Aujourd’hui, c’est Kristine qui nous informe en nous distrayant !
Nous entendons souvent : il fait chaud, il fait froid, c’est la canicule, on se gèle, combien fait-il, quel temps fait-il ? La température s’affiche partout, dans la rue, sur les enseignes des pharmacies, à la télévision, à la radio, sur notre téléphone, nos stations météo domestiques, dans les aéroports, les gares, les voitures, etc. Elle est accompagnée de drôles de signes : °F ou °C.
Thermomètre géant à Barcelone
Cette année 2020, de nombreuses quilteuses et un quilteur sont encore bien plus attentifs aux températures, relevant les moyennes du jour, les mini ou maxi, ou encore une à heure fixe… Les personnes qui vivent cette aventure du Quilt Météo 2020 ont vu, au moment des préparatifs, que les Américaines avaient une échelle de couleurs en degrés Fahrenheit (°F), alors que, bien sûr, nous préférons utiliser ce que nous connaissons, les degrés Centigrade ou Celsius (°C). Mais que se cache-t-il derrière ces deux systèmes ?
Messieurs Fahrenheit et Celsius étaient deux savants européens qui auraient pu se rencontrer : ils étaient contemporains, tous deux voyagèrent beaucoup à travers l’Europe et ont travaillé, parmi bien d’autres sujets, sur la thermométrie.
Gabriel Fahrenheit (Gdansk 1686 – La Haye 1736), brillant physicien, inventa notamment le thermomètre à mercure, plus performant que les précédents à alcool ou autres liquides. Parallèlement, l’échelle de températures qu’il inventa est fine : l’eau gèle à 32°F et bout à 212°F, soit un écart de 180°. Quant à la tranche 96°F – 100°F, c’est la température normale du corps humain.
Thermomètre à mercure de Fahrenheit, au Musée de Galilée de Florence (Italie)
Fahrenheit 451, livre de Ray Bradbury, est un livre de science-fiction où, horreur pour moi et tant d’autres, les livres sont interdits et brûlés… 451 °F est le point d’auto-inflammation du papier (232,4 °C)
Le film de Truffaut, tourné en 1966, est sans doute daté, mais les multiples thèmes de la société de l’image, de l’abrutissement du peuple, de la coupure de l’humanité à son histoire sont présents. De plus, que penser d’une société où ses Soldats du feu sont mandatés pour brûler les livres ?
Anders Celsius (1701-1744, Uppsala, Suède) était surtout astronome, il étudia le phénomène des aurores boréales, des éclipses et autres observations du ciel, des mesures géodésiques avec notamment la mesure de l’arc méridien, confirmant les travaux de Newton sur la forme de la Terre, sphère aplatie aux pôles. Il inventa un thermomètre pour ses observations météorologiques avec, en graduation, 100° pour le point de congélation de l’eau et 0° pour l’ébullition… inverse de ce que nous connaissons ! Il se trouve que c’est le botaniste suédois Carl von Linné – ou le Lyonnais Jean-Pierre Christin, selon les sources – qui le mettra dans l’autre sens quelques années après.
Anders Celsius
Les degrés Fahrenheit furent vite adoptés dans le monde occidental et les degrés Celsius (ou Centigrade, la différence est pour les physiciens) utilisés à la marge par les savants. Mais la Révolution Française passa par là et avec elle, la normalisation de tout ce qui pouvait l’être en système métrique… l’échelle de degrés de 0 à 100 était donc parfaite ! Au fil du temps, les degrés Centigrade de l’échelle de Celsius s’impose partout, à quelques exceptions près : les États-Unis, Belize, les Îles Caïman… Les Américains sont globalement réticents au système métrique et préfèrent les Fahrenheit en raison de leur finesse : 1°C est 1,8 fois plus grand que 1°F (100°C entre le gel et l’ébullition de l’eau contre 180°F). Ensuite, d’autres critères plus politiques entrent en jeu, comme la volonté d’indépendance par rapport à l’Europe !
Ce cher Anders Celsius imaginait-il que son invention de thermomètre à degrés centigrade immortaliserait son nom, bien plus que tous ses autres travaux ? Probablement pas… C’est la beauté des surprises que nous réserve l’Histoire !
Mon quilt météo rend hommage à cet homme dont l’invention fait partie de notre quotidien.
Voici donc le début de Merci Anders Celcius, mon projet de calendrier météo 2020, avec les jours du mois de janvier et début février en polygones colorés par les températures de ma ville près de Toulouse :
Sur certains jours, j’ai mis quelques signes… Le vendredi, c’est rencontre avec les amies Abeilles et l’épi de blé, c’est mon anniversaire (je suis originaire de la Beauce !)
La photographie est disproportionnée pour le moment, comme la plupart des Quilts Météo 2020 en colonnes, mais ce projet m’enthousiasme !
L’année a commencé avec l’émoi des incendies gigantesques en Australie mais les feux de la rampe de l’actualité sont à présent dirigés sur le coronavirus. Cependant, nous n’oublions ni la détresse en Australie, ni les alarmes répétées du changement climatique qui impacte la qualité de nos vies.
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Après la fabrication d’ouvrages pour les animaux sauvages, mission inédite et touchante, nombreuses sont les quilteuses à avoir fait un bloc d’arbre à la suite de l’appel de la Modern Quilt Guild de Wollongong, pour offrir des quilts aux personnes qui ont tout perdu.
