Depuis que j’ai lu la fiche de lecture de Catherine K, déléguée FP67, ce livre est dans ma liste de prochaines lectures…
L’étoffe du destinde Sébastien Palle
Éditions Héloïse d’Ormesson, 2019
L’auteur est un spécialiste à la fois dans les domaines spatiaux et financiers. Aujourd’hui il s’investit dans une association pour promouvoir l’intelligence végétale. Féru de généalogie et d’histoire, descendant d’Oberkampf, il s’est lancé dans l’écriture. L’étoffe du destin est son premier roman.
Dans un 18e siècle très chahuté par de multiples bouleversements, Christophe-Philippe Oberkampf, venu de sa Suisse natale, ne parlant que l’allemand et handicapé par sa religion protestante, s’installe à Jouy-en-Josas pour y parfaire son métier d’imprimeur sur étoffe, qu’il tient de sa famille.
En parallèle, de nos jours, on suit la destinée de cette jeune sénégalaise, Alina Diop, gamine de 10 ans, insouciante jusqu’à ce qu’un voyage chez ses grands-parents au Mali voisin, se transforme en cauchemar : ses parents et son petit frère sont enlevés sous ses yeux par des cavaliers d’un groupuscule islamiste, tandis qu’elle doit faire face à un grand-père marabout qui prévoit de la faire exciser. Même à son jeune âge, elle comprend que sa survie se joue dans la fuite. Au Sénégal, elle espère qu’elle retrouvera son grand frère et pourra poursuivre ses études, elle si douée en maths, à condition de ne plus être une fille…
Sébastien Palle veut-il nous prouver que l’opiniâtreté est la porte vers la réussite ou bien que ces deux destins si éloignés en apparence se rejoignent par certains aspects ? Toujours est-il qu’on se régale au récit de la naissance de la fameuse toile de Jouy tout en pâlissant à l’évocation du monde que nous traversons actuellement. Heureusement, les femmes sont en marche !
L’amour, l’éloge de la diversité, le goût de l’effort sont au centre de l’aventure humaine…
Tie and dye, souvenirs de jeunesse… Nouer, lier et teindre était déjà à la mode dans les années 70 ! Chez nous, on a oublié cette tendance quelques décennies mais elle revient de plus belle avec le goût du fait main et de l’artisanat du Monde. Mon amie Émilie de Neelam nous offre ce reportage, fait en Inde, où la tradition perdure sous le nom anglais tie and dye, ou bien Bandhej (Gujarat), Laheria (Rajasthan), tandis qu’on parle de shibori au Japon et qu’on pratique toujours en Afrique ces teintures… Il existe des nuances, des variantes, mais la base reste la même !
Damien et moi avons envie de partager avec vous un beau moment passé en Inde avec Mustafa, spécialiste des techniques de teintures artisanales de Tie and Dye.
Vous l’avez certainement repéré dans les boutiques et magazines de décoration, l’imprimé Tie and Dye y est de plus en plus présent (coussins, rideaux, tapis, linge de maison, vêtements…) et ne cesse d’être réinterprété.
Cette technique fascinante de création textile consiste littéralement à nouer (to tie), puis à teindre (to dye) un tissu. Le fait de nouer au préalable le tissu permet de préserver certaines parties de la teinture. Ainsi, seules les parties extérieures au nœud seront colorées. La durée du bain jouera sur l’intensité de la couleur et la multitude des possibilités de ligatures en feront un tissu aux motifs uniques.
Selon la technique de Tie and Dye pratiquée par Mustafa, la dimension maximale idéale du coupon de tissu est de 2,50 x 1,10 m. Mustafa commence par plier le tissu (préalablement humidifié) en 2 sur toute sa longueur.
Le tissu est ensuite plissé et ligaturé tous les 20 cm environ. La façon de plisser et ligaturer le tissu influencera le rendu du motif.
Mustafa ligature ensuite le tissu sur toute sa longueur.
Le tissu est prêt à être teinté.
Le bain de teinture se prépare…
Le tissu est plongé dans le bain de teinture, plus ou moins longtemps en fonction de l’intensité de la couleur souhaitée, puis rincé afin d’enlever les excédents de teinture.
Les fils de ligatures sont ensuite ôtés. Le moment le plus excitant de la journée est la découverte du motif créé !
