Je n’ai pas résisté à l’envie de ce titre, parfois, un rien m’amuse !
J’ai longtemps considéré le crazy comme une fantaisie passagère de la fin du XIXe siècle, avec ces dames qui s’étaient éclatées dans un monde victorien rigide, allant jusqu’au bout de la récup’ de toutes sortes de tissus (dentelles, soies, velours, satins…), le recyclage de vêtements ou de mouchoirs, et bien plus encore. Elles n’hésitaient pas à broder selon leur envie du moment, se défoulant sur leurs tissus !
Lisez ici la présentation de ce livre…Attention, cela vous donnera très envie de l’acheter 😊 Sous le livre, un de mes crazys et le souvenir d’un vrai bonheur de création ! C’est, à ma connaissance, le seul livre en français entièrement consacré au crazy.
J’ai beaucoup appris sur le crazy en lisant le livre de Denyse Saint-Arroman… ainsi qu’en assistant à ses conférences, en discutant avec elle… Chaque rencontre est un immense plaisir !
En fin de semaine, les Abeilles ne manqueront pas son exposition du côté de Castelnaudary, à Avignonet-du-Lauragais (31) :
Denyse a acquis de nombreux crazy quilts anciens, quelques-uns en bon état, d’autres très dégradés. Ces derniers ont bénéficié d’une minutieuse rénovation de ses propres mains –ah l’émotion de voir une rénovation en cours !– mais elle en a fait également elle-même de superbes, parfois très proches de ses cousins victoriens, d’autres bien plus personnels et même modernes. Seront-ils aussi à l’expo ? Surprise !!
Ce n’est pas un secret, surtout pour les nombreux visiteurs du Salon à Nantes il y a quelques semaines, Alice de Blossom Quilt et Craft attend un bébé !
Avec Alice, c’est une histoire d’amitié qui commença quand elle vivait encore en Nouvelle-Zélande, via nos blogs naturellement. Cette jeune Française a bien fait de profiter de sa liberté pour voyager avec son mari ! Mais lorsque le premier heureux événement s’est annoncé, ils décidèrent de rentrer en France pour le bien-être de la petite à venir.
Juste avant de quitter la Nouvelle-Zélande, elle a voulu rendre hommage à ses amies et montrer aux quilteuses françaises ce qui se faisait dans ce beau pays aux antipodes de l’Europe. Pour cela, elle avait choisi la Ruche des Quilteuses ! Remontons donc le temps avec ses articles…
Prenez le temps de faire ce tour en Nouvelle-Zélande, vous verrez des merveilles !
Depuis, Alice a fait un très beau parcours, elle anime toujours son blog, mais a aussi créé sa petite entreprise, une boutique en ligne que je vous invite à découvrir. N’hésitez pas à faire des commandes, son mari tient la boutique pendant qu’Alice pouponne !
Alice fait beaucoup de couture mais aussi de nombreux quilts, c’est sa passion évidemment ! Elle aime utiliser les tissus Art Gallery, ceux qu’elle vend. Ils sont modernes, aux graphismes faciles à utiliser, aux couleurs qui tiennent parfaitement. Bref, une qualité parfaite pour un rendu très sympa ! En vente aussi, une sélection de nos fils préférés, les Aurifil.
Sur son site vous pouvez voir sa galerie de quilts. J’aime particulièrement ce quilt pour enfant, peut-être pour le petit à venir ?
Voir sa présentation détaillée par ici !
Ce qui marque sa différence, c’est qu’Alice navigue sur internet comme un poisson dans l’eau, et quoi qu’on veuille ou qu’on fasse, c’est ainsi que les jeunes viennent au patchwork, par Facebook, Instagram (le favori du moment), en suivant les vidéos Artesane (voyez Alice ici) ou sur YouTube (sa présentation ici), en cherchant des idées sur Pinterest, etc. Alice, c’est une chance pour le présent et l’avenir du patchwork en France ! Prenez le temps de naviguer sur son site (les tutoriels !), elle est très pédagogue et explique tout très clairement, c’est un don !
Mais écrire un blog quand on a tant de choses à préparer pour l’arrivée du deuxième et surtout besoin de se reposer, c’est impossible. Alice a donc fait appel à ses connaissances pour animer son blog pour quelque temps. J’ai répondu présente bien sûr et ai préparé un petit article sur Gwen Marston début avril. Malheureusement, j’ai dû le modifier quelque peu car son décès est survenu une semaine plus tard. L’article est paru, le voici par ici. Suivez ensuite tous les autres articles écrits par amitié pour Alice, chaque semaine nous découvrirons un nouvel univers !
