Souvent un article suscite des précisions de votre part… Hier,à la suite de celui-ci, Monique Lebrun m’a très gentiment écrit pour m’adresser la photo d’un pine cone quilt miniature exposé au Quilt Festival de Wilwerwiltz (Grand Duché du Luxembourg).
Tous les deux ans au moment du pont de l’Ascension a lieu ce Festival qui mérite le détour ! Cette année, une pléiade d’artistes internationaux, voir la liste ici.
Comme pour quelques autres festivals les expos sont disséminées dans divers lieux, ce qui permet une belle balade. Cette année l’Association des quilteuses russes exposait dans l’église de Pintsch, en voici une vidéo.
Mosaïque de quelques quilts russes exposés la semaine dernière au Luxembourg.
Voyez-vous ces magnifiques quilts ? Certains sont presque traditionnels, d’autres montrent bien l’âme russe, c’est le thème de l’expo. Et le plus petit quilt de l’église n’est pas le moins intéressant, Monique m’a envoyé cette photo :
Époustouflant pine cone quilt, car je ne sais pas comment l’appeler autrement ! J’en avais déjà vu un, aussi de Russie, en 2012 à Ste-Marie-aux-Mines, je ne peux dire si c’est la même artiste ou s’il y a un courant traditionnel ou artistique récent. Ce qui est certain, c’est que ces carrés pliés en triangles qui utilisent ainsi de multiples chutes de tissus est un geste qui s’est fait un peu partout dans le monde… Le patchwork nous unit dans la recherche de la beauté et de l’harmonie. Si vous lisez l’anglais, approchez-vous, agrandissez si nécessaire la photo qui suit, j’aime beaucoup le texte de Rimma Bybina, Présidente de l’association des quilteuses russes :
C’est une autre photo offerte par Monique que je remercie !
C’est ce que vivent Betty et son mari actuellement, préparant leur voyage vers la France prévu dans moins d’un mois. Je suis sûre que leur séjour à Paris leur paraîtra bien trop court, la Ville Lumière offre tant de facettes pour qui aime l’histoire et les arts !
La NASA a pris cette photo de Paris en avril 2016. Ville Lumière assurément ! Le plan de la ville est reconnaissable, la photo est fascinante même si l’écolo vigilante en moi regrette cette débauche d’énergie…
Je connais bien Paris, si j’y allais en juin j’irais voir ces expositions temporaires :
Kupka, au Grand Palais, peintre que je découvris avec passion dans un livre reçu en cadeau de Noël il y a une trentaine d’années
Les Nymphéas de Monet et son influence sur l’abstraction américaine, à l’Orangerie
Mary Cassatt, peintre impressionniste américaine, au Musée Jacquemart-André
et puis Guernica au Musée Picasso, Delacroix au Louvre, Corot à Marmottan…
Mais quand on y vient pour la première fois, on a envie de vivre la rencontre avec les lieux « incontournables » !
Ensuite, Betty et son mari viendront chez moi en Occitanie où nous visiterons Toulouse, mais aussi de nombreux lieux que j’aime tant, en voyageant chaque jour ou presque en étoile autour de la Ville Rose ! Plusieurs rendez-vous sont prévus avec des amies quilteuses de la région, bien sûr…
Photo DIAGRAM Edition
Betty a ouvert un site le mois dernier, ce fut un gros travail que de préparer le fond et la forme de cette belle vitrine ! Elle y présente son parcours personnel et sa nouvelle orientation de vie dédiée au Pine Cone Quilt. Le site est très agréable à visiter !
Je suis très émue de voir le quilt qui s’appelle Katell y être présenté :
Purple Katell Pine Cone Quilt, Betty Ford-Smith, exposé ici au Florida Museum of History
Ce quilt représente un lien indéfectible avec Betty, nous avons échangé tant de lettres sur nos vies et nos passions…
A la suite de l’article précédent, j’ai reçu une photo de quilt qui a retenu toute mon attention :
Tartan, Evelyne Riff, 1997
Il s’agit d’un quilt de 180 x 180 cm. Chaque rectangle mesure 3 x 6 cm. On croirait du meshwork (technique artisanale de tissage de bandes de tissus) mais c’est du patchwork ! Il en a fallu de la patience et du talent pour réussir un tel défi… Les tissus sont des écossais des Toiles de Mayenne.