Et voilà !!
Nous adorons le résultat. Et vous ?
Des tissus tie & dye sont disponibles dans notre boutique, mais vous pouvez aussi vous procurer un livre pour vous lancer (ils sont nombreux) ou chercher un stage, de nombreuses artistes en proposent.
J’ai aimé faire du patchwork avec divers tissus teints en tie & dye par Mustafa et autres tissus de notre stock, teints eux aussi en indigo, mélangés avec de la toile blanche et des accents orange :
… et me faire un vêtement :
Promenade à Strasbourg en kimono tie & dye…
Émilie
Pour les personnes autour de Toulouse, petite annonce :
France Patchwork est une association faite pour et par les quilteuses et quilteurs, passionnés, artistes ou simplement adeptes d’un loisir créatif sympathique où artisanat textile et rencontres rendent la vie plus belle. Au fil du temps, FP a créé une organisation relativement complexe et complète pour satisfaire les adhérents : magazine exceptionnel, concours, expositions, Journées de l’Amitié… Certaines adhérentes offrent de leur temps et de leur savoir-faire, s’impliquant en faisant partie d’une Délégation, trait d’union entre le Bureau (alias les Céates, membres du CA, élues pour 4 ans renouvelables, elles aussi bénévoles) et les adhérents de leur département. Les déléguées et leur équipe ont quelques obligations, quelques recommandations, mais ont aussi beaucoup de latitude pour imprimer de leur touche leur passage dans cette organisation.
Information et communication, essentielles dans une association !
La communication est essentielle pour faire connaître les activités locales et nationales – voire internationales – de l’association. Au niveau local, chaque délégation écrit donc un bulletin, jadis expédié par la Poste à tous les adhérents du département ; grâce à internet, on fait de substantielles économies d’impression, de papier et d’affranchissement. D’un département à l’autre, d’une délégation à l’autre, la communication prend maintes formes ; on a par exemple en Occitanie occidentale un bulletin régional, le Patch d’Oc, et des blogs de délégation rendent de grands services. Certains bulletins s’apparentent à une publication professionnelle, d’autres contiennent juste l’essentiel : les rendez-vous départementaux, si chers aux adhérents ! N’étant pas née de la dernière pluie, je sais bien que seule une petite minorité lit le bulletin départemental en entier, quelle que soit la qualité de la publication. Alors bulletin élaboré ou succinct, les deux coexistent et se défendent, ce qui laisse aux délégations la liberté d’expression en fonction de leurs envies – et c’est très bien !
En Alsace en septembre dernier, l’ancienne délégation du Bas-Rhin a attiré mon attention sur la qualité des reportages de la déléguée actuelle, Catherine Kalmar. Effectivement, sa publication trimestrielle est très complète sur la vie de FP, mais elle s’investit également dans des articles de haute tenue… Déjà, le Patch et Tchache (bulletin de FP67) de l’équipe précédente était très abouti : les adhérentes de ce département sont bien chanceuses ! Ces articles ont une vie bien éphémère, lus bien sûr par les heureuses destinataires, mais je trouve qu’ils méritent une seconde vie… Aussi ai-je proposé à Catherine K. de publier une sélection de ses articles passés.
Alors quelques mardis de suite, vous pourrez lire Catherine Kalmar dans la Ruche des Quilteuses, article de fond, fiche de lecture ou autre et pour inaugurer cette collaboration, voici un des exercices littéraires qu’elle affectionne, le pastiche :
La cage aux oiseaux et aux idées
De Pierre PERRET
Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux Regardez-les s´envoler c´est beau Les enfants, si vous voyez Des p´tits oiseaux prisonniers Ouvrez-leur la porte vers la liberté.
Un p´tit dé à coudre Et trois goutt´ d´eau dedans Au d´ssus du perchoir, Un os de seiche tout blanc Et un petit piaf triste de vivre en prison Ça met du soleil dans la maison
C´est c´que vous diront Quelques rentiers vicelards Des vieux schnocks Qui n´ont qu´des trous d´air Dans l´ cigare. Une fois dans vot´ vie, Vous qui êtes pas comme eux Faites un truc qui vous rendra heureux !
