A la suite de la présentation de ce très beau modèle issu d’un quilt des années 1820-30, je vous ai proposé de m’adresser vos photos. Il est grand temps de vous les présenter ! Jessie Aller, celle qui a décortiqué le quilt d’origine pour nous en faire des explications faciles à suivre, est très heureuse de cette inattendue gloire outre-Atlantique ! Thank you again Jessie!
Alors voici la galerie des fans de Diabolical Jane. Toutes m’ont précisé qu’elles ont pris beaucoup de plaisir à faire cet ouvrage, si flatteur pour les tissus, si amusant à agencer…
Gisèle Durbe a été une des toutes premières à avoir terminé son DJ… Un très grand quilt qui est, de plus, une sorte de réconciliation avec le patchwork. Parfois on en fait depuis longtemps, mais plus aucun modèle ne trouve grâce à nos yeux… Mais hop, le déclic, l’envie de jouer avec les tissus est revenue grâce à Jane la Diabolique ! Il est entièrement fait de tissus de sa réserve, avec un qui a 40 ans !N’est-il pas splendide dans cette chambre couleur framboise ? Gisèle a entamé un second DJ, cette fois-ci dans les bleus… Oh j’ai hâte de le voir !Comme si Gisèle m’avait entendu, je viens tout juste de recevoir son ébauche de Diabolic Blue, tout aussi réussi… Merci Gisèle et bravo !Miline vient tout juste d’assembler le sien, il mesure 111 cm de côté. De belles teintes douces… La coupe du bord lui a fait un peu peur !!
Voici le quilt de Michèle Mollet, plein de jolis imprimés très gais ! Pour ajouter de la lumière, il est quilté au coton perlé jaune dégradé, un très bon choix !Vu de dos, le superbe quilting de Michèle.La touche finale !
Le quilt d’Isabelle Hubsch sera très grand, il était en cours lorsqu’elle m’a adressé ces photos. Les imprimés fleuris très denses donnent une impression de jardin !Grâce à un petit collage photo, Isabelle nous présente ce que donnera ton top quand il sera fini !Le centre sera ainsi. Isabelle Hubsch
La plupart d’entre vous avez choisi de faire le DJ en format réduit. C’est judicieux car on concentre ainsi son effet géométrique. Celui-ci, aux imprimés précieux, est de Maya Clet.
Michèle Rotteleur a aimé faire son DJ en imprimés exotiques, renforcés par un uni noir. C’est un habile mélange de batiks africains et de pantalons de copines ! Il mesure 120 cm de côté.Encore Michèle Rotteleur ! Cette fois-ci, c’est un coussin de 50 cm de côté. Splendide.
Maïté Gautherin a utilisé un jelly roll , impeccable pour ce projet. Voyez-vous les adorables petits oiseaux ? Ils sont même sur les pattes d’accrochage !
Je constate que, malgré les difficultés à nous rencontrer, il y a des émulations de groupe, comme dans l’association de Pattofils dans le Jura, grâce à Marie-Odile Fournier-Mottet :
Marie-Odile a été la première à m’adresser une photo de son DJ sur la nouvelle adresse diabolicaljane@gmail.com ! Des tissus tout en nuances, un bel équilibre…
Et voici son second, une splendeur en tissus africains :
Diaboliques Wax, Marie-Odile Fournier-Mottet, une totale réussite.
Marie-Odile a fait un cours à son groupe Pattofils sur le Diabolical Jane par internet début janvier, 15 d’entre elles ont été intéressées par ce quilt diaboliquement tentant ! Certaines m’ont adressé la photo de leur quilt, avec toujours un très gentil petit mot, merci Mesdames :
Celui-ci a les dimensions d’un grand coussin, un petit frère gentil et pas du tout diabolique, nous confie Françoise Reymondet !Françoise Reymondet a aussi fait cette splendide variante de 230 cm de côté, avec une bordure très originale. Le quilting est en spirale. Quelle créativité, bravo ! (désolée, je ne peux pas agrandir cette photo)Le quilt de Viviane Baux est éclairé par son centre, comme une trouée de lumière dans une forêt dense et sombre… Osé et réussi !
Je vous laisse admirer le quilt de Christine Michalet, avec le choix assumé des pois rouge qui dansent !
Marie-Claude Gresset a fait ce très beau quilt…… mais aussi un coussin quilté en spirale, quelle belle harmonie !
Marmotte Rousse publie ce matin-même l’histoire complète de son DJ, en voici un résumé :
Dès que j’ai vu ce Diabolical Jane sur le blog de La Ruche des Quilteuses, j’ai su que je le réaliserai. J’ai choisi des tissus lumineux qui font entrer le soleil. Une petite fleur ronde désigne le centre. J’avais une contrainte car je tenais à utiliser les tissus de mon stock. J’ai diminué la dimension du carré de base : 6 cm coupé et donc des briques de 6 x 15 cm pour une taille finale de 1,20 m. Grâce à la grille offerte par Jessie, j’ai pu placer mes tissus pour respecter la symétrie. Le montage de cet ouvrage est très simple et conviendrait parfaitement à une débutante. À part le centre, aucune couture ne se croise et on travaille toujours dans le droit fil. La seule difficulté réside dans la pose de la bande de finition qui doit s’adapter au biais des triangles des côtés. J’ai adoré réaliser ce top qu’il me reste à quilter. Marmotte rousse http://leterrierdemarmotte.over-blog.com/
Danielle Birello a fait un top très contrasté, très dynamique, comme tous les quilts qu’elle fait ! J’aime la gaieté qui s’en dégage.Vive a fait un mini, irrésistible.Avec exactement les mêmes tissus, le grand frère (pas encore quilté). Aussi beau petit que grand !Dessine et joue ! dit Chantal.Coucou, de dos je suis pas mal aussi !Il est cousu et quilté machine, avec beauté et précisionVoici donc Dessine et Joue, de Chantal Bommier
J’ai profité du beau temps de dimanche pour faire enfin des photos du mien, offert à ma fille aînée début janvier :
Naya surveille le quilt, c’est à sa maîtresse ! Finalement il ne s’appelle pas Oh! Gwen, mais Oh! 33 ans…Détail de la bordure. On voit la grande variété des tissus et que les tissus Neelam se marient parfaitement bien avec d’autres.
Une sélection de ces DJ de la Ruche des Quilteuses seront exposés à Lacaze fin juin 2021, avec les autres ouvrages de l’année (annonce ici) ! Oui, nous sommes optimistes, l’agenda se remplit de rendez-vous de patchwork, youpi !!
