BeeBook : toujours en vente sur les Salons au stand France Patchwork, au cours des stages et JA où je suis présente et sur le site France Patchwork, par correspondance.
Comme tous les ans, le changement d’année se fait avec les rétrospectives et des actualités globalement moroses. Tout va-t-il si mal ? Vaste question… que nous ne traiterons pas ici. Mais le ressenti désespéré de tant personnes, à travers leurs manifestations bruyantes ou leur burn-out silencieux ou encore l’inquiétante progression des dépressions, est tangible et dévastateur.
De 2019 pourtant, je garderai personnellement un heureux événement, la sortie de mon livre BeeBook (Éditions France Patchwork) qui a séduit des centaines de personnes et m’a rapprochée de vous, lectrices et lecteurs. On me demande parfois d’expliquer le titre, c’est le Livre des Abeilles, mais en français cela ressemblait trop à un traité d’apiculture ! Simplement, en relation directe avec le titre de ce blog qui a bientôt 8 ans, j’ai filé la métaphore avec les quilteuses travailleuses, à la patience qu’on nous attribue avec respect, mais aussi avec la communauté de celles et ceux qui partagent la même passion dans un monde de culture, de technique, de matières nobles et de couleurs.
La couleur est une notion qui ne cesse de me fasciner : indissociable de la lumière, énergie et longueur d’onde, perception du cerveau via l’œil, sensation, matière première des teinturiers et des artistes, symboles liés à nos cultures… Chacun dans son domaine définit cette notion impalpable et pourtant omniprésente.
C’est ainsi que le monde économique s’intéresse à la couleur de l’année choisie par Pantone, cette année le Classic Blue, alors que le monde des arts textiles y ajoute la couleur Kona Cotton (gamme de tissus unis de Robert Kaufmann) qui a élu pour cette année :
Enchanted, un vert que j’appellerais volontiers vert émeraude, une des mille et une nuances de l’Irlande, appelée L’Île Émeraude. C’est d’ailleurs en Irlande que j’ai vu le plus grand nombre d’arc-en-ciels en quelques heures, un festival irréel un jour de balade dans le Ring of Kerry !
L’arc-en-ciel est le symbole d’une transition optimiste, de la pluie vers le soleil, l’enchantement du ciel sur terre. En Irlande, la légende dit qu’au pied de chaque arc-en-ciel, par définition inatteignable, le Leprechaun -sorte de lutin- y cache son chaudron d’or, symbole de richesse mais aussi de chance et de bonheur. Mais si on réfléchit un peu, le lieu même où l’on se trouve n’est-il pas un jour ou l’autre la base d’un arc-en-ciel vu par d’autres ? A chacun d’y trouver, ici et maintenant, sa richesse…
Et si2020pouvaitdevenirl’arc–en–cieldu21esiècle, transitionoptimiste?
De manière détournée, c’est ce que vont provoquer dans leur domaine des quilteuses francophones – et un quilteur – avec un mouvement fait de joie et de couleurs ! Avec beaucoup de légèreté et d’inconscience, j’ai lancé le mois dernier un groupe FB pour créer une dynamique française autour du concept américain des Temperature quilts. La vague d’engouement m’a totalement surprise et absolument enthousiasmée ! Ne le dites pas à ma famille, deux cadeaux de Noël sont restés en plan tellement j’ai passé du temps avec mes amis du groupe Quilt Météo 2020… Non, je ne regrette rien, bien au contraire ! L’ambiance du groupe Facebook était survoltée en approchant du 31 décembre, avec une profusion de maquettes, de modèles, de créations griffonnées sur un papier ou élaborées sur ordinateur… A présent, ce sont les petits blocs représentant la journée d’hier, Journée Une, qui fleurissent… Une joie inattendue qu’on accueille les bras ouverts dans nos vies ! Vous pouvez encore rejoindre ce groupe où nous avons des échanges chaleureux, respectueux et souvent très amusants !
Conversation du moment : l’année 2020 est-elle le début de la nouvelle décennie ? Comment l’année zéro peut-elle être la première année de quelque chose ? Si le 1er janvier, Journée Une, est sans conteste le premier jour de l’année et qu’une ère commence par l’An 1 et non l’An 0, je préfère pourtant dire, comme la majorité, que 2020 est le début d’une nouvelle décennie (et non 2021), tout comme un bébé existe déjà lorsqu’il n’a pas encore un an…
Une décennie qui va bousculer nos habitudes de vie, c’est certain… mais les arts textiles, patchwork, appliqué, broderie, tissage,tricot, crochet (…) nous aideront à réfléchir, méditer, nous exprimer… et nous sentir bien.
C’est tout ce que je vous souhaite !
C’est devenu une tradition, Kristine me prépare chaque année le visuel en utilisant chaque fois une nouvelle technique. 2020 mercis et 20/20 pour ta réussite Kristine !
Nos vies sont des patchworks de joies et de peines et c’est une richesse inestimable d’avoir son jardin secret, son violon d’Ingres, son dada, son hobby, son passe-temps, sa passion… Cela nous aide à mieux vivre !
C’est à vous que je dois d’avoir passé une année magnifique⭐. Votre bienveillance envers mon blog toujours, l’accueil enthousiaste de mon livre BeeBook, les rencontres chaleureuses dans toute la France… Merci pour cette année, chères amies quilteuses ⭐!
Le succès d’un livre sur la créativité en patchwork n’allait pas de soi, mais suffisamment de personnes y ont cru⭐ pour que BeeBook existe.
Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine… elle est mortelle !
Paulo Coelho
Bien sûr BeeBook reste l’événement de mon année 2019, une aventure menée à bien grâce àFrance Patchwork⭐et l’indispensable collaboration des nombreuses BeeBook Girls⭐ qui m’ont offert leur temps, leurs talents, leur amitié… Monique, Nicole, Kristine, Andrée, Évelyne, Éliane, Danielle, Maïté, Cécile M., LeeAnn, Sujata, Fabienne, Sophie, Annie, Chantal, Christine, Cécile D., Victoria, Sheila, Tara et, last but not least*, Roderick, chacun étant une vraie personnalité et une belle personne⭐. *le dernier mais pas le moindre
Il y a quelques jours, Alice⭐ m’a fait un très beau cadeau : un article sur BeeBook, à lire, même si ma modestie est un peu bousculée !
