Mai rose avec Sujata

sujata4Sujata Shah, une chère amie quilteuse vivant désormais en Californie, a publié en 2014 un livre devenu un best-seller, Cultural Fusion Quilts. Il marque une étape importante dans la compréhension des quilts créés avec des techniques de coupe amusantes, générant un résultat toujours unique. Son art est hérité de Gwen Marston, notre grande inspiratrice, qui ouvrit bien grand la porte de l’improvisation. A chaque fois que je feuillette son livre, j’y trouve de nouvelles idées ! Ce que j’y aime aussi, c’est son attachement aux artisanats du monde, sources inépuisables d’émerveillement.

Mes amies de la Ruche et moi avons maintes fois utilisé ses astuces pour enrichir nos quilts ! Ce livre est toujours disponible. Il ne sera jamais traduit mais les nombreux schémas rendent la compréhension des techniques très facile.

Ses couleurs sont la plupart du temps plutôt chaudes et intenses, comme un coucher de soleil d’été indien. Parfois seulement, Sujata utilise le rose, par petites touches. J’ai reçu en cadeau un de ses rares quilts roses !

De son propre aveu, le rose n’était pas une couleur qu’elle utilisait facilement, mais peu à peu elle y prend goût.

Sujata n’étale pas inutilement sa vie privée sur son blog ou les réseaux sociaux. Si elle le fait, c’est dans un but bien particulier, en général pour partager une information importante à ses yeux. J’avais été intriguée par son alerte sur la maladie de Lyme et les commentaires de plusieurs personnes également concernées… J’avais donc étudié le sujet puis, devant son importance, j’avais à mon tour relayé l’information. L’été dernier, grâce à cette sensibilisation, j’ai pris au sérieux la plaque rosée entourant une morsure de tique datant de 20 jours ; les antibiotiques prescrits précocement, les plantes achetées en Hollande (interdites en France…) m’ont aidée à combattre la plupart des effets. C’est Sujata qui m’a sauvée !

En fin de semaine dernière, Sujata montrait son nouveau quilt, fait de couleurs bien différentes de ses gammes habituelles. Une envie de rose…

Quilt fini juste en même temps qu’elle apprenait une nouvelle qui change sa vie : Sujata a découvert, 1 mois 1/2 après une mammographie négative, une grosseur alors qu’elle prenait sa douche. Grosseur qui s’avère maligne. Alors Sujata, avant son traitement de six mois, alerte les quilteuses : ne laissez rien passer…

Sujata ne manque pas de force intérieure, d’esprit positif, de ténacité… Souhaitons-lui un rétablissement rapide et complet, ainsi qu’à toutes celles qui subissent également cette attaque.

Octobre rose est une alerte annuelle pour nous rappeler de nous faire dépister… Aujourd’hui c’est Mai rose, car c’est tout le temps que nous devons rester attentives.

Sujata me fait l’honneur de participer à BeeBook, vous y trouverez un modèle exclusif, complètement dans l’esprit des coupes à main levée. Et là aussi, son quilt lumineux contient du rose, vous l’aimerez j’en suis sûre ! 

 

 

Surprise à Chatou

Caroline, une fidèle amie de Bee Kristine, aime chiner. Toutes deux ont une connaissance encyclopédique des tissus et des fils, des ouvrages anciens, des broderies et des dentelles… Même si Caroline ne fait pas de patchwork elle-même, elle a sa maison remplie de quilts, cadeaux de Kristine ou achats comme celui qu’elle s’est offert à l’AEF au stand de Cosabeth Parriaud :

Fané mais si beau, ce quilt est originaire du Québec. Acheté d’abord par la célèbre Catherine Legrand (j’adore ses livres !), il passe dans la collection de Caroline, pour sa maison familiale.