Si vot´ concierge fait cui-cui sur son balcon Avec ses perruches importées du Japon Ses canaris jaunes et ses bengalis A vot´ tour faites leur guili-guili.
Sournoisement exclamez-vous » Dieu! quel plumage! » Mais chère Madame On vous demande au 3ème étage. Et dès que la bignole aura l´dos tourné Même si on doit pas vous l´ pardonner
Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux Regardez les s´envoler, c´est beau. Les enfants si vous voyez Des p’tits oiseaux prisonniers Ouvrez-leur la porte vers la liberté…
Pastiche de C.K.
Ouvrez, ouvrez la cage aux idées, Regardez-les s’envoler, c’est beau. Mes amies si vous avez Des p’tits projets prisonniers, Ouvrez-leur la porte vers la liberté…
Un p’tit dé à coudre Et deux ou trois bouts de fil Un p’tit carré d’étoffe Et une bonne aiguille Un peu de courage et une belle idée, Vous v’là sur les rails d’un beau projet…
Un ou deux ronchons pourraient tenter, c’est vrai, D’vous faire croire que c’est laid, Qu’ l’idée est dépassée Qu’le tissu n’est pas celui qu’il fallait utiliser Mais si ça vous plait, qu’est-ce que ça fait ?
Tous les rabat-joie, N’sont pas de bons conseils Faut pas les écouter, Font pas forcément des merveilles.
Moi je vous le dis, Puisque tout est permis Si vous trouvez ça beau Et bien c’est l’essentiel
Ouvrez, ouvrez la cage aux idées, Regardez-les s’envoler, c’est beau. Mes amies si vous avez, Des p’tits projets prisonniers, Ouvrez-leur la porte vers la liberté…
Les oiseaux en cage ne sont-ils pas bien moins nombreux depuis cette chanson ?Je l’avais déjà évoquée par ici. Tout le monde la connaît et tant d’enfants, voulant bien faire, ont libéré des oiseaux exotiques, incapables de se débrouiller chez nous…
Survolons à présent quelques merveilleux quilts aux oiseaux appliqués : diverses techniques, divers continents, mais toujours la beauté des animaux faits pour être libres…
Restons temporairement en Alsace avec Béatrice Bueche, artiste alsacienne qui s’inspire de la beauté de la Nature. Son Toucan nous transporte en Amérique du Sud d’un coup d’aile !Volons vers l’Extrême-Orient avec Les hirondelles sont de retour en Asie, d’Évelyne Carrasco, ici un détail de ce quilt expliqué dans BeeBook. On y retrouve l’esprit zen du Japon…Alliance inattendue de l’exubérance des perroquets dans la jungle, l’art de la Mola et la créativité de la Japonaise Fumiko Nakayama (photo Pour l’Amour du Fil 2015).À présent c’est l’Afrique, et plus précisément les artistes du Caire (Tentmakers of Cairo), qui nous offrent cette adorable scène… (photo à Labastide-Rouairoux, La Fête du Fil 2019)
Les étoiles sont parmi les motifs les plus appréciés en patchwork. Dans BeeBook, je ne me suis pas privée d’en proposer, des étoiles pas forcément régulières, les wonky américaines, que j’ai préféré nommer étoiles créatives. À présent, le quilt qui est actuellement en bannière du blog est dans ma pièce à vivre et, malgré certaines réticences entendues sur les couleurs bizarres, il s’intègre parfaitement à mon intérieur ! Il est un hommage à Sujata Shah, si talentueuse et généreuse, dont je ne me lasse pas de promouvoir son livre (sa présentation ici), avec la contribution d’une brodeuse indienne via Neelam chez qui j’ai choisi la broderie centrale :
Les petits miroirs, appelés shishas en Inde, brillent aussi bien le jour que la nuit, jouant avec le soleil ou la lampe. C’est un des quilts difficiles à photographier !
On en retrouve aussi sur le quilt d’Éliane, pour donner une impression de brillance d’un ciel étoilé :
Nuit au Mas d’Azil, Éliane Géraud
Les quilts étoilés sont à conjuguer à l’infini, des plus traditionnels aux plus déjantés !
Quel que soit le style de patchwork que vous appréciez, vous pouvez participer au Quilt Along (quiltons ensemble) ou QAL 2020 lancé il y a 2 jours par Cécile et Béatrice. Lisez l’article de Cécile avec tous les détails nécessaires, inscrivez-vous au groupe Facebook pour le suiviet surtout amusez-vous bien !
