Le Projet 366 de Laurence

Un projet sur une année qui n’est pas un quilt météo… Laurence Le Houerou, alias Lolo27, nous raconte ici un de ses quilts que j’ai eu la chance de voir chez elle il y a quelques semaines. J’admire sa régularité et sa persévérance dans la couture des blocs ! J’aime surtout le rendu de son quilt, et elle aime surtout tous les souvenirs qui se rattachent à chaque tissu… Une belle histoire !

 

Depuis 2 ou 3 ans, j’avais vu sur des blogs des projets de « RSC » (= Rainbow Scrap Challenge = Défi avec des chutes aux couleurs de l’arc-en-ciel) et cela m’avait donné envie, mais je n’en avais alors pas le temps.

Fin octobre 2015, sur un autre blog, je tombe sur un projet de réalisation sur 1 année avec 1 bloc par jour : appliquer sur 1 carré, 1 rond fait d’1 ou plusieurs morceaux de tissus piochés au hasard dans ses tissus selon l’humeur du jour, à la façon d’un journal intime quotidien. Cette idée d’1 bloc par jour me plait bien, mais le rond sur le carré beaucoup moins ! A titre d’exemple, vous pouvez voir les quatre quilts Quilty 365 de Sophie Zaugg dans les années 2016 et 2017 (Infinity I, II, III et IV) et au passage admirer tous ses quilts.

Du coup, ça cogite dans ma tête et début décembre, j’ai mon idée bien concrète. Je mélange le « quilty 365 » et le « RSC » pour obtenir mon projet 366 (366 car l’année 2016 est bissextile). De plus, je veux un charm quilt (aucun tissu ne se répète).

J’attribue pour chaque jour de la semaine une des 7 couleurs de l’arc-en-ciel. Mais comme pour moi bleu et indigo ça reste du domaine des bleus, je préfère exclure indigo et le remplacer par du noir puisque je choisis blanc comme couleur de fond.

Voici donc la répartition des couleurs : lundi = rouge, mardi = orange, mercredi = jaune, jeudi = vert, vendredi = bleu, samedi = violet et dimanche = noir. Comme il me fallait 52 tissus de chaque coloris, et que je n’avais pas autant de tissus dans mes tiroirs pour certaines couleurs, j’ai utilisé mon « joker amies » ! Et très rapidement, mon stock insuffisant de rouge, orange, jaune et violet est devenu plus que suffisant (merci les copines)!

En ce qui concerne les formes, j’aime bien les courbes, mais plutôt qu’un cercle, j’ai choisi d’appliquer une « pelure d’orange », car quand elles seront regroupées, cela formera des fleurs (voir aussi ici). Comme je ne veux pas d’un ouvrage de 3 m x 4 m, un calcul rapide me fait choisir un carré de 10 cm (auquel je rajouterai les marges de couture). Cela donnera tout de même un ouvrage de 140 cm x 260 cm ! (soit 364 blocs, il restera 2 blocs peut-être pour l’étiquette au dos).

Début décembre, je savais donc le métrage nécessaire pour mon tissu de fond et je l’ai acheté pour pouvoir être prête le 1er janvier !

Et comme 2016 commence un vendredi, le 1er bloc de ce défi personnel que je me suis lancé est bleu !

Et comme au 1er janvier, on prend de bonnes résolutions, la mienne est de mener à bien ce projet !

Et il n’y a eu aucun raté ! Même si cela a été juste pour le 20 mai où je suis rentrée tard d’un dîner au restaurant alors que mon « bloc du jour » n’était pas fait. J’ai tout de même réussi à le finir pour 23h58, sans tricher, donc dans les temps !

Tous mes morceaux colorés ont été découpés sur le début d’année pour gagner un peu de temps par la suite, et j’ai préparé les carrés de fond par série de 30 ou 40. Ainsi je n’ai pas passé plus de 25 minutes par jour pour appliquer mon morceau coloré sur mon carré de fond, et c’est un rythme qui m’allait bien le soir devant la télé après la journée de travail.

Le top a été assemblé au fur et à mesure, car je me voyais mal arriver au 31 décembre avec 366 blocs (au secours !) qu’il fallait encore assembler puis mettre en sandwich et matelasser ! Donc, toutes les 2 semaines, j’avais une nouvelle bande à accrocher à la partie déjà faite !

J’ai expliqué mon défi à mes amies, ainsi que lors de Journées d’Amitié France Patchwork (dans le 27 l’Eure et dans le 78 les Yvelines) et chaque fois, les personnes trouvent l’idée originale, colorée et sympathique ! Tant mieux, car c’est aussi mon avis !

Le top du défi 2016 a été fini… en 2016, mission accomplie ! Voici l’étape de la mise en sandwich.

Si d’autres personnes sont tentées par l’aventure, n’hésitez pas : une petite demi-heure par jour ce n’est pas beaucoup, ça détend et au final, cela fait pourtant un grand top réalisé sans se bloquer plusieurs journées toutes entières de travail intensif !

Le matelassage a été mis de côté jusqu’à avoir trouvé le tissu du dos qui allait bien, un joli multicolore sur fond clair. Au cours de 2018, il a été presque entièrement quilté (entre d’autres choses) jusqu’à ce qu’un petit accident du travail (entorse du pouce) m’oblige à le laisser de côté.

Mr Flanel en son domaine : sur le canapé ET sur le quilt bien sûr !

Je n’ai pas eu le temps de me replonger dessus cette année, mais promis, il sera fini très bientôt car il ne reste quasiment rien à faire, juste la bordure !…

Laurence, une Bretonne dans l’Eure

Tous les styles conviennent aux quilts Rainbow (arc-en-ciel), en voici une sélection :

Tout d’abord, un livre. Je ne l’ai pas acheté, mais il a de très bonnes critiques.
http://motherpatchwork.blogspot.com/2019/05/rainbow-scrap-challenge-star-quilt.html
Paula B Quilts
Modèle en vente ici !
love patch and quilting mag 52
https://www.downgrapevinelane.com/
rainbow-improv-quilt
Cath, Wombat Quilts
Knot and Thread
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Alison Glass
rainbowquilt13-800x534.jpg
ModernyMorgan

Le monde du patchwork n’est-il pas merveilleux ?

Plus + Esprit Plus +

Drôle de signe : le +

Drôle de signe, c’était une rubrique lancée en 2015… Tous les articles précédents sont par ici avec  &@# et xoxo ; en voici un nouveau avec un signe très banal…

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Le signe d’addition + et le signe de soustraction -, sont des inventions bien plus récentes que notre alphabet roman ou nos chiffres arabes. Ils seraient une déformation des lettres majuscules P et M, créés en Allemagne comme l’atteste un écrit de 1489. Ces signes indispensables se sont ensuite déployés en Europe, puis ils sont devenus universels en mathématiques et dans la vie courante.

