The Secret Garden

En ce début d’année je vous invite à une promenade dans le Jardin Secret d’une romancière et d’un grand artiste contemporain.

Première édition d’un livre important de la littérature enfantine, The Secret Garden de Frances Burnett, 1911.

Pour les Britanniques, The Secret Garden est avant tout un célèbre roman pour enfants écrit au début du XXe siècle, ancré dans la mémoire collective. Il était une fois une fillette non désirée qui n’a jamais appris à sourire ni à aimer… Ses parents disparus, elle découvre la propriété de son oncle et trouve une clé ouvrant  un jardin entouré de murs. Cette clé ouvrira aussi son cœur…

Avec l’amitié d’un jeune garçon qui sait parler aux animaux, avec le plaisir de prendre soin du jardin secret, la petite fille revêche s’épanouit, s’embellit…

La jeune Mary découvre l’amour inconditionnel qui peut exister entre des humains et des animaux.

C’est une belle histoire sur l’enchantement de la vie réelle, l’apprentissage de l’indépendance, le pouvoir d’un simple sourire, la force de la patience et de l’endurance dans l’apprentissage, la beauté de la nature… Toute une éducation pleine de bon sens et de sensibilité imaginée par Frances Burnett qui écrivit aussi Le Petit Lord Fountleroy, peut-être plus connu en France.

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Entrons à présent dans le Jardin Secret de mon artiste textile préféré…

Quand Ian Berry se vit confier un lieu d’exposition dans le Musée des Arts pour les enfants à New-York (Manhattan), ce qui ne se refuse pas quand on est comme lui si attentif à l’éducation, il fit spontanément le lien avec le roman initiatique et imagina, pour plaire aux enfants — et à leurs parents — un Secret Garden qui aurait troqué sa couleur chlorophylle pour le bleu divin du denim.

Jardin d’Eden en Denim ! Photo Lucinda Grange

Ce Jardin Secret est conçu pour se promener par un petit chemin, un escalier, et s’immerger dans la nature recréée.

Dans une fenêtre-hublot, l’éducation prend le pas sur l’émerveillement : les enfants peuvent voir une branche de coton et le texte les invite à se rendre compte que les pantalons en jean proviennent de cette plante. Joyeux jeu de mots bien à propos pour les amuser : from plants to pants… and then again to plants. Oui, cette expo montre des plantes faites de pantalons faits de plantes, la boucle est bouclée ! Photo Lucinda Grange

Mais le délai entre la décision et l’exposition était diablement court ; le 31 octobre dernier, alors que Halloween battait son plein, Ian cherchait des aides efficaces pour tenir le pari… Ce sont donc des volontaires de plusieurs pays qui ont permis cette exposition parmi lesquels Patricia Cathala, bien connue dans notre région pour sa Fête du Fil à Labastide-Rouairoux à la mi-août. 

En novembre Patricia a donc mobilisé sa famille, ses amis et le secours populaire local pour trouver des blue jeans usagés puis a travaillé jour et nuit pour fournir deux douzaines de cactus divers et des feuilles armurées ! 

Grâce à elle et d’autres amis tout aussi actifs, le Jardin Secret a pu ouvrir ses portes le 13 décembre dernier, alors qu’à une semaine d’intervalle la célèbre laverie de Ian était montée à Miami en Floride. Je le sais depuis longtemps, quel que soit son talent, un artiste qui réussit est une personne qui travaille beaucoup…

Pour mieux convenir aux locaux de Miami, Ian a construit une façade – en denim bien sûr – cela ajoute beaucoup de réalisme à la laverie. A l’intérieur, un grand drapeau des USA en denim complète la personnalisation de cette mise en scène. Photo Antonio Palou

Pour les milliers de feuilles qui tombent en cascade, Ian a eu besoin d’une aide plus technique, la coupe au laser de la société italienne Tonello. C’est impressionnant. Allez le voir sur son site par ici !

