Les brodeuses françaises connaissent toutes la broderie glazik (ou glazig), cette spécialité de Cornouaille bretonne (autour de Quimper) remise au goût du jour par l’extraordinaire Pascal Jaouen. Mon bon copain Christophe Hainault, qui a pris des cours avec Monik Paugam, est lui aussi séduit par la beauté de ces broderies. Comme tout ce qu’il touche devient exceptionnel, son dernier ouvrage terminé ne fait pas exception :
Luxuriance et opulence, c’est ce qu’inspire ce superbe ouvrage réalisé par Christophe. Modèle Ar Galon, Pascal Jaouen.Yin-yang, Monik Paugam. J’aime beaucoup ce mélange de cultures !
Cette broderie modernisée reprend les points traditionnels qu’on trouvait sur des napperons bretons et certains costumes d’antan. J’aime en particulier le point de neudé, un point de chaînette élargi. Nous en avions fait le thème de l’atelier d’une JA FP31.
Porte-aiguilles fait en JA le 1er février 2013, il s’ouvre comme un coquillage sur deux « feuilles » en feutrine, pour piquer nos aiguilles. Modèle créé par Bee Kristine.
Ce sont les costumes des hommes qui étaient ornés de broderies à dominante jaune d’or sur un drap marine, d’où le mot glazik/glazig (petit bleu). Un article sur les origines de cette broderie se trouve ici.
La couleur glaz
On dit pourtant un peu vite que glaz (ou glas) se traduit par BLEU. J’en avais déjà fait un article il y a quelques années. Glaz, c’est avant tout la palette de couleurs de la nature bretonne, aux reflets changeants, aussi bien la mer que le ciel, hésitant entre le bleu, le vert et le gris… et même l’herbe vert cru qui pousse au printemps ! C’est un peu le mot qui décrit la magie de la nature, sans cesse en mouvement, en évolution, éclairée par mille nuances changeantes de lumière.
Rouanez (reine) du Glaz, Valériane Leblond sait mieux que personne faire chanter ces nuances.
Glaz désigne la même couleur tantôt bleue, tantôt verte, que le mot latin glaucus qui a donné notre mot glauque, devenu si péjoratif. Oublions ce détail… On retrouve glaz ou glas dans toutes les langues celtiques actuelles (en Écosse, Irlande, Pays de Galles, Île de Man, Cornouailles anglaise). Ce qui est plus surprenant, c’est la proximité de glaz avec les mots d’Europe du Nord signifiant le verre. Glass, glas, glês, la ressemblance est troublante. Je n’ai pas cherché de preuve de famille sémantique, mais les verres anciens étaient tout en nuances bleu-vert…
Du verre produit par les Romains au début de notre ère (Musée du forum palatin, Rome) découvert dans les fouilles de Pompéi. On saura faire du verre transparent et non coloré plus tard.
Personne ne songe à traduire le mot glaz par turquoise, couleur intermédiaire entre le bleu et le vert. C’est parce que glaz est une atmosphère plutôt qu’une couleur…
Challenge Ensemble malgré tout, semaine du turquoise
Tout ceci pour expliquer pourquoi, en cette semaine dédiée au turquoise, j’ai fait ce carré :
Je m’amuse à ne répéter aucun tissu et ces 28-là méritaient bien de s’ajouter au charm quilt du confinement !
J’ai introduit des coutures légèrement sinueuses pour rappeler un paysage. Les batiks nuancés correspondent bien aux variations de lumière qu’on a dans la nature… Il complète le carré turquoise clair fait en semaine bleue :
Ma Doué, qui eût cru que le challenge FP me ferait broder en breton et en chinois?
Quand nous sortirons du confinement, comment va-t-on se congratuler, se dire bonjour ? Nous devrons sans doute faire une croix sur les accolades à l’américaine, les embrassades et serrages de mains à la française ou les frottements de nez esquimau (on vérifie ainsi que l’autre va bien et n’a pas le nez gelé)… Nous devrons continuer de garder nos distances, avec ou sans masque !
La question est sérieuse… Elle va modifier nos habitudes quotidiennes.
