Les liens parfois mystérieux de l’inspiration

Ma chère amie Sujata Shah vit à présent en Californie, non loin de San Diego, elle a fort heureusement été épargnée par les incendies de l’automne dernier. Elle vient de terminer un quilt que j’adore, inspiré directement d’un ouvrage du XXe siècle venant d’Alabama, du hameau de Gee’s Bend (voir la petite histoire ici). Quand on tombe amoureuse d’un quilt, on a tellement envie de se l’approprier, mais c’est dur de trouver la bonne idée ! Sujata a utilisé une gamme de couleurs différente et a choisi de faire son quilt aux coutures régulières mais cela reste un véritable hommage à la quilteuse Magdalene Wilson, qui vécut 103 ans !

Le nouveau quilt de Sujata Shah
Le quilt de Magdalene Wilson qui l’a inspirée.

Sujata préfère l’original, mais le sien a beaucoup de peps également !

Dans cet esprit, si vous êtes intéressée par un Quilt Along très souple, juste motivé par l’envie de suivre un exemple de quilteuses de Gee’s Bend ou des anonymes qui quiltèrent les quilts de la collection de Roderick Kiracofe, cela a commencé hier sur le blog de Sujata par ici ! La couverture du livre montrant la collection de Roderick est ci-contre.

Le Quilt Along s’appelle U and U, Unconventional and Unexpected (non conventionnel et inattendu). En toute confidence, j’en ai commencé un l’année dernière, belle coïncidence, le top est fait et je vous le montrerai bientôt… Ce sera un U and U très typique que je pourrai vous montrer plus tard.

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Parfois les liens de l’inspiration sont bien plus mystérieux et improbables. Ainsi deux quilts se répondent au-delà des années et des océans. Voyez plutôt, le thème est le meilleur ami de la femme d’après Marylin Monroe (video ici).

Depuis que j’ai vu le film Blood Diamond j’en suis moins sûre…

Dans ce magazine sorti des oubliettes il y a quelques jours se trouve un diamant…

Voici le Diamant de Nadine Rogeret paru en 1985 :

Et, surprise l’année dernière, quand j’ai vu un des quilts vedettes du QuiltCon 2018, une merveille tout en économie de couleurs et pourtant si lumineux, cousu sur papier : 

Bling de Katherine Jones, de Tasmanie (Australie)

Chaque oeuvre a sa propre brillance et le quilt australien est à couper le souffle, mais je dois dire que j’ai un faible pour celui de la Française, avec ses touches de bleu-glacier et de jaune… Son livre, Ma vie en patchwork, édité en 1991, fut un grand succès, puis elle a disparu du devant de la scène. Aux dernières nouvelles, Nadine vit à présent dans le Sud-Est et se consacre au boutis. Mais peut-être en savez-vous un peu plus ? 

Des Maisons pour Paradise

Vue aérienne d’un quartier résidentiel de Paradise (Californie), jeudi 8 novembre 2018, après le passage du feu. Photo Josh Edelson. AFP

Hier, je terminais mon article par un très beau dessin d’Edith Raymond, trois jolies maisons…

Trois Maisons, Edith Raymond, 2019 (gouache)

…et quelques heures après je lisais l’initiative de Cécile, relayant l’appel des Américaines Debbie et Lori : donner aux quilteuses de Paradise, la ville la plus durement touchée par les incendies de novembre dernier en Californie, un petit témoignage de sympathie, susciter l’envie de s’y remettre… Une goutte d’eau sans doute, près de 14 000 habitations sont détruites, 85 morts sont à déplorer… Debbie était la gérante du Quilt shop de la ville, il sera reconstruit et jouera de nouveau son rôle culturel et social, lieu de rendez-vous et de bien-être…

Il est demandé aux quilteuses qui le souhaitent de faire un bloc avec une maison (dimension : un carré de 10 1/2 inch, soit 26,7 cm faites 27 cm !) et un petit mot à l’encre indélébile, tout simplement. Les blocs seront redistribués à Paradise, nous aurons des nouvelles très probablement à la fin de cette opération de solidarité. 