Evelyne Riff est une très talentueuse quilteuse de Creutzwald, une petite ville de Moselle oùj’ai eu la chance d’animer une JArécemment. Dans le hall d’entrée de la salle étaient exposés de nombreux quilts qui sortaient des sentiers battus, et à chaque fois on me disait : « c’est un quilt d’Evelyne » ou bien « c’est Evelyne qui m’a aidée », ou encore « Evelyne a fait la maquette »… Je voulais absolument rencontrer Evelyne ! Evidemment elle était partout, au four et au moulin, pour que la JA soit belle. J’ai finalement réussi à lui parler, bien trop vite d’ailleurs, mais je lui ai fait promettre d’envoyer une sélection de ses créations aux Nouvelles, pour en faire des modèles dans notre revueFrance Patchwork. Vous entendrez donc encore parler de cette quilteuse bien trop modeste !
Ce quilt Tartan a d’ailleurs gagné le 3e Prix du Carrefour Européen du Patchwork en 1997 à Sainte-Marie-aux-Mines. Bientôt 21 ans et ce quilt reste beau et original !
Evelyne m’a ajouté qu’à Sainte-Marie-aux-Mines, haut lieu de filaturesaprès l’arrêt de l’exploitation minière, on conservait précieusement les modèles de tissus tissés les siècles derniers. Siamoise, ginghan, écossais étaient les spécialités du coin et on filait de la laine, du coton, de la soie, puis exclusivement de la laine quand la région était allemande. On fournissait même l’Ecosse en tissus écossais !!
C’était une vallée aux 150 fabriques qui appartiennent malheureusement au passé.
Que devient le kelsch, ce tissu de grande qualité typique de l’Alsace ?
Photo du Musée Alsacien de Strasbourg
Le kelsch, le plus souvent à carreaux (rouge pour les Catholiques, bleu pour les Protestants) signe une grande page du patrimoine de cette région. En lin, en chanvre, en coton ou en métis, c’est un tissu beau et robuste fait artisanalement, teint en indigo pour le bleu, en garance pour le rouge… Ces dernières années, il se faisait rare, personne ne se faisant connaître pour reprendre les derniers ateliers… Il semble que sa production reprenne d’une manière semi-industrielle en Alsace, tout en préservant les normes qualitatives. Ainsi brodeuses et quilteuses pourront continuer de nous enchanter en utilisant ces tissus qui m’évoquent toujours l’hospitalité alsacienne !
Je ne connais pas ce livre mais il est sans doute très intéressant…Photo Kelsch d’Alsace
Pour finir par une note musicale, petit hommage à Jacques Higelin qui aimait tellement Sainte-Marie-aux-Mines qu’il écrivit une ballade de style western ou road-movie, Bye bye bye à écouter ici. Son père était de Mulhouse et il garda toujours un profond attachement à l’Alsace.
Mary Stuart (1542-1587) par François Clouet, vers 1560.
Une longue amitié lie les Écossais et les Français et nous partageons de nombreuses pages d’histoire comme celle de Mary Stuart. Depuis plus de quatre siècles cette femme inspire les artistes. On la voit incarnée au cinéma dans d’innombrables films et séries (si on voit Elizabeth 1ère, Mary Stuart n’est jamais loin), poètes et musiciens la vénèrent, historiens et écrivains ont écrit de touchantes biographies (comme Stefan Sweig)… Et bien sûr les romanciers font la part belle à la fascinante Mary Stuart au destin tragique, la seule qui fut reine de France et d’Ecosse. Mini-sélection : le court roman de Didier Decoin La Dernière Nuit (1978) et le gros pavé de Ken Follett, Une Colonne de Feu (2017). Si touchante, la petite Mary.