La croix en forme de + est par ailleurs un signe vieux comme le monde. Bien sûr, avec un bras long et un court, il symbolise la chrétienté. Cependant, je viens de lire un roman intrigant « où tout est vrai », d’après l’auteur, dans lequel il donne de nombreux exemples d’utilisation de cette croix avant l’ère chrétienne. Je ne déflorerai pas le plaisir de la lecture, il s’agit de :

Précédemment publié sous un pseudo, sous le titre de La dernière Licorne. Une belle évasion vers les origines du mythe de l’Arche de Noé…

Un autre signe apparenté et tout aussi ancienne, la croix coudée, se retrouve un peu partout dans le monde et notamment sur des sites du Néolithique en Mésopotamie. Ses bras donnent du mouvement à la sage croix. La même, nommée alors Svastika, est un signe indien paru au 3e siècle avant JC et possède de nombreuses significations sacrées, notamment pour les Bouddhistes ; en Inde, on retrouve encore ce symbole sur des bâtiments, sur de nombreux objets y compris des tapis et des quilts (voir le livre Godharis, Éditions Quiltmania). Il serait fastidieux de nommer toutes les civilisations présentes et passées qui l’ont vénéré ! Ici une des listes qu’on peut trouver sur internet. Par exemple, ce signe existe depuis la nuit des temps chez les peuples premiers d’Amérique et pour les Navajos, c’était le symbole de la bûche tournoyante destinée à rétablir l’harmonie, en cas de maladie. Partout aux USA, ces signes naguère très fréquents ont été bannis au cours de la Seconde Guerre Mondiale, alors qu’ils ne représentaient que du positif, du porte-bonheur au signe religieux. C’est un magnifique symbole universel, durablement gâché par l’ignominie de l’idéologie du Parti national-socialiste allemand qui le prit en emblème. Cette semaine, des profanations de tombes en Alsace glacent toujours les sangs.

Équipe de basketteurs amérindiens en 1909 en Oklahoma. (Vu sur ce blog)

Pauvre petit quilt de poupée cousu en 1915 en toute innocence aux États-Unis :

Livre Women and their Quilts, That Patchwork Place, 1988.

Ce petit quilt (50 x 60 cm) fut créé par une femme de l’Iowa, mère de sept enfants, fine couturière, qui élevait des poules. Elle fit pour une de ses filles (et pour sa poupée à tête de porcelaine) un joli quilt bicolore aux points de quilting qui suscitaient l’admiration de tous. Poupée et quilt furent ensuite offerts à la demoiselle de la nouvelle génération… Mais ce sont les années 30, le bloc fait polémique, alors la fillette pose toujours le quilt à l’envers et profite en solitaire du dessin rouge…

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Un quilt modèle de BeeBook : Esprit Plus

Si + aux branches égales est le signe d’une addition, c’est aussi couramment le signe de l’énergie et de la positivité. C’est bien ainsi que je perçois le beau quilt de LeeAnn de Seattle, le modèle Esprit Plus dans BeeBook :

Ce quilt est tout en velours côtelé. L’épaisseur des tissus aurait rendu un quilting difficile, LeeAnn a donc opté pour des nouettes. C’est un quilt confortable, doux et qui engendre la bonne humeur ! J’ai utilisé un petit bout de ce stock de tissus inhabituels en patchwork dans un petit quilt qui me tient à cœur, Velours Rouge.

BeeBook, livre édité par les Éditions France Patchwork, esten vente sur le site, rubrique Boutique. Je l’ai écrit et signé, mais de nombreuses amies comme LeeAnn ont contribué à son succès !

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Aujourd’hui, quelqu’un a besoin de beaucoup d’énergie positive, oserais-je dire qu’il le porte sur lui ?

Saint-Nicolas rend visite à tous les enfants sages, il y en a beaucoup et c’est tant mieux !

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La couleur de l’année 2020 élue par PANTONE

Chaque année et depuis plus de 20 ans, la société PANTONE élit une couleur, reprise par les influenceurs, les designers, les industriels... Pour 2019, le corail avait donné un coup de chaleur.

Pour 2020 c’est son opposé complet : d’une couleur chaude on passe à une couleur froide, d’une couleur pastellisée on a une couleur intense, c’est, c’est, c’est… :

 

Hier avec l’annonce de la couleur, comme chaque année, la société Pantone a donné les raisons de son choix. Ce sont ses qualités d’élégance et de simplicité qui les ont guidés, une couleur-refuge pour l’esprit, favorisant la concentration et la prise de bonnes décisions. Le classic-blue exprime aussi le désir de bâtir une fondation sûre et stable pour pouvoir regarder de l’avant avec confiance, donner de bonnes bases à la nouvelle société qui se profile.

Les premières réactions des quilteuses américaines qui suivent, année après année, la tendance Pantone, semblent s’en réjouir ! Ce n’est ni un concours, ni une obligation, simplement un défi personnel pour explorer une couleur et un partage, l’essence-même du patchwork. Les quilts seront très différents de ceux de cette année 2019 :

https://thelilaccat.com/2019/06/15/living-coral-pantone-quilt-challenge/
https://www.cottonandjoy.com/quilts/pantone-quilt-2019-cabin-peaks-in-living-coral/
https://www.sarahgoerquilts.com/tag/pantone-quilt-challenge/
http://pieladyquilts.blogspot.com/2019/06/living-coral.html

Il en existe des centaines ! Depuis l’annonce d’hier avec le bleu-classic, les photos déferlent sur Instagram avec toutes sortes de bleus… 

Qui veut faire un quilt météo ?

Le temps qu’il fait – ou qu’il a fait – laisse parfois des traces indélébiles, que ce soient des vacances réussies ou gâchées, ou plus graves, les sécheresses tueuses, les tornades dévastatrices, les inondations semant la désolation…

Le temps qu’il fait est souvent le premier sujet de conversation ! Des quilteuses en ont fait un jeu, un défi aussi : représenter avec un quilt le temps qu’il fait chaque jour… pendant un an ! Autour de moi, certaines sont enthousiastes, d’autres pas du tout. Pour vous qui me lisez, voici les infos qui vous aideront à décider si vous vous lancez dans un quilt météo en 2020 !

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Cela commença sans doute dans la tête d’une quilteuse qui fit une charte de températures avec un tissu correspondant à chaque degré (ou tranche de degrés). Avec un carré de couleur par jour montrant la meilleure température du jour, on y voyait une progression graduelle au fil des saisons, quelques carrés extravagants… le temperature quilt était né !
Qui fit ce tout premier quilt ? Aucune idée, mais cette douce folie croît à vitesse de la lumière depuis environ 5 ans.

