Les Oiseaux de Lacaze

Vous vous souvenez peut-être, en début d’année, des Abeilles s’amusaient bien avec des Oiseaux.

Ces oiseaux improvisés ont rencontré beaucoup de sympathie auprès des quilteuses, certaines m’ont envoyé la photo de leur création, comme Marianne et son ravissant panneau :

Ce quilt devait tenir sur une porte, il est donc tout petit (50 x 50 cm) et si mignon !

J’ai également beaucoup aimé les oiseaux faits en Gironde ! C’est Françoise qui a fait celui-ci :

J’ai l’impression d’oublier une ou deux personnes, j’en suis désolée, je ne retrouve pas les autres photos.

Nous avons terminé le top au cours du printemps, ajouté une bordure en triangles… Cette bordure et ses variantes, je l’aime depuis longtemps ! Mes premiers triangles en bordure étaient sans doute avec ce modèle de Michèle Beugnon dans Quiltmania :

https://quilteuseforever.com/2011/11/20/pennsylvania-1890-2006/

Puis, lors de la création de mon Arbre de Vie recyclant les lisières, je n’ai pas trouvé mieux que des triangles pour bien le terminer :

Et plus récemment, j’ai légèrement modifié un modèle de Bonnie Hunter, notamment la bordure :

Naguère, je me lançais dans de savants calculs pour couper ces triangles, j’ai même 2 règles dédiées aux coupes triangulaires. La bordure de Mon Amie la Rose ci-dessus est pleine d’à-peu-près et j’ai évité les difficultés des angles en les laissant en tissus de fond.

Je pense à une bordure aux triangles à chaque fois que le top a des coupes à 45°, ce qui est… très souvent ! Pour les oiseaux, il y avait bien la forme des oiseaux, et surtout les bandes vertes de prairie sous leurs pattes… La bordure a été votée à l’unanimité en mai, un jour de Ruche (toujours le vendredi !). Et voici donc le top aux oiseaux avec sa bordure aux triangles, se pavanant dans un très joli jardin à la française dans le village de Lautrec, dans le Tarn :

Joli mais on ne voit pas bien le top, oui c'est vrai...
Joli mais on ne voit pas bien le top, oui c’est vrai…

Approchons-nous :

Vous verrez que je suis allée plus loin dans ma zénitude des angles, là où se rejoignent les triangles horizontaux et verticaux, lorsque ce quilt sera terminé !

Kristine a déjà brodé l’étiquette !

Il manquait un beau quilting à ce top… J’ai contacté Chantal Baquin, Je Quilte Pour Vous, pour savoir si elle avait le temps de nous le quilter pour la mi-juin. Mais oui ! Alors les Oiseaux se sont envolés vers Orléans. Ils ont fait une toilette molletonnée ébouriffante ! Passer dans les rouleaux d’Amara (la machine), c’est quelque chose !!

Cela commence ainsi ! Chantal a la gentillesse d'envoyer des photos du quilting en cours...

Cerise sur le gâteau, Chantal nous offre le travail du quilting, parce que c’est un lot de tombola qu’elle souhaite soutenir ; il nous reste à lui payer le tissu de fond et le molleton. Mille mercis Chantal !

Chantal m'a dit qu'elle s'était bien amusée, transformant les bandes de gazon en terrains de jeux de quilting !
Chantal m’a dit qu’elle s’était bien amusée, transformant les bandes de gazon en terrains de jeux de quilting !

Ensuite, on n’a plus qu’une envie, le voir fini en vrai !!

Ce sera donc à Lacaze, toujours dans le Tarn, pendant le week-end consacré aux Arts Textiles*, et vous pourrez même le gagner peut-être ! C’est un Prix de Tombola qu’offrent les Abeilles de la Ruche des Quilteuses pour le bénéfice de l’association qui organise et héberge cet événement : Les Amis du Château de Lacaze. Le tirage au sort aura lieu courant août, après son exposition au Château tout au long de l’été.

* Nous serons à Lacaze les 26 & 27 juin : le 26 est surtout consacré aux enfants, aux groupes, et la fête prend toute son ampleur le dimanche 27, avec notamment la présence de Neelam et ses formidables tissus : des retrouvailles très attendues !

A très bientôt !
Katell

Le blason de Lacaze en quilt, création Patch d’Oc avec Cécile Milhau.

The Green Lady of Brooklyn

Etre original, être soi-même…

La Dame Verte de Brooklyn… Elle nous rappelle, comme Oscar Wilde :

Soyez vous-même, les autres sont déjà pris.
Oscar Wilde

Loin des Dames Blanches dans les histoires de fantômes qui font bien peur la nuit (ou pas !), il est une Dame Verte qui poursuit joyeusement sa petite obsession : rien n’est plus beau que le VERT, proclame-t-elle !

Elizabeth Sweetheart (son vrai nom est Elizabeth Eaton Rosenthal) s’habille depuis bien 30 ans en couleur citron vert/Granny Smith, elle voit ainsi la vie en rose (j’en rajoute un peu trop, non ?).

Hiroko Masuike/The New York Times

Son univers vert s’est fait peu à peu, comme une collection qui s’agrandit sans bruit, envahissant peu à peu toute sa vie, jusqu’à la racine des cheveux. Elizabeth, 80 ans, est artiste, elle peint des aquarelles en mini format, elle a beaucoup travaillé aussi avec des designers de mode, peignant les tissus à la main.

Elle s’étonne toujours quand les gens lui disent : oh le vert est aussi ma couleur préférée… mais ils s’habillent en noir ! Où est la logique ? Pourquoi ne pas se faire plaisir avec sa couleur préférée ?

Le vert autour d’elle entretient son sourire chaleureux, sa vision optimiste de la vie… Nous la lui souhaitons encore très longue et… toujours verte !

Hello Green Lady, wishing you the best !

Sources :

https://www.facebook.com/humansofnewyork
(partagé par Frédérique Proust, merci pour cette découverte !)

https://www.nytimes.com/2015/12/06/nyregion/the-green-queen-of-brooklyn.html

Je suis aussi dans ma période verte depuis quelques années, mais j’y ajoute souvent une ou deux autres compagnes, du turquoise, de l’orange :

Demain, je vous présenterai encore un quilt avec du vert, couleur de l’espoir dit-on !

Comme Elizabeth Sweetheart, en vert et contre tout, gardons l’esprit libre et joyeux !
Katell

Souffrance des enfants : harcèlement scolaire

Bonjour, je ne souhaite pas vous faire peur avec ce sujet bien différent de nos occupations artistiques habituelles. Mais nous sommes presque toutes des mères, des grands-mères peut-être, ou même des enseignantes et de toute façon, humainement, viscéralement, nous sommes attachées au bien-être des enfants. Découvrir qu’un enfant est harcelé est une souffrance terrible qu’on veut arrêter. Cependant, en voulant bien faire, on peut empirer les choses. Comment aider le jeune à s’en sortir ?

La réponse semble toute trouvée : s’en prendre, nous adulte, au harceleur, le punir de manière proportionnée. Solution de bon sens, qui pourtant ne règle rien et aggrave souvent les choses.