Dans les hautes terres du nord de l’Ecosse, les Highlands, J. K. Rowling y a situé la mythique Ecole de Poudlard (Harry Potter), poursuivant ainsi la tradition de légendes et de magie qui collent à ce pays.
Parmi tant d’autres, Outlander, saga écrite par Diana Gabaldon (aussi en série TV), nous plonge aussi dans un univers fascinant, après le fameux Highlander (film de 1986) avec Christophe Lambert.
Bien sûr les montagnards d’Ecosse, les Highlanders, sont célèbres pour leurs kilts ! Nous parlions vendredi dernier de nos souvenirs d’enfance, quand nos mères aimaient nous vêtir de ces jupes alors à la mode.
Le plus célèbre représentant de la fierté highlander est Sean Connery :
Kilts, quilts, les mots prêtent parfois à confusion en France… Rappelons que les kilts sont des jupes dont le tissage spécifique, aux lignes de couleurs entrecroisées, est appelé tartan en anglais, écossais en français. Chaque clan (famille) possède son propre dessin précis depuis le 19e siècle (seulement, dirais-je !), c’était auparavant plutôt lié à la localité. Les kilts étaient au début un lé de tissu de 5 mètres de long enroulé autour de la taille puis le pan restant était relevé sur l’épaule et épinglé.
En Ecosse, ce sont les hommes qui portent le kilt… et la femme le pantalon ? 😉 Plus sérieusement, des tribunes se posent la question des normes vestimentaires (par exemple iciiciou là). Prendre du recul, voir ce qui se passe ailleurs ou avant, c’est intéressant !
Les tartans ont inspiré une quilteuse qui fait des kilts en quilts (vous me suivez ?) et vient de publier ce livre :
Avec des techniques modernes et de bons petits trucs et astuces, Kathy Allen nous convie à réaliser des tartans de 7 clans mais aussi de s’en inspirer pour créer le sien, si on le souhaite !
Outre une intéressante introduction historique, Kathy Allen réinterprète donc des tartans comme ceux-ci :
Elle joue habilement avec les effets de transparence qui me rappellent certains quilts de Bill Kerr et Weeks Ringle, pionniers des quilts modernes :
En France, Cosabeth Parriaud anime des stages sur les transparences, c’est un thème toujours intéressant car il exerce l’œil à analyser les nuances et jouer avec la lumière.
Des impressions d’écossais, de carreaux, de signes + sont explorées par des artistes contemporaines. Ces techniques sont simples, amusantes, mais longues tout de même ! En quilt moderne, le but est de ne pas copier mais découvrir, à partir d’inspirations, de nouveaux horizons…
Voyons tout d’abord une infime partie des quilts d’Eleanor McCain sur ce thème, elle est parmi les premières à avoir fait une série de quilts avec des grilles qui donnent parfois des idées de tartan :
Eleanor Mc Cain, Variation on a theme, 2010, Private Collection of Bain ConsultingDouble square grid, Eleanor McCain, 2000, collection privéeGray Green Grid Study with Red 2007, 47″ x 47″ Private Collection of Allen and Laura McCain
Autre artiste, Maria Shell, qui fait partie de la nouvelle génération des modern quilters :
To Agnes Martin with color, de Maria Shell.Tribe, toujours de Maria Shell, garde comme thème le simple + qui mène aux impressions de tissage.
Curieuse de quilts modernes ? Procurez-vous son livre :
Après des années de stages, ateliers, animations dans mon département, j’interviens désormais en France à l’invitation de responsables d’association ou délégation pour des journées culturelles et des stages. C’est l’orientation que je me suis choisie, elle me permet de faire ce que j’aime dans le monde du patchwork : rencontrer, partager, enseigner. Pour me contacter, voir la rubrique A propos. Chaque journée est préparée sur mesure avec la responsable.
Autour de moi on connaît déjà mes outils préférés et mon goût pour les méthodes simples et amusantes. Aujourd’hui, après plusieurs questions pour le stage d’Angers organisé par l’Université France Patchwork (complet), je vous détaille mes fournitures fétiches, celles que je préconise de préférence pour les stages que j’anime. Ce sont mes préférences, pas des obligations… mais c’est l’occasion de faire un petit inventaire.
