A l’instar de nombre de quilteuses, la Nature est l’inspiration majeure de Bernadette Mayr. Connaissez-vous ses livres ?
Seul son premier a été traduit en français (Patchwork fleuri, SAEP, 2006). Certains récents l’ont été en anglais, mais tous sont édités d’abord en allemand.
Il est certain que cette artiste a eu une grande influence sur moi ! Elle présente de nombreuses techniques sympas qu’elle n’a pas forcément inventées, mais adaptées pour en faire un style bien reconnaissable. Son petit secret ? Elle aime ajouter des tissus rayés blanc-noir dans ses quilts ! Comme je le dis souvent en stage, ajouter une touche de blanc et noir, les valeurs extrêmes, donne un volume visuel au top.
Je n’avais jamais pris le temps de vous montrer deux quilts faits par les adhérents du Club de patchwork de Colomiers ; à la réception de l’article de Nicole, cela m’a rappelé que je devais réparer ce retard, notre inspiration étant, pour les papillons, exactement la même, de Bernadette Mayr. C’était en mai-juin 2017. Comme j’avais proposé un atelier pour montrer comment faire les papillons et donner les instructions de couleurs pour les 9-patch, bien innocemment la Présidente et la Secrétaire y ont participé… ignorant que c’était pour leur cadeau de départ 😏 Nous avons bien ri lors de la remise des quilts à Danielle et Éliane ! Nous avions prétexté une tombola à venir et elles aimaient beaucoup les deux projets !
L’Envol, offert par les adhérents du club de Colomiers à Danielle.
Pour l’Envol, nous avons simplement suivi le modèle du livre, les schémas permettent de suivre même si on ne comprend pas l’allemand. Naturellement, la disposition est différente de celle de l’artiste : nous avons assemblé les blocs comme bon nous semblait. Le fond blanc est de la récupération de vieux draps, les papillons sont faits des tissus des membres de notre club, tout le monde a fait de formidables papillons et nine-patchs. Le club avait fourni du tissu rayé blanc-noir, suivant l’excellente idée de Bernadette pour le corps des lépidoptères.
Photos un peu surexposées, le soleil est encore sur Toulouse en ce 21 octobre 🌞
Celui destiné à Eliane s’inspire directement, lui aussi, d’un modèle trouvé dans un livre (No Scrap left Behind, Amanda Jean Nyberg, Stash Books). Nous avons choisi des couleurs aussi douces qu’Éliane, rose-vert-gris-blanc, pour un accord très printanier qui contraste fort ici avec les couleurs automnales flamboyantes des amélanchiers du Canada :
Simplicité : de mini 9-patchs encadrés de tissus variés…
Et comme toujours, Bee Kristine a fait les étiquettes :
Venons-en à la semaine dernière, marquée pour nous par le Salon des Tendances créatives de Toulouse où France Patchwork était présente, comme depuis plus de 20 ans je pense ! Le stand était tenu par notre Délégation avec Brigitte Gaston à sa tête, le voici photographié avant l’ouverture, le premier jour :
Hop, notre gentille amie Françoise met la dernière touche avant que la foule n’arrive !
Nous avons aussi exposé une douzaine de quilts de BeeBook, le premier livre édité par France Patchwork. Chacun a attiré des commentaires élogieux, les Abeilles ont parlé avec passion des particularités de nos quilts : les échanges furent très chaleureux, merci à tous ceux qui sont venus à notre rencontre, toujours le sourire aux lèvres 😃 Nous sommes très heureuses que notre livre rencontre ce succès auprès du public !
Nous le voyons bien d’un quilt à l’autre, la Nature nous inspire nous aussi ! La Marguerite de Kristine (Tendre Daisy dans le livre) a été fort admirée. Le quilt aux coquelicots de Cécile Milhau (J’ai descendu dans mon jardin), ici plié, a ensuite été exposé sur une chaise : admiration unanime là aussi !
A gauche, Vivant & Naturel, à droite, Tendre Daisy.Nuit au Mas d’Azil d’Éliane, La Cause des Femmes, Les Hirondelles sont de retour en Asie d’Évelyne (encore un quilt plébiscité!).