Dimanche dernier, Caro était à la Foire des Antiquaires de Chatou (78). Elle y fit quantité de belles découvertes, mais elle est tombée en arrêt devant un tableau textile qui lui rappelle furieusement les Pine cone quilts :

On peut le constater, il est ancien, certains tissus sont abîmés, mais qu’il est beau ! Les carrés pliés en 3 font des triangles plus pointus que la technique de Betty. Cela rappelle les tapis des Russes qui font souvent des rosaces extraordinaires avec cette technique. Est-il de France ? C’est vraisemblable, les tissus semblent très français et on voit, dans la collection de Michel Perrier (ses Mosaïques d’Étoffes seront exposées à Brouage du 22 au 28 avril 2019), nombre d’ouvrages faits de languettes, de carrés pliés, faits dans nos campagnes… 

Spectaculaire !

Il était en vente à 1 100 euros. A-t-il déjà fait le bonheur d’un collectionneur dimanche dernier ?…

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Si cela vous intéresse, vous avez le contact.

Nous dédions cet article à Betty
qui fait revivre la tradition presque oubliée
des Pine cone quilts
et qui compte tant pour nous :
Happy Birthday dear Betty !

 

Purple Katell, un des quilts les plus lourds du monde !

Il n’est pas dans le Guinness Book (pas encore ??) mais il est remarqué à Paducah : un des quilts de Betty pèse 30 livres américaines, soit 13,6 kg !

Betty eut l’idée de faire un quilt en violet et pourpre à la suite de nos premiers échanges de mails ; je lui avais confirmé avec conviction que ses quilts en Pine cone étaient extraordinaires et qu’un jour, ils seraient connus et reconnus comme des témoins de l’histoire des quilts. Nous aimons toutes deux The Purple Color, livre d’Alice Walker puis film de Steven Spielberg et à Toulouse nous avons la violette comme fleur porte-bonheur :  il n’en fallait pas plus pour que Betty se décide à faire ce quilt en 2015 et le baptise en mon honneur :

Hier est paru un article à son sujet, sur le blog du National Quilt Museum où il est actuellement exposé. Ce quilt marque les esprits en raison de son poids (!), mais aussi parce que, comme les autres de Betty, ce sont de touchants hommages aux quilteuses du passé. 

Encore Bravo Betty !

C’est contre-intuitif, mais savez-vous qu’on dort mieux sous des couvertures qui pèsent ? Les couettes légères ne seraient donc pas idéales pour bien dormir, contrairement aux quilts ! D’ailleurs, des couvertures lestées se vendent actuellement très cher pour lutter contre l’insomnie…

Cerise sur le gâteau, le Pine Cone est élu Bloc du mois et un pas-à-pas est disponible en ligne. Une vraie reconnaissance pour notre chère Betty !

 

 

Lettres de noblesse pour les Pine Cone Quilts

Les quilteuses du Vieux Sud, qui utilisaient les ultimes restes de tissus dans leurs quilts aux carrés pliés en triangles, n’auraient jamais imaginé qu’un jour leur savoir-faire serait érigé en œuvres d’art… Les quilts qui ont survécu sont pour la plupart trop fragiles pour être transportés. Heureusement, la rencontre de Betty avec Miss Sue a changé la donne : Betty a appris la technique simple et agréable du Pine Cone quilt telle que le faisaient les femmes qui devaient garder leur famille au chaud…

Ancien Pine Cone quilt

… et grâce à son sens des couleurs, sa ténacité et sa fidélité à l’amitié, Betty a remis au goût du jour ce genre presque oublié. Il fait un écho profond dans le goût de l’harmonie, avec ses cercles qui apaisent, tout comme un Mandala (sommairement : formes circulaires incitant à la méditation dans le bouddhisme).Le quilt que m’a offert Betty, que je montre toujours avec fierté, se promène sous forme de timbre aux Etats-Unis !! 

Et en ce moment, ses grands quilts continuent de faire sensation à Paducah. Betty a vécu les premiers jours de l’exposition très intensément, elle sentait en elle l’approbation des deux femmes qui ont tant compté pour elle, sa mère et Miss Sue. Voici un extrait de son album-photos :

Climat très différent de la Floride ! 
A gauche, Betty & Butler Cuckleburr Quilt, au centre Purple for Katell et à droite Caribbean Dreams
Derrière Betty, Rings of Time, son deuxième quilt fait de chutes de tissus à la manière traditionnelle, fait en compagnie de Miss Sue
Préparation pour la vidéo que vous pouvez voir par ici
Toulouse, sa première exposition !