On pourra toujours lever la main de loin, disant Ugh! comme les Indiens d’Amérique ! Ils ont une sagesse ancestrale qu’on a perdue.
Nous autres, premiers hommes d’Amérique, vivons dans un monde de symboles et d’images où le spirituel et l’ordinaire des jours ne font qu’un, c’est ce qui nous donne la sagesse et l’équilibre. Sagesse Sioux
Mais du côté d’autres Indiens 😉 on peut aussi trouver un autre geste, une nouvelle attitude pleine d’allure.
Se dire bonjour face à face et à distance en joignant les mains et en souriant, c’est un partage différent du toucher des mains ou de la bise, et ce geste remplit de joie. Sans y mettre une quelconque religiosité – nous n’aspirons pas forcément à devenir bouddhistes ! – c’est un bref moment de gratitude sincère envers l’autre. Même si ce geste s’appelle Namasté, il est inutile de le prononcer, un simple bonjour chez nous conviendrait parfaitement.
Quant aux personnes qu’on salue sans vouloir communiquer autant de connivence, une courbette à la japonaise deviendra peut-être la norme ! C’est une forme de respect, mais parfois aussi de soumission… ou d’hypocrisie sociale aussi, elle existera sans doute toujours !
Je divaguais sur le monde d’après quand j’ai préparé mon carréEnsemble malgré tout violet du challenge FP. Même si je ne suis pas très affûtée question chakras, je sais que le violet est le symbole de la lucidité et de l’action réfléchie, elle calme le trop-plein d’émotions en rassurant. Elle symbolise l’esprit plutôt que la matière, l’être plutôt que l’avoir, une couleur qui garde une empreinte mystérieuse. Comment le dire en un mot court ?
Mystic, en anglais, me convient bien, même si c’est différent. Cela me relie à Betty, qui m’a offert un merveilleux quilt violet et m’en a dédié un autre, toujours violet. Elle m’a expliqué longuement la raison de son choix de couleur… Ma bague préférée est d’ailleurs une améthyste. Et puis, c’est la seconde couleur de ma ville natale, Toulouse la Rose, avec sa fleur la violette (ex-æquo avec le bleu pastel) ! Avec l’âge, mes deux couleurs préférées deviennent le violet et le turquoise, qui sont des bleus mélangés, l’un, avec du rouge, l’autre avec une touche de jaune…
Il est certain, nous vivons un moment-charnière. Certains chercheront à récupérer la vie d’avant, rassurante, d’autres veulent tout changer pour parvenir à un monde rêvé.
L’avenir n’est pas écrit. Vous savez peut-être que les chinois écrivent le mot CRISE ainsi (idéogramme ci-contre). La première partie de l’idéogramme désigne le temps du danger, la seconde, le temps de l’opportunité. Vivre une crise, c’est voir et évaluer le danger, sans doute accepter le changement qui est dans la nature de la vie, puis saisir l’occasion pour évoluer positivement.
La folie c’est de croire qu’en faisant toujours la même chose on puisse arriver à un résultat différent. Albert Einstein
Dans mon charm quilt, je voulais y ajouter cette notion de danger/opportunité, alors qu’à cela ne tienne, j’ai brodé l’idéogramme chinois et l’ai entouré d’imprimés gris très graphiques : de petites étoiles, une grille ouvragée de style baroque, des quadrillés-grillages, un mur, des troncs d’arbre…
Tout est possible pour notre avenir, faisons en sorte que le meilleur en sortira… Ce sera un chemin rempli de ronces et d’orties, mais ces plantes ne sont-elles pas des trésors en herboristerie ?…
C’est décidé, mon charm quilt fera 16 blocs ! J’attends les deux dernières couleurs avec impatience… Rose et orange, j’aimerais bien…
Les jours se suivent, très semblables, une monotonie s’installe… Savoir jouer avec sa créativité est un trésor, utilisons ce don ! Katell
Quand je vois des acteurs fumer, je sais que le film a des chances d’avoir plus de 40 ans ; désormais, voir de simples accolades, les trottoirs bondés et tous les rassemblements nous font dire : c’était le monde d’avant. Quand nous aurons de nouveau le droit de sortir, que seront nos échanges avec un masque ? Après le choc de l’enfermement viendra peut-être aussi la peur de sortir et de se mêler à la foule ; le confinement nous perturbe sans doute plus profondément qu’on ne le croit.
