Les Mandalas par Catherine K

Voici de nouveau un article paru d’abord dans le bulletin France Patchwork 67, signé Catherine Kalmar que je remercie !

Mandala est un terme sanskrit signifiant cercle, et par extension, sphère, environnement, communauté, totalité. Il s’exprime dans un dessin circulaire convergeant vers un centre porteur d’infini. Ce symbole du cercle se retrouve dans toutes les cultures et toutes les traditions, tant occidentales qu’orientales. Le cercle est le symbole de la vie : la naissance, la maturité, la mort et la résurrection ou la renaissance. Pratiquement, tout autour de nous est circulaire : les galaxies, les planètes, jusqu’à notre œil, qui sont autant de mandalas. (source Wikipédia).

Claudette Jacques en donne une très jolie définition :

Le mandala est un dessin organisé qui gravite autour d’un point central.

Ce n’est pas qu’un simple dessin, il est un outil, qui tout en développant notre créativité, permet de se centrer, de s’harmoniser, de se transformer. Il travaille sur 4 niveaux de conscience, il peut alors produire des effets autant sur le plan physique, psychique, psychologique que spirituel. Dans la pratique du mandala, pas besoin de posséder des connaissances approfondies, pas plus qu’il n’est nécessaire d’avoir des qualités artistiques, car une fois à l’intérieur du cercle, le mandala agit tout simplement, là où il doit agir. Dès l’entrée dans le cercle, il se produit un changement vibratoire, car se fait alors l’union entre les deux hémisphères du cerveau, ce qui produit l’harmonisation des dualités et l’unification des contraires. Ainsi, l’être blessé peut retrouver dans la pratique du mandala, une consolation, une compréhension de certains événements. Celui qui doute, découvre une certitude, celui qui pleure, une consolation. Il permet d’aller chercher l’aspect contraire afin de rééquilibrer les énergies, pour ensuite, entreprendre le chemin du centre.

Quels bénéfices apportent les mandalas ?

Leur réalisation, ou leur coloriage, permet un temps de recentrage, un temps d’arrêt, tout en s’amusant ou en s’harmonisant. On peut laisser libre court à son imagination ou à sa créativité, sans distinction d’âge car il permet de voyager à l’intérieur de soi, en mettant à l’unisson les deux hémisphères du cerveau. On réinitialise ses doutes pour en faire des certitudes, ses peurs pour en faire de l’assurance, ses ombres pour en faire de la lumière. La critique et le jugement s’apaisent et laissent place au silence.

Un des plus beaux villages de France, Fourcès, village circulaire, dans le Gers. C’est un village qui procure une sensation de bien-être ! Photo Dominique Viet.

En fonction des couleurs et des formes que nous utilisons, se produisent des effets qui résonnent et font vibrer en nous des effets qui vont permettre de retrouver un état de bien-être, car c’est d’instinct que nous choisissons des couleurs qui nous sont bénéfiques. Le choix des couleurs est personnel et chacun fait selon ses vibrations du moment, tout autant que pour les formes et les lignes.
Le Mandala est aussi ancien que notre conscience du monde, on dit que le plus ancien mandala serait le Big bang. A l’origine de la construction des villes, de l’élaboration architecturale, comme par exemple le point central des villages matérialisé par une fontaine de laquelle irradient tous les chemins.

La place de l’Etoile à Paris, l’Arc de Triomphe et les douze avenues sont une représentation du centre d’un monde, ici un Paris moderne.

Beaucoup de civilisations y ont eu recours non seulement pour la méditation que pour d’autres objectifs. Au Tibet où il revêt un sens sacré, il démontre le côté éphémère de la vie ; il peut être également une offrande d’un élève à son maître bouddhiste pour lui signifier qu’il est prêt pour recevoir son enseignement, ou pour des introspections en quête de spiritualité.

En Occident et au Proche-Orient dans les lieux de culte, par exemple sous forme de rosaces d’églises ou dans les cathédrales, on retrouve ces cercles sublimes propices au recueillement.

Rosace de la cathédrale de Strasbourg, qui fêta son millénaire en 2015.

Hildegarde de Bingen, femme exceptionnelle du 12e siècle (compositrice, abbesse, guérisseuse, visionnaire, poétesse, prophétesse…) a dessiné des mandalas représentant les liens sacrés qui se tissent entre le cosmos, la divinité et l’humanité.

Avant l’ère chrétienne, on retrouve les cercles de méditation dans l’art celte des entrelacs.

Quilt reprenant des codes de l’art celtique par Gyöngyi Varadi

On retrouve une troublante correspondance esthétique dans diverses civilisations et époques qui, selon toute vraisemblance, ne se sont jamais copiées.