Betty raconte l’histoire de ce quilt quelle a cousu en pensant aux précieuses rencontres lors de son séjour chez nous en Occitanie. Elle n’oublie aucune d’entre nous. Toulouse est son dixième grand Pine Cone quilt.
Toujours active, de nouveaux quilts sont en cours !

 

Jusqu’où ira Ian Berry ?

J’ai beaucoup aimé les photos de Marie Christine Chasseraud sur Facebook, montrant la semaine dernière le paysage enchanteur dans les Pyrénées Atlantiques. La neige à peine tombée est d’une féerie bleutée :

Changeons de climat mais pas de couleur, Ian Berry vient de réaliser plusieurs tableaux absolument époustouflants ! Je vous en montre un :

Cet hyper-réalisme bleuté montre un hôtel de Los Angeles, le Roosevelt sur Hollywood Boulevard. Ian le garantit, il ne retravaille jamais le blue jean avec de la peinture ou de l’eau de Javel : il sélectionne la bonne teinte dans son immense palette de tissus denim, découpe et colle, c’est tout ! Sa technique est parfaite, son œil d’artiste infaillible, le résultat est génial (je pèse mes mots). A chaque fois je le crois au sommet de son art, à chaque fois il me surprend encore et m’éblouit.

Grâce à ses expositions en France, vous êtes nombreuses à l’avoir rencontré à Biarritz, à Sainte-Marie-aux-Mines ou à Labastide-Rouairoux. Je suis sûre que vous attendez comme moi avec impatience une autre exposition chez nous !

Petit message pour Ian en ce 4 février :

💙💙💙 Happy Birthday dear Ian 💙💙💙

Jolis cadeaux entre amies

Nous aimons le recyclage des tissus, c’est tendance mais surtout nous nous réapproprions la sagesse de nos ancêtres qui n’avaient même pas de mot pour la poubelle, car elle n’existait simplement pas.
Le terme poubelle voit le jour en 1884 et provient du nom de son inventeur éponyme, le préfet de la Seine, Eugène Poubelle (source Wikipédia).

Cette poubelle fait actuellement le tour du Net pour sa ressemblance (tirée par les cheveux… jaunes) avec un certain Président. 

Je ne vais pas vous faire une leçon Zéro Déchet, mais simplement partager l’initiative de Maïté, notre amie Abeille, qui en ce début d’année a offert à chaque Abeille une pochette remplie de carrés démaquillants lavables et réutilisables ! La règle du jeu est d’utiliser des tissus de chez elle, ne rien acheter. Alors elle a choisi de jolies étoffes et des parties intactes de serviettes en bouclette éponge usagées. Oh que nous avons apprécié ce geste ! Nous sommes nombreuses dans la Ruche du vendredi et chacune a été gâtée…

La semaine suivante, c’est Andrée, désireuse aussi de vider ses tiroirs tout en nous faisant plaisir, qui nous apporte des pochettes aux bordures de dentelle blanche crochetée à la main par sa grand-mère en 1953… remplies d’autres lingettes démaquillantes ! Pour elle, la face pour le démaquillage est en doux molleton de coton tissé (comme pour les tables de repassage ou les alèses) retrouvé dans un tiroir.

Ces lingettes démaquillantes passent bien sûr à la machine à laver et prennent une place insignifiante dans le tambour mais on peut aussi les laver au fur et à mesure à l’eau savonneuse. Stars de la slow cosmétique en vogue, les lingettes s’achètent, les patrons aussi : ces petits travaux de couture font le bonheur des jeunes femmes avides de solutions écologiques et font de parfaits cadeaux ! Alors mille mercis à Maïté et Andrée, éternellement jeunes et généreuses 💗

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A gauche, la pochette faite par Andrée provient de bordures d’étagères faites par sa grand-mère et les lingettes sont en tissu damassé blanc et molleton de coton ; Maïté a choisi du lin et du tissu d’ameublement fin aux tons très féminins pour la pochette. Un pur bonheur !