Ce jardin gagne en mystère avec ces enchevêtrements de plantes… Hormis la couleur, elles sont réalistes et on peut reconnaître les roses grimpantes et les glycines au milieu d’autres lianes. La coupe au laser était indispensable pour ces milliers de feuilles. Photo Lucinda Grange

En montant ce jardin, Ian a pensé à Alice au Pays des Merveilles – autre monument de la littérature britannique enfantine – avec une vision enchantée de la nature, un côté magique et quasi-mystique qu’on doit bien ressentir quand on emprunte ce chemin…

Est-ce un jardin à l’anglaise, où les jardiniers maîtrisent les plantes pour donner un air de nature sauvage ? Ne serait-ce pas plutôt une cité abandonnée des hommes où la nature reprend ses droits avec vigueur ? Le Secret Garden est un jardin fait pour rêver et inventer sa propre histoire… Photo Lucinda Grange
Est-ce le lapin d’Alice qui est toujours en retard ? Photo Lucinda Grange
Chaque détail est un enchantement ! Photo Lucinda Grange
Au premier plan, les cactus de notre amie Patricia Cathala côtoient des fleurs printanières et des feuilles luxuriantes. Les enfants ont le droit de s’approcher, de toucher, tout en apprenant à respecter la composition et le travail des artistes.

A la lumière de sa propre histoire, Ian veut livrer un message important aux enfants : oui l’art peut être l’occupation de sa vie si on sent que c’est sa destinée ! Même si le chemin est semé d’embûches et le travail acharné, il faut avoir confiance en son étoile.

Cette ode à la nature en pleine mégalopole veut rappeler aux enfants la beauté de la nature, la joie de jouer dehors avec trois fois rien, le plaisir d’observer les détails d’une feuille ou le vol d’un papillon… The Secret Garden de Ian Berry rejoint en tous points le message du livre The Secret Garden de Frances Burnett !

Cette superbe exposition se trouve au Children’s Museum of Arts, 103 Charlton St. NYC  jusqu’en avril prochain. Juste avant la fin de l’expo, Ian y animera des ateliers avec les enfants.

Ian Berry remplit son agenda avec évidemment des surprises pour 2018 !

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Paniers et cœurs en chocolat

Bonjour à vous, heureuse de vous retrouver après cette petite pause !

A son habitude Kristine a préparé une bannière pour vous souhaiter une belle nouvelle année, cette fois-ci en douceur et rondeur, avec un clin d’œil à la couleur Pantone de l’année qui est le violet.  

Après 819 articles et 15 229 commentaires, je dois changer mon adresse de blog qui est en fin de capacité ; cela devrait être transparent pour les abonnés car je reste chez WordPress. De https://quilteuseforever.wordpress.com, l’adresse de ce blog devient plus courte :

http://quilteuseforever.com


Le blog reste le même, nous allons cette année encore butiner ensemble dans le monde des quilts !



Si déjà vous avez des fourmis dans les doigts, Cécile et Béa vous invitent à un tout nouveau Quilt Along (chacune travaille sur le même thème et partage ses avancées sur blog ou groupe Facebook). C’est le panier sous toutes ses formes qui vous occupera ces deux prochains mois, avec 16 blocs ou plus à réaliser. Il n’est pas trop tard pour vous inscrire ! Voir la page FB ici ou l’annonce sur le blog de Cécile par là.

Des exemples pour vous faire envie :

La beauté intemporelle des petits paniers alignés chez France Aubert
Paniers des années 1890 (ebay)
Gift Basket quilt, modèle d’Edyta Sitar
De joyeux et originaux paniers faits d’après un modèle de Freddy Moran  par LeeAnn de Nifty Quilts

Manquez-vous d’inspiration ? Faites de petites recherches sur Pinterest par exemple, vous aurez alors l’embarras du choix !