Alice est pleine de ressources, je vous reparlerai d’elle en septembre… Patience !
Hier une lumière a clignoté en moi quand j’ai commencé à lire cet article d’une coach Feng Shui et de remise en forme des intérieurs, pour le bien-être de ses habitants, naturellement. L’article de Karen Kingston développe une idée simple : les œuvres d’art montrant de la nature sont bien plus rassurantes et apaisantes que les œuvres d’art abstraites, elles peuvent même contribuer à la guérison. Tiens, intéressant !
D’autre part, on a longtemps peint les hôpitaux exclusivement en blanc, couleur de l’hygiène, avec des décorations absentes ou affligeantes. Une étude très poussée a conclu la même chose que Florence Nightingale, avec son simple bon sens, il y a bien longtemps :
Aussi peu que nous sachions la manière dont nous sommes affectés par les formes, les couleurs et la lumière, nous savons pourtant qu’elles ont un effet physique et sont des moyens réels d’aide au rétablissement des malades. Florence Nightingale (1820-1910)
Dans le même article, on voit le tableau d’un peintre français qui montre les arrières de la 1ère Guerre Mondiale. Sous les auspices de la Croix-Rouge, la Duchesse de Sutherland s’y dévouait pour soigner les blessés français et prenait le soin de mettre un bouquet de fleurs au chevet des blessés. Décidément, bravo aux Anglaises !
Victor Tardieu, alors ambulancier, peignait les scènes et écrivait des lettres décrivant les horreurs de la guerre et le dévouement des femmes… Tableau du musée Florence Nightingale, St-Thomas’ Hospital, Londres.
Rappelons que le 12 mai, c’est la Journée Internationale des Infirmières, à la date de naissance de la remarquable Florence Nightingale, qui révolutionna les soins au XIXe siècle et tellement plus encore. Vous souhaiterez peut-être lire ou relire la belle histoire du Rajah Quilt, lié à Elizabeth Fry, autre personnalité emblématique du care for women, l’attention portée au bien-être et la dignité des femmes…
Pour les personnes qui travaillent en hôpital tout comme pour ceux qui s’y font soigner, celui de Florence en Italie (ville de naissance de Florence Nightingale, d’où son prénom !), montre l’exemple :
Photo Elaine Poggi, qui a créé une Fondation, Healing Photo Art, une photothèque pour les hôpitaux du monde entier, pour mettre l’art là où il est le plus nécessaire. Des photos de la nature apaisante, d’animaux mignons, de visages souriants, de villages paisibles, tout ce qui est harmonieusement coloré attire le sourire et aide à guérir.Hôpital de St-Louis dans le Missouri (USA) : des photos de la même Fondation ornent les couloirs, ainsi que dans des dizaines de lieux de soins de par le monde (y compris en France). Bien sûr, un effort général est fait depuis quelques années avec d’autres initiatives tout aussi méritantes.Elaine Poggi et une de ses nouvelles photos, achetée ici par un centre de traitement du cancer dans l’Illinois (USA).
Pourtant, certains thérapeutes utilisent bien des images abstraites pour que les patients y interprètent leurs soucis, leurs névroses… Que voit-on dans les taches de Rorschach ? Je n’ai absolument aucune imagination, je ne vois que des papillons, non madame-monsieur, cela ne me dit rien d’autre. Ah il faut donc que je me soigne.
En réalité, ce qui gêne dans l’art abstrait d’après l’étude récemment publiée, c’est que les peintres y ont mis leur propres névroses et que cela ne peut reposer l’esprit ! Ou même, l’abstraction rend l’esprit occupé par la recherche de la signification, au lieu de lui apporter réconfort et apaisement. Je n’avais jamais pensé à ça ! La conclusion de la coach est donc d’éviter l’art abstrait chez soi, de préférer les images harmonieuses de la nature, tout comme le préconise indirectement le Feng Shui.
Home sweet home, le confort et l’harmonie de son intérieur, c’est bien dans l’esprit du patchwork. On sait que la plupart des blocs, même d’une abstraite géométrie, ont des noms bien concrets, certains évoquant même des objets du quotidien (la clé à molette et la baratte à beurre, j’adore !!). Les quilts figuratifs sont-ils plus chaleureux et rassurants ? Dans un sens, je suis d’accord, par exemple la palme du cozy revient aux quilts country, avec leurs maisons, leurs étoiles, leurs fleurs et leurs moutons (n’est-ce pas Patchpascale ❤ ?).Cela veut-il dire que nous devons renoncer aux quilts abstraits ? J’y réfléchirai un autre jour ! Je n’en suis pas certaine…
En attendant, voici un florilège de quilts picturaux, parfois à la limite de l’abstrait, d’une femme que j’admire beaucoup, Béatrice Bueche. Je verrais si bien ses œuvres pour calmer, soigner, redonner goût à la vie dans des maisons de soins ! Curieusement mes choix se portent sur des tableaux textiles où le noir est parfois très présent. Pourtant, ils vibrent et me rendent joyeuse !