Mais au cœur de l’isolement forcé, des quilteuses qui ont la chance d’être exemptes de travail à l’extérieur et en bonne santé s’en donnent à cœur joie ! Du temps à longueur de journée pour s’adonner à son projet, sans devoir tout ranger après quelques heures, sans majeure perturbation… Forcément, l’ouvrage avance !!
Alors voici de nombreux nouveaux ouvrages tous azimuts et un long article pour vous distraire.
Installez-vous confortablement, vous avez le temps !
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Voici les plus récentes photos d’ouvrages BeeBook, de Josette Glée :
Une bien jolie version du village de Sophie Zaugg, elle-même inspirée par le peintre Paul Klee.
On a bien du mal à arrêter une quilteuse : après s’être cassé le bras, Josette a fait sa rééducation en réunissant des bouts de tissus pour en faire une crapaudine !
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Manuela Dupuy m’a transmis le modèle à faire en appliqué de l’iconique dessin du pouvoir des femmes (girl power), recyclé récemment par les Couturières Solidaires de France.
L’émancipation des femmes passe par cette affiche aux USA !
Un appliqué sur un tee-shirt, modèle trouvé par Manuela sur Pinterest… On peut lui mettre un masque si on veut !
Rappel de la bannière des Couturières Solidaires de France, voir par ici.
Il faut encourager Manuela qui vient de faire son premier top, quelle réussite ! Brillamment coachée par Myriam Brouard, elle est bien partie pour devenir une quilteuse passionnée. Saurez-vous lui conseiller un motif sympa de quilting à la main ?
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Marie-Michèle, une grande amie de Maïté, a terminé un modèle de Kaffe Fassett, lui-même inspiré d’un quilt antique britannique conservé au V&A Museum de Londres. C’est un superbe modèle qui m’a aussi séduite, j’ai le mien dans un carton, toujours à l’état de top… Il faudra que je le fasse quilter après le confinement, c’est tellement dommage qu’il reste endormi dans son coin. Le quilt original a été reproduit par Marie-Françoise Grégoire et a obtenu le label envié de Quilt de Légende, voir mon article à son sujet par ici.
Contrairement à moi, Marie-Michèle a eu, elle, l’envie et le courage de le quilter à la main, dès lors elle a le bonheur d’en profiter !
Photo du modèle dans le livre paru en 2005. Je me souviens avoir acheté mon exemplaire chez Martine Cugny, à Quilt & Patchà Toulouse.
Top en cours de montage, j’apprécie la variété des délicieux tissus vintage.
A la faveur du confinement, ce magnifique quilt est FINI !
Bravo Marie-Michèle !
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De tout temps, les quilteuses ont tenté de maîtriser un phénomène bien mystérieux : la multiplication des chutes de tissus. Plus on les utilise, plus on en a. Comme il faut du temps pour trier, couper, coudre, le confinement est l’ami providentiel inattendu de nos tiroirs qui ne demandent qu’à être allégés.
Les quilteuses sont des magiciennes. Plus elles utilisent des restes de tissus, plus elles en ont.
Les quilts de scraps (chutes de tissus) sont les stars du confinement. Mais n’oublions pas, nos amies commerçantes vendent toujours des tissus via internet, aidons-les à survivre.
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Nicole Dewitz fait de nombreux quilts de bébés, qu’elle fait distribuer là où on en a besoin. Voici son ravissant petit dernier avec de beaux tissus bleus :
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Quant à Andrée Traversez, elle a momentanément délaissé ses wax (voir ses quilts dans BeeBook) pour utiliser au maximum ses autres chutes de tissus. Ce quilt est un cadeau pour un bébé, une petite Camille.
Avant le confinement, le top était en morceaux, nous avions vu ensemble que ses blocs avaient plus d’allure en mettant systématiquement les couleurs froides en vertical et les couleurs chaudes horizontalement.
