Iktsuarpok, Gezellig, Fika

L’année 2021 avance masquée :

Kristine m’a fait, comme chaque année, la surprise de la bannière de janvier : 2021 en chiffres romains, quelle bonne idée ! Évidemment quelques abeilles butinent et les imprimés à texte nous incitent à être joyeuses (be joyful), créatives (creative), inspirées (inspired), gentilles (caring), heureuses (happy), humbles (humble), vraies (true), uniques (original)… Be You, Etre Nous-mêmes!… Ce sont les couleurs choisies par Pantone pour 2021 : gris sombre et jaune acide, allégorie de la lumière au bout du tunnel. J’ajoute : Heureux Anniversaire à Kristine, ce 11 janvier !

2020 laissera un souvenir indélébile, celui d’une pandémie mondiale qui a tout déréglé. Pour les quilteuses, c’est l’arrêt de la plupart des joies des rencontres autour du patchwork, les JA, les Salons, les Expositions… Téléphone, mails, réseaux sociaux permettent heureusement de garder contact, mais les rencontres en vrai, c’est devenu rare et néanmoins irremplaçable.

Ce mot de la langue inuit, ceux que naguère on appelait les Esquimaux, est intraduisible directement : c’est l’excitation qui vous saisit dans l’attente d’une visite, celle qui vous fait regarder par la fenêtre ou sortir sur le palier pour savoir plus vite si l’invité arrive…

C’est ce je fais, comme une gamine qui guetterait l’attelage du Père Noël dans les nuages, quand la Ruche se réunit chez moi. Vendredi en début d’après-midi, j’étais complètement iktsuarpok !

Nous nous sommes montré nos dernières réalisations, le temps est passé vite à papoter (beaucoup !) et à coudre des oiseaux en vue d’un quilt à faire ensemble. L’ambiance était gezellig comme j’aime.

C’est un mot hollandais aux sonorités très gutturales, mais qui décrit un état de béatitude, un sentiment de confort et de bonheur quand on est ensemble, en bonne compagnie, en toute sécurité et confiance.

Nous avons d’abord choisi la disposition des blocs faits à l’automne pour un quilt destiné à une famille sinistrée dans les Alpes-Maritimes, ce projet a été très retardé en raison du confinement :

Scrappy Trips around the World, modèle de Bonnie Hunter/Quiltville.

Puis ce fut l’habituel Montre & Raconte :

Andrée est sur le point de terminer ce splendide quilt aux tissus japonais, mis en valeur par un fond de plusieurs nuances de bleus doux. Je l’aime infiniment. C’est interprété d’un quilt paru dans un livre de Tilda.

Danièle nous avait montré l’avancée de ses quilts en tissus Neelam lors de la Ruche juste avant Noël :

Danielle a beaucoup aimé s’amuser avec ces trois couleurs, et sa fille a réservé ce quilt pour elle !

Diabolical Jane

Je reviendrai très bientôt sur les Diabolical Jane, car j’ai reçu des photos de vos réalisations sur diabolicaljane@gmail.com. Ceux que j’ai déjà reçus sont splendides ! En attendant, en voici quelques-uns des Abeilles :

C’est celui d’Évelyne, avec le vert acide qu’elle aime tant mettre dans presque chacun de ses ouvrages. Sans bordure ajoutée, une option très moderne.
Son beau dos, en patchwork de restes, montre le travail de quilting à la machine, très réussi !
C’est celui de Kristine, avec une bordure qui lui permet d’utiliser un ruban ancien hérité de sa mère. Frais, printanier et harmonieux !
Comme toujours, Kristine brode des étiquettes informatives et superbes, avec un petit échantillon du ruban de bordure (le carré fleuri)
Andrée a laissé parler l’exubérance des wax, quelle réussite !
Maïté a modifié le modèle pour en faire SON DJ unique, très spectaculaire !

Le 18 décembre dernier, jour de la Ruche précédente, nous avions déjà vu les beaux DJ de Chantal et de Vive, les Abeilles manquantes avant-hier. Je les ajouterai lors d’un article récapitulatif. Danièle en a fait un splendide également, très coloré… Je n’ai pas toutes les photos. Quelle émulation ! Et le mien est très grand, 2 m de côté, pour le lit de ma fille aînée qui vient de fêter son anniversaire (une Capricorne de plus), je vous en ferai une bonne photo pour le prochain article à ce sujet.

Quilts Météo

Ah quelle aventure que ce quilt météo ! Pour chacun qui l’a fait en 2020, cela restera un ouvrage très spécial, lié aux événements personnels de 366 jours mais aussi à cette année dont le fil rouge restera à jamais l’expansion mondiale du Covid19. Dans le groupe privé Facebook qui réunit à ce jour 712 membres, on voit une diversité extraordinaire d’ouvrages, tous plus beaux les uns que les autres. Les quilteuses font preuve d’endurance et de créativité ! D’ores et déjà, je peux vous annoncer qu’une exposition de quilts météo pourra se faire dans le Tarn, fin juin 2022, les modalités seront à finaliser avec les organisateurs. J’espère que nous aurons d’autres propositions car ces quilts méritent de voyager pour être vus et revus un peu partout !