Cette semaine, la barre symbolique des 1 000 blocs, envoyés à partir de multiples pays de la Terre, a été dépassée. Cela fait 50 quilts de 20 blocs à offrir. Nos valeureuses Australiennes ne sont pas dépassées par les événements, elles sont organisées pour faire face à cet afflux de témoignages de sympathie et compassion du monde des quilteuses.
Une photo parmi tant d’autres… Butch N Becky Flaherty, Missouri.
Si vous voulez voir les photos des merveilleux arbres qui feront chaud au cœur, ils sont regroupés sous le signe #bushfireblocks sur les réseaux sociaux, en particulier Facebook et Instagram. On y voit des blocs faits avec attention, des arbres classiques tout comme des chefs d’œuvre créatifs.
Lors des stages que j’ai animés en janvier, l’après-midi j’ai proposé de faire un bloc d’arbre improvisé à partir du modèle en couverture sur Simply Moderne n°6 (Blue Nickel Studio), mais en délaissant les mesures et techniques proposées. Je savais que c’était un exercice très ambitieux, mais chacune s’est surpassée en inventant la forme de l’arbre au fur et à mesure, et les résultats m’ont enchantée. Les arbres finis seront envoyés en Australie ou conservés en souvenir de cet exercice, au choix de chacune.
Du côté des Abeilles de la Ruche des Quilteuses, nous avons fait chacune quelques arbres chez nous et Chantal les expédie ces jours-ci : 43 arbres en partance pour Jamberoo ! Nous n’y avons pas brodé nos prénoms mais le nom de notre pays : France. Voici les photos prises par Chantal, juste avant de fermer le paquet :
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Recommandations utiles pour les envois
Envoi en lettre pour quelques blocs, en colissimo dès que l’épaisseur atteint 3 cm. Merci de faire un emballage solide. Vous devrez remplir une fiche de douanes et pour que les destinataires n’aient pas de taxes à payer, merci d’écrire en déclaration :
Elle est discrète et se met si peu en avant qu’elle devient invisible, mais si elle n’est pas là tout change. Indispensable donc, elle est rarement au centre de la conversation et pourtant elle est, vous le devinez, toujours à l’esprit.
Qui est-elle ?
C’est la marge de couture, qui varie selon les siècles, les habitudes, les techniques. Si elle est absente, le patchwork bascule dans le mix-media ou art textile, avec l’utilisation de colle ou autres moyens d’attache et le tissu qui reste à cru. Certains appliqués sans marge de couture font l’exception, restant de style traditionnel en laine à cru par exemple.
Des appliqués sans marge de couture restent dans une certaine tradition, en flanelle ou feutrine, plus rapides à réaliser. Création Cosabeth Parriaud pour Marie-Claire Idées.
La discrète est essentielle et aujourd’hui, pour une fois, la discrète se fait vedette⭐.
Le patchwork mosaïque
Commençons par le patchwork en mosaïque, qui est une des origines de notre art. Il est appelé aussi patchwork à l’anglaise, car c’est chez nos voisins et néanmoins toujours amis malgré le Brexit 😏 qu’il est né. Technique utilisée de nos jours principalement pour faire des hexagones, c’était l’unique moyen, naguère, d’assembler toutes les pièces de récupération des couturières (en soie, satin, brocart et autres étoffes glissantes), un gabarit en papier de l’exacte forme et dimension de la pièce cousue qu’on recouvre et « emballe » de tissu.
Et la Discrète ? Ici les marges de couture doivent être suffisantes, mais il n’y avait pas vraiment de règle : on coupait à vue, juste assez pour bâtir en enveloppant le papier.
Le plus ancien patchwork qui nous reste, fait en patchwork à l’anglaise, est daté de 1718. Il est cousu sans aucune pièce appliquée, ce qu’on pourrait croire en le regardant :
Pour le tricentenaire de ce vétéran, Susan Briscoe et la British Quilters’ Guild ont exposé en 2018 à Birmingham plus de 20 répliques de ce chef d’oeuvre. La gagnante du concours est Denise Geach, mais saluons le travail de bravoure de chacune !
Le patchwork américain
Le patchwork à l’anglaise est bien long à faire, avec l’étape fastidieuse et dispendieuse des gabarits. Par souci de rapidité et l’utilisation d’autres tissus moins fuyants comme la laine et le coton, les femmes ont inventé une autre manière de faire : assembler les pièces en mettant les tissus endroit contre endroit, les coudre à la main ou à la machine après avoir tracé, à l’aide de gabarits en carton ou métal réutilisables, les formes directement sur le tissu (et donc les lignes de coutures).
La Discrète est encore ajoutée à vue d’œil : soit on découpe après avoir dessiné la pièce, à la distance la plus petite possible du trait pour économiser le tissu, soit on a pris soin de s’approcher le plus possible du bord du tissu au moment du dessin. Sur la plupart des quilts anciens un peu ou beaucoup déchirés, on constate que les marges sont minimes, 1/8e d’inch (entre 3 et 4 mm) était tout ce qu’on laissait à la Discrète… d’où les déchirures, l’effilochage des tissus coupés ou déchirés en droit fil.
Le dos de ce quilt inachevé montre que les traits de couture ne sont pas tracés par toutes les quilteuses et que la couture du tissu à carreaux est à la limite de l’effilochage… Cela ne tiendra pas longtemps, même quilté(photo de Flickr)
Au cours du 20e siècle, les magazines, les livres de quilteuses chevronnées donnaient de bons conseils : si vous voulez que votre quilt tienne bon, qu’il devienne un Heirloom Quilt (quilt qui sera transmis en héritage), mettez environ 1/4 d’inch (6,35 mm) comme marge de couture… ce qui semblait, pour la plupart des quilteuses, un gâchis terrible !
