Afrique : wax en patchwork

Comme tous les mardis, je vous invite à découvrir des souvenirs liés à BeeBook. Si vous avez feuilleté le livre, vous avez vu plusieurs quilts utilisant du wax, ce tissu si commun en Afrique. J’y ai écrit une esquisse des origines de ce tissu. Comme pour les quilteuses, l’intérêt pour le batik africain va croissant chez les stylistes et on trouve de plus en plus d’articles très complets, ici par exemple la chaîne de fabrication de ce tissu bien particulier.

En France, nombreuses sont les personnes ayant eu l’occasion de vivre sur ce continent, quelques mois ou bien plus, et les femmes en rapportent presque toujours des bouts de wax.

Elfie, fille d’Hélène, a vécu plusieurs années au Gabon, notre amie Hélène a donc eu l’occasion d’y aller… En amoureuse des textiles, les wax l’ont séduite et ont fait leur intrusion dans ses créations. Ils sont si colorés et graphiques qu’on n’y résiste pas !

J’aime l’harmonie qui se dégage du quilt représentant l’Afrique aux couleurs des Quatre Éléments (Air, Feu, Terre et Eau). Chaque continent est en tissus disposés en éventail. Voyez-vous où se réunissent les lames d’éventail ? Au Gabon, bien sûr !

On voit bien ici l’alternance de wax (batiks africains) et d’autres tissus. Ce quilt n’est pas dans BeeBook, merci à Hélène Vispé de me permettre de le publier ici ! Les techniques sont semi-traditionnelles : les continents sont d’abord dessinés sur un non-tissé, les tranches cousues à la machine, l’ensemble appliqué à la main. Le quilting est également fait à la main.

Vous pouvez admirer d’autres ouvrages d’Hélène par ici et la retrouver sur Instagram @helenevispe, où elle montre tous ses ouvrages au fil des jours : quelle créativité, toute aussi grande que son cœur ! 

Chantal Bommier a utilisé des wax pour le quilt présenté dans BeeBook, Harmonie en Ébène-Ivoire, vu ici et, de son séjour de 2 ans au milieu des années 80 au Cameroun, elle garde encore de nombreux tissus ! Vous pouvez voir d’autres réalisations par ici.

J’ai eu aussi la chance de vivre en Afrique, à Abidjan, mais c’était quelques années plus tôt, alors que je vivais encore avec mes parents. J’ai récolté moins de souvenirs textiles, mais je crois bien que, prochainement, je ferai moi aussi un quilt en wax…

Andrée Traversaz a créé Bulles africaines et les Moulins de Yaoundé pour BeeBook, vous avez les détails de son héritage de wax dans le livre ! J’ai eu l’idée de faire une séance de photos montrant ces deux quilts avec Noa, la petite-fille d’Andrée. Finalement, la maquette du livre ne se prêtait pas à leur publication, alors je vous montre ici quelques clichés, rien que pour vous ! Noa est si craquante…

Une première photo dans le salon, pour s’entraîner… Sur le canapé, les Moulins de Yaoundé et dans les bras, un toutou africain…
Dans la chambre de ma fille, on a mis sur le lit les Bulles africaines. Que le blanc contraste bien avec le wax ! Et toujours, le petit chien…
Ici nous avons les deux quilts d’Andrée, sa petite-fille toujours aussi souriante… et le toutou !

Je dois vous dire que Noa semble bien calme ici, mais c’est une demoiselle virevoltante, très amusante, qui n’hésite pas, lors de nos repas entre amies, à nous faire un pas de danse ou nous chanter tout son répertoire ! Elle rêve d’ailleurs, comme tant de filles nées avec The Voice, Nouvelle Star et autres émissions, de devenir Star !

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Noa, tu es déjà notre Star

Dès les premières versions de BeeBook, j’avais inclus les explications de ce petit chien avec lequel on peut tellement faire plaisir !

Jusqu’à l’avant-dernière version de BeeBook, il y avait ce petit chien dans le livre, et à chaque fois on me disait gentiment, mais avec une certaine insistance : oh mais tu crois vraiment qu’il a sa place dans ton livre ? On le connaît depuis les années 70, cela fait déjà-vu, même si en batik il a de l’allure…

Alors j’ai écouté mes amies bonnes conseillères et je ne le regrette pas, car cela aurait pris la place d’autre chose… Petit toutou en batik trouve donc sa place ici en fiche à votre disposition, Nos Toutous !

Enfin, ne manquez pas l’appel de Francine qui demande à toutes celles qui ont des chutes de wax de faire des carrés de 20 cm (+ marges) pour une oeuvre caritative, je peux vous donner son adresse par email à la demande en commentaire ci-dessous.