Deux livres sortis cette année, celui d’Alice et le mien, un duo gagnant pour les quilteuses francophones 🙂
Ces prochains jours, je serai surtout sur Facebook pour animer le tout nouveau groupe Quilt Météo 2020 dejà riche de plus de 130 membres ; rendez-vous en janvier sur ce blog, avec de nouveaux chemins créatifs !
Je ne sais pas où je vais, mais je sais que ce ne sera pas ennuyeux.
David Bowie
2020… à aborder avec beaucoup de couleurs pour que cette année soit plus belle !
Vous êtes nombreuses à réfléchir sur votre quilt météo, je m’en réjouis ! Pour aider chacune à démarrer, puis rester motivée, mais surtout passer du bon temps ensemble et partager nos avancées, nous créons le groupe Facebook Quilt Météo 2020. Il va être animé par Cécile de Patchwork Inspirations, Bee Kristine et moi-même. Rejoignez-nous ! Vous pouvez désormais vous y inscrire, il vous est ouvert ; des détails sur le blog de Cécile. Nous pouvons dès à présent partager nos idées, nos doutes, nos organisations, le tout dans une ambiance positive, simple et sincère.
Notre bannière : un top en cours d’une quilteuse écossaise, Eve.
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Choisir ses tissus
Avant de commencer, c’est le travail le plus ardu qui nous attend : l’établissement de l’échelle de températures et l’achat des tissus ! Chacune est libre mais j’ai reçu plusieurs messages de demande d’aide. Alors je vais vous donner mon exemple.
Dès le début, je voulais utiliser une gamme de tissus, contrairement à mon habitude (je fais généralement des tops scrappy, avec beaucoup de tissus mélangés, de toutes origines). Pourquoi ? Pour la rapidité du travail en premier lieu, car j’ai déjà un agenda chargé pour 2020. Pour la beauté de la lecture claire des variations des températures ensuite. Pour mon amour des tissus Grunge enfin, mon choix sans hésitation. J’étais cependant bien embêtée de devoir encore commander mes tissus aux USA, mais heureusement Au Fil d’Emma les vend désormais, youpi ! Les étoiles sont alignées pour faire un quilt météo qui me plaira en tous points !…
Les tissus Grungesont des imprimés particuliers, texturés-patinés, comme un mur dont la peinture commence à se délaver. Les tissus unis sont un autre choix, le coût est minoré et le choix des couleurs encore plus grand avec lesKona cottonsou les Art Gallery fabrics. Mais rien ne vous empêche de choisir des batiks, des Kaffe Fassett ou tout ce qui vous plaît !
Pour moi, j’ai établi une échelle de couleurs correspondant à des tranches de 3 degrés Celsius. Je suis partie de +1/0/-1 en blanc/écru et suis montée haut, jusqu’à +41/+42/+43 mais je ne suis pas beaucoup descendue car je vis à Toulouse. La progression n’est pas aussi mathématique qu’un arc-en-ciel, j’y inclus ma petite fantaisie en utilisant les tissus proposés sur le site d’Emma. Attention, j’ai inclus quelques couleurs qui ne vous conviendront peut-être pas, n’hésitez pas à faire vos modifs ! Si vous êtes en pays plus froid, prévoyez des couleurs froides et sombres aussi en-deçà de -7°C, ma limite inférieure. Votre choix sera le bon, qu’il soit comme le mien ou complètement différent : moi-même, je risque de changer de place à certains tissus quand je les aurai sous les yeux !
41/42/43 : 243 Prune
38/39/40 : 405 violine
35/36/37 : 139 radis ou 376 pomme d’amour
32/33/34 : 253 framboise ou 139 radis
29/30/31 : 421 caramel
26/27/28 : 326 saumon
23/24/25 : 260 jaune d’or
20/21/22 : 281 tournesol
17/18/19 : 412 cocktail
14-15/16 : 292 freesia
11/12-13 : 303 lime
8/9/10 : 304 kiwi
5/6/7 : 154 aqua
2/3/4 : 218 ciel
+1/0/-1 : 530 écru
-2/-3/-4 : 298 turquoise
-5/-6/-7 : 300 bleu royal
J’ai ajouté un tissu gris pour remplir les cases des jours « qui n’existent pas » (mois de 30 jours), cela dépend de votre choix de maquette. Si cela fait trop de tissus pour vous, adaptez mon échelle en faisant des tranches de 4 ou 5° au lieu de mes 3°.
J’ai acheté des coupons de 20 cm chacun. C’est un certain budget, pourquoi pas se le faire offrir par le Père Noël (c’est mon cas🎄) ? Emma fera le nécessaire pour que vous receviez les tissus à temps… mais ne tardez pas quand même ! Vous pouvez aussi acheter le jelly roll Grunge, ou un jelly roll Kona cotton, moins onéreux qu’à la coupe et sans doute suffisant si vos blocs sont petits. Autre possibilité : s’entendre en groupe pour acheter les mêmes tissus. Enfin, on peut faire plusieurs achats en cours d’année, pour répartir les frais : on n’utilisera pas les tissus des 30° tout de suite !
Si vous n’avez pas trop confiance dans le suivi d’un projet complexe, choisissez un monobloc : un simple carré, un rectangle, un dé à coudre (j’ai failli choisir ce modèle) etc. peut donner simplement la température maximale du jour. Pour ma part, ce sera un bloc de 2 coupes et 4 coutures par jour, un petit bloc en forme de +, comme évoqué ici. Je vais équerrer à 7,5 cm pour les avoir cousus à 6 cm. Voilà, vous savez à peu près tout !
Un projet sur une année qui n’est pas un quilt météo… Laurence Le Houerou, alias Lolo27, nous raconte ici un de ses quilts que j’ai eu la chance de voir chez elle il y a quelques semaines. J’admire sa régularité et sa persévérance dans la couture des blocs ! J’aime surtout le rendu de son quilt, et elle aime surtout tous les souvenirs qui se rattachent à chaque tissu… Une belle histoire !
Depuis 2 ou 3 ans, j’avais vu sur des blogs des projets de « RSC » (= Rainbow Scrap Challenge = Défi avec des chutes aux couleurs de l’arc-en-ciel) et cela m’avait donné envie, mais je n’en avais alors pas le temps.
Fin octobre 2015, sur un autre blog, je tombe sur un projet de réalisation sur 1 année avec 1 bloc par jour : appliquer sur 1 carré, 1 rond fait d’1 ou plusieurs morceaux de tissus piochés au hasard dans ses tissus selon l’humeur du jour, à la façon d’un journal intime quotidien. Cette idée d’1 bloc par jour me plait bien, mais le rond sur le carré beaucoup moins ! A titre d’exemple, vous pouvez voir les quatre quilts Quilty 365 de Sophie Zaugg dans les années 2016 et 2017 (Infinity I, II, III et IV) et au passage admirer tous ses quilts.
