Le Patchwork, par Cosabeth Parriaud

Voici un nouveau livre qui donne le sourire ! Nous en avons bien besoin, n’est-ce pas ? Alors, sans tout dévoiler – il faut conserver le plaisir de la découverte – je suis heureuse de vous présenter Le Patchwork, concocté par Cosabeth Parriaud. Et lisez-moi bien jusqu’à la fin, car Cosabeth et son éditeur vous offrent une surprise !

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Avec Cosabeth

Avec Cosabeth, c’est une belle histoire d’amitié depuis quelques années. C’était une personne que j’admirais éperdument sans la connaître, à qui je rêvais de ressembler quand j’avais 20 ans, comme une fan peut s’enticher d’une star. La connaître bien plus tard en vrai fut une grande émotion, et la confirmation que, lorsqu’on suit son cœur, on ne se trompe pas. Oui, Cosabeth mérite entièrement mon admiration !

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Sur ma table de nuit/3

Demain, je partirai vers l’Alsace ! Je rencontrerai certaines d’entre vous avec bonheur ❤ et, bien sûr, je vous donnerai plus tard quelques impressions des expositions sur le thème majeur des quilts hispanophones. Je voyagerai avec mon amie LeeAnn de l’Etat de Washington, sœur de cœur, sister by heart. L’amitié et les arts textiles seront au programme en continu, pas de temps pour la lecture alors que cet été, sans doute pour éloigner mon esprit des visions terribles de l’Ukraine, j’avais un peu forcé sur les thrillers.

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Sur ma table de nuit/2

Chaque fin d’été surgit Amélie, qui sort de son chapeau une histoire excentrique, tantôt autobiographie au mentir-vrai, tantôt conte cruel pétillant… Elle subit bien des critiques acerbes, la Dame en Noir belge, mais chaque bébé de l’année, né sous le signe du Lion ou de la Vierge, voyage pourtant avec succès dans le monde entier.

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Sur ma table de nuit/1

J’aurais aimé partager mes impressions de lecture dans un blog littéraire, mais c’est très chronophage et j’ai déjà ce cher vieux blog de la Ruche des Quilteuses ! Alors voici une nouvelle rubrique, j’ignore si elle sera aussi féconde que j’aimerais.
Ne perdons pas de temps, présentation d’une lecture récente, c’est parti !

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Alchimie du Bleu/1

Comme vous aimez bien les séries d’articles, voici notre expérience de la teinture à l’indigo en plusieurs chapitres. Nous avions commencé un vendredi bien gris, avec nos tissus blancs issus de linges de maison ou de vêtements, rêvant de bleu ! On peut prendre tous les tissus naturels : coton, laine, soie, chanvre, lin etc. Vive a été notre Maîtresse du Bleu, car elle avait déjà fait une séance avec sa sœur Edith il y a quelques années.

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Rencontres en Corrèze

Martine m’a invitée à partager une journée avec des quilteuses de son entourage ; ce fut l’occasion de visiter une toute petite partie de la Corrèze que je connais bien trop peu.

En rencontrant plusieurs personnes du village de Martine, j’ai eu la douce impression de vivre dans la seconde partie d’un roman lu l’année dernière.

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Être un chêne

C’est un récit unique, très précis scientifiquement et si poétique :

Laurent Tillon, ingénieur chargé de mission en biodiversité auprès de l’ONF, nous transmet l’histoire que lui a raconté son chêne…

Je le lis avec délectation, un chapitre par jour pas plus… Cela me remet de la lecture de S.A.R.R.A. 2, où j’avoue prendre moins de plaisir que la lecture du tome 1, car le malaise domine dans ce monde où l’intelligence artificielle prend notre place décisionnaire… Dans cette double période électorale (la nôtre et celle du tome 2 de SARRA de David Gruson), on croit que les hommes et femmes sont le sujet principal 😉 :

La politique est l’art de se servir des hommes
en leur faisait croire qu’on les sert
.
Louis Dumur – Les petits aphorismes sur la politique (1892)

… alors que ce qu’on appelle la machine administrative, symbole de la pesanteur et de l’inaction, peut devenir la machine à broyer menée par l’IA (intelligence artificielle). Ne perdons pas de temps pour conserver notre humanité (je sais que c’est un roman, mais ce monde est la suite logique du nôtre), notre maîtrise des décisions, nos libertés, à mettre au service d’un futur vivable et si possible agréable, en ville comme à la campagne. Et primum non nocere, en premier lieu, veiller à ne pas nuire, ni aux autres, ni à la nature.