À mardi prochain pour d’autres petites histoires autour de BeeBook !

Que sont nos maisons devenues ?

Paradise et ses maisons détruites, cela nous a bien émues. On ne peut pas réagir à tous les drames du monde, mais quand une action est déjà bien organisée, c’est plus aisé d’apporter son petit soutien. Cécile dirigeait l’action en France, pour que nous puissions facilement agir. Les ruisseaux font de belles rivières… C’était tellement facile que 448 blocs sont arrivés de France. Cocorico! 

Mail art de Katedine, parfait pour cette journée !

Je voulais le faire, Cécile l’a fait : réunir les photos de tops déjà faits ! Allez donc voir l’article de Cécile avec de nombreuses photos ; allez-vous reconnaître votre home ?

Un grand MERCI à tous les participants !
Un quilt qui dit Merci, c’est sympa !  Kit disponible par ici (Atelier des Cœurs)

Promenade de Belcastel à Castelnau 😉

Une journée en Occitanie comme j’aime : jeudi dernier, nous avons avalé les kilomètres en faisant une grande boucle, revisité quelques-uns de nos lieux favoris… Voici quelques impressions, en pêle-mêle.

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L’Aveyron (12) est connu en tant que département rural, immense, à la gastronomie simple et goûteuse – ah l’aligot, les farçous verts, le gâteau à la broche et le roquefort avec la salade, pour ne citer que quelques mets végétariens !… Deux monuments récents font parler d’eux également : le viaduc de Millau, miracle d’élégance et d’intégration dans le paysage, et le musée Soulages à Rodez, miracle culturel, le noir éclairant désormais la ville. Ce musée était le but principal de notre journée.

J’avoue osciller entre l’admiration et les doutes sur l’ordre des choses dans l’art contemporain. Ce musée est parfait pour s’interroger sur le concept de l’art abstrait : ce qui est intellectuellement intéressant, ce qui émeut… et ce qui sonne creux ! Ces artistes de l’art abstrait sont néanmoins des caractères complexes et intéressants à découvrir.

On reconnaît la majestueuse cathédrale en grès rosé à des kilomètres, alors que le musée, en acier Corten, se fait discret de loin… mais pas de près, suscitant d’incessantes discussions sur le choix du matériau. L’accord est pourtant bluffant avec certaines peintures de Soulages, en noir et brou de noix…
Deux exemples de tableaux en noir brou de noix de Soulages, en parfait accord avec le bâtiment !

Je voulais y retourner pour m’imprégner de nouveau de l’outrenoir de Soulages, mais surtout de l’outremer d’Yves Klein (exposition temporaire), deux monomaniaques de LEUR couleur, l’un qui célébrera ses 100 ans à Noël, l’autre mort si jeune en 1962, à 34 ans.

Des cris bleus, exposition jusqu’en novembre 2019 à Rodez.

Le parcours d’Yves Klein est intrigant comme une étoile filante. Champion de judo, obnubilé par les Quatre Éléments (Eau, Air, Feu, Terre), mystique au point d’avoir conçu sa vision de la Sainte-Trinité dédiée à Sainte Rita (les causes désespérées…) : un artiste bien complexe qui nous frustre d’être parti si tôt. 

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Ex-voto pour Sainte Rita de Cascia par Yves Klein. Rose pour l’Esprit saint, Bleu pour le Fils et Or pour le Père. Une trinité inspirante !
Ce bleu unique, le bleu Klein, outremer outrepassé par de nouveaux solvants et une nouvelle résine de synthèse, a sans doute ruiné sa santé et causé la crise cardiaque qui l’emporta si jeune. La matière de l’oeuvre ci-dessus est constituée d’éponges naturelles.

Yves Klein apparaît en filigrane dans une histoire étrange, poétique et palpitante, que j’ai lue en début d’année grâce à ma sœur Véronique : Siècle Bleu de Jean-Pierre Goux. Si vous souhaitez découvrir à la fois les restes de l’expérience Biosphère 2, un retour sur la Lune, la beauté chez le peuple Navajo, une énergie du futur, les mensonges d’état, une pensée écologique éclairée (thème majeur) et mille autres sujets passionnants, ce roman en 2 volumes (édition La Mer Salée) est pour vous :

Siècle Bleu m’a fait passer des jours bleus et des nuits blanches !

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Le même jour, nous avions fait un grand saut dans le temps, en flânant au marché de Villefranche-de-Rouergue : très beau, très bio, très chaleureux, un de mes marchés préférés, qui me donne des sensations de siècles remontés. Bastide aux rues se coupant à angle droit, ville nouvelle du Moyen-Âge, Ville Franche s’affranchissant des obligations féodales, riche de maisons style Renaissance et d’une place carrée aux puissantes réminiscences de siècles de commerce : je m’y sens bien, comme si les pierres restituaient l’impression de jours heureux et d’opulence. Le marché ici, c’est tous les jeudis matin ! Nous y allons au moins une fois par an.

