De l’impro au pays glazik

J’ai déjà évoqué toute mon admiration pour Rayna Gillman, son nouveau livre est déjà devenu une référence.

rayna-houston.jpg
Rayna et son nouveau livre, présenté à Houston en novembre dernier.

L’année dernière, un stage a réuni une dizaine de stagiaires en Bretagne, parmi lesquelles plusieurs lectrices et amies de la Ruche des Quilteuses. Etant donné ce succès, l’offre est réitérée au mois d’août 2018. Une semaine a été vite remplie, donc une seconde est programmée, du 26/08 au 1/09. N’hésitez pas à vous renseigner par ici !

Votre résidence sera le Clos de Lande Vallée, où vit Anne, quilteuse elle-même. Cela se trouve en pays glazik, dans le Sud-Finistère. Grâce au stage de l’année dernière avec Rayna, elle évolue maintenant dans l’improvisation. Elle m’a adressé la photo de son dernier top aux lumières si glazik, cette indéfinissable ambiance celtique aux couleurs changeantes qu’on trouve dans la nature, qui vont par toutes les nuances de bleus et verts, vives ou grisées, éclairées de rayons de soleil… L’inspiration est partout en pays glazik !

verticale.jpg
Bientôt le quilting !

Une croisière et du patchwork : le bonheur !

C’est devenu très banal aux Etats-Unis, cela arrive en Europe : une croisière couplée avec notre activité préférée, des stages de patchwork on bord !

28576675_10212672496900328_4608751362883840036_n.jpg

La plupart des renseignements sont sur l’affiche. Je retiens surtout que les professeurs sont :

Tous les détails de cette croisière (itinéraire, conditions, prix) se trouvent en suivant ce lien : http://www.croisiere-patchwork.croisiland.com/

Exceptionnellement, les commentaires sont fermés, merci de contacter l’agence pour de plus amples renseignements.

Faites de beaux projets !

expo9.jpg
Ours de Cyriaque
expo2.jpg
Quilt de Gabrielle Paquin
expo8.jpg
Quilt de Sheila Frampton-Cooper
expo3.jpg
Pojagi de Maryse Allard

 

Sitges : quilt-expo sous le soleil de la Catalogne

Sitges est une ville balnéaire dont les maires successifs ont eu la bonne idée de préserver le cachet, interdisant rla construction de bâtiments excessivement hauts.

Les plages sont superbes, le climat très doux et le petit village de pêcheurs n’a pas perdu son âme.

J’ai réservé un hôtel tout près de ce merveilleux patio de le rue Angel Vidal, qui existe depuis bien longtemps….

Quelques très belles maisons du XIXe siècle sont celles des Americanos, ces Espagnols partis en Amérique, revenus après avoir fait fortune. Elles diversifient l’architecture, parfois de style néo-classique ou Art Nouveau, et sont les preuves éclatantes de la réussite des enfants du pays !

sitges_3.jpg

Sitges-Ruta-TerramarDSC_0359.jpgC’est aussi à Sitges qu’a longtemps vécu un de mes peintres espagnols préférés, Santiago Rusiñol, né à Barcelone en 1861. Il a fait évoluer la peinture impressionniste et symboliste, montrant la voie au tout jeune Picasso. Son âme de coloriste, sa maîtrise des ombres et des lumières me touchent :

Jardins du Generalife, 1909
Le cloître de Sant Benet de Bages
Jardin en terrasses à Majorque, 1911
 Villa Aldobrandini (Italie)
Vue de Gérone, ville à visiter absolument si vous allez en Catalogne ! Cela n’a presque pas changé…
La rivière Onyar à Gérone (Gerona, Catalogne)
Le Jardin de George Sand, 1905
Ce Patio aux Orangers (1904) est au Musée de Castres
Cour bleue, Arenys de Munt (en Catalogne), 1913
C’est le patio bleu de Sitges peint par Rusinol. 100 après il a subi des modifications, mais il est toujours bleu !

 Les tableaux ci-dessus semblent désertés, paysages, jardins et maisons se suffisent à eux-mêmes… C’est le style Rusiñol ! Je vous rassure, il savait aussi peindre des personnes, la plupart du temps isolées pour mieux les appréhender, cependant son grand ami Ramon Casas est à ce titre meilleur peintre (ses portraits féminins sont splendides !).