Du coup, ça cogite dans ma tête et début décembre, j’ai mon idée bien concrète. Je mélange le « quilty 365 » et le « RSC » pour obtenir mon projet 366 (366 car l’année 2016 est bissextile). De plus, je veux un charm quilt (aucun tissu ne se répète).
J’attribue pour chaque jour de la semaine une des 7 couleurs de l’arc-en-ciel. Mais comme pour moi bleu et indigo ça reste du domaine des bleus, je préfère exclure indigo et le remplacer par du noir puisque je choisis blanc comme couleur de fond.
Voici donc la répartition des couleurs : lundi = rouge, mardi = orange, mercredi = jaune, jeudi = vert, vendredi = bleu, samedi = violet et dimanche = noir. Comme il me fallait 52 tissus de chaque coloris, et que je n’avais pas autant de tissus dans mes tiroirs pour certaines couleurs, j’ai utilisé mon « joker amies » ! Et très rapidement, mon stock insuffisant de rouge, orange, jaune et violet est devenu plus que suffisant (merci les copines)!
En ce qui concerne les formes, j’aime bien les courbes, mais plutôt qu’un cercle, j’ai choisi d’appliquer une « pelure d’orange », car quand elles seront regroupées, cela formera des fleurs (voir aussi ici). Comme je ne veux pas d’un ouvrage de 3 m x 4 m, un calcul rapide me fait choisir un carré de 10 cm (auquel je rajouterai les marges de couture). Cela donnera tout de même un ouvrage de 140 cm x 260 cm ! (soit 364 blocs, il restera 2 blocs peut-être pour l’étiquette au dos).
Début décembre, je savais donc le métrage nécessaire pour mon tissu de fond et je l’ai acheté pour pouvoir être prête le 1er janvier !
Et comme 2016 commence un vendredi, le 1er bloc de ce défi personnel que je me suis lancé est bleu !
Et comme au 1er janvier, on prend de bonnes résolutions, la mienne est de mener à bien ce projet !
Et il n’y a eu aucun raté ! Même si cela a été juste pour le 20 mai où je suis rentrée tard d’un dîner au restaurant alors que mon « bloc du jour » n’était pas fait. J’ai tout de même réussi à le finir pour 23h58, sans tricher, donc dans les temps !
Tous mes morceaux colorés ont été découpés sur le début d’année pour gagner un peu de temps par la suite, et j’ai préparé les carrés de fond par série de 30 ou 40. Ainsi je n’ai pas passé plus de 25 minutes par jour pour appliquer mon morceau coloré sur mon carré de fond, et c’est un rythme qui m’allait bien le soir devant la télé après la journée de travail.
Le top a été assemblé au fur et à mesure, car je me voyais mal arriver au 31 décembre avec 366 blocs (au secours !) qu’il fallait encore assembler puis mettre en sandwich et matelasser ! Donc, toutes les 2 semaines, j’avais une nouvelle bande à accrocher à la partie déjà faite !
J’ai expliqué mon défi à mes amies, ainsi que lors de Journées d’Amitié France Patchwork (dans le 27 l’Eure et dans le 78 les Yvelines) et chaque fois, les personnes trouvent l’idée originale, colorée et sympathique ! Tant mieux, car c’est aussi mon avis !
Le top du défi 2016 a été fini… en 2016, mission accomplie ! Voici l’étape de la mise en sandwich.
Si d’autres personnes sont tentées par l’aventure, n’hésitez pas : une petite demi-heure par jour ce n’est pas beaucoup, ça détend et au final, cela fait pourtant un grand top réalisé sans se bloquer plusieurs journées toutes entières de travail intensif !
Le matelassage a été mis de côté jusqu’à avoir trouvé le tissu du dos qui allait bien, un joli multicolore sur fond clair. Au cours de 2018, il a été presque entièrement quilté (entre d’autres choses) jusqu’à ce qu’un petit accident du travail (entorse du pouce) m’oblige à le laisser de côté.
Mr Flanel en son domaine : sur le canapé ET sur le quilt bien sûr !
Je n’ai pas eu le temps de me replonger dessus cette année, mais promis, il sera fini très bientôt car il ne reste quasiment rien à faire, juste la bordure !…
Laurence, une Bretonne dans l’Eure
Tous les styles conviennent aux quilts Rainbow (arc-en-ciel), en voici une sélection :
Drôle de signe, c’était une rubrique lancée en 2015… Tous les articles précédents sont par ici avec &, @, # et xoxo ; en voici un nouveau avec un signe très banal…
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Le signe d’addition + et le signe de soustraction -, sont des inventions bien plus récentes que notre alphabet roman ou nos chiffres arabes. Ils seraient une déformation des lettres majuscules P et M, créés en Allemagne comme l’atteste un écrit de 1489. Ces signes indispensables se sont ensuite déployés en Europe, puis ils sont devenus universels en mathématiques et dans la vie courante.
La croix en forme de + est par ailleurs un signe vieux comme le monde. Bien sûr, avec un bras long et un court, il symbolise la chrétienté. Cependant, je viens de lire un roman intrigant « où tout est vrai », d’après l’auteur, dans lequel il donne de nombreux exemples d’utilisation de cette croix avant l’ère chrétienne. Je ne déflorerai pas le plaisir de la lecture, il s’agit de :
Précédemment publié sous un pseudo, sous le titre de La dernière Licorne. Une belle évasion vers les origines du mythe de l’Arche de Noé…
Un autre signe apparenté et tout aussi ancienne, la croix coudée, se retrouve un peu partout dans le monde et notamment sur des sites du Néolithique en Mésopotamie. Ses bras donnent du mouvement à la sage croix. La même, nommée alors Svastika, est un signe indien paru au 3e siècle avant JC et possède de nombreuses significations sacrées, notamment pour les Bouddhistes ; en Inde, on retrouve encore ce symbole sur des bâtiments, sur de nombreux objets y compris des tapis et des quilts (voir le livre Godharis, Éditions Quiltmania). Il serait fastidieux de nommer toutes les civilisations présentes et passées qui l’ont vénéré ! Ici une des listes qu’on peut trouver sur internet. Par exemple, ce signe existe depuis la nuit des temps chez les peuples premiers d’Amérique et pour les Navajos, c’était le symbole de la bûche tournoyante destinée à rétablir l’harmonie, en cas de maladie. Partout aux USA, ces signes naguère très fréquents ont été bannis au cours de la Seconde Guerre Mondiale, alors qu’ils ne représentaient que du positif, du porte-bonheur au signe religieux. C’est un magnifique symbole universel, durablement gâché par l’ignominie de l’idéologie du Parti national-socialiste allemand qui le prit en emblème. Cette semaine, des profanations de tombes en Alsace glacent toujours les sangs.