Je ne serais pas complète si j’oubliais de dire que les quilts d’Andrée en waxsont arrivés 10 mn après l’ouverture de jeudi (et donc peu après ces photos), ils ont été disposés en évidence et ont été fort admirés. Beaucoup de personnes ont découvert la beauté des tissus wax en patchwork. Certaines s’y étaient déjà essayées comme Claudine du club des Can’canettes de Castres qui m’a depuis envoyé la photo du sien :
Tohu-Bohu par Claudine Bize, une très belle composition.
Détente en fin de la première journée, un petit pas de danse drapée dans un quilt d’Andrée :
Face au bar, drapée de Bulles Africaines, mais non, je n’ai rien bu 😃
Je vous donnerai prochainement des nouvelles de Simon, qui en est au quilting de son ouvrage. Allons voir aujourd’hui de plus jeunes talents, ceux qui s’épanouissent au cours de l’été, quand le temps ne file pas entre les doigts, quand les familles se retrouvent…
Notre amie quilteuse Maïté Beebee excelle dans l’enseignement de la couture et de la création ! Elle sait donner l’envie de créer à tous les enfants qui viennent chez elle… Je lui laisse la parole.
Anaïs et sa sirène
Anaïs est arrivée avec le livre que je lui ai offert à Pâques pour son anniversaire avec la ferme intention de coudre cette sirène. Elle a mis beaucoup de temps à rassembler les ingrédients (la demoiselle est difficile). J’ai dû beaucoup l’aider mais le résultat est là. Elle ne risque pas d’oublier sa sirène dont elle est folle.
Gabrielle et son chat
Gabrielle, 13 ans, a choisi de coudre un chat : j’ai uniquement guidé ses choix. Je trouve que son chat est très réussi. En tout cas elle en est très fière. Sa petite sœur Anna a commenté : moi aussi quand je sera grande je fera un chat.
Bravo à Anaïs et Gabrielle, continuez de vous amuser avec des fils, des tissus, des boutons, des perles… Le bonheur est aussi dans l’atelier !
De mon côté, j’ai mis pour la première fois ma nièce Rose devant ma machine, elle vient d’avoir 5 ans. A cet âge, ça passe ou ça casse.
Je peux dire que son enthousiasme a été au-delà de mes attentes ! Elle a adoré farfouiller dans mes tiroirs pleins de tissus, triés par couleurs… Toucher, regarder, commenter… Elle a choisi chaque tissu en fonction de la personne destinataire, a cousu plusieurs coussinets carrés, puis trois en forme de cœur, les a remplis de lavande du jardin… et les a presque tous offerts.
Quel plaisir des sens !
Presque tous les ans, nos amis de Pibrac originaires de l’Aveyron trouvent une bonne raison pour faire la fête, réunissant famille et amis. Cette année, ce sont leurs quarante ans de mariage ! C’était pour moi l’occasion de penser à un petit cadeau-souvenir.
D’abord, je me suis inspirée de leur faire-part, comprenant leur photo de mariage présentée un peu à la manière japonaise, dans un quart de cercle comme ceci (par discrétion, je ne montrerai pas le faire-part) :
Paul Gauguin utilisa ici une technique de présentation des estampes japonaises pour présenter Marie-Angélique Satre, dite La belle Angèle, une des plus jolies femmes de Pont-Aven. Celle-ci n’apprécia pas du tout son portrait et refusa de le garder !
Une citation attribuée à Saint-Augustin figure aussi sur ce faire-part : La mesure de l’amour est d’aimer sans mesure. Un bon départ, mais ce n’était pas suffisant comme inspiration !
Un retard de ma coiffeuse dans son rendez-vous m’a fait musarder dans un joli magasin adjacent qui vendait des cartes postales. Suivre ses intuitions… Je savais que ce jour-ci était un jour où j’étais à l’écoute : une nuit presque blanche à penser au tableau textile, sans solution encore, mais une envie d’oiseaux, que j’entends si tôt l’été au lever du jour…
Mais oui, j’ai trouvé mon inspiration dans ce magasin (Crayons & Couleurs, Le Perget, Colomiers) avec une carte des éditions du Désastre :
La carte est fort belle et me rappelle un tissu jamais encore utilisé… Je me suis dépêchée de le sortir du tiroir ! Bien sûr, il fera partie de la composition. Il a un discret imprimé doré (collection Uncorked), je vais l’utiliser pour la première fois mais ce ne sera sans doute pas la dernière !