Mère en train de coudre, 1892
Maison de prêt sur gages, 1889 (à Paris). On sent le poids de la tristesse sur les épaules de cette femme.

Patio Azul, encore !! 1892

El Señor Bofill en Sitges, 1892. L’histoire de ce portrait et de cette famille est écrite par ici, à la suite de sérieuses recherches et témoignages des descendants.
Portrait d’Utrillo, 1891

Je me retiens d’en ajouter ! J’aime tant ses palettes de couleurs, jamais trop, juste ce qu’il faut… Il y aurait beaucoup à dire sur ce peintre, mais depuis que j’ai découvert ce blog : Coup d’Oeil, je me sens toute petite (blog de Sandrine, également quilteuse) !

Au vu des affiches, le Festival de quilts à Sitges sera formidable ! Et je sais déjà que je retrouverai France Patchwork et les Quilts de Légende à Sitges, pour le reste je me laisse le plaisir de la découverte.

A bientôt !

Southwest Modern : du rêve, des souvenirs, des projets…

Cela fait plusieurs années que je suis attirée par ses beaux quilts modernes, si épurés et toniques à la fois. Je me souviens forcément bien d’elle, nous partageons la même initiale et elle l’utilise en titre de blog : Initial K. Bref, quand j’ai appris que Kristi Schroeder préparait  un livre pour septembre 2017, je m’en suis réjouie et l’ai marqué sur mon agenda ! Il a fallu finalement patienter jusqu’à début janvier pour qu’il paraisse, mais mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas…

Ce livre se lit comme un guide de voyage, les photos sont absolument superbes et font tant de bien au creux de l’hiver, avec les jeux d’ombre et de lumière éblouissante, un vrai dépaysement ! On y trouve même de bonnes adresses, si d’aventure nous passons dans cette région aux grands espaces… Le sous-titre est explicite, on voyage de Marfa au Nouveau-Mexique.

Le Nouveau-Mexique, j’y suis allée il y a quelques décennies, à 19 ans… On est, comme en Arizona ou en Utah, en plein dans les westerns de notre jeunesse. Mon coup de cœur absolu fut pour Santa Fe, j’ai même envisagé m’y installer ! A l’époque un couple de Marseillais y vendaient des croissants au centre de la ville, leur boulangerie de désemplissait pas, preuve qu’avec de l’audace on arrive à tout. Je m’imaginais y donner des cours de français tout en faisant des quilts inspirés des couvertures Navajo… Ma vie prit un autre chemin, mais c’est de ce court séjour que me reste la passion du et de la turquoise — étudiante, je n’avais pas l’argent pour m’offrir des bijoux en pierre turquoise, je me suis rattrapée depuis, tant en bijoux qu’en tissus de cette couleur ! J’aurai peut-être la chance de retourner bientôt à Santa Fe… mais on m’a dit que, 38 ans après, c’était devenu « chic & cher », un peu trop mis en scène, un peu trop commercial, un peu trop ville-musée… Dans son livre, Kristi en retient le meilleur, les turquoises bien sûr (quilt Zia p 92), les merveilleuses couleurs de la terre et des habitations en adobe, les poteries Zuni en noir & blanc…

SandiaQuilt-e.jpg
Sandia Quilt de Kristi Schroeder, en accord avec les habitations traditionnelles
A l’ombre, sur la place du Palais des Gouverneurs, se trouve l’Indian Market avec ses turquoises serties d’argent, des poteries, des couvertures tissées localement, tout un artisanat qui me faisait rêver !

Marfa en revanche ne me disait rien, alors que les photos du livre de Kristi sont sublimes. Marfa est un ex-village fantôme de l’ouest du Texas, à 7 heures de route de Santa Fe plein sud, au milieu du désert caillouteux de Chihuahua. Son histoire est extravagante, à commencer par son nom trouvé dans un roman ; on lit habituellement que c’est d’après un des personnages des Frères Karamazov (un roman de Dostoïevski), à moins que ce ne fut d’après Marfa Strogoff, la mère russe énergique imaginée par Jules Verne… On ne le saura jamais ! Pour faire court, ce lieu désolé est devenu l’antre de Donald Judd, le roi du minimalisme en sculpture, puis celui d’autres artistes modernes de toutes disciplines. Les magazines de décoration intérieure parlent du Marfa Style, un mélange de minimalisme, de post-industriel, de rustique, d’artisanal… En tout cas, pas une once de plastique, les matières premières sont brutes et nobles. Et les cactus rappellent que le désert est ici.