Quilt de Kathy à Cleveland, Ohio, en 2016. C’est un Temperature Quilt typique, avec 366 carrés montrant la température max de chaque journée selon une grille simple.

Parallèlement, le Tempestry (temperature + tapestry) Project a été lancé à Anacortes, une ville au nord de Seattle, pour les tricoteuses et crocheteuses, afin de témoigner et alerter sur le changement du climat. Cette initiative est partie du doute énoncé à ce sujet par le nouveau Président des Etats-Unis en 2017. Même principe : une rangée de tricot ou crochet par jour, de la couleur de la température maximale dans un lieu donné. Cependant, contrairement à ce qui se fait en patchwork, ce projet est très encadré, des kits de laine sont vendus pour pouvoir bien comparer les températures. En mettant côte à côte des panneaux faits avec les tableaux de températures à plusieurs années d’intervalle (les archives sont disponibles), la hausse des températures est flagrante, n’en déplaise à Mr. Trump.

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Tempestries pour la ville d’Utqiagvik en Alaska, de gauche à droite 1925, 2010 et 2016 puis la Vallée de la Mort, Californie, en 1950 et 2016. Photo Erik Dinnel

On peut choisir la grille de couleurs qu’on veut, rien n’est obligatoire. La plus utilisée reste celle des géographes, du violet pour le plus froid vers le rouge grenat pour la canicule. Voici la carte des températures moyennes sur une année en France, faite par deux organismes qui n’ont pas choisi les mêmes couleurs, même si les couleurs chaudes et froides sont à leurs places respectives :

TMO-dep

temperature_moyenne_annuelle

Sauf en cas de projet organisé comme le Tempestry Project, les couleurs vous appartiennent et le dégradé de chacune mérite quelques réflexions ! 

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Charte du Tempestry Project, en degrés Celsius et Fahrenheit. Ici pas de fantaisie, tout est préparé en kit ! Mais cela peut nous guider pour le choix de nos tissus…

Exemple d’échelle des températures en tissus imprimés chez Coffee Rings Studio en degrés Celcius, pour un projet mélangeant le sampler de Tula Pink et un Temperature quilt, avec des tissus modernes imprimés :

Et ci-dessous une échelle en degrés Fahrenheit venant de ce blog ; sachez que  0° F égale – 18 °C environ et 100°F équivaut à environ + 38°C, veillez donc à établir votre échelle en fonction de votre climat, en l’affinant peut-être.

Les quilteuses n’en finissent pas de s’amuser avec ce concept en le modifiant à volonté ! On peut déjà choisir de faire courir les jours horizontalement ou verticalement, ce qui donne des quilts fort différents. Faisons un petit show & tell ou montre & raconte pour vous donner des idées.

 

Chez Live a Colorful Life

C’est un superbe quilt donnant à la fois la plus haute température du jour et la plus basse. Deux carrés cousus l’un sur l’autre, une bande noire horizontale sépare chaque mois, du tissu gris complète l’espace éventuel en fin de mois (31 cases prévues). A gauche verticalement, vous avez l’échelle des couleurs. Voir le second quilt fait parallèlement, d’une ville moins chaude, sur le même blog.

L’année 2014 à Fresno, Californie : sans surprise, les températures les plus basses n’ont pas été utilisées ! Les petites barres noires montrent quand on a dépassé le record absolu de chaleur.

Heather du Texas

Rien n’oblige de faire des carrés ! Heather a choisi des rectangles mis en bandes, de tailles différentes, pour en faire un scrappy quilt. Le voici « en cours »  en 2017 :

Chez Rachel The life of Riley

Ici les températures extrêmes de chaque jour sont mises en carré duo (bicolore, coupé en diagonale) et le tout est présenté à la manière d’un calendrier à l’ancienne. Très réussi aussi !

Un autre calendrier sur la météo de Portland, Oregon, par @clairealex10 (instagram) : très moderne et décoratif !


The quilted Tulip – Un Temperature quilt du Michigan dont on peut acheter sur Etsy le modèle en PDF :

On voit l’échelle des couleurs faite de batiks. A noter les couleurs claires pour le plus froid, c’est sympa aussi !

Rien ne s’oppose à faire des vols d’oie, des cercles appliqués… ou tout bloc qui vous inspire !

2018 par Mary Dinger, Massachussets

Spectaculaire trio de Chris Simon (@thecolorfulom) en 2018 qui, comme Cadet Rousselle, a trois maisons : au Texas, au Missouri et au Wisconsin.
Blue Pip designs avec de la fantaisie dans les tissus !
Amy Barta

Sur Instagram, il existe un groupe pour les Temperature quilts de 2019. Aucun n’est fini naturellement, mais ils peuvent vous donner une idée de bloc !

OPQuilts – Ici, les vols d’oie avec la pointe vers le haut montrent que le jour est plus chaud que la veille ; si elle va vers le bas, c’est qu’il fait plus froid et si les températures sont égales, on pointe quand même vers le haut !

Sabrina – Juillet et août 2019, les ovales représentent les jours en voyage avec les températures locales :

Blue Dragonfly5 – La température la plus haute et la plus basse de sa ville dans le Tennessee sont représentées ainsi (ici le premier semestre 2019) :

Rebecca Cartwright – Voici son mois d’octobre 2019. Vous commencez à avoir l’habitude du principe, les températures extrêmes de chaque jour sont ici en hexagones :

Capitola Quilter – De janvier à août 19 : les courbes et les imprimés s’invitent dans son Temperature quilt !

Les 41 premières semaines de 2019 par Anina de Twiddle Tails :

 

Des quarts de cercles par Linda @flourishingpalms, en Floride, jusqu’au 30 septembre avec plusieurs codes : les températures basses et hautes de la journée bien sûr, mais aussi s’il fait plus chaud que la veille et si on a dépassé la moyenne historique de cette journée… Le quart de cercle ayant 4 positions possibles, cela donne beaucoup de renseignements au-delà des couleurs !

Il en existe bien d’autres ! Certains deviennent complexes, avec une troisième zone indiquant s’il fait beau ou s’il pleut… Une quilteuse indique même son état d’esprit (bonne journée, journée bof, journée affreuse…) avec un code supplémentaire… Mais souvent la simplicité paie !

Simple et efficace : le top en hexagones jusqu’en novembre 2018 de Elm street quilts.

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Questions-réponses : globalement c’est comme en mai, vous faites ce qui vous plaît !

Quand commencer un quilt météo ?  Tout le monde vous dira : le premier janvier bien sûr ! Mais qui vous empêche de commencer le jour de votre anniversaire, ou bien le jour du solstice d’hiver ?… Ou de suivre le calendrier de la Lune, d’une manière à inventer (12 cycles lunaires ?) ? 