A l’instar de nombre de quilteuses, la Nature est l’inspiration majeure de Bernadette Mayr. Connaissez-vous ses livres ?
Seul son premier a été traduit en français (Patchwork fleuri, SAEP, 2006). Certains récents l’ont été en anglais, mais tous sont édités d’abord en allemand.
Il est certain que cette artiste a eu une grande influence sur moi ! Elle présente de nombreuses techniques sympas qu’elle n’a pas forcément inventées, mais adaptées pour en faire un style bien reconnaissable. Son petit secret ? Elle aime ajouter des tissus rayés blanc-noir dans ses quilts ! Comme je le dis souvent en stage, ajouter une touche de blanc et noir, les valeurs extrêmes, donne un volume visuel au top.
Je n’avais jamais pris le temps de vous montrer deux quilts faits par les adhérents du Club de patchwork de Colomiers ; à la réception de l’article de Nicole, cela m’a rappelé que je devais réparer ce retard, notre inspiration étant, pour les papillons, exactement la même, de Bernadette Mayr. C’était en mai-juin 2017. Comme j’avais proposé un atelier pour montrer comment faire les papillons et donner les instructions de couleurs pour les 9-patch, bien innocemment la Présidente et la Secrétaire y ont participé… ignorant que c’était pour leur cadeau de départ 😏 Nous avons bien ri lors de la remise des quilts à Danielle et Éliane ! Nous avions prétexté une tombola à venir et elles aimaient beaucoup les deux projets !
L’Envol, offert par les adhérents du club de Colomiers à Danielle.
Pour l’Envol, nous avons simplement suivi le modèle du livre, les schémas permettent de suivre même si on ne comprend pas l’allemand. Naturellement, la disposition est différente de celle de l’artiste : nous avons assemblé les blocs comme bon nous semblait. Le fond blanc est de la récupération de vieux draps, les papillons sont faits des tissus des membres de notre club, tout le monde a fait de formidables papillons et nine-patchs. Le club avait fourni du tissu rayé blanc-noir, suivant l’excellente idée de Bernadette pour le corps des lépidoptères.
Photos un peu surexposées, le soleil est encore sur Toulouse en ce 21 octobre 🌞
Celui destiné à Eliane s’inspire directement, lui aussi, d’un modèle trouvé dans un livre (No Scrap left Behind, Amanda Jean Nyberg, Stash Books). Nous avons choisi des couleurs aussi douces qu’Éliane, rose-vert-gris-blanc, pour un accord très printanier qui contraste fort ici avec les couleurs automnales flamboyantes des amélanchiers du Canada :
Simplicité : de mini 9-patchs encadrés de tissus variés…
Et comme toujours, Bee Kristine a fait les étiquettes :
Venons-en à la semaine dernière, marquée pour nous par le Salon des Tendances créatives de Toulouse où France Patchwork était présente, comme depuis plus de 20 ans je pense ! Le stand était tenu par notre Délégation avec Brigitte Gaston à sa tête, le voici photographié avant l’ouverture, le premier jour :
Hop, notre gentille amie Françoise met la dernière touche avant que la foule n’arrive !
Nous avons aussi exposé une douzaine de quilts de BeeBook, le premier livre édité par France Patchwork. Chacun a attiré des commentaires élogieux, les Abeilles ont parlé avec passion des particularités de nos quilts : les échanges furent très chaleureux, merci à tous ceux qui sont venus à notre rencontre, toujours le sourire aux lèvres 😃 Nous sommes très heureuses que notre livre rencontre ce succès auprès du public !
Nous le voyons bien d’un quilt à l’autre, la Nature nous inspire nous aussi ! La Marguerite de Kristine (Tendre Daisy dans le livre) a été fort admirée. Le quilt aux coquelicots de Cécile Milhau (J’ai descendu dans mon jardin), ici plié, a ensuite été exposé sur une chaise : admiration unanime là aussi !
A gauche, Vivant & Naturel, à droite, Tendre Daisy.Nuit au Mas d’Azil d’Éliane, La Cause des Femmes, Les Hirondelles sont de retour en Asie d’Évelyne (encore un quilt plébiscité!).