Processed with VSCOcam with k3 preset

Un coin de l’hôtel Cosmico à Marfa : on peut y dormir dans un tipi, une tente barnum ou un trail… Marfa, c’est l’aventure ! Un carrelage turquoise, je n’y aurais jamais pensé…
Au Capri à Marfa, ambiance conviviale pour une cuisine très recherchée ! Ici aussi, du turquoise…
La déco peut être aussi plus chaleureuse, avec du bois et des éléments rustiques… avec une touche de turquoise ! Photo Mark Cunningham
Marfa est vraiment au milieu de nulle part…

Marfa est également connue pour ses lumières mystérieuses que beaucoup expliquent avec leurs certitudes, mais le débat reste ouvert. Distorsion des lumières de phares d’une lointaine autoroute ? Activité extra-terrestre ? Fantômes en balade ? Ces étoiles dansantes continuent de faire parler et ont inspiré également un quilt du livre !
Et c’est à Marfa que fut tourné Giant, l’ultime film de James Dean en 1955…

Un grand film sur le développement du Texas grâce au pétrole, préfigurant la série Dallas, mais montrant aussi le racisme contre les hispaniques, la place de la femme dans les années 1950… A voir ou revoir !
Pendant une pause à Marfa, entre deux prises… Photo attendrissante d’une étoile montante à la vie stoppée net dans un accident de voiture, quelques semaines plus tard.

Kristi Schroeder me fait voyager grâce à son livre ! Elle me fait aussi rêver avec ses quilts, riches de la culture de ces lieux enchanteurs. Ils sont tous en tissus unis, c’est la tendance actuelle et c’est ici pleinement justifié car elle approche ainsi le style des tissages des Indiens (des Native Americans, dans la langue politiquement correcte) avec leur géométrie si reconnaissable. C’est une vraie amoureuse du design et de la couleur tout autant que du voyage, mais elle sait aussi inventer des blocs surprenants ! Les explications sont riches en schémas très bien faits qui vous permettront de suivre facilement les étapes.

Ce livre montre 18 quilts, 18 rêves d’évasion :

 

DaltonQuilt-e.jpg

Migration_Fence1Square.jpg

Et j’aime beaucoup la mise en scène de cette belle artiste qu’on voit plusieurs fois dans le livre. Nous l’apercevons aussi sur cette trop courte vidéo de promotion du livre : video southwest quilts. Quilts et paysages se partagent la vedette !

J’ai eu quelques contacts avec Kristi, elle est aussi sympa que talentueuse !

Vaquero_BlueGrey_BigHouseBar

La B.I.A.T.

C’est la Biennale Internationale d’Art Textile, qu’on connaissait sous l’appellation Quilt en Beaujolais

Un grand rendez-vous ! L’espace commercial vous permettra de découvrir toutes les nouveautés, les expositions d’artistes talentueux vous inspireront et les stages vous permettront d’apprendre de nouvelles techniques… Claude Gilbert et ses amies vous accueilleront également sur le stand France Patchwork.

 

 

Un Pine Cone Quilt exquis

Betty a acquis, vous l’avez lu, un quilt issu de la Grande Dépression, fait de restes d’autres quilts. Aujourd’hui, c’est un quilt qui a eu beaucoup de chance que je vous montre, Betty me l’a signalé et rêverait de l’acquérir !

Il a passé les décennies sans broncher, protégé chez une famille d’antiquaires conscients de sa valeur ! Rendez-vous compte, ce quilt a presque 100 ans, fait pendant les années folles, juste avant la Grande Dépression. Il est remarquable par sa fraîcheur, mais aussi par sa composition : il est fait à l’envers, c’est à dire commencé par les bordures et continué jusqu’au centre.

L’immense variété de tissus le rend encore plus précieux. Le centre est un autre sujet d’émerveillement, oh une rose ! 

il_570xN.1398529092_r91h
Vous pouvez aussi y voir un nénuphar, une pivoine… En tout cas c’est superbe !
On voit bien ici les changements de direction, décidément ce quilt est unique !

Ce merveilleux quilt est en vente à près de 4 000 €,  il est digne d’un musée…

Une petite pause pour les Abeilles… A bientôt !