Art musulman (Cecilimages)

Le mandala est un support aux voyages intérieurs, ce qui est une notion reprise par Jung, en psychologie. Certains patients rêvent spontanément de mandala, ce qui conduit à la concentration et la contemplation de certains points sur lesquels l’individu est amené à porter son attention. Jung l’utilisa aussi en traitements thérapeutiques en faisant dessiner des mandalas à ses patients. Le mandala est également un support d’ouverture au monde, lieu d’invocation de la divinité dans l’hindouisme, ou pratique spirituelle dans les mandalas de sable des moines tibétains où la destruction du mandala est aussi importante que sa construction, toutes deux offertes au Bouddha. Ces derniers s’inspirent du rangoli qui sont des motifs de sables colorés dessinés par les femmes Tibétaines destinés à protéger leur maison.

On le retrouve en agriculture où la structure mandala est actuellement utilisé en permaculture pour concevoir des jardins ou des potagers…

Permaculture en forme de mandala

…ce qui existait déjà chez les Incas :

Les terrasses concentriques de Moray (Pérou) étaient un centre de recherche agronomique des Incas : ils y reproduisaient plusieurs climats, contrôlaient l’irrigation… Voir Wikipedia.

 

Ces derniers temps on a vu apparaître des mandalas XXL sous forme de représentations végétales dans des champs. On les appelle des Crop circles (ou agroglyphes) et sont attribués à des farceurs géniaux comme Doug et son compère Dave Chorley, initiateurs du phénomène dès 1978, d’autres pensent encore aujourd’hui que c’est l’œuvre d’extra-terrestres. On remarque que ces dessins sont de plus en plus élaborés et complexes ce qui démontre une recherche artistique similaire au street art dans les villes.

Cela rappelle aussi des sites qui ne livreront probablement jamais tous leurs secrets, comme Stonehenge, en Angleterre, qui date de l’Âge de Bronze :

Bien évidemment, on retrouve des mandalas dans notre art du patchwork où ses structures géométriques complexes entrecroisent carrés cercles et triangles ; ses couleurs invitent à l’aventure dans son élaboration, au zen dans sa construction et à la rêverie dans sa contemplation…

https://patchworkangel.com.au/product/modern-mandala-quilt-pattern-and-perspex-templates/
http://www.thequiltingland.com/2018/12/dresden-mandala-quilt.html?m=1

N’oublions pas les Pine Cone quilts, ces merveilleux quilts issus de la tradition afro-américaine, remis au goût du jour par Betty Ford-Smith :

Purple Katell Pine Cone Quilt, par Betty Ford-Smith.

L’inspiration est infinie… À vous de jouer !
Catherine Kalmar

Avez-vous apprécié cet article ? C’est un des nombreux avantages de France Patchwork, recevoir un bulletin départemental ! Si vous êtes adhérent(e), faites connaître France Patchwork, cette belle association française qui évolue au fil du temps : son site est par ici.

Lecture de Catherine K.

Depuis que j’ai lu la fiche de lecture de Catherine K, déléguée FP67, ce livre est dans ma liste de prochaines lectures…

L’étoffe du destin de Sébastien Palle
Éditions Héloïse d’Ormesson, 2019

L’auteur est un spécialiste à la fois dans les domaines spatiaux et financiers. Aujourd’hui il s’investit dans une association pour promouvoir l’intelligence végétale. Féru de généalogie et d’histoire, descendant d’Oberkampf, il s’est lancé dans l’écriture. L’étoffe du destin est son premier roman.

Dans un 18e siècle très chahuté par de multiples bouleversements, Christophe-Philippe Oberkampf, venu de sa Suisse natale, ne parlant que l’allemand et handicapé par sa religion protestante, s’installe à Jouy-en-Josas pour y parfaire son métier d’imprimeur sur étoffe, qu’il tient de sa famille.