Quilt américain appartenant à Caroline, en gardiennage chez son amie Kristine : vaut-il la peine d’être restauré ? Telle est la question…
Ce quilt n’est probablement pas très ancien, c’est un Log Cabin fait à la machine dans les années 1960 peut-être. Le 1/4 d’inch est quasiment respecté mais, autre problème, le fil blanc a cisaillé le tissu de coton… Probablement un fil en polyester, trop solide pour les cretonnes et les divers tissus en coton utilisés… A garder en mémoire !!
La discrète révèle non seulement les habitudes des quilteuses, mais aussi… la couleur d’origine des tissus qui n’a pas été délavée par les UV !
Ce n’est que sur la marge de couture qu’on a une idée de la couleur d’origine du tissu.
Le Crazy
Là encore, on ne parle pas de marge de couture, on coud dans tous les sens, on pratique un mélange de piécé et d’appliqué, on ajoute des broderies qui tiennent le tout, la discrète n’a pas la parole alors qu’elle est omniprésente, cela va de soi. Mais en évoquant la folie du crazy, on peut se rapprocher des vraies origines multicentenaires du patchwork, l’assemblage en puzzle de tout ce qu’on avait comme textiles, quelle que soit la forme de la pièce, ou bien la réparation des vêtements ou linges de maison avec l’ajout d’une pièce pour cacher un trou… Il y aura une marge de couture minime… Économie oblige !
On vient de le voir, l’appliqué fut d’abord une pièce de réparation, puis devint un loisir de femme aisée : coudre un tissu neuf sur un autre neuf ne se fait que pour des raisons esthétiques ! Là encore, les marges de couture sont souvent minimes et il faut beaucoup de petits points pour bien fixer le tissu décoratif sur son fond. On rentre généralement la marge de couture en s’aidant du bout de l’aiguille. La discrète est glissée et coincée, ni vue ni connue, entre les deux tissus.
Le patchwork avec l’utilisation du cutter rotatif
On l’a vu, pour du patchwork durable, on préconisait environ 1/4 d’inch, mais au vu des quilts anciens, on sait que la discrète était plus petite, presque toujours.
Vint l’avènement du patch moderne grâce à mon objet fétiche : le cutter rotatif ! Avec lui, les marges de couture se sont normalisées car, révolution, on ne marque plus le trait de couture : on coupe en ajoutant la valeur de 2 marges de couture (de part et d’autre de la pièce). Pour un carré de 2 inch, on coupe un carré de 2 1/2 inch. Simple comme bonjour ! Comme cette évolution est arrivée des USA, il a fallu convertir pour le système métrique. Dans les années 1990, les premiers livres en français qui présentaient cette méthode préconisaient 5 mm de discrète et donc un ajout très pratique d’1 cm (pour un carré cousu de 5 cm, on coupe 6 cm), mais cela s’est avéré un chouïa trop juste et la règle d’or est à présent d’ajouter 1,5 cm. Le quatuor cutter-règle-planche et machine à coudre fonctionne à merveille, il faut avoir un pied de biche de la bonne largeur (celle de la marge de couture) et hop ! tout est précis, vite et bien.
Sauf que… il y a l’épaisseur du tissu, celle du fil, le pli… et pour avoir un résultat absolument parfait, il faut coudre juste un peu moins que le quart d’inch, en anglais on dit coudre a scant quarter inch seam allowance.
Et en centimètres ? Personnellement j’obtiens de bons résultats avec :
un pied de biche d’un quart d’inch et les tissus tout juste au bord (donc une couture à 6,3 mm du bord, au lieu de 7 mm)
un repassage de la couture sans ouvrir les tissus d’abord (toujours mis endroit contre endroit), puis j’ouvre en repassant les marges sur un côté
dernière action : l’équerrage, le bloc étant logiquement trop grand d’1 mm environ. Je corrige tout petit problème. Avec des blocs complexes aux nombreux pavés intermédiaires, je me repère toujours aux correspondances de coutures centrales, non à la marge de couture.
Mais voilà que des quilteuses libérées et rebelles, avec Gwen Marston en mentor, ont remis en cause l’esthétique parfaite des quilts de la fin du 20e siècle. Avec tous les modèles repris à l’infini, calqués les uns sur les autres, cela engendrait un monde de quilts magnifiques certes, mais manquant de personnalisation, une perfection sans jubilation. Armée de son cutter, Gwen et ses amies ont repris l’esprit de « faire avec ce qu’on a », sans renier le progrès.
Ce quilt de Gwen Marston a une structure classique, mais les string blocks (blocs faits de bandes) sont cousus sans fondation, sans respect de la vraie diagonale, en prenant les bandes de tissus comme elles viennent, en s’amusant surtout… Il en résulte un quilt bien plus vivant et gai que s’il était coupé droit !
Si par exemple un tissu présente une courbure, au lieu de l’équerrer droit, on va tirer avantage de ce mouvement. Comme avant, chaque oeuvre devient absolument unique, on parle de processus d’improvisation et de création, au lieu de copie d’un modèle.
Ce quilt a été inventé au fil du temps, assemblé en tenant compte des mouvements des blocs non équerrés.Velours Rouge, Katell.