Ravissant quilting à la main, là encore ! Le dos est aussi beau que l’endroit.
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Et Kristine ? Telle qu’on la connaît, elle ne risquait pas de rester à ne rien faire… Comme toujours, elle a exploré et innové. Quelles sont ses inspirations cette fois-ci ? Les Map quilts, ou cartes en quilt. Allez voir par ici pour savoir ce que sont les Map quilts.
C’était une envie tenace, représenter la carte du village natal de son mari en quilt. Depuis des mois elle y pensait et le confinement l’a incitée à s’y mettre. Elle a beaucoup tâtonné pour représenter toutes les caractéristiques de ce petit coin de la Beauce, mais voilà, c’est fait ! Il me tarde de le voir en vrai !!
La première semaine du confinement, cela a commencé ainsi, avec les routes principales, le ruisseau, le canal, les champs…
Le 30 mars, le contour de la commune est défini. Une grande partie des verts proviennent des tiroirs de Maïté… offerts in extremis avant le confinement.
La prochaine étape était de mettre tous les détails, après tout c’est une carte !
Le 4 avril, les bâtiments sont érigés.
Le 16 mars, le voilà brodé, quilté, bordé et accroché ! Tout y est : la mairie, les boutiques, la gare, les routes, les champs, la maison de famille etc. Je crois que son mari, confiné au travail, ne l’a pas encore vu… Quelle belle surprise à son retour, dans son bureau ! Et si vous connaissez la Beauce, peut-être avez-vous découvert le nom de cette petite ville ?
Je vous le disais bien, le confinement a du bon… Surtout, il faut garder le moral avec les moyens du bord, c’est la meilleure façon de s’en sortir !
Katell
Dans le groupe du Quilt Météo 2020, nous sommes heureuses de montrer nos tops qui avancent au fil des jours. Il y a des personnes que je connais depuis des années, d’autres complètement inconnues avant le mois de décembre. Avec les hasards de la vie, nous partageons parfois un peu plus que des photos.
Ainsi, Martine Bronca nous étonne avec son top ; elle n’est pourtant pas la seule à utiliser des hexagones, qui bien opportunément représentent 7 jours par fleurette.
Depuis quelques semaines, Martine et ses amies se mobilisent sans compter dans le département d’Indre-et-Loire pour fournir des masques textiles autour d’elles. Seulement, il leur manque à présent des élastiques. Qui pourrait les dépanner ? L’appel a été fait dans la presse locale, vous y trouvez son adresse email. Je crois cependant que la pénurie commence à toucher une grande partie de la France…
Il est bien loin le temps du questionnement sur le bien fondé des masques… moins d’un mois pourtant ! L’exemple de Martine est typique de la générosité des quilteuses et couturières, si nombreuses à coudre des masques bénévolement, à les distribuer, etc. Comme la demande s’amplifie, elles vont (nous allons !) être de plus en plus sollicitées. Je connais beaucoup d’autres personnes complètement dévouées à la cause des personnes âgées de leur village, du personnel des maisons médicalisées et diverses personnes au travail, il y en a tant…
Souhaitez-vous faire des masques, mais vous ne savez pas où ni comment les offrir ? Téléphonez à votre mairie, elle saura…
Que de solidarités, partout en France !
La presse locale se fait partout l’écho des initiatives locales.Ici, exemple dans le Tarn.Et ici, la production d’hier de Marie-Jo Oustau, déléguée FP Tarn. Toujours de beaux tissus !
Si diverses entreprises ont modifié leur production pour fournir des masques en France, certaines couturières professionnelles indépendantes font valoir le droit de vendre leurs masques sans se faire insulter sur les réseaux sociaux et ailleurs. Faire un masque prend du temps, les matières premières ont un coût, et les demandes des communes ne vont que s’accroître. Malheureusement, on a vu des masques artisanaux vendus à plus de 30 € pièce, alors que d’autres serrent leurs prix pour rentrer à peine dans leurs frais. Il y a la loi de l’offre et la demande, mais franchement nous n’avons pas besoin d’une nouvelle polémique. Comme toujours, c’est la mauvaise attitude d’une petite minorité qui jette l’opprobre sur le plus grand nombre. Alors, clairement, la vente des masques se conçoit parfaitement, mais ce n’est pas la poule aux œufs d’or… Voici un article de la RTBF à ce sujet.