J’ai déjà vu que plusieurs de mes amies y participent, en particulier Annie qui a déjà fait ses deux maisons :

Kristine de la Ruche a aussi fait les siennes :

Frédérique fait également écho de cette initiative et montre de nombreuses sources d’inspirations, très utiles… Enfin sur Pinterest le choix est immense, Francine Rog a fait un beau tableau de maisons modernes.

Pour tous les détails lisez l’article de Cécile et laissez un commentaire sur son blog pour obtenir son adresse postale, c’est elle qui centralise les blocs pour la France. On peut faire des maisons très simples ou plus sophistiquées, traditionnelles ou modernes… Participons avec notre cœur !

Ce quilt a été fait par le club de Balma, après un stage de la délégation FP31 sur les maisons à la manière de Bernadette Mayr.

Autre sujet, mais toujours dans le partage, notre lectrice Huguette d’Alsace propose d’envoyer son exemplaire ELLE sait faire (voir article précédent) à la première personne qui en fait la demande en commentaire ci-dessous, juste pour le plaisir (voir son commentaire dans l’article précédent). Ce n’est pas plus juste qu’un tirage au sort, mais il faut bien choisir un mode de sélection…

A la (re)découverte d’Edith Raymond

Peut-être la connaissez-vous, peut-être pas… Edith Raymond fut parmi les premières artistes quilteuses modernes de France, nous étonnant avec ses fameux labyrinthes et ses masques déjantés vus si souvent dans les magazines des années 1980-90. Je crois que c’est dans celui-ci que j’ai admiré son audace pour la première fois :

Ce magazine est un trésor, datant de 1985, numéro unique polyvalent traçant notamment l’histoire du patchwork et où l’on titre déjà sur le patchwork moderne.
Le Temps et l’Espace Intérieur, 1982. Ce quilt mesure 1.90 m de côté, ses grands points bien visibles, à l’époque où on ne connaissait pas le sashiko en France, me fascinent.
Recto aussi beau que le verso, labyrinthe violet et noir profond. Edith a un faible pour le noir en couleur à part entière ou en délimitation de couleurs. Elle dessinera ainsi de très nombreux coloriages et dessins pour enfants pour Bayard et Milan.
J’ai souvent lu à mes enfants des BD dessinées par Edith édités dans les magazines Picoti, Toupie, Toboggan, ils ont longuement feuilleté leurs petits livres…

Edith Raymond a une solide formation artistique mais elle a vite, comme vous le voyez, favorisé la simplicité graphique, l’apparente naïveté, la restriction des couleurs. Rarement a-t-elle usé de tissus imprimés, découpant les formes dans les tissus comme dans du papier, équilibrant les forces du clair et de l’obscur tout en jouant… L’âme d’enfant et l’humour ne sont jamais loin !

Le quilt suivant, Le Petit Poucet dans la forêt vosgienne (1992) est particulièrement beau à mes yeux, le bleu et le noir me fascinent, l’économie de formes constituant cette forêt est superbe… et ce quilt est aussi, on le devine aux inscriptions, l’arbre généalogique d’Edith ! Ne lui trouvez-vous pas un air bien amish ?

Plus récemment, Edith lança des expositions collectives remarquées : Des chiffres et des lettres, Ex-voto, La Vache qui Rit sous toutes ses coutures…

Voilà, il était donc grand temps que je rende hommage à cette artiste qui a d’autres facettes (broderie notamment)… J’espère qu’elle ne m’en voudra pas de partager ici sa carte de vœux qui est tellement Elle :

Que ces trois petites maisons nous apportent joie, lumière et couleurs pour cette année 2019. Edith Raymond, gouache, 2019

Et merci pour tous vos témoignages de sympathie pour ce blog ! 