Et la discrète ? Eh bien, c’est toujours sa nature de rester en retrait ! Les quilteuses faisant des quilts improvisés l’ont constamment à l’esprit, mais elle ne sera pas nécessairement pile-poil d’un quart d’inch, les coupes souples ne sont plus en droit fil et ne s’effilocheront donc pas : on a une tolérance légèrement en-dessous et au-dessus du quart d’inch ou des 7 mm, au coup d’œil… mais nous l’avons à l’œil, la discrète, elle ne doit tout de même pas être trop fine !
Quand la discrète fait sa star
Comme toute règle peut être détournée, voici différents exemples d’une discrète devenant star ⭐
Tout d’abord un style country, coutures apparentes frangées et ébouriffées, amusant à faire mais vite passé de mode, les rag quilts :
Puis la modernité et l’audace de l’Allemande Inge Hueber, qui s’est fait une spécialité de la marge de couture visible, en tournant son top : l’envers devient l’endroit ! Il en découle un flou artistique, des limites indéfinies comme dans une légère brume :
Natalie Chanin, elle aussi, a fait des quilts avec le top « à l’envers », montrant fièrement les coutures :
Indigo Star Quilt de Natalie Chanin. Première particularité : les coutures visibles décoratives. La seconde : la matière est en jersey de coton, oui, celle des tee-shirts !
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Discrètement, la marge de couture se cache au cœur de vos quilts, bien à l’ombre des projecteurs… Mais veillez sur elle, sur ses épaules repose la pérennité de votre ouvrage !
Simon et Erwan : deux copains depuis la maternelle, tout juste 22 ans et en dernière année d’études. Ils sont d’accord pour nous distraire aujourd’hui.
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Simon fait des études artistiques, vous avez assisté à ses débuts dans le patchwork par ici. Le premier fut l’occasion de lui apprendre les bases du patchwork, c’était son épreuve à présenter à ses profs… qui ont beaucoup aimé !
Surexposition due au soleil ardent de la mi-septembre !
Pour le matelassage, j’avais choisi un design de Jacquie Gering, dans son livre Walk, quilting au double entrainement (c’est le sujet de ce formidable livre) :
J’ai suivi ce schéma pour exécuter un quilting qui convient bien au design original de Simon.
Nous pouvons nous réjouir, Simon continue cette année dans l’expression textile ! Il travaille beaucoup et pour le moment, il nous offre deux belles photos d’un autre top au même design que le premier, fait à partir de tissu teint artisanalement en « tie and dye » (teinture à la réserve, faite avec des ficelages et nouages) ou « shibori » (shibori est l’appellation japonaise). Il choisit des couleurs masculines, tout comme David Butler (alias Parson Gray, son livre ci-contre), alors que la plupart des autres hommes quilteurs que je connais font des œuvres neutres, sans genre prononcé.
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Erwan a un violon d’Ingres qui le sort des écrans : la musique. Il est le chanteur d’un groupe de rock dans son école d’ingénieurs, joue au piano et gratouille pour le plaisir. Dès qu’il rentre chez nous, la maison se remplit de musiques de tous styles. J’adore ! Dans sa chambre d’étudiant, il a fait quelques enregistrements et vient de filmer un bon vieux standard de la chanson française en clin d’œil aux quilts météo : Le Parapluie de Georges Brassens. Il la chante généralement de façon bonhomme ou folk, mais a pour une fois chanté en version plutôt lyrique : https://www.youtube.com/watch?v=ztFKgCDmLGY. Rétro !
Un p’tit coin de parapluie, contre un coin de paradis… Illustration Raymond Peynet.
Le vaudou, voilà un mot qui évoque bien vite des poupées criblées d’épingles pour jeter un sort, et pourtant… les poupées à l’effigie d’une personne, les poupées d’envoûtement, existent bien dans la sorcellerie… occidentale, depuis bien plus longtemps ! Nous avons transféré nos peurs sur les pratiques vaudou qui, effectivement, tentent parfois de jeter un sort (bon ou mauvais, par exemple attirer l’amour ou l’échec à distance, sans toutefois souhaiter la mort…) à l’aide d’un petit paquet ficelé à la morphologie d’une personne… parfois piqué d’épingles, mauvais signe pour la personne visée 🤔
Le vaudou, c’est, à Haïti principalement (mais aussi sporadiquement dans le monde entier), une assimilation de rites et croyances venant d’Afrique de l’Ouest à ce que les Blancs ont inculqué à leurs esclaves, à savoir la religion catholique. Ainsi des Esprits africains portent-ils des noms de Saints catholiques, et inversement. La pratique du vaudou fascine bien au-delà de son influence, en raison des Zombis, ou morts-vivants, qui cristallisent les fantasmes sur le thème de la résurrection… Les Chrétiens ont tout fait pour diaboliser le vaudou, l’assimiler au satanisme et la sorcellerie, car il « parlait » trop bien aux âmes africaines, empêchant la parfaite christianisation de ce peuple déplacé de force.
C’est d’abord pour des raisons esthétiques que Betty Ford-Smith s’est intéressée à des ouvrages vaudou. Je lui ai demandé de nous écrire sur le sujet, en voici la traduction.
Drapeaux de perles et sequins de Haïti, collection de Betty Ford-Smith
J’ai commencé à collectionner les drapeaux et bouteilles vaudou à la fin des années 1970, lors d’un séjour dans les Îles Vierges, à Saint-Thomas. Jamais je n’avais vu d’objets aussi fascinants au cours de mes voyages précédents ! J’adore tout ce qui brille, les paillettes et les strass, et c’était le summum du brillant dans le monde des arts ! Autant que je le sache, cette forme d’art est unique, à Haïti. Attention à ne pas tenter de les copier, Haïti a établi un copyright mondial sur cet art.