Quels tissus choisir ? La plupart des quilteuses américaines choisissent des tissus unis (vous avez une partie des gammes Art Gallery chez Alice Blossom quilt & craft et Kona cotton chez Emma Au fil d’Emma, pour avoir des unis de qualité). Des faux-unis sont parfaits également (batiks, texturés, disponibles chez de nombreux magasins français), mais des imprimés peuvent superbement personnaliser le quilt.

Quelle échelle de couleurs choisir ? Un quilt météo aux couleurs traditionnelles, comme la plupart des quilts ci-dessus, sera immédiatement lisible par tous, c’est un gros avantage. Mais vous pouvez avoir envie de sortir des sentiers battus, libre à vous !

Que faire si je voyage ? Bien sûr la décision vous appartient, écrire la température locale ou celle de chez vous. Un petit point brodé, un petit triangle en coin ou tout autre signe, peut vous rappeler ces journées hors de chez vous.

Avec qui le faire ? C’est une question que je vous pose ! Faire son quilt, semaine après semaine, avec son groupe ou son club est une solution très tentante. On peut mettre l’échelle des températures et les tissus en commun, alors que chacune peut choisir individuellement son bloc et sa maquette. Autre possibilité, qui peut se superposer à la précédente : un groupe de partage sur Facebook et/ou Instagram, avec un duo ou trio de modératrices… Des volontaires pour créer le groupe francophone des quilts météo 2020 ?

Comment ajouter s’il fait beau, s’il fait gris, s’il pleut ? Je ne retrouve pas de photos du quilt vu un jour : sur un vol d’oie, il y a 3 pièces : le 3e triangle n’y était pas la température basse répétée, comme sur les autres, mais la couleur du ciel à midi. Pensez à l’harmonie des couleurs si vous ajoutez une seconde liste de tissus. Une autre possibilité, sophistiquée, est de marquer le temps qu’il fait sur un calendrier et le quilting renseigne sur la couleur du ciel (un rond pour plein soleil, des traits pour la pluie etc.). 

Où trouver les températures ? Non, personne ne reste devant son thermomètre personnel ! Météo France fournit les infos pour chaque localité, chaque jour. Peut-on trouver les températures du mois passé ? Sans doute. Les Américaines utilisent AccuWeather. J’y ai cherché et trouvé ma petite ville, si je fais un quilt météo, ce sera probablement avec ce site qui ajoute une donnée sympathique : la moyenne des températures des années précédentes pour chaque jour.

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Célébrer chaque jour de l’Année 2020,
Décider qu’elle sera
Belle,
Épique,
Unique,
Cette aventure du Quilt Météo vous séduit-elle ?

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Clin d’œil du jour, joyeusement nostalgique : https://www.youtube.com/watch?v=NdcF2QzKEA … et une seconde version: https://www.youtube.com/watch?v=qQUL-WrHhVE… On ne s’en lasse pas 😎

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Requiem pour une charentaise

Vous avez apprécié les articles de Catherine K. parus d’abord dans le bulletin France Patchwork 67 ; en voici un inédit à quatre mains, où il est question de nos pieds !

C’est fini. Le couperet d’une faillite est tombé le 15 novembre dernier et enterre sans ménagement la Manufacture Charentaise, dernière fabrique du département, après des siècles de tradition… Est-ce à dire que la Paix régnera en maître sur la planète, puisque sa fabrication fut d’abord réalisée à partir des chutes des costumes de la Marine Royale installée à Rochefort ? Ce serait trop beau si cette ruine reposait sur les gravats d’un ultime conflit armé… Hélas…

Pour relayer la cité de Brouage qui s’ensablait inexorablement, Colbert créa en 1666 à Rochefort une ville nouvelle, y érigeant un arsenal et un nouveau port. Quel essor pour le pays charentais !

Ce tableau de Vernet est un précieux témoignage de l’arsenal de Rochefort en 1763, au moment de la construction de l’Hermione, 100 ans après la construction de ce port..

De grandes quantités de drap de laine arrivaient pour faire les costumes militaires mais aussi les cabans des marins. 

Le drap est un tissu de laine retravaillé. Une opération effectuée après tissage, le foulage, qui consomme beaucoup de main d’œuvre, resserre les fibres, les tasse, et leur donne un bel aspect velouté, une surface unie et l’imperméabilise.
Pauline BORD, Rochefort en histoire

Les grandes manufactures de drap de laine étaient un peu partout en France -notamment du côté de la Montagne Noire vers Carcassonne, Mazamet, la vallée de Labastide-Rouairoux…- et les tailleurs d’uniformes charentais ont cherché à valoriser les chutes de drap de laine. C’est vers Angoulême que des savetiers s’installent pour faire les premières pantoufles, auprès des moulins à eau des papeteries qui avaient à la fois d’autres rebuts de feutre et l’eau nécessaire au foulage de la laine.

La charentaise se fabriquait alors sans considération politique, ni de droite ni de gauche, simplement ambidextre pour la faire durer. Elle chaussait le paysan pour donner du confort au sabot de bois et conserver la chaleur du dedans en dehors. Déjà la languette, qui protège le coup de pied de la morsure du sabot de bois, donne à la charentaise son identité. Elle habillait aussi bien le pied des domestiques de châteaux pour patiner les parquets et assurer le service silencieux d’un maître chaussé du modèle luxe pour son moelleux. La silencieuse – c’était son surnom – était également portée par les bijoutiers qui, après usage, les incinéraient pour récupérer les métaux précieux tombés en poudre dans leur atelier. En un mot : la charentaise était la reine de la récup’ !

J’ai porté ces charentaises douces et chaudes qui ramassaient la poussière… Elles sont devenues trop ordinaires et ont fini par disparaître de nos rayons de chaussures, étant devenues synonymes de ringardise, de manque de style : on brûle ce qu’on a adoré…

Le confort oui, mais le laisser-aller, jamais.
Jean Rochefort

Ce grand acteur, au style inimitable, avait un patronyme en faveur des charentaises, mais décidément il ne cessait de nous surprendre :

J’aime l’habit confortable, mais j’ai la trouille de la charentaise.
Jean Rochefort

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De plus en plus décalé, de plus en plus original, de plus en plus drôle, ce prodigieux acteur a manié le chic comme personne ! On lui pardonnera sa crainte de la charentaise 😉 Crédit photo Virginie Clavière

Elle n’était sans doute pas assez élégante, en tout cas d’après les critères des magazines de mode, surtout après quelques jours de port où elle se déformait pour mieux épouser le pied, se convulsait avec générosité pour soulager toutes ces douleurs infligées par ces escarpins de luxe qui galbent la jambe et torturent la jolie plante qui s’affiche en public.150-9a067-9a067 Finie la douce caresse du feutre chaud qui glisse sur la peau après s’être extirpée du godillot en cuir raide trempé de glace et durci à la graisse, pour être raccord avec le gros pull irlandais, le pantalon de flanelle et la couverture au coin du feu.