Et pourquoi pas une exposition de nos DJ tous ensemble, un jour ?…
En attendant ces jours heureux, faites du patchwork, et pourquoi pas un Diabolical Jane ! Katell
Il faisait beau hier vendredi du côté de Toulouse, on entendait les oiseaux chanter, on voyait (déjà !) des abeilles butiner… Une journée donnant un avant-goût du printemps.
Quelques Abeilles de la Ruche des Quilteuses ont aussi saisi l’opportunité de se réunir, cette fois-ci chez Vive. De nouveau, nous avons strictement observé les mesures sanitaires, avec nos masques et un écartement de nos fauteuils. Et je crois bien que le bonheur de nous revoir peut stimuler nos défenses immunitaires !
Quilt solidaire
C’était un après-midi de papotage. La situation dans de nombreux départements nous attriste. Comment surmonter le traumatisme d’une maison inondée ? Nous serons bien sûr volontaires si une délégation fait une action pour les nouveaux sinistrés.
Nous avons suivi un modèle de Bonnie Hunter, Many Trips around the World. Il mesurera 120 x 150 cm.
Quelques blocs se retrouvent au dos, cela fera un beau quilt réversible. Voyez-vous le tissu aux roses ? C’est un tissu-bonheur, un tissu offert par mon amie LeeAnn… à qui j’ai souhaité hier justement un bon anniversaire. Une belle journée, vous disais-je !!
Kristine se charge du quilting, ensuite il sera prêt à être expédié. Je ne sais toujours pas s’il y a une adresse spéciale pour les quilts à offrir. Avez-vous des informations ?
Teinture indigo
Vive a ressorti son top aux fenêtres shibori :
Comme il lui reste beaucoup de rectangles teints, nous lui avons chaleureusement recommandé d’agrandir son top !
Nous attendrons les beaux jours pour faire un atelier de teinture indigo (à partir d’un kit d’Au Fil d’Emma). Vive a déjà éprouvé cette technique, avec sa sœur, et nous sommes avides de jouer à notre tour ! Lisez leurs articles qui racontent leur expérience à 4 mains par ici.
Quilts oiseaux
Nous avons un bon petit paquet de blocs d’oiseaux pour faire un quilt destiné à la tombola de Lacaze ! Mais Maïté a fait entrer le printemps en nous montrant ses deux nouveaux ouvrages – quand on n’est pas atteint, le covid a une conséquence bénéfique, on reste beaucoup plus à la maison et les projets de patchwork avancent !! – des nuées d’oiseaux qui semblent se raconter des histoires… un peu comme nous !!
Celui-ci est terminé, les détails sont fort intéressants, un quilt qui fait l’unanimité ! Il manque à Maïté les bonnes nuances de tissu pour faire la bordure de finition : nous essaierons de les lui fournir à la prochaine rencontre.
J’espère que ce petit Montre & Raconte vous a plu ! Mardi, vous retrouverez ici les quilts Diabolical Jane : j’ai reçu beaucoup de belles photos, quel engouement et quelle réussite à chaque fois ! Je suis sûre que vous aimerez cette galerie virtuelle.
J’ai reconnu mon bonheur au bruit qu’il a fait en partant.
Si nous ne sommes pas inondé, si nous avons la santé, guettons le moindre signe du renouveau de la nature : les premières fleurs s’épanouissent, les oiseaux chantent… Prenons le temps d’apprécier la vie dans les plus petites choses.
Betty sait toujours me dénicher des sujets étonnants, alors je me permets de partager cette info insolite que j’ai bien aimée !
Vous savez sans doute que les Américains sont de très gros mangeurs de chips. C’est d’ailleurs un chef cuisinier mi-noir mi-indien qui les inventa dans son restaurant de Saratoga Springs en 1853 : il servit des lamelles de pommes de terre frites et outrageusement salées à un client qui trouvait ses frites classiques trop grosses… La satisfaction inattendue du gourmet exigeant rendit cette garniture célèbre dans la région ! Ce n’est qu’au siècle suivant qu’Herman Lay créa la fabrication industrielle de chips (marque Lay’s), les de-Lay-cious grignotages… Des histoires de réussites à l’américaine.
Chip, cela signifie copeau, fine lamelle. George Crum (1824-1914) fut le premier à en servir en restaurant !
Évidemment, on ne peut croire que personne n’ait fait de fines lamelles de pommes de terre frites et salées auparavant, mais ce sont celles de George Crum qui sont passées à la postérité !
Chez nous, les rayons de chips ont aussi un succès grandissant et ces spécialités s’étalent au fil des ans, promettant du croquant, du croustillant, du salé, du piquant, plaisirs gustatifs hautement addictifs…
On ouvre le paquet, on picore, et hop le paquet vide part à la poubelle (dans le meilleur des cas). Aucun recyclage prévu pour cette matière très légère et imperméable. Les premiers paquets de chips à emporter étaient en papier ciré. A présent, c’est cette matière très fine et légère, brillante et bruyante, bien caractéristique, qui conserve les chips.
Eradajere Oleita (photo Facebook)
Eradajere Oleita, une Nigériane de 25 ans vivant à Detroit – ville dont je vous ai déjà parlé par ici – a fait parler d’elle voilà 3 jours : CNN a fait un reportage sur son utilisation des paquets de chips vides ! Cette matière prête à jeter ressemble à celle des couvertures de survie, ces feuilles fines dorées/argentées inventées par la NASA, puis utilisées couramment pour prévenir l’hypothermie. Elles ne coûtent pas grand chose mais peuvent sauver des vies.
Alors, que fait Erada avec des paquets de chips récupérés ? Elle les ouvre, les assemble par soudage, les double, pour en faire des sacs de couchage pour les SDF de sa ville. Le froid est intense ces jours-ci à Detroit et la matière de l’emballage agit contre la déperdition thermique : elle ne crée pas de chaleur, mais conserve celle du corps et l’isole de l’humidité. C’est sa contribution pour donner un peu de chaleur solidaire.
Il lui faut environ 4 heures et 150 paquets de chips pour faire un sac de couchage. Son but est d’en faire 60 en un mois (soit 9 000 sacs de chips utilisés au lieu d’être jetés) avec l’aide de volontaires. Elle vient de créer un blog à cet effet.
Dans l’interview par CNN, Eradajere Oleita insiste sur la démarche de recyclage tout autant que l’aide aux plus démunis. Cette action, qu’on peut croire dérisoire, met le doigt sur le gaspillage intense des matières premières. Un sac ne coûte sans doute presque rien à produire, ce n’est pas une raison pour le jeter à perte.