Ce coronavirus n’a pas fini de faire parler de lui, sous des aspects les plus inattendus. A nous de ne pas nous tromper de chemin.
On ne s’aperçoit pas toujours que l’on parcourt chaque jour un nouveau chemin. Paulo Coelho, L’Alchimiste
Pour la première fois, je n’ai pas fait de décoration de Pâques chez moi, en l’absence des enfants réunis… Celle-ci a quelques années !
ROUGE !
Grâce aux historiens des couleurs et tout particulièrement Michel Pastoureau, on apprend que le rouge était la seule couleur nommée dans les temps anciens, non pas parce que nos ancêtres ne voyaient pas aussi bien que nous, mais parce que n’existe vraiment que ce qui se nomme… En espagnol, on a le mot rojo pour dire rouge, mais aussi colorado, coloré étant synonyme de rouge, comme dans l’ancien temps. Le vocabulaire s’est étendu avec la culture et l’envie de nommer les choses. Avoir le mot juste, c’est parfaire sa communication et je me réjouis de pouvoir parler de dizaines de couleurs et de leurs infinies subtilités…
La symbolique du rouge s’est follement enrichie au fil du temps : d’abord le feu et le sang, puis le pouvoir, l’amour, la gloire et la beauté… puis l’inévitable désamour avec la sobriété protestante, la crainte du diable… et la récupération politique, le symbole du danger ou de l’interdit… Lisez ce livre si vous souhaitez en savoir bien, bien plus !
En patchwork, j’aime le rouge mais je ne l’utilise presque plus. Il fait partie de mon passé, ou par touches, accompagné de rose et d’orange, en symbiose chaleureuse. Il reviendra peut-être !
La couleur rouge devait arriver, tôt ou tard, dans le challenge #ensemblemalgretout et c’est pour cette semaine ! J’ai voulu marquer l’ambivalence du rouge et donc choisi deux mots vraiment différents :
VIE,
pour toute l’énergie positive et l’amour contenus dans cette couleur. Le mot est brodé en espagnol car j’ai une chanson qui tourne en boucle dans ma tête en ce moment, Gracias a la Vida de la Chilienne Violeta Parra, chantée par Joan Baez (ici aux Vieilles Charrues, comment ai-je pu louper ça ? j’aime tant cette femme). Je la connais par cœur car elle était dans ce 33T écouté mille fois :
ALERTE,
car le rouge est aussi le signal du danger, de l’arrêt, de l’interdit… Terriblement d’actualité.
J’ai tout de même trouvé de beaux tissus rouges dans mes tiroirs !!
Continuez de rendre visite auForum France Patchwork, on y voit des merveilles quotidiennement ! Maïté a aussi terminé son bloc de la semaine, le voici : ravissant n’est-ce pas ?
Gardez le moral, même si les fêtes comme Pâques sonnent creux quand la famille est éparpillée… Un peu d’humour cloche de circonstance :
Une mignonne, du père Peschet (Eure, Normandie)Moins gentille, de Seb
Et pour finir sur une note rouge passion comme le patchwork l’est pour nous, voici quelques blocs rouges destinés à un quilt collectif, une excellente idée du Bureau de notre club de Colomiers :
Chinese Coins, de Maïté… pour rendre la monnaie de leur pièce, aux Chinois 😉Fleur passion, KristineEtoile du Colorado, avec du tissu que j’ai acheté à Silverton, Colorado(voir par ici)
Quel bonheur m’a procuré le numéro 1 de Quiltmania… et les suivants, confirmant la qualité de l’équipe nantaise et allumant la vitalité des quilteuses françaises !