Chaque fois que l’on se promène dans la nature,
on reçoit beaucoup plus qu’on ne cherche.
John Muir

Revenons à notre chêne, ou plutôt celui de Laurent Tillon. Mon amie la Marmotte Rousse l’a gratifié d’un splendide article, sublimé par sa passion de la Nature et la biodiversité. En faisant ma promenade dans la forêt ce matin, je repensais à tout ce que j’ai appris au cours de sa lecture. Dans la partie de la forêt visitée aujourd’hui, quelques chênes séculaires persistent et j’admire d’autant plus leur odyssée… Plus je connais les arbres, plus je les aime !

Ah si on savait tout ce qui se trame sur et sous cette écorce ! Tout est interaction, connexion, réaction, symbiose… et recherche de l’équilibre. Être un chêne, ce n’est pas de tout repos🌳 .

Et dans la forêt je pars,
pour perdre mon esprit et retrouver mon âme.
John Muir

Et puis j’ai retrouvé « ma » bombe, déplacée de nouveau, sans doute au prix de grands efforts (250 kg quand même !), laissée à une dizaine de mètres d’un chemin forestier… Sans doute un de ces prochains jours, elle partira.

Partout, sur la bombe comme sur les bois morts ou les troncs vivants (côté Nord), verdissent toutes sortes de mousses, à la faveur de l’humidité persistante de ces dernières semaines.

Certaines mousses sont d’une douceur inouïe ! Celle-ci forme une forêt sur quelques centimètres carrés, c’est la magie de la vision fractale de la nature.
Petite pause sur le chemin du retour, au pied de ce vénérable chêne qui ne montre encore aucun signe de réveil. Cela ne saurait tarder, les oiseaux pépient depuis une semaine, de tendres pousses surgissent de terre, pleines de cette énergie vitale du printemps qui arrive !

Acquérir une intelligence écologiste, par exemple avec ce livre ou le premier de Laurent Tillon (Et si on écoutait la nature ? 2018), c’est à la fois prendre soin de soi et des autres.

En ouvrant ses sens à la nature,
on améliore clairement son sentiment de bien-être,
et on gagne en écoute des autres.

Laurent Tillon

Ce dessus de table, fait il y a bien 15 ans, a un tissu de fond en plein accord avec la couverture du livre. C’est un bloc centré inspiré de Winding Ways (Chemins sinueux), interprété d’après un modèle dans une revue allemande (sans doute Burda, ou Sabrina…) Quel que soit le sujet, un peu de patchwork ne nuit jamais.

La nature est une artiste dont l’imagination est sans limites.
Laurent Tillon – Et si on écoutait la nature ?

Je l’entends, je le vois, je le sens, il arrive… le printemps !
Katell

De l’intelligence à la conscience artificielle

S.A.R.R.A.

Rarement un livre m’impressionne à ce point. Alors je fais une parenthèse sur le monde coloré du patchwork pour vous présenter cette effroyable histoire, premier roman de David Gruson.

Je n’ai lu que le tome 1, terminé cette nuit à vrai dire, le second va suivre très vite. Ce n’est sans doute pas une lecture pour tous, c’est pourquoi je me permets de vous donner quelques impressions pour que vous ne vous embarquiez pas dans cette lecture à l’aveugle. Cependant, je vous conserve, intacte, la jubilation de découvrir ce monde si proche, si probable…

Où, Quand, Comment

Dans le tome 1 nous sommes à Paris, dans une courte période de fin d’été 2025, à la fois dans les hautes sphères décisionnelles – jusqu’au Président de la République, qu’on peut imaginer être Macron en second mandat – et dans plusieurs familles du Sud-Est parisien. Il est question d’une mystérieuse résurgence du virus Ebola avec un premier cas, la mise en branle du principe de précaution prise, non par les élites, mais par une intelligence artificielle conçue pour cela. Le roman est le compte-rendu vif et chronologique de cet événement, et les imbrications découvertes au fil de la lecture sont époustouflantes.

Dans quel monde vit-on en 2025 ?

Je ne suis pas la seule à être ébahie par les intuitions de l’auteur qui écrivit ce livre avant 2018, date de sa parution. Impossible pour lui de s’être inspiré du Covid19 ! Qui dit virus dit mise en quarantaine et confinement, recherche de vaccin, centres de vaccination, télétravail, tout sonne tellement juste après l’avoir vécu.

