Un grand rendez-vous ! L’espace commercial vous permettra de découvrir toutes les nouveautés, les expositions d’artistes talentueux vous inspireront et les stages vous permettront d’apprendre de nouvelles techniques… Claude Gilbert et ses amies vous accueilleront également sur le stand France Patchwork.
Betty a acquis, vous l’avez lu, un quilt issu de la Grande Dépression, fait de restes d’autres quilts. Aujourd’hui, c’est un quilt qui a eu beaucoup de chance que je vous montre, Betty me l’a signalé et rêverait de l’acquérir !
Il a passé les décennies sans broncher, protégé chez une famille d’antiquaires conscients de sa valeur ! Rendez-vous compte, ce quilt a presque 100 ans, fait pendant les années folles, juste avant la Grande Dépression. Il est remarquable par sa fraîcheur, mais aussi par sa composition : il est fait à l’envers, c’est à dire commencé par les bordures et continué jusqu’au centre.
L’immense variété de tissus le rend encore plus précieux. Le centre est un autre sujet d’émerveillement, oh une rose !
Vous pouvez aussi y voir un nénuphar, une pivoine… En tout cas c’est superbe !On voit bien ici les changements de direction, décidément ce quilt est unique !
La Mère Migrante est LE visage de la Grande Dépression, photo mythique de Dorothea Lange prise en 1936 :
Femme longtemps anonyme dont on ne connaissait que l’âge -32 ans seulement- et qu’on supposait fermière blanche chassée de ses terres devenues incultes en raison de la crise et du dust bowl, sur la route avec ses enfants mourant de faim… Un symbole poignant.
Dans les grandes plaines, là où naguère des herbes aux puissantes racines fixaient le sol, les nouveaux Américains labourèrent des milliers d’hectares… Un mauvais alignement des étoiles et voilà la bonne terre soumise à des sécheresses, des vents… La bonne terre s’envole en énormes nuages, le dust bowl, qui tue et met sur la route des milliers de familles qui n’ont plus rien… en pleine récession économique.Cette peinture de Rebecca Barker (Quiltscapes) rappelle que les Grandes Plaines étaient naturellement plantées d’herbes que broutaient les bisons… Sur ce territoire poussaient quelque 3 000 espèces de plantes qui étaient le garde-manger et le réservoir médicinal des Indiens.
On a longtemps parlé de la puissance de la photo de Migrant Mother, le regard courageux malgré le poids de la misère. Effectivement, en plein dans la période décrite dans Les Raisins de la Colère de Steinbeck, cette femme souffrait comme des millions de personnes de pauvreté mais elle n’était pas celle qu’on croyait… Des suppositions erronées font de ce portrait un malentendu que la protagoniste Florence Owens racontera bien plus tard. Pour des détails, voir par exemple cet article en français.
En 1979, Florence Owens entourée de ses filles qu’on voit sur la photo mythique. Elle aura en tout 10 enfants.
Dans tous les Etats-Unis, les 10 ans de Grande Dépression sont restés dans les mémoires comme une vilaine cicatrice mais aussi, rétrospectivement, comme la preuve du pouvoir de résilience et de rebond des Américains. Florence Owens en est malgré tout un bon exemple, avec ses sept enfants à 32 ans, déjà veuve, remariée, soucieuse de l’avenir de ses enfants et surtout de leur présent, c’était une femme courageuse.
Pour survivre on s’inquiète toujours de la nourriture, mais dormir au chaud est une autre nécessité de la vie. Que vous inspire ce quilt ?
Un quilt unique et bizarre…
On n’en connaît pas l’origine mais, avec toutes les précautions d’usage, on peut essayer d’en deviner une bonne partie. Mon amie Betty, devenue collectionneuse de quilts anciens utilisant la technique de la pomme de pin, l’a acheté à une spécialiste chevronnée du Nouveau-Mexique qui en fit une appréciation et estimation.
