Quelques nouvelles

J’aurais voulu vous faire un post amusant pour contrer la morosité ambiante, mais j’ai appris ce matin le décès de notre amie Huguette Papin, fondatrice du club de Colomiers en 1993. Les quilteuses d’Occitanie sont nombreuses à l’avoir connue. Sa vie a été riche en réussites mais aussi en drames dévastateurs ; veuve jeune, elle a élevé ses quatre enfants seule et en a vu mourir trois, et pourtant elle nous impressionnait avec sa vigueur, sa mémoire, son cœur en or. Elle a quitté ce monde à la veille de ses 95 ans. Nous garderons d’elle mille joyeux souvenirs, mais aujourd’hui, j’ai beaucoup de peine. Voici la dernière photo que j’ai d’elle, à l’âge de 90 ans, lors du vernissage d’une de nos expositions (celle de 2015) :

Huguette avec Danielle Birello, alors présidente du club de Colomiers.

Huguette, repose en paix.

On ne peut ignorer la crise épidémique actuelle, tous les rendez-vous qui jalonnent notre belle vie de quilteuses sont reportés ou annulés, les uns après les autres* ; il en est de même avec les stages et JA que je devais animer fin mars et en avril. Les dates de mai sont maintenues dans l’immédiat. 

*Dernier en date, Pour l’Amour du Fil à Nantes est reporté du 9 au 12 septembre.

Que s’est-il passé en Espagne cette semaine ? Lundi encore, la situation était plutôt rassurante, assez peu de cas de coronavirus en dehors de Madrid et du Pays basque. Le Festival de patchwork de Sitges restait maintenu, fort de l’optimisme ambiant et la volonté de ne pas céder à la panique. Avec la confirmation de l’ouverture jeudi matin, commerçants et exposants sont venus, ont installé leurs stands et expositions… Malheureusement, mercredi en fin de matinée, le couperet est tombé : annulation. Au cours de la semaine, les cas détectés augmentaient de manière importante et les autorités ont pris la mesure du problème. La santé a été mise heureusement au-dessus des considérations économiques, mais tellement tard… Ce fut le pire scénario pour tous ceux qui se sont déplacés à grands frais, sans récolter un centime.

Comme je couplais la visite de Sitges avec un séjour de vacances en Catalogne avec mon mari, je n’ai pas personnellement trop souffert de cette annulation, mais c’était un crève-cœur de voir le remballage des stands le mercredi après-midi… et le soir, tout le monde était parti, laissant les carcasses des barnums vides…

De tout cœur je vous souhaite de vous tenir loin du virus qui n’a pas fini de troubler nos vies. Pour nous réconforter, Au Fil d’Emma annonce une série de vidéos préparées pour nous… Les quilteuses américaines communiquent sur internet qu’elles sont prêtes à plusieurs semaines de patchwork intensif chez elles, en attendant que l’orage passe… Sacrée résilience !

Pexiora 2020

Pexiora, dans l’Aude, est un village à la frontière de deux régions unifiées, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, ce qui le rend central en Occitanie. C’est là qu’a lieu tous les ans un Salon des arts du fil et du tissu où se pressent autant de personnes de la Haute-Garonne (et plus spécialement la région toulousaine), du Tarn et de l’Ariège tout proches que des départements de la Méditerranée occidentale. Pour en savoir plus, (re)lisez la présentation de Gene pour la Ruche des Quilteuses, vous y sentirez l’ambiance familiale de cette manifestation, mais aussi la rigueur nécessaire à tout événement d’envergure.
Pour notre pur plaisir, les exposants sont triés sur le volet, venant de toute la France, mais aussi d’Espagne et d’Italie. Pour préparer votre visite, Gene détaille tous les participants sur son blog La Passion au bout des doigts, à feuilleter sans modération ! 

Petit rappel : je ne relaie plus tous les événements locaux et régionaux, merci de ne plus m’adresser vos affiches personnellement. Le blog qui centralise les informations et les diffuse est le Patchwork sur son 31, blog de la délégation France Patchwork 31, tenu par notre déléguée Brigitte Gaston. Merci Brigitte !

La Nature nous inspire…

A l’instar de nombre de quilteuses, la Nature est l’inspiration majeure de Bernadette Mayr. Connaissez-vous ses livres ?

Seul son premier a été traduit en français (Patchwork fleuri, SAEP, 2006). Certains récents l’ont été en anglais, mais tous sont édités d’abord en allemand.

