Deux rendez-vous, deux bonnes nouvelles !

Les rendez-vous sont devenus rares et précieux ! En voici deux que je relaie avec grand plaisir.

Salon d’art animalier, avec une exposition d’art textile de Béatrice Bueche
du 27 octobre au 1er novembre 2020 à Ménigoute

Bonjour,

Contrairement à toutes les expositions de patchwork et autre qui ont été annulées cette année, le Festival de Ménigoute (FIFO) aura bien lieu sauf aggravation de la situation sanitaire en dernière minute.

Pour la première fois, cette année, une artiste textile côtoiera les plus grands artistes naturalistes (peintres, photographes, sculpteurs…). Il s’agit de Béatrice Bueche qui exposera ses tableaux textiles: papillons, oiseaux, arbres, etc.

Si vous voulez en savoir davantage sur elle, je vous invite à consulter les liens suivants:

Défenseuse de la cause animale et merveilleuse artiste : Béatrice Bueche.

Je vous rappelle les dates du FIFO: du 27 octobre au 1er novembre (entrée gratuite pour le salon animalier).

Je serai heureuse de vous rencontrer à l’occasion de cet événement.

Bien amicalement,

Pierrette, la Marmotte Rousse
http://leterrierdemarmotte.over-blog.com/

Toucan, Béatrice Bueche

J’ajoute que Béatrice Bueche est une amie alsacienne sensible, rigolote et hyper-talentueuse. Avec un petit air de Nicole Kidman. Son nom est déjà apparu plusieurs fois dans mon blog. J’espère avoir la possibilité d’y aller, revoir Pierrette et Béatrice, admirer l’exposition… mais c’est à une période de l’année peu propice aux déplacements pour moi (deux anniversaires, les enfants à la maison…). J’espère que ce sera plus facile pour certaines d’entre vous !

Ménigoute, où est-ce ? C’est en Nouvelle-Aquitaine, dans les Deux-Sèvres, entre Niort et Poitiers.

Le Salon de Pexiora aura bien lieu !

Pexiora est un village devenu connu grâce au dynamisme d’un groupe de bénévoles autour de Gene. Cela se passe près de Carcassonne (Aude), fin février. Lieu stratégique où se rencontrent les Méditerranéennes comme les Terriennes occitanes !

Les dates retenues sont les 25-26-27 février 2021, c’est-à-dire du jeudi au samedi (auparavant, du vendredi au dimanche).

Si je vous donne cette annonce si tôt, c’est que, comme tous les ans, un concours très sympathique est lancé. Cette année, c’est

Au fil du temps qui passe…

Tous les détails, règlement et idées sur le blog de Gene par ici !

Bon dimanche,
Votre amie quilteuse Katell

Quilt météo 2020, trois trimestres sont passés

Il y a moins d’une semaine, nous avons eu de nouveau en France une catastrophe due à la météo. Plusieurs villages de deux vallées des Alpes-Maritimes ont été ravagés, le bilan humain reste incertain mais sera dramatique. Le bilan matériel est indescriptible. Cette fois-ci, on ne peut pas incriminer une bétonisation outrancière qui freine souvent l’écoulement des eaux ; c’était une pluie torrentielle, séquelle de la tempête Alex, empirée par la haute température de l’eau de la Méditerranée. Le phénomène n’est pas nouveau, mais sa violence est inédite.

On se souviendra toujours de Josette et Léopold, le couple d’octogénaires qui, d’après leur fils Eric, ont pris trop de temps pour rassembler des affaires, des papiers, des souvenirs avant de quitter leur maison. En un instant, c’était trop tard, définitivement.

Que peuvent faire les quilteuses pour les vivants qui ont tout perdu ?
Nous participons volontiers à des mouvements de solidarité pour le bout du monde, alors les bonnes volontés se font déjà connaître pour faire quelque chose pour « chez nous », en particulier sur le forum de France Patchwork. Ce département bénéficie d’une délégation avec une formidable déléguée (coucou Sothy 💙). Il faut absolument de l’organisation sur place, connaître les besoins, pouvoir stocker puis distribuer les dons… Promis, vous saurez que faire via mon blog, si une opération « Quilts pour les Alpes Maritimes » se constitue.

Edit à 13 h : Catherine Bonte, Présidente de France Patchwork, vient d’écrire sur le forum FP. Voici le texte en copié-collé.

Après concertation avec notre déléguée du 06 et le conseil d’administration de France Patchwork nous invitons ceux qui le souhaitent à faire un don au Secours Populaire
https://don.secourspopulaire.fr/intemperies/~mon-don?_cv=1,  à La Croix Rouge ou toute autre association qui vient en aide aux sinistrés de ce département. Les besoins sont innombrables et l’urgence absolue.
Toutes nos pensées vont vers ceux qui ont tout perdu.
Dans un second temps nous vous proposons de réaliser des quilts (taille : lit enfant ou lit 1 personne). Ces Quilts devront être terminés (pas d’envoi de top non fini ou de carrés).
Une fois la logistique de cette opération définie avec nos interlocuteurs nous vous dirons où les envoyer.
Merci pour votre générosité à tous !

Logo du département 

Nos quilts météo 2020 sont de plus en plus grands, de plus en plus beaux. Il ne manque plus que 3 mois ! Chacune a sa manière d’appréhender le suivi. Certaines ont une hygiène de vie qui passe par le relevé météo quotidien et les quelques minutes consacrées au bloc du jour, pour d’autres c’est une fois par semaine, d’autres encore sont à la traîne mais promettent de rattraper leur retard… C’est comme on peut !

Comme promis, voici les photos de quelques-uns de ces quilts qui deviendront légendaires, année 2020 oblige, vus dans des blogs, dans le groupe privé Facebook ou sur Instagram. Ce mois-ci je vous montre 44 tops à jour !