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En avez-vous bien profité pendant ces fêtes ? Je veux parler de ce petit rien au goût divin, ce luxe à la portée de tous, ce souvenir d’enfance, le chocolat

La tablette de chocolat, encore inconnue en Asie il y a peu, fait son entrée fracassante dans leurs nouvelles habitudes alimentaires. Comment pourrait-on les en blâmer ? C’est une saveur addictive ! Malheureusement les conséquences sont désastreuses à moyen terme puisque plusieurs pays parmi lesquels la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, massacrent leurs forêts primaires pour produire toujours plus de cacaoyères. Et le drame ne s’arrête pas là, des centaines de milliers d’enfants-esclaves étant encore utilisés pour les tâches les plus ingrates… Quand on y pense, le chocolat devient bien amer.
Il est loin le temps où l’on offrait avec cérémonie un unique carré de chocolat aux enfants quand ils avaient été sages… Qu’il était bon, ce carré !! Là encore, il faudrait revenir à une heureuse sobriété.

Heureux chocolat, qui après avoir couru le monde, à travers le sourire des femmes, trouve la mort dans un baiser savoureux et fondant de leur bouche.
 Jean Anthelme Brillat-Savarin (1755- 1826)

Chocolat, c’est aussi une belle couleur brune. Il y a déjà presque 10 ans, Hélène Vispé avait imaginé un bel exercice dans son club, en vue du premier lot de tombola de leur club de patchwork de Villeneuve-de-Rivière (tout près de Saint-Gaudens, au sud de la Haute-Garonne).

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Les premiers blocs furent faits par les quatre Amies du Vent du Sud, alors que la tempête faisait rage dehors… Souvenirs indélébiles ! Le jeu était de faire des blocs, tous différents, avec les couleurs gourmandes crème et chocolat, sur le thème du cœur.
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Le voici en cours de montage, avec la participation de plusieurs amies. Chaque bloc est superbe.
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Tel que je l’ai admiré pendant l’exposition… Il a fait sensation, cerise sur le gâteau à la fin d’une des plus belles expositions du département !
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                                         … Cliquez sur la photo pour en admirer les détails ! …

C’est avec ces cœurs quiltés que je vous souhaite une année 2018 pleine d’amour et d’amitié !

L’enchantement d’une fin de délégation

Ne croyez pas que c’est parce que je quitte la délégation France Patchwork 31 que je suis enchantée !! Ce furent six années très denses, très riches en rencontres, en amitiés devenues fidèles, en confidences… Je ne quitte pas cette fonction sans un pincement de cœur, mais je suis également consciente que c’est bien de laisser la place pour que le ronronnement ne s’installe pas et que d’autres idées émergent – et la succession est au top !

Photo DDM, E. Vaksmann.   A côté de moi, Brigitte Gaston, ancienne Présidente du club de patchwork de Balma, prendra en charge la délégation FP31 à partir du 1er janvier 2018. Voir les détails sur cette montagne de coeurs par ici.  

L’enchantement vient de la grande vague d’émotions et de témoignages de sympathie qui font si chaud au cœur ! J’ai encore à vous montrer deux cadeaux faits en commun, organisés par mes amies de la délégation.

Découverte d’un quilt fait pour moi par de nombreuses amies !

J’ai toujours aimé les scrap quilts, c’est l’essence même du patchwork pour moi. J’aime le foisonnement des tissus différents qui s’harmonisent comme par magie tous ensemble. Les amies du département 31, mais aussi 09, 12, 32, 81 et 82 ont suivi les consignes (un bloc en forme de crazy avec du bleu et du blanc, puis n’importe quelle couleur) et j’ai donc hérité d’un merveilleux quilt de 109 blocs et… 1 035 tissus différents ! Il réchauffe mes soirées, un livre -ou un bon verre de vin !!- à la main et j’y découvre chaque soir de jolis détails 🙂 Le dos est également artistiquement fait, un quilt moderne tel que j’aime. Encore merci à chaque participante à toutes celles qui ont organisé, assemblé, quilté ce très beau quilt !

Le dos du scrap quilt montré par Brigitte-de-Dubaï et Karine : superbement moderne !
Découverte de La Ruche des Quilteuses, livre textile de toute beauté. 