Des bouteilles vides transformées en œuvres d’art qui brillent !
Les drapeaux – appelés drapos localement – viennent directement de la religion Vaudou, où ils étaient disposés sur les murs des temples. Le Vaudou est un mélange de croyances africaines arrivées à Haïti avec les esclaves et du Catholicisme enseigné par les Missionnaires, avec l’addition discrète mais réelle de croyances du Nouveau Monde (des Amérindiens). Au fil du temps, les touristes visitant les temples ont souhaité acquérir des drapeaux. Quelques Hougans (des prêtres vaudou) acceptèrent, car le besoin d’argent pour aider la communauté était criant. Ils firent d’autres drapeaux pour leurs temples, puis directement pour le marché touristique.
Au-delà des couleurs et de la signification religieuse derrière les images, ce sont les bordures décoratives qui attirèrent mon regard parce qu’ils me rappelaient les quilts des USA. Les perles et sequins sont cousus sur du coton ou de la récupération de sacs texturés en plastique ayant contenu du riz ou des haricots, puis doublés de beau satin, encadrant le tableau d’un surplus de brillance. Chaque scène est faite de perles et sequins fixés à la main avec du fil et une aiguille, l’un après l’autre ; de une à quatre personnes peuvent y travailler en même temps.
Ces drapeaux sont d’incroyables œuvres d’art, scintillantes et hypnotiques. On trouve tout un monde de symbolismes, aussi bien les symboles des cartes à jouer (Cœur, Carreau Trèfle et Pique) que ceux des Francs-Maçons, librement utilisés, mais aussi des bougies, des têtes de mort, des visages de Saints, etc. dans le design de ces tableaux uniques.
Les Haïtiens échangent avec les Esprits – ou Loas, du mot français Loi – dans un système de croyances et rituels fortement codifiés, ce qu’ils savent décoder dans les représentations des drapos. La plupart des collectionneurs sont comme hypnotisés par les couleurs, la brillance et la qualité de l’artisanat de chaque ouvrage. Parfois, le nom de l’Esprit invoqué est marqué dessus, sur d’autres il y a un indice appelé vévé, un symbole graphique :
De plus en plus, les noms sont écrits pour faciliter la compréhension et l’identification de l’Esprit du drapo.
Les drapeaux étaient traditionnellement cousus par les hommes, mais à présent quelques femmes ont rejoint les rangs des experts. J’ai lu quelque part que les sequins et perles furent découverts dans les manufactures de confection tenues par des Français installés à Haïti. A la fin de la journée, tout ce qui était tombé par terre était balayé… Au lieu de les jeter, les Haïtiens ont inventé comment les utiliser d’une autre manière. Ils avaient reçu l’enseignement très pointu de couturières et tailleurs français, leur imagination, leur foi ont fait le reste : les drapos vaudou étaient nés…
De nos jours, certains touristes sont devenus amis avec des fabricants de drapeaux : ils leur envoient des perles du monde entier, pour aider ce peuple si pauvre à continuer d’exercer leur art.
Betty Ford-Smith
Betty est donc à la tête d’une grande collection d’art vaudou, de drapeaux qui forment une exposition itinérante en Floride, où vivent de nombreux Haïtiens. Mais l’intérêt est général, sa dernière expo a remporté un franc succès ! Soixante-quatre drapos de sa collection furent exposés dans le Highland Museum of the Arts de Sebring (Floride) en fin d’année dernière :
Je vous en avais déjà parlé par ici en 2014, mais je voulais compléter ce sujet que Betty m’a fait découvrir et qu’elle continue de faire connaître au grand public, tout comme les Pine cone quilts !
A la suite de cet article qui présentait un mini, mini quiltprobablement de Thaïlande, Huguette du club de la Courtepointe à Réalmont (Tarn) m’en confirme la provenance, car elle aussi a succombé au charme de ce genre d’ouvrage dans ce beau pays !
Elle nous adresse la photo du sac qu’elle en a fait :
Ce sac est un sourire pour bien commencer la journée !
Red Thread Studio, c’est le magasin en Floride d’une passionnée d’ouvrages à la main, avec une prédilection pour les broderies comme le sashiko, le patchwork à l’anglaise, mais aussi toute la vague moderne main et machine.
Pourquoi Red Thread, Fil Rouge ? Un ancien proverbe chinois dit qu’un fil rouge invisible relie les personnes qui sont destinées à se rencontrer malgré le temps, la distance ou les circonstances. Le fil peut s’étirer ou se vriller mais il ne cassera jamais. C’est donc la mission que s’est donnée Jen, relier les personnes aux passions communes.
Fin mars-début avril, RachaelDaisy va passer une semaine complète en Floride, à Stuart, petite ville balnéaire et grand port de plaisance, à animer des ateliers sur sa manière bien particulière d’utiliser l’appliqué, les yoyos, le croquet, le Pine cone… Des dizaines de quilteuses auront la joie d’apprendre ces techniques avec la pétulante Australienne !
Samedi 4 avril 2020, ce sera une rencontre qui devait absolument arriver, car un Fil Rouge les relie depuis des années :
Betty Ford-Smith et RachaelDaisy ensemble pour un Trunk Show* !