Quel plaisir d’acheter tous leurs premiers livres édités ! C’est le livre sur les Quilts Gallois, de Jen Jones (toujours en vente ici), qui m’a donné le goût de l’Histoire du Patchwork, alors que justement je m’intéressais déjà aux quilts contemporains : c’est en connaissant la tradition qu’on apprécie mieux les évolutions… J’ai ensuite acheté surtout ceux dits « de collection », moins de livres de modèles, mais j’ai quand même des dizaines de livres Quiltmania que j’ouvre régulièrement et apprécie toujours.
Quelle joie d’avoir un magazine français dédié aux quilts modernes à partir de juin 2015, venant combler les quilteuses moins traditionnelles !
Quel plaisir d’aller à Nantes Pour l’Amour du Fil ! Les expositions sont toujours magnifiquement mises en valeur, le Salon est de parfaite dimension…
Quiltmania compte beaucoup pour moi et pour tant d’autres quilteuses francophones et d’ailleurs (éditions en néerlandais et en anglais), mais comme beaucoup d’autres entreprises, elle est fort fragilisée par le contexte économique. La coopérative Presstalis, qui distribue les magazines Quiltmania, Simply Vintage et Simply Moderne en kiosque, est au bord de la faillite. Donc pas de distribution, par exemple, du Quiltmania de mai chez votre marchand de journaux –si celui-ci est également buraliste, il est ouvert. Vous abonner, c’est avoir l’assurance de recevoir les prochains numéros à un prix moindre, et un précieux apport de trésorerie à Quiltmania, en attendant une solution pour la distribution des magazines et la reprise, sans trop de casse espérons-le.
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Pour que vive France Patchworket son magazine, même combat, surtout renouvelons notre abonnement en choisissant le code 1 (avec la revue !). Notre présence est vitale, sauvegardons ce qui nous tient à cœur. En raison du confinement de la secrétaire, il n’y a pas de relance par courrier : soyons vigilants, renouvelons dès réception de l’email !
N’oublions pas nos magasins dédiés aux tissus, au patchwork qui peuvent toujours nous expédier des tissus et matériels à domicile (les points-relais sont fermés je crois bien), ainsi que les merceries.
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Cet article est très colorécar nous aimons les couleurs et notre monde créatif. Faisons maintenant l’effort d’aider les entreprises et associations qu’on aime !
Logo d’une nouvelle entreprise québecoise qui reverse ses profits au fonds d’urgence communautaire de Centraide.
Nous aimons bien savoir ce qui est fait de nos blocs de solidarité, envoyés parfois au bout du bout de la Terre… Sachez que les quilteuses australiennes ont fait un travail extraordinaire à toutes les étapes, avec un soigneux inventaire des plus de 13 000 blocs reçus, la mise en place des blocs par 20 pour faire de beaux tops, la distribution des blocs et fournitures aux quilteuses locales et à celles d’autres sections de Modern Quilt Guild d’Australie qui prêtent main forte… Une chaîne d’amitié fantastique, rendue bien plus difficile avec l’arrivée du COVID 19 dans le pays, le confinement, les enfants à la maison, etc. Des dizaines de tops sont faits et photographiés rapidement, en attendant le quilting et une plus belle image.
Aide efficace, l’inspecteur contrôle-qualité :
Et on commence à voir des quilts finis, il y en aura entre 650 et 700 :
Les quilts terminés sont montrés au fur et à mesure sur Facebook. Chacun a son numéro de référence. Cela me rappelle tant l’organisation remarquable de Jeanne pour le Projet 70273 ! Nous espérons que la Grande Exposition se fera en 2021, je vous en donnerai des nouvelles bien sûr.
France Patchwork
Le projet qui nous fait du bien, c’est le challenge Ensemble malgré tout de France Patchwork. Alors que toutes nos réunions, JA et JNA, expositions, sont reportées ou annulées, le rendez-vous hebdomadaire avec une nouvelle couleur nous fait passer le temps agréablement.
La créativité est extraordinaire ! Je ne ferai pas de sélection de photos, c’est trop dur, tout est si beau !
Mon charm quilt a pour le moment 8 blocs de 32 x 32 cm, rassemblant 116 tissus différents. Selon la longueur du confinement, j’aurai un top de 16 (4 x 4), ou 20 (4 x 5), ou peut-être 25 (5 x 5) blocs de couleurs différentes, mais je n’irai pas au-delà ! Cette semaine, le BLEU m’a inspiré 4 blocs.