Jamais je n’aurais cru vous présenter un jour un patchwork fait en emballages de chips !! En revanche, j’avais aidé une étudiante aux Beaux-Arts à coudre un quilt brillant or et argent en utilisant une couverture de survie… C’était il y a bien longtemps, avant de commencer ce blog, et j’en ai perdu les photos… Dommage !
Je vous souhaite une belle semaine, avec ou sans chips au menu ! Katell
… L’avenir de l’homme est la femme Elle est la couleur de son âme… Louis Aragon, 1963 Zadjal (poésie arabo-andalouse) édité dans Le Fou d’Elsa
Au moment où les États-Unis connaissent de forts soubresauts – ce 6 janvier avec l’assaut du Capitole marquera l’Histoire – je souhaite aller sur le chemin de l’espoir. Les problèmes de discriminations sont différents d’un pays à l’autre, fonction de leurs passés. Pour moi l’arme universelle est l’éducation pour un accès indiscriminé au travail, à la dignité sociale et à la culture. Illustration avec trois petites filles noires ou métisses de 6 ans, sur le chemin de l’école.
Betty Ford-Smith
Vous connaissez les quilts de Betty, qui vit actuellement en Floride, venue nous rendre visite en juin 2018. Elle est donc devenue célèbre en Occitanie, poursuit son chemin couronné de lauriers aux USA et nous continuons d’avoir de très affectueuses conversations par mail.
Betty a grandi dans l’État de New-York. On n’a pas idée en France des ségrégations de la vie quotidienne dans les USA, pays qui se proclame de la liberté – et qui l’est, mais pas encore pour tout le monde, loin de là. Dans cette partie des USA, dans le Nord-Est progressiste, la ségrégation strictement officielle n’existait plus dans la fin des années 1950 et voici une adorable photo de mon amie, 6 ans en 1957, avec son petit frère, sur le chemin de son école, acceptant les enfants de toutes couleurs de peau :
Betty porte à la main un cahier et un crayon. J’adore le nœud blanc sur sa tête aux cheveux tressés à l’arrière, les socquettes blanches, le petit costume vichy et les mêmes chaussures à boucles que moi quelques années après !
Styliste de mode, c’était le rêve de Betty, mais impossible de percer à l’époque quand on a la peau noire. Ségrégation quand même… Alors Betty s’est forgé une carrière d’éducatrice d’enfants handicapés, pour finir proviseur de lycée. Puis l’amitié et l’amour du textile l’ont propulsée dans le monde du patchwork…
Betty a appris l’art du pine cone quilt avec Miss Sue, déjà très âgée. Cette amitié a sans aucun doute éclairé la fin de vie de cette petite dame à la vie tumultueuse, tout en donnant un tournant à la vie de Betty.
Ruby Bridges
Dans le Sud des USA, la ségrégation était encore virulente dans l’après-seconde guerre mondiale et des personnes de caractère ont fait évoluer la situation. On peut évoquer Rosa Parks en 1955 qui refusa de laisser sa place à un passager blanc dans un bus ou Martin Luther King, toujours pacifiste, qui fit des Marches, des discours qui restent dans nos mémoires (I have a dream), dont c’est l’anniversaire de naissance le 15 janvier (et jour férié chaque 3e lundi du mois de janvier, cette année c’est aujourd’hui-même).
Ruby Bridges était une petite fille de 6 ans en 1960. Comme des millions d’enfants, elle s’est rendue dans son école à pied, le 14 novembre. Mais elle fut escortée de 4 policiers chargés de sa protection (puis tous les jours de cette année scolaire). Pourquoi ? C’était simplement la première élève noire à rejoindre une école de Blancs en Louisiane.
Cette petite fille toute mignonne sur le chemin de l’école a été immortalisée par le grand peintre réaliste Norman Rockwell. On aperçoit les gardes adjoints du Marshal, des graffitis honteux sur le mur, une tomate écrasée qui vient de manquer la petite cible.
The Problem we all live with, Notre problème à tous, tableau à l’huile de Norman Rockwell, 1964.
Au moment où Norman Rockwell peignait ce célèbre tableau, mon amie Betty alors petite fille vivait tout près de chez ce grand peintre, dans le comté de Westchester (New Rochelle, État de New-York). Elle aurait pu servir de modèle au peintre !
Photo officielle de La Maison Blanche par Pete Souza
Le tableau de Norman Rockwell se trouve dans la Maison Blanche, tout près du Bureau Ovale – du moins du temps d’Obama qui accueillit, le 15 juillet 2011, la petite Ruby devenue grande. Le Président lui a déclaré que sans elle, il ne serait pas devenu Président. Ruby Bridges a œuvré toute sa vie pour promouvoir les valeurs de la tolérance, du respect et de l’appréciation des différences.
La rentrée du premier enfant noir dans une école blanche en Louisiane reste un fait marquant de l’histoire américaine.
Cette intégration ne se fit pas sans heurt, des parents blancs sortirent leurs enfants de cette école ; tous les enseignants, sauf une, refusèrent de l’avoir en classe et la petite Ruby resta isolée sans amis pendant longtemps… Son père, pourtant héros de la guerre de Corée, perdit son travail, sa mère Lucille n’était pas servie dans certains magasins… Ruby est devenue agent de voyage et a toujours œuvré pacifiquement pour les droits civiques pour tous.
Après une vie consacrée aux droits civiques, Ruby Bridges vient d’écrire ce livre, This is your time (C’est à votre tour) pour motiver la jeune génération à rester vigilante et à poursuivre pacifiquement le combat. Elle eut la douleur de perdre son fils aîné dans la violence ordinaire américaine. Elle recommande courageusement de ne pas être comme eux, comme les trumpistes et autres violents…
Kindness is an act of protest, dit-elle, la gentillesse est un acte de protestation.
Kamala Harris
Kamala, sa petite sœur Maya et sa maman Shyamala Gopalan Harris (aujourd’hui décédée). Les petites filles ont une allure typique de l’époque, avec toujours les jolies petites chaussures à boucle ! Berkeley, 1970 (photo Instagram du compte de Kamala Harris, qui y partage ses souvenirs)
Kamala Harris va prendre ses fonctions de Vice-Présidente des États-Unis le 20 janvier. Ses parents sont deux intellectuels de haut niveau, tous deux nés dans des ex-colonies britanniques, l’Inde et la Jamaïque, et ils se sont rencontrés dans le campus universitaire d’Oakland, en Californie, bruissant d’idées progressistes. Le couple n’a pas longtemps tenu, c’est la mère qui a principalement élevé ses filles, poursuivant parallèlement une brillante carrière de chercheuse sur la cancer du sein au Canada. Kamala est le symbole d’un melting-pot qui peut prendre mille visages. Elle est née le 20 octobre 1964, l’année où Norman Rockwell peignait The Problem we all live with, le fameux tableau avec Ruby.