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La charentaise écossaise qu’on connaît apparaît en 1907, utilisant la technique du « cousu-retourné ». Elle bénéficie d’une Indication Géographique Protégée (Charente & Dordogne).

Terminées ces batailles joyeuses avec Médor qui vous narguait, la savate dans la gueule, pour récupérer le pied gauche, à cloche-pied sur le droit, parce que se balader sur les planchers cirés, juste en chaussettes, c’était le risque de l’écharde. éduquer son chien.jpgToutou se rabat sur ces machins en corde tressée, qu’on trouve tout prêts et à prix d’or dans toute bonne animalerie moderne et qui ne présentent plus aucun intérêt pour le jeu.

Envolés ces souvenirs de séances d’encaustique qui lustrent les parquets bien mieux que ces patins sur lesquels on devait surfer maladroitement comme des trappeurs canadiens sur des raquettes à neige. La charentaise avait l’avantage de la camisole, savait dorloter le pied sans que le patin lui échappe, avait cette vertu de faire rutiler les parquets sans le prix de l’effort.

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Bien sûr, elle arborait souvent des couleurs d’un autre temps, d’abord en feutre noir, puis en écossais, pour évoquer peut-être le confort à l’anglaise et masquer les tâches éventuelles.

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Charentaises de la manufacture Degorce, modèle récent.
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Manufacture Charentaise, modèles récents

Ces dernières années pourtant, elle avait osé la modernité à sa manière, c’est-à-dire avec ses gros sabots, avec des couleurs choc et des semelles plastifiées qui renient leur religion feutrée. Encore une page qui se tourne et abandonne dans ses grimoires l’image d’Épinal de la grand-mère confiture, charentaises fatiguées, chignon serré et grand tablier à carreau, tenant d’une main la cuillère de bois trempée de sauce et se tournant vers vous, sourire tendre et regard ridé : « tu veux goûter ? »… Non, trop tard, grand-mère ! Adieu grand-père qui traînait sa carcasse voûtée à pas glissés sur ses chaussons à bords écrasés sous le talon pour rejoindre un Voltaire au velours élimé. Vive la jeunesse éternelle à grands coups d’harpagophytum et d’Arko gélules qui font oublier les tourments de l’âge et la rondeur des sentiments. Et vive le chausson synthétique imposé par la grande distribution, tout droit sorti des mains laborieuses de l’empire du milieu et crevé en trois semaines… comme notre cœur, à l’unisson de celui de cette centaine d’ouvriers du feutre laissés sur le carreau, bien plus rude, celui-là, que celui des charentaises.

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Vente à l’usine Rondinaud, photo Phil Messelet

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Charentaises Rondinaud.

Il reste tout de même un atelier en Dordogne qui fabrique encore de vraies charentaises ; d’autres usines françaises font des chaussons qui leur ressemblent fort… pour combien de temps ?

Catherine Kalmar et Katell

Patchwork Moderne, le livre d’Alice

Que le temps passe vite ! En août dernier, je vous avais promis une surprise avec Alice pour septembre, je ne vous la dévoile que maintenant… Après son baby James en juin, Alice a donné naissance à un autre bébé en septembre, semblant défier toutes les lois de la nature. Je vous rassure, son autre bébé est :

Son livre devait paraître avant BeeBook, mais des aléas ont reporté l’édition et l’ordre de parution s’est inversé. Nous nous donnions régulièrement des nouvelles de manière discrète, car les livres à éditer sont toujours tenus au secret tant que la publicité n’a pas commencé. Nous savions l’une et l’autre à quel point nous étions complémentaires : à elle le patchwork moderne clair, gai et régulier, les conseils techniques avisés et complets, à moi le patchwork improvisé créatif et les astuces originales.

Que trouvons-nous dans Patchwork Moderne ?

C’est tout d’abord une mine précieuse de renseignements pour les débutantes : Alice explique tout méthodiquement, de la machine à coudre aux méthodes de coupes rapides, en passant par le choix des tissus ou l’aide au décryptage des quilts…

Le choix des tissus : une multitude d’astuces et d’explications vous aideront à ne pas vous tromper 🧵

Je rends hommage à son travail clair, précis, qui rend possible en quelques pages la compréhension complète du travail de patchwork à la machine. Je suis sûre aussi que la plupart des quilteuses confirmées y trouveront des astuces permettant par exemple de mieux se servir de sa machine à coudre ou de sa règle de coupe. C’est un recueil complet de ce style de patchwork, une nouvelle Bible, un futur classique indispensable dans la bibliothèque des jeunes quilteuses francophones.
Bravo Alice !

Le stylisme du livre est très agréable : les quilts sont intégrés dans des situations du quotidien avec un côté zen très tendance. Photos de la talentueuse Sandra de Jesus Sauvage.

Le Patchwork Moderne d’Alice Kreyder, c’est aussi plus de la moitié du livre riche de douze modèles beaux et utiles pour la maison et les enfants. On voit bien qu’Alice est une jeune maman ! Ses modèles sont tous faciles à faire et à intégrer dans un intérieur. Son livre est destiné à la plupart des personnes souhaitant (se) faire plaisir avec des ouvrages faits maison, sans y passer un temps infini : vive le matériel et les techniques modernes ! C’est ainsi qu’Alice se définit comme une quilteuse fonctionnelle plutôt qu’artiste, utilisant ses quilts au quotidien, les lavant à la machine sans arrière-pensée, tout en (s’)offrant des objets qui ont bien plus qu’une simple fonctionnalité : non seulement ils sont beaux, mais ils sont une présence, une preuve d’amour, un câlin textile comme elle le dit si joliment !

Les tissus sont tous issus de sa boutique Blossom Quilt & Craft où elle vend en ligne, sur son site en français, une très belle sélection de tissus Art Gallery Fabrics. Elle recommande également les marques incontournables d’Aurifil pour les fils et PSR Quilts pour les molletons. Quant au matelassage de ses ouvrages, plusieurs ont été quiltés par des professionnelles renommées, AcropatchBlue Star Quilting et Carole Quilting : un ensemble de marques de confiance, avec les adresses en fin de livre.

Pour ma part, j’aime les tissus Arizona After d’April Rhodes à la folie ! Alice a réalisé un plaid pour canapé très chaleureux avec cette belle collection, c’est celui de la couverture :
Et moi, après mes achats d’août chez Alice, j’ai choisi deux imprimés de cette collection pour les mêler à des unis, dans un style très « Tex-Mex » ou « Santa Fe », mélange d’influences espagnole, mexicaine et indienne pour un chemin de table ensoleillé :

Le livre d’Alice Kreyder Patchwork Moderne, Initiation et Projets aux Éditions Eyrolles est disponible en librairies (sur commande éventuellement) et sur toutes les plateformes de vente de livres (FNAC, Amazon, Decitre etc.) au prix de 19,50 €. La semaine prochaine, vous pourrez rencontrer Alice lors de la séance de dédicaces sur le stand de la librairie Eyrolles au Salon de Paris Création et Savoir-Faire :

Samedi 30 novembre 2019 de 10 à 13 heures

Ne manquez pas ce rendez-vous, un cadeau vous sera offert lors de l’achat du livre
pendant cette séance de dédicaces !