Il est certain que cette artiste a eu une grande influence sur moi ! Elle présente de nombreuses techniques sympas qu’elle n’a pas forcément inventées, mais adaptées pour en faire un style bien reconnaissable. Son petit secret ? Elle aime ajouter des tissus rayés blanc-noir dans ses quilts ! Comme je le dis souvent en stage, ajouter une touche de blanc et noir, les valeurs extrêmes, donne un volume visuel au top.

Je n’avais jamais pris le temps de vous montrer deux quilts faits par les adhérents du Club de patchwork de Colomiers ; à la réception de l’article de Nicole, cela m’a rappelé que je devais réparer ce retard, notre inspiration étant, pour les papillons, exactement la même, de Bernadette Mayr.  C’était en mai-juin 2017. Comme j’avais proposé un atelier pour montrer comment faire les papillons et donner les instructions de couleurs pour les 9-patch, bien innocemment la Présidente et la Secrétaire y ont participé… ignorant que c’était pour leur cadeau de départ 😏 Nous avons bien ri lors de la remise des quilts à Danielle et Éliane ! Nous avions prétexté une tombola à venir et elles aimaient beaucoup les deux projets !

L’Envol, offert par les adhérents du club de Colomiers à Danielle.

Pour l’Envol, nous avons simplement suivi le modèle du livre, les schémas permettent de suivre même si on ne comprend pas l’allemand. Naturellement, la disposition est différente de celle de l’artiste : nous avons assemblé les blocs comme bon nous semblait. Le fond blanc est de la récupération de vieux draps, les papillons sont faits des tissus des membres de notre club, tout le monde a fait de formidables papillons et nine-patchs. Le club avait fourni du tissu rayé blanc-noir, suivant l’excellente idée de Bernadette pour le corps des lépidoptères.

Photos un peu surexposées, le soleil est encore sur Toulouse en ce 21 octobre 🌞

Celui destiné à Eliane s’inspire directement, lui aussi, d’un modèle trouvé dans un livre (No Scrap left Behind, Amanda Jean Nyberg, Stash Books). Nous avons choisi des couleurs aussi douces qu’Éliane, rose-vert-gris-blanc, pour un accord très printanier qui contraste fort ici avec les couleurs automnales flamboyantes des amélanchiers du Canada :

Simplicité : de mini 9-patchs encadrés de tissus variés…

Et comme toujours, Bee Kristine a fait les étiquettes :

Venons-en à la semaine dernière, marquée pour nous par le Salon des Tendances créatives de Toulouse où France Patchwork était présente, comme depuis plus de 20 ans je pense ! Le stand était tenu par notre Délégation avec Brigitte Gaston à sa tête, le voici photographié avant l’ouverture, le premier jour :

La galerie FP montrait les quilts issus du concours Do, ré, mi… Lin, sur les jolies chansons françaises de notre patrimoine. Vous avez toutes les photos de la webmestre FP, Édith Bouilly, ici.

Hop, notre gentille amie Françoise met la dernière touche avant que la foule n’arrive !

Nous avons aussi exposé une douzaine de quilts de BeeBook, le premier livre édité par France Patchwork. Chacun a attiré des commentaires élogieux, les Abeilles ont parlé avec passion des particularités de nos quilts : les échanges furent très chaleureux, merci à tous ceux qui sont venus à notre rencontre, toujours le sourire aux lèvres 😃 Nous sommes très heureuses que notre livre rencontre ce succès auprès du public !

Nous le voyons bien d’un quilt à l’autre, la Nature nous inspire nous aussi ! La Marguerite de Kristine (Tendre Daisy dans le livre) a été fort admirée. Le quilt aux coquelicots de Cécile Milhau (J’ai descendu dans mon jardin), ici plié, a ensuite été exposé sur une chaise : admiration unanime là aussi !

A gauche, Vivant & Naturel, à droite, Tendre Daisy.

Nuit au Mas d’Azil d’Éliane, La Cause des Femmes, Les Hirondelles sont de retour en Asie d’Évelyne (encore un quilt plébiscité!).

Je ne serais pas complète si j’oubliais de dire que les quilts d’Andrée en wax sont arrivés 10 mn après l’ouverture de jeudi (et donc peu après ces photos), ils ont été disposés en évidence et ont été fort admirés. Beaucoup de personnes ont découvert la beauté des tissus wax en patchwork. Certaines s’y étaient déjà essayées comme Claudine du club des Can’canettes de Castres qui m’a depuis envoyé la photo du sien :

Tohu-Bohu par Claudine Bize, une très belle composition.

Détente en fin de la première journée, un petit pas de danse drapée dans un quilt d’Andrée :

Face au bar, drapée de Bulles Africaines, mais non, je n’ai rien bu 😃

Bonnes vacances, à bientôt !