Il est certain que ce quilt est du Vieux-Sud américain, d’origine afro-américaine. On peut voir qu’il est fait de morceaux très différents : des portions en pine-cone : trois longues bandes verticales ininterrompues et plusieurs plus petits morceaux constituant une quatrième bande. Parfois en lignes droites, parfois en courbes, les carrés pliés n’ont pas la même taille. En encadrement sur trois côtés, de larges pièces de tissus ainsi que des string blocks (blocs faits de bandes de tissus cousus) agrandissent ce quilt un peu bancal (12 cm d’écart entre les côtés). Ce qui est en pine-cone n’a pas de molleton, juste un tissu de fond, alors que l’encadrement est molletonné. Le quilt est matelassé de manière lâche, à grands points.
A gauche on voit la partie en bandes, un des blocs les plus populaires de la Grande Dépression : couture rapide, utilisation de toutes les chutes. Les trois bandes de pine-cone ont une certaine unité, car ils étaient faits des tissus recyclés disponibles venant de vêtements et linge de maison : on y voit de la diversité mais des dominantes fortes de ce qu’on avait sous la main dans chaque foyer.Cette partie avec beaucoup de rouges est très jolie !
Le dos est constitué principalement de feed sacks, ces sacs ayant contenu des denrées alimentaires. Des coutures d’assemblage ont lâché.
Cette partie du dos montre un sac de sel utilisé comme doublure.Ce sac contenait du sucre de canne. Quelques taches sont visibles sur le dos.Couture entre deux bandes de pine coneDos du quilt
Comment rester indifférent devant un tel quilt ? Certes, il ne gagnera aucun concours d’élégance. Mais son examen suggère fortement qu’il est fait de restes d’autres quilts, peut-être de pine cone quilts trop tachés ou usagés pour les garder tels quels, faits des années plus tôt par la mère ou la grand-mère de la quilteuse… Les parties en pine-cone ne sont pas molletonnées, simplement parce qu’elles sont déjà très chaudes, avec les multi-couches de tissus qui emprisonnent l’air ! Ce quilt est pour moi une poignante évocation du courage des femmes de l’époque qui savaient à quel point il fallait se battre pour survivre.
Enrichie par mes lectures et les témoignages de Betty, je ne peux m’empêcher d’imaginer une mère de nombreux enfants devant, en pleine Grande Dépression, fournir le plus vite possible des couvertures pour sa famille avant l’hiver…
Bien sûr je peux me tromper, comme la photographe, mais ce quilt semble me parler…
Je vous ai souvent parlé de Betty, ma grande amie de Floride qui, inlassablement, hisse bien haut le patrimoine afro-américain et plus particulièrement les pine-cone quilts. Ces jours-ci elle expose à la Highland Art League en Floride des grands et petits pine cone quilts, des poupées, des vêtements afro-américains du XXe siècle (de Miss Sue)… et un tapis en hook-rug fait par sa maman dans les années 1970 !
Betty a un supporter indéfectible, son mari ! L’année dernière, il a choisi une gamme bien particulière de tissus, des blancs et noirs, avec des pointes de couleurs rouge vif incluses dans un imprimé. Ce très beau quilt a été cousu par Betty, le voici, tout juste terminé le 21 décembre dernier au Solstice d’hiver :
Il y a quelques mois, Betty assemblait patiemment ses petits carrés :
Mais pour le faire, elle avait une aide discrète mais oh combien utile :
Smitty utilise un cutter qui glisse dans le rail de la règle, une technique bien connue des encadreurs pour couper le carton, maintenant proposée aux quilteurs.En plus d’avoir suggéré les couleurs, Smitty met la main à la pâte… ou plutôt au cutter, quelle bonne idée !
Après le douloureux épisode de la tempête Irma, Betty & Smitty ont pris une décision lourde de conséquence : vendre leur magasin d’antiquités…
Dans son magasin, Betty avait disposé son premier quilt avec des poupées aux longues jambes qu’elle avait faites dans les années 1980.Vue du magasin, réputé dans la région, avec de beaux éventails au premier plan.