*Trunk show : on montre sans façon tous ses quilts sortis de sa malle…
Je souhaite à chacune de surmonter les difficultés actuelles, pour RachaelDaisy les ravages climatiques – dans ses Blue Mountains australiennes, elle a été envahie par les fumées, heureusement pas par les flammes, puis c’est le déluge…- et pour Betty, des ennuis de santé qui tardent à se résoudre. Mais le Fil Rouge va faire son travail, réunir les Reines du Pine Cone !
Vous pouvez lire leurs portraits respectifs dansLes Nouvelles de mars 2017, je les avais déjà mises en relation à cette époque et depuis, chacune espérait LA rencontre…
Un jour ou l’autre, nous devons vider le logement de proches, la plupart du temps des parents. Toute une vie résumée en objets. C’est parfois un choc de voir tous les petits riens accumulés au cours de leurs vies, jalons d’un parcours, témoignages d’émotions qui n’appartenaient qu’à eux. Des trouvailles ouvrent aussi la boîte aux questions, mais d’où vient ceci ? Un souvenir de voyage ?…
Ralli quilt
Je vous avais présenté un grand top sorti de l’oubli, qui s’est avéré venir d’Inde (un Ralli quilt). Caroline, elle, a dans des circonstances similaires, déniché un mini, mini top :
Chaque bloc ne mesure pas plus de 4,5 cm. Cette miniature enchante, avec ces couleurs vives et contrastées. Contrairement à l’apparence, ce n’est pas du patchwork à proprement parler, je veux dire qu’il n’y a pas d’assemblage de petits bouts de tissus au moyen de coutures. Chaque morceau de tissu que l’on voit est un pliage, soit une bande pliée en deux, soit un carré plié deux fois pour en faire un triangle. La technique s’apparente bien plus au Pine cone (pomme de pin) donc ! Depuis que je me suis intéressée à cette technique, grâce à Betty, la Reine du Pine Cone quilt que vous connaissez bien si vous me lisez depuis quelque temps, je suis impressionnée par l’universalité de cette technique. Ce mini quilt est un souvenir de voyage, probablement du nord de la Thaïlande, dans ce vaste territoire où se jouxtent la Chine, le Laos, le Vietnam et la Birmanie. Une pléiade d’ethnies, qu’on connaît vaguement sous les noms de peuple Miao ou les Hmongs, occupent un vaste territoire qui se joue des frontières politiques. On y voit encore des quilts et des vêtements traditionnels extraordinaires, ornés de ce genre de beauté, mais aussi d’appliqués inversés comme les Molas amérindiennes. Cette grande variété d’ouvrages textiles peuvent s’admirer lors d’expositions, dans des musées… ou, si on a beaucoup de chance, au fond d’une armoire de grand-mère !
Chaque pièce est fixée sur l’autre au moyen de petits points avant, au fil de la même couleur que le tissu.
Caroline a su faire plaisir à sa grande amie Kristine en lui offrant cette petite merveille ! Ce qui est amusant aussi, c’est le contraste entre le devant et le dos :
Oh le choc !! Mais on y comprend mieux la technique utilisée. Un « grand » carré noir -tout est relatif, il mesure 4,5 cm- est la base d’un bloc. On n’en voit sur le devant qu’un carré central de 4 mm ! Autre surprise, les blocs sont assemblés au point glissé, comme on le fait pour deux hexagones en patchwork à l’anglaise. Le fil rouge est invisible devant, grâce à l’épaisseur des blocs.
Merci Kristine de partager ton cadeau avec nous !
Les couleurs de nos quilts météo 2020
Après le plaisir des premiers blocs et la découverte de l’attente au jour le jour, vint la frustration des températures trop égales. Quoi !! Trois jours de suite avec les mêmes couleurs !! Vivement qu’il fasse plus chaud ou plus froid pour avoir du changement ! Aujourd’hui sans doute, le froid va en réjouir plus d’une, rien que pour mettre une couleur inédite dans son top en construction !
Voici quelques exemples parmi tant d’autres : les doubles pastilles pour deux années différentes par Monique Chiabergi, à côté l’intrigant labyrinthe de Christophe Hénault, ensuite deux semaines d’Agnès Bolzer, de Nathalie Fourmont et d’Anik Billot.
Vous n’avez ici qu’un petit aperçu de la créativité du groupe !
Nous avons largement dépassé les 520 membres sur Facebook, et des quilteuses font aussi leur quilt météo 2020 sans faire partie du groupe. Cela promet une année très amusante où l’on prête grande attention à la fois au temps qu’il fait, au temps qui passe et aux couleurs du ciel, avec des réflexions plus graves parfois. C’est fou ce que le patchwork apporte à nos vies !
Un Quilt Papillon pour le bonheur des couleurs
C’est un groupe qui vient de se créer à l’initiative de Patricia Gélinet, Normande établie en Belgique qui a un magasin de patchwork à Courcelles et vend sur internet (Patouchwork).
Frustrée de ne pas avoir le temps de suivre le Quilt Météo 2020, elle a choisi de faire un bloc par mois, guidée non pas par la météo mais par les Couleurs du Mois, choisies pour leur énergie, bien plus que la représentation classique (comme blanc comme la neige pour janvier…). L’indigo Foncé, Le Kaki, l’Or et le Crème sont les couleurs de janvier, un accord réfléchi pour donner à la fois la concentration nécessaire au début d’un projet, l’élan et la nourriture de la créativité. Elle est guidée pour cela par le livre de Philippe Houyet Des Couleurs pour la Vie. Patricia explique les raisons de la création de ce groupesur son blog et vous convie à vous inscrire au groupe Facebook si l’aventure vous séduit !