Le quilt de voyage de Luke

Luke Haynes est un quilteur qui compte dans le paysage de l’art textile, un homme heureux, jeune marié, qui passe un mois de honeymoon en Europe… avec plein de rendez-vous textiles !

Nous l’avions découvert il y a quelques années avec son exposition de 50 quilts en log cabin principalement noir et blanc, avec de vibrantes touches de rouge (ici mon article présentant cette expo). Tout est fait en tissus de récupération. Cet Américain est de la même génération que Ian Berry, avec le même principe de recyclage, à la différence près que Ian ne fait pas de quilts mais des tableaux ou des mises en scène immersives à partir de blue jeans. Ils se sont rencontrés voilà 2 ans à Sainte-Marie-aux-Mines et inévitablement ils sont devenus copains.

Un des fascinants quilts en log cabin revisité de Luke Haynes

Luke a navigué dans plusieurs styles de patchwork, avec un fond d’attachement au traditionnel populaire. Il achète les vieux vêtements et linge de maison usagé au poids : il est dans l’univers de la récupération, des blocs connus, l’utilisation de ses quilts dans la vie courante… et de la fantaisie, surtout ! On sent un solide sens du design contemporain pour arriver à de tels résultats. Ses œuvres textiles sont généralement de la taille d’un dessus de lit, pour qu’elles puissent servir mais aussi pour avoir le champ d’expression qui lui convient ; il aime la confusion entre art et fonctionnalité. Il préfère qu’on parle de lui en tant que designer, car il joue avec les objets et l’espace et c’est aussi d’où il vient, puisqu’il est architecte de formation.

Sa collaboration avec Accuquilt lui a donné l’occasion de créer ce Winding Ways de forme classique, avec des chemises rayées et à carreaux, ce qui donne un esprit scrappy et un jeu de lumière complexe. Il a fait ce que j’appelle du tissu-cousu (made-fabric) pour composer certaines pièces de bloc.

Barack Obama par Luke Haynes

Luke adore se mettre en scène, jouant avec ses propres œuvres, avec auto-dérision et humour :

http://www.phonicalia.com/episodes/hello-atelier-028/

http://www.lelandavestudios.com/2018/08/31/the-creativity-project-week-35-luke-haynes/

Non seulement Luke aime se mettre en scène mais il excelle en auto-portrait, reprenant de fait des traditions de peintre. Mais les siens sont les deux pieds dans notre siècle !

 

Self-portrait #2, Tradition.jpg
Self portrait #2, Tradition

On my bed #5, self portrait

Détail du précédent

Luke est aussi expert dans l’art du traitement du tissu par la photo. Il remet aussi au goût du jour un des dadas de Dali, l’anamorphose, ou la déformation d’images par optique (comme par exemple, un miroir déformant). C’était le thème de son expo de SMM 2019, avec les stars de nos vies, du cinéma, de la pop ou de la peinture : Amy Winehouse (ce qu’elle nous manque…), Madonna, Picasso, Dali, James Dean, David Bowieet bien d’autres.

Sewlebrity, une sacrée expo ! Ces quilts nous font perdre nos repères : sont-ils apparentés à un tableau ou une sculpture ? Les personnalités sont, selon où l’on se place pour les regarder, à la limite du grotesque ou bien prodigieusement en mouvement, tels qu’on les connaît. Des croix et des flèches par terre nous aident pour voir le personnage normal, avec l’angle juste. Challenge parfaitement réussi, bravo Luke !

Les fonds de quilts, comme les dos, sont faits de récupération de vêtements, draps, nappes etc. Luke m’a montré des dos de quilts, piécés avec des tissus du même style que ceux sur le devant, qui font des versos aussi beaux que les rectos. Quant au quilting, il est fait à la machine, bien dense, horizontal pour le fond et vertical pour le personnage, ce qui rend la silhouette visible au dos. Luke pense à tout !

Pour Véro ma sœur qui adore Beau oui comme Bowie* encore plus que moi :
(*Gainsbourg chanté par Isabelle Adjani)

Bowie bizarre…

Bowie showman…

Yeah !

Un autre exemple d’anamorphose avec Madonna :

Pour tous ceux qui n’ont pas eu la chance d’y aller, une vue de la moitié de l’expo où on voit des personnages déformés, d’autres parfaitement normaux car je suis bien placée pour eux :

Luke m’a laissé choisir devant quel artiste poser : Dali, à l’origine de tout bien sûr !