Je ne serais pas complète si j’oubliais de dire que les quilts d’Andrée en waxsont arrivés 10 mn après l’ouverture de jeudi (et donc peu après ces photos), ils ont été disposés en évidence et ont été fort admirés. Beaucoup de personnes ont découvert la beauté des tissus wax en patchwork. Certaines s’y étaient déjà essayées comme Claudine du club des Can’canettes de Castres qui m’a depuis envoyé la photo du sien :
Tohu-Bohu par Claudine Bize, une très belle composition.
Détente en fin de la première journée, un petit pas de danse drapée dans un quilt d’Andrée :
Face au bar, drapée de Bulles Africaines, mais non, je n’ai rien bu 😃
Vous l’avez déjà remarqué, je vais souvent dans le Tarn. Il y a là-bas un peu de mon histoire familiale, des paysages variés, des villes et villages attractifs et surtout des personnes de caractère ! Pas étonnant que le catharisme ait fleuri dans ces terres, il en fallait de la détermination pour résister comme ils l’ont fait…
Hier, j’ai rendu visite aux amies de La Courtepointe : joli nom de club ! Rare en France, ce mot désigne un quilt chez nos amies québecoises.
Avant d’entrer dans le vif du stage, j’ai pu admirer les triangles en crazy faits par le club pour le nouveau projet de Joëlle Vétillard. Par manque de temps, je ne vous en avais pas encore parlé, c’est l’occasion ! Pour les détails, je vous convie à lire l’article de notre chère créatrice qui concocte une robe chrysalide…
Contribution des membres de la Courtepointe au projet Robe Chrysalide.
Je ne savais pas trop comment serait accueilli mon stage de patchwork créatif et improvisé – libéré aurait dit Gwen Marston – car ce club est spécialisé dans l’art textile, poussé-tiré-entraîné-sublimé par Cécile Milhau. Les plus anciennes avaient appris le « vrai » patchwork avec Jocelyne Le Roy, qui a tant fait pour nous avec son amie Marie-Anne Suzanne, en publiant les tout premiers livres de patchwork machine et coupe au cutter en France ! Je l’ai rencontrée récemment, je lui dois beaucoup grâce à ses livres. C’est aussi une personne très attachante ! Beaucoup d’entre vous connaissez ces livres des années 1990 :
La plupart des Courtepointières de Réalmont connaissent surtout l’expression créative en art textile, presque toujours à la main. Sous l’impulsion de Cécile, elles ont créé plusieurs fresques et quilts collectifs qui sont à chaque fois des événements. Un exemple parmi tant d’autres : Le Fleuve, fini en 2012, à voir ou revoir ici.
Le Fleuve était à l’honneur à Balma, lors de l’AG des 30 ans de France Patchwork (photo de La Marmotte Rousse)
La journée de stage fut fructueuse pour beaucoup, il suffit d’un détail parfois pour enfin réussir à couper avec le cutter rotatif, avoir une couture machine régulière, repérer comment utiliser facilement une règle… Ensuite, la créativité peut s’exprimer ! J’ai été comblée en voyant leur enthousiasme devant le patchwork aux formes douces et vivantes, et l’état d’esprit d’art-thérapie qui me tient tant à cœur…
L’alliance de leur créativité en art textile et leur nouvelles envies de patchwork libéré vont faire des merveilles.
Merci infiniment à Marie-Jo Oustau d’avoir organisé cette journée, ensoleillée à tous égards !
Hier soir, Marie-Jo a continué son projet personnel… C’est très prometteur !
Je vous renvoie au blog Patch d’Oc-Tarn pour quelques gentils mots et photos sympas (en diaporama) du stage par Bernie, rapide comme l’éclair !
Une création est faite d’inspirations, de convictions, d’hésitations… mais toujours le cœur parle. Écoutons donc aujourd’hui l’histoire du nouveau quilt de Nicole.
Voici le quilt de Nina, une fillette venue agrandir la famille cette année. Comme tous les petits autour de moi, elle devait donc recevoir un quilt. Prise par le travail, il a fallu un certain temps pour que l’idée mûrisse.
Ces viola cornuta ont provoqué un déclic ! Comment ne pas y voir un vol de papillons ?