Équipe de basketteurs amérindiens en 1909 en Oklahoma. (Vu sur ce blog)
Pauvre petit quilt de poupée cousu en 1915 en toute innocence aux États-Unis :
Livre Women and their Quilts, That Patchwork Place, 1988.
Ce petit quilt (50 x 60 cm) fut créé par une femme de l’Iowa, mère de sept enfants, fine couturière, qui élevait des poules. Elle fit pour une de ses filles (et pour sa poupée à tête de porcelaine) un joli quilt bicolore aux points de quilting qui suscitaient l’admiration de tous. Poupée et quilt furent ensuite offerts à la demoiselle de la nouvelle génération… Mais ce sont les années 30, le bloc fait polémique, alors la fillette pose toujours le quilt à l’envers et profite en solitaire du dessin rouge…
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Un quilt modèle de BeeBook : Esprit Plus
Si + aux branches égales est le signe d’une addition, c’est aussi couramment le signe de l’énergie et de la positivité. C’est bien ainsi que je perçois le beau quilt de LeeAnn de Seattle, le modèle Esprit Plus dans BeeBook :
Ce quilt est tout en velours côtelé. L’épaisseur des tissus aurait rendu un quilting difficile, LeeAnn a donc opté pour des nouettes. C’est un quilt confortable, doux et qui engendre la bonne humeur ! J’ai utilisé un petit bout de ce stock de tissus inhabituels en patchwork dans un petit quilt qui me tient à cœur, Velours Rouge.
BeeBook, livre édité par les Éditions France Patchwork, esten vente sur le site, rubrique Boutique. Je l’ai écrit et signé, mais de nombreuses amies comme LeeAnn ont contribué à son succès !
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Aujourd’hui, quelqu’un a besoin de beaucoup d’énergie positive, oserais-je dire qu’il le porte sur lui ?
Saint-Nicolas rend visite à tous les enfants sages, il y en a beaucoup et c’est tant mieux !
Chaque année et depuis plus de 20 ans, la société PANTONE élit une couleur, reprise par les influenceurs, les designers, les industriels... Pour 2019,le corail avait donné un coup de chaleur.
Pour 2020 c’est son opposé complet : d’une couleur chaude on passe à une couleur froide, d’une couleur pastellisée on a une couleur intense, c’est, c’est, c’est… :
Hier avec l’annonce de la couleur, comme chaque année, la société Pantone a donné les raisons de son choix. Ce sont ses qualités d’élégance et de simplicité qui les ont guidés, une couleur-refuge pour l’esprit, favorisant la concentration et la prise de bonnes décisions. Le classic-blue exprime aussi le désir de bâtir une fondation sûre et stable pour pouvoir regarder de l’avant avec confiance, donner de bonnes bases à la nouvelle société qui se profile.
Les premières réactions des quilteuses américaines qui suivent, année après année, la tendance Pantone, semblent s’en réjouir ! Ce n’est ni un concours, ni une obligation, simplement un défi personnel pour explorer une couleur et un partage, l’essence-même du patchwork. Les quilts seront très différents de ceux de cette année 2019 :
Le temps qu’il fait – ou qu’il a fait – laisse parfois des traces indélébiles, que ce soient des vacances réussies ou gâchées, ou plus graves, les sécheresses tueuses, les tornades dévastatrices, les inondations semant la désolation…
Le temps qu’il fait est souvent le premier sujet de conversation ! Des quilteuses en ont fait un jeu, un défi aussi : représenter avec un quilt le temps qu’il fait chaque jour… pendant un an ! Autour de moi, certaines sont enthousiastes, d’autres pas du tout. Pour vous qui me lisez, voici les infos qui vous aideront à décider si vous vous lancez dans un quilt météo en 2020 !
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Cela commença sans doute dans la tête d’une quilteuse qui fit une charte de températures avec un tissu correspondant à chaque degré (ou tranche de degrés). Avec un carré de couleur par jour montrant la meilleure température du jour, on y voyait une progression graduelle au fil des saisons, quelques carrés extravagants… le temperature quilt était né !
Qui fit ce tout premier quilt ? Aucune idée, mais cette douce folie croît à vitesse de la lumière depuis environ 5 ans.
Quilt de Kathy à Cleveland, Ohio, en 2016. C’est un Temperature Quilt typique, avec 366 carrés montrant la température max de chaque journée selon une grille simple.
Parallèlement, le Tempestry (temperature + tapestry) Project a été lancé à Anacortes, une ville au nord de Seattle, pour les tricoteuses et crocheteuses, afin de témoigner et alerter sur le changement du climat. Cette initiative est partie du doute énoncé à ce sujet par le nouveau Président des Etats-Unis en 2017. Même principe : une rangée de tricot ou crochet par jour, de la couleur de la température maximale dans un lieu donné. Cependant, contrairement à ce qui se fait en patchwork, ce projet est très encadré, des kits de laine sont vendus pour pouvoir bien comparer les températures. En mettant côte à côte des panneaux faits avec les tableaux de températures à plusieurs années d’intervalle (les archives sont disponibles), la hausse des températures est flagrante, n’en déplaise à Mr. Trump.
Tempestries pour la ville d’Utqiagvik en Alaska, de gauche à droite 1925, 2010 et 2016 puis la Vallée de la Mort, Californie, en 1950 et 2016. Photo Erik Dinnel
On peut choisir la grille de couleurs qu’on veut, rien n’est obligatoire. La plus utilisée reste celle des géographes, du violet pour le plus froid vers le rouge grenat pour la canicule. Voici la carte des températures moyennes sur une année en France, faite par deux organismes qui n’ont pas choisi les mêmes couleurs, même si les couleurs chaudes et froides sont à leurs places respectives :
Sauf en cas de projet organisé comme le Tempestry Project, les couleurs vous appartiennent et le dégradé de chacune mérite quelques réflexions !