Le courage des femmes dans la Grande Dépression

La Mère Migrante est LE visage de la Grande Dépression, photo mythique de Dorothea Lange prise en 1936 :

Femme longtemps anonyme dont on ne connaissait que l’âge -32 ans seulement- et qu’on supposait fermière blanche chassée de ses terres devenues incultes en raison de la crise et du dust bowl, sur la route avec ses enfants mourant de faim… Un symbole poignant.

1024px-Dust_Bowl_-_Dallas,_South_Dakota_1936.jpg
Dans les grandes plaines, là où naguère des herbes aux puissantes racines fixaient le sol, les nouveaux Américains labourèrent des milliers d’hectares… Un mauvais alignement des étoiles et voilà la bonne terre soumise à des sécheresses, des vents… La bonne terre s’envole en énormes nuages, le dust bowl, qui tue et met sur la route des milliers de familles qui n’ont plus rien… en pleine récession économique.
Cette peinture de Rebecca Barker (Quiltscapes) rappelle que les Grandes Plaines étaient naturellement plantées d’herbes que broutaient les bisons… Sur ce territoire poussaient quelque 3 000 espèces de plantes qui étaient le garde-manger et le réservoir médicinal des Indiens.

On a longtemps parlé de la puissance de la photo de Migrant Mother, le regard courageux malgré le poids de la misère.  Effectivement, en plein dans la période décrite dans Les Raisins de la Colère de Steinbeck, cette femme souffrait comme des millions de personnes de pauvreté mais elle n’était pas celle qu’on croyait…  Des suppositions erronées font de ce portrait un malentendu que la protagoniste Florence Owens racontera bien plus tard. Pour des détails, voir par exemple cet article en français.

En 1979, Florence Owens entourée de ses filles qu’on voit sur la photo mythique. Elle aura en tout 10 enfants.

Dans tous les Etats-Unis, les 10 ans de Grande Dépression sont restés dans les mémoires comme une vilaine cicatrice mais aussi, rétrospectivement, comme la preuve du pouvoir de résilience et de rebond des Américains. Florence Owens en est malgré tout un bon exemple, avec ses sept enfants à 32 ans, déjà veuve, remariée, soucieuse de l’avenir de ses enfants et surtout de leur présent, c’était une femme courageuse.

Pour survivre on s’inquiète toujours de la nourriture, mais dormir au chaud est une autre nécessité de la vie. Que vous inspire ce quilt ?

image[23].png
Un quilt unique et bizarre…

On n’en connaît pas l’origine mais, avec toutes les précautions d’usage, on peut essayer d’en deviner une bonne partie. Mon amie Betty, devenue collectionneuse de quilts anciens utilisant la technique de la pomme de pin, l’a acheté à une spécialiste chevronnée du Nouveau-Mexique qui en fit une appréciation et estimation. 

Il est certain que ce quilt est du Vieux-Sud américain, d’origine afro-américaine. On peut voir qu’il est fait de morceaux très différents : des portions en pine-cone : trois longues bandes verticales ininterrompues et plusieurs plus petits morceaux constituant une quatrième bande.  Parfois en lignes droites, parfois en courbes, les carrés pliés n’ont pas la même taille. En encadrement sur trois côtés, de larges pièces de tissus ainsi que des string blocks (blocs faits de bandes de tissus cousus) agrandissent ce quilt un peu bancal (12 cm d’écart entre les côtés). Ce qui est en pine-cone n’a pas de molleton, juste un tissu de fond, alors que l’encadrement est molletonné. Le quilt est matelassé de manière lâche, à grands points.

image[3].png
A gauche on voit la partie en bandes, un des blocs les plus populaires de la Grande Dépression : couture rapide, utilisation de toutes les chutes. 
vintage pine cone quilt 011[2].jpg
Les trois bandes de pine-cone ont une certaine unité, car ils étaient faits des tissus recyclés disponibles venant de vêtements et linge de maison : on y voit de la diversité mais des dominantes fortes de ce qu’on avait sous la main dans chaque foyer.
vintage pine cone quilt 023[2].jpg
Cette partie avec beaucoup de rouges est très jolie !