EDIT : je l’ignorais, mes deux amies cachottières, Béatrice Bueche et Michelle Braun, exposent des œuvres en ce moment-même au Palais Gourmand, un très bon restaurant au nord de l’Alsace ! Voici les deux artistes, le jour du vernissage :
Exposition jusqu’au 6 juillet 2019, 220 rue du Moulin à GOERSDORF. Tel. 03 88 09 42 74.
Je ne sais pas si c’est habituel – c’est mon premier livre ! – mais je reçois de nombreuses questions sur son contenu, sans doute parce qu’il est en pré-vente. Alors aujourd’hui je vais répondre à quelques interrogations, car c’est mon dernier article sur le blog avant la fin de la souscription (le 15 mai).
J’ai la chance d’avoir pu construire mon livre comme je le souhaitais, grâce à la confiance de Monique Lopez-Velasco qui a pour responsabilité de faire de mes écrits un bel objet, un LIVRE ! Mais sans elle, BeeBook n’aurait jamais eu le fond et la forme que vous allez bientôt découvrir. Elle et Nicole, les BeeBook Girls, ont su m’alerter dès qu’une phrase était bancale, une donnée chiffrée fausse, et bien plus encore. Elles ont été à mon écoute d’une manière remarquable tout en connaissant tout ce que j’ignorais du monde de l’édition. Un vrai bonheur de collaboration !
Moi qui aime savoir d’où viennent les choses, j’ai consacré un gros quart (un petit tiers 😉 ?) à dérouler le fil de l’histoire du patchwork, vu par moi. C’est hautement subjectif et forcément incomplet, j’aurais pu écrire les 148 pages sur ce sujet qui me passionne, mais le livre serait devenu un essai ou un mémoire élitiste. Je traduis : un pavé qui n’intéresserait pas grand monde. Alors j’ai écrit cette partie de BeeBook pour partager ce qui, je crois, permet de situer l’art du patchwork dans une juste perspective.
On me le demande souvent : non, je n’ai pas compilé les articles de ce blog, cela aurait été un tout autre ouvrage ! Vous n’allez pas payer pour quelque chose qui existe gratuitement sur internet.
Après cette partie de texte à la fois historique et de parti-pris qui me tenait à cœur, arrive l’autre versant du livre où sont présentés 23 modèles, bien plus que la plupart des livres de patchwork. Comme pour ce blog, j’aime, dans BeeBook, filer la métaphore avec l’ambiance d’une ruche : une quinzaine d’Abeilles vous présentent des créations. Les quilts sont expliqués parfois avec grande précision, d’autres plutôt avec des explications de processus agissant comme des activateurs d’idées. Cela pourra vous dérouter, mais c’est le moment de prendre des initiatives, de modifier le modèle, d’interpréter l’idée autrement. Non, ce n’est pas difficile, il suffit de se lancer ! Faites-vous confiance et dans BeeBook, nous vous donnons toutes les clés techniques pour, ensuite, vous aventurer dans la création.
Les quilts présentés sont essentiellement simples, conçus avec des bases pédagogiques faites pour vous inspirer. C’est un choix de montrer des quilts majoritairement à la portée de toutes, au risque qu’on nous le reproche. Nous voulons enclencher votre goût de la créativité, pas vous impressionner avec des réalisations époustouflantes.
Nous laissons de côté la vieille querelle du patchwork et du matelassage faits à la main ou à la machine ; chez nous les deux coexistent en fonction de l’envie du moment ou du rendu souhaité. Nous expliquons nos choix, à vous de décider ce qui va le mieux pour vous.
Voulez-vous des exemples ? Non, pas de modèles, mais de réalisations créatives! Vous en avez déjà vu, issus de stages ou de JA, dans cette rubrique : Partage de réussites.
