Une création est faite d’inspirations, de convictions, d’hésitations… mais toujours le cœur parle. Écoutons donc aujourd’hui l’histoire du nouveau quilt de Nicole.

Voici le quilt de Nina, une fillette venue agrandir la famille cette année. Comme tous les petits autour de moi, elle devait donc recevoir un quilt. Prise par le travail, il a fallu un certain temps pour que l’idée mûrisse.

Ces viola cornuta ont provoqué un déclic ! Comment ne pas y voir un vol de papillons ?
Beebook et un livre de Bernadette Mayr m’ont permis de me lancer dans un patch qui ne correspondait pas du tout à mes habitudes.

D’abord il devait être vert pour évoquer un vol de papillons au-dessus d’une prairie or le vert n’est vraiment pas ma couleur favorite.. Non seulement je ne sais pas l’utiliser mais, de plus, je croyais ne pas avoir de tels tissus en réserve. Faux, il restait quelques coupons destinés à un projet de panneau avec des champs de colza, projet tombé aux oubliettes.
Et puis, débuter la coupe libre, cela ne serait pas forcément facile. Je ne suis pas vraiment rigoureuse dans la coupe et la couture, mais savoir que je dois l’être représente un cadre rassurant. Il fallait donc aller à l’encontre de tout ce qui s’était installé dans ma tête depuis que j’avait découvert le patchwork en 1980.

Timidement, en coupant à main levée, j’ai réalisé deux papillons assez classiques que je trouvais très raides. Il fallait franchir un pas de plus en interprétant les méthodes de Bernadette Mayr.

Là encore, c’est une rencontre sous le parasol qui entre en résonance avec les « Motten » de Bernadette. Ce grand papillon, caractéristique d’un groupe très important de lépidoptères -dont les mites- replie ses ailes antérieures à plat et masque les ailes postérieures. Ses antennes plumeuses pouvaient être un détail brodé intéressant.

Le premier papillon révèle que je n’ai pas trop osé couper en courbe, ce sont presque des droites. Il a provoqué une réaction immédiate de ma petite-fille : affreux, il n’est pas symétrique. J’ai eu beau lui montrer que lorsqu’on photographiait un papillon, on était très rarement bien de face et qu’au contraire cela pouvait donner du dynamisme aux images. Rien à faire, elle veut des papillons bien droits, bien symétriques. Comme ceux de Bernadette !

Le suivant a été pire : j’ai choisi un tissu à grand motif qui me semblait intéressant. J’avais oublié les conséquences de la méthode de montage …

Il fallait couper le carré le long de la diagonale et faire pivoter l’une des pièces. Or mon motif n’avait rien de symétrique ! Tant pis. Ce papillon allait malgré tout être intégré dans le quilt.

Il y a eu, bien sûr, la même difficulté pour ce papillon dont les quatre ailes devaient être visibles mais j’ai osé couper des courbes un peu plus arrondies.
Le top, monté avec quelques coupons fleuris, restait très raide et les grands carrés verts trop vides. Frustrant…

Il fallait animer tout cela et, pourquoi pas, en faisant voler des papillons en origami au-dessus du quilt ?

Aux yeux de ma petite fille, je manquais de rapidité et d’efficacité, c’est donc elle qui, après avoir choisi les tissus, a préparé tout un vol de papillons et les a dispersés sur l’ouvrage.

Le quilting est essentiellement réalisé à la machine. Les antennes ont été brodées avec 2 brins de fil mouliné. Les papillons en origami sont solidement fixés par une série de points afin qu’ils résistent aux petites mains…

Pour préparer une étiquette pour ce quilt à 4 mains, il a suffi d’une chute de tissu fleuri, un papillon découpé dans un coupon, quelques points de broderie machine ; il ne reste plus qu’à signer de nos deux prénoms et à souhaiter à Nina de voir encore plein de papillons au fil des années…

Nicole 🦋













































































Caroline et Julien ont conservé toutes les belles particularités du lieu, les vieux objets de la ferme, tout en modernisant le bâtiment au goût du jour. On se sent bien chez eux ! Une vieille charrette peinte en bleu fut extirpée du fond de la grange, elle trône maintenant dans un coin du jardin. Quand il a fallu penser aux photos des quilts pour BeeBook, le souvenir de cette charrette m’est immédiatement venu à l’esprit. Elle est bleue, peinte au pastel des teinturiers (ou isatis tinctoria, plante qui fit la fortune de la région toulousaine). C’était une tradition de traiter le bois ainsi : la peinture de pastel (ou son substitut : bleu de Prusse + sulfate de baryte) est non seulement une belle et bonne protection, mais elle repousse les mouches ! Les chevaux ou bœufs qui tiraient la charrette étaient ainsi moins incommodés… Depuis la parution des souvenirs d’enfance de René Barjavel, la Charrette Bleue, en 1980, ces vestiges du travail à la ferme et des transports à la campagne sont mieux préservés.
