Et puis j’ai reçu un livre textile, souvenir des JA et des stages proposés tout au long des six années de délégation. Chaque thème est évoqué page après page. Il est parfaitement réalisé (évidemment, mes copines Abeilles sont si talentueuses !!) et il rappelle tant de jalons des six années de délégation ! Il s’appelle simplement La Ruche des Quilteuses, comme ce blog, car c’est l’identité de notre groupe. Pour partager cette oeuvre d’art avec vous, Kristine a fait une vidéo et les fidèles adhérentes FP31 reconnaîtront les thèmes évoqués : https://youtu.be/2b-k6Jhn6O8

Feuilletez ce livre, page après page, par ici !
Mon amie Emilie de Neelam ne manquait pas à la fête. Elle et Damien sont jusqu’à fin janvier en Inde, pour choisir les tissus qu’ils nous proposeront tout au long de 2018.
Un K, initiale de Katell, en tissu de chez Neelam : quelle belle personnalisation pour un cadeau inestimable… Merci Brigitte pour ton active implication !

La cerise sur le gâteau, une cerise grosse comme une pastèque, est une grosse enveloppe textile pleine de mots doux… et d’une collecte pour m’offrir un rêve : un voyage dédié au patchwork aux Etats-Unis !

Je ne pourrai jamais assez vous remercier toutes, sachez que vous « participerez » à ce voyage avec les articles que je ferai au retour… Les préparatifs d’un beau voyage étant une joie en soi, je partirai en 2019. Ma décision n’est pas encore arrêtée, mais le voyage se fera pour l’un des événements majeurs : l’exposition de la Modern Quilt Guild en février, ou le Festival de Paducah au printemps, ou le festival de Sisters en juillet, ou encore Houston en novembre… Tout me plaît ! Quelle chance j’ai  de pouvoir m’offrir, grâce à vous, ce voyage de rêve consacré à ma passion de toujours !

La carte de Danielle symbolise bien les USA, On the Road again…

C’est avec des étoiles pleins les yeux que je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année, avec la meilleure santé du monde et les proches que vous aimez autour de vous…

Cette Pluie d’Etoiles, créée par Chantal Levreau et publiée dans les Nouvelles n° 123 & 124, a été réalisée par Josette de Wintzenheim (68). Une bien belle manière de clore cette année, merci pour le partage !

A l’année prochaine !
Katell, Quilteuse Forever

 

La couronne de Maïté

Si vous étiez à la Journée de l’Amitié France Patchwork à Balma le 17 novembre dernier, vous avez sûrement vu notre amie Maïté déguisée… en sapin de Noël :

Sa couronne en patchwork a fait sensation, beaucoup lui ont demandé les explications.
Edit de l’après-midi : C’est un modèle de Marie-Clémence Duguet paru dans Florilège de Patchwork, volume de Noël qui est le tome 2 sur 5 parus, édition l’Inédite. Merci à toutes celles qui m’ont renseignée et Marie-Clémence en particulier !

La couronne est identique recto-verso.

Voici les gabarits à redessiner d’après les cotes de ce dessin, ou à agrandir pour avoir les droites qui mesurent 4 cm afin d’obtenir une couronne de la même taille que Maïté  :

Cliquez sur la photo pour agrandir.
Le gabarit où figure l’angle 110° est ici en tissu blanc, à couper 24 fois (les pointes de la couronne) et l’autre gabarit est alternativement coupé en rouge et vert, 12 de chaque. Ajouter les marges de couture. Maïté l’a cousue « à l’américaine » mais vous pouvez aussi la faire « à l’anglaise », méthode où l’on bâtit chaque pièce sur un gabarit (comme pour les hexagones). A l’américaine : assembler les pièces formant le recto, puis le verso de la couronne, en laissant ouverte une seule couture entre un rouge et un vert. Ensuite assembler l’extérieur de la couronne endroit contre endroit (les pointes blanches) en faisant coïncider les deux ouvertures et finir par l’assemblage de l’intérieur de la couronne toujours endroit contre endroit ; retourner par l’ouverture, bourrer de ouatine par l’ouverture et fermer à points glissés.
Une bien jolie couronne !