Comment peut-on désamorcer les harcèlements, avant que l’enfant désespéré ne s’en prenne aux autres ou à lui-même ? Les adultes doivent discerner la gravité, puis agir… mais pas comme on le pense.

J’ai découvert la méthode de Philippe Aïm par hasard, lors d’une émission TV. Son discours m’a convaincue qu’au moins 90% des adultes, spontanément, feraient exactement ce qu’il ne faut pas faire tout en croyant aider. L’idée majeure est de désamorcer l’emprise du harceleur avec les bons mots ! Son livre explique avec clarté les jeux de rôle qu’il propose aux enfants pour qu’ils sachent EUX-MÊMES répliquer au provocateur, les réponses magiques, les règles d’or, les 10 commandements pour être heureux à l’école avec les autres, l’option hypnose…

Malgré le sérieux du sujet, ce livre se lit facilement, l’auteur sait alléger l’atmosphère, cite des spécialistes, des philosophes, mais aussi des poètes, des chanteurs, des films culte ! J’aime son humour et, surtout, sa méthode donne de l’espoir. Elle fonctionne.

Le meilleur moyen de se défendre
est de ne pas imiter l’offenseur.

Marc Aurèle

J’ai la grande chance de ne pas être concernée, mes enfants sont adultes et n’ont pas encore d’enfants. Mais la méthode développée par ce docteur peut sauver des situations, pour ne pas dire des vies. C’est pourquoi je me permets aujourd’hui d’aborder ce sujet : si dans votre entourage, vous décelez un problème de harcèlement, je vous conseille de tout cœur la lecture de ce livre. Je me mêle sans doute de ce qui ne me regarde pas, mais si je peux aider indirectement ne serait-ce qu’un seul enfant, cet article aura eu un intérêt.

Sticks and stones can break my bones,
But words will never break me.
Des bâtons et des pierres pourraient briser mes os,
Mais les mots ne me blesseront jamais.

Comptine connue de tous les enfants américains, expliquée dans le livre.

La France est quasiment épargnée par les tueries de masse en milieu scolaire, pourvu que ça dure ; sans doute n’est-il pas aussi facile qu’aux USA de se procurer des armes à feu. Mais les 3/4 de ces massacres sont perpétrés par des jeunes affaiblis par des harcèlements.

J’aime aussi le livre très pédagogique de Jacquie Gering sur le quilting avec le double entraînement (voir l’article Marche ! ). Mais surtout, en rapport avec le sujet du jour, j’admire son quilt qui l’a rendue si célèbre :

Bang you’re dead (Pan t’es mort), 2013, Jacquie Gering.

Ce quilt choque, il est fait pour cela. Le mari de la quilteuse travaillant dans l’éducation publique, était confronté quotidiennement aux chiffres de violences concernant les jeunes. Ce quilt est destiné à susciter la conversation sur le thème des armes, des troubles mentaux, de la violence. Jacquie aurait aimé qu’enfin son gouvernement cesse de s’appuyer sur le droit du cow-boy à détenir une arme… Cela ne mettrait pas fin à la violence, mais diminuerait déjà le nombre de tués et ferait prendre conscience à certains que la violence n’est pas une solution.

L’histoire nous montre que la violence résout rarement les problèmes, elle crée en revanche d’insondables souffrances. On voit aussi que même lorsqu’elle paraît sage et logique pour mettre fin à des conflits, on ne peut jamais savoir si au lieu d’éteindre un feu, on n’est pas en train d’allumer un brasier.
Dalaï-Lama

Je crois aussi que l’apaisement dans un domaine peut, tel un jeu de dominos ou le célèbre battement d’ailes d’un papillon, avoir dans la société des conséquences positives inattendues par ailleurs.

Bonne journée quand même les amies !
Katell

Les Chemins de Traverse avec Neelam

Bonjour ! Vous souvenez-vous du mois d’avril avec la célébration des 10 ans de Neelam et de la Ruche des Quilteuses ?

Si j’avais pu alors vous montrer le quilt My Happy Place terminé en 4e semaine des festivités, celui de 2e semaine était resté non fini.

Les 49 blocs rendaient bien ensemble, mais j’ai aimé agrandir ce beau bébé avec, toujours, mes chutes de tissus Neelam. D’un top carré de 7 blocs, je suis passée à 10 blocs, donc 100 blocs en tout. J’ai même hésité à continuer, mais 145 cm de côté c’est parfait ! Le voici, alangui dans un amélanchier du Canada dont je veille, jour après jour, la maturation des fruits. Cette année, ils ont été bien abîmés par les gels tardifs…

Je l’ai quilté très simplement à la machine et j’ai ajouté une petite bordure de tissus clairs. Le dos est une housse de couette dont j’ai profité pendant plus d’un an, et avant la lassitude et l’usure du tissu, je l’utilise pour plusieurs dos de quilts ! Le rapport qualité/prix est imbattable, le coton est toujours beau et lavé plusieurs fois. Quant à la bordure de finition, j’ai opté pour la variante invisible (expliquée dans BeeBook !).

Fin mai, une balade dans le Lot nous a conduits vers un charmant jardin clos à la médiévale. J’y ai trouvé l’écrin pour photographier My Happy Place et Les Chemins de Traverse :

Les vieilles pierres accueillent si bien ces quilts en tissus Neelam ! Vous pouvez commander des tissus, des kits et bien d’autres articles sur leur site.

Et pour ne pas que des fous nous renversent,
On prenait les chemins de traverse
Même s’ils ne sont jamais les plus courts…

Sous la pleine Lune immobile…

Francis Cabrel

Avec le recul, je me rends compte que ces deux titres de quilts dévoilent mes préoccupations actuelles – et les vôtres aussi peut-être. J’ai la sensation que le monde va vers du « moins bien », l’optimisme n’est plus une composante de la vision de l’avenir. Nous n’avons plus le sentiment exaltant que nos enfants auront une meilleure vie que nous, que leur bonne voie est de bien travailler, avoir de bons diplômes pour être en situation confortable, même si intimement, j’ai toujours préféré que mes enfants réussissent LEUR vie plutôt que réussissent DANS leur vie. Le temps est fini où nous nous réjouissions du progrès (un mot disparu des discours et de nos conversations). A la place, nous mettons en avant les innovations, pour réparer ou remplacer ce qui ne va plus. Le progrès n’est plus enviable, il est devenu source de nos soucis. Alors l’envie d’une Happy Place, un refuge comme ce petit village de tipis, exprime cette inquiétude. De même, Les Chemins de Traverse -outre l’hommage à Francis Cabrel, Gascon tranquille hors de l’agitation médiatique- montre encore l’envie de vivre en marge des grandes routes actuelles. Je garde en mémoire divers récits de Sylvain Tesson, ainsi que le livre que je suis en train de lire, Le Chemin des Estives de Charles Wright, extrêmement bien écrit.
Arthur Rimbaud, l’homme aux semelles de vent, accompagne ces deux écrivains.

