Tracy Chevalier, son nouveau livre et autres nouvelles

Lisez-vous beaucoup l’été ?

 

La connivence continue entre Texte et textile… Les quilteuses sont souvent de bonnes lectrices ; depuis le début de ce blog, j’ai le plaisir d’écrire souvent à propos de Tracy Chevalier, romancière-artiste, qui mêle presque toujours ses histoires à des activités artistiques : peinture, tapisserie, cirque, poésie, patchwork, prose… 

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Je crois bien que dernier roman de Tracy Chevalier n’a pas trouvé son public en France. Le Nouveau, transposition du drame d’Othello dans une école de Washington en 1974, traite de sujets toujours brûlants comme la jalousie, le traitement de la différence, le racisme, en l’occurrence un élève noir dans une classe blanche. Malgré une très belle écriture, les détails vintage, je n’ai pas apprécié ce roman à sa valeur sans doute, car je n’ai jamais lu Othello et ne peux donc pas évaluer la transposition, probablement virtuose. Sans ce point-clé, une certaine distance reste entre le lecteur et l’histoire…

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Allons de l’avant : le nouveau roman est prêt, il sortira en anglais en septembre, puis en français en 2020. Violet, une jeune femme pleurant la perte de son fiancé et son frère lors de la Grande Guerre, va assumer son indépendance en s’installant dans la ville de Winchester. Elle entrera dans un groupe de femmes qui brodent des coussins pour la cathédrale. Je n’en sais pas plus, mais que j’ai hâte de le lire !

Des coussins de Winchester Cathedral, photo du site de Tracy Chevalier.

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Sur son site, Tracy Chevalier annonce aussi le thème du livre sur lequel elle travaille : une grande histoire autour de la fabrication et la vente des perles de verre de Murano (près de Venise)… Un autre délice à venir !!

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Autre nouvelle extraordinaire : la création d’un Opéra à Zürich (Suisse) sur l’histoire de la Jeune Fille à la Perle ! La musique, de style avant-gardiste, est signée Stefan Wirth, la Première aura lieu le 24 mai 2020, les autres dates par ici.

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Texte et textile encore : Tracy Chevalier est devenue quilteuse, après avoir voulu simplement se renseigner sur cette activité pour mieux écrire La dernière Fugitive. Mais elle continue ! Toujours cousant à la main, elle aime se reposer des mots en travaillant les tissus. Elle a fait plusieurs quilts elle-même mais elle fait bien plus : organiser des expositions ! A ma connaissance, elle a initié deux événements, l’un avec des quilteuses du Yorkshire, l’autre avec des détenus dans diverses prisons anglaises.

Le quilt des soeurs Brontë est rarement exposé, pour le préserver. Il mesure 187 x 214 cm.

Dans le Yorkshire, c’était  en 2016 la commémoration des 200 ans de la naissance de Charlotte Brontë (son roman le plus connu : Jane Eyre, monument de la littérature britannique). Or, elle et ses sœurs avaient cousu un quilt en soie, taffetas, velours et coton, qu’on imagine venir de leurs propres robes. Bien sûr, la technique est « à l’anglaise » et des papiers (lettres, journaux) restent emprisonnés dans cet ouvrage… qui n’est pas un vrai quilt puisqu’il n’est pas quilté (tout comme celui de Jane Austen, voir ici l’article que je lui ai consacré). Une exposition de mini-quilts sur le thème a été organisée en 2016, mais je n’ai pas trouvé de lien très intéressant fonctionnant encore, juste cette affiche montrant une reproduction de l’ouvrage des trois sœurs Charlotte, Anne et Emily :

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Enfin, texte et textile toujours : dans le cadre d’une exposition sur « ce qu’on fait dans son lit » (naître, dormir, faire l’amour, être malade, mourir), Tracy a, avec l’aide de l’association Fine Cell Work, encouragé des détenus à s’exprimer sur le sommeil et les rêves, avec des consignes : un bloc de 25 cm de côté et une dominante en bleu et blanc. Les blocs sont faits par des experts, car cette association, Fine Cell Work, enseigne les arts de l’aiguille et fait travailler les prisonniers volontaires (une forte majorité d’hommes) contre une rémunération équitable ; cela favorise le goût du travail bien fait, donne une expertise, apprend à acquérir l’estime de soi… Les ouvrages faits par les prisonniers sont en vente ici. Vous pouvez y admirer un remarquable artisanat ! Donc pour le projet de Tracy, un quilt a été fait avec les 63 blocs reçus :