Iolanda, fillette du Sénégal (photo https://www.humanium.org/fr/)

En parallèle, de nos jours, on suit la destinée de cette jeune sénégalaise, Alina Diop, gamine de 10 ans, insouciante jusqu’à ce qu’un voyage chez ses grands-parents au Mali voisin, se transforme en cauchemar : ses parents et son petit frère sont enlevés sous ses yeux par des cavaliers d’un groupuscule islamiste, tandis qu’elle doit faire face à un grand-père marabout qui prévoit de la faire exciser. Même à son jeune âge, elle comprend que sa survie se joue dans la fuite.  Au Sénégal, elle espère qu’elle retrouvera son grand frère et pourra poursuivre ses études, elle si douée en maths, à condition de ne plus être une fille…

Sébastien Palle veut-il nous prouver que l’opiniâtreté est la porte vers la réussite ou bien que ces deux destins si éloignés en apparence se rejoignent par certains aspects ? Toujours est-il qu’on se régale au récit de la naissance de la fameuse toile de Jouy tout en pâlissant à l’évocation du monde que nous traversons actuellement. Heureusement, les femmes sont en marche !

l'étoffe du destin.jpg

L’amour, l’éloge de la diversité, le goût de l’effort sont au centre de l’aventure humaine…

Tie & dye en Inde

Tie and dye, souvenirs de jeunesse… Nouer, lier et teindre était déjà à la mode dans les années 70 ! Chez nous, on a oublié cette tendance quelques décennies mais elle revient de plus belle avec le goût du fait main et de l’artisanat du Monde. Mon amie Émilie de Neelam nous offre ce reportage, fait en Inde, où la tradition perdure sous le nom anglais tie and dye, ou bien Bandhej (Gujarat), Laheria (Rajasthan), tandis qu’on parle de shibori au Japon et qu’on pratique toujours en Afrique ces teintures… Il existe des nuances, des variantes, mais la base reste la même !

moyen-petit-logo-neelam

Damien et moi avons envie de partager avec vous un beau moment passé en Inde avec Mustafa, spécialiste des techniques de teintures artisanales de Tie and Dye.

Vous l’avez certainement repéré dans les boutiques et magazines de décoration, l’imprimé Tie and Dye y est de plus en plus présent (coussins, rideaux, tapis, linge de maison, vêtements…) et ne cesse d’être réinterprété.

Cette technique fascinante de création textile consiste littéralement à nouer (to tie), puis à teindre (to dye) un tissu.
Le fait de nouer au préalable le tissu permet de préserver certaines parties de la teinture. Ainsi, seules les parties extérieures au nœud seront colorées. La durée du bain jouera sur l’intensité de la couleur et la multitude des possibilités de ligatures en feront un tissu aux motifs uniques.

tie-and-dye-1
Selon la technique de Tie and Dye pratiquée par Mustafa, la dimension maximale idéale du coupon de tissu est de 2,50 x 1,10 m. Mustafa commence par plier le tissu (préalablement humidifié) en 2 sur toute sa longueur.

 

Le tissu est ensuite plissé et ligaturé tous les 20 cm environ. La façon de plisser et ligaturer le tissu influencera le rendu du motif.

 

Mustafa ligature ensuite le tissu sur toute sa longueur.

 

Le tissu est prêt à être teinté.

 

Le bain de teinture se prépare…

 

Le tissu est plongé dans le bain de teinture, plus ou moins longtemps en fonction de l’intensité de la couleur souhaitée, puis rincé afin d’enlever les excédents de teinture.

 

Les fils de ligatures sont ensuite ôtés. Le moment le plus excitant de la journée est la découverte du motif créé ! 

 

Et voilà !!

Nous adorons le résultat. Et vous ?

Des tissus tie & dye sont disponibles dans notre boutique, mais vous pouvez aussi vous procurer un livre pour vous lancer (ils sont nombreux) ou chercher un stage, de nombreuses artistes en proposent.

J’ai aimé faire du patchwork avec divers tissus teints en tie & dye par Mustafa et autres tissus de notre stock, teints eux aussi en indigo, mélangés avec de la toile blanche et des accents orange :

… et me faire un vêtement :

Promenade à Strasbourg en kimono tie & dye…

Émilie

Pour les personnes autour de Toulouse, petite annonce :

Merci Émilie et à bientôt !

Expressions de délégation FP

France Patchwork est une association faite pour et par les quilteuses et quilteurs, passionnés, artistes ou simplement adeptes d’un loisir créatif sympathique où artisanat textile et rencontres rendent la vie plus belle. Au fil du temps, FP a créé une organisation relativement complexe et complète pour satisfaire les adhérents : magazine exceptionnel, concours, expositions, Journées de l’Amitié… Certaines adhérentes offrent de leur temps et de leur savoir-faire, s’impliquant en faisant partie d’une Délégation, trait d’union entre le Bureau (alias les Céates, membres du CA, élues pour 4 ans renouvelables, elles aussi bénévoles) et les adhérents de leur département. Les déléguées et leur équipe ont quelques obligations, quelques recommandations, mais ont aussi beaucoup de latitude pour imprimer de leur touche leur passage dans cette organisation.

Information et communication, essentielles dans une association !