En bonus, Maïté nous ouvre sa porte, les décorations sont prêtes pour la venue des nombreux petits-enfants et une chaleureuse fête familiale !

Les lutins sont de retour !
Les sabots sont déjà au pied du sapin…
Sur le mur, le si beau quilt créé par la regrettée Jacqueline Morel, paru dans Marie-Claire Idées.

Merci Maïté  pour ce partage !

Dala

DALA, ces quatre lettres symbolisent la Suède ! C’est ainsi qu’on appelle le cheval de bois coloré et peint artisanalement au cœur de la Suède, qu’on voit souvent en décoration de Noël version scandinave.

Illustration Aina Stenberg-MasOlle (1885-1975). God Jul signifie Joyeux Noël !

Pendant des siècles les bûcherons suédois profitèrent de l’inactivité hivernale pour travailler à l’intérieur et sculpter notamment des jouets.

Le cheval de trait étant l’animal le plus précieux pour les transports des choses et des personnes, pour la traction dans les champs, ils fabriquaient des chevaux simplifiés en bois brut. La peinture rouge traditionnelle des maisons servait aussi pour les jouets… Le petit cheval de la région de Dalarna (Dalécarlie en français) était né ! Au XIXe siècle on l’ornait déjà de pointillés et d’arabesques pour le rendre plus mignon, on en voit deux sur cette peinture du peintre Carl Larsson :

En voici un, artistiquement peint par un enfant selon le modèle devenu classique :

Dans la région de Dalarna, ce cheval est la star locale :

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Les Dala se déclinent en bois, en biscuit, en tissu, en fil… La simplicité de la forme est typique d’une philosophie du juste ce qu’il faut typiquement suédois, qui nous arrive en déferlante cette année sous le nom de Lagom (voir quelques livres par ici).

traditional-dala-red-situ

Bienvenue !
Superbe quilt de Yoko Saito qui apprécie particulièrement la Suède. Lagom et esthétique  japonaise ont de nombreux points communs !
Des tissus Kaffe Fassett pour un beau bloc, cheval appliqué.

urban threads

En couture sur papier, on peut le faire grâce à un modèle de Juliana par ici. Il peut se transformer en beau coussin.

http://jednoiglec.blogspot.fr/2014/12/christmas-blocks-16.html
Dresden Lane Designs
Voici celui-ci, superbe, fait par Laetitia Sirop 2 Citrouille.
Adorable panneau de Mamifleur !

Kristine , dans une autre vie, créait des grilles de point de croix. Elle vous offre ce modèle :

A consommer sans modération ! Faites des ouvrages Dala de toutes sortes, adressez-moi les photos à quilteuseforever (arobase) orange (point) fr, je les publierai pendant l’Avent 2018 !

Dalalement Vôtre,
Katell 

La couleur de l’année 2018

Nous avons passé une année sous le signe du vert, l’avez-vous vu ? Nous en parlions en tout début d’année. Pour ma part, j’ai apprécié les photos mettant en scène cette couleur dans les magazines de décoration intérieure.

Pantone vient de dévoiler LA couleur de l’année 2018. C’est une couleur profonde, mystérieuse, spirituelle, que l’on peut aussi détester. Moi je suis ravie que la couleur Pantone de l’année 2018 soit :

Son nom, ultra-violet, ne plaira pas aux scientifiques car les rayons ultraviolets sont invisibles pour nos yeux, mais l’idée est là, le violet profond sera à la mode ! Je rappelle que Pantone a créé cet événement à des fins événementielles et commerciales, mais comme cela touche ce que j’aime, les couleurs, j’y suis sensible sur le moment !

Je n’ai pas attendu 2018 pour avoir de nombreux objets violets car j’adore cette couleur. De plus, la plus timide des fleurs, la violette, est un emblème de Toulouse, ma ville de naissance et de cœur  :

Les deux années se suivent harmonieusement : la Nature ne se trompe pas, le violet va si bien avec le vert.