Nous avons déjeuné entre Villefranche et Rodez, toujours au bord de l’Aveyron, à Belcastel. Un village enchanteur, moi qui cherche inlassablement des signes dans les vieilles pierres. Attention, il a fortement été rénové, mais il garde tout de même son esprit. Nous mangions en terrasse, face au village, quand je me suis soudain rendu compte que les racines d’un des quilts faits pour BeeBook étaient précisément ici ! Pendant sa création, j’avais bien l’idée d’un village grimpant vers le ciel, comme tant d’autres dans la vallée de l’Aveyron (Penne dans le Tarn, Bruniquel dans le Tarn-et-Garonne et bien d’autres) mais ici la ressemblance m’a saisie, tout comme la proximité des noms, Belcastel et Castelnau ! Il a fallu y revenir pour que je me rende compte de l’inspiration précise…

A gauche, un superbe vieux pont qu’on ne voit pas bien 😦 et en face, le village qui grimpe à l’assaut de la colline ; la balade est courte mais fort agréable ! C’est au restaurant du Vieux Pont que Cyril Lignac, natif de Rodez, élève du lycée hôtelier de Villefranche-de-Rouergue, fit son BP de cuisine pendant 2 ans (1998-2000) ; l’enfant du pays a fait son chemin depuis !
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Castelnau, mon village rêvé, aux maisons de guingois dans la verdure, où chaque maison est habitée par des amis parmi lesquels de nombreuses quilteuses ! Photo très moyenne avec mon phone, mais vous en avez de meilleures dans BeeBook 🙂

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Fin de journée à Albi-la-Belle (81), promenade au bord du Tarn, en admirant les dentelles de buis heureusement sauvés des ravages de la pyrale.

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Je viens de lire un livre de Christine Machureau (romancière découverte grâce à Cécile D.), l’Hérétique, Tourmente Cathare (les Éditions du 38*), qui se passe en grande partie au sud d’Albi. On s’attache vite à une jeune fille en plein dans la croisade albigeoise, quand l’Église catholique multiplie les massacres contre des gens qui ont l’audace de vouloir vivre une foi proche des premiers Chrétiens… C’est très bien écrit et documenté, une parfaite lecture estivale !

*Cette maison d’édition se trouve en pleine région cathare et pays de cocagne, à Villefranche-de-Lauragais (31), autre Ville Franche héritée du Moyen-âge. J’aime les coïncidences !

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Le quilting en spirale

La Cause des Femmes – Merci Barbara était l’occasion de faire en grand ce que j’avais juste expérimenté naguère en essai :
le quilting en spirale !

Lors de la préparation de BeeBook, j’avais longuement parlé de ce quilting avec Chantal qui avait finalisé son quilt de cette manière. Chantal, très perfectionniste, a dessiné sa spirale avec une rigueur toute mathématique, marquant diagonales et médianes pour s’éloigner du centre de 0,5 cm à chaque cran (1/8e de tour). Oh la la, je croyais que c’était simple !

J’aime beaucoup cette photo du quilt de Chantal, l’ombre du quilt fait écho aux ombres des carrés ! Harmonie Ébène-Ivoire est un des modèles expliqués dans mon livre.

A vrai dire, Chantal avait d’abord fait une spirale à 8 cm d’écart d’un rang sur l’autre, puis en a créé une deuxième pour ne plus avoir qu’un écart de 4 cm, pour plus d’harmonie. J’ai bien compris le principe de sa construction, cela m’a bien aidée par la suite, même si j’ai suivi un autre chemin en spirale, expliqué en fin d’article.

Ensuite Nicole, qui a tant travaillé pour BeeBook, m’avait préparé plusieurs formes de spirales en prévision d’une fiche technique dans BeeBook… en cas de place.
Laquelle veux-tu, la spirale de Galilée, de Fermat, la logarithmique, celle d’Archimède ?…

 

EUH…. En abordant la construction de la spirale, j’ai compris la beauté de cette forme, au-delà des apparences. Encore une fois les mathématiques, ça peut être merveilleux ! Que de perspectives, que d’exemples dans la nature… J’ai envisagé un instant de faire le quilting en forme de triskell, mais pour une première fois c’était trop ambitieux !