A nous l’écologie dans la salle de bain ! Je les utilise avec reconnaissance pour essuyer les pchitts d’eau de rose achetée sur le site Passionaturel : un peu de pub au site de ma sœur ne fait pas de mal non plus !

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Passionaturel, c’est par ici !

 

Les liens parfois mystérieux de l’inspiration

Ma chère amie Sujata Shah vit à présent en Californie, non loin de San Diego, elle a fort heureusement été épargnée par les incendies de l’automne dernier. Elle vient de terminer un quilt que j’adore, inspiré directement d’un ouvrage du XXe siècle venant d’Alabama, du hameau de Gee’s Bend (voir la petite histoire ici). Quand on tombe amoureuse d’un quilt, on a tellement envie de se l’approprier, mais c’est dur de trouver la bonne idée ! Sujata a utilisé une gamme de couleurs différente et a choisi de faire son quilt aux coutures régulières mais cela reste un véritable hommage à la quilteuse Magdalene Wilson, qui vécut 103 ans !

Le nouveau quilt de Sujata Shah
Le quilt de Magdalene Wilson qui l’a inspirée.

Sujata préfère l’original, mais le sien a beaucoup de peps également !

Dans cet esprit, si vous êtes intéressée par un Quilt Along très souple, juste motivé par l’envie de suivre un exemple de quilteuses de Gee’s Bend ou des anonymes qui quiltèrent les quilts de la collection de Roderick Kiracofe, cela a commencé hier sur le blog de Sujata par ici ! La couverture du livre montrant la collection de Roderick est ci-contre.

Le Quilt Along s’appelle U and U, Unconventional and Unexpected (non conventionnel et inattendu). En toute confidence, j’en ai commencé un l’année dernière, belle coïncidence, le top est fait et je vous le montrerai bientôt… Ce sera un U and U très typique que je pourrai vous montrer plus tard.

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Parfois les liens de l’inspiration sont bien plus mystérieux et improbables. Ainsi deux quilts se répondent au-delà des années et des océans. Voyez plutôt, le thème est le meilleur ami de la femme d’après Marylin Monroe (video ici).

Depuis que j’ai vu le film Blood Diamond j’en suis moins sûre…

Dans ce magazine sorti des oubliettes il y a quelques jours se trouve un diamant…

Voici le Diamant de Nadine Rogeret paru en 1985 :

Et, surprise l’année dernière, quand j’ai vu un des quilts vedettes du QuiltCon 2018, une merveille tout en économie de couleurs et pourtant si lumineux, cousu sur papier : 

Bling de Katherine Jones, de Tasmanie (Australie)

Chaque oeuvre a sa propre brillance et le quilt australien est à couper le souffle, mais je dois dire que j’ai un faible pour celui de la Française, avec ses touches de bleu-glacier et de jaune… Son livre, Ma vie en patchwork, édité en 1991, fut un grand succès, puis elle a disparu du devant de la scène. Aux dernières nouvelles, Nadine vit à présent dans le Sud-Est et se consacre au boutis. Mais peut-être en savez-vous un peu plus ? 

Des Maisons pour Paradise

Vue aérienne d’un quartier résidentiel de Paradise (Californie), jeudi 8 novembre 2018, après le passage du feu. Photo Josh Edelson. AFP

Hier, je terminais mon article par un très beau dessin d’Edith Raymond, trois jolies maisons…

Trois Maisons, Edith Raymond, 2019 (gouache)

…et quelques heures après je lisais l’initiative de Cécile, relayant l’appel des Américaines Debbie et Lori : donner aux quilteuses de Paradise, la ville la plus durement touchée par les incendies de novembre dernier en Californie, un petit témoignage de sympathie, susciter l’envie de s’y remettre… Une goutte d’eau sans doute, près de 14 000 habitations sont détruites, 85 morts sont à déplorer… Debbie était la gérante du Quilt shop de la ville, il sera reconstruit et jouera de nouveau son rôle culturel et social, lieu de rendez-vous et de bien-être…

Il est demandé aux quilteuses qui le souhaitent de faire un bloc avec une maison (dimension : un carré de 10 1/2 inch, soit 26,7 cm faites 27 cm !) et un petit mot à l’encre indélébile, tout simplement. Les blocs seront redistribués à Paradise, nous aurons des nouvelles très probablement à la fin de cette opération de solidarité. 