Charte du Tempestry Project, en degrés Celsius et Fahrenheit. Ici pas de fantaisie, tout est préparé en kit ! Mais cela peut nous guider pour le choix de nos tissus…
Exemple d’échelle des températures en tissus imprimés chez Coffee Rings Studio en degrés Celcius, pour un projet mélangeant le sampler de Tula Pink et un Temperature quilt, avec des tissus modernes imprimés :
Et ci-dessous une échelle en degrés Fahrenheit venant de ce blog; sachez que 0° F égale – 18 °C environ et 100°F équivaut à environ + 38°C, veillez donc à établir votre échelle en fonction de votre climat, en l’affinant peut-être.
Les quilteuses n’en finissent pas de s’amuser avec ce concept en le modifiant à volonté ! On peut déjà choisir de faire courir les jours horizontalement ou verticalement, ce qui donne des quilts fort différents. Faisons un petit show & tell ou montre & raconte pour vous donner des idées.
C’est un superbe quilt donnant à la fois la plus haute température du jour et la plus basse. Deux carrés cousus l’un sur l’autre, une bande noire horizontale sépare chaque mois, du tissu gris complète l’espace éventuel en fin de mois (31 cases prévues). A gauche verticalement, vous avez l’échelle des couleurs. Voir le second quilt fait parallèlement, d’une ville moins chaude, sur le même blog.
L’année 2014 à Fresno, Californie : sans surprise, les températures les plus basses n’ont pas été utilisées ! Les petites barres noires montrent quand on a dépassé le record absolu de chaleur.
Heather du Texas
Rien n’oblige de faire des carrés ! Heather a choisi des rectangles mis en bandes, de tailles différentes, pour en faire un scrappy quilt. Le voici « en cours » en 2017 :
Ici les températures extrêmes de chaque jour sont mises en carré duo (bicolore, coupé en diagonale) et le tout est présenté à la manière d’un calendrier à l’ancienne. Très réussi aussi !
Un autre calendrier sur la météo de Portland, Oregon, par @clairealex10 (instagram) : très moderne et décoratif !
The quilted Tulip – Un Temperature quilt du Michigan dont on peut acheter sur Etsy le modèle en PDF :
On voit l’échelle des couleurs faite de batiks. A noter les couleurs claires pour le plus froid, c’est sympa aussi !
Rien ne s’oppose à faire des vols d’oie, des cercles appliqués… ou tout bloc qui vous inspire !
2018 par Mary Dinger, Massachussets
Spectaculaire trio de Chris Simon (@thecolorfulom) en 2018 qui, comme Cadet Rousselle, a trois maisons : au Texas, au Missouri et au Wisconsin.Blue Pip designsavec de la fantaisie dans les tissus !Amy Barta
Sur Instagram, il existe un groupe pour les Temperature quilts de 2019. Aucun n’est fini naturellement, mais ils peuvent vous donner une idée de bloc !
OPQuilts – Ici, les vols d’oie avec la pointe vers le haut montrent que le jour est plus chaud que la veille ; si elle va vers le bas, c’est qu’il fait plus froid et si les températures sont égales, on pointe quand même vers le haut !
Sabrina – Juillet et août 2019, les ovales représentent les jours en voyage avec les températures locales :
Blue Dragonfly5 – La température la plus haute et la plus basse de sa ville dans le Tennessee sont représentées ainsi (ici le premier semestre 2019) :
Rebecca Cartwright – Voici son mois d’octobre 2019. Vous commencez à avoir l’habitude du principe, les températures extrêmes de chaque jour sont ici en hexagones :
Capitola Quilter – De janvier à août 19 : les courbes et les imprimés s’invitent dans son Temperature quilt !
Les 41 premières semaines de 2019 par Anina de Twiddle Tails :
Des quarts de cercles par Linda @flourishingpalms, en Floride, jusqu’au 30 septembre avec plusieurs codes : les températures basses et hautes de la journée bien sûr, mais aussi s’il fait plus chaud que la veille et si on a dépassé la moyenne historique de cette journée… Le quart de cercle ayant 4 positions possibles, cela donne beaucoup de renseignements au-delà des couleurs !
Il en existe bien d’autres ! Certains deviennent complexes, avec une troisième zone indiquant s’il fait beau ou s’il pleut… Une quilteuse indique même son état d’esprit (bonne journée, journée bof, journée affreuse…) avec un code supplémentaire… Mais souvent la simplicité paie !
Simple et efficace : le top en hexagones jusqu’en novembre 2018 de Elm street quilts.
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Questions-réponses : globalement c’est comme en mai, vous faites ce qui vous plaît !
Quand commencer un quilt météo ? Tout le monde vous dira : le premier janvier bien sûr ! Mais qui vous empêche de commencer le jour de votre anniversaire, ou bien le jour du solstice d’hiver ?… Ou de suivre le calendrier de la Lune, d’une manière à inventer (12 cycles lunaires ?) ?
Quels tissus choisir ? La plupart des quilteuses américaines choisissent des tissus unis (vous avez une partie des gammes Art Gallery chez Alice Blossom quilt & craft et Kona cotton chez Emma Au fil d’Emma, pour avoir des unis de qualité). Des faux-unis sont parfaits également (batiks, texturés, disponibles chez de nombreux magasins français), mais des imprimés peuvent superbement personnaliser le quilt.
Quelle échelle de couleurs choisir ? Un quilt météo aux couleurs traditionnelles, comme la plupart des quilts ci-dessus, sera immédiatement lisible par tous, c’est un gros avantage. Mais vous pouvez avoir envie de sortir des sentiers battus, libre à vous !
Que faire si je voyage ? Bien sûr la décision vous appartient, écrire la température locale ou celle de chez vous. Un petit point brodé, un petit triangle en coin ou tout autre signe, peut vous rappeler ces journées hors de chez vous.
Avec qui le faire ? C’est une question que je vous pose ! Faire son quilt, semaine après semaine, avec son groupe ou son club est une solution très tentante. On peut mettre l’échelle des températures et les tissus en commun, alors que chacune peut choisir individuellement son bloc et sa maquette. Autre possibilité, qui peut se superposer à la précédente : un groupe de partage sur Facebook et/ou Instagram, avec un duo ou trio de modératrices… Des volontaires pour créer le groupe francophone des quilts météo 2020 ?