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La nature montre mille exemples de spirales. N’est-elle pas un mouvement fondamental de la vie, inscrit dans la structure de l’univers, à commencer par notre ADN ? La double hélice  est en effet une double spirale en 3D… Et depuis toujours, les hommes s’en inspirent dans l’art :

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A Newgrange en Irlande, pierre gravée de triskells 3 200 ans avant JC (Wikipedia)
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Crosse d’évêque de Guérin, 12e siècle
Chef d’oeuvre de Van Gogh, La Nuit Étoilée, 1889. Vous pouvez voir ici ma collection personnelle de Van Gogh (!!!) et ma relation avec la couleur jaune…

Le labyrinthe est souvent en forme de spirale, mais on part en général de l’extérieur pour se diriger (se concentrer ?) vers le centre.

Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres.

Butinage : Pour Chantal, Nicole et toutes les autres qui s’intéressent aux femmes scientifiques dans l’ombre des hommes, je vais encore signaler une femme, Rosalind Franklin, sans qui James Watson, Francis Crick et Maurice Wilkins n’auraient peut-être pas réussi à découvrir la fameuse structure en double hélice de l’ADN… et n’auraient pas eu le Prix Nobel de 1962. Le travail déterminant de la scientifique a cependant été allègrement escamoté par les hommes… Pour cette histoire, on peut lire la biographie de Brenda Maddox :

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Revenons à la spirale, motif de quilting. C’est bien la spirale d’Archimède qui convient, avec un écart constant. Si on prépare bien son sandwich, ensuite on n’a pas de raison d’avoir de mauvaise surprise. D’abord, il faut choisir le centre de la spirale, son point de départ. Il n’est pas obligatoirement au centre du quilt. Pour moi, il est un peu décalé, j’ai profité du cercle appliqué au centre d’un des blocs.

J’ai choisi le centre de cette étoile comme point de départ de la spirale de quilting.

Je vous conseille de dessiner le tout début de la spirale. D’abord il faut comprendre « comment ça marche », ensuite on y va avec le sourire !

La grande décision est de savoir si vous ferez une spirale très serrée ou plus lâche. Sur plusieurs blogs américains, j’ai lu que celles qui avaient pris un écartement d’1 cm environ (ou largeur d’un grand pied de biche) « ne voyaient pas » le quilting avancer, mais le résultat est superbe.

Le post de Heather de Winding Bobbins m’a bien aidée !
Une spirale rend vraiment bien sur un quilt moderne ! Ici Autumn Wind de Jessica Skultety, sur son blog Quilty Habit.
Sparkle illustre un autre tutoriel, à voir sur ce blog Elm Street Quilts

J’ai décidé de faire plus large, j’ai choisi l’écartement de la valeur d’une bobine de fil Aurifil, c’est ce que j’avais sous la main. Cela donne environ 3,2 cm, bien pour un travail confortable.

Comment faire un quilting en spirale ?

Après une minutieuse mise en sandwich, je prépare ma machine. Je procède d’abord au grand nettoyage intérieur, au changement d’aiguille aussi. Même s’il existe de super-aiguilles, je me contente des sharp 80. Et le truc simple pour garder l’écart souhaité, c’est cette petite tige qu’on peut placer à gauche ou à droite. Ici, c’est à gauche pour la spirale, écart environ 3,2 cm puisque je prépare le début de mon dessin avec ma bobine d’Aurifil 🙂

La Pfaff a un double entraînement intégré (certaines Janome aussi je crois), pour les autres marques il faut adapter un pied.

Ce verre mesure 2 fois le diamètre de la bobine, donc c’est idéal pour commencer à dessiner la spirale qui va naître en bas du rond central du bloc. Ici je vais dessiner le demi-cercle de bas en haut vers la gauche.

Je continue de marquer des repères au feutre effaçable à l’aide de la bobine, pour bien entamer la spirale.

En route pour le premier point en bas du rond ! Pour avoir la plus grande partie du quilt vers la gauche tout au long du quilting, je mets mon centre à gauche de l’aiguille. Je fais sortir manuellement le fil de canette pour qu’il n’y ait pas de bazar dessous, je tiens les 2 fils en arrière et je commence le piquage très lentement, aiguille enfoncée programmée, en corrigeant la trajectoire tous les deux, puis trois, puis quatre points. Plus la spirale s’agrandira, plus ce sera fluide.

Quand j’arrive à la fin du premier tour de spirale, je n’ai plus de marquage, j’abaisse la tige qui se positionne sur la couture précédente. Tournicoti-tournicoton, continuons jusqu’au bout du quilt !

Il est relativement fastidieux de tourner tout le quilt sans arrêt, mais on s’y fait. Je n’ai pas trouvé ce quilting difficile, même si mon sandwich trop peu densément préparé m’a causé quelques plis derrière… mais chut, ne le dites pas !!