Faut-il donc succomber à la nostalgie et la peur de l’avenir ? C’est un réflexe que je n’avais pas, mais je le sens pointer du nez, ce ne sont pourtant pas de bonnes compagnes. Je crois qu’il faut entretenir régulièrement son enthousiasme de l’instant présent, son émerveillement des choses simples pour se préserver des peurs. Pour moi c’est faire des balades dans la nature, lire, quilter… et rencontrer des personnes avec qui communiquer sincèrement, joyeusement et positivement si possible, amis ou inconnus !

Sous le vent d’autan…

Je les aime beaucoup, mes chemins de traverse. Ce quilt me rappelle de très bons souvenirs avec Émilie, la créatrice de Neelam, et aussi l’envie de prendre la route ou simplement le chemin, ce qui est de nouveau permis ! Un quilt en tissus artisanaux comme ici mérite de finir en plaid, car la fibre au toucher est, comment dire… authentique. Une vraie sensation de bien-être. Je n’ai pas encore cousu de vêtements avec ces tissus, mais j’ai déjà plusieurs écharpes et on les oublie, leur contact à la peau est si naturel !

Dans un magnolia persistant où la première fleur vient de s’épanouir… Quel parfum !

Nous sommes très heureuses de pouvoir vous confirmer que la fête aura bien lieu à Lacaze dimanche 27 juin dans le Tarn ! Vous y verrez nos dernières créations, ainsi qu’une exposition France Patchwork sur le thème des Jardins à laquelle nous prenons part également, une exposition des Filles du Rouvray, des broderies d’Afghanistan et des surprises !…

La joie de nous retrouver va nous aider à reprendre espoir !

Nous présenterons nos quilts les plus récents, plutôt que les quilts de BeeBook (expo prévue l’année dernière…) mais notre joie de vous revoir est intacte !

Ne manquez pas ces retrouvailles ! La Ruche des Quilteuses sera presque au complet, nous vous y retrouverons avec tant de plaisir !

Des bouquets de fleurs

Après une pause, la Ruche des Quilteuses bourdonne de plus belle ! Bien sûr, les Abeilles et les fleurs sont de tendres amies.

Matisse ajoute : Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir… Histoire de ce petit quilt par ici (Il y a des fleurs partout…)

Aujourd’hui, admirons des bouquets textiles faits par Bee Kristine au début du printemps. Comme c’était le confinement, je les ai découverts sur Instagram et j’ai tout de suite aimé sa démarche, simple, efficace et poétique. Comment a-t-elle fait ? Voici les petites explications de la créatrice.

A très bientôt,
Katell

C’était il y a au moins 20 ans, j’ai découvert le Vliesofix (qu’on peut acheter chez Emma par exemple), un voile de colle protégé par une feuille de papier, qui permet de coller des textiles recto-verso avec la chaleur du fer à repasser ; c’est un produit qui se maintient au lavage et qui laisse libre court à l’imaginaire. Il y a des livres proposant ces collages agrémentés de broderies et plusieurs artistes françaises en font leur base créative (Léna Meszaros, Nadine Levé etc.).

Dernièrement on m’a donné un sac de tissus divers et variés. Après un tri (aucun ne pouvait servir pour le patch), j’ai sélectionné des fleurs, ainsi le sujet des bouquets s’est imposé facilement, il suffisait de trouver un tissu de fond et de faire une mise en scène ! J’ai découpé les tissus, isolant les motifs à thermocoller, puis j’ai fait des essais de mise en place et pris des photos afin de figer la scène, photos qui aideront au collage définitif. Ensuite, on peut éventuellement renforcer le collage par un piquage à la machine sur le contour, et même « peindre » de multiples détails à l’aiguille (main ou machine). Mais au départ, il suffit d’une paire de ciseaux, d’un fer à repasser, quelques morceaux de Vliesofix et l’on s’amuse !

Kristine

Lys et freesias – Kristine
Tulipes – Kristine
Ambiance rose – Kristine

 
Il est d’étranges soirs où les fleurs ont une âme…
 Albert Samain, poète français.

Nous avons 10 ans 🍀 4e jeudi, déjà !

Voici la dernière semaine célébrant une décennie d’articles pour moi, et une décennie de créations, de commerce de tissus, de broderies et de matériels artisanaux divers pour Neelam. Vous avez pu mieux connaître cette entreprise créée par Émilie, secondée par son compagnon Damien et par ses parents, au cours de ce mois-ci. C’est une découverte pour certaines, et j’en suis très heureuse !

Pour nous, ce sont surtout 10 ans de communications, d’échanges et de rencontres. Nous en parlions ensemble, c’est bien le facteur humain qui nous porte et nous importe.
En résumé, l’important, c’est vous !

Émilie et moi avons beaucoup de centres d’intérêt communs, et les cultures amérindiennes en font partie. Elle connaît mieux la partie hispanique, et moi la partie anglophone. La vision du monde de ces Peuples Premiers, comme l’esthétique de leur artisanat, c’est un tout qui nous attire, et donc le thème de cette dernière semaine. Émilie vous offre un très beau cadeau pour clore ce mois anniversaire sur son blog, en plus du tirage pour gagner un exemplaire de mon livre BeeBook (Éditions France Patchwork). Quant à moi, je vais poursuivre l’inspiration amérindienne qui me porte depuis la semaine dernière avec My Happy Place.

Suite et fin de My Happy Place

La semaine dernière, j’ai voulu utiliser des tissus Neelam avec des triangles, de la soie, et aussi un fond noir, tout ce que je ne pratique pas habituellement – j’avais juste un terrain de connaissance, les bandes de tissus ! Les contraintes aident à sortir de nos habitudes, ce qu’on appelle notre zone de confort dans le développement personnel. Oser faire de l’improvisation correspond bien à ces étapes :

C’est un schéma classique qu’on retrouve un peu partout ! Celui-ci comporte quelques explications supplémentaires, c’est pourquoi je l’ai choisi.

La bande décorative du bas

Partout se trouve de l’inspiration pour qui sait la voir. Mon panneau méritait plus d’ornements selon mon goût. J’imaginais une bordure en haut et en bas, de style seminole (ici articles Seminole) pour rester dans l’esprit amérindien. Puis un sac de ma fille m’a menée vers un nouveau dessin.

J’ai cousu une bande comparable, très haute (de 14 cm), mais à l’œil, c’était bien trop massif. Elle est devenue de 7,5 cm de haut cousu, c’est suffisant.

La bande décorative se fait en commençant par deux rectangles noirs qui se trouveront sur les bords droit et gauche à l’extérieur – je couds 2 fois la même chose, avec des bandes diverses de tissus, soies et cotons, posées en chevron (comme un demi-log cabin). Désolée, je n’ai pas fait de photo en cours. Pour le centre, j’ai fait une sorte de sablier bleu sur fond noir, sur lequel j’ai appliqué au coton perlé le dernier chevron de chaque côté. Pas orthodoxe, mais qui le sait à part vous ?

La Lune est là

J’ai renoncé à faire une bande similaire en haut, mais j’ai souhaité ajouter une présence. La pleine Lune m’a déjà inspirée en patchwork (ici La Lune Blanche) ; cette fois, ce sera en appliqué inversé, avec la technique cousine du passepoil ou de la parementure, déjà explorée ici (Liberty Rose) et là (Il y a des fleurs partout…).