C’est un détail d’une fresque de Giotto, le peintre précurseur de la Renaissance, plus exactement du Sermon aux Oiseaux de Saint-François, peint dans la basilique d’Assise. J’ai rapidement regardé sur internet, la fresque « me parlait » par sa quiétude, la beauté du fond bleu, la simplicité de l’oiseau blanc… et l’ajout du doré sur la carte répondant au jaune lumineux omniprésent dans l’église de Saint-François d’Assise. Les couleurs sont magnifiques, largement rénovées après le séisme meurtrier de 1997.
Le Saint a, en dépit de son auréole, une attitude profondément naturelle et simple, en symbiose avec la nature.
Je suis fascinée par les synchronicités, le hasard qui fait bien les choses, les coïncidences auxquelles on attribue du sens en assemblant des faits n’ayant aucun rapport officiel. Au moment où je balbutiais dans mon projet, je suis tombée sur un reportage sur Arte… sur la basilique d’Assise et les fresques de Giotto. J’étais sur la bonne voie, je le sentais : turquoise-or-oiseaux-citation-quart de cercle, les ingrédients étaient bien réunis.
J’ai tâtonné pour les silhouettes d’oiseaux, j’en voulais quatre symbolisant les quatre décennies de mariage… J’ai alors fait appel à une styliste qui sait mieux dessiner que moi !! J’ai simplement acheté un patron d’appliqués de Shannon Brinkley en PDF. J’ai un instant pensé utiliser également sa technique d’appliqué crazy, mais je connais mes amis, un tableau plus simple leur convient mieux. Du tissu uni ira ici très bien pour les oiseaux !
Je ne suis pas grande brodeuse, mais j’aime ça ! J’ai bien aimé reproduire la citation et j’ai dessiné la couronne sur une hauteur de 2,5 cm, après quelques tâtonnements ! J’ai utilisé la méthode de la couture sur papier.
Pas tout-à-fait fini : c’est sur la photo que je remarque qu’il manque un accent à Maïté ! L’écriture se fait discrète de loin, mais elle se lit tout de même bien de près, c’est ce que je voulais.
Vient ensuite le collage des oiseaux blancs au moyen de thermocollant double face ; ils étaient un peu trop « nus », j’ai donc brodé leur pourtour au point de tige.
L’oiseau blanc est appliqué au thermocollant double face et je commence le surlignage de chaque oiseau au point de tige, avec du coton perlé n° 8.
J’ai hésité des jours avant de choisir le quilting à la machine, avec le motif « brume japonaise » présentée dans BeeBook page 141. Ensuite, J’ai quand même décidé de sécuriser l’appliqué thermocollé avec du fil blanc : j’ai suivi les conseils d’Évelyne dans BeeBook pour ses hirondelles (page 51), fil ton sur ton et piqûre avec entraînement (pas au piqué libre).
J’ai choisi un pied de biche avec lequel je peux bien voir autour de l’aiguille (partie en plastique transparent). Je n’ai pas mis le double entraînement pour me laisser plus de précision et souplesse dans le suivi du bord de l’oiseau.
La bordure faite avec une couture mise en attente est une de mes favorites (dans BeeBook technique page 135, photo de cette bordure page 37), je ne m’en lasse pas, elle est en accord avec la maquette japonisante du quart de cercle. Elle est quiltée avec entraînement également, deux lignes droites espacées d’1 cm environ avec une courbe entre les deux, en bougeant simplement le quilt. Essayez, c’est simple !
Ici on voit le quilting de la bordure, ainsique le molleton (du pur coton, c’est ce que je préfère en quilting machine) et le dos en drap blanc ancien… du grenier de la famille de Maïté.L’accent sur Maïté est ajouté, la bordure invisible posée…
Bien sûr, le panneau offert samedi a atteint son but : faire plaisir !
Bonne rentrée aux enfants, aux parents, aux enseignants…
L’enseignement et l’éducation sont la base pour transformer le monde !
Il n’est pas trop tard si vous désirez faire un geste pour la reconstruction de Notre-Dame avec France Patchwork. Nul besoin d’être adhérent, il vous est proposé de faire un ouvrage de 30 x 30 cm (recommandé) représentant Notre-Dame pour vous, cela peut figurer un détail, une ambiance…
J’ai déjà vu de superbes réalisations sur Facebook et Instagram ; comme ce n’est pas un concours, il n’y a aucune raison de ne pas les montrer… et cela peut motiver quelques participations de dernière minute ! Alors voici les contributions de trois Abeilles.