Du stage Université France Patchwork donné en juin dernier à Angers, j’ai reçu des photos de réalisations fort différentes encore une fois :
Nicole Marchini a découvert cet univers de lâcher-prise, de créativité et ce stage lui a ouvert de nouveaux horizons !Je me souviens de l’enthousiasme d’Annick Magnier : plus de règle, plus d’obligation, tout peut s’arranger !Michèle Andres a fait une maison, toute de guingois et pourtant bien structurée, ce qui lui confère un esprit un peu fantastique. Mais qui habite cette maison ? Le chat qui veille donne une toute nouvelle ambiance à ce quilt.Depuis le stage, Bruna Arnould se dit moins intimidée, plus à l’aise avec sa machine à coudre. Sa réalisation est particulièrement harmonieuse, n’est-ce pas ? Découvrez son univers sur instagram @brunaarnouldAu-delà des Mers, d’Annick Courtieu. Hommage à son père, né au moulin David de Pont-Aven (peint par Gauguin), d’où les moulins. Les divers tissus rappellent les séjours de sa famille au Gabon, à Tahiti et ailleurs. Annick fait ses quilts comme on raconte une histoire, c’est ce que j’aime, qu’on mette de soi dans ses créations !
Vous voyez donc comme le même stage mène à des quilts bien différents ! Avec mon livre, c’est le même esprit, vous motiver pour mettre votre grain de sel dans chacun de vos ouvrages.
Chaque stagiaire de ce stage d’Angers avait participé à un quilt collectif, La Ruche Angevine, photographié dans BeeBook et qui sera dévoilé à Vichy le 15 juin.
Un dernier exemple pour aujourd’hui :
Dès le lendemain d’un stage avec Kristine et moi, Elizabeth Léonard a utilisé ses essais pour en faire un superbe coussin. Je suis ravie que cette chère amie d’Ariège ait découvert ainsi une expression qui lui convient parfaitement, et je crois qu’elle continue dans cette voie !
Qui sont les Abeilles de BeeBook ?
Simul et Singulis, être ensemble et être soi-même, c’est une devise qui convient bien aux Abeilles… Nous ne l’avons pas inventée, c’est celle de la Comédie Française dont la Maison s’appelle la Ruche !
Les Abeilles qui vous proposent des modèles sont en majorité les filles de la Ruche des Quilteuses, des environs de Toulouse. S’y ajoutent quelques amies plus éloignées géographiquement avec qui nous partageons les mêmes valeurs, elles enrichissent généreusement la variété des modèles. S’y retrouvent une multi-primée et une célèbre auteure, une disciple connue de Gwen Marston, d’autres grands noms et des inconnues : chacune a participé avec la même gentillesse, la même patience, la même bienveillance. L’écriture de ce livre a été un vrai bonheur, même si parfois ce fut un crève-cœur de ne pas retenir tel ou tel modèle… J’avais une liste de projets bien trop longue, 35 quilts… Les choix n’étaient pas évidents, mais ce qui a primé c’est la nouveauté apportée, la petite ou grande idée qui rendait le quilt intéressant dans la perspective de BeeBook.
Ce quilt-en-devenir s’appelait Silverton, puis Dancing Queen sur ma liste. Je n’ai pas pris le temps de le terminer puisqu’il n’y avait pas de place pour lui. Mais je l’aime et il sera un cadeau pour mon fils. Son titre sera finalement Musical Stars. A noter que nous avons fait en sorte d’avoir des titres de quilts en français, même ceux venant d’Outre-Atlantique (le titre du livre en anglais suffisait bien…) et celui-là résistait… C’était un signe !
Nous avons eu plusieurs fois la désagréable impression de ne pouvoir pousser les murs (comprenez : d’ajouter des pages) pour des quilts qui avaient légitimement leur place, mais avoir des règles est nécessaire, en édition comme ailleurs. Vous verrez ces quilts tôt ou tard sur ce blog, tout n’est pas perdu !
A votre tour avec BeeBook, devenez une Abeille, une quilteuse active et créative ! Cette fin de semaine, lundi au plus tard, envoyez votre souscription si vous souhaitez profiter du tarif préférentiel. Toutes les informations complémentaires sont ici.
Sujata Shah, une chère amie quilteuse vivant désormais en Californie, a publié en 2014 un livre devenu un best-seller, Cultural Fusion Quilts. Il marque une étape importante dans la compréhension des quilts créés avec des techniques de coupe amusantes, générant un résultat toujours unique. Son art est hérité de Gwen Marston, notre grande inspiratrice, qui ouvrit bien grand la porte de l’improvisation. A chaque fois que je feuillette son livre, j’y trouve de nouvelles idées ! Ce que j’y aime aussi, c’est son attachement aux artisanats du monde, sources inépuisables d’émerveillement.
Mes amies de la Ruche et moi avons maintes fois utilisé ses astuces pour enrichir nos quilts ! Ce livre est toujours disponible. Il ne sera jamais traduit mais les nombreux schémas rendent la compréhension des techniques très facile.