Éliane montre son quilt terminé, hormis les bordures et le quilting.
Elle a résolu son problème des deux mois accolés de 31 jours, juillet et août, qui décalaient les colonnes, en incluant des losanges où est brodé le titre.
Si vous avez la chance de voir un jour ce quilt de près, vous verrez que Maïté a ajouté de nombreux détails brodés…

Cerise sur le gâteau, des quilteuses ont entamé un quilt météo 2021 !

La Pause

Fika (café en verlan suédois !) est le moment privilégié où on fait une pause avec un bon café et un petit gâteau (pour nous c’était thé aux cerises/hibiscus et oreillettes d’Éliane), une pause qui peut s’étirer parce qu’on est simplement bien ensemble…

Après avoir vu tant de belles choses, nous avons fait la pause Fika et nous avons évoqué l’assaut du Capitole, un traumatisme de plus infligé par un Président qui n’a cessé de nous navrer. Et nous avons encore bavardé, nous souvenant des inoubliables journées passées avec nos chères amies américaines LeeAnn, Jeanne, Tari, Betty – et j’ai distribué avec grand plaisir les calendriers que Betty a offerts aux Abeilles pour 2021. Betty, you will be with us in our ateliers! Thank you so much again 💗

Et la sécurité ? Nous ne sommes pas kamikazes (autre mot venant d’ailleurs), nous vivons toutes plutôt isolées, la plupart en maison individuelle à la campagne ou presque. La pause Fika s’est faite dans une autre pièce en remettant nos masques après chaque gorgée de thé. Notre département est actuellement relativement peu impacté, nous avons jugé raisonnable de nous revoir dans cette grande pièce où l’air circule bien.
S’il est reconnu que la peur et le stress affaiblissent les défenses immunitaires,
j’ose penser que notre rencontre vitaminée les booste momentanément !

Oiseaux de passage

Nous avons une bonne nouvelle qui, espérons-le, ne tombera pas à l’eau… La Ruche des Quilteuses est invitée à exposer en juin prochain à Lacaze dans le Tarn ! Ce sera un week-end très festif où chacun sera heureux de replonger dans une vie faite d’art et d’amitié. Nous ne serons pas seules, à l’appel de Christine Meynier et Cécile Milhau, Les Filles du Rouvray, les quilteuses passionnées qui travaillaient dans le premier magasin de patchwork de France, exposeront une belle sélection de leurs œuvres. Ce sera un grand événement, d’autant plus que cette année, de nouveaux lieux d’exposition ouvriront dans le village en cumulant les expositions 2020 et 2021, avec de nombreuses animations et surprises ! Alors réservez dès à présent votre dernier week-end de juin pour visiter le cœur de l’Occitanie, près d’Albi-la-Belle.

Lacaze, au cœur de l’Occitanie

Pour remercier Les Amis du Château de Lacaze, l’association organisatrice de cet événement, nous allons faire un quilt pour une tombola. Son nom temporaire est Oiseaux de passage, car nous l’avons imaginé lors des passages des oiseaux migrateurs. Qu’on aime voir les oiseaux voler et parfois se poser en groupe dans la campagne, avant de les admirer repartir en nuée sonore… Un spectacle éblouissant !

Malheureusement, depuis 40 ans les oiseaux sont décimés eux aussi. Ces petits animaux à la fois familiers et merveilleux doivent désormais bénéficier de protections drastiques. L’écrin de verdure de Lacaze est un lieu idéal pour rappeler ces évidences. La première étape s’est passée hier, avec le choix de faire des oiseaux aux ailes en tissu Wax (batik africain) et au corps uni, en couture improvisée. Des Abeilles faisant des oiseaux, mais oui tout arrive !

Il faut d’abord bien comprendre comment faire un piou-piou.
A la recherche du tissu uni qui ira avec le wax…
On aura sans doute assez de tissus !
On maîtrise la coupe des piou-pious, tout va bien !

 

 

Iktsuarpok, Gezellig, Fika, ces trois mots qui n’existent pas en français résument notre première journée de l’année ensemble. Ces mots (et ces illustrations) sont tirés du petit livre Lost in Translation d’Ella Frances Sanders, malheureusement pas traduit en français. Vous y trouverez une cinquantaine de petits mots tout mignons comme ceux-là !

Merci du fond du cœur pour tous vos vœux, je crois que je ne réussirai pas à répondre à chacun, veuillez m’en excuser. En revanche, je vais reprendre le chemin un peu oublié des réseaux sociaux et de nouveau alimenter mon blog. 