J’ai acheté le livre sur cette expérience : sur un tout petit format (un carré de 14,5 cm seulement), on y lit le contexte de cette aventure mais on voit aussi des détails des blocs, souvent + grands que nature, on apprécie la justesse de la broderie mais aussi, surprise, on voit que le thème est exploré en profondeur. S’y retrouvent naturellement des comptines enfantines, des lunes et des étoiles, mais aussi des versets de la Bible, des mots de Shakespeare, des évocations de tableaux comme le Cri de Munch… Les photos montrent la qualité du travail de ces brodeurs pas comme les autres, et leur envie de s’en sortir dans la vie. Quoi qu’ils aient fait, ils purgent leur peine envers la société et ensuite il faut se réinsérer, s’habituer à travailler, à penser positivement… On ne sait jamais quelle révolution intérieure peut s’enclencher quand on se met à faire de l’art ! Leurs réflexions, en fin de livre, montrent à quel point on peut transférer son agressivité en canalisant son énergie positivement dans le travail manuel. Certains évoquent aussi l’indépendance gagnée en mettant de l’argent de côté, la perspective de trouver un travail en sortant, ou simplement la fierté du travail bien fait.
Les bénéfices du livre vont à Fine Cell Work, l’association qui promeut les arts de l’aiguille en prison. 

Ce n’est pas une expérience unique : on peut rappeler l’histoire du Rajah quilt (1841) mais aussi maintes initiatives de par le monde.

Un excellent article en français (d’une brodeuse suisse) présente également ce livre : https://www.letempsdebroder.com/articles/quilt-sommeil-chevalier/

Tracy Chevalier a dit à propos de cette expérience dans The Guardian :

Cela semble bête de dire que coudre peut aider des gens, mais c’est une action très thérapeutique, très reposante. Et c’est l’occasion pour ces gars de faire quelque chose de beau, d’être félicités et payés pour cela. Certains ont commencé cette activité pour gagner de l’argent, mais la plupart continuent parce qu’ils aiment coudre… Cela semble invraisemblable, mais coudre a bien déclenché quelque chose en eux.

Voici le quilt entier, plein de symboles, d’histoires personnelles, d’espoirs :

Voilà les nouvelles que j’ai pu récolter sur cette femme que j’admire beaucoup !

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Photo Anna Huix, Sunday Times

Quant à son mari que j’ai déjà présenté, Jonathan Drori, son livre est enfin édité en français ; je l’ai offert au mien – de mari – lui qui a planté une centaine d’arbres chez nous, par passion… juste répartition des choses ! Dans la forêt de livres sur les arbres, je vous le recommande chaleureusement, Ce que nous disent les arbres du monde : enchanteur, intelligent, informatif et si poétique… Un merveilleux livre sur la prodigieuse intelligence de la nature ! 

Avec Jonathan Drori, nous faisons un tour du monde sans jamais nous ennuyer, en apprenant à mieux connaître ces compagnons de l’humanité.

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Info finale, en rapport avec le livre ci-dessus : Cosabeth Parriaud nous informe sur Facebook que, jusqu’au 20 novembre, une belle exposition a lieu à Paris sur les arbres, vus par des scientifiques, des philosophes, des artistes. Cela semble très intéressant, mais aussi très salutaire pour tenter de sauver ce qui peut l’être : l’Amazonie est décapitée, la Sibérie brûle (des centaines de milliers d’hectares en ce moment-même), ainsi que l’Alaska et bien d’autres forêts, on a une pensée aussi bien sûr pour nos amis portugais… C’est tout sauf anecdotique, du sauvetage des arbres dépendra notre avenir et peut-être notre survie. J’écoute la jeunesse qui ne regarde pas ailleurs… Notre monde bleu et vert va-t-il survivre ?

Fondation Cartier, 261 boulevard Raspail, Paris 14e

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Petite pause estivale… Prenez soin de vous et de votre environnement, attention à la chaleur, lisez, rêvez les yeux ouverts… à l’ombre !
À bientôt !