Bee Valerie, notre chère amie anglaise, a été tout autant touchée que nous par cette destruction partielle d’un de nos monuments emblématiques, c’est notre patrimoine européen… Voici son quilt :
Photo pour les Abeilles, juste avant l’envoi à FP. Je l’avais vu avant le quilting et je l’aime beaucoup : on a bien la sensation de l’architecture intemporellement belle. Son travail est, comme toujours, parfait. I love your quilt Val!
Bee Kristine a, elle, utilisé la technique du Pine cone pour figurer une rosace de vitraux, ce que je trouve très pertinent :
Une très fine broderie sur un fil marque le centre.Kristine na pas manqué d’ajouter une étiquette brodée !
Quant à moi, les tissus unis étalés sur ma table m’ont donné envie de faire ceci, toujours sur le thème de la lumière et des vitraux, même si le lien avec Notre-Dame n’est pas évident.
Blocs de 3 x 4 cm avec une fenêtre bleu foncé, quilting main simple dans les fenêtres. Si j’avais voulu la régularité, j’aurais fait un assemblage sur papier, mais le mouvement me semble plus intéressant… Question de goût !
Cultissime phrase de Jean Gabin à Michèle Morgan dans Quai des Brumes (1938)…
T’as un beau dos, tu sais.
… C’est ce qu’on dit parfois dans la Ruche… en parlant des quilts bien sûr ! Nous nous motivons mutuellement pour faire de beaux dos de quilts, et surtout de belles étiquettes. Pour BeeBook, Kristine nous a brodé une bonne partie d’entre elles, car elle aime ça et le fait si bien… Belle solidarité, n’est-ce pas ?
Si je ne souhaite pas montrer de quilts de BeeBook (modèles ou illustrations) pour garder la joie de la découverte, je peux vous montrer quelques étiquettes brodées par Kristine dès aujourd’hui, histoire de vous faire patienter !
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Une petite autre série d’étiquettes arrivera bientôt…
Ceux qui auront le livre à partir du 14 juin s’amuseront à trouver quelle étiquette va avec quel devant !
Et vous, prenez-vous le temps de soigner vos dos ? Vos étiquettes ?…
Attention, vous n’avez plus que quelques jours pour profiter du tarif préférentiel…
A partir du 16 mai, le livre pourra être acheté à son prix de vente normal (29,50 €). Il sera disponible à partir du 14 juin 2019 à Vichy, lors des manifestations nationales de France Patchwork (AG le 14, JNA le 15 juin), et envoyé ensuite très vite à toutes les personnes l’ayant commandé.
Vous pourrez ensuite l’acheter dans les Salons où l’Association France Patchwork sera présente, et toujours par correspondance à :
France Patchwork – BeeBook
B. P. 10
27310 St-Ouen-de-Thouberville
La Ford Mustang, au logo avec un cheval galopant, est une gamme de voitures américaines mythiques, fabriquées depuis 1964. Ford a inventé l’automobile à destination des baby-boomers, une petite voiture puissante et fun qui ne passe pas inaperçue, customisable, symbole avec sa concurrente, la Chevrolet Camarro, de l’Amérique moderne, jeune et insouciante, avide de liberté.
Ford fut bien inspiré de choisir pour leur voiture destinée à la jeunesse cet animal libre et sauvage et c’est bien du cheval que je souhaite te parler car son histoire est singulière et loin de ce qu’on croit savoir.
Il y a 10 000 ans en pleine préhistoire, on ne sait pas vraiment pourquoi, les équidés disparurent du continent américain (nord et sud). Les spécialistes avancent les attaques massives des tigres aux dents de sabre, des éruptions volcaniques, des maladies… Les mustangs ne sont donc pas une race de chevaux sauvages d’origine américaine. En 1519 Cortez débarqua chez les Incas (au Mexique actuel) avec 16 chevaux. Imagine la terreur des indigènes devant ces diables blancs et barbus juchés sur des animaux inconnus ! Les bateaux venus d’Europe continuèrent de faire venir des chevaux d’Espagne jusqu’à ce que la reproduction leur en fournisse suffisamment sur place. Dès 1540 les Espagnols étaient sur le territoire des Etats-Unis dans l’actuel Nouveau-Mexique, avec un gros troupeau de bovins et plus de 1 000 chevaux et mulets. Une tempête de grêle fit s’échapper nombre de chevaux. C’était le début des mustangs, ces mestengos, animaux errants. Les Indiens apprirent vite à capturer et re-domestiquer ces chevaux, ils les considéraient comme un don céleste, donnant un nouveau sens de liberté à leur vie, leur permettant de se déplacer plus vite, de mieux chasser… mais ils ne suffiront pas pour défendre leur territoire face aux Euro-américains.
