ⭐⭐⭐. Cette même technique peut s’utiliser en intersection de bandes intermédiaires d’un quilt où les blocs sont montés traditionnellement :
Voie Lactée, un quilt fait de nombreux blocs orphelins, est devenu un quilt d’enfant (même principe chez mon amie Ana Maria !). Les intersections sont faites d’étoiles créatives et le molleton, plus épais que le Nuage, le rend très chaud et confortable. Voie Lactée est un quilt de BeeBook.
Une folle étoile sur fond blanc, c’est chouette aussi !Enfin un rayon de soleil ce matin !
Ce bloc est simplement additif, où le centre peut être un simple carré ou bien, comme ici, un mini-crazy à la machine, fait de p’tits bouts de tissus qu’on ne jette même pas…
C’est souvent le bloc-bonus du stage que je propose sur les assemblages en patchwork improvisé (coupes à main levée, courbes à la machine), succès assuré ! En 2021, je serai en mesure de vous proposer un autre thème de stage, au cœur des préoccupations des quilteuses… A suivre !
A bientôt, portez-vous bien, gardez le moral ! Katell