EDIT à 10 heures : Je viens de recevoir un email d’Edith Raymond me remerciant très chaleureusement pour cet article. Elle aurait aimé répondre à tous vos commentaires, mais son ordi ne semble pas être d’accord, alors je vous transmets collectivement sa gratitude.

Petite précision : le labyrinthe photographié dans ELLE sait faire n’est pas violet et noir mais violet et vert, ce qui n’est pas facile à deviner mais le savoir donne encore une autre vision de cette oeuvre !

La nouvelle année en couleurs !

C’est tout d’abord un immense plaisir de vous retrouver pour une nouvelle année pleine de projets ! Même si la fréquentation de nombreux blogs s’essouffle, je reste fidèle à cet outil de communication, c’est celui qui me va le mieux pour rester près de vous. Ecrire ici, et surtout échanger avec confiance et bienveillance, illumine ma vie !

Comme les années précédentes, nous commençons l’année avec les couleurs élues pour nous faire la vie plus belle.

Pantone nous propose une couleur sensée inspirer confiance, évoquer la chaleur des contacts réels et, ajouterai-je, suggérer un brin de féminité : le corail !

Lumineuse et vivifiante, douce et chaleureuse, la couleur Corail vivant sera-t-elle dans vos prochains quilts ?

 

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Chaque année, notre autre attente est la couleur de l’année choisie par Robert Kaufman Fabrics parmi sa gamme de tissus unis Kona Cotton (340 couleurs). Nous espérons toujours que les deux couleurs, Pantone et Kaufman, iront bien ensemble. Cette année, le corail est peut-être un ton trop doux pour supporter sa turbulente concurrente (mais néanmoins amie doit-on dire)…

Mesdames et Messieurs, cette année nous sommes conviés à faire un grand Splash dans l’eau turquoise !

J’adore le turquoise, je l’utilise de plus en plus. J’ai écrit en 2011 sur son affinité avec les gammes orange ici et

Bien sûr Kristine nous a préparé une banderole pour bien commencer cette année :

Que 2019 vous apporte de la joie et beaucoup d’envie de jouer avec les couleurs !

 

Pour une belle table de Noël

Autre coup de cœur de Maïté issu d’un ancien Marie-Claire Idées, cette nappe de noël crée par Christl Exelmans, présentée en décembre 2003 (n° 51) :
Photo Marie-Claire Idées

Après le quilt Douce Nuit et autres décorations faites au fil du temps, il me fallait une grande nappe de Noël pour compléter l’ambiance de Noël à la maison.
Marie-Claire Idées (encore !) proposait un modèle qui  m’emballait par son côté simple, naïf et charmant. Trois ans après sa parution, je me lançai donc tête baissée dans l’appliqué des pans de la nappe !
Surprise désagréable au moment d’installer le couvert et les chaises : on ne voyait plus rien… Seul le tissu de lin rustique était visible sur le plateau de table.
Qu’à cela ne tienne !
Je dessinai le centre de table après avoir mis le couvert, une deuxième danse des rennes et des sapins à faire.
Deuxième contrariété : coudre un renne ou un sapin devient très difficile car il faut tenir dans la main gauche une grosse quantité de ce lourd tissu de lin.
Gros découragement…
Katell me redonna le petit coup d’aiguillon : « je te connais, ce sera long mais tu y arriveras ! »
C’était reparti.
Mais la réalisation de l’ouvrage a traîné sur plusieurs années, car j’avais bien d’autres projets en cours.
Voilà ! Un petit coup de spray anti-taches et la nappe a été étrennée l’an dernier.

Les pans de nappe et le centre de table se répondent : belle décoration de près comme de loin.
Et voilà, la décoration 2018 est prête dans la salle à manger !
Maïté

Les Amies Abeilles de la Ruche des Quilteuses
Vous souhaitent de chaleureuses Fêtes de fin d’année
Et un bon départ dans l’aventure de l’année 2019 !

Photo prise à Alban (81) au bord de la route !