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Texte et textile, le minimalisme spirituel de Rieko Koga

Texte et textile, deux passions… C’est en préparant cet article que je me suis penchée sur la proximité de ces mots, et cela ne tient pas du hasard : au début était textus, mot latin désignant le tissu, se mêlant vite au tissage des mots… On a en français de nombreuses expressions qui en témoignent : suivre le fil d’une conversation… ou le perdre – la trame d’un discours – un tissu de mensonges – une histoire cousue de fil blanc – le fil conducteur d’une idée – au fil du temps – le fil rouge pour ne pas perdre le fil de l’histoire… et tant d’autres !

Une artiste des mots et des tissus a nommé son site Du textile aux textes, c’est Jacqueline Fischer. Écrire, coudre, broder, elle s’exprime depuis des années en exploitant les mots appréhendés par l’intellect et les tissus qui stimulent les sens de la vue et du toucher. Jacqueline développe aussi ses recherches dans son livre :

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Mardi dernier, j’ai rencontré une personne formidable à Toulouse, Stephanie Davis. Elle avait un mot de passe irrésistible : je suis l’amie de LeeAnn (Nifty Quilts)… Très prochainement, je vous présenterai cette belle personne et ses expressions textiles.

Nous avons profité de notre promenade dans ma ville pour aller visiter une exposition d’art textile : Dropping Words, par Rieko Koga. C’est une artiste d’origine japonaise, qui vit à Paris depuis plus de 15 ans.

DDM THIERRY BORDAS  Reiko Koga devant une de ses broderies

Dans cette exposition, on est frappé par l’économie de moyens : un tissu blanc, de lin ou de coton, et du fil noir. Point. Tout comme avec de l’encre sur du papier blanc, l’artiste nous fait méditer sur la beauté de l’écriture (ici japonaise et occidentale) et le lien sacré entre représentation, signification et émotion. Beaucoup à voir, à ressentir au travers de cette visite, mais pour conserver le plaisir de la découverte, je ne parlerai que de deux œuvres.

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PEACE : la paix, mot brodé à la suite des milliers de fois au fil noir, souvent sans espace, un vrai mantra pour une vie en paix…

PEACE, Rieko Koga, 166 x 150 cm, brodé sur du lin blanc en 2016

Cela me rappelle une de mes contributions au projet 70273, mon point d’interrogation fait de 698 duos de croix :

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Un Vœu pour l’éternité : une oeuvre collective dans un sens – et je remarque à chaque fois à quel point ce concept m’intéresse. Reiko a collecté les vœux de 600 personnes, par internet et dans une boite aux lettres des Archives Nationales de Paris ; elle les a ensuite brodés durant deux mois sur du tissu coupé, puis plié et cousu, renfermant un peu de l’air ambiant, comme une enveloppe envoyant un message au futur. Des vœux en plusieurs langues, même si la plupart sont en français. Les vœux ainsi brodés reprennent la forme des ema, prières et vœux gravés sur bois que les Japonais exposent dans les sanctuaires shinto.

Ema au Japon ( photo domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=119877)

Ces 600 vœux vont des plus universels (la paix sur terre, la prise de conscience écologique…) aux plus intimes (demande d’amour, de guérison, de réussite…) en passant par tous les souhaits qu’on peut imaginer. Un concentré d’espoirs de l’humanité… Ils sont disposés sur une structure octogonale* en bois recouverte de lin, sur lesquels de fins rubans blancs sont cousus pour permettre l’accrochage des vœux. C’est une splendeur, on peut passer un temps infini à les lire, espérer que les souhaits se réalisent, imaginer l’histoire derrière le vœu… L’écriture-broderie en bâtons, fine et claire, imprime les espoirs sur tissu, imprégnant l’énergie de Reiko pour qu’ils se réalisent…

*le 8 : symbole de chance en Asie et de l’infini en mathématiques ∞…

Pour voir ces œuvres (et bien d’autres) de Rieko Koga, rendez-vous à l’Espace Écureuil, 3 place du Capitole à Toulouse. L’exposition dure jusqu’au 7 septembre, mais attention, fermeture du 5 au 19 août !

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Hotel California en denim

L’été, les vacances… et la mythique chanson des Eagles Hotel California (cliquez pour avoir le son !)... Inoubliable, dans nos oreilles depuis 1977 !