J’ai déjà vu que plusieurs de mes amies y participent, en particulier Annie qui a déjà fait ses deux maisons :

Kristine de la Ruche a aussi fait les siennes :

Frédérique fait également écho de cette initiative et montre de nombreuses sources d’inspirations, très utiles… Enfin sur Pinterest le choix est immense, Francine Rog a fait un beau tableau de maisons modernes.

Pour tous les détails lisez l’article de Cécile et laissez un commentaire sur son blog pour obtenir son adresse postale, c’est elle qui centralise les blocs pour la France. On peut faire des maisons très simples ou plus sophistiquées, traditionnelles ou modernes… Participons avec notre cœur !

Ce quilt a été fait par le club de Balma, après un stage de la délégation FP31 sur les maisons à la manière de Bernadette Mayr.

Autre sujet, mais toujours dans le partage, notre lectrice Huguette d’Alsace propose d’envoyer son exemplaire ELLE sait faire (voir article précédent) à la première personne qui en fait la demande en commentaire ci-dessous, juste pour le plaisir (voir son commentaire dans l’article précédent). Ce n’est pas plus juste qu’un tirage au sort, mais il faut bien choisir un mode de sélection…

Western Spirit 4 – Rendons visite aux Patriarches

Avant de rendre visite aux Patriarches au pied du Mont Rainier, je te présente cette montagne qu’on voit de Seattle dès que le temps est clément.

J’opte désormais pour le tutoiement dans la série Western Spirit tous les mardis, car c’est un partage d’idées, d’aventures et d’expériences qu’on partage entre amis !

Skyline (« silhouette urbaine ») de Seattle au coucher du soleil, avec la silhouette du Mont Rainier (photo d’ici)

Le Mont Rainier est ce volcan qui, tel le Mont Fuji pour Tokyo, domine la ville de Seattle du haut de ses 4 392 mètres. Distant de la ville d’une petite centaine de kilomètres, il est considéré comme le volcan le plus dangereux des Etats-Unis (sans compter le Kilauea d’Hawaii, en constante activité…)

Des 26 volcans de la chaîne, le Mont Rainier est l’un des plus dangereux. Non loin, l’éruption de Mont St-Helens en 1980 fit de gros dégâts et surtout 57 morts dans une région peu peuplée.  Le Mont Rainier est le plus haut sommet de la chaîne des Cascades qui s’étale du Canada à la Californie, le long du Pacifique. On sait que la faille San Andreas poursuit plus au sud les risques majeurs de séismes. La Terre est toujours en activité, c’est loin d’être un astre mort !
En suivant ce lien, tu verras que plusieurs villes dans le monde sont menacées par un volcan actif, comme l’est Seattle.

Le Mont Rainier est néanmoins un but de randonnée privilégié, nous avons assisté avec émotion au dévoilement progressif du mastodonte au fil des heures dans la région du Sunrise en étant déjà à environ 2 000 m d’altitude :

Et les Patriarches ?

Ils se trouvent du côté de l’Ohanapecosh River, au pied sud-est du Mont-Rainier. Nous  ne sommes plus qu’à environ 500 m d’altitude. Les Patriarches sont les héros de cette forêt primaire, plusieurs dizaines d’arbres millénaires qu’on peut approcher après avoir traversé un pont suspendu.