Des timbres-poste de collection

En France, nous n’aurons peut-être jamais des timbres-poste montrant des quilts, comme il en existe aux Etats-Unis où ils font partie du patrimoine. Je vous en avais montré une collection entière sur les quilts de Gee’s Bend, le hameau où les femmes font, depuis des décennies, des quilts sans règle ni règle (je m’explique : sans norme ni réglet).

Il y en eut aussi pour des quilts Amish :

L’Etoile de Bethléem ou l’Etoile Solitaire fait aussi un très beau timbre :

Mais aussi parfois, un seul bloc inspire une série de timbres comme ici :

Il y en a sûrement plein d’autres ! Mais tous sont faits de papier…

J’ai eu une superbe surprise d’Hélène qui m’a offert des timbres de collection français d’une finesse inédite, nécessairement des timbres à tirage très limité puisqu’ils sont faits… en dentelle réelle, pas juste une photo ! Je n’en croyais pas mes yeux ! Les voici, pour notre plaisir à toutes :

Naturellement c’est bien plus beau « en vrai » ! C’est faire un bel hommage à notre patrimoine en fil… et c’est pour moi un beau souvenir de ma chère Hélène, si proche du groupe des Abeilles de la Ruche des Quilteuses ! Seuls quelques kilomètres nous empêchent de nous voir plus souvent… Elle et ses amies, Mireille, Yolande et Nelly, forment les Filles du Vent du Sud, un formidable groupe dynamique et si sympa au sud de la Haute-Garonne, autour de Saint-Gaudens.

Pour revoir quelques quilts d’Hélène, voir ici… et aussi sur Instagram où ses photos ont beaucoup de succès !

Un quilt codé pour délivrer un beau message d’amitié…

C’est une bien longue histoire que le Underground Railroad, ce réseau de chemins de terre qu’empruntaient clandestinement des esclaves fuyant leur condition et voulant se réfugier dans le Nord non-esclavagiste, si possible au Canada. C’était un chemin d’espoir, de liberté qui hélas devenait bien souvent un chemin de souffrances et de déceptions. Ils étaient pourtant bien aidés par des personnes de bonne volonté, principalement Quakers, ces protestants tellement évolués, libres dans leur tête et leur vie et qui étaient les principaux Abolitionnistes. Pour ce Chemin de Fer souterrain fictif on avait un vocabulaire rappelant le réseau ferré avec ses gares (les lieux sûrs) et les chefs de gare qui aidaient sur le chemin. Le Underground Railroad eut cours durant des décennies, jusqu’à la Guerre de Sécession (1861-65). 

51Z7g5QzZdL._SX210_Cette année, un roman prend une place considérable dans le rappel de cette époque d’esclavage (qu’on aimerait tant être uniquement un drame du passé). Il s’appelle simplement Underground Railroad. Ce roman a raflé plusieurs Prix littéraires prestigieux, grâce à son écriture visuelle et son héroïne tellement touchante. L’originalité est que l’auteur New-yorkais imagine un VRAI chemin de fer souterrain pour passer plusieurs endroits difficiles… Ce roman risque fort de transformer l’imaginaire américain et cette fiction deviendra peut-être, pour beaucoup, une réalité du passé !

Connaissez-vous les quilts codés ?

A la fin des années 1990, les magazines de quilting, puis les actualités généralistes, et enfin des livres d’Histoire du niveau Collège racontaient que des quilts mis dehors, comme s’ils étaient aérés sur le fil d’étendage, cachaient des messages codés pour aider les fugitifs à passer les obstacles. Beaucoup veulent encore y croire même si les plus sérieuses historiennes, comme Barbara AC003677lBrackman ou Christiane Billard en France, sont d’accord pour assurer qu’il n’y a absolument aucune trace de quilt, aucun écrit et surtout que c’était irréaliste, ne serait-ce que parce que certains blocs n’existaient pas encore, mais aussi parce qu’il aurait été bien difficile de faire circuler les infos sur la signification des blocs sans attirer l’attention… Franchement, cette histoire a été crue car elle est très belle et correspond aussi à l’imaginaire américain, on aurait aimé qu’elle fût vraie ! Cette belle histoire, racontée par une femme soutenant qu’elle la tenait de tradition orale de sa famille sur plusieurs générations, provient bien plus probablement de souvenirs de livres d’enfants des années 1980 et en particulier le très mignon Sweet Clara and the Freedom Quilt.