Je viens de recevoir ce livre, accompagné de 50 cartes de couleurs, je compte bien me familiariser avec elles et leurs tirages !
Des couleurs pour soigner
Je dédie cet article très coloré, gai et plein d’espoir à ma chère amie Betty de Floride, qui a actuellement des soucis de santé. Hold on my dear Betty, may all our united wishes for you bring you back to good health!
Betty devant le quilt qu’elle m’a dédié, Purple Katell
Victoria, jeune princesse de père anglais et de mère allemande, devint une des plus grande reines du monde : pendant plus de 63 ans reine de la Grande-Bretagne et de l’Irlande, 33 ans reine du Canada, 24 ans Impératrice des Indes, et 21 jours (règne interrompu par sa mort) reine de l’Australie. Sa longévité marqua le 19e siècle, si riche en mutations avec l’industrialisation de l’Occident, l’apogée de l’empire britannique après la défaite de Napoléon, la révolution scientifique avec Darwin, la réforme artistique en architecture, en peinture et décoration intérieure avec Arts & Crafts… Nos voisins et amis britanniques ont bénéficié de plusieurs reines qui ont compté, alors que nous nous privions de cette possibilité avec la loi salique qui interdisait aux femmes de succéder au trône français…
La Jeune Victoria en 1842 (23 ans), par Franz Winterhalter
Au cinéma, à la télévision, la reine Victoria se trouve campée sous les traits de maintes actrices, y compris tout récemment. J’en retiendrai une, juste avant le tournage des Sissi : Romy Schneider offrit le lumineux sourire de ses 16 ans pour interpréter la jeunesse de Victoria :
Autant en Emporte le Vent ? Non, les Jeunes Années d’une Reine !
Au 21e siècle, il y a toujours une reine Victoria pour moi. Elle naquit dans le Minnesota rural aux hivers glaciaux, typique jolie fille de la campagne qui pousse comme un plant de maïs, grande fille toute simple à la grâce d’une mannequin au sourire ravageur… Elle apprit la couture avec sa mère, ne cessant de jouer avec les chutes de tissus, à inventer des trucs et des histoires pour sa poupée Barbie. Sa grande inspiration pour la vie est sa grand-mère, Elda, qui partagea les joies du patchwork à sa manière, avec quelques règles mais aussi beaucoup de libertés, telles qu’on les voit dans les quilts qui n’avaient aucune autre ambition que de bien réchauffer joyeusement la famille. Les quilts des femmes de sa famille sont osés, éclatants de couleurs, rassemblant d’improbables restes de vêtements, de linge de maison… C’est sur cet héritage que Victoria a construit son royaume.
Ses quatre livres sont autant d’inspirations pour nous…
En juin dernier, Victoria et moi avions une actualité similaire, la sortie d’un livre ! Une Première pour moi, une rétrospective (déjà!) pour Victoria. Playing with Purpose reprend le principe qui lui tient à cœur : créer, c’est jouer! Contrairement à ses trois livres précédents, pas d’explications techniques ici, mais l’ambition de voir cet ouvrage reconnu comme un « beau livre ». Aux États-Unis, il est des livres qu’on appelle des Coffee Table Books, des livres qu’on laisse intentionnellement sur la table du salon pour marquer une orientation artistique, une humeur du moment, une décoration qui parle de ses choix, ses coups de cœur, ses revendications.
Victoria est non seulement une artiste, une quilteuse qui crée des quilts hérités de la tradition avec une libération des codes et des couleurs, mais c’est aussi une influenceuse convaincante dans le monde des arts. Grâce à elle et d’autres, les quilts modernes acquièrent, au moins aux USA, un statut d’oeuvre d’art. Cette artiste est doublée d’une grande capacité à faire bouger les foules, enthousiasmer son public, elle est si charismatique ! Une Reine en son domaine…
Je suis très reconnaissante à Victoria de m’avoir offert la photo d’un de ses quilts, fait dans la lignée de l’héritage des quilts de Gee’s Bend :
Un quilt vu dans BeeBook !
J’aurai l’immense joie de rencontrer ma chère Queen Victoria en mars, je vous raconterai notre rencontre ! En attendant, je vais relire ses livres, si riches d’inspiration et de joie de vivre !
Edit : fausse information sur un site espagnol, Victoria ne sera pas en Espagne en mars prochain. Je suis très déçue…
Nous sommes choqués par les feux en Australie, ils sont dus à l’extrême chaleur du continent où déjà, en 2013, les géographes avaient ajouté une nouvelle couleur pour figurer la tranche 52-54° :
Depuis toujours, des feux ravagent les espaces boisés et, dans une certaine mesure, cela régénère ensuite la végétation. Certaines graines ont besoin de feu pour germer, des souches repartent, la terre s’enrichit. Si certains signes de vie apparaissent quelques mois après un incendie, il faut 150 ans sans autre feu pour que la forêt redevienne adulte…
Mais depuis plusieurs années, les embrasements se font plus insistants, couplés avec non seulement la chaleur mais aussi la sécheresse.
Nous, les quilteuses, sommes toujours prêtes à participer à des actions solidaires dans le monde entier, elles sont déjà très nombreuses depuis une quinzaine d’années, date à laquelle nous avons commencé à utiliser internet et les réseaux sociaux en masse.
Que faire donc pour l’Australie ?