Je n’étais pas la seule à avoir cet album… 32 millions vendus ! Un son qui marqua notre génération et bien au-delà…

Cet hôtel fantasmé de la pochette, avec son clocheton, est à Beverly Hills, un ***** huppé qui cache une toute autre histoire. La chanson, qui nous semble si romantique, relate les addictions à l’alcool ou les drogues qui rendent prisonnier, qu’on ne peut quitter. Dans cet album, les Eagles, qui avaient intensément vécu tous les excès, veulent justement s’en sortir… La sublime chanson reste un symbole du côté noir de ces années d’hédonisme.

Pour chasser ces idées noires, que diriez-vous d’un plongeon dans une piscine toute bleue ?

The Roosevelt (hôtel sur Hollywood Boulevard, à Los Angeles) – Ian Berry – 90 x 122 cm – 2019

Quand je dis bleu, c’est bleu denim ! Et si Tom se baignait dedans ?

Tom at the Roosevelt – Ian Berry – 122 x 81,5 cm – 2018

Et que font les reflets de la lumière dans l’eau ?

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Détail du tableau précédent : Ian n’utilise QUE du denim, ses ciseaux, de la colle… et son incroyable talent !
My Head grew Heavy and my Sight grew Dim – Ian Berry – 180 x 90 cm – 2019

Ah tout ce bleu doit vous procurer une bienfaisante fraîcheur, par ces temps caniculaires !

I had to stop for the Night – Ian Berry – 61 x 22 cm – 2019
Such a Lovely Place – Ian Berry – 63 x 122 cm – 2019

Bien sûr, vous avez reconnu le style inimitable de Ian Berry ! Ses derniers tableaux font l’objet d’une grande exposition en solo à Londres à partir du 1er juillet. En téléchargeant les photos, j’ai remarqué que la plupart de ses tableaux ont des titres extraits des paroles de la chanson Hotel California des Eagles… Quelle idée géniale ! Moi qui ai appris l’anglais en suivant les paroles écrites de mes chansons préférées (d’abord avec les Beatles, puis avec tant d’autres, les Eagles inclus…), les phrases sont restées, indélébiles…

Cette exposition est plus solaire, bien dans l’esprit californien si positif, yeah !
Ce style te va si bien Ian,
this style suits U so well Ian!!

 

Merveilleuse interprétation de la pochette de l’album des Eagles…

Si vous avez la chance d’aller à Londres ce mois-ci, surtout ne manquez pas de plonger dans l’esprit californien avec notre ami Ian ! L’expo est jusqu’au 28 juillet à CATTO GALLERY 100 Heath Street London, NW3 1DP, ouvert tous les jours (voir ici). Déjà plusieurs tableaux sont vendus ! Ils ne restent jamais longtemps sa propriété, ses œuvres se vendent presque comme des petits pains…

Any Time of Year, You can find it Here ! Ian Berry – 80 x 31 cm – 2019

Voulez-vous aider Ian à gagner un concours d’opinion ? C’est, dans le monde de l’industrie du blue jean, du commerce et de la filière du coton au recyclage, la première fois qu’il est distingué ainsi dans les finalistes des personnes les plus visionnaires et influentes ! Il faut voter pour cinq catégories (stylistes, fabricants, revendeurs, etc.), vous votez pour qui vous voulez (au hasard si vous ne savez pas, comme moi😉)  jusqu’à la dernière catégorie des influenceurs où là,vous votez pour le 3e nom : Ian Berry ! Chacun ne peut voter qu’une seule fois, Ian a besoin des votes de ses fans !

Suivez ce lien : Rivet 50 et merci de lui témoigner ainsi votre admiration !

Sa sœur Fiona, qui écrit des poésies, nous incite à ce vote avec tant de délicatesse :

Mon frère, Ian Berry, est un jeune homme talentueux. Ses œuvres d’art ressemblent à de la peinture, mais approchez-vous et vous verrez la réalité, ce sont des tas de pièces de denim. Il est sélectionné pour une récompense qu’il mérite de gagner, alors s’il vous plaît, donnez-lui votre vote et rendez-le heureux !

 

Votez et faites voter ! Quelques centaines de voix françaises feront la différence ! http://www.rivet50.com

 

Cette année à Lacaze (81)

Un château Renaissance dédié à l’art, quel bonheur ! C’est à Lacaze, village bien connu des quilteuses occitanes…

Nadine Vergues remplira le Château de son imagination fertile…

Cette année, des quilteuses d’Occitanie ont planché sur la biodiversité, et en particulier les petites bébêtes… Original comme thème, extraordinaire comme inspiration ! J’ai vu de nombreuses réalisations fantastiques de mon groupe de Colomiers, à découvrir le prochain week-end ! Cette exposition sera au Temple, tout près du château.