Comment ajouter s’il fait beau, s’il fait gris, s’il pleut ? Je ne retrouve pas de photos du quilt vu un jour : sur un vol d’oie, il y a 3 pièces : le 3e triangle n’y était pas la température basse répétée, comme sur les autres, mais la couleur du ciel à midi. Pensez à l’harmonie des couleurs si vous ajoutez une seconde liste de tissus. Une autre possibilité, sophistiquée, est de marquer le temps qu’il fait sur un calendrier et le quilting renseigne sur la couleur du ciel (un rond pour plein soleil, des traits pour la pluie etc.).
Où trouver les températures ? Non, personne ne reste devant son thermomètre personnel ! Météo France fournit les infos pour chaque localité, chaque jour. Peut-on trouver les températures du mois passé ? Sans doute. Les Américaines utilisent AccuWeather. J’y ai cherché et trouvé ma petite ville, si je fais un quilt météo, ce sera probablement avec ce site qui ajoute une donnée sympathique : la moyenne des températures des années précédentes pour chaque jour.
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Célébrer chaque jour de l’Année 2020,
Décider qu’elle sera
Belle,
Épique,
Unique,
Cette aventure du Quilt Météo vous séduit-elle ?
Vous avez apprécié les articles de Catherine K. parus d’abord dans le bulletin France Patchwork 67 ; en voici un inédit à quatre mains, où il est question de nos pieds !
C’est fini. Le couperet d’une faillite est tombé le 15 novembre dernier et enterre sans ménagement la Manufacture Charentaise, dernière fabrique du département, après des siècles de tradition… Est-ce à dire que la Paix régnera en maître sur la planète, puisque sa fabrication fut d’abord réalisée à partir des chutes des costumes de la Marine Royale installée à Rochefort ? Ce serait trop beau si cette ruine reposait sur les gravats d’un ultime conflit armé… Hélas…
Pour relayer la cité de Brouage qui s’ensablait inexorablement, Colbert créa en 1666 à Rochefort une ville nouvelle, y érigeant un arsenal et un nouveau port. Quel essor pour le pays charentais !
Ce tableau de Vernet est un précieux témoignage de l’arsenal de Rochefort en 1763, au moment de la construction de l’Hermione, 100 ans après la construction de ce port..
De grandes quantités de drap de laine arrivaient pour faire les costumes militaires mais aussi les cabans des marins.
Le drap est un tissu de laine retravaillé. Une opération effectuée après tissage, le foulage, qui consomme beaucoup de main d’œuvre, resserre les fibres, les tasse, et leur donne un bel aspect velouté, une surface unie et l’imperméabilise. Pauline BORD, Rochefort en histoire
Les grandes manufactures de drap de laine étaient un peu partout en France -notamment du côté de la Montagne Noire vers Carcassonne, Mazamet, la vallée de Labastide-Rouairoux…- et les tailleurs d’uniformes charentais ont cherché à valoriser les chutes de drap de laine. C’est vers Angoulême que des savetiers s’installent pour faire les premières pantoufles, auprès des moulins à eau des papeteries qui avaient à la fois d’autres rebuts de feutre et l’eau nécessaire au foulage de la laine.
La charentaise se fabriquait alors sans considération politique, ni de droite ni de gauche, simplement ambidextre pour la faire durer. Elle chaussait le paysan pour donner du confort au sabot de bois et conserver la chaleur du dedans en dehors. Déjà la languette, qui protège le coup de pied de la morsure du sabot de bois, donne à la charentaise son identité. Elle habillait aussi bien le pied des domestiques de châteaux pour patiner les parquets et assurer le service silencieux d’un maître chaussé du modèle luxe pour son moelleux. La silencieuse – c’était son surnom – était également portée par les bijoutiers qui, après usage, les incinéraient pour récupérer les métaux précieux tombés en poudre dans leur atelier. En un mot : la charentaise était la reine de la récup’ !
J’ai porté ces charentaises douces et chaudes qui ramassaient la poussière… Elles sont devenues trop ordinaires et ont fini par disparaître de nos rayons de chaussures, étant devenues synonymes de ringardise, de manque de style : on brûle ce qu’on a adoré…
Le confort oui, mais le laisser-aller, jamais. Jean Rochefort
Ce grand acteur, au style inimitable, avait un patronyme en faveur des charentaises, mais décidément il ne cessait de nous surprendre :
J’aime l’habit confortable, mais j’ai la trouille de la charentaise. Jean Rochefort
De plus en plus décalé, de plus en plus original, de plus en plus drôle, ce prodigieux acteur a manié le chic comme personne ! On lui pardonnera sa crainte de la charentaise 😉 Crédit photo Virginie Clavière
Elle n’était sans doute pas assez élégante, en tout cas d’après les critères des magazines de mode, surtout après quelques jours de port où elle se déformait pour mieux épouser le pied, se convulsait avec générosité pour soulager toutes ces douleurs infligées par ces escarpins de luxe qui galbent la jambe et torturent la jolie plante qui s’affiche en public. Finie la douce caresse du feutre chaud qui glisse sur la peau après s’être extirpée du godillot en cuir raide trempé de glace et durci à la graisse, pour être raccord avec le gros pull irlandais, le pantalon de flanelle et la couverture au coin du feu.
La charentaise écossaise qu’on connaît apparaît en 1907, utilisant la technique du « cousu-retourné ». Elle bénéficie d’une Indication Géographique Protégée (Charente & Dordogne).
Terminées ces batailles joyeuses avec Médor qui vous narguait, la savate dans la gueule, pour récupérer le pied gauche, à cloche-pied sur le droit, parce que se balader sur les planchers cirés, juste en chaussettes, c’était le risque de l’écharde. Toutou se rabat sur ces machins en corde tressée, qu’on trouve tout prêts et à prix d’or dans toute bonne animalerie moderne et qui ne présentent plus aucun intérêt pour le jeu.
Envolés ces souvenirs de séances d’encaustique qui lustrent les parquets bien mieux que ces patins sur lesquels on devait surfer maladroitement comme des trappeurs canadiens sur des raquettes à neige. La charentaise avait l’avantage de la camisole, savait dorloter le pied sans que le patin lui échappe, avait cette vertu de faire rutiler les parquets sans le prix de l’effort.
Bien sûr, elle arborait souvent des couleurs d’un autre temps, d’abord en feutre noir, puis en écossais, pour évoquer peut-être le confort à l’anglaise et masquer les tâches éventuelles.