La communication est essentielle pour faire connaître les activités locales et nationales – voire internationales – de l’association. Au niveau local, chaque délégation écrit donc un bulletin, jadis expédié par la Poste à tous les adhérents du département ; grâce à internet, on fait de substantielles économies d’impression, de papier et d’affranchissement. D’un département à l’autre, d’une délégation à l’autre, la communication prend maintes formes ; on a par exemple en Occitanie occidentale un bulletin régional, le Patch d’Oc, et des blogs de délégation rendent de grands services. Certains bulletins s’apparentent à une publication professionnelle, d’autres contiennent juste l’essentiel : les rendez-vous départementaux, si chers aux adhérents ! N’étant pas née de la dernière pluie, je sais bien que seule une petite minorité lit le bulletin départemental en entier, quelle que soit la qualité de la publication. Alors bulletin élaboré ou succinct, les deux coexistent et se défendent, ce qui laisse aux délégations la liberté d’expression en fonction de leurs envies – et c’est très bien !

En Alsace en septembre dernier, l’ancienne délégation du Bas-Rhin a attiré mon attention sur la qualité des reportages de la déléguée actuelle, Catherine Kalmar. Effectivement, sa publication trimestrielle est très complète sur la vie de FP, mais elle s’investit également dans des articles de haute tenue… Déjà, le Patch et Tchache (bulletin de FP67) de l’équipe précédente était très abouti : les adhérentes de ce département sont bien chanceuses ! Ces articles ont une vie bien éphémère, lus bien sûr par les heureuses destinataires, mais je trouve qu’ils méritent une seconde vie… Aussi ai-je proposé à Catherine K. de publier une sélection de ses articles passés.

Alors quelques mardis de suite, vous pourrez lire Catherine Kalmar dans la Ruche des Quilteuses, article de fond, fiche de lecture ou autre et pour inaugurer cette collaboration, voici un des exercices littéraires qu’elle affectionne, le pastiche : 

La cage aux oiseaux et aux idées

De Pierre PERRET

 

Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux
Regardez-les s´envoler c´est beau
Les enfants, si vous voyez
Des p´tits oiseaux prisonniers
Ouvrez-leur la porte vers la liberté.

Un p´tit dé à coudre
Et trois goutt´ d´eau dedans
Au d´ssus du perchoir,
Un os de seiche tout blanc
Et un petit piaf triste de vivre en prison
Ça met du soleil dans la maison 


C´est c´que vous diront
Quelques rentiers vicelards
Des vieux schnocks
Qui n´ont qu´des trous d´air
Dans l´ cigare.
Une fois dans vot´ vie,
Vous qui êtes pas comme eux
Faites un truc qui vous rendra heureux !

Si vot´ concierge fait cui-cui sur son balcon
Avec ses perruches importées du Japon Ses canaris jaunes et ses bengalis
A vot´ tour faites leur guili-guili.

Sournoisement exclamez-vous
 » Dieu! quel plumage!  »
Mais chère Madame
On vous demande au 3ème étage.
Et dès que la bignole aura l´dos tourné
Même si on doit pas vous l´ pardonner

Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux
Regardez les s´envoler, c´est beau.
Les enfants si vous voyez
Des p’tits oiseaux prisonniers
Ouvrez-leur la porte vers la liberté…

Pastiche de C.K.

Ouvrez, ouvrez la cage aux idées,
Regardez-les s’envoler, c’est beau.
Mes amies si vous avez
Des p’tits projets prisonniers,
Ouvrez-leur la porte vers la liberté…

Un p’tit dé à coudre
Et deux ou trois bouts de fil
Un p’tit carré d’étoffe
Et une bonne aiguille
Un peu de courage et une belle idée,
Vous v’là sur les rails d’un beau projet…

Un ou deux ronchons pourraient tenter, c’est vrai,
D’vous faire croire que c’est laid,
Qu’ l’idée est dépassée
Qu’le tissu n’est pas celui
qu’il fallait utiliser
Mais si ça vous plait, qu’est-ce que ça fait ?

Tous les rabat-joie,
N’sont pas de bons conseils
Faut pas les écouter,
Font pas forcément des merveilles.