Le diamètre a pris du temps à se définir, j’ai finalement choisi 8 cm, dessiné sur bristol à l’aide d’un verre. Pour sa position, j’étais limitée par la couture de la bande additionnelle du ciel.

Esquisse de placement de la Lune avec un rond de bristol

Endroit contre endroit, j’ai mis un carré noir de 10 cm sur lequel j’ai marqué le cercle au Hera Marker (Clover), puis j’ai cousu sur la trace, évidé le centre et forcé le bord du carré à aller derrière. Il faut un peu de persuasion, de repassage mais on y arrive.

Je pose ensuite le carré de soie blanche thermocollé derrière. Le tout est visiblement maintenu par un point avant au fil de coton blanc.

La forme du quilt

Ce projet est la sœur – ou le frère ! – du beau cadeau préparé par Émilie, nous nous sommes fait des suggestions, l’une à l’autre, ces projets ont mûri avec des idées mises en commun, dès la première semaine. Ainsi, nous partageons la forme de l’ouvrage. Nous avions aussi envisagé un accrochage avec des pattes et un bâton, mais chez l’une comme chez l’autre cela alourdissait inutilement. Je suis allée jusqu’au bout de l’idée lundi, mais la Lune perdait de son éclat avec tout cela au-dessus d’elle… La nuit, et en l’occurrence la pleine Lune du 27 avril, portant conseil, j’ai tout décousu mardi matin. Je ne le regrette pas !

En ce qui concerne la forme du quilt, j’ai fait une coupe à 45° puis une autre verticale, la même chose à gauche. N’oubliez pas que je suis gauchère, spontanément je commence à droite, mon cutter est posé à gauche, etc.

La bordure décorative des côtés

J’ai coupé dans ce beau tissu imprimé Neelam une bande de 4 cm, cousue uniquement sur les côtés verticaux. Pour suivre la forme originale suggérée par Émilie, j’ai commencé par la petite partie verticale du haut, puis j’ai simplement cousu la suite à 45° en « mangeant » une bonne partie de cette première partie. Pour l’angle suivant, j’ai mis l’aiguille en position basse pour pivoter et suivre la couture vers le bas. Le pli sera cousu au fil noir à la main.

Angle droit
Angle gauche

Le quilting au coton perlé et au fil noir

Ma première idée était un quilting machine de ligne parallèles et verticales au fil noir. Mais je craignais d’éteindre un peu la lumière des tipis ! J’ai donc préféré sortir mes cotons perlés et quilter en prenant les décisions successivement : d’abord la porte d’un tipi et son contour, puis une bande intermédiaire pour le bon maintien, en changeant de couleurs.

Je quilte avec diverses couleurs de coton perlé et avec du fil noir, pour un bon maintien général. Travail en cours.
Voici, dans une jolie boîte de gâteaux andalous, mes cotons perlés, à côté le fil à quilter noir et le Hera Marker pour tracer quelques lignes (courbes du ciel, droites sous les tipis…)

Et le ciel ? J’ai hésité à mettre des miroirs indiens ou « shishas » de chez Neelam (voir BeeBook pages 76 et 96) qui feraient de belles étoiles, mais je n’en avais plus et, confinement oblige, je ne voulais pas aller en chercher chez Émilie (un peu plus de 10 km nous séparent). Des tableaux que j’ai sous les yeux chez moi (ici : Je n’aime pas le jaune) m’ont donné l’impulsion pour un ciel différent. Oh je suis restée bien plus discrète que Van Gogh ! Je pensais prendre du fil jaune, mais j’ai choisi du bleu ciel et du turquoise…

L’esquisse des lignes se fait avec un Hera Marker, le dessin reste un temps, sans abîmer le tissu.

Les finitions en bordure invisible

Comme j’avais mis une bordure décorative imprimée sur les côtés, j’ai terminé mon quilt avec une bande qu’on ne voir qu’au dos. Cette technique, que j’appelle la finition invisible, est détaillée dans BeeBook p.143 et j’en avais déjà parlé ici (To Face a Quilt).

My Happy Place, c’est ici !

My Happy Place, Katell, fini le 28 avril 2021. Et encore, dois-je vous le dire ? Il manque quelques contours de tipis à quilter !!

C’est ainsi que se terminent quatre semaines avec Neelam pour célébrer nos 10 ans, quatre rendez-vous chaleureux, avec tant de gentils messages de votre part, merci !

Vous savez dorénavant où acheter les articles Neelam, sur leur site, avant de les retrouver dans les Salons… C’est ce que nous espérons ardemment, retrouver les joies de notre vie d’avant, même si c’est au prix du port du masque au long cours, le maintien des distances, de vaccinations successives… Nous ne pouvons pas attendre indéfiniment que le coronavirus disparaisse, nous pouvons en revanche nous adapter aux circonstances, autant que possible. Si de nombreuses manifestations sont annulées, j’ai la confirmation récente du maintien des expositions à Lacaze (81) les 26-27 juin, du Carrefour Européen du Patchwork (Sainte-Marie-aux-Mines) du 16 au 19 septembre et Pour l’Amour du Fil à Nantes (29 septembre – 2 octobre). Neelam et moi serons à ces trois événements, pour moi en expo avec mes amies à Lacaze, en commissaire d’exposition des quilts météo en Alsace et en visiteuse avec Kristine à Nantes. Je me réjouis tellement de ces projets !

Voyons les choses positivement : nous avons profité de ce mois de confinement de 10 km pour enrichir la célébration de nos 10 ans : ce qui a été annulé ou reporté nous a donné du temps pour préparer ces quatre jeudis. Personnellement, cela a renforcé l’amitié que j’éprouve pour Émilie et j’ai confirmé le pouvoir de séduction de ces tissus artisanaux.

La semaine dernière, vous avez répondu à la question du patchwork et quilting main ou machine sur le blog de Neelam. Vos réponses sont très intéressantes, avec bien plus de sagesse et de discernement que ce que j’ai pu lire ailleurs, la diversité est naturelle ! Pas de bonne ou de mauvaise réponse, et comme précédemment, 3 gagnantes ! Bravo à elles et bonnes créations avec Neelam et BeeBook !

Ce rosier liane fleurit en avril, il est si beau ! Très exubérant, il colonise une arche dans le jardin. Autre avantage : il est rigoureusement sans épine ! Il s’appelle le rosier Banksiae Lutea et se bouture très facilement. Pour une fille qui croyait ne pas aimer pas le jaune… On ne finit pas de se découvrir !

Retrouvez la nouvelle œuvre d’Emilie et le 4e tirage au sort par ici, avec l’évocation d’une philosophie de vie que nous apprécions toutes deux, encore un point commun entre Émilie et moi !

Une invitée inattendue lors de la séance photo. Le tissu noir surexposé n’est pas beau ici, mais vous voyez des détails !