Beebooket un livre de Bernadette Mayr m’ont permis de me lancer dans un patch qui ne correspondait pas du tout à mes habitudes.
D’abord il devait être vert pour évoquer un vol de papillons au-dessus d’une prairie or le vert n’est vraiment pas ma couleur favorite.. Non seulement je ne sais pas l’utiliser mais, de plus, je croyais ne pas avoir de tels tissus en réserve. Faux, il restait quelques coupons destinés à un projet de panneau avec des champs de colza, projet tombé aux oubliettes.
Et puis, débuter la coupe libre, cela ne serait pas forcément facile. Je ne suis pas vraiment rigoureuse dans la coupe et la couture, mais savoir que je dois l’être représente un cadre rassurant. Il fallait donc aller à l’encontre de tout ce qui s’était installé dans ma tête depuis que j’avait découvert le patchwork en 1980.
Timidement, en coupant à main levée, j’ai réalisé deux papillons assez classiques que je trouvais très raides. Il fallait franchir un pas de plus en interprétant les méthodes de Bernadette Mayr.
Là encore, c’est une rencontre sous le parasol qui entre en résonance avec les « Motten » de Bernadette. Ce grand papillon, caractéristique d’un groupe très important de lépidoptères -dont les mites- replie ses ailes antérieures à plat et masque les ailes postérieures. Ses antennes plumeuses pouvaient être un détail brodé intéressant.
Le premier papillon révèle que je n’ai pas trop osé couper en courbe, ce sont presque des droites. Il a provoqué une réaction immédiate de ma petite-fille : affreux, il n’est pas symétrique. J’ai eu beau lui montrer que lorsqu’on photographiait un papillon, on était très rarement bien de face et qu’au contraire cela pouvait donner du dynamisme aux images. Rien à faire, elle veut des papillons bien droits, bien symétriques. Comme ceux de Bernadette !
Le suivant a été pire : j’ai choisi un tissu à grand motif qui me semblait intéressant. J’avais oublié les conséquences de la méthode de montage …
Il fallait couper le carré le long de la diagonale et faire pivoter l’une des pièces. Or mon motif n’avait rien de symétrique ! Tant pis. Ce papillon allait malgré tout être intégré dans le quilt.
Il y a eu, bien sûr, la même difficulté pour ce papillon dont les quatre ailes devaient être visibles mais j’ai osé couper des courbes un peu plus arrondies.
Le top, monté avec quelques coupons fleuris, restait très raide et les grands carrés verts trop vides. Frustrant…
Il fallait animer tout cela et, pourquoi pas, en faisant voler des papillons en origami au-dessus du quilt ?
Aux yeux de ma petite fille, je manquais de rapidité et d’efficacité, c’est donc elle qui, après avoir choisi les tissus, a préparé tout un vol de papillons et les a dispersés sur l’ouvrage.
Le quilting est essentiellement réalisé à la machine. Les antennes ont été brodées avec 2 brins de fil mouliné. Les papillons en origami sont solidement fixés par une série de points afin qu’ils résistent aux petites mains…
Pour préparer une étiquette pour ce quilt à 4 mains, il a suffi d’une chute de tissu fleuri, un papillon découpé dans un coupon, quelques points de broderie machine ; il ne reste plus qu’à signer de nos deux prénoms et à souhaiter à Nina de voir encore plein de papillons au fil des années…
Quel thème ont choisi les Can’canettes de Castres pour leur rentrée ? L’Indispensable de BeeBook !
La forme, simple et pratique, a séduit tout le groupe autour de Rachel et Jo. Voici les premières photos de Jo Drouet, avec encore quelques finitions à apporter deci delà, mais on voit déjà bien toute la créativité du groupe :
Un modèle qui se prête, comme je l’espérais, à de multiples interprétations. Bravo à chacune !
La Forêt chez Marmotte Rousse
Pour notre amie Marmotte, le premier atelier BeeBook s’est fait avec ses amies le temps d’une retraite au Terrier, en fin d’été… Toute son histoire se trouve par ici.
Cela me fait bien sûr très plaisir de voir vivre les ouvrages suggérés dans mon livre… Si vous aussi, vous souhaitez partager vos réalisations BeeBook, écrivez-moi à quilteuseforever(arobase)orange.fr.