Je ne cherche pas à unifier ni à intellectualiser les mots, je laisse plutôt mon intuition faire le choix. Il y aura des adjectifs, des noms, des verbes. Ici, FLOW est la fièvre de la création (lire BeeBook 🤩), ici avec divers tissus bleus et pourtant lumineux, avec une pensée pour le Bleu Klein ; PUR symbolise sans doute la chasse au virus, l’envie de minimalisme et de pureté ; la PAIX se comprend facilement, mais j’ai hésité avec Flower Power (!) qui rappelle la période peace & love, et CHIC parce que le marine, les impressions ethniques, c’est simplement chic…
Tous les mercredis matins, nous avons la nouvelle couleur annoncée sur le blog Les News FP, puis sur le forum FP et sur Instagram. Le mardi soir, je piaffe d’impatience !!
Masques textiles
Revenons aux masques textiles. Nous ne savions pas s’ils étaient utiles ou au contraire dangereux en début de confinement. L’article de l’ingénieure textile a remis les idées en place, oui ces masques sont utiles, dans les limites d’utilisation préconisées et avec une désinfection systématique adéquate. Ils sont à présent recommandés par le gouvernement, et peut-être bientôt obligatoires pour sortir…
Je ne suis pas sortie de chez moi depuis le 13 mars, mais mon mari sort faire les courses avec son masque fait maison, fait d’un tissu de patchwork batik (au tissage serré) à l’extérieur et un tissu blanc intérieur, avec la possibilité d’accueillir une feuille de papier intermédiaire. Entre chaque sortie, je le repasse à la vapeur bien chaude. Bien entendu, c’est en plus de toutes les précautions que nous connaissons à présent par cœur.
J’ai cousu plusieurs masques sur le modèle du CHU Grenoble, très pratique, sans avoir besoin d’élastique, à présent on préconise ceux qui sont agréés par l’AFNOR.
Les Couturières Solidaires de France n’ont pas attendu le gouvernement pour coudre des centaines de masques pour tous les corps de métiers qui devraient en être pourvus, des personnels de maisons médicalisées aux boulangers, des pompiers aux facteurs, des caissiers aux ambulanciers etc. les besoins sont immédiats et immenses. Mais il faut que se rencontrent les couturières et les bénéficiaires. De nouveau, tout se passe sur Facebook. Les Couturières Solidaires sont organisées par département ou secteur, à voir sur la page dédiée.
Coudre des masques est bien sûr une activité bénévole. Une fois par semaine, un livreur peut venir chez vous pour recueillir vos dons qui seront redistribués aux personnes qui en ont besoin (et se sont fait connaître). Les établissements qui demandent des masques en grande quantité doivent justifier leurs demandes (malheureusement, il y a déjà eu des excès).
BRAVO pour cette organisation Mesdames !
C’est la bannière des Couturières Solidaires de France !
Un grand merci à vous toutes qui m’écrivez de gentils emails, je les lis tous mais, suprême paradoxe, je n’ai pas le temps de répondre à toutes les sollicitations. Qui l’eut cru ? Le confinement fait rétrécir le temps ! Avec tout mon soutien, Katell
Le baiser est notre arme la plus forte, mais il faut craindre de l’émousser. Sa valeur, ne l’oublie pas, est relative, purement convention. Elle change sans cesse suivant les circonstances, les dispositions du moment, l’état d’attente et d’extase de l’esprit. Le baiser – Guy de Maupassant
Il est des œuvres d’art, comme des baisers, basés sur des malentendus.
Dans une rue de Vilnius, capitale de la Lituanie. Photo Petras Malukas/AFP – Artiste : Mindaugas Bonanu
Des photos de cette fresque murale, dévoilée le 13 mai 2016, ont fait le tour du monde. Elle symbolisait l’entente affichée alors entre Vladimir Poutine, dirigeant de la Russie, et le candidat iconoclaste et inattendu à la présidence des États-Unis d’Amérique, Donald Trump. Beaucoup ont simplement compris ce dessin satirique comme s’ils étaient tournés en ridicule avec une relation « contre nature » comme une complicité homosexuelle, encore si mal vue, mal comprise, mal acceptée dans notre monde… et en particulier en Russie. C’est en tout cas la lecture primaire de cette peinture graffiti, pourtant si puissante qu’elle est érigée en oeuvre d’art à décrypter.
Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître🎶 (La Bohème, Aznavour)… alors je crois que tous mes lecteurs s’en souviennent ! L’Union Soviétique et le bloc de l’Est choquaient avec leurs goulus baisers entre chefs politiques ! C’est bien la référence d’origine de la fresque de Vilnius, et cette photo en particulier :
Cette fabuleuse photo est celle d’un photographe français, Régis Bossu/Sygma. La photo a été reprise sur un vestige du Mur de Berlin par Dmitri Vrubel en 1990. Traduction de la légende en allemand : Mon Dieu, aide-moi à survivre à cet amour mortel. C’est une icône de la pop culture !
C’est la plus connue de toutes les embrassades qui nous parvenaient de l’autre côté du Rideau de Fer, Leonid Brejnev et Erich Hoenecker à Berlin, à l’occasion du 30e anniversaire de la RDA (=Allemagne de l’Est) en 1979. Dans la Russie traditionnelle, le bisous sur la bouche en deux êtres humains est un signe de paix, d’amitié, de cordialité. Dix ans après, celui avec le même Hoenecker et Gorbatchev pour les 40 ans de la RDA, toujours à Berlin, fut plutôt considéré comme le baiser de la mort :
Autres baisers de la Mort, ceux de la Mafia où un baiser signe l’arrêt de mort, il bacio della morte, voir le film de Cosa Nostra ou Le Parrain 2, sans doute hérités du baiser de Judas… qui pourraient bien avoir leur place dans le monde politique !
En 2011, Benetton fait une campagne publicitaire très controversée, inspirée de ces embrassades, unissant deux adversaires politiques avec le mot Unhate, Ne hais point.
Et bien plus récemment, en 2018, on s’est amusé de notre président Macron reprenant ces codes confus de fraternité ou d’audace à la française… Les Américains parlaient de Bromance, contraction de brother (frère) et romance. D’autres souvenirs remontaient à la surface, les fameux baisers russes !
Revenons au Baiser de Vilnius (Lituanie) entre Trump et Poutine. Dans la nouvelle Russie, les embrassades politiques à la Russe ont cessé avec Poutine. Soucieux de son image virile chez lui et dans le monde, il a rompu avec la tradition de son pays.
Un couple s’embrasse devant le graffiti montrant le Président russe Vladimir Putin, à gauche, et le candidat Républicain Donald Trump, sur le mur d’un bar dans la vieille ville de Vilnius, Lituanie, le 14 mai 2016. (AP Photo/Mindaugas Kulbis). Plus à gauche, il a été ajouté le slogan « Make everything great again », en référence au Make America great again de Trump.
Il a doublement marqué Maryte Collard, une amie quilteuse, Lituanienne de naissance, devenue Américaine. Elle a raconté en 2017, alors qu’elle participait à « Threads of Resistance », Les Fils de la Résistance (un mouvement artistique contre l’élection de Donald Trump) pourquoi elle avait interprété la fresque murale en quilt. Vous avez l’original ici en anglais ; en résumé, cette scène imaginaire illustre la connivence dangereuse entre ces deux hommes, en particulier pour la paix dans les pays proches de la Russie mais aussi dans le monde. Les Pays Baltes sont une zone tampon entre la Russie et l’OTAN, ils pourraient avoir un rôle-clé dans la politique mondiale. Déjà, avec ce Baiser, ils sont entrés dans l’Histoire de l’art contemporain.
The Kiss, Maryte Collard, créé avec l’autorisation des créateurs de la fresque Dominykas Ceckauskas (propriétaire du restaurant) et Mindaugas Bonanu (artiste), une superbe interprétation de la peinture de street art en textile.
Voilà, en un temps où les baisers sont déconseillés, j’ai souhaité simplement vous distraire un instant !