Ses couleurs sont la plupart du temps plutôt chaudes et intenses, comme un coucher de soleil d’été indien. Parfois seulement, Sujata utilise le rose, par petites touches. J’ai reçu en cadeau un de ses rares quilts roses !
De son propre aveu, le rose n’était pas une couleur qu’elle utilisait facilement, mais peu à peu elle y prend goût.
Sujata n’étale pas inutilement sa vie privée sur son blog ou les réseaux sociaux. Si elle le fait, c’est dans un but bien particulier, en général pour partager une information importante à ses yeux. J’avais été intriguée parson alerte sur la maladie de Lyme et les commentaires de plusieurs personnes également concernées… J’avais donc étudié le sujet puis, devant son importance, j’avais à mon tour relayé l’information. L’été dernier, grâce à cette sensibilisation, j’ai pris au sérieux la plaque rosée entourant une morsure de tique datant de 20 jours ; les antibiotiques prescrits précocement, les plantes achetées en Hollande (interdites en France…) m’ont aidée à combattre la plupart des effets. C’est Sujata qui m’a sauvée !
En fin de semaine dernière, Sujata montrait son nouveau quilt, fait de couleurs bien différentes de ses gammes habituelles. Une envie de rose…
Quilt fini juste en même temps qu’elle apprenait une nouvelle qui change sa vie : Sujata a découvert, 1 mois 1/2 après une mammographie négative, une grosseur alors qu’elle prenait sa douche. Grosseur qui s’avère maligne. Alors Sujata, avant son traitement de six mois, alerte les quilteuses : ne laissez rien passer…
Sujata ne manque pas de force intérieure, d’esprit positif, de ténacité… Souhaitons-lui un rétablissement rapide et complet, ainsi qu’à toutes celles qui subissent également cette attaque.
Octobre rose est une alerte annuelle pour nous rappeler de nous faire dépister… Aujourd’hui c’est Mai rose, car c’est tout le temps que nous devons rester attentives.
Sujata me fait l’honneur de participer à BeeBook, vous y trouverez un modèle exclusif, complètement dans l’esprit des coupes à main levée. Et là aussi, son quilt lumineux contient du rose, vous l’aimerez j’en suis sûre !
Cultissime phrase de Jean Gabin à Michèle Morgan dans Quai des Brumes (1938)…
T’as un beau dos, tu sais.
… C’est ce qu’on dit parfois dans la Ruche… en parlant des quilts bien sûr ! Nous nous motivons mutuellement pour faire de beaux dos de quilts, et surtout de belles étiquettes. Pour BeeBook, Kristine nous a brodé une bonne partie d’entre elles, car elle aime ça et le fait si bien… Belle solidarité, n’est-ce pas ?
Si je ne souhaite pas montrer de quilts de BeeBook (modèles ou illustrations) pour garder la joie de la découverte, je peux vous montrer quelques étiquettes brodées par Kristine dès aujourd’hui, histoire de vous faire patienter !
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Une petite autre série d’étiquettes arrivera bientôt…
Ceux qui auront le livre à partir du 14 juin s’amuseront à trouver quelle étiquette va avec quel devant !
Et vous, prenez-vous le temps de soigner vos dos ? Vos étiquettes ?…
Attention, vous n’avez plus que quelques jours pour profiter du tarif préférentiel…
A partir du 16 mai, le livre pourra être acheté à son prix de vente normal (29,50 €). Il sera disponible à partir du 14 juin 2019 à Vichy, lors des manifestations nationales de France Patchwork (AG le 14, JNA le 15 juin), et envoyé ensuite très vite à toutes les personnes l’ayant commandé.
Vous pourrez ensuite l’acheter dans les Salons où l’Association France Patchwork sera présente, et toujours par correspondance à :
France Patchwork – BeeBook
B. P. 10
27310 St-Ouen-de-Thouberville
Hannah, une douce et jeune maman au visage poupon, est photographe en semaine et chasseuse de quilts le week-end, écumant les ventes dans l’ensemble du Tennessee. Et sa récolte est toujours impressionnante ! Au marché aux puces de Nashville le 1er mai, elle en a récolté plus de 100.
Avec son mari, elle traque les quilts vintage, la plupart datant de l’entre-deux-guerres, beaucoup sur fond blanc avec de ravissants imprimés, mais on a aussi des fonds vifs ou pastel, illuminant tous ces blocs que nous connaissons bien… Quelle diversité ! Chacun est unique. Certains sont devenus fades, d’autres puent le renfermé, il y a parfois des taches ou des accrocs, mais aussi ils peuvent être en parfait état ! Quand on la voit dévaliser les stands, elle entend dire inévitablement : eh bien vous n’aurez pas froid l’hiver prochain !