BeeBook est toujours disponible aux stands France Patchwork pendant les Salons (le prochain étant celui de Toulouse cette semaine, du 17 au 20 octobre, au Parc des Expositions) et par correspondance,voir par ici.
Une bonne nouvelle du week-end dernier : LeeAnn a gagné un Prix à l’International Quilt & Fiber Art Festival d’Everett (WA) avec un quilt dont vous trouvez l’origine dans BeeBook. Congratulations dear LeeAnn!
Simply woven ou Simplement tissé, modèle généreusement offert par Jessica Kelly.
Mon amie Chantal a été plus rapide, elle a fait le top en quelques jours dans un merveilleux camaïeu de rouge-rose-orange unis. Il avait fait notre admiration un jour de rencontre entre Abeilles… À présent, il est quilté, et lors d’une autre rencontre nous l’avons vu fini !
BZZZ les Abeilles papotent ! Photo de Chantal
Le quilting est en spirale,technique expliquée ici, et nous trouvons toutes que c’est très réussi ! Pourquoi n’ai-je pas pris de photo de près pour vous le montrer ? Il est au fil rouge vif, c’est pourquoi on le devine quand même sur la photo.
Dos du quilt, très beau en soi !
Pour mes voisines de la région toulousaine, ce quilt est désormais accroché à Kréatiss, magasin situé dans une zone commerciale à cheval entre Colomiers et Plaisance-du-Touch.
Dans le magasin Kréatiss, ce quilt orne l’atelier.
Depuis la semaine dernière, de nombreux cours de loisirs créatifs ont commencé : patchwork, couture, crochet, tricot, perles etc. dans une ambiance jeune et dynamique. Les cours de patchwork, niveau débutants pour le moment, sont assurés par Chantal elle-même. Il y a une dizaine d’intervenantes parmi lesquelles, pour la broderie-tricot-crochet, notre amie Tata-Georgette. N’hésitez pas, si vous habitez dans les environs, à aller y faire un tour, vous renseigner sur les divers cours et stages.
Luke Haynes est un quilteur qui compte dans le paysage de l’art textile, un homme heureux, jeune marié, qui passe un mois de honeymoon en Europe… avec plein de rendez-vous textiles !
Nous l’avions découvert il y a quelques années avec son exposition de 50 quilts en log cabin principalement noir et blanc, avec de vibrantes touches de rouge (ici mon article présentant cette expo). Tout est fait en tissus de récupération. Cet Américain est de la même génération que Ian Berry, avec le même principe de recyclage, à la différence près que Ian ne fait pas de quilts mais des tableaux ou des mises en scène immersives à partir de blue jeans. Ils se sont rencontrés voilà 2 ans à Sainte-Marie-aux-Mines et inévitablement ils sont devenus copains.
Un des fascinants quilts en log cabin revisité de Luke Haynes
Luke a navigué dans plusieurs styles de patchwork, avec un fond d’attachement au traditionnel populaire. Il achète les vieux vêtements et linge de maison usagé au poids : il est dans l’univers de la récupération, des blocs connus, l’utilisation de ses quilts dans la vie courante… et de la fantaisie, surtout ! On sent un solide sens du design contemporain pour arriver à de tels résultats. Ses œuvres textiles sont généralement de la taille d’un dessus de lit, pour qu’elles puissent servir mais aussi pour avoir le champ d’expression qui lui convient ; il aime la confusion entre art et fonctionnalité. Il préfère qu’on parle de lui en tant que designer, car il joue avec les objets et l’espace et c’est aussi d’où il vient, puisqu’il est architecte de formation.
Sa collaboration avecAccuquilt lui a donné l’occasion de créer ce Winding Ways de forme classique, avec des chemises rayées et à carreaux, ce qui donne un esprit scrappy et un jeu de lumière complexe. Il a fait ce que j’appelle du tissu-cousu (made-fabric) pour composer certaines pièces de bloc.Barack Obama par Luke Haynes
Luke adore se mettre en scène, jouant avec ses propres œuvres, avec auto-dérision et humour :
Non seulement Luke aime se mettre en scène mais il excelle en auto-portrait, reprenant de fait des traditions de peintre. Mais les siens sont les deux pieds dans notre siècle !