Dali, Luke et moi… Un beau moment de la vie ! Si l’anamorphose est le thème de l’exposition, la métamorphose sied bien à Luke qui change si souvent de look 😃 et attention, on retrouvera peut-être sa chemise dans un quilt la prochaine fois ! Photo Annie Labruyère

Je vous parlais en début d’article de son voyage en Europe ; Luke et sa femme se trouvent à présent en Angleterre. Et partout, un quilt les suit, comme un doudou, et pas n’importe lequel : des anneaux de mariage… à la sauce Luke ! J’ai entendu beaucoup de commentaires sur ce quilt, qui surprend par son fouillis et son charme, sa touche tradi et révolutionnaire à la fois… Décidément Luke est un artiste complexe qui déroute un certain public, tout en enchantant une autre partie. Personne, en tout cas, ne reste indifférent et on sait que la nouveauté est rarement acceptée d’emblée… Pensez aux Impressionnistes, rejetés en leur temps par les officiels…

Voici son quilt de voyage dans une chambre quelque part en Europe :

En Angleterre dans un manoir :

Et le voici tel que je l’ai vu à SMM, sur sa table, sous l’œil d’Amy :

Ce quilt est entièrement fait de draps de récupération. De loin, on le « lit » tout gris, il ne suit pas non plus les codes des valeurs (foncé et clair), mais de près on voit le travail et la richesse de la palette de couleurs ! Le quilting est très dense à la machine et n’est pas aussi simple qu’il en a l’air. Encore une subtilité qui ne saute pas aux yeux : les anneaux sont quiltés au fil blanc, les fonds en noir.

Au dos, on voit bien ce quilting. Le dos est, comme les autres quilts de l’expo, un vrai patchwork de tissus déjà vus sur le devant… ou d’autres aussi, il n’y a pas de règle rigoureuse !

 

J’espère que cet aperçu vous aura séduit ; l’art textile comporte mille et un visages, surtout avec un artiste aussi prolifique et singulier. Luke compte dans le monde artistique et j’espère que son charisme, son succès retentiront encore longtemps et fort, pour que le textile soit autant reconnu que les autres matières premières dans le monde de l’art.

(Sauf mention et citation de Dali, photos du site de Luke : http://www.lukehaynes.com/ ou ses pages Facebook, ainsi que mes photos de Sainte-Marie-aux-Mines).

Profitons de notre chance !

J’ai eu la grande chance de pouvoir aller à Sainte-Marie-aux-Mines il y a une dizaine de jours, afin de promouvoir mon livre BeeBook, édité par Les Éditions France Patchwork. Que de rencontres ! Je n’aurai malheureusement pas le temps de vous faire un compte-rendu exhaustif, d’ailleurs je n’ai pas pu visiter toutes les expos, mais je suis riche de ce que j’ai vu et vécu et, d’une manière ou d’une autre, j’en reparlerai sur ce blog.

Au stand, j’avais sous les yeux deux expos FP : les Quilts de Légende, ces quilts parfaits sublimant des ouvrages d’antan, et les quilts du concours Rubis, puis un peu plus loin, les quilts des Jeunes Poussent.

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Cent onze quilts rubis : une bien belle manière de célébrer les 35 ans de l’association !

Les quilts ont été disposés par ordre alphabétique. Il fallait un temps certain pour tous les admirer.

Chaque participante mérite toute notre admiration. J’ai eu le grand plaisir de lire le nom d’un certain nombre d’amies !

Impossible de primer chaque beauté… Alors je vous montre celui-ci que j’aime, de Cécile Milhau. C’est drôle, son numéro d’ordre alphabétique correspond par hasard à son département☺ 

Allez revoir aussi celui qui n’a pas pu participer, Smaugh le fameux dragon du Tarn (oui, encore un talent de ce département !).

Les Quilts de légende étaient tous très beaux et Dominique Husson a inlassablement répondu aux questions, avec sa gentillesse coutumière. Je vous en montre un seul, très subjectivement choisi, tout en sachant que vous pouvez passer des heures à visionner les galeries faites par Edith Bouilly sur le site FP, un travail phénoménal ! Merci Edith.

Gabrielle Paquin excelle autant dans le tradi que dans le moderne (sa spécialité, utiliser des tissus à rayures !)