Noël se prépare, soufflez vite ce titre à vos proches ou offrez-le à la jeune génération !

Dans l’immédiat en ce 22 novembre, bonne fête à ma sœur et mes amies prénommées Cécile :

Un cœur… du livre d’Alice !

A bientôt, Katell

Les Mandalas par Catherine K

Voici de nouveau un article paru d’abord dans le bulletin France Patchwork 67, signé Catherine Kalmar que je remercie !

Mandala est un terme sanskrit signifiant cercle, et par extension, sphère, environnement, communauté, totalité. Il s’exprime dans un dessin circulaire convergeant vers un centre porteur d’infini. Ce symbole du cercle se retrouve dans toutes les cultures et toutes les traditions, tant occidentales qu’orientales. Le cercle est le symbole de la vie : la naissance, la maturité, la mort et la résurrection ou la renaissance. Pratiquement, tout autour de nous est circulaire : les galaxies, les planètes, jusqu’à notre œil, qui sont autant de mandalas. (source Wikipédia).

Claudette Jacques en donne une très jolie définition :

Le mandala est un dessin organisé qui gravite autour d’un point central.

Ce n’est pas qu’un simple dessin, il est un outil, qui tout en développant notre créativité, permet de se centrer, de s’harmoniser, de se transformer. Il travaille sur 4 niveaux de conscience, il peut alors produire des effets autant sur le plan physique, psychique, psychologique que spirituel. Dans la pratique du mandala, pas besoin de posséder des connaissances approfondies, pas plus qu’il n’est nécessaire d’avoir des qualités artistiques, car une fois à l’intérieur du cercle, le mandala agit tout simplement, là où il doit agir. Dès l’entrée dans le cercle, il se produit un changement vibratoire, car se fait alors l’union entre les deux hémisphères du cerveau, ce qui produit l’harmonisation des dualités et l’unification des contraires. Ainsi, l’être blessé peut retrouver dans la pratique du mandala, une consolation, une compréhension de certains événements. Celui qui doute, découvre une certitude, celui qui pleure, une consolation. Il permet d’aller chercher l’aspect contraire afin de rééquilibrer les énergies, pour ensuite, entreprendre le chemin du centre.

Quels bénéfices apportent les mandalas ?

Leur réalisation, ou leur coloriage, permet un temps de recentrage, un temps d’arrêt, tout en s’amusant ou en s’harmonisant. On peut laisser libre court à son imagination ou à sa créativité, sans distinction d’âge car il permet de voyager à l’intérieur de soi, en mettant à l’unisson les deux hémisphères du cerveau. On réinitialise ses doutes pour en faire des certitudes, ses peurs pour en faire de l’assurance, ses ombres pour en faire de la lumière. La critique et le jugement s’apaisent et laissent place au silence.

Un des plus beaux villages de France, Fourcès, village circulaire, dans le Gers. C’est un village qui procure une sensation de bien-être ! Photo Dominique Viet.

En fonction des couleurs et des formes que nous utilisons, se produisent des effets qui résonnent et font vibrer en nous des effets qui vont permettre de retrouver un état de bien-être, car c’est d’instinct que nous choisissons des couleurs qui nous sont bénéfiques. Le choix des couleurs est personnel et chacun fait selon ses vibrations du moment, tout autant que pour les formes et les lignes.
Le Mandala est aussi ancien que notre conscience du monde, on dit que le plus ancien mandala serait le Big bang. A l’origine de la construction des villes, de l’élaboration architecturale, comme par exemple le point central des villages matérialisé par une fontaine de laquelle irradient tous les chemins.

La place de l’Etoile à Paris, l’Arc de Triomphe et les douze avenues sont une représentation du centre d’un monde, ici un Paris moderne.

Beaucoup de civilisations y ont eu recours non seulement pour la méditation que pour d’autres objectifs. Au Tibet où il revêt un sens sacré, il démontre le côté éphémère de la vie ; il peut être également une offrande d’un élève à son maître bouddhiste pour lui signifier qu’il est prêt pour recevoir son enseignement, ou pour des introspections en quête de spiritualité.

En Occident et au Proche-Orient dans les lieux de culte, par exemple sous forme de rosaces d’églises ou dans les cathédrales, on retrouve ces cercles sublimes propices au recueillement.

Rosace de la cathédrale de Strasbourg, qui fêta son millénaire en 2015.

Hildegarde de Bingen, femme exceptionnelle du 12e siècle (compositrice, abbesse, guérisseuse, visionnaire, poétesse, prophétesse…) a dessiné des mandalas représentant les liens sacrés qui se tissent entre le cosmos, la divinité et l’humanité.

Avant l’ère chrétienne, on retrouve les cercles de méditation dans l’art celte des entrelacs.

Quilt reprenant des codes de l’art celtique par Gyöngyi Varadi

On retrouve une troublante correspondance esthétique dans diverses civilisations et époques qui, selon toute vraisemblance, ne se sont jamais copiées.

Art musulman (Cecilimages)

Le mandala est un support aux voyages intérieurs, ce qui est une notion reprise par Jung, en psychologie. Certains patients rêvent spontanément de mandala, ce qui conduit à la concentration et la contemplation de certains points sur lesquels l’individu est amené à porter son attention. Jung l’utilisa aussi en traitements thérapeutiques en faisant dessiner des mandalas à ses patients. Le mandala est également un support d’ouverture au monde, lieu d’invocation de la divinité dans l’hindouisme, ou pratique spirituelle dans les mandalas de sable des moines tibétains où la destruction du mandala est aussi importante que sa construction, toutes deux offertes au Bouddha. Ces derniers s’inspirent du rangoli qui sont des motifs de sables colorés dessinés par les femmes Tibétaines destinés à protéger leur maison.

On le retrouve en agriculture où la structure mandala est actuellement utilisé en permaculture pour concevoir des jardins ou des potagers…

Permaculture en forme de mandala

…ce qui existait déjà chez les Incas :

Les terrasses concentriques de Moray (Pérou) étaient un centre de recherche agronomique des Incas : ils y reproduisaient plusieurs climats, contrôlaient l’irrigation… Voir Wikipedia.