Self portrait #2, TraditionOn my bed #5, self portraitDétail du précédent
Luke est aussi expert dans l’art du traitement du tissu par la photo. Il remet aussi au goût du jour un des dadas de Dali, l’anamorphose, ou la déformation d’images par optique (comme par exemple, un miroir déformant). C’était le thème de son expo de SMM 2019, avec les stars de nos vies, du cinéma, de la pop ou de la peinture : Amy Winehouse (ce qu’elle nous manque…), Madonna, Picasso, Dali, James Dean, David Bowie… et bien d’autres.
Sewlebrity, une sacrée expo ! Ces quilts nous font perdre nos repères : sont-ils apparentés à un tableau ou une sculpture ? Les personnalités sont, selon où l’on se place pour les regarder, à la limite du grotesque ou bien prodigieusement en mouvement, tels qu’on les connaît. Des croix et des flèches par terre nous aident pour voir le personnage normal, avec l’angle juste. Challenge parfaitement réussi, bravo Luke !
Les fonds de quilts, comme les dos, sont faits de récupération de vêtements, draps, nappes etc. Luke m’a montré des dos de quilts, piécés avec des tissus du même style que ceux sur le devant, qui font des versos aussi beaux que les rectos. Quant au quilting, il est fait à la machine, bien dense, horizontal pour le fond et vertical pour le personnage, ce qui rend la silhouette visible au dos. Luke pense à tout !
Pour Véro ma sœur qui adore Beau oui comme Bowie* encore plus que moi :
(*Gainsbourg chanté par Isabelle Adjani)
Bowie bizarre…Bowie showman…Yeah !
Un autre exemple d’anamorphose avec Madonna :
Pour tous ceux qui n’ont pas eu la chance d’y aller, une vue de la moitié de l’expo où on voit des personnages déformés, d’autres parfaitement normaux car je suis bien placée pour eux :
Luke m’a laissé choisir devant quel artiste poser : Dali, à l’origine de tout bien sûr !
Dali, Luke et moi… Un beau moment de la vie ! Si l’anamorphose est le thème de l’exposition, la métamorphose sied bien à Luke qui change si souvent de look 😃 et attention, on retrouvera peut-être sa chemise dans un quilt la prochaine fois ! Photo Annie Labruyère
Je vous parlais en début d’article de son voyage en Europe ; Luke et sa femme se trouvent à présent en Angleterre. Et partout, un quilt les suit, comme un doudou, et pas n’importe lequel : des anneaux de mariage… à la sauce Luke ! J’ai entendu beaucoup de commentaires sur ce quilt, qui surprend par son fouillis et son charme, sa touche tradi et révolutionnaire à la fois… Décidément Luke est un artiste complexe qui déroute un certain public, tout en enchantant une autre partie. Personne, en tout cas, ne reste indifférent et on sait que la nouveauté est rarement acceptée d’emblée… Pensez aux Impressionnistes, rejetés en leur temps par les officiels…
Voici son quilt de voyage dans une chambre quelque part en Europe :
En Angleterre dans un manoir :
Et le voici tel que je l’ai vu à SMM, sur sa table, sous l’œil d’Amy :
Ce quilt est entièrement fait de draps de récupération. De loin, on le « lit » tout gris, il ne suit pas non plus les codes des valeurs (foncé et clair), mais de près on voit le travail et la richesse de la palette de couleurs ! Le quilting est très dense à la machine et n’est pas aussi simple qu’il en a l’air. Encore une subtilité qui ne saute pas aux yeux : les anneaux sont quiltés au fil blanc, les fonds en noir.Au dos, on voit bien ce quilting. Le dos est, comme les autres quilts de l’expo, un vrai patchwork de tissus déjà vus sur le devant… ou d’autres aussi, il n’y a pas de règle rigoureuse !
J’espère que cet aperçu vous aura séduit ; l’art textile comporte mille et un visages, surtout avec un artiste aussi prolifique et singulier. Luke compte dans le monde artistique et j’espère que son charisme, son succès retentiront encore longtemps et fort, pour que le textile soit autant reconnu que les autres matières premières dans le monde de l’art.
(Sauf mention et citation de Dali, photos du site de Luke : http://www.lukehaynes.com/ ou ses pages Facebook, ainsi que mes photos de Sainte-Marie-aux-Mines).