En décembre, il a fallu dire bye-bye aux antiquités, c’est un choix qui néanmoins fait un serrement au cœur…
Le camion, qui a tant transporté de meubles et objets pendant 14 ans…
Le magasin vendu, Smitty s’est dit qu’il fallait faire quelque chose de peu commun pour aider à tourner la page, comme… Go & meet Katell, dit-il. Quelle bonne idée encore Smitty, de répondre à mon invitation !! Je suis extrêmement heureuse à l’idée d’accueillir Betty & Smitty en juin prochain ! Je sais que cette rencontre sera inoubliable, Betty est une belle personne que j’admire tant ! Nous visiterons ensemble chaque jour un nouveau coin de l’Occitanie et, qui sait, peut-être pourrons-nous rencontrer des quilteuses au cours de leur semaine de séjour ?
Hi Betty, see you soon!
Prochainement, nous verrons ensemble un quilt antique acheté par Betty dont on ne connaît pas vraiment l’histoire, mais qui pourtant raconte tant de l’époque de la Grande Dépression… A bientôt !
C’est aujourd’hui Caroline qui nous raconte l’histoire d’un quilt qu’elle a rêvé… et que Kristine a fait !…
Tout est parti de ce quilt de Kristine réalisé l’an passé, découvert lors de mon passage en terre toulousaine en février dernier et pour lequel j’ai eu un véritable coup de foudre visuel, mais aussi pour l’histoire de sa genèse… Là est le véritable point de départ de ma commande spéciale à Kristine. il s’agit du quilt « médaillon à la manière de Gwen Marston » :
J’ai rencontré Kristine il y a plus de 20 ans lors de notre aventure commune de l’association Paris Point de Croix et, depuis cette époque, nous conjuguons nos mains et nos idées pour des petites aventures textiles : Kristine est une fée couturière et moi je suis une fée bavarde, un peu brodeuse et qui utilise cet art modeste comme alibi pour immiscer de l’écriture sur le textile! L’amitié constitue l’autre rouage de cette aventure : j’ai le bonheur de tisser des liens continus avec mes amies d’enfance du Vésinet depuis presque 50 ans et avec mes amies brodeuses parisiennes. Deux d’entre elles habitant maintenant la région de Toulouse (Anne la graphologue et Kristine la brodeuse), l’occasion s’est vite présentée de les faire se rencontrer et d’imaginer un pont textile entre nous trois ! L’idée de raconter une histoire via un patchwork m’avait tellement emballée qu’en juin 2017, j’apportais à Kristine dans mes bagages une sélection de tissus et autres brimborions textiles pour réaliser non pas un, mais deux quilts en patchwork qui retraceraient à l’aiguille notre amitié !
Un ensemble de tissus, rubans, dentelles, broderies, monogrammes, souvenirs à inclure dans la mesure du possible dans le quilt d’amitié pour Anne.
Voici donc le premier volet de ce roman à quatre mains, destiné à Anne… Les lettres et l’écriture y tiennent une place de choix car elles incarnent au mieux mon amie Anne (monogramme ancien chiné à Toulouse, imprimés textiles, phrases quiltées, enveloppe pour symboliser nos échanges épistolaires, livres…).
Quilt ancien américain rapporté de Boston par Anne.Superbe, mais certains tissus ont souffert et devront être remplacés, Kristine aura la charge et l’honneur de le rénover.
Ce patchwork s’imposait également car Anne a vécu quelques années à Boston et en a rapporté de nombreux souvenirs (dont un quilt ancien et une merveille de machine à coudre…) et même l’art des cabanes en bois nord-américaines puisqu’Anne et son mari en ont installé une dans leur prairie commingeoise ! Ce patchwork y trouvera certainement son écrin rêvé 🙂
La Cabane d’Anne, futur écrin d’un quilt unique…
Il convenait également d’évoquer la passion du Bleu, de Matisse, des fleurs et des lieux qui ont jalonné son existence, d’où cette pétillante guirlande de fanions que personnellement j’applaudis car elle nous embarque en voyage dans cette caravane de rêves !