Dans ce livre, vous avez l’inventaire des objets fétiches d’une quilteuse à coudre en couture sur papier. L’édition est épuisée mais il existe maintenant en e-book.
Couper
Cutter en couture sur papier
Le patchwork n’aurait sans doute pas connu cette nouvelle jeunesse en fin du 20e siècle si le cutter rotatif n’avait pas existé. Ce petit objet a révolutionné les arts textiles créatifs. Mon cutter jaune a 28 ans, c’était la première génération et il dure une vie entière de quilteuse. J’ai un second, offert par mes amies : c’est très utile d’en avoir deux, un à lame irréprochable (alternativement l’un ou l’autre), l’autre servant à couper les molletons jusqu’en fin d’émoussage de la lame. Un 3e, turquoise et toujours de la marque OLFA, reste dans une trousse.
Compagnon indispensable du cutter, la planche de coupe. J’en ai de plusieurs tailles, la plus grande ne quitte pas mon atelier. La plus petite, format A4, est parfaite pour assister à une Journée de l’Amitié et pour de multiples coupes d’équerrage : on la tourne facilement et cela prolonge la vie de la plus grande plaque. Pour un stage, je recommande un format intermédiaire de 30 x 45 cm, ou mieux de 45 x 60 cm.
Et si vous voulez vous offrir un gadget, optez pour la planche qui tourne ! Pas franchement nécessaire, mais très agréable pour équerrer dans tous les sens sans se tordre le poignet 😉
Mesurer
Ah qu’il était prospère, dans les années 1990-2000, le marché des règles plexi de toutes sortes ! Nous redevenons plus frugaux avec les bons basiques qui sont pour moi :
1 règle 16 x 60 cm qui reste à la maison, avec la grande plaque de coupe
1 règle carrée de 32 cm (Sew Easy)
1 règle carrée de 20 cm (j’ai depuis presque 30 ans une Bias Square, parfaite pour équerrer les blocs)
quand je travaille en inch, ma règle préférée est de 6 1/2 sur 12 1/2 (Creative Grids Quilt Ruler)
J’en ai plusieurs autres, des triangulaires en particulier, et certaines circulaires sont également très pratiques.
Sur ce blog, quelques photos de bonnes idées pour ranger vos règles.
Marquer
J’essaie en priorité de marquer sur le tissu avec le Hera Marker de Clover. Ce petit outil marque une ligne qui se voit plus ou moins bien selon le tissu. Si ça marque bien –la plupart du temps– je suis heureuse ! Sinon j’ai aussi un crayon (selon la région : crayon de bois, crayon gris, crayon à papier, crayon mine… voir ici), un feutre Frixion de Pilot et un feutre bleu effaçable à l’eau que je n’utilise que parcimonieusement.
Le Hera est formidable aussi pour marquer les lignes de quilting ou préparer le pliage (de pièces à appliquer par exemple). Pour moi ce n’est pas un gadget, c’est un outil indispensable ! Maryse Allard le recommande aussi pour le pojagi.
Repasser… ou presser
On ne devrait pas repasser mais presser pour ne pas déformer les blocs, c’est-à-dire idéalement soulever le fer à repasser pour le déplacer, ou bien le déplacer en veillant à ne pas tirer sur le tissu. J’ai un petit fer à repasser de voyage Rowenta qui me suit facilement, avec une mini-planche à repasser IKEA. Je ne mets jamais d’eau dedans. Mais ici encore le Hera Marker (ou autre spatule de la même catégorie) est utile, il écrase les coutures mieux que l’ongle et remplace souvent l’attente au fer quand nous sommes nombreux en stage…
Il faut un bon fer à vapeur malgré tout pour préparer les tissus après lavage, ou s’ils gardent des plis. Attention, toujours, à ne pas déformer le tissu !
