

Durango
Cette ville ne fut pour nous qu’une halte d’un soir mais on en garde un beau souvenir. C’est une ville universitaire, dynamique avec ses 17 000 habitants, qui a gardé un centre à l’ancienne, montrant une opulence certaine avec ses magasins d’antiquités qui me semblaient très européens et quelques bâtiments anciens soigneusement conservés dans leur jus… et peut-être plus beaux qu’à l’origine.









Un établissement est le clou du spectacle à Durango :

Ce saloon-cabaret reste résolument à l’heure de la fin du 19e façon Lucky Luke avec ses serveuses en bas résille, ses velours rouges du style maison close… De la musique entraînante jouée sur le piano centenaire complète l’illusion d’avoir remonté le temps !

Surprise, une famille de racoons (ratons laveur) a élu domicile dans une bouche d’égout ! Nous étions un petit groupe à nous extasier sur les bébêtes, tout en nous demandant quel degré de nuisance ils pouvaient avoir en plein centre ville…

Renseignements pris, ils sont maintenant fort nombreux en ville, profitant des poubelles. Ils sont intelligents et bien mignons et se laissent facilement apprivoiser, mais est-ce bien nécessaire ?…
Les ratons laveurs font partie des animaux du Nouveau-Monde qu’on fit venir en Europe vers 1930 pour les élever pour leur fourrure. Erreur… ils font maintenant partie des animaux nuisibles dans bien des contrées, se développant ici sans prédateur…
Nous n’avons pas l’impression d’être à près de 2 000 m d’altitude, au pied des Rocheuses ; c’est le lendemain, en allant vers le Nord, que nous verrons un peu plus de ces somptueuses montagnes.

Durango et Silverton sont deux villes distantes de 70 km, une route superbe en cette mi-septembre. Ces villes sont nées à peu près en même temps, liées par un célébrissime chemin de fer touristique. Naguère ce train servait notamment de transport du minerai extrait des mines de Silverton vers Durango, où il était traité. Hier comme aujourd’hui il faut toujours lutter contre les éléments, ici une photo montrant les dégâts d’une pluie diluvienne en 1911 sur le chemin de fer qui longe la rivière Animas.


Sur le chemin, on passe devant une célèbre station de ski : une des pistes se termine juste au pied de la route ! Son nom n’est pourtant pas engageant : Purgatory ! Histoire de nous rappeler qu’on est en terre américaine, où Dieu est dans la Constitution…
Mais que la route est belle entre Durango et Silverton…

Silverton
Les habitants de Silverton, la Ville de l’Argent (le métal) bénéficient d’un paysage grandiose, ce haut plateau à 2 836 m d’altitude est entouré de majestueuses montagnes. Avaient-ils naguère le loisir d’admirer le paysage, alors que le travail de la mine était harassant et si dangereux ? Le climat est très rude en hiver. Quelle dure vie pour les pionniers, attirés par milliers par la richesse des sous-sols en argent mais aussi or et cuivre, alors que le confort n’existait pas…
Pour nous en septembre 2018, ce fut une ville dorée par le doux soleil presque automnal, une découverte très agréable, une plongée dans la vie rêvée des pionniers sans les dangers… et un charmant accueil dans un joli petit magasin tenu par une quilteuse !

Cette ville existe car on y trouva de l’or, de l’argent, du cuivre, c’était donc pour les Euro-américains une bonne raison de s’y installer après avoir viré manu militari les Indiens Ute, pourtant si combatifs, qui y vivaient depuis le 13e siècle. La dernière mine ferma en 1991, mais on parle toujours de réouverture un jour…


Silverton devint une ville typique de l’Ouest, coupée en deux par sa rue principale, Greene Street. D’un côté, la bonne société respectant les codes de la morale avec les maisons d’habitation pour les familles, de l’autre la vie nocturne. Les hommes passaient d’une partie à l’autre, mais pas les femmes…




Les écoles, ainsi que les sept lieux de culte (pour 700 habitants actuellement) sont tous du « bon » côté de la ville… Je reviendrai un jour sur les religions aux Etats-Unis, pour comprendre ce pays on ne peut pas esquiver cette donnée de liberté de culte. Elles sont toutes mignonnes, ces églises ! En voici quelques-unes :



Et voici Greene Street, la ligne de démarcation entre les deux mondes. Derrière cette rue jusqu’à la montagne, c’est le quartier résidentiel que nous venons de visiter et de ce côté, c’est le quartier mal famé, les lumières rouges, le paradis des joueurs bien avant Las Vegas, les bordellos (j’ai appris un nouveau mot d’anglais !!), les saloons et hôtels… Cette partie basse de la ville reste de nos jours encore la plus animée avec tous les magasins typiques et plutôt intéressants, ainsi que le terminus du train touristique Durango-Silverton.