Mais où habite Victor ?

Notre Ruche est illuminée par un nouveau Pine Cone Quilt dans l’esprit de Noël, merci Betty pour cette photo offerte aux lecteurs de la Ruche des Quilteuses, avec son meilleur souvenir !

Maïté, infatigable, nous présente également un bien joli quilt.

Quatre bébés m’ont été annoncés cet été pour les mois qui viennent, dont ce petit Victor, mon premier arrière-petit neveu !
J’ai donc réfléchi à un modèle facile, rapide et réalisable à la machine pour économiser ma main.


De plus, je voulais utiliser mes tissus à motifs enfantins et mes chutes UNIQUEMENT pour le ciel et les murs… et même les bordures, ce qui m’a suggéré ce semblant de log-cabin avec quatre bleus différents.


Et voilà, j’ai fini le patchwork cet après-midi.


Il sera livré demain par l’heureuse arrière-grand-mère, ma sœur Anne-Marie.

Butinez bien,
Maïté

Que diriez-vous d’une visite à Londres ?

Chaque année à partir du 26 décembre, des milliers de Français vont à Londres profiter des soldes : so chic!

Avec la féerie de Noël, peut-être apercevrez-vous Peter Pan à Londres… (voir ici)

Si je pouvais y aller dans les prochains jours, je n’irais pas à Londres pour les soldes mais pour voir la devanture d’un magasin à nul autre pareil :

Oui, un magasin de disques en vinyle, comme dans notre jeunesse ! Ce magasin est plein de 33 Tours mythiques et de réminiscences d’un temps où tout le monde voyait la vie en… rose bleu !

Le grand magicien a encore frappé, c’est bien sûr la nouvelle oeuvre de Ian Berry, un magasin en trompe l’œil en plein dans le quartier qui bouge toujours, Soho.

On voit la boutique par la fenêtre, 24 h sur 24 jusqu’au 20 janvier :

Comme toujours avec Ian, mille et un détails attirent l’attention :

Ah que de souvenirs émus avec certains de ces albums !

Le vernissage avait lieu hier soir et l’exposition dure jusqu’au 20 janvier 2019. Rendez-vous à The Smallest Gallery (La Plus Petite Galerie, la bien nommée !), 62 Dean Street à Londres. Cette galerie veut promouvoir l’Art dans la rue, l’Art gratuit pour tous puisque tout se voit par la vitrine et le concept du magasin de Ian lui va comme un gant.

Congratulations Ian, you are the Best Forever!

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Pour ceux qui hésitent à en croire leurs yeux, oui, tout est fait en denim !

Toutes les photos viennent du site de www.ianberry.org

Douce Nuit, Sainte Nuit…

Les vacances de Noël approchent, mais cette année encore le cœur n’y est pas. La Capitale de Noël a été mortellement touchée. Et pourtant nous devons résister, que l’on soit croyant ou pas c’est une fête traditionnelle de chez nous et surtout la fête des enfants (petits et grands). Alors gardons notre envie de décorer notre maison et répandre les sourires autour de nous, malgré tout.

Nous sommes si nombreuses à avoir aimé les quilts de Jacqueline Morel Elle publia un très beau livre chez Quiltmania mais nous la connaissions depuis des lustres grâce aux quilts publiés dans Marie-Claire Idées (MCI).

Sur un top que je n’ai jamais encore quilté, modèle de Jacqueline Morel, son Petit Monde est à (re)découvrir, édition Quiltmania.

En 2002, Maïté et moi ne nous étions pas encore rencontrées. Pour ma part j’ai admiré ce quilt sur le magazine MCI à sa sortie, en décembre 2002, mais je ne me sentais pas assez bonne en appliqué pour m’y mettre. De son côté, Maïté est entrée en action en 2003, se perfectionnant en appliqué pour pouvoir faire ce style qui lui va comme un gant. Depuis lors, dessin, appliqué et broderie sont des jeux d’enfant pour elle et Maïté crée ses modèles. Il n’est jamais trop tard pour vous le montrer le sien en détails…

Sur les traces du Père Noël, l’original, le très beau quilt de Jacqueline Morel photographié par Christophe Dugied.