Une bombe ? Oui, c’est bien je crois la seule qui entre à la maison, une bombe d’aide au repassage, style Fabulon. Il en existe deux catégories : à l’amidon et un chimique. L’amidon est plus écolo, mais il faut ensuite impérativement laver le quilt dès qu’il est fini, car les mites en raffolent… C’est pourquoi je préfère le chimique. Je j’utilise quand un tissu manque de tenue mais aussi lorsqu’un bloc n’est pas parfaitement plat… Cela rattrape beaucoup de choses ! A noter que l’amidon fait maison est économique, voir les recettes sur internet.
Coudre
Sauf exception on coud à la machine lors de mes stages et à la main pendant les JA.
Quelques précisions concernant notre plus grand investissement, la machine à coudre. Je comprends l’envie d’avoir la machine la plus performante possible, j’en ai moi-même une dont je n’exploite pas le centième des possibilités, avec de multiples points de broderie, de boutonnières et autres raffinements ! Une machine à coudre électronique a cependant des atouts certains comme la programmation de la position basse de l’aiguille quand j’arrête de coudre : en même temps, le pied de biche se dégage juste suffisamment pour pouvoir ajuster les tissus. Mais basiquement, une machine qui ne coud qu’au point droit pourrait suffire 😉 Peu importe la machine à coudre que vous avez en stage, l’important est qu’elle soit en bon état de marche avec une aiguille neuve et que vous la connaissiez ! Il ne faut pas perdre de temps à chercher le chemin de l’enfilage…
J’aime aussi la genouillère, incluse avec la plupart des machines haut de gamme. Quand je couds sur une machine du club, immanquablement mon genou droit danse dans le vide, par habitude…
J’utilise souvent le coupe-fil intégré à ma machine (une Pfaff Quilt Expression 4.0), mais des petits ciseaux ou un coupe-fil japonais sont utiles, par exemple après une couture à la chaîne.
On ne se trompe pas, on accumule de l’expérience… Tout de même un découseur, souvent oublié des listes, est bien pratique !!
Mes deux cutters rotatifs indispensables, des mini-ciseaux fantaisie pour couper le fil, un coupe-fil japonais que j’aime beaucoup et un petit découseur.
Choisir ses tissus
Je vous aide à choisir les tissus à apporter avec une fiche distribuée avant le stage. Préférez des tissus que vous aimez, tout sera plus beau ! Vous pouvez aussi apporter des tissus-brouillons pour faire des essais de coupe quand cela vous semble difficile… Ces tissus-brouillons sont à préparer de préférence en carrés de 32 cm (coupés avec la règle carrée) mais ce n’est qu’une indication. Ils peuvent provenir de draps usés, de tissus que vous n’aimez pas, de vêtements… Il vous en faudra de 0 à 4 ou 5 selon votre tempérament !
La plupart des tissus, dans vos gammes de couleurs préférées, conviendront. Pensez aux tissus unis, souvent moins chers, qui vont si bien en Modern Quilt !
N’hésitez pas à intervenir en commentaire, vous avez aussi sûrement vos outils-fétiches et vos propres expériences sont précieuses.
De chères amies de la Ruche souhaitaient offrir un cadeau à ma fille pour son mariage ; le choix s’est vite dirigé vers une Mijot’in, une marmite norvégienne créée par Chantal de Couleurs Bobines. Une Mijot’in, c’est une sorte de housse de cocotte, parfaitement isolée grâce à 5 cm de chanvre et un gros socle de liège, qui permet de cuire avec seulement un minimum d’énergie. J’utilise la mienne quotidiennement, trouvant souvent de nouvelles raisons de l’utiliser. Exemple récent : mon cuiseur à riz vient de me lâcher ? Je ne le remplacerai pas, la Mijot’in me cuit un riz parfait sans le cramer au fond ! Pour plus de détails sur ce concept, voir par ici.
Je savais que je ne me tromperais pas en conseillant un tissu de Neelam ! Ce tissu de coton épais est de l’ikat, c’est-à-dire que les fils sont teints à intervalles calculés pour qu’ensuite au tissage, ils forment les dessins souhaités. Ici les teintures artisanales sont indigo et curcuma, couleurs opposées sur la roue des couleurs qui se complètent donc parfaitement. Evidemment, dans leur cocon à la déco naturelle et pleine de souvenirs de voyages, la Mijot’in sera à son aise.