Les mustangs ont des règles de clan qui évitent la consanguinité et sont particulièrement frugaux, d’où leur vigueur dans les immenses plaines souvent arides. Ils peuvent doubler leur population en 4 ans : tu connais le vertige des nombres, en peu de temps cela fait beaucoup de mustangs !
Depuis le 16e siècle donc ces chevaux ont changé la vie des Indiens, il y aurait mille anecdotes à raconter ! Ainsi en Espagne et plus largement en Europe on dépréciait les chevaux à plusieurs couleurs, alors ceux-ci, ayant moins de valeur marchande, étaient les premiers à partir vers le Nouveau-Monde. De leur côté, les Indiens trouvaient au contraire ces animaux particulièrement beaux et les capturaient en priorité ! Les Perce-nez (leur territoire était sur les Etats actuels de Washington et Idaho), à force de les sélectionner dans la nature, ont créé les Appaloosas, qui sont en fait un mélange de mustangs et de chevaux de trait bretons apportés au Canada. Eh oui, les Français et aussi les Anglais ont aussi apporté leurs chevaux sur la côte nord-est d’Amérique… Outre leur beauté, les Appaloosas ont une allure particulière (façon de marcher appelée Indian Shuffle) très confortable, qui permet de couvrir de très longues distances par jour.
Mais le monde change. On utilise bien plus les chevaux des moteurs de voiture que ceux à quatre pattes. Ni les Indiens ni les pionniers ne capturent désormais de mustangs. Les immensités qui paraissaient infinies se morcellent, on atomise les étendues naguère sauvages avec les constructions, l’agriculture, l’élevage. Les mustangs, qui furent une aubaine, deviennent un problème. A présent on ne sait plus comment gérer dignement le sort de ces animaux. Vous pouvez lire ces articles à ce sujet :
Madeleine Pickens, une milliardaire à la vie tumultueuse, consacre désormais une partie de sa vie et de sa fortune à la protection des mustangs. Son immense ranch dans le Nevada est un sanctuaire pour ces animaux qui symbolisent si bien l’esprit de liberté cher aux Américains. Une goutte d’eau, mais qui fait du bien ! Cependant, personne n’étant parfait, elle leva des fonds pour la campagne présidentielle de Donald Trump… mais ce n’est pas le sujet.
Des chiffres alarmants viennent d’être publiés : 60 % des animaux sauvages, toutes races confondues, ont disparu en 40 ans. Ces mustangs, descendants de chevaux domestiques, ont beaucoup de défenseurs mais ont-ils encore la possibilité de vivre en toute quiétude ?
Ce qui semblait être une bonne idée (apporter des chevaux en Amérique pour faciliter les transports) est devenu avec le temps un gros souci en Amérique. Le même phénomène est arrivé en Namibie mais avec un dénouement plus heureux : des chevaux apportés par des colons allemands pour le travail dans les mines ont pris également leur liberté mais ceux-ci ont bien plus de chance, la Namibie restant à ce jour un pays désert !
Nous n’avons pas vu de mustangs en liberté, mais nous avons visité un promontoire dominant le Colorado qui s’appelle Dead Horse Point. Un panorama à couper le souffle, dominant de 600 mètres une boucle du fleuve Colorado. Le nom m’a intriguée, l’endroit du cheval mort. On raconte que la forme du promontoire permettait de garder les mustangs facilement dans un corral (enclos) naturel, sans construire de coûteuses barrières. Mais à un moment l’eau manqua et les chevaux ne survécurent pas, ne pouvant se désaltérer avec l’eau du Colorado qu’ils sentaient et voyaient 600 mètres plus bas… Trop triste ! L’autre version n’est pas mieux : des cow-boys acculaient régulièrement les chevaux jusqu’au bout de ce plateau, ils ne pouvaient s’échapper, ils étaient capturés… et sans doute mangés… Cela faisait naguère partie de la régulation des hordes.