Traversée sécurisée de la rivière. On nous conseille de traverser le pont un par un car chaque pas engendre des vibrations. C’est pourtant drôle de s’amuser dessus à plusieurs ! Cela me rappelle des passerelles en lianes en Côte d’Ivoire dans la région de Man quand j’étais toute jeune, bien plus instables :
                               
Les racines spectaculaires de cet arbre tombé en 1970 permettent de photographier des enfants dans le centre de l’arbre, c’est ici le cliché habituel. N’ayant pas d’enfant sous la main, le creux reste vide, on ne se sent donc pas bien compte de l’échelle 😉

Les arbres tombés sont laissés car ils deviennent parfois des arbres-pépinière : les troncs morts en cours de décomposition, pleins d’insectes, de mousses et de champignons servent de support et de nourriture à de jeunes plants. La forêt primaire suit son cours complet.

Les arbres locaux sont des Douglas (appelés ainsi d’après David Douglas, un botaniste écossais qui fit 10 000 km en 1825-26, à pied et en canoë, pour découvrir la flore le long du Pacifique), des tsugas (autres conifères), et des cèdres rouges (thuyas géants). Ces derniers étaient de première importance pour les Indiens, procurant la matière première pour faire notamment des paniers ou même des capes imperméables avec l’écorce qu’on peut tisser. Ce bois quasi-imputrescible se travaille et se fend facilement ; on le creusait pour faire des canoës, on le sculptait pour faire des mâts totémiques*, on le coupait pour faire les maisons… De nos jours, il continue d’être exploité pour couvrir les maisons en bois traditionnellement sous forme de shingles (bardeaux), sert à l’industrie des meubles, repousse naturellement les insectes (en particulier les mites textiles)… et, merveille culinaire découverte chez LeeAnn et cuisinée par son mari, ce bois donne au saumon un goût incomparable quand on pose le poisson sur une planche de cèdre rouge et qu’on le cuit au barbecue !! Dans ces cas-là, j’adore la cuisine américaine !

*Les totems sont sur-représentés dans notre imaginaire sur les Indiens d’Amérique (la faute aux westerns !). En Amérique du Nord, les mâts totémiques n’existaient que chez les peuples qui s’étendaient de l’Alaska à l’Etat de Washington (en passant donc par la partie ouest du Canada), on les nomme les Indiens du Nord-Pacifique. Les mâts totémiques correspondaient, non pas à une religion, mais à un emblème clanique, un blason, un hommage à une personne décédée ou une commémoration (la victoire d’une guerre par exemple). Il y a donc confusion de termes avec d’autres civilisations utilisant des mâts vaguement similaires ayant une symbolique religieuse.
De même, jamais aucun Indien, à part devant les caméras, ne fit whoo-whoo-hoo en battant la main devant la bouche pour partir à la guerre… et je reviendrai un jour sur le mythe des cowboys, attention déceptions en vue !

Un cèdre rouge qui connut de plus beaux jours… mais sa décomposition enrichira le sol.

Une longue passerelle en bois est aménagée pour que nos pas ne tassent pas la terre, ne blessent pas les racines.

Nous découvrons ébahis de vénérables arbres de 1 000 ans, toujours vivants, appelés les Patriarches.

On les appelle les jumeaux Douglas, ils ont mille ans, malgré leur allure alerte seule une couronne d’environ 20 à 25 cm est encore vivante. LeeAnn et moi ne sommes pas jumelles mais nous sommes sœurs de cœur !

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 Quelle émotion de toucher ces arbres… Ils fournissent une force énergétique et je comprends les peuples qui les ont divinisés.

Rappelle-toi Pocahontas, dessin animé de Walt Disney (1995)  où l’héroïne demande conseil à sa « grand-mère feuillage » qui est la voix de la sagesse…

Plus généralement, ce film est une ode à la tolérance entre les peuples ainsi que l’encouragement à écouter et protéger la nature. C’est bien ce que nous enseigne l’étude de la vie des Indiens qui vivaient en symbiose avec la nature il y a encore peu de temps. Nous sommes bien moins sages. Sans bouder des aspects formidables du progrès, il y a urgence à revoir notre mode de fonctionnement, nous reconnecter à la nature dont nous faisons partie et mieux la respecter, c’est tout notre intérêt.

Nous n’avons pas visité la péninsule d’Olympia, au sud-ouest de Seattle. C’est encore là un lieu exceptionnellement préservé, une forêt primaire extraordinaire. Je t’invite à rendre visite à ce blog, l’un de ceux qui m’ont aidée à organiser notre voyage. Il est écrit par un professeur de géographie de l’université d’Orléans. On y voit ici de magnifiques photos de la péninsule.