Au moment de la victoire de Joe Biden à la Présidence des États-Unis pour les 4 prochaines années, une photo est devenue virale aux États-Unis, moins chez nous car nous n’avons pas le contexte culturel permettant de l’apprécier pleinement :
Kamala Harris en Power Woman (Femme de Pouvoir) qu’elle est, talons aiguille, costume sombre et brushing parfait, et son ombre, la petite Ruby : du chemin vers l’école au chemin vers la Présidence, un grand pas pour ces femmes ! Photo-montage @briagoeller et @goodtrubble.
Ma mère me disait : Kamala, tu seras peut-être la première à faire beaucoup de choses, fais en sorte de ne pas être la dernière.
Nous avons tellement plus de choses en commun que ce qui nous sépare.
Rêvez avec ambition, dirigez avec conviction.
Notre unité est notre force et notre diversité est notre pouvoir. Kamala Harris
Grâce à Betty, j’ai compris le sens de cette photo qui fait le parallèle entre la petite Ruby vers l’école et la grande Kamala vers la Maison Blanche, une marche confiante et décidée vers une société plus juste. L’éducation est pour tous, y compris les femmes et les non-Blancs ! J’ose espérer que c’est évident en France en 2021, mais tant de gens ont dû se battre pour cela auparavant, et ce n’est pas encore gagné partout…
C’est ainsi qu’avec l’aide éclairée de Betty, j’ai pu vous expliquer le contexte d’une double page de l’art contemporain qui marque la société américaine, avec un tableau de 1964 et une photographie de 2020.
Jusqu’où peut nous mener une bonne éducation ? Jusqu’à nos rêves…
Kamala Harris, le 12 août 2020 (Photo Olivier DOULIERY / AFP)
Kamala Harris est une potentielle héroïne de ces prochaines années, souhaitons-lui bonne chance !
Betty & Katell
Le bonheur, c’est quand vos actes sont en accord avec vos paroles. Gandhi
Aux USA, faire un quilt sur commande est chose relativement courante quand on est reconnu(e) artiste de talent. Betty, spécialiste des Pine Cone quilts, en a déjà vendu plusieurs. Cette fois-ci la cliente avait quelques exigences, ce qu’a accepté notre amie.
Petit quilt deviendra grand… C’est ainsi que commença l’ouvrage que Betty a entamé fin juin dernier, avec des carrés de 10 cm de côté pliés à la main au fur et à mesure et fixés par petits points avec un fil épais de coton blanc. De nombreuses techniques existent, mais celle-ci est celle des femmes du Sud-Est des USA.
Jour après jour, le quilt avance. Betty coupe habituellement ses carrés à 5 inch, soit 12,5 cm de côté. Ici, les carrés plus petits font que les rangs se suivent plus serrés encore que d’habitude… C’est une demande de la cliente qui veut un quilt d’exception.
Il grandit, jour après jour, semaine après semaine, les doigts font mal, les épaules sont endolories, Betty s’endort parfois dessus…
Déjà, il est spectaculaire. Oserais-je dire qu’il me fait penser à… un pangolin géant ? 🙃 Un animal inoffensif en voie de disparition, étalé sur les marchés chinois, vrai ou faux transmetteur d’un coronavirus qui n’aurait jamais dû être en contact avec les mammifères humains…
Ah-ha, Betty l’appelle justement Corona 2020 !
A la fin, il faut 7 heures de travail continu pour un tour complet. Betty m’a écrit que c’est sans doute son dernier quilt « king size »… mais on ne sait jamais !
Les pine cone quilts d’antan se faisaient avec des tissus très usagés, c’était l’ultime recyclage de tous les textiles. Betty utilise des tissus neufs de qualité patchwork, pour la beauté du résultat et la durabilité.
Voici ce que montre le dos : un travail d’artisane, fait avec beaucoup de constance et de patience.
C’est peut-être chez les artisans qu’il faut chercher les preuves les plus admirables de la sagacité de l’esprit, de sa patience et de ses ressources. Denis Diderot – L’Encyclopédie
Traditionnellement, la plupart des quilteuses du Sud ne cachaient pas leurs points, fières de leur régularité ! Et toujours, ce fil blanc qui sert à tout. Betty conserve la manière traditionnelle de travailler, apprise par Miss Sue.
Près de 10 000 carrés plus tard, 940 heures de travail, le voici fini, posé sur un drap pour la photo.
C’était en décembre : Betty m’écrit qu’enfin, son Corona 2020 était fini ! Je lui ai demandé de ne pas oublier de le mesurer et le peser avant l’envoi. C’est chose faite, ce nouveau « bébé » mesure 260 x 265 cm et pèse… 23,5 kg !!
Le petit monstre rouge et violet est parti vers sa propriétaire !
Ce quilt rejoindra donc la collection d’une artiste qui a déjà acheté un Pine Cone quilt à Betty (le vert). Cette femme est spécialisée dans l’expression artistique textile des afro-américaines et elle apprécie le travail extraordinaire de Betty à sa juste valeur. Vous pouvez voir ici la biographie de Dr. Carolyn Mazloomi et les 12 livres qu’elles a écrits par ici. Sans avoir la moindre idée de l’auteure, j’avais présenté un de ses livres par ici, je l’avais acheté, lu et bien apprécié, puis offert à une amie… Un livre très riche et documenté.
Dr. Carolyn Mazloomi est une femme infatigable, quilteuse elle-même, qui mena de front sa passion du patchwork, de l’Histoire des femmes afro-américaines, de la promotion des ouvrages d’art avec une carrière d’ingénieure aérospatiale en étant investigatrice aux crash tests à la NASA. Avez-vous vu le film Les Figures de l’Ombre ? Elle a succédé à ces héroïnes !
J’aime beaucoup ce film, sorti aux USA le 13 janvier 2017, il y a pile 4 ans. J’ai le DVD et je crois bien que je vais le revoir bientôt, avec un plaisir intact !
Kristine m’a fait, comme chaque année, la surprise de la bannière de janvier : 2021 en chiffres romains, quelle bonne idée ! Évidemment quelques abeilles butinent et les imprimés à texte nous incitent à être joyeuses (be joyful), créatives (creative), inspirées (inspired), gentilles (caring), heureuses (happy), humbles (humble), vraies (true), uniques (original)… Be You, Etre Nous-mêmes!… Ce sont les couleurs choisies par Pantone pour 2021 : gris sombre et jaune acide, allégorie de la lumière au bout du tunnel. J’ajoute : Heureux Anniversaire à Kristine, ce 11 janvier !