Non loin de ce Dead Horse Point se trouve l’un des plus beaux Parcs Nationaux : The Arches. Voici une parmi les plus belles arches formées par l’érosion du vent, the Delicate Arch, symbole qu’on retrouve sur les plaques d’immatriculation des voitures d’Utah :
Coucou oui la toute petite c’est moi !
Une autre boucle du Colorado s’appelle Horse Shoe Bend, la boucle en forme de fer à cheval. Cela se trouve au sud de la ville de Page, en amont du Grand Canyon. En voici une belle photo du blog Road Trippin, un de ceux que j’ai lus avec beaucoup d’intérêt avant notre départ :
L’eau émeraude est magnifique, mais pas ‘normale’, elle vient d’être filtrée au barrage près de Page.
Les noms de ces lieux naturels montrent la proximité des hommes et des chevaux. Et bien sûr beaucoup de quilts ont pour thème cet animal si beau et pacifique. Ci-dessous un quilt que j’ai fait il y a 10 ans, dédié à mon fils Erwan pour ses 11 ans, donc il y a 11 chevaux (ah-ha quelle subtilité…). Parallèlement, mon amie Madeleine en avait fait aussi un pour son petit-fils, nous avions partagé les tissus, les idées et ces deux quilts sont témoins de notre amitié, toujours aussi vivace aujourd’hui.Leur petite histoire est iciet le modèle des chevaux est de la regrettée Joan Colvin.
Le haras, Madeleine Fillola, 2008OK Corral, Katell, 2008. Comme je te le racontais ici, OK Corral fait référence à une fusillade ayant eu lieu à Tombstone. C’était un de mes rêves de visiter cette ville un jour et nous y sommes allés !… Je t’en parlerai un autre jour dans cette série Western Spirit.
Les chevaux sont un des thèmes qui font plaisir pour un cadeau, tant d’enfants et d’adultes les aiment ! Il en existe des milliers, en voici une toute petite sélection qui peut t’inspirer :
J’ai toujours plusieurs projets en cours, au contraire de plusieurs de mes amies qui détestent savoir qu’elles ont des tops en attente. Pour moi les pauses sont souvent essentielles car l’improvisation va chez moi de pair avec mûrissement, décantation, fermentation des idées, une vraie cuisine mentale qui me réveille parfois la nuit. Mon amie Annie raconte toujours en détails la genèse de chaque quilt sur son blogDes Tulipes et des Cœurset je retrouve bien dans ses articles les joies et les doutes de la création !
Alors sans entrer dans les détails techniques, voici d’où me vient l’inspiration de mon nouveau quilt, un petit panneau où rien n’est droit.
Je pars presque toujours d’un quilt ou d’une image de la nature qui m’inspire. Cette fois-ci, c’est un quilt de Jill qui m’a donné le point de départ :
Accentuate, Lady Pie Quilts. Comme j’aime les quilts avec des blocs irréguliers et une cohérence dans les couleurs, je suis toujours fan des quilts de cette artiste (Jill de Lady Pie Quilts) et, dans le même style, d’autres Américaines comme Debbie de Seattle (A Quilter’s Table) et bien sûr LeeAnn de Seattle aussi (Nifty Quilts). Décidément l’air de Seattle sied aux quilteuses !
J’ai donc décidé de faire ces blocs avec un centre rose vif imprimé ou pas, puis le souligner d’une bande unie marine et enfin terminer chaque bloc en log cabin irrégulier avec des tissus bleu-vert-turquoise, clairement inspiré du quilt de Jill. En avant pour l’aventure !
N’ayant pas fait de photos intermédiaires, je vais vous la faire courte : une petite dizaine de blocs faits, non équerrés, en attente pendant 6 mois. Et puis un jour, à vrai dire il y a 3 jours, l’envie de m’y remettre me saisit et en cherchant d’autres tissus roses dans mes boîtes je tombe sur des tissus offerts par LeeAnn, des grands coupons et de tout petits. LeeAnn n’achète presque jamais de tissus de patchwork car ils n’ont pas « vécu », elle se fournit dans les « thrift shops », boutiques de 2e main, vide-greniers et puces des couturières… Alors ses tissus sont étonnants ! J’y ai cherché du rose, j’y ai trouvé un petit rectangle de velours rouge. C’est décidé, ce sera mon focus !