Charentaises de la manufacture Degorce, modèle récent.Manufacture Charentaise, modèles récents
Ces dernières années pourtant, elle avait osé la modernité à sa manière, c’est-à-dire avec ses gros sabots, avec des couleurs choc et des semelles plastifiées qui renient leur religion feutrée. Encore une page qui se tourne et abandonne dans ses grimoires l’image d’Épinal de la grand-mère confiture, charentaises fatiguées, chignon serré et grand tablier à carreau, tenant d’une main la cuillère de bois trempée de sauce et se tournant vers vous, sourire tendre et regard ridé : « tu veux goûter ? »… Non, trop tard, grand-mère ! Adieu grand-père qui traînait sa carcasse voûtée à pas glissés sur ses chaussons à bords écrasés sous le talon pour rejoindre un Voltaire au velours élimé. Vive la jeunesse éternelle à grands coups d’harpagophytum et d’Arko gélules qui font oublier les tourments de l’âge et la rondeur des sentiments. Et vive le chausson synthétique imposé par la grande distribution, tout droit sorti des mains laborieuses de l’empire du milieu et crevé en trois semaines… comme notre cœur, à l’unisson de celui de cette centaine d’ouvriers du feutre laissés sur le carreau, bien plus rude, celui-là, que celui des charentaises.
Vente à l’usine Rondinaud, photo Phil Messelet
Charentaises Rondinaud.
Il reste tout de même un atelier en Dordogne qui fabrique encore de vraies charentaises ; d’autres usines françaises font des chaussons qui leur ressemblent fort… pour combien de temps ?
Que le temps passe vite ! En août dernier, je vous avais promis une surprise avec Alice pour septembre, je ne vous la dévoile que maintenant… Après son baby James en juin, Alice a donné naissance à un autre bébé en septembre, semblant défier toutes les lois de la nature. Je vous rassure, son autre bébé est :
Son livre devait paraître avant BeeBook, mais des aléas ont reporté l’édition et l’ordre de parution s’est inversé. Nous nous donnions régulièrement des nouvelles de manière discrète, car les livres à éditer sont toujours tenus au secret tant que la publicité n’a pas commencé. Nous savions l’une et l’autre à quel point nous étions complémentaires : à elle le patchwork moderne clair, gai et régulier, les conseils techniques avisés et complets, à moi le patchwork improvisé créatif et les astuces originales.
Que trouvons-nous dans Patchwork Moderne ?
C’est tout d’abord une mine précieuse de renseignements pour les débutantes : Alice explique tout méthodiquement, de la machine à coudre aux méthodes de coupes rapides, en passant par le choix des tissus ou l’aide au décryptage des quilts…
Le choix des tissus : une multitude d’astuces et d’explications vous aideront à ne pas vous tromper 🧵
Je rends hommage à son travail clair, précis, qui rend possible en quelques pages la compréhension complète du travail de patchwork à la machine. Je suis sûre aussi que la plupart des quilteuses confirmées y trouveront des astuces permettant par exemple de mieux se servir de sa machine à coudre ou de sa règle de coupe. C’est un recueil complet de ce style de patchwork, une nouvelle Bible, un futur classique indispensable dans la bibliothèque des jeunes quilteuses francophones.
Bravo Alice !
Le stylisme du livre est très agréable : les quilts sont intégrés dans des situations du quotidien avec un côté zen très tendance. Photos de la talentueuse Sandra de Jesus Sauvage.
Le Patchwork Moderne d’Alice Kreyder, c’est aussi plus de la moitié du livre riche de douze modèles beaux et utiles pour la maison et les enfants. On voit bien qu’Alice est une jeune maman ! Ses modèles sont tous faciles à faire et à intégrer dans un intérieur. Son livre est destiné à la plupart des personnes souhaitant (se) faire plaisir avec des ouvrages faits maison, sans y passer un temps infini : vive le matériel et les techniques modernes ! C’est ainsi qu’Alice se définit comme une quilteuse fonctionnelle plutôt qu’artiste, utilisant ses quilts au quotidien, les lavant à la machine sans arrière-pensée, tout en (s’)offrant des objets qui ont bien plus qu’une simple fonctionnalité : non seulement ils sont beaux, mais ils sont une présence, une preuve d’amour, un câlin textile comme elle le dit si joliment !
Les tissus sont tous issus de sa boutique Blossom Quilt & Craft où elle vend en ligne, sur son site en français, une très belle sélection de tissus Art Gallery Fabrics. Elle recommande également les marques incontournables d’Aurifil pour les fils et PSR Quilts pour les molletons. Quant au matelassage de ses ouvrages, plusieurs ont été quiltés par des professionnelles renommées, Acropatch, Blue Star Quilting et Carole Quilting : un ensemble de marques de confiance, avec les adresses en fin de livre.
Pour ma part, j’aime les tissus Arizona After d’April Rhodes à la folie ! Alice a réalisé un plaid pour canapé très chaleureux avec cette belle collection, c’est celui de la couverture : Et moi, après mes achats d’août chez Alice, j’ai choisi deux imprimés de cette collection pour les mêler à des unis, dans un style très « Tex-Mex » ou « Santa Fe », mélange d’influences espagnole, mexicaine et indienne pour un chemin de table ensoleillé :
Le livre d’Alice Kreyder Patchwork Moderne, Initiation et Projets aux Éditions Eyrolles est disponible en librairies (sur commande éventuellement) et sur toutes les plateformes de vente de livres (FNAC, Amazon, Decitre etc.) au prix de 19,50 €. La semaine prochaine, vous pourrez rencontrer Alice lors de la séance de dédicaces sur le stand de la librairie Eyrolles au Salon de Paris Création et Savoir-Faire :
Samedi 30 novembre 2019 de 10 à 13 heures
Ne manquez pas ce rendez-vous, un cadeau vous sera offert lors de l’achat du livre
pendant cette séance de dédicaces !
Noël se prépare, soufflez vite ce titre à vos proches ou offrez-le à la jeune génération !
Dans l’immédiat en ce 22 novembre, bonne fête à ma sœur et mes amies prénommées Cécile :
Voici de nouveau un article paru d’abord dans le bulletin France Patchwork 67, signé Catherine Kalmar que je remercie !
Mandala est un terme sanskrit signifiant cercle, et par extension, sphère, environnement, communauté, totalité. Il s’exprime dans un dessin circulaire convergeant vers un centre porteur d’infini. Ce symbole du cercle se retrouve dans toutes les cultures et toutes les traditions, tant occidentales qu’orientales. Le cercle est le symbole de la vie : la naissance, la maturité, la mort et la résurrection ou la renaissance. Pratiquement, tout autour de nous est circulaire : les galaxies, les planètes, jusqu’à notre œil, qui sont autant de mandalas. (source Wikipédia).