2020 laissera un souvenir indélébile, celui d’une pandémie mondiale qui a tout déréglé. Pour les quilteuses, c’est l’arrêt de la plupart des joies des rencontres autour du patchwork, les JA, les Salons, les Expositions… Téléphone, mails, réseaux sociaux permettent heureusement de garder contact, mais les rencontres en vrai, c’est devenu rare et néanmoins irremplaçable.
Ce mot de la langue inuit, ceux que naguère on appelait les Esquimaux, est intraduisible directement : c’est l’excitation qui vous saisit dans l’attente d’une visite, celle qui vous fait regarder par la fenêtre ou sortir sur le palier pour savoir plus vite si l’invité arrive…
C’est ce je fais, comme une gamine qui guetterait l’attelage du Père Noël dans les nuages, quand la Ruche se réunit chez moi. Vendredi en début d’après-midi, j’étais complètement iktsuarpok !
Nous nous sommes montré nos dernières réalisations, le temps est passé vite à papoter (beaucoup !) et à coudre des oiseaux en vue d’un quilt à faire ensemble. L’ambiance était gezellig comme j’aime.
C’est un mot hollandais aux sonorités très gutturales, mais qui décrit un état de béatitude, un sentiment de confort et de bonheur quand on est ensemble, en bonne compagnie, en toute sécurité et confiance.
Nous avons d’abord choisi la disposition des blocs faits à l’automne pour un quilt destiné à une famille sinistrée dans les Alpes-Maritimes, ce projet a été très retardé en raison du confinement :
Scrappy Trips around the World, modèle de Bonnie Hunter/Quiltville.
Puis ce fut l’habituel Montre & Raconte :
Andrée est sur le point de terminer ce splendide quilt aux tissus japonais, mis en valeur par un fond de plusieurs nuances de bleus doux. Je l’aime infiniment. C’est interprété d’un quilt paru dans un livre de Tilda.
Danièle nous avait montré l’avancée de ses quilts en tissus Neelam lors de la Ruche juste avant Noël :
Danielle a beaucoup aimé s’amuser avec ces trois couleurs, et sa fille a réservé ce quilt pour elle !
Diabolical Jane
Je reviendrai très bientôt sur les Diabolical Jane, car j’ai reçu des photos de vos réalisations sur diabolicaljane@gmail.com. Ceux que j’ai déjà reçus sont splendides ! En attendant, en voici quelques-uns des Abeilles :
C’est celui d’Évelyne, avec le vert acide qu’elle aime tant mettre dans presque chacun de ses ouvrages. Sans bordure ajoutée, une option très moderne.Son beau dos, en patchwork de restes, montre le travail de quilting à la machine, très réussi !C’est celui de Kristine, avec une bordure qui lui permet d’utiliser un ruban ancien hérité de sa mère. Frais, printanier et harmonieux !Comme toujours, Kristine brode des étiquettes informatives et superbes, avec un petit échantillon du ruban de bordure (le carré fleuri)Andrée a laissé parler l’exubérance des wax, quelle réussite !Maïté a modifié le modèle pour en faire SON DJ unique, très spectaculaire !
Le 18 décembre dernier, jour de la Ruche précédente, nous avions déjà vu les beaux DJ de Chantal et de Vive, les Abeilles manquantes avant-hier. Je les ajouterai lors d’un article récapitulatif. Danièle en a fait un splendide également, très coloré… Je n’ai pas toutes les photos. Quelle émulation ! Et le mien est très grand, 2 m de côté, pour le lit de ma fille aînée qui vient de fêter son anniversaire (une Capricorne de plus), je vous en ferai une bonne photo pour le prochain article à ce sujet.
Quilts Météo
Ah quelle aventure que ce quilt météo ! Pour chacun qui l’a fait en 2020, cela restera un ouvrage très spécial, lié aux événements personnels de 366 jours mais aussi à cette année dont le fil rouge restera à jamais l’expansion mondiale du Covid19. Dans le groupe privé Facebook qui réunit à ce jour 712 membres, on voit une diversité extraordinaire d’ouvrages, tous plus beaux les uns que les autres. Les quilteuses font preuve d’endurance et de créativité ! D’ores et déjà, je peux vous annoncer qu’une exposition de quilts météo pourra se faire dans le Tarn, fin juin 2022, les modalités seront à finaliser avec les organisateurs. J’espère que nous aurons d’autres propositions car ces quilts méritent de voyager pour être vus et revus un peu partout !
Éliane montre son quilt terminé, hormis les bordures et le quilting.Elle a résolu son problème des deux mois accolés de 31 jours, juillet et août, qui décalaient les colonnes, en incluant des losanges où est brodé le titre.Si vous avez la chance de voir un jour ce quilt de près, vous verrez que Maïté a ajouté de nombreux détails brodés…
Cerise sur le gâteau, des quilteuses ont entamé un quilt météo 2021 !
La Pause
Fika (café en verlan suédois !) est le moment privilégié où on fait une pause avec un bon café et un petit gâteau (pour nous c’était thé aux cerises/hibiscus et oreillettes d’Éliane), une pause qui peut s’étirer parce qu’on est simplement bien ensemble…
Après avoir vu tant de belles choses, nous avons fait la pause Fika et nous avons évoqué l’assaut du Capitole, un traumatisme de plus infligé par un Président qui n’a cessé de nous navrer. Et nous avons encore bavardé, nous souvenant des inoubliables journées passées avec nos chères amies américaines LeeAnn, Jeanne, Tari, Betty – et j’ai distribué avec grand plaisir les calendriers que Betty a offerts aux Abeilles pour 2021. Betty, you will be with us in our ateliers! Thank you so much again 💗
Et la sécurité ? Nous ne sommes pas kamikazes (autre mot venant d’ailleurs), nous vivons toutes plutôt isolées, la plupart en maison individuelle à la campagne ou presque. La pause Fika s’est faite dans une autre pièce en remettant nos masques après chaque gorgée de thé. Notre département est actuellement relativement peu impacté, nous avons jugé raisonnable de nous revoir dans cette grande pièce où l’air circule bien. S’il est reconnu que la peur et le stress affaiblissent les défenses immunitaires, j’ose penser que notre rencontre vitaminée les booste momentanément !