Commençons par le beau jardin de Pierrette, la Marmotte rousse, qui fait une fleur par semaine. La nature est son bonheur, ce top lui va si bien ! Tous les détails se trouvent dans son blog par ici. 

Sur Instagram, @laurence.d6 vient de poster son top à jour, avec les températures en Moselle. Laurence, confirmes-tu que tu le couds entièrement à la main ? C’est ce qu’il me semble. Il est à la fois gai et doux, j’aime beaucoup !

Un top cousin dans la forme, celui de Bee Maïté, qui coud ses blocs à la machine. Je l’ai photographié chez elle la semaine dernière, les couleurs ne sont pas tout-à-fait justes, je ferai mieux la prochaine fois ! Le mélange d’imprimés est très réussi ici aussi. Les températures sont celles de la région toulousaine.

Marie Braem mène un très joli projet avec une roue, une manière esthétique de mettre la légende des tranches de températures. Une bonne idée qui sera peut-être copiée !

Deux projets ont illuminé la bannière de présentation du groupe ce mois-ci :

A chaque semaine, sa rose… C’est le projet très original de Annik Lang-Wennhack qui remporte tous les suffrages.

Les Annik sont à l’honneur, voici le pétillant top d’Anik Billot ! On y devine les mois brodés. Très belle réalisation !

Catherine Jegat, elle, fait deux quilts à la fois avec la même échelle de températures :

La météo en Loire-Atlantique, Catherine Jegat

Des cœurs pour la météo en Suède, Catherine Jegat. Il y fait très beau, moins froid qu’avant et plus doux… Bientôt, tous en Suède ??

Voici le spectaculaire top-vitrail de Muriel Figuière qui embellit mois après mois lui aussi !

Ouvrage poétique de Lucie Paule

Le calendrier et désormais bien dessiné au bout de 9 mois, quelle allure ! C’est Danièle Murat qui a créé celui-ci.

Le calendrier de Nana Ben, qui jongle avec les valeurs de tissus quand il en manque un, et choisit des imprimés à pois pour remplir les cases vides de chaque mois. Beaucoup de peps !

Annie a misé sur l’originalité du tissu de fond , chacun ayant un lien évident avec le mois. Cela donne un calendrier personnel, gai et unique ! Avec ce parti-pris risqué, elle se pose des questions, mais je suis sûre que ce sera équilibré à la fin ! La création n’est pas un long fleuve tranquille…

Une allure de labyrinthe qu’on a envie de regarder longtemps, de Miline François.

Celui de Mimigri Laruelle est intrigant, je crois que les couleurs unies montrent la saison… Il sera très beau !

Encore des couleurs qui dansent, j’aime beaucoup le résultat ma chère Arlette Matas !

Nade Wki a choisi de très beaux imprimés qui indiquent bien la chauffe de l’été !

Un effet très réussi aussi chez Sylvie Gautron, j’aime beaucoup le dynamisme du bloc.

Chantal Ricq a bien rattrapé son retard et se réjouit du résultat, et nous avec elle.

Les unis de Brigitte Didier claquent, les couleurs sont vives et cela fera un superbe souvenir de 2020. Elle nous dit avoir rangé les rouges, oui, la canicule est bien finie, mais ils sont encore étonnamment encore présents en septembre…

Coco Grimault constate elle aussi que le mois de septembre a été particulièrement chaud en Normandie…

Douceur, élégance et simplicité chez Elisabeth Dubois.

Christy Abbe projette de coudre une bande d’imprimés Kaffe Fassett entre chaque mois. Bonne idée !

La météo en Seine-et-Marne avec Danièle Astruc, il est pixellisé et très beau !

Le top est sur un très beau parquet ! Ce montage a suscité plusieurs questions, il est très réussi. Top d’Odile Gouzon.

La palme de l’humour à cet homme mordu de patch et les félicitations à Brigitte Bailly Vouillon pour son top brodé !

Le village de Michèle Poc grandit… Encore un ouvrage très sympathique !

Belles couleurs et maquette dynamique chez Agnès Bolzer.

Un très beau graphisme ici aussi avec Kim Wells Maurin.

Quelle originalité encore ! Chantal Trouillot va maintenant remplir les coins pendant les trois mois qui restent.

Flo Volsul indique toujours la température la plus chaude du jour… avec un petit point de nœud rouge depuis le 24 janvier, date du premier cas officiel du Covid-19. Hélas, il sera sans doute encore là au 31 décembre.

J’aime les détails brodés du top de Marie-Odile Wurm ! L’ensemble est ravissant.

Mon amie tarnaise Marie-Jo Oustau met des codes sur son top, les sorties et autres événements de sa vie…

Cécile Milhau, autre chère amie tarnaise, fait un livre textile, voici septembre !

Jamais deux sans trois, voici les couleurs du ciel de mon amie tarnaise Bernie Alquier ! Quel beau travail…

Joelle Dagand Herbert a choisi une très belle gamme d’imprimés !

De simples carrés pour Marie Boop et un superbe effet !

Marie-Odile Prévost se dit un peu déçue, mais compte bien se rattraper les années suivantes ! Il est doux et très joli, pas d’inquiétude à avoir…

Christine Fdd a dû travailler cet été mais elle a rattrapé son retard… Bravo !

Univers radicalement différent, parce que Virginie Pomme de Reinette le fait pour son fils, le contraste est audacieux et le rend très lumineux !

Christine Fdd a dû travailler cet été mais elle a rattrapé son retard… Bravo ! Il lui « reste » à continuer son quilting, un travail très long mais qui donne tout le cachet à cet ouvrage.

Encore un ouvrage splendide ! C’est de Christiane Hamon.

Original, gai, moderne, le top de Nadia Chatel, bravo !

Et voici les feuilles d’Els Gauchotte qui montrent le temps qu’il fait en Loire Atlantique… Que de belles formes et de ravissantes couleurs !