Une fois qu’on arrive au bord sur le milieu des côtés, on quilte les quatre angles en courbes, de la même manière, en écho des lignes précédentes.

Et voilà !

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Il n’y a jamais une seule bonne façon de faire, d’autres préféreront quilter une spirale en piqué libre, ou avec d’autres astuces. N’hésitez pas à expérimenter !

Pour plus de précisions sur le quilting machine, consultez les dossiers de Chantal Baquin, spécialiste de ce domaine, dans Les Nouvelles n° 140 & 141. 

spirale philo
Photo du quilt : The Quilting Company, quilt de Catherine Redford

 

Merci Barbara !

Barbara Brackman est citée bien des fois dans BeeBook, j’ai tant appris d’elle !
Barbara, your BeeBook has just been sent, please be patient!

En février 2015, je vous racontais pourquoi j’aimais Barbara Brackman, et j’avouais en fin d’article ne pas avoir terminé un Quilt Along commencé en 2012, QAL proposé sur le thème des Droits des Femmes (Grandmother’s Choice).

Bee Kristine l’avait fait en même temps que moi… mais l’avait vite fini, elle  !!!
Sa belle étiquette est entourée de lisières de tissus qu’elle avait achetés en Pennsylvanie, exprès pour ce sampler.

Près de 400 personnes étaient inscrites sur notre groupe Flickr, la plupart l’ont sans doute terminé. C’était une bouffée de joie à chaque découverte de blocs faits par les copines ! Voici quelques quilts Grandmother’s Choice finis qui sortent du rendu traditionnel avec des tissus repros :

Cheryl de Caroline du Nord a excellé à la fois dans le montage et le quilting machine !
Kathie d’Australie a monté les blocs bleus autour d’un médaillon
Grandmother’s Choice Sampler de Georgann Eglinski, 36 blocs sélectionnés, quilt fait pour une vente aux enchères en faveur des femmes malades. Intemporelle combinaison de couleurs…

Pendant une année, Barbara nous avait fourni de nombreux documents sur les actions des suffragettes et autres féministes, tout en nous donnant un bloc par semaine à faire. J’ai adoré lire ses articles mais je n’ai pas tenu le rythme de la confection des blocs, dommage… En revanche, j’aimais trop mes blocs déjà faits pour les laisser inutilisés !

La préparation de mon livre a été l’étincelle pour me faire terminer le quilt. Non, je n’ai pas fait les blocs manquants, j’ai biaisé le problème en complétant le top par des broderies afghanes achetées sur un stand de l’association Guldusi, créée par Pascale Goldenberg. Les couleurs allaient bien ensemble… et le thème de l’entraide de femme à femme reste central.

Le coton de fond des broderies était d’un joli vert, mais je n’en ai rien gardé. Aucune broderie n’a exactement le même encadrement pour arriver à la bonne dimension des blocs (20 cm).

Du coton blanc de chez le grand Suédois (3 € le mètre…) m’a servi de tissu de fond. J’ai tâtonné pour assembler l’ensemble à vrai dire, par exemple j’ai fait les lettres piécées pour écrire La Cause des Femmes (méthode de Tonya Ricucci) en me demandant si cela atterrirait devant ou au dos du quilt. Finalement, j’aimais bien le top comme ceci :

J’avais commencé à monter les blocs dans l’ordre du QAL… J’ai défait partiellement pour mieux les répartir. Ce sampler comporte des tissus de diverses provenances : des + ou – japonais, certains authentiques offerts par mon amie Marie-Claude Tsuruya, des tissus de Dear Stella, d’Amy Butler, quelques « repros », des tissus recyclés de chemises et robes etc. S’ajoutent quelques tissus de Neelam autour des broderies afghanes. Globalement, je recherchais des tissus esthétiquement d’ailleurs avec une gamme de couleurs bien particulière.

Restait le quilting… Que faire ? Je souhaitais ardemment mettre ce quilt en illustration de mon livre ! J’ai failli faire appel à une professionnelle de la long-arm, car nous étions en février et j’avais bien d’autres choses à faire pour BeeBook… J’aurais aimé passer des heures dessus, quiltant au coton perlé, mais j’avais de nombreux autres en-cours urgents et c’était donc hors de question.

Finalement j’ai opté pour l’expérimentation : faire  moi-même un quilting, en essayant une spirale à la machine à coudre, sujet que je pourrais mettre dans le livre en cas de pages à remplir au dernier moment. Ne cherchez pas, vous ne trouverez pas les explications dans BeeBook, mais ici même la semaine prochaine !

Le Patchwork vient-il d’Alsace ?