Hannah aimerait bien les garder TOUS.
Bien sûr, c’est impossible. C’est en revanche son petit boulot de les acheter, les laver souvent, les mettre sur son site et les revendre à des prix très raisonnables – ils s’étalent aujourd’hui sur son site de 15 à 145 $. Attention, celui que vous repérez va sans doute partir dans les minutes qui viennent ! C’est le jeu, à peine mis sur le site, ils sont convoités. Le premier qui paie aura le quilt, la règle est simple et juste.
Voici quelques exemples de quilts trouvé le 1er mai :
Si vous souhaitez en acheter, le coût du transport hors USA doublera sans doute le prix, mais cela reste raisonnable pour ces trésors du passé…
Selon le style ou l’état, un quilt peut être un « cutter quilt », un quilt très usagé, à être recoupé pour récupérer ce qui peut l’être, un « tacked quilt », un faux quilt car il est maintenu par des nouettes par exemple… Hannah en fait une description qui vous aidera à choisir.
Hannah prend parfois le temps de profiter de quelques quilts chez elle, avant de les mettre en ligne.Hannah poste extrêmement rapidement les quilts vendus, gage de la satisfaction du client. Ici le chargement pour aller à la Poste !Fin février, elle alla visiter le QuiltCon, l’exposition annuelle des quilts modernes organisé par la Modern Quilt Guild. Cette année, c’était chez elle à Nashville ! Elle se rendit compte à quel point les quilts sont précieux, ceux du passé comme ceux du présent, tous ont été faits avec amour…
C’est à travers de telles petites histoires qu’on se rend compte à quel point les quilts font partie du quotidien et de la culture de nos amis nord-américains !
Son site : Stitched and Found avec de superbes photos ! Hannah est aussi très active sur Instagram, c’est là que Kristine a trouvé cette belle histoire vraie pour la Ruche…
Rappel : plus que 11 jours pour (vous) offrir BeeBook au tarif préférentiel, un livre aux quilts actuels, de futurs quilts classiques ! Tout n’est qu’une question de perspective…
Que faire au 19e siècle aux Etats-Unis quand on a un esprit curieux et scientifique ? Pour un homme, la question ne se pose pas dans ces termes. Pour une femme, il faut que ce soit acceptable, convenable.
Pour une femme vivant dans l’Iowa rural, une des occupations scientifiques convenables était l’astronomie, sans doute parce que c’était propre et lointain… Sarah Ellen Harding Baker (1847-1886) réussit à mener sa vie familiale avec 7 enfants nés (5 survivant aux difficultés de la petite enfance) et ses recherches sur le système solaire. Elle n’eut pas le temps de poursuivre longuement sa carrière, la tuberculose l’emporta à 38 ans.
Pour transmettre son savoir acquis par de multiples lectures pointues, elle faisait des conférences… mais elle n’avait pas de Power point… Elle fit donc un quilt immense, bien visible en conférence : 225 x 269 cm !
Le top est fait sur une étoffe de laine noire, doublé d’un tissu laine et coton, brodé et appliqué de laine et de soie. Il fut terminé au bout de 7 ans. Il est dans l’esprit des gravures scientifiques d’alors et son système solaire est exact. Elle passa de longues heures au télescope de Chicago pour bien capter les lunes de Jupiter, les anneaux de Saturne… Bien sûr Pluton n’y est pas, planète découverte en 1930.
Ce quilt est conservé au National Museum of American History, à Washington D.C.
L’Allemande Caroline Herschel (1750-1848… vécut 97 ans et 10 mois !) fut la première femme astronome professionnelle au monde, suivie par Maria Mitchell (1818-1889) aux USA. Toutes deux furent de brillantes astronomes. Dans la galaxie des scientifiques de l’espace, elles y laissèrent leur nom (chacune a un cratère de la Lune à son nom, ainsi que des comètes). L’Américaine, en bonne Quaker, ne s’habillait jamais en coton, pour ne pas soutenir l’économie du coton américain lié à l’esclavage…
Je prends ici le temps de vous présenter une oeuvre de Judy Chicago, artiste contemporaine, qui dans les années 1970 créa une table triangulaire de 39 places, chacune étant dédiée à une femme remarquable. Pour chacune, une place avec des symboles, un chemin de table brodé par l’artiste. Certaines évocations très explicites sur l’anatomie féminine ont fait couler beaucoup d’encre !