Oiseaux de passage
Nous avons une bonne nouvelle qui, espérons-le, ne tombera pas à l’eau… La Ruche des Quilteuses est invitée à exposer en juin prochain à Lacaze dans le Tarn ! Ce sera un week-end très festif où chacun sera heureux de replonger dans une vie faite d’art et d’amitié. Nous ne serons pas seules, à l’appel de Christine Meynier et Cécile Milhau, LesFilles du Rouvray, les quilteuses passionnées qui travaillaient dans le premier magasin de patchwork de France, exposeront une belle sélection de leurs œuvres. Ce sera un grand événement, d’autant plus que cette année, de nouveaux lieux d’exposition ouvriront dans le village en cumulant les expositions 2020 et 2021, avec de nombreuses animations et surprises ! Alors réservez dès à présent votre dernier week-end de juin pour visiter le cœur de l’Occitanie, près d’Albi-la-Belle.
Lacaze, au cœur de l’Occitanie
Pour remercier Les Amis du Château de Lacaze, l’association organisatrice de cet événement, nous allons faire un quilt pour une tombola. Son nom temporaire est Oiseaux de passage, car nous l’avons imaginé lors des passages des oiseaux migrateurs. Qu’on aime voir les oiseaux voler et parfois se poser en groupe dans la campagne, avant de les admirer repartir en nuée sonore… Un spectacle éblouissant !
Malheureusement, depuis 40 ans les oiseaux sont décimés eux aussi. Ces petits animaux à la fois familiers et merveilleux doivent désormais bénéficier de protections drastiques. L’écrin de verdure de Lacaze est un lieu idéal pour rappeler ces évidences. La première étape s’est passée hier, avec le choix de faire des oiseaux aux ailes en tissu Wax (batik africain) et au corps uni, en couture improvisée. Des Abeilles faisant des oiseaux, mais oui tout arrive !
Il faut d’abord bien comprendre comment faire un piou-piou.A la recherche du tissu uni qui ira avec le wax…On aura sans doute assez de tissus !On maîtrise la coupe des piou-pious, tout va bien !
Iktsuarpok, Gezellig, Fika, ces trois mots qui n’existent pas en français résument notre première journée de l’année ensemble. Ces mots (et ces illustrations) sont tirés du petit livre Lost in Translation d’Ella Frances Sanders, malheureusement pas traduit en français. Vous y trouverez une cinquantaine de petits mots tout mignons comme ceux-là !
Merci du fond du cœur pour tous vos vœux, je crois que je ne réussirai pas à répondre à chacun, veuillez m’en excuser. En revanche, je vais reprendre le chemin un peu oublié des réseaux sociaux et de nouveau alimenter mon blog.
Que la sérénité me soit donnée d’accepter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre. Marc-Aurèle
Que chacun réussisse à passer la meilleure année MMXXI possible !
Bien sûr, on adore acheter des tissus ! Un jour cependant se pose le problème du recyclage des restes. Pour ma part, je suis rarement à court d’idées pour faire un scrap quilt qui rassemble sans façon des centaines de bouts de tissus disparates, y compris des vêtements, des draps. Mais récemment, une lectrice m’a posé une colle : que faire de blocs orphelins qui n’ont rien en commun ? Elle avait apprécié l’idée de la Voie Lactée dans BeeBook, mais recherche autre chose, car elle a l’habitude de faire beaucoup d’essais de techniques. Je lui ai proposé, sans trop de conviction, d’en faire des pochettes, des coussins… Avez-vous des suggestions ?
Commencer un ouvrage, c’est une excitation et un pari sur notre capacité de le réaliser jusqu’au bout. Mais c’est si long que la motivation peut s’évanouir s’il ne répond pas parfaitement à nos attentes. Selon le tempérament de chacune, il sera fini coûte que coûte, sera mis de côté en attendant ou mis au rancart sans état d’âme, sans doute retaillé ou mis en dos de quilt recomposé. C’est ma tendance. Pour moi, la vie est trop courte pour m’astreindre à finir ce qui ne me plaît plus assez pour y consacrer encore du temps.
J’accepte de laisser tomber un ouvrage s’il ne m’apporte plus de joie.
Les quilts anciens se vendent très bien aux USA. Les Américains ont la possibilité d’en acheter à des prix très raisonnables. Il doit s’en vendre des dizaines, voire des centaines par jour à travers les USA, car on le sait bien :
Un lit n’est un vrai lit qu’avec un quilt dessus !
On peut en acheter chez des antiquaires en boutique ou en ligne, dans presque toutes les brocantes, ou bien sur le site d’Hannah, Stitched and Found qui, année après année, confirme son succès. Vous pouvez lire l’article où je vous la présentais il y a un an et demi.Depuis, elle a un second enfant, encore tout bébé, et des centaines de nouveaux quilts qu’elle montre sur Instagram et qui sont vendus parfois très vite…
Hannah et ses quilts : trouvailles dans les vide-greniers et brocantes, réhabilitation et revente sur son site.
En France, beaucoup n’apprécient pas la valeur d’un quilt. Ils n’en ont pas la culture. En conséquence, voici ce qui peut arriver :
Ça me fend le cœur ! Une photo-choc pas prise à Marseille par Marius, mais à Toulouse la semaine dernière. J’espère qu’aucune de mes amies quilteuses toulousaines ne reconnaîtra un cadeau fait naguère…
Certains quilts anciens sont en parfait état, d’autres sont partiellement usagés. Sur Instagram défilent les tendances qui se font et défont à la vitesse de l’éclair et une des dernières bonnes idées est d’utiliser des quilts anciens pour en faire… des vestes d’hiver !
La recette : on prend un quilt, un patron de veste, on taille dans les portions de quilts bien conservées, on assemble… et on porte la veste, parée pour les frimas ! Bon, il faut être bonne couturière, certaines vestes ne font pas envie…
Non, pas de photo de veste loupée, j’ai un minimum de compassion pour les ratages !
Dans la Ruche, nous sommes toujours amoureuses de la veste de Kristine, qu’elle a faite à partir de fat quarters de chez Neelam, avec un tissu déjà matelassé acheté au mètre (qu’on voit à l’intérieur de la veste), un gros grain noir et des brandebourgs :
Au Loto des 30 ans de France Patchwork à Balma (31), nous avions disposé, à droite de la scène, le quilt des 30 ans fait par la Délégation, la veste de Kristine et un petit sac, le tout en tissus Neelam. Nous, on adore !Dès qu’il fait frisquet ❄, Kristine arrive le vendredi à la Ruche avec sa veste. On espère toujours vaguement qu’elle l’oublie, mais non 🙃
Quant à Caroline, une amie de Kristine, elle a acheté une veste indienne qui lui a tapé dans l’œil :
Le charme du patchwork en veste, un grand classique de vestes made in India qu’on trouve dans des magasins exotiques ou sur certains marchés de plein vent. Celle-ci est particulièrement jolie !