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Un quilt d’apparence normale, un nine-patch, cache des informations cartographiques pour préparer le voyage des fugitifs. Sweet Clara est un très joli livre et on a envie de croire que cette idée a bien existé…

61-IHxC+OML._SX258_BO1,204,203,200_Au début des années 2000 d’innombrables quilts ont été faits d’après un livre d’Eleanor Burns et Sue Bouchard, un manuel pour réaliser un Sampler donnant les clés des codes. Il raconte la rencontre avec Ozella Williams sur un marché, heureuse d’avoir l’oreille attentive d’une femme quilteuse historienne. L’histoire fait rêver certes, mais il est clairement écrit d’une manière que je dirais légère, pour être gentille. Cet immense succès de librairie manque cruellement de justifications historiques. Il n’en reste pas moins que le sampler est très harmonieux et c’est l’occasion de raconter la jolie fable des quilts codés. Mais l’exploitation de cette histoire donnée alors pour vraie par des spécialistes du patchwork traditionnel me laisse un goût amer. C’est un grand succès de librairie, certes. Il suffisait de dire que c’était un jeu, une fable ou un mythe, et tout allait bien !

Exposition dans une bibliothèque en Oklahoma : l’histoire des quilts codés est instruite comme une certitude historique (voir ici)

De cette histoire controversée est née une très belle idée chez Denyse Saint-Arroman : à partir des noms si riches et variés des blocs de patchwork, pourrait-on délivrer un message codé ? Oh que cette possibilité est excitante ! Denyse a préparé ce projet, l’a soumis à son groupe de quilteuses parmi lesquelles deux vraies débutantes.
Le grand bonheur, c’est que j’en suis la très heureuse destinataire !

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Superbe Sampler traditionnel quilté à la main. Les couleurs sont harmonieuses, les bleus sont réchauffés par quelques touches vives.

La dominante bleue, c’est pour me faire plaisir car ce n’est pas la couleur favorite de Denyse 😉 Bravo à chacune (surtout les débutantes !) pour ces beaux blocs qui cachent donc un message qui me fait un plaisir fou… et un peu rougir, à chaque fois que je le lis :

Cette Journée de l’Amitié (Friendship Star) marque la fin de notre route ensemble (End of the Road). Notre groupe de couturières (Sewing Circle) s’est réuni pour te dire au revoir (Good Cheer).
Nous sommes tristes de te perdre (Bleeding Heart). Avec l’aide de tes abeilles (Honey Bee) tu as été la meilleure déléguée qu’on pouvait souhaiter (Best of All) et nous ne t’oublierons jamais (Forget me Not).
Tu as fait de ton mieux pour resserrer les liens d’amitié (Links of Friendship) entre les membres de France Patchwork et tu as encouragé avec impartialité (Fair Play) toutes les quilteuses. Nous t’offrons donc ce bouquet (Friendship Bouquet) pour te remercier de tout ce que tu as fait pour nous. Nous te prenons dans nos bras (Hug Block) pour t’embrasser très affectueusement (Kiss Block) et nous te souhaitons chance (Lucky Clover) et prospérité (Prosperity) dans tes activités à venir.

Les blocs du sampler sont dans l’ordre de ce beau message et entre parenthèses vous avez les noms des blocs. Mais n’oublions pas que plusieurs blocs peuvent avoir le même nom, et inversement un bloc pouvait être nommé de maintes façons ! C’était la liberté des quilteuses d’antan…

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Mille mercis à chacune et surtout à toi Denyse, ce quilt est plein de douceur et d’ondes positives, il m’enchante chaque jour !