Avec reconnaissance, je me penche presque tous les jours sur vos photos, vos commentaires… Quel groupe formidable ! Tout le monde ne figure pas dans cet article, mais c’est une belle vitrine du dynamisme du groupe. J’en suis extrêmement heureuse, merci à vous tous !

Et pour finir, savez-vous le lien entre le nouveau Prix Nobel de Physique, Sir Roger Penrose, et le patchwork ?
A (re)découvrir par ici !

A bientôt,
Katell

Route 66 – Étape 2, vers Springfield, IL

Le convoi se met en route, les copines de la Route 66 ont de la bonne humeur à revendre, un brin de gourmandise (ah les pancakes du matin !), du swing dans les baskets…

Pour celles qui me lisent depuis peu, je rappelle que je me suis inscrite à un groupe Facebook où les participantes, des quilteuses, vont à la fois vivre un voyage virtuel sur la Route 66, de Chicago à Santa Barbara, et faire un quilt. Ici, j’écris des impressions de voyage, parfois inspirée par les copines,  et je partage l’avancée de mon ouvrage pour faire un petit patchwork d’histoires qui fleure bon l’Amérique d’antan. 
Une joyeuse nostalgie baigne dans ce groupe, tout pour nous faire oublier la vie quotidienne.
En route !

Nous étions, fin août, au point de départ, Chicago.

Entre Chicago et Springfield, capitale de l’État de l’Illinois, la Route 66 a parfois été abandonnée au profit des autoroutes et la nature se l’approprie :

Photo prise dans l’État de l’Illinois (lien)

Mais ailleurs, l’heureux temps passé s’affiche en petits et grands musées, en panneaux et divers objets qui rappellent la joie et l’insouciance, particulièrement des années 1950-60. Et tant pis si c’est rouillé, ne le sommes-nous pas aussi parfois ? Nous sommes joyeusement vintage nous aussi !

A Springfield, ancienne station service de la Route 66 devenue un temps musée (lien)

En passant par Decatur…

Une des routes pour arriver à Springfield passe par la petite ville de Decatur. Si vous avez ce livre (Le Guide visuel du patchwork, Ellen Pahl, les Éditions de Saxe), cela vous dit peut-être quelque chose ! Il s’agit d’un point de croix noué en son centre, qui peut servir de nouage de quilting, sans fils qui traînent. 

Voici un nouage traditionnel :

Voici comment faire un nœud Decatur (pages 86-87 de mon édition de 1999) :

On commence comme un point de croix, en prenant bien toutes les épaisseurs du quilt. Ici j’ai marqué les points A – B – C, et au lieu de piquer directement à D (non écrit sur le tissu), je commence à faire une boucle au centre. Ici je triche, ce n’est qu’un tissu et pas un sandwich. 

 

Je termine ma boucle au centre, qui va devenir un petit nœud.

 

Puis on fait glisser l’aiguille entre les épaisseurs, sans couper le fil, pour faire le prochain nœud Decatur (ici, prochain nœud plus bas). Malin, discret, facile, rapide…

Pourquoi donc s’appelle-t-il nœud Decatur ? C’est l’auteure de ce chapitre, Caroline Reardon, qui a vu ce nouage sur un quilt exposé à Decatur… C’est ainsi que ce font certains baptêmes, tout simplement ! Si vous le cherchez sur internet, cela s’appelle Decatur Knot en anglais.

Quand on arrive à Springfield…

Les fans de TV ne peuvent s’empêcher de penser à la famille la plus connue de la ville, les Simpson !

La capitale de l’Illinois est une ville qui semble très agréable à vivre, pas trop grande, tournée vers la bonne chère et la culture, célébrant Abraham Lincoln et… la Route 66 !

La Route 66 est née à Springfield, même si le tracé commence officiellement à Chicago. On s’y réunit pour le fun, tous les engins motorisés sont admis pour célébrer la vieille dame, la Route 66 !

Des terres fertiles

Comme l’Illinois est en pleine région agricole, le Midwest, nommé Corn Belt (la ceinture de maïs) ou le grenier des USA, je profite de notre halte dans cet État pour vous parler des céréales pour le petit-déjeuner. Un clin d’œil tout d’abord aux flocons d’avoine de marque Quaker dans l’article sur le Rajah quilt, créées par des fermiers de l’Ohio, même pas quakers !

La compagnie Kellogg’s au nom mondialement connu est une des grandes réussites américaines, mais savez-vous qui créa les corn flakes ? Ils arrivèrent en France en 1968, mais furent inventés à la fin du 19e siècle…

Un petit-déjeuner hygiénique

A partir de 1830 aux USA, des médecins hygiénistes voulurent améliorer l’espérance de vie en favorisant le végétarisme, l’exercice, la pensée positive et l’abandon du tabac, du café, du thé anglais, de l’alcool… Ils étaient bien en avance sur leur temps ! Cette mouvance restait très minoritaire, mais respectée.
John Harvey Kellogg (1852-1943) naquit dans le Michigan, au sein d’une famille de 16 enfants. Cette famille rallia la religion des Adventistes du 7e Jour dès sa création en 1860. Les Adventistes reprennent dans leur profession de foi la plupart des idées des médecins hygiénistes.

 La maladie est un effort de la nature pour libérer l’organisme des conditions résultant de la violation des lois de la santé…
L’air pur, la lumière du soleil, la tempérance, le repos, l’exercice, la nutrition, l’eau et la confiance en la puissance divine,
tels sont les vrais remèdes.
Ellen White, co-créatrice de l’EAJS, les 8 remèdes naturels

Jeune homme, John Kellogg fut encouragé par son Église à faire des études de médecine réformatrice à Chicago. Avec son frère Will, il dirigea ensuite le premier sanitarium (pas un sanatorium) de l’Église, un centre de bien-être où sont suivies les 8 préconisations de bonne santé. Il appelle cela la vie biologique. Un jour un peu par hasard, il crée des pétales de blé, puis fait de même avec du maïs et les sert au petit-déjeuner dans son établissement. Cette nourriture insipide est bonne contre… la masturbation, dit-il, et les idées de sexe plus généralement, qui sont attisées par les nourritures épicées…

Dans le même but de bonne santé conforme à ses principes, c’est lui aussi qui invente le cultissime beurre de cacahuètes !