Faire des vestes à partir d’un quilt ancien, c’est le pari de plusieurs jeunes stylistes cette année 2020, et les clients sont là ! La semaine dernière, on pouvait voir notre cher Roderick Kiracofe, collectionneur de quilts et auteur de plusieurs livres essentiels sur le patchwork, porter sa nouvelle veste faite par Reclaimed Fabric :
Très chic Roderick ! (photo Instagram @roderick752)
C’est devenu un véritable phénomène de mode, que le New-York Times a décortiqué dans un article voilà 15 jours. En prêt-à-porter ou même en haute-couture, on avait déjà vu des vêtements rappelant le patchwork traditionnel. Mais la mode actuelle est d’utiliser de vrais quilts anciens, ceux qu’on trouve encore en nombre dans les vide-greniers et dans presque chaque famille, et de tailler dedans. Sacrilège ? Pillage de l’héritage des grands-mères ? Y a-t-il un risque de couper dans de beaux quilts qui pourraient avoir leur place dans un Musée ? La réponse de la styliste Rebecca Wright est qu’elle ne prend que des quilts à sauver de la poubelle. Ainsi, la démarche a un sens, c’est une réhabilitation de matière première, un recyclage malin. Mode éphémère ? On verra bien ! Mais si la veste est bien faite, elle durera de longues années. Elle changera peut-être de propriétaire, mais elle continuera de tenir une personne au chaud. D’autre part, la demande de vestes est si forte qu’on commence à faire faire des quilts à Haïti (main d’œuvre bon marché) avec des tissus vintage POUR en faire des vestes… Un vrai phénomène de mode, je vous le disais bien !
La plupart des plus belles vestes en quilt vues sur Instagram proviennent du même compte @psychic.outlaw, même si l’offre est très variée. Rebecca Wright, qui aime les bandanas, les quilts et les vêtements un peu fous, a créé l’année dernière sa société Psychic Outlaw et a embauché cette année 13 personnes. Outre de formidables robes d’été en bandanas, elle peut vous faire une veste à partir d’un de vos quilts, ou d’un de sa collection. Vous n’imaginez sans doute pas ce que cela peut rendre, alors voici des photos !
Voici Rebecca Wright, la jeune modiste texane avec une de ses créations en bandanas.Psychic Outlaw – Star of TexasPsychic Outlaw – Anneaux de mariagePsychic Outlaw – Points de croixPsychic Outlaw – PinwheelPsychic Outlaw – Assiette de Dresde ensoleilléePsychic Outlaw – Étoiles à 8 pointesPsychic Outlaw – Kansas TroublePsychic Outlaw – Calico StarburstPsychic Outlaw – Ranch StylePsychic Outlaw – Confetti
C’est un petit aperçu de ses créations. Chaque veste est évidemment une pièce unique.
Faire une veste à partir de blocs orphelins, voilà qui peut séduire ma correspondante, c’est aussi une idée pour des tops pas finis, en ne quiltant que les parties utiles pour la veste. Osons les vêtements qui se remarquent, les couleurs qui claquent, les recyclages innovants sans nécessairement tailler dans nos plus beaux quilts !!!… Et ne donnons pas l’excuse de notre âge, au contraire restons jeunes grâce à notre allure unique !
Désigner les livres produits non essentiels n’est pas bon signe. Je n’ai pas envie de polémiquer ici, mais vous devinez mon agacement. Enfin, les commerces ont de nouveau le droit d’ouvrir et de vendre ces fameux non-essentiels, tellement mal désignés. Nous restons cependant en confinement, il faut arriver à faire baisser suffisamment les chiffres pour passer une fin d’année en famille réunie et ce n’est pas gagné. Et je sais que tant de personnes ne peuvent toujours pas travailler… Changeons donc de sujet, pour éclairer notre journée.
Aujourd’hui, je me réjouis de vous recommander un livre de patchwork français qu’on peut acheter en librairie ! Cela fait un an que je voulais écrire cet article, mais j’avais bien souvent une actualité à traiter. Cette année est passée tellement différemment de toutes mes prévisions que, presque à son issue, il me semble que je ne l’ai pas vécue.
Patchwork – Contre-cultures, le ton est donné dès le titre et sur la 4e de couverture. Les protagonistes sont les Femmes ! Ce livre est posé sur mon quilt Castelnau (présenté dans BeeBook)
Il s’agit d’un livre assez particulier dont l’éditeur, Jean Poderos, raconte l’histoire en préface. Vous vous souvenez de Jacqueline Morel qui enchantait les pages de Marie-Claire Idées avec des quilts poétiques. A sa disparition, nous étions bouleversées et j’avais écrit cet article en hommage. La famille de Jacqueline, consciente de son impact sur le monde des quilteuses françaises, a ardemment souhaité laisser une trace plus conséquente que de simples présentations de quilts dans un magazine.
Ainsi est né le projet du livre. En le feuilletant, on voit que des doubles pages en fond noir parsèment le volume : c’est ici l’histoire de Jacqueline Morel, illustrée de ses quilts qui accompagnent les tendances que nous avons nous aussi traversées depuis les années 1980. C’est le Portrait de Jacqueline Morel au long cours en neuf parties. Nous parcourons la vie de cette artiste et nous apprécions son sens des couleurs, son goût du travail manuel bien fait, ses talents de dessinatrice et son humanité… Un régal de parcourir ainsi sa vie de quilteuse, et la nôtre en miroir.
Quant aux pages imprimées sur fond blanc, c’est là aussi une très bonne surprise. Je ressens beaucoup d’affinités avec les thèmes présentés par les auteures. Enfin, un livre français qui raconte en détails l’histoire du patchwork dans le monde et sous toutes ses coutures ! Vous y trouverez aussi bien l’économie rurale et le « faire avec ce qu’on a » que les quilts de concours ou le simple loisir, la force des appliqués, la folie des crazy tout comme la symétrie du patchwork en blocs, et aussi les quilts bavards et contestataires, les quilts faits en commun, la sororité… Autant de thèmes auxquels vous êtes habituées, vous lectrices de la Ruche des Quilteuses !