Le petit rectangle de velours rouge m’inspire un encadrement de bandes, puis les blocs déjà faits prennent leur place tout autour. Au dernier moment, je décide d’ajouter du jaune orangé car l’ensemble se semblait trop froid malgré le vert acide, puis j’ajoute enfin des petits sourires, un tissu offert par une quilteuse de Williams, Arizona, que je présenterai un jour dans la série Western Spirit. En une journée j’ai terminé ce top qui s’agençait tout seul grâce au velours rouge de LeeAnn.
Et voilà, le quiting très simple commence en encadrant le velours rouge et continue en droites -pas toujours très droites !- et le quilt est coupé sans être équerré, pour garder l’esprit organique, vivant du projet.
Cette nuit, si nous avons un ciel dégagé, nous pourrons voir la pleine lune, qualifiée de super-lune bleue de sang (Sciences & Avenir) ! En résumé, la lune sera très proche pour tout le monde sur Terre (grosseur et brillance), nous sommes dans une année de 13e Lune (lune bleue = lune rare) et elle sera couleur sang pour beaucoup de monde en raison d’une éclipse totale de la Lune… mais non visible en Europe.
On redécouvre les noms des pleines lunes attribuées naguère par les civilisations proches de la Nature. Les Américains ont traduit les noms donnés par les Amérindiens, ce qui donne par exemple ceci :
Si la Lune a des effets incontestés par les scientifiques (les marées), d’autres font partie des croyances profondément ancrées dans l’imaginaire, et surtout liés aux femmes. Vrais ou faux peu importe, ces liens supposés font rêver et titillent la créativité ! Hier j’ai vu un quilt parfaitement adapté à aujourd’hui :
Mais tant d’autres quilts sont aussi sur le thème de la pleine lune ! Ce sera pour une autre fois… En attendant vous pouvez replonger dans l’univers poétique de Valériane qui peint si bien la Lune :
Dans le monde de la peinture, une technique picturale est appelée le Cloisonnisme.
Détail d’un tableau d’Emile Bernard, maître du cloisonnisme
Le cloisonnisme est né grâce à la liberté offerte par l’impressionnisme, alors que techniquement c’est à peu près son contraire. De quoi parle-t-on ? Avant l’impressionnisme, les peintres apprenaient toutes les techniques pour donner une image semblant réelle, avec des fondus et mélanges de couleurs. Avec l’avènement de la photographie qui rendait le réel sur papier – même en noir et blanc – des peintres ont révolutionné leur approche en juxtaposant des touches de peinture, faisant confiance à notre cerveau pour mixer les couleurs à une certaine distance et donner des impressions de luminosité inédites. L’effervescence à la suite de l’impressionnisme a donné de multiples courants post-impressionnistes hétérogènes comme le pointillisme (chaque touche rendue à sa plus petite expression, le point), le fauvisme et les Nabis (exagération des aplats de couleurs violentes) ou le cloisonnisme.
Femme à l’ombrelle de Louis Anquetin. Ce peintre est l’initiateur du cloisonnisme ; sa notoriété est cependant bien moindre que d’autres qui l’ont suivi : Emile Bernard, Paul Gauguin, Vincent Van Gogh, Henri de Toulouse-Lautrec et tant d’autres, qui utilisèrent le cloisonnisme un jour ou l’autre…Femme au bord de l’eau, Louis Anquetin, 1889.
Tout le monde connaît le cloisonnisme, sans pour autant utiliser ce mot. Visuellement, on le retrouve dans beaucoup d’arts et artisanats : la mosaïque, la marqueterie, le vitrail, mais aussi les estampes japonaises, la peinture sur soie, les images d’Epinal, les bandes dessinées… et bien sûr, comment l’oublier, le patchwork! Leur point commun ? Vous le devinez peut-être, c’est l’utilisation de la matière ou de la couleur par zones définies, parfois cloisonnées d’un trait surligneur… Nous y voilà !
Il y a quelques semaines, j’ai essayé une technique qui me faisait de l’œil depuis bien longtemps : l’appliqué « moderne » (coupé à cru, collé au thermocollant) surligné de deux traits de fil noir, justement pour accentuer le cloisonnisme et l’impression de dessin de page de coloriage. Je dois avouer que pour mon premier essai, je n’ai fait aucun effort de création et ai entièrement copié sur une artiste que j’aime, Laurraine Yuyama. La réalisation est très facile, pour peu que vous soyez familiarisée avec le quilting en piqué libre (à la machine).