De la gymnastique au sanitarium de Battle Creek, vers 1900.

Pour nous, au 21e siècle, leurs principes de santé et de prévention des maladies ne sont globalement que du bon sens, mais la plupart des conseils allaient à l’encontre des habitudes de l’époque. Par exemple, se laver tous les jours !

Le bon docteur John Kellogg eut une vie pleine de réussites, avec une vision naturelle de la santé qui reste actuelle sauf… pour les relations sexuelles ! (Mal) guidé par le conservatisme religieux, ses discours à ce sujet sont ahurissants. En revanche, il n’eut jamais une once de racisme et il défendit toute sa vie la cause des Noirs. Il en forma des dizaines, médecins et autres professionnels de santé.

Et la marque Kellogg’s ? Dès le début, les frères Kellogg ne sont pas d’accord sur l’ajout du sucre. Le frère de John, Will, vise plus le succès commercial que la bonne santé ; le goût du public gagne, les corn flakes sont vendus sucrés et le frère fait carrière dans l’agroéconomie. L’ajout de vitamines en fait un aliment qui a aidé le peuple américain en temps de crise (1929, guerres mondiales).  Les pétales de maïs et leurs produits dérivés se vendent dans le monde entier, employant 37 000 personnes. A présent, on critique leur ajout de sucre, de sel, on se méfie de leur contribution à l’obésité (indice glycémique)… Mais quand on a été élevé avec des céréales du matin, elles restent souvent un doudou alimentaire à vie !

Publicité de 1910
Un film raconte son histoire, très romancée. Je ne l’ai pas vu, et vous ?

Mon projet Route 66 : la carte des États-Unis

La première quinzaine d’octobre, chacune a déjà fait son étiquette, on a réuni ses tissus, on sait où on va et on va bel et bien commencer l’ouvrage. Beaucoup de mes copines de route ont déjà fait plusieurs blocs. Pour moi, ce sera ce week-end la préparation de la carte en papier, en suivant les instructions de mon modèle. J’ai enfin reçu mon tissu de fond !

Sur le tissu de fond choisi pour ma carte (Grunge étoilé), voici les feuilles de la carte à télécharger gratuitement ici (merci Flamingotoes.com) puis je découperai les États, en veillant bien à y marquer leur nom en abréviation de deux lettres. En France, nous avons les numéros de départements ; aux USA, on écrit IL pour Illinois par exemple. Après cette petite corvée viendra le grand plaisir de choisir un tissu par État ! 

                               Roule Jeunesse !

A très vite pour le point mensuel des quilts météo.
De nombreux quilts sont encore postés ce mois-ci, quelle diversité !

Katell 

Confins 2020

2020 oblige, nous sommes devenues des Abeilles Masquées, mais la créativité ne tarit pas ! Après Maïté, c’est Evelyne qui nous montre un de ses ouvrages faits récemment.

Je suis abonnée à Télérama et dans l’hebdomadaire du 21 mars 2020, à la rubrique Arts, l’illustration du texte sur Otto FREUNDLICH, un tableau de 1938, m’a troublée, attirée, les couleurs, les formes géométriques, un univers lumineux et un obscur – une sensation étrange.

Composition, Otto Freundlich, 1938

J’ai aussitôt décidé d’avoir pour moi, un patchwork inspiré de l’œuvre de ce peintre, moi qui ne sais ni dessiner, ni peindre !!

L’exposition parisienne au Musée Montmartre-Jardins Renoir venait d’être suspendue par le Covid 19.

J’ai d’abord beaucoup appris sur la vie tragique du peintre (1878-1943) déporté et mort au camp de concentration de Lublin-Majdanek ou de Sobibor (il reste un doute) en Pologne, assassiné en tant que juif allemand, militant antifasciste, après avoir été stigmatisé en 1937 comme producteur d’« art dégénéré » par le régime nazi.

L’Art dégénéré – die entartete Kunst, était l’expression officielle des nazis pour l’art moderne abstrait. Cela commença par une exposition organisée par les nazis à Munich en 1937. Ils firent se côtoyer 730 œuvres d’une centaine de peintres, parmi lesquels Otto Freundlich, Picasso, Kandinsky, Kokoshka, Chagall, Nolde, Kirchner, etc. avec des tableaux de malades mentaux, pour jeter l’opprobre sur les artistes modernes. Le franc succès des peintres provoqua l’ire des organisateurs… Le terme d’art dégénéré est ensuite étendu à certains styles de musique, de littérature, de cinéma. Une des conséquences fut la destruction de nombre de tableaux, le pillage des collections privées et publiques, et tant de morts… 

Sur le sujet, un grand film :


Otto Freundlich était un grand artiste peintre, sculpteur, pionnier de l’abstraction, engagé dans les arts, la politique, la philosophie, c’était un humaniste et pacifiste, avec une vie riche et constructive partagée avec d’autres grands artistes. Son nom Freundlich, qui signifie Amical, lui allait bien. Dès 1909, il vécut à plusieurs reprises la vie de bohème à Paris, ses amis étaient Picasso, Apollinaire, Braque… Avant l’été 1914, il passa 5 mois à rénover la cathédrale de Chartres, mais à la déclaration de la guerre, il dut évidemment rentrer en Allemagne. Les vitraux marquèrent son art, on le devine dans la Composition de 1938 qui me fascine.

Européen pacifiste, il déploya ses multiples talents pendant l’Entre-deux-guerres en France et en Allemagne, malgré la diabolique propagande nazie.