Moi je vous le dis,
Puisque tout est permis
Si vous trouvez ça beau
Et bien c’est l’essentiel

Ouvrez, ouvrez la cage aux idées,
Regardez-les s’envoler, c’est beau.
Mes amies si vous avez,
Des p’tits projets prisonniers,
Ouvrez-leur la porte vers la liberté…

Les oiseaux en cage ne sont-ils pas bien moins nombreux depuis cette chanson ? Je l’avais déjà évoquée par ici. Tout le monde la connaît et tant d’enfants, voulant bien faire, ont libéré des oiseaux exotiques, incapables de se débrouiller chez nous…

Survolons à présent quelques merveilleux quilts aux oiseaux appliqués : diverses techniques, divers continents, mais toujours la beauté des animaux faits pour être libres…

Restons temporairement en Alsace avec Béatrice Bueche, artiste alsacienne qui s’inspire de la beauté de la Nature. Son Toucan nous transporte en Amérique du Sud d’un coup d’aile !
Volons vers l’Extrême-Orient avec Les hirondelles sont de retour en Asie, d’Évelyne Carrasco, ici un détail de ce quilt expliqué dans BeeBook. On y retrouve l’esprit zen du Japon…
Alliance inattendue de l’exubérance des perroquets dans la jungle, l’art de la Mola et la créativité de la Japonaise Fumiko Nakayama (photo Pour l’Amour du Fil 2015).
À présent c’est l’Afrique, et plus précisément les artistes du Caire (Tentmakers of Cairo), qui nous offrent cette adorable scène… (photo à Labastide-Rouairoux, La Fête du Fil 2019)

D’autres oiseaux en suivant ce lien : Oiseaux dans la Ruche des Quilteuses.

🐦🐥🐧🦩🐓A bientôt 🦆🦃🦅🕊🦢🦜

Un quilt étoilé avec Cécile & Bea

Les étoiles sont parmi les motifs les plus appréciés en patchwork. Dans BeeBook, je ne me suis pas privée d’en proposer, des étoiles pas forcément régulières, les wonky américaines, que j’ai préféré nommer étoiles créatives. À présent, le quilt qui est actuellement en bannière du blog est dans ma pièce à vivre et, malgré certaines réticences entendues sur les couleurs bizarres, il s’intègre parfaitement à mon intérieur ! Il est un hommage à Sujata Shah, si talentueuse et généreuse, dont je ne me lasse pas de promouvoir son livre (sa présentation ici), avec la contribution d’une brodeuse indienne via Neelam chez qui j’ai choisi la broderie centrale :

Les petits miroirs, appelés shishas en Inde, brillent aussi bien le jour que la nuit, jouant avec le soleil ou la lampe. C’est un des quilts difficiles à photographier !

On en retrouve aussi sur le quilt d’Éliane, pour donner une impression de brillance d’un ciel étoilé :

Nuit au Mas d’Azil, Éliane Géraud

Les quilts étoilés sont à conjuguer à l’infini, des plus traditionnels aux plus déjantés !

Quel que soit le style de patchwork que vous appréciez, vous pouvez participer au Quilt Along (quiltons ensemble) ou QAL 2020 lancé il y a 2 jours par Cécile et Béatrice. Lisez l’article de Cécile avec tous les détails nécessaires, inscrivez-vous au groupe Facebook pour le suivi et surtout amusez-vous bien !

Le thème du QAL 2020 ? Les étoiles bien sûr !

La Nature nous inspire…

A l’instar de nombre de quilteuses, la Nature est l’inspiration majeure de Bernadette Mayr. Connaissez-vous ses livres ?

Seul son premier a été traduit en français (Patchwork fleuri, SAEP, 2006). Certains récents l’ont été en anglais, mais tous sont édités d’abord en allemand.

Il est certain que cette artiste a eu une grande influence sur moi ! Elle présente de nombreuses techniques sympas qu’elle n’a pas forcément inventées, mais adaptées pour en faire un style bien reconnaissable. Son petit secret ? Elle aime ajouter des tissus rayés blanc-noir dans ses quilts ! Comme je le dis souvent en stage, ajouter une touche de blanc et noir, les valeurs extrêmes, donne un volume visuel au top.

Je n’avais jamais pris le temps de vous montrer deux quilts faits par les adhérents du Club de patchwork de Colomiers ; à la réception de l’article de Nicole, cela m’a rappelé que je devais réparer ce retard, notre inspiration étant, pour les papillons, exactement la même, de Bernadette Mayr.  C’était en mai-juin 2017. Comme j’avais proposé un atelier pour montrer comment faire les papillons et donner les instructions de couleurs pour les 9-patch, bien innocemment la Présidente et la Secrétaire y ont participé… ignorant que c’était pour leur cadeau de départ 😏 Nous avons bien ri lors de la remise des quilts à Danielle et Éliane ! Nous avions prétexté une tombola à venir et elles aimaient beaucoup les deux projets !

L’Envol, offert par les adhérents du club de Colomiers à Danielle.