Au fil de notre périple dans l’Ouest américain, nous nous sommes posé une question : pourquoi, dans notre vieille Europe, n’avons-nous que peu de très grands arbres ? Nous avons des Arbres Remarquables dûment répertoriés, certes, mais justement pas de très vieux arbres en abondance. Malgré la violence des incendies, ouragans ou tornades qui balaient ce pays américain, nous avons vu tant de très vieux arbres à la circonférence étonnante, même au centre de San Francisco ! La réponse est dans l’histoire des hommes.

800px-Défrichements_médiévaux_L’Europe est, depuis bien longtemps, bien plus densément peuplée que l’Amérique. Si à l’origine, les forêts recouvraient la plus grande partie des territoires européens, au 11e siècle (à partir de l’An 1000), une conjonction d’événements changea la donne. Le climat connut un épisode très doux, la population s’accrut, une meilleure stabilité politique s’instaurait en même temps induisant la sécurité, le développement de l’agriculture et de l’élevage et donc un besoin de gagner de la terre. Mais un défrichement massif sans discernement fut effectué, les forêts furent souvent brûlées, comme un reset, une mise à zéro, ce qui fait qu’on a peu d’arbres très anciens, les arbres jeunes adultes étant exploités, depuis lors, au fur et à mesure des besoins. A noter qu’après 3 siècles de relative prospérité, le Moyen-Âge se termina avec un fort déclin de la population européenne au 14e siècle avec la Guerre de Cent Ans, la Grande Famine, la Peste noire… La Renaissance ne permit pas aux forêts de se reconstituer : les arbres étaient des produits de consommation de première nécessité, sans parler des constructions navales et autres industries avides d’énergie. On était à la recherche constante de bois de construction ou de chauffage : le petit peuple n’avait le droit que de glaner les branches, les troncs étant réservés aux propriétaires terriens.

Au 20e et 21e siècle, nous n’avons jamais eu autant de forêts en France, du moins depuis le 11e siècle ! En revanche, elle ne sont que rarement naturelles. Même les flancs de montagnes sont reboisés, ce qui est formidable, mais souvent avec une seule essence et cette politique favorise la propagation des maladies et insectes ravageurs. Ainsi, au printemps dernier, nous avons frémi à la vue de la forêt du Causse Noir à l’est de Millau, reboisé de pins noirs d’Autriche : ils furent ravagés en 2017 par les chenilles processionnaires et il n’y reste que des milliers d’arbres morts…

Photo prise en 2017. https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/aveyron/rodez/millions-chenilles-processionnaires-ont-envahi-causse-noir-aveyron-1358275.html

La dernière forêt primaire d’Europe se trouve en Pologne, près de la Biélorussie, et elle semble menacée par une campagne de défrichement. 

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Arbres en décomposition dans le parc national de Bialowieza. / Gryf/Stock.adobe.com

En Amérique, c’est une toute autre histoire, les Indiens étaient numériquement très peu nombreux en regard de l’immensité du territoire. Leur prélèvement de bois sur la nature était insignifiant. Et lorsque vinrent les Européens, quels arbres choisirent-ils pour construire leurs maisons (les log cabins), pour élever leurs clôtures, pour brûler dans la cheminée ? Certainement pas les plus grands et les plus vieux, sans doute pour le respect qu’ils inspiraient, mais encore plus certainement parce que les plus jeunes ont des diamètres bien plus pratiques à couper et à transporter !

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Famille dans le Minnesota en 1890 devant leur cabane en rondins. On voit bien que les arbres utilisés ne sont pas très vieux…

C’est donc pour ces raisons qu’on peut voir encore aux USA des régions extraordinairement préservées. Pour retrouver l’ambiance de la découverte des très anciens arbres de l’Ouest américain au 19e siècle, je recommande la lecture du roman de Tracy Chevalier A l’Orée du Verger, maintenant disponible en format de Poche.