Les Jeunes Poussent connaissent un nouvel élan avec le dynamisme d’Isabel Larzillière. Le thème de l’Espace a bien titillé les neurones des enfants :

Annie Labruyère et moi avons été émues par le quilt en haut à gauche, déplorant la couronne de déchets spatiaux que nous avons faite en moins de 50 ans. Une véritable poubelle tourne en orbite…

Les expositions sont l’occasion de rendre hommage aux quilteuses occasionnelles tout comme aux plus grands artistes. Il est vrai que, parfois, nous sentons, au bout de quelques dizaines d’années de pratique du patchwork et de visites, un peu de lassitude, un peu d’aquoibonisme (merci Gainsbourg), un peu de j’ai-trop-d’idées-et-j’ai-trop-de-tissus… Je le sens et le comprends. Mais cela m’a fait mal au cœur de constater, à SMM, une fréquentation bien moindre… C’était très facile de circuler, très peu de queues, rien de commun avec d’autres années, alors que la qualité était époustouflante… Je crains fort que SMM ne subisse un jour le même sort que Quilt en Sud… Pourvu que non !

Que sont nos loisirs sans les rencontres ? Créer (ou suivre un modèle) est une activité généralement solitaire. Rencontrer d’autres quilteuses en petit groupe, en club, en expo fait tant de bien ! Nous sentons avec certaines une sororité qui illumine la vie, une forte amitié tout comme un respect de la différence (voir mon article à ce sujet, un de ceux qui me tiennent à cœur). En Alsace, j’ai rencontré plusieurs sœurs de cœur, que cela fait du bien !

Profitons donc de notre chance d’avoir des manifestations autour du patchwork. Moi la première, je ne peux aller partout malheureusement. Je tiens cependant à signaler pour les Occitanes occidentales, quelques rendez-vous dans un avenir proche, par ordre chronologique :

Dès cette fin de semaine, une exposition très attendue dans notre département, celle du club de Balma (31). Une promesse de beaux quilts et de surprises ! Balma est aussi la ville qui reçoit régulièrement les JA et autres événements comme le fameux loto des 30 ans de FP, nous y sommes très attachées !

La Tour du Crieu est une petite ville d’Ariège, avec un club de patchwork dynamique. La plupart sont membres de France Patchwork et j’ai toujours un grand plaisir à rencontrer ce groupe très sympathique !

Pour la 21e édition, le Salon fait peau neuve avec un rajeunissement du concept, une place aux innovations locales et aux tendances zéro déchet, cosmétique naturelle… J’attends beaucoup de cette nouvelle direction prise pour faire venir la jeunesse !

A bientôt les amies, portez-vous bien,
Katell

 

 

La nonentaine heureuse et la vingtaine glorieuse dans le Tarn

Aujourd’hui-même Hugues Aufray, notre troubadour folk, fête ses 90 ans. Sa longue vie est comme un roman, pleine de péripéties, commençant enfant à la santé fragile, à présent Lion fort à la blanche crinière, à qui on commanda déjà en 2007 ses secrets de santé ! C’est un modèle de résilience, « ce qui ne me tue pas me rend plus fort » ainsi que disait Nietzsche. Je ne me rendais pas compte de son âge, et c’est à la suite d’une interview en juillet dernier que j’ai eu la curiosité de lire ce livre, pour mieux le connaître.

J’ai lu attentivement son livre où le chanteur se dévoile avec simplicité. J’aime son authenticité et son ouverture d’esprit. C’est un homme curieux du monde, respectueux des traditions d’autres peuples et de la nature. Il reste optimiste et positif, ça conserve !

Bob Dylan with Hugues Aufray. (Photo by Bertrand Rindoff Petroff/Getty Images)Tout ce que je savais de lui, c’étaient ses chansons à succès qui entraient immédiatement dans notre patrimoine, son amitié avec Bob Dylan, sa passion pour les chevaux et les USA, et je savais aussi qu’il avait passé une partie de sa jeunesse dans le Tarn, à Sorèze. C’est là qu’il fêtera ses 90 ans avec son public… J’en ferai partie ! Mieux le connaître par son livre m’a donné grande envie de participer à cet événement :

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Quand j’étais petite, on disait parfois à mon cousin doué mais oh combien turbulent : « si tu continues, je te mets à Sorèze ! ». A Sorèze, il y avait un pensionnat pas comme les autres, ex-école militaire royale (fermée en 1793), puis école-abbaye dominicaine jusqu’en 1991, où bien sûr la discipline régnait, mais aussi l’épanouissement de l’enfant par le sport et la culture. C’est là que le jeune Hugues découvrit l’équitation et y vécut, malgré des difficultés scolaires, les plus belles années de sa vie au beau milieu de la guerre !