Des contraintes familiales m’obligent à faire une pause de blog
pendant quelques semaines. Rien de grave, juste des obligations qui prennent du temps.
Mais après avoir célébré ces 10 ans avec autant de joie, je ne vais pas m’arrêter ainsi !
Alors à bientôt, et continuons à prendre des précautions,

car attraper le Covid n’est vraiment pas une partie de plaisir.
Votre amie abeille quilteuse,
Katell

Nous avons 10 ans 🍀 3e jeudi

C’est le 22 avril 2011 que j’ai créé ce blog ; un an après, je me rendais compte que c’était Le Jour de la Terre depuis 1970, une belle coïncidence. Cette année, c’est le jour choisi pour le départ de la Mission Alpha : Thomas Pesquet et trois autres spationautes partent pour une nouvelle Maison à plus de 400 km de la Terre ! A 12 h 11 si tout est nominal, le décollage aura lieu. Report à demain 11h49 ! Nous leur souhaitons une pleine réussite pour ce voyage et, à notre compatriote, autant de passion du partage que lors de son premier séjour. Même si on peut parfois s’interroger sur l’intérêt de la conquête spatiale (ce qu’il aborde et justifie ici), le génie humain impressionne, Thomas Pesquet lui-même suscite l’admiration et il est un formidable ambassadeur de la cause scientifique. La science nous sauvera-t-elle du bouleversement climatique et des perspectives alarmantes ? C’est la vision optimiste de notre avenir.

C’est une phrase que j’aime bien et qui pourrait convenir à Thomas Pesquet qui est aussi grand sportif, aviateur, musicien… mais cette « citation » n’existe pas dans le livre ! Ah les facéties de notre monde digitalisé…

Thomas Pesquet est parfois appelé Le Petit Prince, avec son visage enfantin et son regard bienveillant…

Aujourd’hui, nous aussi avons la tête dans les étoiles car c’est toujours la fête du patchwork avec les 10 ans de Neelam Textiles du Monde et de La Ruche des Quilteuses ! C’est notre 3e jeudi sur 4, 4 semaines d’idées de patchwork et de cadeaux, une collaboration fructueuse entre Neelam et moi, rien que pour vous faire plaisir !

Changeons de style : j’ai choisi de vous faire suivre mon cheminement créatif sur un projet – un tout autre chemin de traverse 😉 que la semaine dernière ! Ce n’est pas tant pour que vous reproduisiez le modèle, que pour montrer comment une idée de départ peut aboutir à un quilt – et tant pis parfois pour l’orthodoxie du travail !

Ayant coupé beaucoup de carrés les semaines précédentes, j’ai décidé d’aller cette fois vers des bandes et des triangles. Pour mon ouvrage de la semaine, mes inspirations sont à la fois du livre de Gwen Marston & Cathy Jones et celui de Nicholas Ball (ci-dessous son livre et 2 de ses quilts aux triangles).

Quels quilts exceptionnels ! Je vous recommande chaleureusement ces deux livres.

Parfois on entend ou on lit cette question : à quoi servent tous ces quilts ? La meilleure réponse est :

C’est véritablement utile puisque c’est joli.
Le Petit Prince, Saint-Exupéry
(chapitre XIV)

Les quilts de triangles de Nicholas Ball me font penser aux cabanes que je vois dans la forêt, bâties avec des branchages.

Dans la forêt près de chez moi, certains endroits sont toujours enchanteurs, quelques sentiers sont, en ce moment, bordés de genêts et d’asphodèles. Ici, la biodiversité s’éloigne mais on s’amuse quand même, on fait des cabanes !

Refuges triangulaires aussi, les tipis bien connus des Amérindiens nomades des Grandes Plaines.

Tipis des Shoeshones, vers 1900.

Que vais-je faire de ces images inspirantes ? Et comment utiliser en même temps des tissus Neelam d’une nouvelle manière ?

Improvisation : My Happy Place

Pour sortir de mes habitudes, j’ai demandé du tissu noir teint artisanalement et quelques coupons de soies claires (toujours de chez Neelam) à Émilie et j’ai réuni mes bandes de tissus Neelam, restes d’autres ouvrages.

Encore et toujours le plaisir de créer avec ces tissus nomades, éthiques et artisanaux !

Tradition et modernité, des impressions anciennes et récentes sur coton, associées à la brillance d’une soie. Tissus et photo Neelam

Commençons par la coupe de quelques triangles de soie renforcés au thermocollant, puis cousons un « toit » avec des bandes de coton. J’ose, j’avance et on verra bien !

J’ai thermocollé un parallélogramme pour découper deux triangles dans ce bout de soie.
Sur 2 côtés des triangles de soie, je couds des bandes sans prendre la moindre mesure. Tout est décidé visuellement : « est-ce que ça va comme ça ?« , si oui, j’avance ! Décision : le 3e « toit » est toujours un imprimé sur fond noir. Faire ces tipis, c’est rapide et ludique puisque je souhaite avoir des triangles qui vivent leur vie, irréguliers s’ils le veulent !

D’habitude, je n’entoile pas les tissus de coton Neelam, contrairement à beaucoup de monde (y compris Émilie pour ses panneaux muraux). L’entoilage facilite le maintien des tissus. En général, je me contente du repassage et, éventuellement, de ma bombe d’amidon. A chacun ses préférences ! Cependant, la soie s’effiloche facilement, je passe donc par cette étape avec un thermocollant non tissé blanc pour tissus légers, de quoi découper 2 triangles par couleur. Mon projet est de faire 12 ou 13 triangles pour en sélectionner 10, pour les 10 ans.

J’ai trouvé un beau reste de molleton sur lequel je dispose mes tipis. On les croirait dans une prairie enneigée ! Parfois, je fais les choses à l’envers, cette fois-ci c’est le molleton qui me montre le chemin du format du futur quilt.

Ma disposition est bien irrégulière, comme le sont ces tipis… Vais-je encadrer chaque tipi de tissu noir pour arriver à des rectangles comme Nicholas Ball ? Vais-je les mettre en rangées comme un quilt du livre de Gwen Marston ? Les tipis virevoltent pour trouver leur place et le placement est trop irrégulier pour suivre le montage de Nicholas (ajouter du tissu de fond pour que chaque tipi soit dans un rectangle) et j’ai envie de conserver le chevauchement des rangées. Il va donc falloir innover !

Finalement, je crois que le village va avoir 12 habitations au lieu de 10, juste parce que🙃. Cette disposition suppose quelques cogitations pour arriver à mes fins ! Plutôt qu’un découpage complexe de triangles noirs de fond et une multitude de coutures partielles, j’opte finalement pour une succession de bandes de tissus de fond noir découpées horizontalement. La hauteur de chaque bande noire sera en fonction de la hauteur entre deux bases de tipis. En conséquence, j’appliquerai les deux autres côtés du tipi à la machine. Je n’ai encore jamais vu cela, mais c’est ma solution, simple et très rapide !

Chaque tipi est repassé, les deux marges de couture rentrées et la pointe bien préparée. La base reste « à cru » et sera prise dans les coutures de bandes noires.
Je commence le montage par le haut. Sur une première bande je pose mon tipi le plus haut au bon endroit, la base alignée en bas et les marges de couture des côtés repassées à l’intérieur. Je pique les deux côtés à 1 mm du bord. Je replace le tipi et sa bande noire à sa place sur le molleton (photo). Je mesure l’écart entre la base du prochain tipi et celui-ci : 12 cm environ. Je coupe donc une bande noire de 12 cm pour la prochaine étape.
Je vais coudre ces deux bandes noires endroit contre endroit, emprisonnant la base du tipi du haut. Les tipis suivant seront appliqués après et déborderont de la bande de 12 cm. Ils sont pliés ici, juste pour la démonstration.