 

Ces derniers temps on a vu apparaître des mandalas XXL sous forme de représentations végétales dans des champs. On les appelle des Crop circles (ou agroglyphes) et sont attribués à des farceurs géniaux comme Doug et son compère Dave Chorley, initiateurs du phénomène dès 1978, d’autres pensent encore aujourd’hui que c’est l’œuvre d’extra-terrestres. On remarque que ces dessins sont de plus en plus élaborés et complexes ce qui démontre une recherche artistique similaire au street art dans les villes.

Cela rappelle aussi des sites qui ne livreront probablement jamais tous leurs secrets, comme Stonehenge, en Angleterre, qui date de l’Âge de Bronze :

Bien évidemment, on retrouve des mandalas dans notre art du patchwork où ses structures géométriques complexes entrecroisent carrés cercles et triangles ; ses couleurs invitent à l’aventure dans son élaboration, au zen dans sa construction et à la rêverie dans sa contemplation…

https://patchworkangel.com.au/product/modern-mandala-quilt-pattern-and-perspex-templates/
http://www.thequiltingland.com/2018/12/dresden-mandala-quilt.html?m=1

N’oublions pas les Pine Cone quilts, ces merveilleux quilts issus de la tradition afro-américaine, remis au goût du jour par Betty Ford-Smith :

Purple Katell Pine Cone Quilt, par Betty Ford-Smith.

L’inspiration est infinie… À vous de jouer !
Catherine Kalmar

Avez-vous apprécié cet article ? C’est un des nombreux avantages de France Patchwork, recevoir un bulletin départemental ! Si vous êtes adhérent(e), faites connaître France Patchwork, cette belle association française qui évolue au fil du temps : son site est par ici.

Lecture de Catherine K.

Depuis que j’ai lu la fiche de lecture de Catherine K, déléguée FP67, ce livre est dans ma liste de prochaines lectures…

L’étoffe du destin de Sébastien Palle
Éditions Héloïse d’Ormesson, 2019

L’auteur est un spécialiste à la fois dans les domaines spatiaux et financiers. Aujourd’hui il s’investit dans une association pour promouvoir l’intelligence végétale. Féru de généalogie et d’histoire, descendant d’Oberkampf, il s’est lancé dans l’écriture. L’étoffe du destin est son premier roman.

Dans un 18e siècle très chahuté par de multiples bouleversements, Christophe-Philippe Oberkampf, venu de sa Suisse natale, ne parlant que l’allemand et handicapé par sa religion protestante, s’installe à Jouy-en-Josas pour y parfaire son métier d’imprimeur sur étoffe, qu’il tient de sa famille.

Iolanda, fillette du Sénégal (photo https://www.humanium.org/fr/)

En parallèle, de nos jours, on suit la destinée de cette jeune sénégalaise, Alina Diop, gamine de 10 ans, insouciante jusqu’à ce qu’un voyage chez ses grands-parents au Mali voisin, se transforme en cauchemar : ses parents et son petit frère sont enlevés sous ses yeux par des cavaliers d’un groupuscule islamiste, tandis qu’elle doit faire face à un grand-père marabout qui prévoit de la faire exciser. Même à son jeune âge, elle comprend que sa survie se joue dans la fuite.  Au Sénégal, elle espère qu’elle retrouvera son grand frère et pourra poursuivre ses études, elle si douée en maths, à condition de ne plus être une fille…

Sébastien Palle veut-il nous prouver que l’opiniâtreté est la porte vers la réussite ou bien que ces deux destins si éloignés en apparence se rejoignent par certains aspects ? Toujours est-il qu’on se régale au récit de la naissance de la fameuse toile de Jouy tout en pâlissant à l’évocation du monde que nous traversons actuellement. Heureusement, les femmes sont en marche !

l'étoffe du destin.jpg

L’amour, l’éloge de la diversité, le goût de l’effort sont au centre de l’aventure humaine…

Tie & dye en Inde

Tie and dye, souvenirs de jeunesse… Nouer, lier et teindre était déjà à la mode dans les années 70 ! Chez nous, on a oublié cette tendance quelques décennies mais elle revient de plus belle avec le goût du fait main et de l’artisanat du Monde. Mon amie Émilie de Neelam nous offre ce reportage, fait en Inde, où la tradition perdure sous le nom anglais tie and dye, ou bien Bandhej (Gujarat), Laheria (Rajasthan), tandis qu’on parle de shibori au Japon et qu’on pratique toujours en Afrique ces teintures… Il existe des nuances, des variantes, mais la base reste la même !

moyen-petit-logo-neelam

Damien et moi avons envie de partager avec vous un beau moment passé en Inde avec Mustafa, spécialiste des techniques de teintures artisanales de Tie and Dye.

Vous l’avez certainement repéré dans les boutiques et magazines de décoration, l’imprimé Tie and Dye y est de plus en plus présent (coussins, rideaux, tapis, linge de maison, vêtements…) et ne cesse d’être réinterprété.

Cette technique fascinante de création textile consiste littéralement à nouer (to tie), puis à teindre (to dye) un tissu.
Le fait de nouer au préalable le tissu permet de préserver certaines parties de la teinture. Ainsi, seules les parties extérieures au nœud seront colorées. La durée du bain jouera sur l’intensité de la couleur et la multitude des possibilités de ligatures en feront un tissu aux motifs uniques.

tie-and-dye-1
Selon la technique de Tie and Dye pratiquée par Mustafa, la dimension maximale idéale du coupon de tissu est de 2,50 x 1,10 m. Mustafa commence par plier le tissu (préalablement humidifié) en 2 sur toute sa longueur.

 

Le tissu est ensuite plissé et ligaturé tous les 20 cm environ. La façon de plisser et ligaturer le tissu influencera le rendu du motif.

 

Mustafa ligature ensuite le tissu sur toute sa longueur.

 

Le tissu est prêt à être teinté.

 

Le bain de teinture se prépare…

 

Le tissu est plongé dans le bain de teinture, plus ou moins longtemps en fonction de l’intensité de la couleur souhaitée, puis rincé afin d’enlever les excédents de teinture.

 

Les fils de ligatures sont ensuite ôtés. Le moment le plus excitant de la journée est la découverte du motif créé ! 

 

Et voilà !!

Nous adorons le résultat. Et vous ?

Des tissus tie & dye sont disponibles dans notre boutique, mais vous pouvez aussi vous procurer un livre pour vous lancer (ils sont nombreux) ou chercher un stage, de nombreuses artistes en proposent.

J’ai aimé faire du patchwork avec divers tissus teints en tie & dye par Mustafa et autres tissus de notre stock, teints eux aussi en indigo, mélangés avec de la toile blanche et des accents orange :

… et me faire un vêtement :

Promenade à Strasbourg en kimono tie & dye…

Émilie

Pour les personnes autour de Toulouse, petite annonce :

Merci Émilie et à bientôt !