J’aime beaucoup l’Alsace et surtout les Alsaciennes avec qui je me sens si bien ! Cependant, je vais jeter un pavé dans la mare aux idées reçues, qui concerne leur territoire. Mais les quilteuses de la région ne seront pas étonnées de ce qui suit !

La semaine dernière sur le forum France Patchwork, un sujet intéressant est lancé par Véronique Badin : y a-t-il des spécificités françaises actuellement dans le patchwork ?

La conversation se dirige vite vers les origines de l’art du patchwork. A ma stupéfaction, plusieurs personnes sont persuadées que le patchwork est né à Sainte-Marie-aux-Mines (Alsace) et qu’il a été exporté en Amérique par les Amish. Il faut dire que le Carrefour Européen du Patchwork avait, à ses origines, habilement communiqué sur le berceau des Amish… et entretenu une sorte de confusion, puisque chaque année, on peut y admirer des quilts amish. Si le mouvement Amish a bien été créé à SMM et les Amish y ont bien vécu avant leur départ vers l’Amérique, ils n’avaient pas alors de quilts avec eux…

Jamais cette théorie n’a été admise ni publiée. Les Amish ont, en masse, émigré avec toutes leurs affaires, dûment répertoriées, et ils n’avaient aucun quilt, mais des sacs de plume, à la manière allemande. C’était au début du 18e siècle, puis une autre vague au moment de la Révolution Française.

Ce n’est pas avant 1870, soit plus de 150 ans après leurs premières migrations, que les Amish se sont inspirés des English, comme ils nomment les autres Américains d’origine européenne, pour assembler leurs étoffes de laines teintes et créer le style de patchwork qu’on leur connaît bien. Leur inspiration première viendrait d’ailleurs en partie de quilts d’origine galloise, vus en Pennsylvanie, d’après plusieurs recherches sérieuses.

J’aime beaucoup les quilts gallois et amish. Y a-t-il une relation entre eux ou une simple coïncidence esthétique ?  Plusieurs livres ici photographiés ensemble abordent plus ou moins directement ce sujet… puis celui-ci acheté plus tard, traite principalement cette hypothèse :

La casseuse de rêves, c’est moi, mais la réalité est tout aussi belle, même si elle ôte l’illusion d’une origine française/alsacienne exclusive de notre art qui vient de la nuit des temps…

Je rappelle la citation de Barbara Brackman écrite dans BeeBook, sur les origines du patchwork américain :

 

Début d’été

Hier, grâce à l’invitation de Monique Philippe et la délégation 33-47, j’ai rencontré de nombreuses quilteuses du Sud-Ouest ! Dans le Lot-et-Garonne, vous étiez très nombreuses à avoir bravé la chaleur pour découvrir avec moi la petite histoire des quilts afro-américains et en particulier les pine cone quilts et leur égérie Betty, mais aussi un top Ralli et la belle histoire des quilts de l’île Caohagan. Avec eux, nous avons voyagé vers de lointaines contrées… aussi chaudes que le Sud-Ouest en ce moment ! Suivez les liens en orange, vous retrouverez leurs histoires…

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Pour nous rafraîchir, c’est bien le moment de montrer ce quilt tout juste terminé par Yvette Roux, du club de Cebazat (63) :

La Danse des Vagues, Yvette Roux

Ce quilt est inspiré d’un quilt de Bee Kristine, édité dans Les Nouvelles n° 133 (été 2017). Mais je crois bien ne pas me tromper si je dis qu’Yvette ne se serait pas lancée sans le stage qu’elle a suivi avec moi à l’automne dernier. Quelle réussite ! Un grand bravo tout particulièrement pour le quilting, bien dense et différent selon les zones du top. 

Les explications des coutures de courbes se trouvent aussi dans BeeBook, mais effectivement une petite démonstration en direct aide à franchir le pas 🙂 Osez faire des essais !

Avant les vacances, le magasin Quilt & Patch m’a conviée à une rencontre avec les quilteuses de Toulouse et des environs, pour une séance de dédicaces de BeeBook :

Mardi 2 juillet 2019 de 13 h 30 à 16 h
Magasin Quilt & Patch
87 avenue de Fronton 31200 Toulouse
05 62 14 13 07
Le vide-atelier continue à Quilt & Patch !

Vous pouvez venir avec votre exemplaire BeeBook, ou bien l’acheter sur place. Je serai ravie de répondre à vos questions et parler de notre passion commune ! Les personnes qui ont commandé leur livre et souhaitaient le retirer au magasin peuvent y passer à leur convenance.