Au fur et à mesure, je vais descendre, avec un ou deux tipis à mettre par étage.

L’improvisation est une suite de décisions à prendre.
Ktl

Voici le montage final, photographié le lendemain au lever du soleil :

Ce sont finalement 10 bandes noires qui me sont nécessaires pour monter les tipis comme je veux.

Ce top n’est pas fini, je souhaite lui ajouter une bordure originale, une décoration supplémentaire… Ce sera pour la semaine prochaine !

J’ai trouvé un nom à ce projet : My Happy Place, qui signifie mon endroit préféré, mon coin de paradis, mais aussi mon jardin secret, mon monde heureux… Faire une improvisation et évoquer les peuples premiers des USA, c’est bien My Happy Place à tous égards… Je leur dois tant, une autre compréhension de l’Histoire qu’on nous raconte, la découverte d’une sagesse oubliée, une vision du Monde dont nous devons nous rapprocher… Il n’est pas question de régresser, mais de gagner en sagesse.

Tout comme l’arbre a besoin de ses racines pour grandir,
nous avons besoin des peuples autochtones pour écrire le monde de demain.
#loveplanet

La Terre, notre Happy Place à tous

Et mon esprit retourne vers Thomas Pesquet qui va observer notre Terre à 400 km d’altitude pendant 6 mois. Si belle, si forte, si fragile, si unique.

Voir la Terre de haut et constater cette fragilité, ça fait beaucoup réfléchir.
Thomas Pesquet

Jean-Pierre Goux, que je suis sur les réseaux sociaux avec attention et que j’ai déjà évoqué deux fois sur ce blog, a créé une ONG appelée One Home – Une Maison. Il souhaite, par l’overview effect, la vision de notre planète vue de l’Espace, émouvoir l’humanité, comme elle bouleverse profondément presque tous les astronautes (USA), cosmonautes (Russie), spationautes (Europe)… Elle incite à une prise de conscience de ce non-choix : nous n’avons pas d’autre planète où aller vivre, donc il est absolument nécessaire de prendre soin de la nôtre. C’est une évidence, c’est comme les jolies paroles du Petit Prince que JP Goux et Thomas Pesquet affectionnent tant, qui résonnent fort en nous. Mais attention aux fausses sources !…

Désolée, encore une fausse citation !!!

Avec l’art, y compris l’art textile bien sûr, nous résistons à la standardisation de notre monde, nous mettons de la poésie dans nos vies. Que la Terre devienne notre Happy Place à tous, encore plus que dans le passé ! Mais cela ne viendra pas tout seul et sans effort, il faut se bouger pour que l’aventure humaine continue, et qu’elle soit joyeuse.
C’est pourquoi, après avoir dévoré Le Siècle Bleu de JP Goux, j’attends avec confiance son futur livre La Révolution Bleue. Je serai sans doute une de ses premières lectrices à sa sortie, et je vous en parlerai !

Pour la troisième fois, tentez votre chance chez Neelam ! Les trois gagnants de la semaine dernière sont cités par ici en fin d’article. En ce mois anniversaire, nous vous offrons livres et tissus pour entretenir VOTRE Happy Place ! Suivez ce lien, et bonne chance ! Outre la possibilité de participer au tirage au sort, vous découvrirez comment travaille Emilie, styliste de formation, et d’où vient sa connaissance du patchwork… Neelam, c’est une affaire de coeur !

Un logo créé par Émilie de Neelam, qui symbolise notre Happy Place :
la joie que nous offre notre art et le bonheur de nos liens d’amitié !

Avec patience et confiance,
espérons des jours meilleurs
et la préservation de notre Terre, notre Happy Place à tous.
Mais surtout, Happy Quilting !
Katell

Nous avons 10 ans 🍀 2e jeudi

Vos mots doux tout au long de la semaine nous ont fait chaud au cœur ! Oui cet anniversaire est une fête pour les quilteuses, vous et nous. Les gagnantes des lots de la semaine dernière sont dévoilés ici en Edit de fin d’article, elles ont été prévenues par mail 🍀 !

A défaut de voyager en vrai, installez-vous pour un dépaysement dans l’espace et le temps, avec notre rendez-vous du jeudi…

Pour cette 2e semaine, parlons héritage. Savez-vous que les tissus Neelam représentent l’origine de nos tissus imprimés ? Si les Celtes ont, les premiers semble-t-il, tissé des rayures et des carreaux en teignant les fils de couleurs différentes avant le tissage, ce sont les Indiens (d’Inde) qui ont inventé l’impression sur tissu. Le moyen le plus utilisé a été, pendant des siècles, l’impression des dessins sur tampon. Emilie nous fournit cette vidéo de 3 mn 30 qui montre le travail actuel des artisans qui ont sauvegardé ces gestes ancestraux.

Les Européens ont longtemps fait venir les tissus imprimés d’Inde par terre (la Route de la Soie) puis par mer (en contournant l’Afrique, il n’y avait pas encore le canal de Suez !), et ils ont commencé dès la Renaissance à copier ce savoir-faire, puis à le perfectionner sans cesse : la révolution industrielle a bien commencé par les innovations dans le monde textile !

Vous pouvez lire cet article qui retrace l’histoire des tissus provençaux, copiés directement des Indiennes.

Avez-vous remarqué que, depuis quelques années, on ne se plaint plus des tissus qui affadissent au soleil, aux couleurs qui dégorgent ? Il y a eu une révolution silencieuse : l’impression numérique. Du progrès, toujours. De plus, nos cotons sont devenus extrêmement lisses et presque soyeux. Encore des améliorations de traitement, de tissage. Nos tissus destinés au patchwork sont d’une qualité nettement améliorée. J’apprécie les tissus modernes que j’achète en ligne. Nous avons de parfaites fournisseuses sur internet !

Toutes les transformations pour faire un tissu ont un coût écologique immense, mais le pire est celui des tissus de basse qualité pour la mode bon marché, qu’on jette si vite… Privilégions toujours la qualité, pour conserver longtemps les vêtements, et réjouissons-nous que les tissus de patchwork soient d’aussi bonne qualité : nos ouvrages dureront longtemps !

Ces tissus Neelam sont teints artisanalement à la garance (plante), ils sont très beaux et à la fois très peu impactants sur l’environnement.

J’aime profiter des tissus modernes mais j’apprécie de retourner régulièrement à l’authenticité des tissus Neelam. Après avoir visionné la vidéo ci-dessus, j’en retire un respect accru pour tous ces artisans, et une certaine fierté d’utiliser leurs tissus. Regardez-en un attentivement : la fibre est légèrement irrégulière, comme dans les tissus anciens qu’on trouve dans les armoires de grands-mères ou les brocantes. Le filage est resté traditionnel. La fibre non traitée absorbe très bien l’eau (très agréable en vêtement d’été). Les couleurs sont relativement limitées, car elles sont issues de la nature : indigo, curcuma, garance, etc., comme les couleurs des quilts du XIXe siècle et d’avant, avant la révolution chimique des pigments. Ils s’associent harmonieusement, à l’infini. Ils sont bien fixés, ils ne bougent pas dans le temps. Utiliser ces tissus, c’est un retour aux origines qui m’émeut.