Pour l’Envol, nous avons simplement suivi le modèle du livre, les schémas permettent de suivre même si on ne comprend pas l’allemand. Naturellement, la disposition est différente de celle de l’artiste : nous avons assemblé les blocs comme bon nous semblait. Le fond blanc est de la récupération de vieux draps, les papillons sont faits des tissus des membres de notre club, tout le monde a fait de formidables papillons et nine-patchs. Le club avait fourni du tissu rayé blanc-noir, suivant l’excellente idée de Bernadette pour le corps des lépidoptères.

Photos un peu surexposées, le soleil est encore sur Toulouse en ce 21 octobre 🌞

Celui destiné à Eliane s’inspire directement, lui aussi, d’un modèle trouvé dans un livre (No Scrap left Behind, Amanda Jean Nyberg, Stash Books). Nous avons choisi des couleurs aussi douces qu’Éliane, rose-vert-gris-blanc, pour un accord très printanier qui contraste fort ici avec les couleurs automnales flamboyantes des amélanchiers du Canada :

Simplicité : de mini 9-patchs encadrés de tissus variés…

Et comme toujours, Bee Kristine a fait les étiquettes :

Venons-en à la semaine dernière, marquée pour nous par le Salon des Tendances créatives de Toulouse où France Patchwork était présente, comme depuis plus de 20 ans je pense ! Le stand était tenu par notre Délégation avec Brigitte Gaston à sa tête, le voici photographié avant l’ouverture, le premier jour :

La galerie FP montrait les quilts issus du concours Do, ré, mi… Lin, sur les jolies chansons françaises de notre patrimoine. Vous avez toutes les photos de la webmestre FP, Édith Bouilly, ici.

Hop, notre gentille amie Françoise met la dernière touche avant que la foule n’arrive !

Nous avons aussi exposé une douzaine de quilts de BeeBook, le premier livre édité par France Patchwork. Chacun a attiré des commentaires élogieux, les Abeilles ont parlé avec passion des particularités de nos quilts : les échanges furent très chaleureux, merci à tous ceux qui sont venus à notre rencontre, toujours le sourire aux lèvres 😃 Nous sommes très heureuses que notre livre rencontre ce succès auprès du public !

Nous le voyons bien d’un quilt à l’autre, la Nature nous inspire nous aussi ! La Marguerite de Kristine (Tendre Daisy dans le livre) a été fort admirée. Le quilt aux coquelicots de Cécile Milhau (J’ai descendu dans mon jardin), ici plié, a ensuite été exposé sur une chaise : admiration unanime là aussi !

A gauche, Vivant & Naturel, à droite, Tendre Daisy.
Nuit au Mas d’Azil d’Éliane, La Cause des Femmes, Les Hirondelles sont de retour en Asie d’Évelyne (encore un quilt plébiscité!).

Je ne serais pas complète si j’oubliais de dire que les quilts d’Andrée en wax sont arrivés 10 mn après l’ouverture de jeudi (et donc peu après ces photos), ils ont été disposés en évidence et ont été fort admirés. Beaucoup de personnes ont découvert la beauté des tissus wax en patchwork. Certaines s’y étaient déjà essayées comme Claudine du club des Can’canettes de Castres qui m’a depuis envoyé la photo du sien :

Tohu-Bohu par Claudine Bize, une très belle composition.

Détente en fin de la première journée, un petit pas de danse drapée dans un quilt d’Andrée :

Face au bar, drapée de Bulles Africaines, mais non, je n’ai rien bu 😃

Bonnes vacances, à bientôt !

Les Courtepointières

Vous l’avez déjà remarqué, je vais souvent dans le Tarn. Il y a là-bas un peu de mon histoire familiale, des paysages variés, des villes et villages attractifs et surtout des personnes de caractère ! Pas étonnant que le catharisme ait fleuri dans ces terres, il en fallait de la détermination pour résister comme ils l’ont fait…

Hier, j’ai rendu visite aux amies de La Courtepointe : joli nom de club ! Rare en France, ce mot désigne un quilt chez nos amies québecoises.

Avant d’entrer dans le vif du stage, j’ai pu admirer les triangles en crazy faits par le club pour le nouveau projet de Joëlle Vétillard. Par manque de temps, je ne vous en avais pas encore parlé, c’est l’occasion ! Pour les détails, je vous convie à lire l’article de notre chère créatrice qui concocte une robe chrysalide…

Contribution des membres de la Courtepointe au projet Robe Chrysalide.