Je reçois beaucoup de questions concernant l’achat du livre. Si vous n’êtes pas de la région toulousaine et ne pouvez pas aller au magasin Quilt & Patch, voici les autres possibilités :

Le livre est en vente dans les Salons et manifestations nationales France Patchwork (Festival du Lin, SMM, salons régionaux) ainsi que dans les JA où je serai présente, au prix de 29,50 €. Il sera également disponible par envoi postal sous enveloppe à bulles (+ 7,30 € France métropolitaine, soit 36,80 €). Vous pouvez faire votre commande, accompagnée d’un chèque à l’ordre de France Patchwork, à l’adresse suivante :

France Patchwork – BeeBook, B. P. 10, 27310 St-Ouen-de-Thouberville.

Pour les quilteuses habitant hors de France métropolitaine, écrivez-moi à quilteuseforever(arobase)orange.fr, je vous enverrai les directives avec l’IBAN pour faire un virement bancaire. Merci !

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Merci à toutes celles qui écrivent à propos de leur découverte de BeeBook, la liste évolutive des articles se trouve ici en fin de cette page.

La Ruche des Quilteuses continuera une bonne partie de l’été, avec les rendez-vous du mardi avec les petites histoires de BeeBook, et parfois d’autres nouvelles.

A la plage ou ailleurs, profitons de l’été !

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Tom at the Roosevelt, Ian Berry

 

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Connaissez-vous les RUBieS ?

Au moment où le football féminin semble devenir une discipline très populaire, je découvre, grâce à la fille d’une amie Abeille, une association sportive qui promeut un sport réputé masculin pour des femmes ayant été atteintes d’un cancer : le rugby. Il est bien reconnu que pratiquer du sport est une prévention contre les cancers et favorise les rémissions.

Rugby Union Bien-être Santé, autrement dit les RUBieS, disputent des matches de rugby à V (5). Ce rugby est aménagé pour éviter les blessures : il est sans choc et sans placage, le terrain est 2 fois plus petit et les règles sont simplifiées. Ainsi reste le pur plaisir d’un sport en équipe. Ce nouveau sport a été développé par la Fédération Française du Rugby.

A Toulouse et ailleurs, les RUBieS montrent leur courage en s’appropriant de nouveau leur corps.

Ce samedi aura lieu le Salon des RUBieS au Parc des Argoulets (adresse sur l’affiche) pour promouvoir leurs actions et récolter de l’argent. L’entrée est gratuite et ouverte à tous. Ce Salon a vu le jour grâce à la bonne idée d’une patiente.

Cécile B. me précise que le match de gala est avancé à 14 h, pour bénéficier de la venue de plusieurs anciens joueurs professionnels. Espérons que la journée sera chaude dans les cœurs, mais pas trop sur le terrain…

Lors de cette journée, des tickets de tombola seront en vente et Danielle B. a motivé les Abeilles pour fournir des lots, car Cécile, sa fille, est très impliquée dans cette association. L’un dormait dans une armoire, l’autre a été créé pour cette tombola.

Nous souhaitons une très belle journée à tous les participants !

 

 

 

Hotel California en denim

L’été, les vacances… et la mythique chanson des Eagles Hotel California (cliquez pour avoir le son !)... Inoubliable, dans nos oreilles depuis 1977 !

Je n’étais pas la seule à avoir cet album… 32 millions vendus ! Un son qui marqua notre génération et bien au-delà…

Cet hôtel fantasmé de la pochette, avec son clocheton, est à Beverly Hills, un ***** huppé qui cache une toute autre histoire. La chanson, qui nous semble si romantique, relate les addictions à l’alcool ou les drogues qui rendent prisonnier, qu’on ne peut quitter. Dans cet album, les Eagles, qui avaient intensément vécu tous les excès, veulent justement s’en sortir… La sublime chanson reste un symbole du côté noir de ces années d’hédonisme.

Pour chasser ces idées noires, que diriez-vous d’un plongeon dans une piscine toute bleue ?

The Roosevelt (hôtel sur Hollywood Boulevard, à Los Angeles) – Ian Berry – 90 x 122 cm – 2019

Quand je dis bleu, c’est bleu denim ! Et si Tom se baignait dedans ?

Tom at the Roosevelt – Ian Berry – 122 x 81,5 cm – 2018

Et que font les reflets de la lumière dans l’eau ?

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Détail du tableau précédent : Ian n’utilise QUE du denim, ses ciseaux, de la colle… et son incroyable talent !
My Head grew Heavy and my Sight grew Dim – Ian Berry – 180 x 90 cm – 2019

Ah tout ce bleu doit vous procurer une bienfaisante fraîcheur, par ces temps caniculaires !