Voyez ici l’un vu recto, l’autre verso :
Ce sont deux mug rugs (mini-tapis de table servant de dessous de tasse, avec la place pour une douceur) faits pour un échange tiré au sort entre copines. Je me suis complètement inspirée de la photo d’ici. Heureusement, celle qui les a tirés au sort les aime bien je crois, tant mieux pour Maïté !
Ensuite, c’est la question rituelle : thé ou café ?…
Moi j’ai eu la chance de recevoir des mug rugs d’une autre gamme de couleurs, mais qui me réjouissent tout autant ! Ils viennent de Claude, qui a passé plusieurs années au Canada. Son bloc préféré est donc la Feuille d’Erable dans toutes ses nuances ! Ici les feux de l’été indien se retrouvent dans son cadeau :
Grâce à Claude, ce matin notre petit déjeuner était très ensoleillé !
Malheureusement, j’ai oublié de prendre en photo la table pleine de mug rugs échangés… Vous ne verrez donc que ces deux paires, dommage car toutes les amies réunies hier avaient préparé de petits bijoux de technique, de poésie ou de créativité !
Il est des vers qui demeurent en tête, réminiscences des récitations de l’école ou de chansons maintes fois chantées ou entendues… Ce sont bien celles de l’enfance qui restent gravées à jamais.
Il y a quelque temps j’ai eu le coup de cœur pour un modèle innovant de Crazy Mom Quilts, alias Amanda Jean Nyberg, une vue de troncs d’arbres, des bouleaux, faits de mille mini-morceaux de tissus. C’était fait pour moi, fan de scraps et d’arbres !
Bright Birch Trees, Amanda Jean Nyberg, 2012. C’est un quilt facile et très agréable à faire. On peut mettre de toutes les couleurs et de tous les styles de tissus dans les troncs d’arbre, les pièces sont si petites qu’elles se fondent dans l’ensemble. Et IL FAUT s’autoriser à mettre des tissus contrastés !
J’aurais pu copier d’après photo, mais je compatis avec la vie des créatrices qui se donnent tant de mal pour nous et ai acheté son PDF d’explications, très bien fait au demeurant. Ce modèle est un immense succès, je ne suis pas la seule à succomber à son charme ! Et depuis, je collectionne les photos de quilts sur le même thème, en voici un florilège :
Sew French, avec un très beau quilting à la main qui évoque la brise.Une belle réussite de KaHollyTisha & Rachel, à voir ici. Rachel a opté pour un « quilt as you go », on voit donc les bandes qui assemblent les blocs quiltés séparément.CrispyKristin a fait une forêt en pleine nuit, avec beaucoup d’inventivité dans le quilting de chaque bloc (que vous verrez mieux sur instagram ici).La forêt de Lucia WilkeCathy’s Crazy by Design : elle aussi a choisi un fond plus neutre.L’inspiration originale est probablement ce quilt d’art, fait par Tall Grass Prairie Studio. Forêt de nuit., 2011.
Et bien sûr, j’ai commencé à faire quelques troncs. Au moment de décider des tissus de fond, j’ai choisi les plus foncés pour évoquer la nuit, qui ajoute un peu de mystère à la forêt. Je n’étais pas satisfaite du résultat, trop sombre (eh de quoi tu te plains ? C’est ce que tu voulais !), sans éclat malgré les couleurs des troncs, jusqu’à ce que me trotte dans la tête :
La lune blanche luit dans les bois…
J’ai donc appliqué une pleine lune et dès lors, j’ai commencé à aimer ce quilt. Des champignons évoquent l’automne que j’aime tant, la recherche des cèpes dans la forêt près de chez moi, avec la famille et les chiennes… j’ai ajouté la bordure de gauche avec ce qui me restait de bandes (j’envisageais une autre rangée de troncs), puis j’ai brodé le vers de Verlaine qui a sauvé ce quilt.
Un clic sur la photo pour voir les détails !
Le haut vu de plus près…… puis le bas !
B e la u t o m n e à t o u s !
La lune blanche Luit dans les bois De chaque branche Part une voix Sous la ramée…
Ô bien-aimée.
L’étang reflète, Profond miroir, La silhouette Du saule noir Où le vent pleure…
Rêvons, c’est l’heure.
Un vaste et tendre Apaisement Semble descendre Du firmament Que l’astre irise…