Difficile de trouver des informations fiables… De bonne foi, j’ai donné sur Facebook l’adresse d’un refuge pour envoyer des poches pour marsupiaux (trouvée sur une page française connue), le refuge a démenti avoir une structure pour accueillir et distribuer quoi que ce soit… L’Australie est lointaine et immense, les frais postaux et douaniers sont très conséquents, il ne faut donc pas envoyer n’importe quoi, les transports contribuent eux aussi à l’augmentation de la chaleur…
Je ne pourrai pas organiser correctement quoique ce soit dans les semaines qui viennent, mais je vous donne deux pistes sérieuses si vous souhaitez coudre quelque chose ou participer à l’organisation personnellement.
Pour les animaux
Les photos de koalas et kangourous sauvés in extremis remplissent les réseaux sociaux. Pour les aider, des poches ou sacs déjà sont cousus, tricotés, crochetés en Europe et Amérique du Nord. La liste de tutos ne cesse de grandir en français et anglais (source Sauvetage de la faune australienne), vous y trouverez aussi des conseils de tissus (coton, laine, lin, que des fibres naturelles résistantes), de lavage (rincer vos tissus au vinaigre blanc), de couture (uniquement des coutures anglaises pour qu’aucun fil ne dépasse ni n’accroche les griffes) etc.
Des rencontres en France voudraient se faire pour fabriquer ensemble des poches pour marsupiaux, mais Brian, créateur du groupe Facebook Sauvetage de la faune australienne met en garde : il faut une organisation pour rassembler, stocker puis envoyer ces objets. En France, ce n’est pas encore au point. Si vous souhaitez participer d’une manière ou d’une autre, inscrivez-vous dans l’immédiat à ce groupe pour suivre l’avancée des choses et lisez le fil d’actualité.
Edit 8 janvier 2020 – Excellente initiative vue sur Facebook via Françoise Nigeon et Cécile : ce patron est vendu en PDF 10 $, les ventes de janvier seront entièrement reversées àWIRES Australian Wildlife Rescue. Une généreuse idée de Elizabeth Hartman, une aubaine pour nous !
Edit 9 janvier 2020 : décidément, rien n’est simple, cette offre est déjà terminée, elle a permis de récolter 13 500$ pour WIRES. J’en profite pour réitérer les précautions, ne faites pas d’ouvrage sans avoir la certitude qu’ils sont encore nécessaires. L’Australie croûle sous les petites poches pour marsupiaux !
Pour les personnes
C’est le seul appel que j’ai trouvé : la section Modern Quilt Guild de Wollongong, ville à 90 km au Sud-Est de Sydney, a demandé hier de faire des blocs de patchwork qui seront montés sur place, et les quilts distribués à ceux qui ont tout perdu. Si une personne peut organiser la collecte de ces blocs en France pour les envoyer à temps, c’est formidable, sinon un envoi personnel est faisable aussi. Je traduis la proposition ci-dessous, éditée sur leur Page Facebook.
Nos communautés (villes, villages) de New-South-Wales sont la proie des flammes depuis Août 2019. En particulier la côte Sud a été dévastée par les feux de brousse et de forêt la veille du Nouvel An. Notre Etat a souffert d’énormes pertes. Des familles ont perdus des leurs, d’autres leur logement et leurs affaires. Des fermiers ont perdu leurs élevages, leurs moyens de subsistance, sans compter les pertes incommensurables de notre faune et flore naturelles. Malheureusement, ce n’est que le début de la saison des feux et les prévisions immédiates prévoient des conditions aggravantes et anticipent d’autres pertes.
Nous nous sentons très attristés par les scènes éprouvantes, l’étendue des pertes et des souffrances à Wollongong Quilt Guild et nous nous demandions que faire… Eh bien, nous pouvons faire des quilts, bien sûr !
C’est pourquoi nous lançons un appel à toute bonne volonté qui veut bien nous aider à faire des quilts pour les personnes affectées dans nos communautés.
Oui, vous pouvez nous aider. Nous avons décidé de faire des blocs d’arbres.
L’arbre est le symbole de la croissance et de l’alimentation. Un arbre symbolise les générations d’une famille ; un arbre provient d’une graine, les racines procurent force et stabilité, et tandis que l’arbuste est jeune et vulnérable, il obtient protection des autres arbres sous lesquels il grandit. Avec le temps, les branches se couvrent de fruits qui donneront une nouvelle génération.
Aucune restriction dans le style d’arbre pour le bloc. Nous aimerions que tous les quilts soient beaux et variés, juste comme nos magnifiques communautés. Les deux blocs ci-dessous ne sont là que pour aiguiller votre inspiration, n’hésitez pas à utiliser vos idées et couleurs. Ce que nous vous demandons, c’est d’utiliser un tissu « low volume » (blanc ou gris clair) en tissu de fond et que le bloc fasse un carré généreux 12 1/2 inches de côté (soit 32 cm, marges de couture comprises).
Une fois fait, l’adresser à :
Wollongong Modern Quilt Guild PO Box 54 Jamberoo NSW Australia 2533
Nous distribuerons les quilts aux familles qui ont tout perdu.
Merci d’expédier les blocs de manière à ce qu’ils arrivent avant fin février. Merci d’avance pour votre soutien.
Edit 9 janvier 2020 : la Wollogong Quilt Guild vient de me confirmer qu’elles sont aptes à recevoir les blocs français et les assembler, les quilter… Il faut favoriser le style moderne, respecter les couleurs et mesures données.
La pluie tombe sur une petite partie de l’Australie aujourd’hui, un répit mais cela ne suffira pas…