Avec minutie Maïté a reproduit ces scènes évocatrices de l’enfance et de la féerie des préparatifs de Noël. Dans sa déjà très grande collection de tissus, majoritairement recyclés de vêtements et de linge de maison, elle a sélectionné tout ce qui pouvait convenir. De son aveu même, elle n’était pas encore assez sûre d’elle pour modifier le modèle à sa guise. Et puis, quand c’est parfait, il ne reste qu’à copier !

Petit Homme pousse une luge qui crisse sur la neige, mais c’est difficile…
Que c’est lourd, un sapin ! On vient juste de le couper dans la forêt.
Dans l’attente de la plus belle nuit de l’année, les enfants ont joué dans la neige et fabriqué un bon gros bonhomme de neige.
Malgré le froid et la nuit qui tombe, on se rend à l’église…
Tiens, un jeune inconnu avec un renne… Que se passe-t-il ?
Ho-ho-ho, mais qui arrive avec un cadeau ?…
C’est la période de l’Avent, pendant laquelle les chorales chantent leurs plus beaux chants au pied du sapin.
Maïté l’a fini à temps, juste avant l’arrivée de sa nombreuse famille… Tiens, le jour de son anniversaire ! L’autre passion de Maïté étant le chant en chorale, on comprend encore mieux son étiquette !
Chaque année, ce quilt sort de sa boîte pour le plus grand plaisir des petits qui grandissent mais aiment se retrouver autour de la décoration raffinée de chez Maïté !
Cette nappe a aussi sa petite histoire que Maïté vous racontera très prochainement.

Reiko Kato à l’Isle-Jourdain rien que pour vous !

Connaissez-vous Reiko Kato, cette charmante quilteuse japonaise qui a souvent exposé à Nantes avec Quiltmania ? Elle a édité plusieurs livres, tous sur sa passion, les petits objets ou quilts en appliqué main. Elle a d’abord donné un coup de jeune à Sunbonnet Sue et Billy dans Les Petites Histoires de Sue et Billy, puis d’autres ouvrages sont apparus, tous des succès : Heartful Quilts, puis Dream Quilts, Garden Quilts, Petites Histoires de Chats, le quilt mystère 2013 de Quiltmania, etc.

Malgré toutes les photos d’explications, rien ne vaut d’apprendre en stage tous les trucs et astuces n’est-ce pas ? C’est cette possibilité que vous offre mon copain David, brodeur et quilteur émérite, mon presque voisin, même si nous ne sommes pas dans le même département, lui dans le Gers et moi en Haute-Garonne… 15 km seulement nous séparent.

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David a rencontré Reiko à maintes reprises à Nantes, mais la dernière fois était dans la boutique de Reiko en avril dernier au Japon, David nous raconte cette rencontre ici.

Voici l’alléchante proposition :

Vous avez tout ou presque sur l’affiche ci-dessus, et surtout l’@dresse email pour vous renseigner et vous inscrire. Il ne manque pas d’hébergements dans le coin, David pourra sûrement vous donner des adresses. D’autre part, un train régional part de la gare de Toulouse directement vers l’Isle-Jourdain plusieurs fois par jour.

Si vous ne savez pas que demander en cadeau de Noël, en voilà une bonne idée !…

Allez voir le blog de David, cela vous donnera une idée de son expertise tout autant que sa gentillesse. Je sais, c’est bizarre parce que le blog est en anglais… La raison est simple, je ne trahirai rien en disant que David est prof d’anglais et qu’il quilte en anglais dans sa tête 🙂 Je vous l’avais également présenté ici.

Cette organisation de stage est faite bénévolement, financièrement au plus juste, pour nous faire profiter de la présence lumineuse de Reiko ! 