Tout le programme se trouve par ici.

Cerise sur le gâteau, découvrons aussi cette année :

Dans le Tarn, ❤ de l’Occitanie, les quilteuses sont heureuses !

Southern Charm

Le charme du Sud.
Chacun a son Sud en soi. C’est un endroit qui ressemble à la Louisiane, à l’Italie… Nino Ferrer nous transporte inévitablement dans un monde rêvé… où il fait bon vivre, on aurait pu y vivre plus d’un million d’années, et toujours en été…

Je reviens de vacances, au sud de mon Sud, en Andalousie et un peu en Algarve (Espagne et Portugal), nous en avons profité avant que le soleil n’écrase ce coin de son impitoyable chaleur, de plus en plus forte au fil des ans. Début juin, il faisait déjà 38 ° et pas une goutte de pluie ! Je fredonnais la chanson de Nino Ferrer, quand je ne me laissais pas emporter par la musique flamenca, puis le fado, couleurs locales…

Le Vieux-Sud des Américains, c’est le Sud-Est des États-Unis, du Texas à la Floride. Un sud alangui mais aussi si violent. Choisissons de ne parler que des belles choses, les quilts du Sud pleins de charme en l’occurrence !

Mary Wilson Kerr, quilteuse, auteure et collectionneuse, a voulu aussi réunir autant de quilts que possible montrant l’Esprit du Sud, pour une exposition au Texas Quilt Museum (à La Grange, entre Austin et Houston, jusqu’au 23 juin). C’est ainsi qu’elle est entrée en contact avec notre amie Betty, car il lui manquait un quilt représentant un Pine Cone quilt d’une seule rosace. Elles ont choisi celui qui fut fait de vraies chutes de linge de maison et de vêtements, pour représenter la réalité de la communauté de femmes modestes qui cousaient de tels ouvrages.

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Mary Wilson Kerr a écrit un passionnant livre à ce sujet, Southern Quilts, sorti récemment (2018). Comme nous n’irons pas à cette expo, que peut-on retenir du livre ?

 

Diverses influences européennes enrichissent, au fil du temps, les quilts du Sud tout comme ceux du Nord, puis de l’Ouest. Avec ce livre, même si le focus est sur cette région, on apprend beaucoup sur les influences diverses, les motivations des femmes, les disponibilités des matières sur environ 150 ans.

Chaque chapitre est écrit par une historienne originaire du Sud (sauf une). Toutes montrent l’extraordinaire envie des quilteuses du Sud, blanches et noires, de créer de la beauté, de se surpasser avec des piécés virtuoses et de beaux appliqués, tout en faisant avec les ressources locales disponibles.

Ce qui frappe en feuilletant ce livre, c’est la prédominance des formes circulaires réputées difficiles, de toutes sortes, avec bien souvent des pointes triangulaires : même les étoiles sont organisées en cercles avec le bloc des Seven Sisters ! Ici la vidéo de Nathalie Delarge pour faire un bloc simplifié pour un quilt magnifique.

Quand on parle de quilts du Vieux-Sud, le panorama ne serait pas complet si on ne parlait pas des Pine cone quilts évidemment. Un chapitre entier leur est consacré, avec le texte de la loi proclamant cette technique « le quilt officiel d’Alabama » (Act of Alabama n° 97-11 du 11 mars 1997).

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Comme le Sud incite à une vie plus lente, n’oublions pas, malgré l’agitation de la vie, de prendre le temps pour les autres.
Sur un fond de quilt scrappy, Bonnie Hunter nous dit : Prends le temps d’être gentil. Tu peux ainsi transformer la journée de quelqu’un aujourd’hui.

 

Ella-Diva

Avant de faire une petite pause, vous savez, la digital-détox qu’on nous conseille de faire de temps à autre😉, je vous emmène dans le monde de la musique afro-américaine et de la Récup’Art à Saint-Gaudens (31). Fin mai, depuis 17 ans, s’y trouve le Festival Jazz en Comminges et parallèlement une exposition où mon amie Hélène Vispé participe toujours. Chaque année, un thème est donné, lié au jazz, avec l’obligation de faire une oeuvre artistique avec une partie de matériaux récupérés.