L’écriture, la lecture, les voyages avec l’évocation de la cabane en bois avec un bloc de log cabin sous le bouquet de fleurs, le drapeau américain suggéré, le bonheur des Pyrénées proches, les aventures épistolaires, trois enfants symbolisés par trois oiseaux à la Matisse… Mille et un messages et souvenirs sont cachés dans ce quilt !
Bravo encore à Kristine d’avoir traduit le brouillon de mes idées et à très vite pour le second volet de l’aventure…..
La Marmite Norvégienne est un principe de cuisson millénaire : on porte à feu vif puis on laisse cuire sans feu ni flamme, simplement en calfeutrant, protégeant, isolant le contenant dans une caisse pleine de foin, dans le lit sous des couvertures, etc. On connaît le principe du thermos qui garde au chaud, ici on utilise l’isolation pour maintenir assez chaud pour poursuivre longtemps la cuisson. La Marmite Norvégienne, ou caisse à cuire, était très populaire au début du 20e Siècle puis de nouveau dans les années 40, mais aussi en continu dans les campagnes.
Publicité parue en 1917 dans Le Pays de France, Etats Généraux du TourismeAffiche pendant la Grande Guerre
Maintenant qu’on souhaite réduire sa consommation d’énergie, la Marmite Norvégienne revient à la mode. Elle a une fervente avocate francophone : Mireille Saimpaul, alias Cerise.
Toute l’histoire de la cuisson en MN, liée à l’économie domestique à travers les âges, est racontée d’une façon absolument délectable dans ce livre :
Il est malheureusement épuisé, mais l’auteur est généreuse et nous l’offre en PDF, avec l’espoir d’avoir en retour un commentaire sur son blog ou un don. Bien sûr, cet article va lui être signalé.
Autre livre de Cerise, je viens d’acheter l’avant-dernier exemplaire sur Amazon :
Des astuces pour aménager sa cuisine très simplement, en évitant la plupart des appareils électriques… Vers une sobriété heureuse… avec du temps et quelques efforts quand même ! Je ne suis pas prête à me séparer du lave-vaisselle comme Cerise… Je finis de le lire et le passe ensuite à ma fille !
De nombreux bricoleurs font des caisses isolantes, d’autres utilisent des anoraks ou de vieilles couettes pour entourer leur cocotte… Je n’étais pas prête à ça.
Réseau social des Colibris, Faire sa part: cocotte bien protégée par des galettes de chaise dans un sac de courses.Cuiseur sans flamme à bricoler, avec comme isolant du foin. C’est la pratique la plus populaire chez nos amis anglophones.Futée, la boîte en carton avec isolant en paille de Nadine
En revanche, ceci m’a attirée :
Ces Marmites Norvégiennes ont été conçues par mon amie Chantal, une Abeille de la Ruche des Quilteuses (voir Bee Chantal). Elles sont belles et parfaitement opérationnelles. Chacune a un socle isolant en liège, un épais matelas isolant en chanvre et une belle housse déhoussable & lavable en coton. Elle appelle joliment sa création une Mijot’in. Avant ma commande, j’ai eu la chance de pouvoir tester si mes cocottes préférées entraient dans sa « petite taille » : oui, sans problème !
Pour utiliser une Mijot’in, il faut avoir une cocotte à couvercle qui rentre dedans !! Ces deux-ci sont parfaites, l’une en inox, l’autre en fonte. Sinon, il faut une casserole à manche amovible… toujours avec un couvercle bien adapté. Chantal propose deux tailles, j’ai la plus petite, la plus grande étant pour les grands faitouts.