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Sorèze, photo Pascale Walters CDTTarn

L’établissement de Sorèze est devenu musée des tapisseries de Dom Robert, musée de l’Ecole et hôtel-restaurant. Si vous êtes dans la région, une visite s’impose… Et sa prochaine métamorphose viendra peut-être d’Hugues, qui souhaite ardemment y refaire une école, probablement liée à l’équitation…

Curieusement, Hugues Aufray me rappelle à deux titres l’article écrit grâce à mon amie Betty contenant deux sujets hors du commun : le Bennett Junior College de Betty qui n’a pas eu la chance de Sorèze puisqu’à l’abandon, et le mythique Festival de Woodstock il y a pile 50 ans, où Bob Dylan était le grand absent… Ironie suprême, Bob habitait justement à Woodstock même !… Il justifiera son absence par une période difficile (grave accident de moto puis décès de son père et son fils Jesse gravement malade) mais avouera plus tard qu’il était excédé par tous les hippies qui squattaient chez lui à Woodstock… Je me demande d’ailleurs si ce n’est pas à cause du domicile de Bob Dylan à Woodstock qu’on appelle ce concert Woodstock, pour l’éternité, alors qu’il se passa à 75 km de cette petite ville !!

À l’est de Sorèze se trouve une vallée naguère très industrieuse dans le domaine du textile, avec en son centre Labastide-Rouairoux. Un petit groupe autour de Patricia Cathala organise tous les ans un Festival qui prend chaque année de l’ampleur. Pour connaître un peu mieux cette valeureuse équipe, suivez ce lien.

J’y étais le 15 août avec des Bees (mes amies Abeilles) et on peut dire que cette édition des 20 ans fut une fameuse réussite, un enchantement avec la douceur de vivre occitane, des artistes invités tellement disponibles, des rencontres très inattendues (ah Claudine, si contente de t’avoir revue !) et tant d’autres tout aussi chaleureuses ! J’ai pris bien trop peu de photos, mais d’autres l’ont fait pour moi : allez voir les centaines de photos sur Facebook  par Flo Volsul, Les Jolis Instants  par exemple… Quaquie a commencé une série de reportages sur son blog et bientôt d’autres blogs s’en feront aussi l’écho certainement dans les jours qui suivent.

Toute la journée, un air vénitien flottait à la Fête du Fil, donnant une touche féerique :

Chacun souhaite se faire photographier auprès de ces personnages aux somptueux costumes…

… moi aussi : même si ma robe n’a rien de celle d’une princesse, je suis accompagnée d’un prince charmant !

Petites et grandes nous font rêver…

Les masques énigmatiques assurent d’être incognito et s’amuser sans barrière. A Venise dès la Renaissance, la République aristocratique jouait à la démocratie où chacun a les mêmes droits pendant quelques jours par an…

Pour ma part j’ai décidé de ne vous présenter que trois univers, centrés autour de la Méditerranée, même si j’ai des regrets de laisser temporairement de côté tant d’autres beaux artistes…

Tout d’abord, Dimitri Vontzos, qui anima la Journée Nationale de l’Amitié à Vichy en juin dernier pour France Patchwork ; il était à Labastide avec son plus beau chef d’oeuvre, sa fille, tout aussi souriante et sympathique que son père ! Mais j’ai admiré aussi ses créations d’étoles et ses nouvelles broderies, toujours axées sur sa culture méditerranéenne.

Dimitri est un artiste qui sait se renouveler et c’est à chaque fois un plaisir de l’entendre parler de ses inspirations ! Lui et bien d’autres (Pascal Jaouen et les brodeuses comme Monik Paugam avec la broderie glazik de Bretagne et plus généralement nos artistes textiles françaises, si nombreuses à mêler patch & broderie créative…) donnent un élan de créativité avec bien peu de choses : du fil, du tissu, une aiguille… La simplicité des matières premières donne libre cours à l’imagination !

Ensuite, je souhaite vous présenter un autre homme, venu de l’autre côté de la Méditerranée, l’Égyptien Ekramy Al Farouk, un des éminents tentmakers du Caire, ces hommes qui sauvent la tradition des khayamiya, tentures textiles qui offraient un raffinement certain à l’intérieur des tentes des nomades tout en renforçant la protection contre la chaleur, le froid et le vent. Je crois que je ferai un article à leur sujet prochainement, tellement je suis admirative de leur chemin parcouru. Lors de leur précédente exposition, je n’avais pas osé m’offrir la toile dont j’étais tombée amoureuse : je l’ai regrettée, oh combien !