Vous trouverez ici l’alléchante programmation.

L’exposition a ouvert ses portes en début de semaine, et jusqu’au 2 juin, sur le thème des Divas du Jazz. Pour Hélène, Ella Fitzgerald s’est immédiatement imposée.

Ah Ella… J’ai eu l’immense privilège de l’approcher, de m’occuper un peu d’elle, en juillet 1982. Je travaillais en boulot d’été à la réception du Sofitel Océania de Brest, et c’était dans cet hôtel que descendaient plus de la moitié des stars invitées au Festival de Jazz de Brest. Comme c’était moi qui parlais le moins mal anglais, je m’occupais des anglophones… Ella fut celle qui me marqua le plus. Quelle gentillesse… Elle ne voulait pas gêner, avait toujours un petit mot gentil à la bouche. Cette dame fortement handicapée par la maladie (diabète) se déplaçait avec difficulté. Quelle ne fut pas ma surprise, au concert qu’elle donna le 15 juillet 1982 à Brest, de la voir, transcendée par son art & la musique, sautillant sur scène ! Sa voix était toujours aussi pure et magique.

Le monde du jazz a plusieurs divas, mais je suis heureuse qu’Hélène ait choisi Ella ! Voici son quilt :

Ella-Diva, par Hélène Vispé

Esquisse pure et minimaliste d’Ella, avec comme il se doit des matériaux de récup’ : un drap de lin (aïe que ça froisse !), des rubans, des faux-cils et, idée de notre amie Kristine, de la laine noire détricotée pour la chevelure !

Dernière touche de quilting…
Et toujours, une très belle étiquette ! Notez qu’Hélène appose toujours son n° d’adhérente France Patchwork !
Vous pouvez retrouver Hélène sur Instagram : @helenevispe et les autres articles qui lui sont consacrés sur la Ruche par ici !
C’est sur cette touche mêlant patch et jazz, tous deux propices à l’expression personnelle, à la création, à l’improvisation, que je vous dis à très bientôt !
Katell 

Ken Burns et sa collection de quilts

On ne connaît pas trop Ken Burns en France, mais c’est un des réalisateurs les plus connus, talentueux et prolifiques des USA. Ses thèmes de prédilection concernent son pays et ses héros, son histoire complexe avec la Guerre Civile ou la Guerre du Vietnam et aussi des spécificités comme les parcs nationaux, le jazz, le baseball, et tout récemment la Country Music !

Dans sa vie privée, Ken a depuis les années 1970 un jardin secret, une collection de quilts qui grandit avec le temps. Il les aime anciens, en excellent état, et les a toujours exposés uniquement chez lui. Ceux et celles qui découvrent son trésor s’amusent de l’entendre dire à chaque quilt : Celui-ci est l’un de mes favoris ! Il en parle avec sensibilité, respectant ce patrimoine venant des femmes de son pays.

Qu’est-ce qu’un quilt ? C’est un objet fonctionnel, pour vous garder au chaud.
Je dors sous des quilts, c’est important pour moi car c’est bien pour cela qu’ils ont été créés.

Comme la plupart des Américains, il est très patriote et plusieurs de ses quilts sont rouge-blanc-bleu, l’un d’eux comporte aussi un grand drapeau des États-Unis. Ce Démocrate engagé trouve dans les quilts une manière d’honorer son pays. 

Je fais des films pour les autres ; je collectionne des quilts pour moi-même.
Dans la chambre de son appartement de Manhattan, son quilt préféré (bon, c’est ce qu’il dit pour chacun !) le calme et l’aide à se recentrer. Ken est fasciné par ces cercles et le quilting, il a la plus grande admiration pour celle qui fit cette merveille. Référence : https://www.nytimes.com/2018/01/16/arts/design/quilts-ken-burns-international-quilt-study-center-museum.html

L’unique exposition publique fut il y a un an au Centre des Quilts du Nebraska, ce fut une découverte car seul son entourage connaissait sa passion… Il en possède près de 80 et un tiers d’entre eux furent exposés. 

Si vous comprenez l’anglais, vous en apprendrez bien plus en visionnant ces deux vidéos. Sinon, ouvrez juste les yeux, cela suffit pour admirer sa collection !

Merci encore une fois à Kristine pour l’idée du sujet !