Lire et garder un souvenir de Florence

Toujours à Balma le 17 novembre dernier, Florence a préparé pour chacune de la délégation un très joli cadeau bien gai et utile. Il était présenté dans cette grande corbeille à couvercle…

Chaque quilteuse de la délégation a plusieurs points communs, parmi lesquels le goût immodéré pour la lecture… et Florence le sait bien !
Voici donc ce que chacune a reçu de Florence (qui nous régale souvent d’ouvrages superbes) :

Nous sommes une grande délégation… Quel travail !! Vous pouvez apercevoir les regards facétieux des cocottes…

Chacune a maintenant sa cocotte marque-page à « ses » couleurs : de la gaieté et de la bonne humeur nous accompagnent désormais, même si nous lisons le plus noir des polars… Alors je vais bientôt lire le nouveau Maxime Chattam ou encore un polar suédois, avec ma cocotte je ne crains rien…

Betty à Naples

Régulièrement, je vous donne des nouvelles de mon amie Betty de Floride, cette historienne et quilteuse érudite qui protège de l’oubli le savoir-faire du Pine-Cone quilt dans le grand Sud-Est des Etats-Unis et en particulier en Floride.

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Le week-end dernier Betty se trouvait à Naples, non pas en Italie mais tout au sud de la Floride, au nord des Everglades (zone humide sub-tropicale du sud de la Floride). Ses pères fondateurs en 1880 trouvaient cet endroit  magnifique « surpassant la beauté de Naples en Italie » mais cet endroit ne commença à être prospère qu’avec l’arrivée -tardive, dans les années 1920- du chemin de fer et de la route est-ouest du sud de la péninsule, le Tamiami Trail (de Tampa jusqu’à Miami, en passant par Naples). Cette route est spectaculaire, on longe une nature encore sauvage, on y voit beaucoup d’animaux… par exemple, des alligators… Naples est aujourd’hui une superbe station balnéaire peuplée de retraités et de touristes. Bien sûr, on chérit l’histoire et, non loin du centre de la ville, le musée en plein air du Comté célébrait le week-end dernier le passé de cette région sous forme d’un grand festival de deux jours.

Cette maison, construite en 1926, était la première maison qu’on voyait quand on entrait dans la ville. Menacée de destruction, elle a été déplacée pour être conservée dans ce musée de plein air. Les murs sont de bois local, une sorte de pin, et les fondations étaient faites de sable de la plage et de coquilles d’huîtres pilées et brûlées. Lors de la reconstruction, cela a été fait un peu plus solidement !


Dans une des maisons historiques datant de 1928, Betty avait toute la place pour accueillir les visiteurs et montrer son savoir-faire :

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Ce nouveau quilt noir et blanc avec des touches de rouge est une idée de son mari. Il est presque fini !

Les nouvelles recherches de Betty sont sur les vêtements portés par les quilteuses dans la période 1890-1930. Vous avez déjà vu les robes incroyables portées par Miss Sue jusqu’au début du XXIe siècle ! Alors Betty va tenter de se faire des tenues aussi proches que possible de ces femmes qui ne jetaient rien, réutilisaient le moindre bout de tissu pour des résultats toujours uniques. Pour ce Festival, elle n’avait pas encore de matériel historique, elle s’est donc confectionné une robe à mi-chemin entre une de Miss Sue et une de Namibie. Sa tenue a été faite de chemises et jupes de l’Armée du Salut. La prochaine fois, elle espère en savoir plus sur les vêtements des femmes africano-américaines de la période 1890 à la veille de la Seconde Guerre Mondiale.

Betty a par ailleurs acheté le livre sur les yukatas car tout ce qui est textile ancien réutilisé la passionne. Et elle va suivre avec attention, m’a-t-elle confié, le résultat des robes de princesse pour Lacaze ! Ce projet lui plaît beaucoup car on va faire du neuf, et même du féerique, avec des bouts de tissus de récupération.

Naples est aussi sur le territoire des indiens Seminole, c’est l’occasion de rappeler leur histoire que j’avais écrite ici.

La vie a repris après le passage des ouragans, et la passion reprend ses droits !

Merci Betty pour ton amitié indéfectible, je t’embrasse,
Katell