Comme les amies sont généreuses, une cocotte en inox aux dimensions parfaites complète le cadeau :Le jeune couple est absolument ravi de ce cadeau, depuis le temps qu’ils lorgnaient sur ma Mijot’in !
Pour vivre heureux, vivons cachés, les heureux mariés souhaitent garder leurs photos privées, vous ne les verrez donc pas ici. Cependant je vous montrerai en juin un autre cadeau textile utile qui leur a fait tout autant plaisir !
Toutes les personnes qui assistent aux JA de France Patchwork savent que ce sont des rendez-vous toujours sympathiques et stimulants, avec des habituées et des nouvelles, des adhérentes et quelques personnes invitées à découvrir l’association, et toujours une nouvelle animation concoctée par la délégation. Il en faut de l’imagination pour, à chaque rendez-vous, capter l’attention des quilteuses, la plupart riches d’une vingtaine d’années d’expérience en patchwork !
En tant qu’ex-déléguée, je sais que trouver une salle et un nouveau thème sont les principales inquiétudes qui monopolisent l’attention de la déléguée… C’est ainsi qu’Evelyne Laminette, déléguée FP des départements de la Meuse, de la Moselle et du Pays de Luxembourg m’a contactée pour parler des quilts modernes. Je connais le sujet, la date du 14 avril me convenait, nous nous sommes donc vite mises d’accord pour une intervention à Creutzwald (57), tout près de la frontière allemande.
Comme souvent, tout est passé bien vite, l’accueil par le club de Creutzwald et chaque membre de la délégation (Evelyne, Véronique, Françoise et Anne) était très sympathique et de plus en plus chaleureux au fil de la journée. J’ai pris beaucoup de plaisir à discuter avec de nombreuses adhérentes, certaines déjà conquises par le patchwork moderne grâce à Bernadette Mayr, Nadia Stumpf ou Birgit Schüller ; d’autres préfèrent les country quilts ou les traditionnels mais toutes ont eu la gentillesse d’écouter ma vision des quilts modernes et adhérer avec le sourire à mes exercices en atelier !
Voici un petit quilt appelé Creutzwald, avec un bloc simple créé pour l’occasion, invitant à utiliser les lisières.J’ai insisté sur mon goût de la simplicité, des quilts sans autre prétention que faire plaisir, en voici une illustration ! La journée était aussi sous le signe de la couleur du printemps et de la forêt proche, le vert. J’ai été désolée d’apprendre qu’une adhérente n’est pas venue, n’aimant pas du tout cette couleur… Pour en savoir plus sur cette couleur ambivalente, adorée ou détestée, rien de mieux que le livre Vert de Michel Pastoureau !
A Creutzwald, la forêt n’est pas loin, tout comme la frontière allemande, à 500 mètres de la salle ! Ces deux arbres symbolisent l’amitié franco-allemande qui me tient à cœur, ils sont au dos du quilt Creutzwald ci-dessus.
J’espère avoir donné de nouvelles idées, l’envie de s’aventurer dans la création, et perpétué l’esprit de communauté des quilteuses réunies par France Patchwork ! Amies de la Moselle, de la Meuse, de la Meurthe-et-Moselle, du Luxembourg — und von Hamburg und Polen 🙂 — merci pour cette belle journée !
Evelyne et moi avons spontanément tissé des liens d’amitié, renforcés par de nombreux points communs, y compris la fascination des abeilles ! Photos de Marie-Anne Renon dans notre jardin.
Comme les abeilles, ayons le cœur à l’ouvrage avec les beaux jours !
Femme à l’éventail, Gustav Klimt, 1918. Son dernier tableau (inachevé), avant de succomber à la grippe espagnole. Le centenaire de sa disparition est célébré cette année à Vienne (Autriche).
Naguère les élégantes sortaient rarement sans leur éventail. Ici dans le Sud-Ouest, l’été, certaines femmes renouent avec cette habitude perdue au cours du 20e Siècle, celui du progrès où l’on misait plutôt sur la climatisation. Pourtant, agiter un éventail est si simple, écolo, efficace… et gracieux !