J’ai choisi des tissus dans ma réserve – confinement oblige ! – et ai monté l’arc central lumineux, coloré, puis un univers bleu où mon regard s’échappe et un espace sombre, inquiétant… Peut-être un écho des inquiétudes de l’Entre-deux-guerres avec les soucis sanitaires que nous vivons.

J’ai quilté à la machine en suivant la courbe de l’arc , puis disposé des lignes droites de part et d’autre.



Je l’ai nommé Confins 2020, l’ai accroché et le regarde chaque jour avec la même émotion qu’en découvrant l’artiste pour la 1ère fois dans l’article du magazine.



 L’exposition a lieu à Paris jusqu’au 31 janvier 2021. J’en rêve ! Aurai-je la possibilité d’y aller ?

Évelyne

Au Musée de Montmartre-Jardins de Renoir, un charmant lieu au 12, rue Cortot (18e)

Connaissez-vous les rouleaux d’exercice ?

Aucun rapport avec un exercice de fitness, sinon celui des doigts et des méninges ! Bee Maïté nous raconte la belle histoire de la sauvegarde d’un pan de notre patrimoine.

J’ai hérité l’an dernier d’un touchant petit tas d’exercices de couture, tous de la même taille, venant du grenier d’un monsieur décédé à 101 ans, le Papa de ma plus ancienne amie.
Ces  bouts de tissu étaient appelés à être assemblés harmonieusement en une longue bande dite rouleau de travaux manuels ou bande d’écolière.

C’était le temps où le prêt-à-porter n’existait pas, où chaque jeune fille apprenait à tirer l’aiguille quelle que soit sa condition sociale et où le métier de couturière était un débouché fréquent d’émancipation de la femme. Les magasins de mercerie et de tissus abondaient dans nos villes et jusque dans le moindre village, toute une économie tenue majoritairement par les femmes (un souvenir ému pour Annick et sa maman). 

 


Ces apprentissages faisaient le tour de la plupart des techniques nécessaires pour s’occuper du linge de la maison, pour coudre des vêtements, pour embellir le nécessaire.

Si le rouleau d’exercices était populaire, on pouvait aussi coller les fiches textiles dans un cahier ou un album en les accompagnant d’un commentaire, ou encore les ranger dans une boîte.
Au XIXème siècle et une bonne partie du XXe, les jeunes filles de 11 ou 12 ans apprenaient au collège ou dans une école privée diverses techniques de couture, broderie ou tricot. Le travail était toujours remarquablement soigné.
On imagine mal aujourd’hui exiger la même chose de jeunes filles de cet âge.
L’enseignement de la couture au collège a cessé en 1965.

Les divers exercices assemblés arrivaient à constituer un rouleau pouvant atteindre 14 m de long (la longueur moyenne étant de 7 à 8 m). La bande que j’ai reconstituée fait 4,5 m de long.

 


J’ai trouvé particulièrement émouvant d’avoir entre les mains ces travaux si précieux et de les avoir sauvés d’un grenier où ils ne demandaient qu’à revivre. C’est chose faite.
J’y ai pris beaucoup de plaisir.
Mon rouleau est maintenant bien protégé dans la boîte ronde en lin que j’ai fabriquée.

Un beau souvenir des travaux manuels de nos aïeules, qui n’avaient jamais le droit de rester inactives !
Maïté

Maïté est un modèle de bonne humeur et d’humour même en temps difficiles, cette citation lui va donc bien, sur un fond de vœux brodés par Rieko Koga : 

 

 

Imagine que ça ira mieux demain…

Parce que la moindre occasion de sourire est à prendre, parce que l’espérance de sortir de la morosité doit rester en nous malgré tout, ce matin je rends hommage à trois chansons populaires !

Ca ira mieux demain, si ça te semble loin,
pourquoi ne pas prendre un bon jour d’avance !

Sur les 600 vœux de Rieko Koga à Figeac, une célèbre citation de John Lennon : Quand j’avais 5 ans, ma mère me disait toujours que le bonheur était la clé de la vie. A l’école, quand on m’a demandé d’écrire ce que je voulais être plus tard, j’ai répondu « heureux ». Ils m’ont dit que je n’avais pas compris la question, je leur ai répondu qu’ils n’avaient pas compris la vie.

La mère de John Lennon a su semer la graine de l’originalité en son fils qui, dans ses chansons, nous a transmis à son tour des messages essentiels comme :

Imagine tous les gens vivant leur vie en paix !

Ici le texte de la chanson Imagine avec sa traduction en français.

Ici je reprends le petit article publié le 8 janvier 2014 : 

Imagine

… all the people, living life in peace…

john_lennon_art… que tu habites une de ces maisons, avec tes meilleures copines quilteuses comme voisines…1513277_616122155108030_2125133399_n

(nouveau tableau de Valériane Leblond)

… les discussions sur l’air du temps ou sur le dernier quilt en cours…

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… une petite communauté vivant en paix !

Imagine in NYC

… and the world will live as one !

On finit par une chanson que j’adore fredonner : don’t worry, be happy, ne t’en fais pas, sois heureux ! Chanson a capella (sans autre instrument de musique que la voix humaine…).

Enjoy !

 

 

Voilà, des rayons de Ruche et de Soleil pour la journée !
Katell

 

Carrément simple et coloré pour Bébé Gaspard

Maïté est toujours active, malgré quelques soucis de santé. Ah les yeux, les mains… indispensables pour notre art, notre vie. Je lui laisse vous présenter son nouvel ouvrage, qui ne demande plus qu’un petit voyage en Dordogne pour être offert !

 

Après un long arrêt de travaux de patchwork en raison de problème aux yeux, je cherchais un moyen de me remotiver. Le déclencheur fut au repas de Noël 2019 avec mes amies Abeilles, les patchworks d’Evelyne et Andrée m’ont tapé dans l’œil car j’aime toujours les jeux de lumière.
Le modèle simple, coloré, à base de carrés cherchant à reproduire un écossais, est Plaid-ish de Kitchen Table Quilting. Dans cet article, vous avez le lien vers les explications gratuites en PDF.