J’ai tellement regretté d’avoir été raisonnable en 2016…

Je n’ai toujours pas succombé à une des plus grandes toiles, mais je me suis tout de même fait un plaisir immense en choisissant des oiseaux de paradis sur fond bleu :

Merci à la photographe, la bénévole bastidienne du stand, Krystyna ! Pour le plaisir, voici d’autres photos du stand, avec une mention spéciale pour l’histoire contenue dans ce quilt qui se lit de droite à gauche, contée avec talent par Krystyna :

« Un jour, un homme arrive à la ville, juché avec son fils sur son âne. On dit de lui : oh quelle honte, pauvre âne, l’homme pourrait marcher quand même ! Le lendemain, le fils est sur l’âne, l’homme marchant à côté. On dit : ah c’est comme ça qu’on élève les enfants, c’est du propre ! Le jour suivant, l’homme est sur l’âne, son enfant marchant à côté. On dit : ben voyons, il se prend pour qui celui-là ? Pauvre enfant ! Le jour suivant, l’homme et l’enfant marchent à côté de l’âne. On dit : ridicule, ils ne profitent même pas de l’âne ! Le dernier jour, l’homme porte l’âne. On dit : ah on avait bien fait de se méfier de lui, il est complètement fou ! Moralité : n’écoute pas le qu’en dira-t-on… »

Une vue des ouvrages exposés : des tableaux rappelant la splendeur des mosaïques symétriques arabo-musulmanes ou leur calligraphie, des harmonies de couleurs toujours réussies, des dessins enrichis par leur culture devenue cosmopolite (certaines ont bénéficié de l’influence des tapisseries de Dom Robert de Sorèze que Ekramy avait vues en 2016 !)

Un des Arbres de Vie féeriques du stand…

… et un détail !

 

Une des splendeurs du stand ! Sans limitation de budget, j’aurais eu du mal à choisir entre ces deux derniers… Étant près de la porte, il y a un contre-jour un peu gênant, mais on voit la beauté de la tenture tout de même…

Terminons par une femme qui a surpris tous les visiteurs, Paule François. Sa matière première est la laine, sa technique est un cadre de bois sur lequel est créé un métier à tisser sur mesure pour chaque création, son inspiration vient de ses propres photos. Elle vécut cinq ans sous le soleil du Maroc et y trouva une inspiration majeure pour ses ouvrages, ses voyages lui inspirent également de très belles scènes, et enfin la côte méditerranéenne française, auprès de laquelle elle vit à présent, lui offre d’autres sources d’inspiration tout aussi lumineuses. Quand on voit un de ses tableaux de loin, on croit voir une photo ou un tableau réaliste, éclatant de couleurs et à la profondeur de champ parfaitement maîtrisée. Quand on s’approche, ce sont de grands points de fils de laine qui font le tableau ! Inutile de dire que ce travail est bien plus long que ne le serait un tableau en peinture… Son art est bien sûr apprécié dans le monde où elle évolue (le monde des galeries d’art), mais trop souvent du bout des lèvres… Ce n’est que du fil… Sa notoriété bondira si elle entre dans le monde de l’art textile où son art sera bien plus apprécié, comme à Labastide-Rouairoux !

Nous avons aussi tendu des laines pour faire des tableautins dans notre enfance, la technique n’est pas franchement nouvelle, mais le résultat de Paule est tout autre (encore bien plus beau que sur mes photos!) :

Merci aux Bastidiens pour cette formidable édition 2019! Terminons en beauté avec quelques vues du Musée du Textile, au cœur de la ville de Labastide-Rouairoux :

 

Connaissez-vous les RUBieS ?

Au moment où le football féminin semble devenir une discipline très populaire, je découvre, grâce à la fille d’une amie Abeille, une association sportive qui promeut un sport réputé masculin pour des femmes ayant été atteintes d’un cancer : le rugby. Il est bien reconnu que pratiquer du sport est une prévention contre les cancers et favorise les rémissions.

Rugby Union Bien-être Santé, autrement dit les RUBieS, disputent des matches de rugby à V (5). Ce rugby est aménagé pour éviter les blessures : il est sans choc et sans placage, le terrain est 2 fois plus petit et les règles sont simplifiées. Ainsi reste le pur plaisir d’un sport en équipe. Ce nouveau sport a été développé par la Fédération Française du Rugby.

A Toulouse et ailleurs, les RUBieS montrent leur courage en s’appropriant de nouveau leur corps.

Ce samedi aura lieu le Salon des RUBieS au Parc des Argoulets (adresse sur l’affiche) pour promouvoir leurs actions et récolter de l’argent. L’entrée est gratuite et ouverte à tous. Ce Salon a vu le jour grâce à la bonne idée d’une patiente.

Cécile B. me précise que le match de gala est avancé à 14 h, pour bénéficier de la venue de plusieurs anciens joueurs professionnels. Espérons que la journée sera chaude dans les cœurs, mais pas trop sur le terrain…

Lors de cette journée, des tickets de tombola seront en vente et Danielle B. a motivé les Abeilles pour fournir des lots, car Cécile, sa fille, est très impliquée dans cette association. L’un dormait dans une armoire, l’autre a été créé pour cette tombola.