Claudette Jacques en donne une très jolie définition :
Le mandala est un dessin organisé qui gravite autour d’un point central.
Ce n’est pas qu’un simple dessin, il est un outil, qui tout en développant notre créativité, permet de se centrer, de s’harmoniser, de se transformer. Il travaille sur 4 niveaux de conscience, il peut alors produire des effets autant sur le plan physique, psychique, psychologique que spirituel. Dans la pratique du mandala, pas besoin de posséder des connaissances approfondies, pas plus qu’il n’est nécessaire d’avoir des qualités artistiques, car une fois à l’intérieur du cercle, le mandala agit tout simplement, là où il doit agir. Dès l’entrée dans le cercle, il se produit un changement vibratoire, car se fait alors l’union entre les deux hémisphères du cerveau, ce qui produit l’harmonisation des dualités et l’unification des contraires. Ainsi, l’être blessé peut retrouver dans la pratique du mandala, une consolation, une compréhension de certains événements. Celui qui doute, découvre une certitude, celui qui pleure, une consolation. Il permet d’aller chercher l’aspect contraire afin de rééquilibrer les énergies, pour ensuite, entreprendre le chemin du centre.
Quels bénéfices apportent les mandalas ?
Leur réalisation, ou leur coloriage, permet un temps de recentrage, un temps d’arrêt, tout en s’amusant ou en s’harmonisant. On peut laisser libre court à son imagination ou à sa créativité, sans distinction d’âge car il permet de voyager à l’intérieur de soi, en mettant à l’unisson les deux hémisphères du cerveau. On réinitialise ses doutes pour en faire des certitudes, ses peurs pour en faire de l’assurance, ses ombres pour en faire de la lumière. La critique et le jugement s’apaisent et laissent place au silence.
Un des plus beaux villages de France, Fourcès, village circulaire, dans le Gers. C’est un village qui procure une sensation de bien-être ! Photo Dominique Viet.
En fonction des couleurs et des formes que nous utilisons, se produisent des effets qui résonnent et font vibrer en nous des effets qui vont permettre de retrouver un état de bien-être, car c’est d’instinct que nous choisissons des couleurs qui nous sont bénéfiques. Le choix des couleurs est personnel et chacun fait selon ses vibrations du moment, tout autant que pour les formes et les lignes. Le Mandala est aussi ancien que notre conscience du monde, on dit que le plus ancien mandala serait le Big bang. A l’origine de la construction des villes, de l’élaboration architecturale, comme par exemple le point central des villages matérialisé par une fontaine de laquelle irradient tous les chemins.
La place de l’Etoile à Paris, l’Arc de Triomphe et les douze avenues sont une représentation du centre d’un monde, ici un Paris moderne.
Beaucoup de civilisations y ont eu recours non seulement pour la méditation que pour d’autres objectifs. Au Tibet où il revêt un sens sacré, il démontre le côté éphémère de la vie ; il peut être également une offrande d’un élève à son maître bouddhiste pour lui signifier qu’il est prêt pour recevoir son enseignement, ou pour des introspections en quête de spiritualité.
En Occident et au Proche-Orient dans les lieux de culte, par exemple sous forme de rosaces d’églises ou dans les cathédrales, on retrouve ces cercles sublimes propices au recueillement.
Rosace de la cathédrale de Strasbourg, qui fêta son millénaire en 2015.
Hildegarde de Bingen, femme exceptionnelle du 12e siècle (compositrice, abbesse, guérisseuse, visionnaire, poétesse, prophétesse…) a dessiné des mandalas représentant les liens sacrés qui se tissent entre le cosmos, la divinité et l’humanité.
Avant l’ère chrétienne, on retrouve les cercles de méditation dans l’art celte des entrelacs.
Quilt reprenant des codes de l’art celtique par Gyöngyi Varadi
On retrouve une troublante correspondance esthétique dans diverses civilisations et époques qui, selon toute vraisemblance, ne se sont jamais copiées.
Art musulman (Cecilimages)
Le mandala est un support aux voyages intérieurs, ce qui est une notion reprise par Jung, en psychologie. Certains patients rêvent spontanément de mandala, ce qui conduit à la concentration et la contemplation de certains points sur lesquels l’individu est amené à porter son attention. Jung l’utilisa aussi en traitements thérapeutiques en faisant dessiner des mandalas à ses patients. Le mandala est également un support d’ouverture au monde, lieu d’invocation de la divinité dans l’hindouisme, ou pratique spirituelle dans les mandalas de sable des moines tibétains où la destruction du mandala est aussi importante que sa construction, toutes deux offertes au Bouddha. Ces derniers s’inspirent du rangoli qui sont des motifs de sables colorés dessinés par les femmes Tibétaines destinés à protéger leur maison.
On le retrouve en agriculture où la structure mandala est actuellement utilisé en permaculture pour concevoir des jardins ou des potagers…
Permaculture en forme de mandala
…ce qui existait déjà chez les Incas :
Les terrasses concentriques de Moray (Pérou) étaient un centre de recherche agronomique des Incas : ils y reproduisaient plusieurs climats, contrôlaient l’irrigation… Voir Wikipedia.
Ces derniers temps on a vu apparaître des mandalas XXL sous forme de représentations végétales dans des champs. On les appelle des Crop circles (ou agroglyphes) et sont attribués à des farceurs géniaux comme Doug et son compère Dave Chorley, initiateurs du phénomène dès 1978, d’autres pensent encore aujourd’hui que c’est l’œuvre d’extra-terrestres. On remarque que ces dessins sont de plus en plus élaborés et complexes ce qui démontre une recherche artistique similaire au street art dans les villes.
Cela rappelle aussi des sites qui ne livreront probablement jamais tous leurs secrets, comme Stonehenge, en Angleterre, qui date de l’Âge de Bronze :
Bien évidemment, on retrouve des mandalas dans notre art du patchwork où ses structures géométriques complexes entrecroisent carrés cercles et triangles ; ses couleurs invitent à l’aventure dans son élaboration, au zen dans sa construction et à la rêverie dans sa contemplation…
N’oublions pas les Pine Cone quilts, ces merveilleux quilts issus de la tradition afro-américaine, remis au goût du jour par Betty Ford-Smith :
Purple Katell Pine Cone Quilt, par Betty Ford-Smith.
L’inspiration est infinie… À vous de jouer ! Catherine Kalmar
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