Je ne savais pas trop comment serait accueilli mon stage de patchwork créatif et improvisé – libéré aurait dit Gwen Marston – car ce club est spécialisé dans l’art textile, poussé-tiré-entraîné-sublimé par Cécile Milhau. Les plus anciennes avaient appris le « vrai » patchwork avec Jocelyne Le Roy, qui a tant fait pour nous avec son amie Marie-Anne Suzanne, en publiant les tout premiers livres de patchwork machine et coupe au cutter en France ! Je l’ai rencontrée récemment, je lui dois beaucoup grâce à ses livres. C’est aussi une personne très attachante ! Beaucoup d’entre vous connaissez ces livres des années 1990 :

La plupart des Courtepointières de Réalmont connaissent surtout l’expression créative en art textile, presque toujours à la main. Sous l’impulsion de Cécile, elles ont créé plusieurs fresques et quilts collectifs qui sont à chaque fois des événements. Un exemple parmi tant d’autres : Le Fleuve, fini en 2012,  à voir ou revoir ici.

Le Fleuve était à l’honneur à Balma, lors de l’AG des 30 ans de France Patchwork (photo de La Marmotte Rousse) 

La journée de stage fut fructueuse pour beaucoup, il suffit d’un détail parfois pour enfin réussir à couper avec le cutter rotatif, avoir une couture machine régulière, repérer comment utiliser facilement une règle… Ensuite, la créativité peut s’exprimer ! J’ai été comblée en voyant leur enthousiasme devant le patchwork aux formes douces et vivantes, et l’état d’esprit d’art-thérapie qui me tient tant à cœur…

L’alliance de leur créativité en art textile et leur nouvelles envies de patchwork libéré vont faire des merveilles.

Merci infiniment à Marie-Jo Oustau d’avoir organisé cette journée, ensoleillée à tous égards !

Hier soir, Marie-Jo a continué son projet personnel… C’est très prometteur !

Je vous renvoie au blog Patch d’Oc-Tarn pour quelques gentils mots et photos sympas (en diaporama) du stage par Bernie, rapide comme l’éclair !

Une histoire de papillons

Une création est faite d’inspirations, de convictions, d’hésitations… mais toujours le cœur parle. Écoutons donc aujourd’hui l’histoire du nouveau quilt de Nicole.

Voici le quilt de Nina, une fillette venue agrandir la famille cette année. Comme tous les petits autour de moi, elle devait donc recevoir un quilt. Prise par le travail, il a fallu un certain temps pour que l’idée mûrisse.

Ces viola cornuta ont provoqué un déclic ! Comment ne pas y voir un vol de papillons ?

Beebook et  un livre de Bernadette Mayr m’ont permis de me lancer dans un patch qui ne correspondait pas du tout à mes habitudes.

D’abord il devait être vert pour évoquer un vol de papillons au-dessus d’une prairie or le vert n’est vraiment pas ma couleur favorite.. Non seulement je ne sais pas l’utiliser mais, de plus, je croyais ne pas avoir de tels tissus en réserve. Faux, il restait quelques coupons destinés à un projet de panneau avec des champs de colza, projet tombé aux oubliettes.

Et puis, débuter la coupe libre, cela ne serait pas forcément facile. Je ne suis pas vraiment rigoureuse dans la coupe et la couture, mais savoir que je dois l’être représente un cadre rassurant. Il fallait donc aller à l’encontre de tout ce qui s’était installé dans ma tête depuis que j’avait découvert le patchwork en 1980.

Timidement, en coupant à main levée, j’ai réalisé deux papillons assez classiques que je trouvais très raides. Il fallait franchir un pas de plus en interprétant les méthodes de Bernadette Mayr.

Là encore, c’est une rencontre sous le parasol qui entre en résonance avec les « Motten » de Bernadette. Ce grand papillon, caractéristique d’un groupe très important de lépidoptères -dont les mites- replie ses ailes antérieures à plat et masque les ailes postérieures. Ses antennes plumeuses pouvaient être un détail brodé intéressant.

Le premier papillon révèle que je n’ai pas trop osé couper en courbe, ce sont presque des droites. Il a provoqué une réaction immédiate de ma petite-fille : affreux, il n’est pas symétrique. J’ai eu beau lui montrer que lorsqu’on photographiait un papillon, on était très rarement bien de face et qu’au contraire cela pouvait donner du dynamisme aux images. Rien à faire, elle veut des papillons bien droits, bien symétriques. Comme ceux de Bernadette !

Le suivant a été pire : j’ai choisi un tissu à grand motif qui me semblait intéressant. J’avais oublié les conséquences de la méthode de montage …

Il fallait couper le carré le long de la diagonale et faire pivoter l’une des pièces. Or mon motif n’avait rien de symétrique ! Tant pis. Ce papillon allait malgré tout être intégré dans le quilt.