Jeudi dernier à Balma, la délégation France Patchwork 31 nous a invitées à une conférence extraordinaire sur les éventails. Nous avons appris leur extrême ancienneté, admiré la variété des styles et matières, découvert leur lexique aux mots étranges, leur langage et tant d’autres choses ! Leur raffinement, leur beauté fragile ont conquis tous les cœurs.
Les intervenants, Madame Yvette Ferran et son frère Jean Bisson, ont tout au long de leur vie collectionné des éventails de toutes sortes, de toutes époques, de tous lieux. Leur grand-mère et arrière-grands-parents étaient éventaillistes chezDuvelleroy ! Avec passion et non sans humour, ils nous ont fait aimer pour toujours ces petits objets qui allient l’utile à l’agréable. Je ne vous dévoilerai pas tout ce que nous avons appris mais je peux vous montrer quelques exemples de leur fabuleuse collection :
L’après-midi, nous avons bien sûr abordé le bloc de l’éventail, que chaque membre de la délégation avait déjà décliné avec de belles idées !
Bravo et merci pour cette très belle journée printanière, où nous avons pu aussi admirer de nombreux quilts sur le thème des fleurs :
Je voulais faire des photos de chaque quilt, mais je n’ai pas eu le temps 😉 J’ai tellement apprécié retrouver les amies sans me soucier de l’intendance…
Les deux Arbres de Vie de Caohagan vous seront montrés de près dans quelques jours, le temps d’en faire de belles photos.
Katsuhiko Sakiyama, ancien directeur japonais d’une maison d’édition de livres de voyage, trouva son paradis un jour de 1986, lors de vacances aux Philippines consacrées à la plongée sous-marine. Une île aux 2 km de plages, vierge de toute pollution, était en vente. Désireux de conserver ce bijou, il l’acheta.
L’interminable plage de sable blanc permet de longues baignades. C’est l’île de Caohagan (ou Khao Hagan), dans un archipel corallien des Philippines.
Cette île était habitée, 330 personnes y vivaient en quasi-autarcie, presque sans monnaie. Les premiers contacts entre les habitants et M. Sakiyama se firent dans la simplicité et un immense respect commun pour la vie telle qu’elle est organisée dans cette petite île, complètement en symbiose avec la nature. Lui-même évoque la puissance de Kami dans ce lieu privilégié. Kami, c’est l’esprit divin, les forces de la Nature dans la religion shintoïste, base de la mythologie japonaise. Si, d’après les statistiques, les gens de cette île sont parmi les plus pauvres de la planète, ils ne sont certainement pas les plus malheureux. Il y règne une idée simple, vivre heureux en étant une part de la Nature, tout simplement.
Les maisons sont faites avec les matériaux qu’on a sous la main… comme naguère chez nous.
Il ne fallait surtout pas casser cette symbiose, mais il fallait tout de même apporter des possibilités de soins, d’éducation pour la population. De même tout a été fait pour protéger les récifs coralliens, la pérennité de la pêche locale qui nourrit les habitants. Le couple Sakiyama y a fait un remarquable travail de conservation de la nature avec des ONG, en concertation avec la population naturellement.
Le tourisme raisonné est une des ressources de l’île, mais aussi, pour le tiers, la vente de… quilts ! C’est bien sûr la raison de ma présentation de cette île…
A Caohagan, la population est montée à environ 600 personnes parmi lesquelles 120 quiltent
M. Sakiyama est marié à une styliste et quilteuse, Junko Yoshikowa. J’ai eu le grand honneur de discuter avec eux à Sitges, où étaient exposés de nombreux quilts venus de l’île de Caohagan.
Photo prise par LeeAnndans d’autres circonstances, car j’ai rencontré ces deux charmantes personnes, Junko Yoshikowa-Sakiyama et Katsuhiko Sakiyama séparément… A chacun son tour de permanence à Sitges !