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Et pour illustrer cet article avec quelques quilts, en voici que j’aime beaucoup avec des forêts qui me rappellent celles de l’Etat de Washington, ainsi que quelques arbres remarquables :

J’aime ce modèle classique des années 1930 je crois !
Bear in the Wood par Emma Louise, avec l’ours fait en couture sur papier d’après un modèle de Margaret Rolfe.
Uncommon Forest de Debbie de Seattle, probablement inspirée par les belles forêts de son Etat, Washington. Je suis amoureuse de ce quilt aux couleurs différentes de celles d’un Noël traditionnel !
On change d’univers artistique avec Redwoods de Merle Axelrad. Tissus collés puis quiltés. Bluffant de réalisme !
L’érable de Ruth McDowell, si artistique…
La Forêt, oeuvre collective faite dans le Tarn, dirigée par Cécile Milhau, voir l’article de Christophe pour des photos de détails. Cécile Milhau, ancienne déléguée FP du Tarn, est une artiste surprenante, aussi à l’aise dans la broderie, le patchwork que l’art textile mix-media.

Je reviendrai un jour sur des arbres que j’ai découverts en Utah, mais dès mardi prochain nous plongerons ensemble dans une ambiance western !

Until later, porte-toi bien,
Katell

Chaque jour la France me manque…

Lettre d’une amie que vous allez vite reconnaître…

Dear Katell,

Depuis notre voyage en France en juin dernier, Smitty et moi ne cessons de parler de notre merveilleux séjour chez toi. Il ne se passe pas un jour sans que nous n’évoquions un aspect de nos découvertes et des si bons moments passés ensemble.

J’avais commencé, une semaine avant le Florida Folk Festival fin mai, un Pine cone quilt qui n’a connu qu’une seule interruption, les 9 jours de notre voyage en France.

Florida Folk Festival 2018 093[2]


Il est dans les couleurs qui pour moi symbolisent Toulouse, alors lui trouver un nom était évident : Toulouse a été mon compagnon sur mes genoux pendant les mois derniers. Rangée après rangée, je l’ai chargé de mes souvenirs. Ce quilt représente pour moi mon amour de ta région, le sud-ouest de la France, Toulouse, Penne, Bézac, les Abeilles, les Salvage et tout le temps passé avec toi. Je cousais auprès de Smitty et nous nous rappelions les vins, les fromages, la nourriture, les grandes promenades, les jardins, les fermes, les pigeonniers, toutes les histoires de chacun de ces jours et  toute l’amitié de ces femmes qui nous ont entourées. J’ai juste à fermer les yeux et je revois les vieilles maisons sur les collines, les rivières, les églises et les cimetières (tu sais que je les affectionne), et puis toutes ces femmes assises autour des tables, penchées sur leur premier Pine cone quilt avec toi et moi. Ah que de beaux souvenirs !

J’ai terminé Toulouse le 1er septembre, juste au moment où tu arrivais aux Etats-Unis, de l’autre côté de notre grand pays. Les derniers jours ont été consacrés à la coupe des carrés qui débordent et à la pose de la bordure de finition.

Il est maintenant dans notre salon avec les poupées que j’affectionne. Il mesure 208 x 213 cm et pèse 12,7 kg. Un beau bébé !

Mes quilts sont à présent souvent demandés pour des expositions, c’est en ce moment le cas à Tallahassee (capitale de la Floride) de fin août à fin octobre. J’y expose le Noir et le Bleu Caraïbes, ils sont bien appréciés. L’exposition s’appelle Out of the Blue et tu peux voir les 86 quilts exposés et expliqués par ici.

Ma prochaine grande exposition aura lieu au National Quilt Museum de Paducah (Corner Gallery) du 1er février au 16 avril 2019 avec six quilts parmi lesquels Toulouse. Je projette d’ailleurs un Toulouse 2, pour utiliser les vraies couleurs de la ville, tous les roses, briques, bruns, saumon, bleus et turquoise… De quoi m’occuper tout en repensant à mon séjour en France !

Avec toute ma sincérité, love you,
Betty

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