Un placement judicieux des tissus clairs, moyens et foncés donne un très bel effet écossais. Quilt d’Erica Jackman, Kitchen Table Quilting, dans l’Oregon.

Leurs ouvrages en cours m’enthousiasmèrent, la motivation revint illico et je n’eus qu’une idée, le lendemain, amasser des tissus de couleurs très gaies en vue de faire une couverture pour le deuxième arrière-petit-enfant de ma sœur Anne-Marie prévu pour juillet 2020.

Ce stade de création est une jubilation.
Le surlendemain je commençai à assembler les carrés avec frénésie.
C’est une deuxième jouissance, il y a tant de possibilités.
Le top fut terminé en deux semaines.
Puis le tout a traîné, le bébé n’était pas encore là…

Le confinement est arrivé ensuite et j’ai cousu cinq autres tops pour me distraire de l’ambiance morose, vous savez bien ce que je veux dire.
Dans ma précipitation, je n’ai pas respecté la disposition en écossais mais au final j’aime beaucoup mon quilt très coloré et gai. Le bébé est né, encore une joie familiale. Ma fille Florence m’a suggéré d’écrire GASPARD en décalé pour occuper les carrés clairs et j’ai brodé date, lieu de naissance, poids et taille sur le dernier carré blanc.

Un bien beau bébé est né !

Les lettres du prénom sont réparties sur des carrés de tissus clairs.

Je signe tous mes quilts en brodant une abeille toute mignonne qui ne piquera jamais !

Bref, un patchwork très amusant à faire et l’occasion d’utiliser quantité de chutes !

Maïté

Bientôt, vous verrez les Plaid-ish d’Evelyne, d’Andrée et le mien… si je prends le temps de le finir dans les prochaines semaines !
Carrément quilteuse,
Katell

Adieu Annick

Nous avons appris hier le décès d’Annick Subra de Salafa, tellement appréciée en Haute-Garonne, en Ariège, dans le Tarn, dans l’Hérault et bien plus loin encore.

Les élégantes Toulousaines sont allées, pendant plus de 50 ans, s’approvisionner en tissus chics dans son magasin, et plus tôt celui de sa mère Suzanne Meurisse, à Toulouse. C’était Nord Midi Tissus, le magasin de Madame Meurisse, fondé en 1946 et situé d’abord Place des Carmes, puis au 30 rue de Metz. Ma grand-mère aimait y aller, sur les trois niveaux il y avait un si grand choix de belles étoffes ! Je crois bien que la robe de mariée de ma mère, qui s’est mariée à Lavaur, était en soie blanche de chez Madame Meurisse. Puis les temps ont changé, le prêt-à-porter a gagné sur la couturière et le magasin a fermé en 1999. Annick a récupéré chez elle des kilomètres de tissus, rubans et fils, tout ce qui n’avait pas trouvé acquéreur.

Depuis, elle vendait ses trésors au fil du temps, fidèle aux brocantes de couturières, ne cherchant pas à faire fortune mais plutôt à rencontrer des passionnées…

Tous les 15 août à Labastide-Rouairoux (81), elle était la première à qui je disais bonjour ! Elle tenait le grand stand à l’entrée. Et pour rester au goût du jour, elle préparait des kits avec ses jolis tissus, dentelles, galons et boutons… (photo Fête du Fil)

Elle ne manquait jamais les JA de France Patchwork 31, c’est ainsi que je l’ai rencontrée et appréciée. Et à chaque fois, c’était un rayon de soleil que je rencontrais 🌞.

A chaque défi collectif, elle nous offrait de quoi compléter nos fournitures : des rubans rouges pour le Projet 70273, de la soie blanche de robe de mariée pour une robe de Joëlle Vétillard, des lisières pour la Valisière… Quelle attention, quelle générosité !

Annick était une femme cultivée, intelligente et extrêmement gentille. J’avais une très belle relation amicale avec elle et son départ me rend très triste. Je sais que je ne suis pas la seule à être réellement peinée de sa disparition.

C’était aussi une lectrice de la Ruche des Quilteuses, c’est pourquoi je tenais à lui rendre hommage ici. Mes plus sincères condoléances à toute sa famille et ses proches.

Premier jour d’automne

Aujourd’hui, à 13 H 30 et 28 secondes heure française, c’est l’équinoxe d’automne, la durée du jour égale celle de la nuit et on entre dans l’automne en un clin d’œil. Une bonne raison de nous réjouir, c’est la saison faste pour le patchwork, à nous les feuilles d’érable aux couleurs flamboyantes !

Quilt par Amy Smart, Diary of a Quilter

Dans notre vieille Europe, on célébrait naguère cette période en profitant des dernières belles récoltes, de la pleine saison des pommes, le fruit-roi de chez nous. Les anciens peuples rendaient grâce à la Terre-Mère autour d’un feu de joie ou d’un banquet.

On peut confondre avec le Thanksgiving américain, fête qui célèbre un événement survenu en novembre 1621, devenu historique : la première récolte des nouveaux colons sur la terre américaine, l’assurance de pouvoir passer l’hiver grâce aux Iroquois, les natifs locaux. En toute logique, nous laissons Thanksgiving aux Américains, c’est leur histoire, et nous renouons avec la fête celtique de l’équinoxe d’automne !

Merry Mabon (joyeux Mabon) ! peut-on lire ces jours-ci sur des blogs anglophones. Célébrer les fêtes païennes anciennes est devenu à la mode, symptôme du besoin de retrouver ses racines. Illustration : carte postale The Cosmic Crow

Dans le calendrier néo-celtique, on a 4 fêtes religieuses majeures (Imbolc, Beltane, Lughnasadh et Samain) et 4 fêtes correspondant aux solstices et équinoxes : Ostara, Litha, Mabon et Yule. Mais attention aux réécritures de l’Histoire : le terme Mabon fut inventé pour l’équinoxe d’automne par Aidan Kelly dans les années 1970 ! Simplement, cette fête portait vraisemblablement divers noms locaux qui ne nous sont pas parvenus.