Les imprimés classiques Neelam sont si proches des tissus d’antan que vous pouvez sans crainte les mélanger avec des tissus de reproduction dans vos patchworks traditionnels ! Je les utilise aussi facilement dans mes quilts modernes. Pas de frontière.

Neelam ne se contente pas de commercialiser des motifs traditionnels : ils créent régulièrement des motifs qui enrichissent leur offre. La plupart sont devenus des best-sellers !

Comment sont imprimés ces dessins ? Toujours de manière artisanale, le dessin est d’abord gravé dans un tampon en teck, puis… quelques photos vous donnent une idée du travail !

Le tuto de la semaine : les Chemins de Traverse

Cette semaine, j’ai honoré ces tissus à ma manière avec un bloc très basique et classique – des carrés – n’est-ce pas la base du patchwork traditionnel comme du mouvement moderne ? Quant aux astuces techniques, je mets aujourd’hui le focus sur les planches de repassage.

La semaine dernière, je vous proposais de couper des rectangles et des carrés : chercher les tissus, les repasser, les couper, c’est ici la partie la plus longue ! Ensuite, la couture se fera à la chaîne (sans couper le fil), ce qui rend les assemblages très rapides.

A gauche, une corbeille de rectangles de 10 x 5 cm et des carrés de 9 cm. Au milieu, des restes réutilisables et à droite, des chutes destinées à la poubelle… ou pas. On verra !
J’ai eu la grande chance de recevoir d’Émilie des bandes de lisières, des fins de rouleau qu’elle met de côté et j’ai conçu ce modèle pour les utiliser. Les imperfections ne sauteront pas aux yeux à la fin, j’en suis sûre ! J’ai utilisé ces bandes au maximum, mélangées avec mes propres métrages de tissus Neelam.
Pour les carrés de 9 cm, j’ai plusieurs fois assemblé des morceaux. C’est un authentique top de récupération.

Voici un bloc à l’endroit :

Les rectangles servent à faire des four-patch, faites-en 2 identiques à chaque fois et positionnez-les pour avoir une diagonale claire. En complément, deux carrés foncés de 9 cm de côté complètent ce bloc. Le matelas gris est ma nouvelle trouvaille : un tapis en pure laine, parfaitement isolant ! Il reste à la gauche de ma machine à coudre, petit fer branché, tout au long de la couture à la chaîne des blocs, pour les repassages intermédiaires nécessaires.
En fin de journée, je fais une erreur de montage ! Il est temps d’arrêter…
J’ai fait 49 blocs, quelle joie de m’amuser avec ces imprimés ! Vient le moment de repasser les blocs par rangée sur une nappe à repasser. J’utilise ici ma centrale vapeur pour avoir les tissus bien plats.
C’est le moment de l’équerrage des blocs. Je remarque que la dimension qui convient est 15,5 cm de côté. J’utilise la plaque rotative, mais une petite plaque qu’on tourne sur elle-même suffit !
49 blocs plus tard…

Que donne ce top aux chutes de tissus Neelam ? Moi je le trouve très beau…

Les Chemins de Traverse, un top comme je l’imaginais, très riche visuellement et très gai ! Il mesure 1 mètre de côté et, promis, il sera quilté pour le présenter à Lacaze en juin prochain !

Tuto bonus 1 : Pas de chichis

Avec les mêmes découpes, on fait un 4-patch à l’aide de deux rectangles de 10 x 5 cm. Puis on coupe en diagonale deux carrés de 9 cm qu’on coudra autour du 4-patch qui devient le centre. Avant de couper en diagonale, je repasse bien les carrés et j’évite de déformer ; en effet, les tissus Neelam sont fins et souples ! Si vous souhaitez plus de rigidité, n’hésitez pas à utiliser une bombe d’amidon. Comme le modèle précédent, c’est addictif ! Et vous pouvez très bien mélanger tous vos tissus, surtout si vous maintenez une unité de gamme de couleurs, cela s’harmonisera avec naturel. Pas de chichis, on peut tout mélanger !

Tuto bonus 2 : le biscornu

Il est extrêmement célèbre chez les brodeuses, moins chez les quilteuses, mais puisqu’on est dans les 4-patch, voici un tout petit ouvrage à faire de nouveau avec les plus jeunes.

Deux 4-patch de même dimension sont nécessaires, toujours constitués de rectangles de 10 x 5 cm. Imaginez qu’on va les coudre endroit contre endroit, comme un coussin. Eh bien, on va décaler la couture d’un demi-côté, soit d’un carré et à chaque carré, on a un changement de direction (un angle) soit dessus, soit dessous ! Un peu inconfortable, mais on s’en remet. C’est plus facile à la main car il faut éviter de coudre dans les marges de couture.

Bien sûr, on laisse un espace de 2 segments pour retourner puis bourrer le biscornu. Tiens, mes rognures des 49 blocs ci-dessus vont judicieusement remplir ce petit ouvrage ! Rien, vraiment rien ne se perd… Puis deux jolis boutons anciens finissent de donner la forme… biscornue.

Mes astuces de repassage

Ma table pliante à repasser est vieille, toute cabossée. Elle est étroite et frustrante, jamais assez de place pour poser mes blocs en série. J’ai donc changé complètement de matériel, au lieu de la remplacer à l’identique.

Le carré de feutre de laine est très agréable, il restaure la chaleur et tout est parfaitement repassé à sec ! Je ne recommande pas d’utiliser la vapeur dessus, ou alors il faut ensuite le laisser sécher en profondeur. C’est un achat qui dure la vie d’une quilteuse, et j’aime ça.

A acheter Chez Emma ou ailleurs, c’est un achat que vous ne regretterez pas !

Pour le repassage « en grand », j’ai une nappe de 120 x60 cm (marque Brabantia) où j’utilise la vapeur, même sur une table en bois ! Je peux y aussi vaporiser mes petits péchés mignons (amidon ou aide au repassage en bombe), il se lave d’un coup d’éponge. La seule fois où je le protège, c’est quand je fais des Bee’s wraps : je n’oublie surtout pas le papier cuisson dans ce cas.

Des cadeaux, cette semaine encore !

Même procédure que la semaine dernière, c’est Émilie qui régale ! Rendez-vous sur son site pour jouer et gagner !

A la semaine prochaine, toujours avec Neelam !
Katell

Tirage au sort Passionaturel

Avez-vous laissé un commentaire à la suite de l’article La Forêt Enchantée ? Alors, vous avez participé au tirage au sort organisé par Passionaturel !

Plouf-plouf ! Ça sera toi qui ga-gne-ras !