Un petit tour dans mon atelier pour chercher le tissu que je voulais (privilège d’être amie avec Chantal !) et je lui commande en décembre ma Mijot’in en tissu Andover de Renee Nanneman, collection French Farmhouse de 2009, dans lequel je n’arrivais pas à couper tellement je l’aimais ! Chantal l’a terminée à temps pour que je la reçoive en cadeau à Noël. La voici sur le quilt fait en octobre dernier pour Les Nouvelles (modèle dans le n° 135) :
J’ai commencé timidement à l’utiliser, difficile de prendre de nouvelles habitudes. Mais à présent, un bon mois plus tard, je l’utilise quotidiennement et je suis réellement conquise, la Mijot’in n’a que des qualités comme toute MN bien conçue. Je craignais l’encombrement, mais elle est si belle qu’elle reste bien en vue dans la cuisine 🙂
Les couturières, quilteuses, bricoleuses (mettre aussi bien sûr au masculin) peuvent se créer leur propre Marmite Norvégienne : une fois qu’on a compris le principe, les possibilités sont infinies et les exemples foisonnent sur internet pour s’en faire une sans trop dépenser. Mille détails dans le blog et le livre de Mireille Saimpaul.
Pour moi l’esthétique compte autant que l’efficacité. Les Mijot’in de Chantal sont de conception, de matières premières et finitions parfaites, cela a un coût que je trouve parfaitement justifié.
Vous pouvez voir les réalisations de Chantal en vente sur son blog et la contacter: voir contact. Elle participe à des expos-ventes autour de Toulouse sous le nom de Couleurs Bobines.
Mijot’in utilisée quotidiennement ! Je pense à Chantal avec gratitude chaque jour…
A la suite d’un commentaire de l’article sur la pleine Lune, j’ai eu un échange de mails avec Edissa, Esther du Québec. Elle m’a présenté le quilt qu’elle a fait pour sa sœur qui habite non loin de Boston (Massachusetts). Avant de le lui offrir, elle avait fait des photos. J’ai trouvé sa lettre charmante et son quilt japonisant magnifique ! J’ai son autorisation pour le partager avec vous. Il ne deviendra jamais un modèle avec toutes les mesures, mais vous pouvez vous en inspirer pour en faire un dans le même esprit !
Cette courtepointe est une création pour ma sœur.
Voici donc sa photo. Pas ce qui est le mieux comme décor, le but de la photo était de la présenter toute entière. Ou presque… Il manque un petit morceau de la courtepointe à gauche où se trouve la 5e petite bande rouge. On peut la voir sur la seconde photo qui a été prise avant l’assemblage.
Le gris en dominante était demandé par ma sœur de même que le petit soupçon de rouge. Elle désirait aussi quelque chose de très sobre et calme, autant par les motifs des quelques imprimés (uniquement du non-figuratif), les teintes et le mouvement proposé avec l’assemblage des diverses pièces. Le piquage (quilting) est réduit au minimum, uniquement « in the ditch », même si cela laisse de vastes espaces sans aucun point. Chez ma sœur il est posé sur un lit japonais une place en bois.
Travailler ainsi était tout nouveau pour moi, tellement plus habituée au « scrappy » et aux imprimés variés. Et le gris est une couleur pas facile à mélanger/accorder avec elle-même ! Gris-bleu, gris-rose, gris-beige, gris-vert… Toute une école !
Bien amicalement, Esther
J’adore son utilisation du mot courtepointe, typiquement québécoise !
Merci Esther pour le partage 🙂
La troisième Occitane, c’est Patricia Cathala, je la connais depuis peu, nous avions bien discuté sur le stand de Sheila Frampton-Cooper en octobre dernier, puis nous avons tissé des liens grâce à un Anglais, pas n’importe lequel, notre cher Ian Berry ! Patricia a en effet participé auSecret Garden, alors que moi j’avais dû décliner l’offre, faute de temps. Nous nous étions auparavant croisées plusieurs fois, mais toujours très brièvement. A présent je sais combien Patricia est chaleureuse et très sympathique !