Très bien structuré, l’ouvrage passe en revue de nombreux thèmes que vous avez pu aussi lire ici dans mon blog. Le livre a l’atout majeur d’avoir un déroulement logique, et de plus en plus je ressens la faiblesse de mon blog : comment s’y retrouver dans près de 1 100 articles étalés sur 9 ans ? Il y a bien les rubriques et la magie des liens, mais moi-même j’ai parfois du mal à retrouver un article… Je suis ravie de trouver imprimées en français les idées que j’ai déjà abordées – et bien plus encore ! – avec ordre et logique. Bravo à l’audace de l’éditeur, bravo aux auteures Marie Le Goaziou et Nathalie Bresson !
J’avoue ne pas connaître Marie Le Goaziou. En revanche, Nathalie Bresson est mon amie sur Facebook depuis plusieurs années, ça crée des liens ! Elle a activement participé à ce livre et j’apprécie sa culture encyclopédique du monde des textiles, toujours bien à propos.
C’est donc un livre que je vous recommande sans hésitation. Décembre, c’est le mois des cadeaux, soufflez donc cette idée à vos proches !
Maïté a immédiatement réagi à mon article sur la fêlure réparée qui rend plus fort, plus beau, sur la résilience… L’art du Kintsugi, vous en souvenez-vous ? Vous pouvez le retrouver par ici.
Le malheur n’est jamais pur, pas plus que le bonheur. Un mot permet d’organiser une autre manière de comprendre le mystère de ceux qui s’en sont sortis : la résilience, qui désigne la capacité à réussir, à vivre, à se développer en dépit d’adversité. Boris Cyrulnik
Nous avons chacun nos forces vitales, nos fêlures aussi, nos bonheurs et nos malheurs. Cette année 2020 est une épreuve pour beaucoup. S’exprimer par l’art est une aide inestimable !
Passez une bonne journée, merci à Maïté de partager ici ce magnifique quilt symbolique, Katell
Dès que j’ai lu l’article sur le Kintsugi, j’ai su que j’allais en faire un quilt : la symbolique du bol tout simple, réparé et plus beau encore, résonne en moi. Le bol est un compagnon de vie pour boire et manger de la manière la plus simple possible, comme le préconise la tradition japonaise, où chaque personne possède sa tasse à thé et son bol à riz correspondant à son âge, sa taille et son sexe (d’après Dominique Loreau, L’Art de le Frugalité et de la Volupté, Éditions Robert Laffont, 2009). Immédiatement, j’ai senti qu’était venu le moment de faire un quilt de bols, encore d’après Kaffe Fassett, qui décidément ne me quitte pas en ce moment (voir l’article précédent).
Rice Bowls, Kaffe Fassett
Je suis folle du BLEU. J’ai immédiatement imaginé tous mes bols japonais bleus, et je me suis à nouveau plongée avec délice dans mes chutes où j’ai déniché les bleus souhaités sans difficulté. J’avais même l’embarras du choix.
Chaque bol appliqué est souligné d’un point de tige gris à un fil. Je me suis amusée à matelasser machine la silhouette du bol sur le pourtour après avoir cousu un faux passepoil rouge qui souligne tous mes bleus :
La symbolique de la résilience est dans le titre brodé :
Encore plus beau… Encore plus résistant… Encore plus précieux… Encore là !
Le bol central bleu uni réparé avec de la poudre d’or (kintsugi) représente ma fille.
Maïté est au clavier pour cet article et le prochain !
100 000 chemises… 50 ans de bonheur
Avez-vous le souvenir de la marque 100 000 Chemises ? C’est que vous n’êtes plus toute jeune, comme moi ! C’était la qualité à la française appliquée aux chemises d’homme. Une marque, un savoir-faire, un patrimoine que nous avons laissé filer. Un de plus.
Pendant plus d’un siècle, des femmes ont coupé, cousu, repassé, plié bien plus que 100 100 chemises ! Yvan Bernaer, Nous, les 100 000 chemises (Éditions La Bouinotte)
Sur cette carte postale ancienne, c’est la sortie des ouvrières de 100 000 Chemises à Châteauroux (Indre). L’usine fut ouverte de 1891 à 2004. Les premiers ateliers de 100.000 Chemises se situaient à Paris, puis la grande usine ouvrit à Châteauroux, puis une blanchisserie à Creil.
Le fondateur de ce petit empire du textile est Moïse Schwob (1838-1914), un Alsacien ayant choisi la naturalisation française en 1870 et le prénom de Maurice. Ici avec son épouse, Anna. Dès la fin du XIXe siècle, il avait créé le début de prêt-à-porter et le fameux Satisfait ou Remboursé.
M. Schwob créa une encyclopédie des chemises et l’acheteur remplissait une fiche avec toutes ses mesures et choix de finitions. Cela évolua vers les chemises avec diverses tailles et caractéristiques préparées d’avance (tour de cou, longueur de manches, forme du col…)
Salle de repassage à Creil (Oise). Le travail était rude, mais Maurice Schwob se fit aussi remarquer par les innovations sociales envers ses ouvrières (forme de sécurité sociale).
La coupe du tissu, c’est du sérieux !! Ici sont employés des hommes – Manufacture 100 000 Chemises de Châteauroux
Naguère, dans la plupart des villes françaises, il y avait un magasin 100.000 Chemises et les produits s’exportaient très bien. Les 30 dernières années, les chemises de Châteauroux étaient destinées à la marque britannique Burberry.
Vous allez vite comprendre le titre de mon quilt : j’ai hérité une belle quantité de chemises de mon amie Marie-Hélène qui sait que j’accepte tout textile recyclable. C’est elle qui m’avait offert le rouleau d’exercices que j’ai eu le plaisir de vous présenter après rénovation. En même temps, j’avais reçu quantité de chemises venant de son papa décédé à 101 ans.
J’ai sélectionné les rayures les plus colorées pour interpréter le modèle tiré du livre de Kaffe Fassett, devenu un grand classique :
C’est ce modèle qui me fascine !
Ce fut une jubilation de jouer et jongler avec toutes ces rayures et ces couleurs, tant et si bien que l’assemblage du top fut plus rapide que prévu (« avantage » du confinement !). J’ai matelassé en suivant dans 95 % des cas la ligne des rayures (parfois la diagonale des petits carrés). Tout est quilté à la machine, maintenant que l’arthrose m’empêche de le faire à la main.
Je compte offrir ce patchwork à mon amie Marie-Hélène pour ses 50 ans de mariage le 27 février 2021. En attendant, CHUUUT !!
Je suis fière de ce deuxième recyclage des dons de mon amie. En ces temps oh combien difficiles, rien ne vaut de remuer ses doigts et ses méninges.
Une Abeille de la Ruche des Quilteuses, Beebee Maïté