(capture écran, tirage au sort à 19 h 53)


Avec Random.org, Véronique vient tout juste de tirer au sort. Les commentaires sont numérotés dans l’ordre chronologique et elle n’a pas compté mes propres commentaires.
L’heureuse gagnante est : Pascale Bourdoncle
Véronique va vous contacter par mail demain pour vous expédier votre lot, félicitations !

La Forêt Enchantée

Comme un leitmotiv, ce mois d’avril est consacré à des histoires de décennies. Après les 10 ans de Neelam et de la Ruche des Quilteuses, je vais vous parler des anniversaires de mes sœurs.

C’est devenu une tradition dans ma famille : à chaque nouvelle décennie, j’offre un quilt à chacune de mes trois sœurs ! Je sais qu’elle apprécient, c’est dès lors une joie de créer un dessus de lit ou un tableau textile pour elles.

Pour les 40 ans de Véronique, j’avais fait ce quilt :

Pour les 40 ans d’Isabelle, j’avais fait ce quilt :

Les Moulins de la vie, 2012, Katell

Pour les 40 ans de Cécile, j’avais fait ce quilt :

Rêves d’Ailleurs, 2014, Katell

Vous le constatez, nous aimons le bleu, tous les bleus dans la famille !

Et les 50 ans de Véro ? Ah la la, c’est toute une histoire ! Croyant me mettre à l’aise, Véro me dit qu’elle aimerait bien un quilt mural très zen, de style japonais. Je me suis trituré les méninges en vain, l’inspiration n’arrivait pas ! C’est vrai qu’un quilt japonisant aurait été splendide dans son coquet appartement parisien… Les mois passent… En février dernier, Véro devient Bretonne, renouant avec nos racines maternelles. Et là, délivrance ! En voyant les photos de sa maison morbihannaise, j’ai eu envie de lui faire ce modèle qui me titillait depuis des années :

Simply Moderne n° 6 : en couverture, The Painted Forest de Blue Nickel Studio. J’avais déjà fait des arbres similaires pour l’Australie, en version improvisée (sans suivre les mesures du modèle).

J’ai fait avec ma sensibilité du moment présent, avec toutes sortes de verts imprimés, toutes sortes de bleus unis, des branches orange (plus exactement Cedar, de Kona Cotton), un tronc brun… Il est judicieux de lire les explications. Je peux cependant vous montrer comment j’ai créé mes arbres, alors que dans la nature les arbres verdissent eux aussi en parfaire harmonie avec mon travail en atelier !

Voici ma collection de tissus pour La Forêt Enchantée : quelques bruns pour les troncs, un orange pour les branches, des bleus de toutes sortes unis ou faux-unis, et beaucoup d’imprimés verts !

Je travaille en improvisation, sans mesure, avec toute l’expérience acquise au fil des ans avec diverses techniques apprises notamment dans les livres de Bernadette Mayr. Pour un arbre, je choisis entre 7 et 10 rectangles imprimés verts de toutes sortes, répartis harmonieusement (ou pas !) en deux colonnes. Il y a ici des tissus de patchwork, des batiks, des Neelam, un Liberty… Ensuite, je coupe en diagonale chaque rectangle, en observant la pente ascendante à partir du centre. Puis j’arrondis les formes de la frondaison en coupant les angles saillants, qui seront comblés par de petits triangles bleus. En général, chaque arbre a du bleu clair en bas et du plus foncé en haut. Pour chaque arbre, il y aura entre 2 et 5 ou 6 différentes nuances de tissus de fond, tous unis ou presque ( il y a quelques tissus « grunge », des restes de chemises en tissu Oxford, etc.).

Les branches sont faites d’une bande coupée à 2,5 cm de haut (ici Kona Cedar, acheté Au fil d’Emma), je couds en série les moitiés basses des frondaisons, puis je sépare chaque rectangle vert en coupant la bande orange, en suivant l’inclinaison, et enfin je couds les moitiés supérieures. Après quelques hésitations et quelques erreurs, tout se passe vite et bien.

Puis il faudra rendre chaque unité de la même largeur à gauche en ajoutant du tissu bleu de fond, les assembler. Faire de même à droite. Les largeurs à gauche et à droite sont indépendantes, elles sont fonction du plus long rectangle.

Avant d’ajouter le tronc, je mets un rectangle de tissu de fond en bas et parfois en haut.

Avant de l’expédier dans le Morbihan, je voulais en faire quelques jolies photos !

Lors d’une journée ensoleillée, le 23 mars, mon mari et moi avons découvert un petit paradis non loin de chez nous, la Lomagne (sud-ouest du Tarn-et-Garonne). Des collines comme dans le Gers tout proche, des villages qui fleurent bon le Sud-Ouest, une petite ville active, Beaumont-de-Lomagne, où est né le mathématicien Pierre de Fermat… A noter que les devantures de magasins, souvent en bois, sont très précieusement préservées, ainsi que les écritures peintes… L’accueil des commerçants et des passants était très sympathique et le quilt attirait les badauds.
Voici de plus près La Forêt Enchantée, 100 x 120 cm environ, quilt fait en mars 2021 pour les 50 ans de Véronique.
Nous avons découvert ce lieu enchanteur avec des giroflées sauvages (EDIT: Renée Ferré précise que ce sont plutôt des cardamines ! Je les trouvais peu odorantes, mes giroflées…) à la sortie de Larrazet, toujours en Lomagne. On devine ici le quilting machine, en échos très irréguliers, tandis que les arbres ne sont quiltés que sur les branches et le tronc.

Il était grand temps tout de même de lui envoyer son cadeau ! Je n’ai finalement « que » 21 mois de retard…

Il est bien arrivé en Bretagne, déjà accroché au mur.

Véronique a créé une entreprise en solo et propose des produits de soin biologiques de superbe qualité, des produits ayurvédiques très actifs… Prenez le temps de lui rendre visite !

J’ai créé Passionaturel, une entreprise proposant divers produits éthiques, biologiques, ayurvédiques que j’ai tous sélectionnés avec grand soin et je souhaite participer à la célébration des 10 ans du blog de ma sœur et de son amie de Neelam. Chaque personne qui laissera un commentaire ci-dessous participera automatiquement à un tirage au sort pour gagner le produit sélectionné par Katell, à voir ici !
Votre participation sera valide jusqu’à mercredi 14 à 20 h.
Et pour tout le monde,
profitez de l’offre actuelle de 10 % sur votre commande avec le code promo PASSION !
Avec passion et naturel,
Véronique

Et moi, je vais bientôt réfléchir au prochain quilt pour Isabelle, pour ne pas avoir de nouveau du retard… Finalement, 10 ans ça passe bien vite.

A jeudi pour continuer de fêter les 10 ans de Neelam et la Ruche !

Les messages écrits pour nos anniversaires nous touchent beaucoup ! Vous pouvez jouer sur le site Neelam jusqu’à ce soir dimanche minuit pour tenter de gagner un des trois lots offerts pour nos 10 ans !

Avec joie,
Katell

En plein printemps, malgré le confinement, gardons le moral ! La citation de la poétesse canadienne est sur un autre quilt printanier, Jeunes Pousses, qui a de nombreux tissus en commun avec La Forêt Enchantée.