2025, c’est aussi l’avancée de l’intelligence artificielle dans nos vies. Des problèmes sont résolus grâce aux robots : l’insécurité, le manque de personnel en milieu hospitalier… L’organisme qui intervient au quotidien s’appelle, je vous le donne en mille : PanGoLink, société au logo… de pangolin. Quand je vous dis que les écrivains ont bien souvent une intuition folle… D’ailleurs, l’auteur – ou plutôt son personnage principal – parle plusieurs fois du hasard, qui n’existe pas.

Vous appelez « hasard » ce que vous ne pouvez pas expliquer. Or, le hasard n’existe pas en soi. Ce n’est que la somme de zones d’ombre qui échappent à votre perception. Le hasard est le totem derrière lequel dissimuler la finitude de vos intelligences.
S.A.R.R.A. tome 1, David Gruson

Comme nous lisons un rapport militaire Confidentiel Défense, le monde décrit est froid et précis, faisant abstraction de tout ce qui rend un roman « vivant » : la météo, les couleurs… exception faite de la couleur flamboyante de la chevelure de l’héroïne et d’une mystérieuse allusion, à plusieurs reprises, de La Dame à la Licorne… Je suis sûre que nous retrouverons cette fresque aux Mille Fleurs dans le tome 2, le livre est trop bien construit pour que ce soit là par hasard…

Ce que l’auteur ne pouvait pas savoir…

Comme nous avons vécu une partie du temps entre 2017 – écriture finale du livre – et 2025, nous pouvons saluer la perspicacité de l’écrivain mais aussi sourire quand il n’a pas prévu l’incendie de Notre-Dame (avril 2019), ou, heureusement, qu’une série d’attentats n’a pas eu lieu en 2021…

Notons qu’une femme connue est Présidente des USA, sera-t-elle élue en 2024 pour être raccord avec cette fiction 🙃 ?… Non, je ne spoile pas !!

Diagramme de Pareto, Rasoir d’Ockham…

L’auteur nous distille une petite part de ses connaissances avec élégance, alors que le style semble sec et sans fioriture. Je lisais le livre avec mon smartphone tout près de moi, pour certaines notions qui ne me sont pas familières de premier abord.

Le diagramme de Pareto est lié à sa célèbre loi des 80/20 (80% des effets sont provoqués par 20% des causes) :

Sur 10 postes, les 2 premiers représentent la forte majorité (80%) des effets. Le reste en comparaison, est insignifiant.

Le moine philosophe anglais du XIVe siècle Guillaume d’Ockham établit le principe de parcimonie, très utilisé en sciences, mathématiques, connu sous le nom de rasoir d’Ockham, dont nous pouvons tirer profit dans la vie de tous les jours. Raser, en philosophie, c’est éliminer des explications improbables d’un phénomène. C’est se satisfaire des hypothèses les plus probables pour arriver plus rapidement à l’explication. Cela n’engendre pas une certitude de véracité, mais une probabilité. Quelques petites phrases pour l’illustration large de ce principe :

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple (l’inverse est proclamé par les facétieux Shadoks : Pourquoi se compliquer la vie à faire simple quand il est si simple de faire compliqué ?)

La simplicité est la sophistication suprême. Leonard de Vinci

Si deux théories expliquent également bien un résultat, il convient de « trancher » en faveur de la plus simple. Hubert Reeves, Patience dans l’azur, 2014.

Guillaume d’Ockham est le modèle d’Umberto Eco pour le héros de Au Nom de la Rose, Guillaume de Baskerville.

Less is More, Moins c’est Plus, Mies van der Rohe (architecte)

Si l’auteur de S.A.R.R.A. cite ce principe, c’est qu’il l’a intégré pleinement dans son écriture. Tout autre écrivain aurait raconté cette histoire en 600 à 800 pages, lui nous l’offre en 320 pages. L’écriture ciselée nous oblige à lire avec grande attention : le foisonnement de personnages n’est pas fortuit, ni le moindre détail.

Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retrancher.
Antoine de Saint-Exupéry, Terre des Hommes, 1939.

C’est bien ce que je devrais mettre en pratique.
Et comme il n’y a pas de hasard, je publie cet article le 2.2.22 dans le monde numérique fait de 0 et de 1.
Alors voilà, à bientôt et peut-être, bonne lecture de S.A.R.R.A. !
Katell