Le dos est constitué principalement de feed sacks, ces sacs ayant contenu des denrées alimentaires. Des coutures d’assemblage ont lâché.

vintage pine cone quilt 018[2].jpg
Cette partie du dos montre un sac de sel  utilisé comme doublure.
vintage pine cone quilt 020[2].jpg
Ce sac contenait du sucre de canne. Quelques taches sont visibles sur le dos.
vintage pine cone quilt 019[2].jpg
Couture entre deux bandes de pine cone
image[19].png
Dos du quilt

Comment rester indifférent devant un tel quilt ? Certes, il ne gagnera aucun concours d’élégance. Mais son examen suggère fortement qu’il est fait de restes d’autres quilts, peut-être de pine cone quilts trop tachés ou usagés pour les garder tels quels, faits des années plus tôt par la mère ou la grand-mère de la quilteuse… Les parties en pine-cone ne sont pas molletonnées, simplement parce qu’elles sont déjà très chaudes, avec les multi-couches de tissus qui emprisonnent l’air ! Ce quilt est pour moi une poignante évocation du courage des femmes de l’époque qui savaient à quel point il fallait se battre pour survivre. 

Enrichie par mes lectures et les témoignages de Betty, je ne peux m’empêcher d’imaginer une mère de nombreux enfants devant, en pleine Grande Dépression, fournir le plus vite possible des couvertures pour sa famille avant l’hiver…

Bien sûr je peux me tromper, comme la photographe, mais ce quilt semble me parler…

Smitty a de bien bonnes idées…

Je vous ai souvent parlé de Betty, ma grande amie de Floride qui, inlassablement, hisse bien haut le patrimoine afro-américain et plus particulièrement les pine-cone quilts. Ces jours-ci elle expose à la Highland Art League en Floride des grands et petits pine cone quilts, des poupées, des vêtements afro-américains du XXe siècle (de Miss Sue)… et un tapis en hook-rug fait par sa maman dans les années 1970 !

Betty a un supporter indéfectible, son mari ! L’année dernière, il a choisi une gamme bien particulière de tissus, des blancs et noirs, avec des pointes de couleurs rouge vif incluses dans un imprimé. Ce très beau quilt a été cousu par Betty, le voici, tout juste terminé le 21 décembre dernier au Solstice d’hiver :

Il y a quelques mois, Betty assemblait patiemment ses petits carrés :

Mais pour le faire, elle avait une aide discrète mais oh combien utile :

Smitty utilise un cutter qui glisse dans le rail de la règle, une technique bien connue des encadreurs pour couper le carton, maintenant proposée aux quilteurs.
En plus d’avoir suggéré les couleurs, Smitty met la main à la pâte… ou plutôt au cutter, quelle bonne idée !

Après le douloureux épisode de la tempête Irma, Betty & Smitty ont pris une décision lourde de conséquence : vendre leur magasin d’antiquités…

Dans son magasin, Betty avait disposé son premier quilt avec des poupées aux longues jambes qu’elle avait faites dans les années 1980.
Vue du magasin, réputé dans la région, avec de beaux éventails au premier plan.

En décembre, il a fallu dire bye-bye aux antiquités, c’est un choix qui néanmoins fait un serrement au cœur… 

camion.jpg
Le camion, qui a tant transporté de meubles et objets pendant 14 ans…

Le magasin vendu, Smitty s’est dit qu’il fallait faire quelque chose de peu commun pour aider à tourner la page, comme… Go & meet Katell, dit-il. Quelle bonne idée encore Smitty, de répondre à mon invitation !! Je suis extrêmement heureuse à l’idée d’accueillir Betty & Smitty en juin prochain ! Je sais que cette rencontre sera inoubliable, Betty est une belle personne que j’admire tant ! Nous visiterons ensemble chaque jour un nouveau coin de l’Occitanie et, qui sait, peut-être pourrons-nous rencontrer des quilteuses au cours de leur semaine de séjour ?

Hi Betty, see you soon!

Prochainement, nous verrons ensemble un quilt antique  acheté par Betty dont on ne connaît pas vraiment l’histoire, mais qui pourtant raconte tant de l’époque de la Grande Dépression… A bientôt !