Quoi qu’il en soit, c’est le premier jour de l’automne,
le retour de la recherche du confort à la maison… et des beaux quilts bien cozy !

L’image de ce début d’automne, Bonnie Hunter et son dernier quilt ! C’est un quilt carré d’environ 144 cm de côté, dans lequel vous pouvez caser toutes vos chutes de tissus du jaune au brun, en passant par tous les orange et rouille, et vos beige et gris en tissus de fond.

J’ai toujours un œil sur le blog de Bonnie Hunter (Quiltville), j’ai tous ses livres, clairement je suis fan de cette reine du scrapquilt ! Alors voici son nouvel ouvrage aux couleurs chaleureuses, il est facile et spectaculaire, expliqué sur 10 pages (en anglais, avec de nombreuses explications visuelles), disponible ici pour la somme de 12$ payable par Paypal (lien dans son article). Je sais, je suis une vilaine tentatrice 🙃

Bel automne à vous !
Katell

Appalachian Autumn, Bonnie Hunter

Guérir : être positif et vivre en paix

Stephanie et moi nous sommes rencontrées un beau jour d’été l’année dernière, à Toulouse. Nous avons une très chère amie commune, LeeAnn, ma Sister de l’Ouest américain, cela crée des liens instantanés !

Un quilt de LeeAnn dont je ne me lasse pas, Gratitude, illustration parfaite pour cet article.

Nous avions fait un petit tour dans le centre ville, avec l’incontournable visite à la Maison de la Violette, une péniche unique au monde que j’aime toujours faire découvrir, avec sa sélection d’excellents produits et, toujours en décoration, des quilts (de la maman d’Hélène Vié, sa fondatrice, et/ou de la Ruche des Quilteuses, selon les saisons) :

Et nous avions longuement visité l’exposition de Rieko Koga, place du Capitole.

Peace, une des plus belles oeuvres de Rieko Koga. Un mot si bien choisi…

J’ai découvert une femme très souriante, amusante, parlant très bien français. Elle gardait encore une certaine fatigue de ses traitements, mais elle respirait la joie de vivre ! J’ai été très touchée de recevoir ses confidences et voulais depuis longtemps partager avec vous son courage face à un cancer très agressif – c’est souvent le cas quand on est encore jeune – déjà au stade 4, qui a nécessité d’interminables mois de traitements, chimios puis radiations. Et puis plusieurs récidives tout aussi agressives et inquiétantes. Nombre d’entre nous savons aussi de bien trop près ce dont il s’agit. Stéphanie est guérie et sa victoire est due bien sûr aux traitements, mais aussi sans aucun doute à son état d’esprit. Elle s’est entièrement branchée sur la positivité et l’amour, l’expression d’un océan d’ondes positives, des vagues d’espoir, une houle de gratitude. De la gratitude, oui… Comment entretenir cette force mentale quand on va si mal ? C’est tout un travail sur soi, qui peut parfois se faire en solo mais bien plus souvent avec l’aide de thérapeutes (voir Guérir : les énergies qui soignent). Les docteurs nous le disent bien, les personnes qui ont le moral guérissent mieux.

Ah j’ai oublié de vous dire que Stephanie est une intrépide quilteuse !

Je crois bien que sa technique préférée est l’appliqué collé et quilté, appris et perfectionné avec Freddy Moran, qui lui permet toutes les fantaisies !

 

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A la suite de son premier stage avec Freddy Moran en 2012 à Sisters (Oregon), Stephanie a réalisé ce formidable quilt (photo LeeAnn)

 

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Freddy Moran et Stephanie, photo de LeeAnn.

Stephanie était de nature inquiète, une anxieuse de la vie, malgré un abord très souriant. Elle menait tout sous contrôle et se souciait de mille et une choses qui ne sont jamais arrivées. Et puis ce qu’elle n’imaginait même pas s’est déclaré, un premier cancer bien vilain. L’annonce a été un coup de massue, et en même temps il lui est apparu, clair comme l’eau de roche, qu’elle ne contrôle aucunement sa vie et il est bien temps de cesser de se focaliser sur ce qui n’existe pas ! En dépit de toute la réalité complexe du diagnostic, Stephanie s’est sentie plus légère, plus libre, soulagée et même étourdie, son exact contraire ! Au fur et à mesure que passaient les semaines, elle a redéfini l’essence de sa vie.

Sur une mer déchainée et bien sombre, la barque Hope (Espoir) navigue, l’équipage (Stephanie et son mari) gardant le sourire !

 

Revenant d’une séance de chimio, Stephanie s’est visualisée sur ce beau catamaran, navigant joyeusement vers la guérison.

 

Pendant six mois, probablement interminables, Stephanie a visualisé ces petites fées de la chimio qui nettoient scrupuleusement tout son corps, pour le rendre tout sain.

 

Sur le long chemin de la guérison, elle a retrouvé ses ancêtres ukrainiens (petites poupées du folklore d’Europe de l’Est)

 

Stephanie se visionne heureuse au printemps, dans un champ de fleurs…

 

Quand sont arrivés les 28 jours de rayons, face à l’impressionnante machine bruyante, Stephanie a imaginé qu’on lui envoyait des rayons d’amour.