The Dinner Party, exposé à présent au Musée de Brooklyn
Parmi ces femmes, l’Allemande Caroline Herschel est présentée ainsi :
Broderie à la main par Judy Chicago. C’est superbe, sans scandale, sans critique !
« Miss Cecilia H. Payne – Harvard Obs. Astron. »
Au XXe siècle, la chercheuse brillantissime Cecilia Payne, née en Angleterre en 1900, fit scandale quand elle décida de garder son poste alors qu’elle venait de se marier. Pire, elle osa faire une conférence enceinte de 5 mois. Chocking n’est-ce pas ? Je ne saurai pas entrer dans les détails, mais elle fut la première à découvrir, à 24 ans, que les étoiles sont primairement faites d’hydrogène, elle fit de brillantes recherches sur les étoiles variables, les supernovas… et elle broda, au crépuscule de la vie, une image pixelisée des vestiges de la supernova Cassiopée :
Représentation de ce qui se passa il y a des centaines d’années, à des milliers d’années-lumière de chez nous, avec un art traditionnel féminin. Quelle poésie ! Cette broderie est conservée dans les archives de Harvard. 1975
Au 21e siècle, des femmes sont astronautes… et néanmoins quilteuses, du moins Karen Nyberg ! Pendant les 5 mois de travail intensif dans la station spatiale en 2013, elle trouva le temps de coudre le premier bloc fait dans l’espace ! Elle raconte qu’elle a eu du mal à couper et coudre en apesanteur et estime que ce n’est pas un chef d’oeuvre… mais quel exploit, indéniablement ! Dans cette video elle partage avec nous ses difficultés avec humour et lance un challenge.
Les tissus ne se laissent pas couper facilement en apesanteur.
Une étoile libérée à la manière de Gwen Marston…
C’était en 2013. Elle propose en fin de vidéo que des quilteuses cousent d’autres blocs d’étoiles pour en faire un quilt à exposer à Houston en 2014. Ce qui fut fait, et au-delà !
Une star, Karen Nyberg, autour d’autres stars… 2 200 blocs d’étoiles sont arrivés à la suite de sa proposition et 28 quilts ont été faits ! A Houston en 2014, voici Karen avec le quilt comportant son étoile faite dans l’espace…
Une blogueuse, Katie, a photographié les 28 quilts que vous pouvez voir ici. L’exposition itinérante continue son chemin, elle était à Winedale (TX) en février dernier. La collection de quilts a été offerte au Briscoe Center for American History à Austin (Texas).
Parmi la myriade d’étoiles, un bloc fit sensation :
« Portrait de l’astronaute quand elle était jeune fille ». Il se trouve dans le même quilt que l’étoile de Karen.
A la dernière Journée de l’Amitié France Patchwork de notre département, Liane m’a montré un top trouvé dans une maison de famille. Elle voulait en savoir un peu plus sur ce bel ouvrage. C’est un top fait de blocs avec des appliqués variés et une mignonne bordure de triangle que nous appelons point de prairie. Du beau travail, même si son état le rend délicat à manipuler. Les couleurs restent vives et très contrastées. On voit bien que ce sont des teintures naturelles, faites à partir de végétaux ou autres matières naturelles. Le coton est légèrement irrégulier, certainement pas traité industriellement. Le fil utilisé pour l’appliqué est tout blanc, comme souvent pour les quilts anciens de toutes origines.
Je le soupçonnais venir du nord-ouest d’Inde mais sans certitude. De petites recherches sur internet confirment mon intuition, ce top fait partie des Ralli quilts faits par les peuples du nord-ouest de l’Inde et du sud du Pakistan, à l’est du fleuve Indus. Curieuse, je me suis acheté LE livre des Ralli quilts et je suis heureuse d’en connaître un peu plus à présent !
Dans cet immense territoire, on fait des quilts depuis la nuit des temps. Ils servent de couverture de lit, de tapis de sol, d’emballage et de protection d’objets, de coussin, de selle de cheval ou de chameau… Les tissus n’ont pas une longue durée de vie, mais on en trouve la trace sur diverses gravures. Les mêmes motifs se retrouvent sur d’antiques poteries et autres objets, et même sur des tombes.
Naguère les quilts n’étaient faits que pour la famille et constituaient une bonne part de la dot. A présent il existe des marchés et coopératives pour que les femmes puissent les vendre. Les convictions religieuses différentes, hindoues et musulmanes, ne semblent pas apporter de différences aux quilts.
Par la vente de leurs quilts, les femmes se prennent en main et des aides comme l’alphabétisation sont organisées.