Évocation d’une vie/Anne

C’est aujourd’hui Caroline qui nous raconte l’histoire d’un quilt qu’elle a rêvé… et que  Kristine a fait !…

Tout est parti de ce quilt de Kristine réalisé l’an passé, découvert lors de mon passage en terre toulousaine en février dernier et pour lequel j’ai eu un véritable coup de foudre visuel, mais aussi pour l’histoire de sa genèse… Là est le véritable point de départ de ma commande spéciale à Kristine.​ il s’agit du quilt « médaillon à la manière de Gwen Marston »​ :

Voir son histoire par ici

J’ai rencontré ​K​ristine il y a plus de 20 ans lors de notre aventure commune de l’association Paris Point de Croix et, depuis cette époque, nous conjuguons nos mains et nos idées pour des petites aventures textiles : ​Kristine est une fée couturière et moi je suis une fée bavarde, un peu brodeuse et qui utilise cet art modeste comme alibi pour immiscer de l’écriture sur le textile!
L’amitié constitue l’autre rouage de cette aventure : j’ai le bonheur de tisser des liens continus avec mes amies d’enfance du Vésinet depuis presque 50 ans et avec mes amies brodeuses parisiennes.
Deux d’entre elles habitant maintenant la région de Toulouse (Anne la graphologue et Kristine la brodeuse), l’occasion s’est vite présentée de les faire se rencontrer et d’imaginer un pont textile entre nous trois !
L’idée de raconter une histoire via un patchwork m’avait tellement emballée qu’en juin 2017, j’apportais à Kristine dans mes bagages une sélection de tissus et autres brimborions textiles pour réaliser non pas un, mais deux quilts en patchwork qui retraceraient à l’aiguille notre amitié !

de tout.jpg
Un ensemble de tissus, rubans, dentelles, broderies, monogrammes, souvenirs à inclure dans la mesure du possible dans le quilt d’amitié pour Anne.

Voici donc le premier volet de ce roman à quatre mains, destiné à Anne…
Les lettres et l’écriture y tiennent une place de choix car elles incarnent au mieux mon amie Anne (monogramme ancien chiné à Toulouse, imprimés textiles, phrases quiltées, enveloppe pour symboliser nos échanges épistolaires, livres…).

Quilt ancien américain rapporté de Boston par Anne.
Superbe, mais certains tissus ont souffert et devront être remplacés, Kristine aura la charge et l’honneur de le rénover.

Ce patchwork s’imposait également car Anne a vécu quelques années à Boston et en a rapporté de nombreux souvenirs (dont un quilt ancien et une merveille de machine à coudre…) et même l’art des cabanes en bois nord-américaines puisqu’Anne et son mari en ont installé une dans leur prairie commingeoise ! Ce patchwork y trouvera certainement son écrin rêvé 🙂

la cabane.jpg
La Cabane d’Anne, futur écrin d’un quilt unique…

Il convenait également d’évoquer la passion du Bleu, de Matisse, des fleurs et des lieux qui ont jalonné son existence, d’où cette pétillante guirlande de fanions que personnellement j’applaudis car elle nous embarque en voyage dans cette caravane de rêves !

quilt AnneD CD-CT-2018
L’écriture, la lecture, les voyages avec l’évocation de la cabane en bois avec un bloc de log cabin sous le bouquet de fleurs, le drapeau américain suggéré, le bonheur des Pyrénées proches, les aventures épistolaires, trois enfants symbolisés par trois oiseaux à la Matisse… Mille et un messages et souvenirs sont cachés dans ce quilt !

quilt AnneD CD-CT-2018.jpg

Bravo encore à Kristine d’avoir traduit le brouillon de mes idées et à très vite pour le second volet de l’aventure…..

Caroline Lecointre Delvert

Je suis fan de ma Marmite Norvégienne !

La Marmite Norvégienne est un principe de cuisson millénaire : on porte à feu vif puis on laisse cuire sans feu ni flamme, simplement en calfeutrant, protégeant, isolant le contenant dans une caisse pleine de foin, dans le lit sous des couvertures, etc. On connaît le principe du thermos qui garde au chaud, ici on utilise l’isolation pour maintenir assez chaud pour poursuivre longtemps la cuisson. La Marmite Norvégienne, ou caisse à cuire, était très populaire au début du 20e Siècle puis de nouveau dans les années 40, mais aussi en continu dans les campagnes.