 

Un poème l’a sauvée, elle l’a appris par cœur pour se le réciter pendant les rayons :

L’être humain est un lieu d’accueil,
Chaque matin un nouvel arrivant.
Une joie, une déprime, une bassesse,
Une prise de conscience momentanée arrivent
Tel un visiteur inattendu.
Accueille-les, divertis-les tous
Même s’il s’agit d’une foule de regrets
Qui d’un seul coup balaye ta maison
Et la vide de tous ses biens.
Chaque hôte, quel qu’il soit, traite-le avec respect,
Peut-être te prépare-t-il
A de nouveaux ravissements.
Les noires pensées, la honte, la malveillance
Rencontre-les à la porte en riant
Et invite-les à entrer.
Sois reconnaissant envers celui qui arrive
Quel qu’il soit,
Car chacun est envoyé comme un guide de l’au-delà.
Djalâl ad-Dîn Rûmî
1207 – 1273

 

Son illustration du poème de Roumi

Dans le quilting, on lit Let it go, lâche prise

Stephanie va bien à présent, elle est en paix avec la vie, sereine, et continue de s’exprimer avec les fibres et les couleurs.

Une grande et belle jarre illumine ce quilt… plein d’espoir !

Stephanie a longuement combattu avec ses armes, la positivité et sa créativité l’ont accompagnée sur ce chemin difficile. Elle a découvert grâce à sa maladie une nouvelle manière de vivre, plus apaisée, plus lumineuse.

J’ai transcrit ici ce que m’a confié Stephanie, avec son plein accord bien sûr. A ce sujet, il est bon de préciser qu’il y a de nombreuses différences d’attitudes et de culture entre la France et les États-Unis. Parler ouvertement et en détails de sa maladie reste encore rare chez nous, alors qu’une Américaine se confiera volontiers. Est-ce parce que nous sommes un des peuples les plus pessimistes du monde, et parler de la maladie, c’est la concrétiser et risquer de ne pas la vaincre ?

La pensée positive, la loi d’attraction

Justement la méthode Coué, comme la positive attitude, sont souvent raillées en France. Émile Coué sait que nul n’est prophète en son pays… Ailleurs, dans des pays moins foncièrement cartésiens, ces méthodes aident à atteindre son objectif. A chacun de choisir sa certitude. Il s’agit de sélectionner une phrase qui correspond à la visualisation de son état meilleur, et se la répéter en pleine conscience, avec intention. Franchement, ce n’est pas sorcier, c’est gratuit et… c’est efficace ! Ce n’est pas une prière religieuse mais une affirmation positive au bon moment pour conditionner le cerveau, lui faire croire que ce qu’on veut est réalité. Le principe paraît si enfantin que beaucoup ne veulent pas y croire. C’est pourtant dans l’intention que se cachent les trésors de l’aide à l’auto-guérison.

Fake it till you make it, fais semblant que c’est vrai et ça finira par l’être.
Phrase américaine du 20e siècle

Pour que cela fonctionne, quelques conditions sont requises, comme la persévérance et la formulation de la phrase. Pas de négation comme je ne veux plus fumer (le cerveau se focalisera sur fumer) mais je me libère calmement et avec assurance de la cigarette, pas de je ne veux pas grossir, mais je suis en paix avec la nourriture ou Je prends plaisir à maigrir par exemple. Il est bon de faire une phrase avec un rythme qui vous plaît, des sonorités qui vous conviennent. Ensuite, la formulation de pensées positives est une aide efficace si on se mobilise par ailleurs dans le même but – restons motivés ! 

Quand on décide de choisir son but, gardons à l’esprit la sagesse stoïcienne :

Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé
et le courage de changer ce qui peut l’être
mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.

Marc-Aurèle

indochine
J’ai demandé à la Lune et le Soleil ne le sait pas… Indochine

Il faut comprendre cette phrase dans le sens où il est inutile de se charger mentalement de devoirs irréalisables ou, comme le faisait naguère Stephanie et tant d’entre nous, de peurs d’anticipation ou la compulsion du contrôle de tous les aspects de sa vie. Laissons de côté les doutes, les peurs, les craintes, cela diminue les immunités pour rien, ce n’est jamais profitable. Ayons de la gratitude pour ce que nous avons, même si c’est imparfait. MAIS on peut toujours demander la Lune, on n’est pas à l’abri de bonnes surprises…

Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.
Mark Twain

 

Dans le même esprit, la loi d’attraction ou de l’action/réaction, qui se comprend grâce aux énergies vibratoires de soi et de l’univers, fait que les paroles et pensées que nous avons ont un effet d’aimant et peuvent changer soi-même et le monde. Cela semble utopique, trop beau pour être vrai ou très dangereux, mais sans doute est-ce simplement ainsi que va le monde. On peut apprendre à maîtriser cette loi d’attraction, cela ne tient aucunement du miracle mais d’un protocole qui nous libère des limites qu’on s’impose. Car nous sommes essentiellement limités par nos peurs, nos pensées, nos croyances, bien plus que les limites de nos capacités. Et toujours, ayons de la gratitude pour ce qui arrive.

Ce que tu penses, tu le deviens.
Ce que tu ressens, tu l’attires.
Ce que tu imagines, tu le crées.
Bouddha

De nombreuses fois, on a demandé à Mère Teresa de participer à des manifestations contre la guerre. Elle a toujours refusé. Un jour, on lui a demandé de prendre part à une manifestation pour la paix. Elle accepta et précisa alors que les manifestations contre la guerre font des vibrations négatives et contre-productives, celles pour la paix, elles, peuvent servir ses convictions… (Petite histoire lue, mais non vérifiée. On peut la considérer comme une parabole !)

Mantra brodé par Rieko Koga pour la paix (détail).

Etre dépressif, c’est ruminer le passé.
Etre anxieux, c’est redouter le futur.
Soyons en paix, vivons dans le présent
Et projetons le futur avec espérance.
Ktl

Voici le mur d’expression de Stephanie, chaque tableau lui rappelle un épisode de sa vie, souvent un voyage ! Chacun est un soutien, un souvenir d’amour et de positivité, pour vivre aujourd’hui en paix.

Car, comme le proclamait Frida Kahlo qui a tant lutté elle aussi contre les douleurs et les maladies :