Et on a pris des forces au Brown Bear Cafe, le café de l’ours brun. Ici, ambiance chaleureuse, beaucoup de vieilles photos de Silverton… et une collection d’ours !




Si tu visites Silverton un jour, tu pourras admirer les devantures de magasin à l’ancienne dont l’intérieur ne manque pas d’intérêt. Il y a beaucoup d’artisanat (et pas du made in China à longueur d’étalage comme parfois ailleurs).






Tchou-tchou ! Et voilà qu’arrive l’Express de Durango, tout le monde descend !


Grâce au tourisme, Silverton ne finit pas en ville-fantôme comme bien d’autres bourgs. Le train apporte pendant la belle saison sa cargaison de touristes venant de Durango.
Et puis dans un magasin en angle il y a… du patchwork !

Les ventes principales se concentrent sur des poteries, mais la passion de la charmante gérante remplit un coin ensoleillé de la boutique. Nous avons naturellement discuté fort amicalement et Shirlee m’a avoué que son grand rêve est d’aller en France, terre de ses grands-parents… Alors si elle réussit à vivre son rêve, elle viendra aussi du côté de Toulouse !



Cette fois comme tant d’autres fois, le partage des passions ouvre les portes et les cœurs.
Après cette balade touristique, mardi prochain nous allons courir, crinière au vent…
Until later,
Katell
Et quelle que soit l’actualité, les enfants américains se réjouissent de la fête d’Halloween qui aura lieu demain ! Malgré son origine européenne et celtique, elle n’est plus à la mode en France. Rien ne vous empêche cependant de célébrer l’automne avec une petite décoration… Je viens de sortir mes potirons en tissus, un modèle est toujours disponible ici.
























L’Europe est, depuis bien longtemps, bien plus densément peuplée que l’Amérique. Si à l’origine, les forêts recouvraient la plus grande partie des territoires européens, au 11e siècle (à partir de l’An 1000), une conjonction d’événements changea la donne. Le climat connut un épisode très doux, la population s’accrut, une meilleure stabilité politique s’instaurait en même temps induisant la sécurité, le développement de l’agriculture et de l’élevage et donc un besoin de gagner de la terre. Mais un défrichement massif sans discernement fut effectué, les forêts furent souvent brûlées, comme un reset, une mise à zéro, ce qui fait qu’on a peu d’arbres très anciens, les arbres jeunes adultes étant exploités, depuis lors, au fur et à mesure des besoins. A noter qu’après 3 siècles de relative prospérité, le Moyen-Âge se termina avec un fort déclin de la population européenne au 14e siècle avec la Guerre de Cent Ans, la Grande Famine, la Peste noire… La Renaissance ne permit pas aux forêts de se reconstituer : les arbres étaient des produits de consommation de première nécessité, sans parler des constructions navales et autres industries avides d’énergie. On était à la recherche constante de bois de construction ou de chauffage : le petit peuple n’avait le droit que de glaner les branches, les troncs étant réservés aux propriétaires terriens.

























La baie de Seattle appelée le Puget Sound est d’une grande beauté ! Mais les activités intenses polluent, et en particulier celle qu’on oublie souvent : la pollution sonore. Les orques, ces cétacés noir & blanc aux capacités extraordinaires, souffrent beaucoup de tout ce tintouin, eux qui ont l’ouïe ultra-développée et des comportements sociaux subtils. Beaucoup encore vivent l’été au nord de ce bras de mer, à cheval entre le Canada et les USA.
















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Pour mon amie Alice, la rentrée est particulière, sa fille entre justement en maternelle… Alors je connais bien les sentiments de joie, de fierté, d’inquiétude, tout un patchwork de sensations… Est-elle assez autonome ? Va-t-elle vite se faire des amis ? La plupart du temps, cela se passe très bien, même si de part et d’autre quelques larmes peuvent couler…