Publicité parue en 1917 dans Le Pays de France, Etats Généraux du Tourisme
Affiche pendant la Grande Guerre

Maintenant qu’on souhaite réduire sa consommation d’énergie, la Marmite Norvégienne revient à la mode. Elle a une fervente avocate francophone : Mireille Saimpaul, alias Cerise.
Toute l’histoire de la cuisson en MN, liée à l’économie domestique à travers les âges, est racontée d’une façon absolument délectable dans ce livre :

Il est malheureusement épuisé, mais l’auteur est généreuse et nous l’offre en PDF, avec l’espoir d’avoir en retour un commentaire sur son blog ou un don. Bien sûr, cet article va lui être signalé.

Autre livre de Cerise, je viens d’acheter l’avant-dernier exemplaire sur Amazon :

51iW42IYE9L._SX354_BO1,204,203,200_.jpg
Des astuces pour aménager sa cuisine très simplement, en évitant la plupart des appareils électriques… Vers une sobriété heureuse… avec du temps et quelques efforts quand même !  Je ne suis pas prête à me séparer du lave-vaisselle comme Cerise… Je finis de le lire et le passe ensuite à ma fille !

De nombreux bricoleurs font des caisses isolantes, d’autres utilisent des anoraks ou de vieilles couettes pour entourer leur cocotte… Je n’étais pas prête à ça.

Réseau social des Colibris, Faire sa part : cocotte bien protégée par des galettes de chaise dans un sac de courses.
Cuiseur sans flamme à bricoler, avec comme isolant du foin. C’est la pratique la plus populaire chez nos amis anglophones.
Futée, la boîte en carton avec isolant en paille de Nadine

En revanche, ceci m’a attirée :

Mijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des QuilteusesMijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des QuilteusesMijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des QuilteusesMijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des Quilteuses

Mijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des Quilteuses

Ces Marmites Norvégiennes ont été conçues par mon amie Chantal, une Abeille de la Ruche des Quilteuses (voir Bee Chantal). Elles sont belles et parfaitement opérationnelles. Chacune a un socle isolant en liège, un épais matelas isolant en chanvre et une belle housse déhoussable & lavable en coton. Elle appelle joliment sa création une Mijot’in. Avant ma commande, j’ai eu la chance de pouvoir tester si mes cocottes préférées entraient dans sa « petite taille » : oui, sans problème !

Pour utiliser une Mijot’in, il faut avoir une cocotte à couvercle qui rentre dedans !! Ces deux-ci sont parfaites, l’une en inox, l’autre en fonte. Sinon, il faut une casserole à manche amovible… toujours avec un couvercle bien adapté. Chantal propose deux tailles, j’ai la plus petite, la plus grande étant pour les grands faitouts.

Un petit tour dans mon atelier pour chercher le tissu que je voulais (privilège d’être amie avec Chantal !) et je lui commande en décembre ma Mijot’in en tissu Andover de Renee Nanneman, collection French Farmhouse de 2009, dans lequel je n’arrivais pas à couper tellement je l’aimais ! Chantal l’a terminée à temps pour que je la reçoive en cadeau à Noël. La voici sur le quilt fait en octobre dernier pour Les Nouvelles (modèle dans le n° 135) :Mijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des Quilteuses

Mijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des QuilteusesJ’ai commencé timidement à l’utiliser, difficile de prendre de nouvelles habitudes. Mais à présent, un bon mois plus tard, je l’utilise quotidiennement et je suis réellement conquise, la Mijot’in n’a que des qualités comme toute MN bien conçue. Je craignais l’encombrement, mais elle est si belle qu’elle reste bien en vue dans la cuisine 🙂

Les couturières, quilteuses, bricoleuses (mettre aussi bien sûr au masculin) peuvent se créer leur propre Marmite Norvégienne : une fois qu’on a compris le principe, les possibilités sont infinies et les exemples foisonnent sur internet pour s’en faire une sans trop dépenser.  Mille détails dans le blog et le livre de Mireille Saimpaul.
Pour moi l’esthétique compte autant que l’efficacité. Les Mijot’in de Chantal sont de conception, de matières premières et finitions parfaites, cela a un coût que je trouve parfaitement justifié.

Mijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des Quilteuses

Vous pouvez voir les réalisations de Chantal en vente sur son blog et la contacter: voir contact. Elle participe à des expos-ventes autour de Toulouse sous le nom de Couleurs Bobines.

Mijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des Quilteuses
Mijot’in utilisée quotidiennement !  Je pense à Chantal avec gratitude chaque jour…