Je suis allée bien souvent, le 15 août, à sa Fête du Fil ! C’est LA sortie textile dans la torpeur estivale, quand déjà on voit poindre la rentrée… Je regrette encore une tapisserie des Tentmakers que j’ai eu la sagesse de ne pas acheter… Quelle idée d’écouter cette fichue sagesse, j’aurais dû être moins raisonnable !
Comme les deux autres manifestations, à Pexiora et à Lacaze, c’est la bonne ambiance occitane qui prévaut. On se balade tranquillement du parc à la salle des sports en passant par le magnifique Musée Départemental du Textile, on mange à la bonne franquette… et on ne voit pas le temps passer !
J’étais donc très intéressée de connaître un peu plus de cette manifestation et l’âme du projet. Vous allez le constater, comme toujours, c’est un noyau dur d’amis qui travaillent bénévolement avec ardeur.
Sur le chemin en venant de Toulouse, on est frappé par le nombre d’usines textiles à l’abandon et voir l’animation de cette ville en plein mois d’août fait vraiment chaud au cœur !
Patricia en élégante compagnie !
Patricia à Labastide-Rouairoux (81)
Je suis née à Labastide-Rouairoux et j’ai grandi dans la filature de mon père au milieu des ballots de laine, des machines, des échantillons de fils fantaisies…
J’ai toujours aimé avoir du tissu, de la laine, du fil, des rubans entre les mains et « bricoler, bidouiller ». Je brode, couds, fais du patchwork, du boutis, et aussi un peu de tricot… J’aimerais avoir plus de temps pour pouvoir avancer tous mes ouvrages en cours et mener à bien tous mes projets !
Cette année ce sera la 19ème édition de la Fête du Fil. Cette animation a été créée avec l’office de tourisme du village. J’y ai travaillé pendant une douzaine d’années avant de rejoindre la mairie. Nous voulions créer une animation qui mette en valeur notre patrimoine textile et amène par le biais des loisirs créatifs une nouvelle clientèle aux entreprises locales et au Musée Départemental du Textile.
Visite du Musée Départemental du Textile, Labastide-Rouairoux (81)
En 2014, en raison de la nouvelle organisation du tourisme nous avons dû créer une nouvelle association pour pouvoir continuer la Fête du Fil : l’Office d’Animation Bastidien. Nous avons profité de cette occasion pour développer la fête avec deux jours d’animations sur le site du parc municipal et un salon des loisirs créatifs dans la salle des sports tout spécialement aménagée.
L’expo des Tentmakers du Caire en 2016 était magnifique !Exposition de 2017 en partenariat avec le Carrefour Européen du Patchwork (concours 2016 sur le thème de la couleur).
Organiser et développer cette Fête du Fil n’est pas une chose facile.
C’est toute une année de travail bénévole pour deux jours d’animations !
Nous nous efforçons de conserver l’entrée gratuite pour le public. Il faut donc trouver d’autres sources de recettes en sachant que nous n’avons quasiment pas de subventions (certains considèrent malheureusement que l’art textile n’est pas de l’Art…)
C’est ce côté finances que j’aime le moins : trouver le budget nécessaire pour pouvoir réaliser le programme envisagé.
N’oublions pas la programmation (pas facile de convaincre certains artistes), la communication, la logistique, le côté administratif…. d’où l’importance d’avoir une équipe de bénévoles efficaces, disponibles, volontaires et sympathiques !
Mais la Fête du Fil c’est surtout de belles rencontres avec les artistes, les exposants, le public. Un tout qui fait que même si le 15 au soir on est complètement épuisés…. on signe à nouveau pour l’année suivante !
Tout se termine toujours autour de la table et on signe pour l’année prochaine !