Il y a eu, bien sûr, la même difficulté pour ce papillon dont les quatre ailes devaient être visibles mais j’ai osé couper des courbes un peu plus arrondies.

Le top, monté avec quelques coupons fleuris, restait très raide et les grands carrés verts trop vides. Frustrant…

Il fallait animer tout cela et, pourquoi pas, en faisant voler des papillons en origami au-dessus du quilt ?

Aux yeux de ma petite fille, je manquais de rapidité et d’efficacité, c’est donc elle qui, après avoir choisi les tissus, a préparé tout un vol de papillons et les a dispersés sur l’ouvrage.

Le quilting est essentiellement réalisé à la machine. Les antennes ont été brodées avec 2 brins de fil mouliné. Les papillons en origami sont solidement fixés par une série de points afin qu’ils résistent aux petites mains…

Pour préparer une étiquette pour ce quilt à 4 mains, il a suffi d’une chute de tissu fleuri, un papillon découpé dans un coupon, quelques points de broderie machine ; il ne reste plus qu’à signer de nos deux prénoms et à souhaiter à Nina de voir encore plein de papillons au fil des années…

 Nicole 🦋

Ateliers inspirés par BeeBook

Indispensables !

Quel thème ont choisi les Can’canettes de Castres pour leur rentrée ? L’Indispensable de BeeBook !

La forme, simple et pratique, a séduit tout le groupe autour de Rachel et Jo. Voici les premières photos de Jo Drouet, avec encore quelques finitions à apporter deci delà, mais on voit déjà bien toute la créativité du groupe :

Un modèle qui se prête, comme je l’espérais, à de multiples interprétations. Bravo à chacune !

La Forêt chez Marmotte Rousse

Pour notre amie Marmotte, le premier atelier BeeBook s’est fait avec ses amies le temps d’une retraite au Terrier, en fin d’été… Toute son histoire se trouve par ici.

Cela me fait bien sûr très plaisir de voir vivre les ouvrages suggérés dans mon livre… Si vous aussi, vous souhaitez partager vos réalisations BeeBook, écrivez-moi à quilteuseforever(arobase)orange.fr.

couv-beebook-page-001

BeeBook est toujours disponible aux stands France Patchwork pendant les Salons (le prochain étant celui de Toulouse cette semaine, du 17 au 20 octobre, au Parc des Expositions) et par correspondance, voir par ici.

Une bonne nouvelle du week-end dernier : LeeAnn a gagné un Prix à l’International Quilt & Fiber Art Festival d’Everett (WA) avec un quilt dont vous trouvez l’origine dans BeeBook. Congratulations dear LeeAnn!

Hourglass, LeeAnn Decker, blog Nifty Quilts.

A bientôt !

Simply Woven par Chantal

Simply Woven est un modèle qui m’a attirée dès sa parution en 2012 sur Moda Bake Shop (archives actuellement indisponibles, mais le PDF est ici) et je l’avais utilisé en illustration en 2017, en me disant toujours qu’un jour, je prendrais le temps de le faire…

Simply woven ou Simplement tissé, modèle généreusement offert par Jessica Kelly.

Mon amie Chantal a été plus rapide, elle a fait le top en quelques jours dans un merveilleux camaïeu de rouge-rose-orange unis. Il avait fait notre admiration un jour de rencontre entre Abeilles… À présent, il est quilté, et lors d’une autre rencontre nous l’avons vu fini !

BZZZ les Abeilles papotent ! Photo de Chantal

Le quilting est en spirale, technique expliquée ici, et nous trouvons toutes que c’est très réussi ! Pourquoi n’ai-je pas pris de photo de près pour vous le montrer ? Il est au fil rouge vif, c’est pourquoi on le devine quand même sur la photo.

Dos du quilt, très beau en soi !

Pour mes voisines de la région toulousaine, ce quilt est désormais accroché à Kréatiss, magasin situé dans une zone commerciale à cheval entre Colomiers et Plaisance-du-Touch.

SAVE_20191008_101757.jpg
Dans le magasin Kréatiss, ce quilt orne l’atelier.

Depuis la semaine dernière, de nombreux cours de loisirs créatifs ont commencé : patchwork, couture, crochet, tricot, perles etc. dans une ambiance jeune et dynamique. Les cours de patchwork, niveau débutants pour le moment, sont assurés par Chantal elle-même. Il y a une dizaine d’intervenantes parmi lesquelles, pour la broderie-tricot-crochet, notre amie Tata-Georgette. N’hésitez pas, si vous habitez dans les environs, à aller y faire un tour, vous renseigner sur les divers cours et stages.