Expressions de délégation FP

France Patchwork est une association faite pour et par les quilteuses et quilteurs, passionnés, artistes ou simplement adeptes d’un loisir créatif sympathique où artisanat textile et rencontres rendent la vie plus belle. Au fil du temps, FP a créé une organisation relativement complexe et complète pour satisfaire les adhérents : magazine exceptionnel, concours, expositions, Journées de l’Amitié… Certaines adhérentes offrent de leur temps et de leur savoir-faire, s’impliquant en faisant partie d’une Délégation, trait d’union entre le Bureau (alias les Céates, membres du CA, élues pour 4 ans renouvelables, elles aussi bénévoles) et les adhérents de leur département. Les déléguées et leur équipe ont quelques obligations, quelques recommandations, mais ont aussi beaucoup de latitude pour imprimer de leur touche leur passage dans cette organisation.

Information et communication, essentielles dans une association !

La communication est essentielle pour faire connaître les activités locales et nationales – voire internationales – de l’association. Au niveau local, chaque délégation écrit donc un bulletin, jadis expédié par la Poste à tous les adhérents du département ; grâce à internet, on fait de substantielles économies d’impression, de papier et d’affranchissement. D’un département à l’autre, d’une délégation à l’autre, la communication prend maintes formes ; on a par exemple en Occitanie occidentale un bulletin régional, le Patch d’Oc, et des blogs de délégation rendent de grands services. Certains bulletins s’apparentent à une publication professionnelle, d’autres contiennent juste l’essentiel : les rendez-vous départementaux, si chers aux adhérents ! N’étant pas née de la dernière pluie, je sais bien que seule une petite minorité lit le bulletin départemental en entier, quelle que soit la qualité de la publication. Alors bulletin élaboré ou succinct, les deux coexistent et se défendent, ce qui laisse aux délégations la liberté d’expression en fonction de leurs envies – et c’est très bien !

En Alsace en septembre dernier, l’ancienne délégation du Bas-Rhin a attiré mon attention sur la qualité des reportages de la déléguée actuelle, Catherine Kalmar. Effectivement, sa publication trimestrielle est très complète sur la vie de FP, mais elle s’investit également dans des articles de haute tenue… Déjà, le Patch et Tchache (bulletin de FP67) de l’équipe précédente était très abouti : les adhérentes de ce département sont bien chanceuses ! Ces articles ont une vie bien éphémère, lus bien sûr par les heureuses destinataires, mais je trouve qu’ils méritent une seconde vie… Aussi ai-je proposé à Catherine K. de publier une sélection de ses articles passés.

Alors quelques mardis de suite, vous pourrez lire Catherine Kalmar dans la Ruche des Quilteuses, article de fond, fiche de lecture ou autre et pour inaugurer cette collaboration, voici un des exercices littéraires qu’elle affectionne, le pastiche : 

La cage aux oiseaux et aux idées

De Pierre PERRET

 

Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux
Regardez-les s´envoler c´est beau
Les enfants, si vous voyez
Des p´tits oiseaux prisonniers
Ouvrez-leur la porte vers la liberté.

Un p´tit dé à coudre
Et trois goutt´ d´eau dedans
Au d´ssus du perchoir,
Un os de seiche tout blanc
Et un petit piaf triste de vivre en prison
Ça met du soleil dans la maison 


C´est c´que vous diront
Quelques rentiers vicelards
Des vieux schnocks
Qui n´ont qu´des trous d´air
Dans l´ cigare.
Une fois dans vot´ vie,
Vous qui êtes pas comme eux
Faites un truc qui vous rendra heureux !

Si vot´ concierge fait cui-cui sur son balcon
Avec ses perruches importées du Japon Ses canaris jaunes et ses bengalis
A vot´ tour faites leur guili-guili.

Sournoisement exclamez-vous
 » Dieu! quel plumage!  »
Mais chère Madame
On vous demande au 3ème étage.
Et dès que la bignole aura l´dos tourné
Même si on doit pas vous l´ pardonner

Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux
Regardez les s´envoler, c´est beau.
Les enfants si vous voyez
Des p’tits oiseaux prisonniers
Ouvrez-leur la porte vers la liberté…

Pastiche de C.K.

Ouvrez, ouvrez la cage aux idées,
Regardez-les s’envoler, c’est beau.
Mes amies si vous avez
Des p’tits projets prisonniers,
Ouvrez-leur la porte vers la liberté…

Un p’tit dé à coudre
Et deux ou trois bouts de fil
Un p’tit carré d’étoffe
Et une bonne aiguille
Un peu de courage et une belle idée,
Vous v’là sur les rails d’un beau projet…

Un ou deux ronchons pourraient tenter, c’est vrai,
D’vous faire croire que c’est laid,
Qu’ l’idée est dépassée
Qu’le tissu n’est pas celui
qu’il fallait utiliser
Mais si ça vous plait, qu’est-ce que ça fait ?

Tous les rabat-joie,
N’sont pas de bons conseils
Faut pas les écouter,
Font pas forcément des merveilles.

Moi je vous le dis,
Puisque tout est permis
Si vous trouvez ça beau
Et bien c’est l’essentiel

Ouvrez, ouvrez la cage aux idées,
Regardez-les s’envoler, c’est beau.
Mes amies si vous avez,
Des p’tits projets prisonniers,
Ouvrez-leur la porte vers la liberté…

Les oiseaux en cage ne sont-ils pas bien moins nombreux depuis cette chanson ? Je l’avais déjà évoquée par ici. Tout le monde la connaît et tant d’enfants, voulant bien faire, ont libéré des oiseaux exotiques, incapables de se débrouiller chez nous…

Survolons à présent quelques merveilleux quilts aux oiseaux appliqués : diverses techniques, divers continents, mais toujours la beauté des animaux faits pour être libres…

Restons temporairement en Alsace avec Béatrice Bueche, artiste alsacienne qui s’inspire de la beauté de la Nature. Son Toucan nous transporte en Amérique du Sud d’un coup d’aile !
Volons vers l’Extrême-Orient avec Les hirondelles sont de retour en Asie, d’Évelyne Carrasco, ici un détail de ce quilt expliqué dans BeeBook. On y retrouve l’esprit zen du Japon…
Alliance inattendue de l’exubérance des perroquets dans la jungle, l’art de la Mola et la créativité de la Japonaise Fumiko Nakayama (photo Pour l’Amour du Fil 2015).
À présent c’est l’Afrique, et plus précisément les artistes du Caire (Tentmakers of Cairo), qui nous offrent cette adorable scène… (photo à Labastide-Rouairoux, La Fête du Fil 2019)

D’autres oiseaux en suivant ce lien : Oiseaux dans la Ruche des Quilteuses.

🐦🐥🐧🦩🐓A bientôt 🦆🦃🦅🕊🦢🦜