Au début dans les années 1990, Junko montra à quelques femmes le travail de patchwork avec des gabarits. Peine perdue, cela n’intéressa pas grand monde. Mais elle avait laissé les tissus et lors d’une autre visite, elle se rendit compte que certaines avaient commencé à couper des formes spontanées issues des modèles qu’elles avaient autour d’elles : les arbres, les fleurs, les poissons, les maisons, les chats, les chiens… Junko les encouragea à poursuivre, les aida techniquement… et les quilts de Caohagan sont nés !
Chacun de ces quilts est unique au monde, il est fait sans plan ni gabarit et toujours à la main. Seul le biais de finition est cousu à la machine, puis fermé comme nous à la main. La plupart des tissus proviennent de Cebu, la 2e plus grande ville des Philippines (après Manille), lieu d’arrimage de Magellan en 1521.
Ces quilts sont créés artistiquement, avec audace, dans un esprit de représentation de leur environnement, avec un sens naturel d’association des couleurs, tel qu’on l’apprend en observant la nature. Les quilts ne sont pas droits ? Et alors ? La nature est-elle faite de lignes droites ?
Les quilts de l’île Caohagan présentés à Sitgescette année m’ont enthousiasmée. Je n’avais pas eu la chance de voir l’exposition de Nantes en 2012, c’était donc une découverte.
A Caohagan, des hommes quiltent également.A peine finis, les quilts sont lavés dans l’eau de mer : le sel fixe les couleurs. C’est un geste important, une sorte de baptême du quilt fini. Ensuite ils sont rincés à l’eau claire. On peut laver les quilts de Caohagan à la machine à laver.
Ils m’ont rappelé les quilts afro-américains, si libres, mais aussi les quilts européens et américains du passé, ceux dont parle avec talent Christiane Billard dans Les Nouvelles n°136, celui qui vient de sortir.
Quilt anglais du 19e siècle : la quilteuse (inconnue) y a appliqué tout ce que son imagination lui dictait, avec les tissus qu’elle avait. Musée V&A, Londres.Ce quilt d’Harriet Power est un important témoignage de la culture afro-américaine. Il a été acheté par le Museum of Fine Arts de Boston. En voici une description détaillée.
Junko et son mari sont devenus les ardents représentants des artistes de cette île, en exposant et vendant les quilts dans le monde entier. A l’exposition de Sitges, j’y ai trouvé mon bonheur, mon mari et moi avons acquis deux quilts présentant chacun un Arbre de Vie, un de mes thèmes préférés. Je serai ravie de les montrer à notre Journée de l’Amitié départementale la semaine prochaine (le 29 mars à Balma, organisé par la délégation France Patchwork 31 et le club de patchwork de Balma). L’un est fait par Narda, l’autre par Akang. Sans les connaître, j’ai tellement envie de les remercier ! Admirer leurs quilts est un pur bonheur. Je réserve la primeur à mes amis de Haute-Garonne, mais promis je les montrerai ensuite sur ce blog !
Ian Berry, l’artiste qui fait chanter et danser le denim, se prépare à une grande route vers Paducah avec son Jardin Secret, tout juste décroché de New-York.
Son agenda est difficile à gérer, vous vous en doutez. Il lui faut aussi du temps pour se reposer, pour créer…
Ainsi, l’invitation de Patricia, lancée en automne pour que Ian vienne en Occitanie, restait en suspens… Nous l’espérions tellement fort que, oui, Ian vient à Labastide-Rouairoux (81) pour la Fête du Fil les 14 & 15 août 2018 ! Patricia avait été une aide précieuse et indispensable pour le succès du Secret Garden aux délais presque impossibles à tenir, la voici pleinement remerciée. Ian est une personne qui n’oublie pas ses amis !
Ian, I’ll be so happy to meet you again!
Ce sera une édition vraiment exceptionnelle, allez voir le programme par ici. Comme c’est le moment où on commence à penser aux vacances d’été, je vous conseille de programmer un tour en Occitanie en août. Nous avons tout: la montagne, la mer, un riche passé, de charmants villages, de très belles villes… et un Jardin Secret !
C’est donc ainsi que Patricia annonce la venue du Printemps :