Les 25 ans du club de patchwork de Colomiers (31)

Nous aimons les anniversaires ! Les nôtres nous rappellent que le temps passe inexorablement, c’est le moins drôle, mais nous vivons toujours alors que tant d’autres sont partis… Nous gagnons en expérience, nous pouvons devenir gentiment vintage tout en restant jeunes d’esprit… L’important est de remplir sa vie avec ce et ceux qu’on aime autant qu’on peut !

Consolation dans la mouvance Feel good (se sentir bien !)

Je suis à présent une des plus anciennes du club de Colomiers, m’étant inscrite en 1996. En 1998, nous avons eu 5 bébés au club, j’y suis avec mon bébé Erwan (en 2e à partir de la gauche) :

Mille mercis à Josette Pascot, co-fondatrice du club et ex-déléguée FP31, de m’avoir transmis ces attendrissantes photos, 21 ans après…

Ce n’était pas un concours 😊 La vie, tout simplement 💕

Le bébé a changé, moi aussi, mais je fais toujours du patchwork… Le jeune homme, lui, fait de la musique !

Durant toutes ces années dans ce club, il a été fait beaucoup d’expos, de défis collectifs, d’ateliers et de stages, cela continue et nous ouvrons nos portes à de nouvelles recrues, n’hésitez pas à nous rejoindre ! Promis, nous nous contenterons de bébés en patchwork.

Pour un anniversaire de club, quoi de mieux qu’une exposition, avec tombola, oeuvre collective et plus de 70 quilts à admirer ?

Notre exposition continue jusqu’à dimanche.

BeeBook, un livre pour les quilteuses curieuses d’évoluer vers plus de créativité :
souscription ici !

Le printemps chez Joëlle

Le printemps chez Joëlle Vétillard se traduit cette année par des fleurs, beaucoup de fleurs, un millier de fleurs… C’est du moins ce qu’elle espère pour réaliser sa robe de mariée version Millefiori ! Les Abeilles ont butiné pour Joëlle ces deux derniers vendredis.

Ce fut l’occasion pour Kristine de nous montrer comment, avec des feuilles d’hydrosoluble, on peut exploiter nos fils. Oui, nos fils de bobines, tous les petits restes coupés en bout de couture — ne prononcez surtout pas fiss 😉 ceux-là, nous les laissons tranquilles !

Cela nous fait un beau jardin dites-moi, on en ferait bien un quilt vite fait pour notre expo de début avril 😊

Mais non Joëlle, tu sais qu’on n’est pas comme ça, nous t’adressons ces fleurs avec grand plaisir, elles sont parties hier de Colomiers… 63 fantaisies qui rejoindront les autres que tu auras déjà reçues. Et maintenant, à toi de jouer !

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Joëlle a encore besoin de fleurs, vous avez jusqu’au 15 avril pour les envoyer. C’est rapide et ludique, elle vous en sera reconnaissante !

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Notre Club expose ses quilts en Salle Gascogne à Colomiers, du 2 au 7 avril 2019. Vous pouvez lire sa présentation par ici. Si vous habitez dans les environs, vous pourrez vous renseigner pour vous inscrire à ce club en septembre prochain !

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BeeBook, un livre pour les quilteuses curieuses d’évoluer vers plus de créativité :
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Betty à Paducah !

Betty acquiert enfin le statut qu’il lui convient : la Reine incontestée des pine cone quilts ! Malgré des soucis de santé qui ont émaillé ce début d’année, elle a pu se déplacer pour aller dans le Kentucky, à Paducah, un des centres les plus prestigieux consacrés au patchwork, plus précisément au National Quilt Museum. Pour celles qui l’ont rencontrée en juin dernier, vous serez sans doute heureuses de réentendre sa voix : Video 1 de Betty Ford-Smith et video 2 de Betty Ford-Smith.

Son exposition s’appelle « Keeping Tradition alive », Garder la tradition vivante, et c’est bien le credo de notre amie qui actualise cette tradition ancestrale et mondiale avec des tissus actuels. Nous lui souhaitons un magnifique séjour à Paducah et beaucoup de très belles rencontres ! L’exposition est à voir jusqu’au 16 avril.

Sur son site, elle a retracé une partie de son séjour dans notre pays :
http://pineconequilts.com/pine-cones-in-france/.
 Que de doux souvenirs !

Betty-and-Quilt-for-Katell