Nous souhaitons une très belle journée à tous les participants !

 

 

 

Fais-le toi-même à Albi (81)

Vous connaissez mon attachement au Tarn, cœur de l’Occitanie… Département riche en événements consacrés aux arts textiles à Lacaze, Labastide-Rouairoux, Sorèze, Fayssac/Gaillac et tant d’autres, grâce aussi bien évidemment à la délégation France Patchwork, aux clubs de patchwork, aux artistes textiles qui y vivent… Un Pays de Cocagne pour les quilteuses ! C’est même ici qu’est imprimé le magazine des Nouvelles, Patchwork & Création Textile de France Patchwork, dans une imprimerie certifiée Imprim’Vert.

Albi la Belle

Albi est une ville qui, loin de devenir seulement une belle cité-vitrine pour touristes avec son inscription au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 2010, bouge avec son temps. Je ne sais pas où en est l’ambitieux projet d’autosuffisance alimentaire projeté par la mairie, mais il est plus que jamais dans la mouvance de la nouvelle économie souhaitée par un nombre grandissant de personnes : on veut promouvoir la qualité, le local, avec des conditions de travail dignes.

Pour informer, encourager, mobiliser, il faut des locomotives et des lieux de rencontre. C’est ainsi qu’est conçue la Foire Économique d’Albi qui met l’accent sur le Fait en FranceEn fin de semaine de la Foire d’Albi, le premier Salon Fais-le toi-même voit le jour, avec un programme joyeusement éclectique. C’est la même entrée commune au Parc des Expositions avec la Foire d’Albi, ne le cherchez pas ailleurs !

J’irai y faire un tour, car j’y verrais bien du patchwork & arts textiles en déferlante l’année prochaine ! Si vous avez des envies ou des idées pour l’année prochaine, n’hésitez pas à contacter : contact@albiexpos.fr

Et quelques jours après, c’est l’exposition annuelle de Fayssac, la 20e déjà !… Quand je vous disais que le Tarn est un Pays de Cocagne pour quilteuses !

 

 

Le Salon de Pexiora (11) fête ses dix ans !

Pexiora est un village qui fait parler de lui depuis 10 ans, avec son Salon si sympathique où se retrouvent tous les fêlés de fils, les mordus de rubans, les babas de boutons, les fanas de tissus… Il est assez petit, mais la densité d’exposants intéressants est impressionnante ! Bien sûr l’équipe organisatrice veut présenter de nouveaux exposants chaque année, et pourtant nous sommes toujours heureux d’y retrouver des visages connus d’une année sur l’autre et compléter notre petite mercerie personnelle.

Situé entre Castelnaudary et Carcassonne, Pexiora est finalement très bien placé, chacun a son petit bout de route à faire, qu’on habite en Ariège, dans les Pyrénées Orientales, dans le Tarn, en Haute-Garonne, dans l’Hérault, tous ces départements voisins. Il n’est cependant pas rare de voir des Bordelaises en visite, des Espagnoles ou des Marseillaises en goguette, tellement ce Salon est attractif !

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Gene et son équipe de bénévoles nous attendent cette semaine, d’où qu’on vienne le séjour sera gai et ensoleillé ! A mon habitude, j’irai vendredi avec mes Amies Abeilles me régaler de petits riens qui font tout dans la vie d’une quilteuse : rencontrer d’autres passionnés, acheter de nouvelles petites choses in-dis-pen-sa-bles, admirer les ouvrages exposés… Vivement vendredi !

Allez relire l’auto-portrait de Geneviève par ici, elle vous raconte la genèse du Salon, son organisation et son but, pour notre plus grand plaisir.

Et surtout, allez sur son blog pour tout renseignement complémentaire : lieu, horaires, liste des exposants, etc.

Voici d’où viennent les exposants du Salon Tissus et Lin en Pays d’Aude, alias le Salon de Pexiora !

Aigu’illes en Luberon fête ses 10 ans

Avez-vous envie de soleil, de quilts, de rencontres sympathiques ?
Grâce à notre loisir-passion, nous pouvons remplir notre agenda de projets de voyages et au cœur de l’hiver, quoi de mieux que rêver au petit paradis du Luberon ?

Si vous souhaitez participer à l’expo-concours sur le beau thème de l’olivier, il n’est pas trop tard pour agiter vos mains et vos neurones, la date limite étant le 30 avril. Tous les renseignements se trouvent par ici.

Le site : http://www.aiguilles-en-luberon.com/