On distingue trois familles de quilts mais souvent on trouve l’association des différentes techniques. La plupart sont de tissus unis, ce qui les rend à nos yeux très modernes !
Ceux en patchwork, faits de recyclage de tissus, ont des motifs géométriques qu’on retrouve identiques en Amérique. On peut les nommer Vol d’oie, Étoile de l’Ohio ou Sablier, mais nul doute qu’ils portent d’autres noms au Pakistan 🙂
Ceux en broderie sont souvent sur fond noir, ils sont faits par le peuple nomade du nord de cette région. Ils comportent souvent des miroirs appelés shishas, donnant un éclat incomparable.
Ceux en appliqué ont souvent des formes de flocons de neige dans un carré et les bordures sont parfois en appliqué inversé, produisant les mêmes dessins que des gravures sur bois de la région.
Cette belle photo de femme vient du site Ralli Quilts, tenu par l’auteure du livre éponyme.
La vallée de l’Indus abritait une ancienne civilisation brillante avant JC qui garde encore beaucoup de ses mystères… Comment lire leur écriture ? Pas de pierre de Rosette pour aider cette fois-ci.
A l’Âge de bronze, ils construisirent de grandes villes au meilleur système de drainage, de distribution et de conservation d’eau de l’époque. C’étaient de grands commerçants et constructeurs, plutôt pacifiques. Un déclin en 1700 avant JC est évident sans qu’on en trouve la cause jusqu’à présent. C’est peut-être une guerre, mais plus probablement un changement climatique, avec des crues dévastatrices, des famines ou épidémies qui précipitèrent la chute de cette civilisation qui fut redécouverte seulement au XIXe siècle.
Voici des détails du beau top de Liane :
Cela me donne une furieuse envie de refaire de l’appliqué !
Détail de la bordure :
Très intéressant : on voit le changement de couleurs des triangles au gré de l’envie… et une marque presque effacée sur l’écru : …RATION et dessous : …ACHI. Opération Karachi ??? Seul un spécialiste pourrait donner la réponse !Voici l’envers du décor : les triangles « point de prairie » sont fixés par une piqûre à la machine à coudre, tout comme l’assemblage des bandes, alors que l’appliqué est à la main. Les teintures ne tiennent pas, en particulier le turquoise.
Ma chère Liane, merci pour ta confiance, j’ai bien aimé partir à la recherche de l’origine de ce beau top ! A toi maintenant de chercher dans ta famille qui est allé dans cette région… ou bien est-ce simplement un coup de cœur chez un antiquaire ? Le mystère ne se lèvera pas nécessairement et cet ouvrage restera alors source de rêverie…
Le 21 avril dernier, Ian célébrait sur Facebook les 93 ans de sa Reine avec ce tableau fait il y a quelque temps :
Son actualité est au grand magasin d’Oxford Street de Londres, Selfridges, avec un stand dédié au blue jean et son recyclage.
En Grande-Bretagne comme ailleurs s’organisent des filières de récupération des vêtements, à revendre ou à reconditionner en nouvelle matière première. La styliste Anna Foster récupère des jeans pour créer de nouveaux vêtements dans une vielle usine, réduisant ainsi drastiquement l’empreinte carbone de ses créations. Une manufacture textile pour le denim a vu le jour dans le Lancashire… et bien d’autres exemples.
Au Selfridges de Londres, 3e étage.
Depuis quelques années, sa démarche par rapport au recyclage du denim est une des questions les plus posées. Voici sa réponse.
Ian : « Je suis fier de faire partie de la communauté grandissante londonienne des artistes et artisans du denim où la durabilité, la qualité, aussi bien qu’une éthique positive sont au cœur de tout. […]. Quand j’ai commencé ce travail, je ne le faisais pas réellement pour des raisons de recyclage, même si j’étais un grand fan d’Al Gore. J’utilisais le denim parce que je ressentais cette matière de notre temps parfaite pour mes tableaux de la vie contemporaine. Ces toutes dernières années, la durabilité et le recyclage sont les nouveaux mots à la mode, ce qui est très bien dans un sens, mais seulement si c’est d’une façon authentique et pas comme un objet de marketing. Bien sûr je suis heureux qu’on parle de moi dans des discours de recyclage et que cela fasse réfléchir les gens, mais même si je suis très soucieux de l’environnement et que je me suis rendu compte à quel point le denim a été un point noir de la fabrication textile, cela n’a jamais été la raison fondamentale de mon travail. »
Ian met un point d’honneur à faire des tableaux uniquement à partir de ses propres photos. Voici une petite vidéo juste pour le plaisir de voir de très près certains de ses plus beaux tableaux… et avoir une vue de son atelier…