Winter, Reiko Kato (détail)

Deux gros pavés bien noirs

Cet automne, malgré des journées enthousiasmantes et de très beaux projets, autour de moi des difficultés de santé ou des accidents de vie ont entamé mon entrain, sans parler de la tristesse ambiante, l’inquiétude face à l’avenir. Alors je me suis réfugiée alternativement dans le patchwork et dans le noir. J’ai déjà écrit sur le noir dans Les Nouvelles n° 130, mais ici c’est d’un autre noir qu’il s’agit, celui qui fait peur et vous déconnecte momentanément de votre quotidien.

Complot de Nicolas Beuglet, éditions XO et Le Signal de Maxime Chattam, éditions Albin Michel

Je suis une lectrice à la marge de ce style littéraire, mais après avoir entendu les auteurs qui faisaient leurs promos à la radio, je me suis laissée embarquer successivement par Nicolas Beuglet en octobre et Maxime Chattam en novembre, deux auteurs français de carrure internationale. Ce ne sont pas leurs premiers livres mais c’était la première fois que je les lisais. Ils ont en commun la maîtrise du suspense qui fait tourner les pages jusqu’au bout de la nuit avec une histoire qui intrigue et des personnages bien campés, mais aussi un fond qui fait toucher du doigt un problème de société ou un secret trop longtemps caché… Ni l’horreur, ni les morts odieuses ne me détournent de ces histoires, chaque auteur jouant avec moi au chat et à la souris au fil des pages.

Chacun de ces livres m’a rappelé un style connu d’autres auteurs. C’est sans doute réducteur, surtout pour Nicolas Beuglet, mais ainsi vous pourrez choisir si vous les connaissez déjà. L’un fait 500 pages, l’autre 740, alors autant ne pas se tromper !

Si vous avez aimé les meilleurs Dan Brown (Le Da Vinci Code et autres succès, le dernier étant Origine) mais surtout les polars nordiques, vous aimerez Complot. Il faut savoir que c’est une suite du livre Le Cri, mais nul besoin de l’avoir lu pour appréhender celui-ci. Eblouie par ce Complot, j’ai lu Le Cri en poche à la suite, également très fort.
Si vous avez aimé Stephen King, peut-être en particulier Dôme (mais pas en série TV, très moyenne), mais aussi le film des Goonies, bande d’ados sympas et courageux, et aussi la récente série de Netflix Stranger Things, vous tomberez dans les nasses de Maxime Chattam.

Au-delà de la distraction apportée par ces deux excellents livres bien rythmés, tous deux font référence à la place de la femme dans l’histoire et dans notre société, et ça dans des polars écrits par des hommes c’est plutôt nouveau. Pour Maxime Chattam, ce sont de petites réflexions sur quelques hommes bien lourdauds qui mériteraient une dénonciation #metoo, mais pour Nicolas Beuglet c’est, sans vouloir rien dévoiler, carrément le thème principal du livre. Le livre terminé, j’y pense encore, invitant le sujet à table, scrutant des indices dans d’autres écrits, vérifiant des assertions sur Google… Complot est pour moi, bien au-delà du divertissement, un livre ambitieux qui continue de me faire réfléchir.

Ne comptez pas sur moi pour dévoiler les intrigues, ne lisez pas non plus les 4e de couverture qui parfois sont trop bavardes… S’il fallait faire un match entre les deux, ma préférence irait sans aucun doute à Complot qui a nécessité des recherches et un état d’esprit éclairé ; ses convictions, étayées par des références historiques bluffantes, sont lancées dans ce polar avec un talent fou. Et pourtant Le Signal tient toutes ses promesses et sa couverture est la plus belle ! Il donne aussi une explication sur les idées virales qui deviennent réalité, ce qui n’est pas sans rappeler l’actualité : les énergies des idées convergentes se propagent sans contrôle…

Les vacances arrivent, octroyez-vous du temps rien que pour vous, égoïstement le nez dans un livre…

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