I had to stop for the Night – Ian Berry – 61 x 22 cm – 2019
Such a Lovely Place – Ian Berry – 63 x 122 cm – 2019

Bien sûr, vous avez reconnu le style inimitable de Ian Berry ! Ses derniers tableaux font l’objet d’une grande exposition en solo à Londres à partir du 1er juillet. En téléchargeant les photos, j’ai remarqué que la plupart de ses tableaux ont des titres extraits des paroles de la chanson Hotel California des Eagles… Quelle idée géniale ! Moi qui ai appris l’anglais en suivant les paroles écrites de mes chansons préférées (d’abord avec les Beatles, puis avec tant d’autres, les Eagles inclus…), les phrases sont restées, indélébiles…

Cette exposition est plus solaire, bien dans l’esprit californien si positif, yeah !
Ce style te va si bien Ian,
this style suits U so well Ian!!

 

Merveilleuse interprétation de la pochette de l’album des Eagles…

Si vous avez la chance d’aller à Londres ce mois-ci, surtout ne manquez pas de plonger dans l’esprit californien avec notre ami Ian ! L’expo est jusqu’au 28 juillet à CATTO GALLERY 100 Heath Street London, NW3 1DP, ouvert tous les jours (voir ici). Déjà plusieurs tableaux sont vendus ! Ils ne restent jamais longtemps sa propriété, ses œuvres se vendent presque comme des petits pains…

Any Time of Year, You can find it Here ! Ian Berry – 80 x 31 cm – 2019

Voulez-vous aider Ian à gagner un concours d’opinion ? C’est, dans le monde de l’industrie du blue jean, du commerce et de la filière du coton au recyclage, la première fois qu’il est distingué ainsi dans les finalistes des personnes les plus visionnaires et influentes ! Il faut voter pour cinq catégories (stylistes, fabricants, revendeurs, etc.), vous votez pour qui vous voulez (au hasard si vous ne savez pas, comme moi😉)  jusqu’à la dernière catégorie des influenceurs où là,vous votez pour le 3e nom : Ian Berry ! Chacun ne peut voter qu’une seule fois, Ian a besoin des votes de ses fans !

Suivez ce lien : Rivet 50 et merci de lui témoigner ainsi votre admiration !

Sa sœur Fiona, qui écrit des poésies, nous incite à ce vote avec tant de délicatesse :

Mon frère, Ian Berry, est un jeune homme talentueux. Ses œuvres d’art ressemblent à de la peinture, mais approchez-vous et vous verrez la réalité, ce sont des tas de pièces de denim. Il est sélectionné pour une récompense qu’il mérite de gagner, alors s’il vous plaît, donnez-lui votre vote et rendez-le heureux !

 

Votez et faites voter ! Quelques centaines de voix françaises feront la différence ! http://www.rivet50.com

 

… des coquelicots !

Tout le monde ou presque a entendu parler de « Nous voulons des coquelicots », association qui milite pour l’arrêt rapide de tous les pesticides, pour entendre de nouveau les oiseaux chanter, pour que la terre redevienne vivante. Leur emblème ne pouvait pas être mieux choisi, il fait le succès de leur communication ! Cette année, dans les talus, les coquelicots fleurissent et personne ne songe plus à les faucher. Les choses changent, il est temps !

Je n’arrive pas à trouver l’auteur de cette sublime photo…

Pour Cécile Milhau, sa passion du coquelicot ne date pas d’hier, ni même de l’année dernière. Depuis « toujours », elle en fait fleurir sur ses quilts. J’ai choisi d’en publier l’un d’eux dans BeeBook car, lorsque nous avions exposé ce quilt au Salon des Tendances Créatives de Toulouse en 2015, on nous a demandé mille fois son modèle…

Le quilt en haut à gauche fait toujours parler de lui !  J’ai descendu dans mon Jardin, de Cécile Milhau.
Le beau quilt de Cécile, sur le muret d’un château dans le Gers.

Vous en avez les explications principales dans BeeBook, mais j’y promets des photos de détails ici sur le blog pour mieux préparer votre bordure fleurie. C’est vrai que, même si on ne fait pas pareil, bien voir les variantes des fleurs de Cécile ne peut qu’aider à s’en inspirer !

Un coquelicot est appliqué, souvent il est fait d’un seul tissu. L’application se fait avec rentré, à la main, ou bien thermocollé à cru, d’autant plus qu’il est cerné d’un point de grébiche (point de feston espacé). Pour le centre, inspirez-vous de cette photo de détail : une roue au centre, des points de nœud et quelques points de tige rendent la fleur très raffinée.
Parfois, un pavot est composé de plusieurs tissus de couleurs différentes. La tige est faite en point d’épi allongé, ou tout autre point qui vous convient.

Bien sûr, ce modèle, comme les autres, est fait pour être le départ de votre propre création, modifiez-le autant que vous voudrez !

Mardi prochain, nous évoquerons Barbara Brackman.