Que la sérénité me soit donnée d’accepter ce qui ne peut être changé
et le courage de changer ce qui peut l’être
mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.
Marc-Aurèle

Que chacun réussisse à passer la meilleure année MMXXI possible !

Bonne année à tous, ici et ailleurs !

Katell et ses amies

Cercles de Femmes

Mis à part quelques rares hommes, tellement talentueux d’ailleurs, ce sont les femmes qui s’expriment dans l’art textile, et comme bien d’autres femmes, après avoir vécu dans un milieu mixte ou à majorité masculine, j’ai découvert le bonheur d’avoir un entourage majoritairement féminin. Évidemment, quelques exceptions perturbent l’ambiance ça et là, mais c’est un problème qui ne tient pas au genre, juste à la nature humaine.

L’entourage des quilteuses m’a tellement apporté ! Les Abeilles, mes amies, bien sûr, et tant d’autres rencontrées dans ma région, en stages, en Journées de l’Amitié… 

J’avais déjà l’amour inconditionnel de mes trois sœurs, un peu plus jeunes que moi mais si proches. Ce capital confiance est inestimable, pour la vie. Mais dans notre société, malgré le féminisme qui prend racine dans le Siècle des Lumières et se concrétise avec les mêmes droits à l’éducation, au travail, au vote (etc.) que les hommes, il a fallu encore et toujours combattre le patriarcat, le sexisme… Les suffragettes, puis d’autres mouvements plus récents comme le MLF, ont fait avancer les mentalités dans notre société – des hommes comme des femmes. Et des hommes ont aussi contribué à ces avancées. Pas tous… malgré leur renommée.

L’homme crée, la femme procrée. JJ Rousseau

Le génie ne peut être que masculin. Proud’hon

Naïvement, je croyais le droit de cuissage, la promotion canapé et autres pratiques de domination masculine quasi obsolètes, mais #metoo ou #balancetonporc ont dénoncé leur douloureuse actualité, tellement fréquente encore. Nous verrons dans les prochaines années si ce mouvement de masse fait que durablement ces scandaleuses pratiques diminuent. Toujours est-il que ces dénonciations sont un élan de solidarité féminine, bien plus vive depuis quelques années, avec l’esprit de sororité (vient du latin soror, sœur ou cousine), ce sentiment de respect, de confiance, de connivence entre femmes, qui est encore autre chose que la pure amitié. Ce n’est pas un mot nouveau :

… Et tu seras protecteur de leur sororité. François Rabelais, le Tiers Livre, 1546

Photo Cercle de Femmes – Montréal (Canada)

Des réunions de femmes existent bien sûr depuis « toujours » : cercles d’amies, cercles littéraires, cercles de quilteuses, mais désormais éclosent des cercles de paroles de femmes pour être femme et vivre femme. Sans rejeter les hommes mais sans en avoir besoin, comme une complétude. Beaucoup se tiennent à la nouvelle ou la pleine Lune, pour célébrer la proximité de la femme avec cet astre. En général, ce n’est pas un endroit de thérapie, mais simplement un lieu où l’on se sent en sécurité pour partager son vécu et apprendre de l’autre. Ces cercles de femmes reprennent des coutumes ancestrales, dans nombre de civilisations traditionnelles, et ce sont les Amérindiennes qui sont mises généralement en avant comme modèle.

 Pendant ces quelques jours considérés comme sacrés, les hommes œuvraient pour que les femmes ne manquent de rien et soient pleinement disponibles pour communier, écouter leurs intuitions, se transmettre du savoir et recevoir les visions qui pouvaient être utiles à l’ensemble de la tribu. Bhakti

J’ai découvert récemment Leah Dorion, artiste Metis (peuple canadien issu d’anciens métissages amérindiens/européens, principalement français) qui illustre avec simplicité et beauté ces cercles de femmes. Elle peint son héritage du Saskatchewan (Canada), célèbre les femmes de son peuple, leur spiritualité dédiée aux forces de la nature ou des scènes de la vie ; que ces petits bijoux vous emplissent de joie, et peut-être vous inspirent une œuvre textile !

Femmes qui dansent, Leah Dorion (2007)

Les petits cercles partagés en quatre, en rouge-jaune-blanc-noir, sont présents dans presque toutes les peintures de Leah Dorion où se trouvent des femmes. C’est la roue de la médecine amérindienne.
Donneuses de Vie, Leah Dorion.

Cueillette d’amélanches, Leah Dorion
Douzième Lune, Leah Dorion
Treizième Lune, Leah Dorion
Souffle de Vie, Leah Dorion
Menant les chevaux, Leah Dorion
Hymne au Tremble (l’arbre), Leah Dorion, 2015

Leah et son chien Lightening (Éclair)

Voici le site de cette artiste : https://www.leahdorion.ca/

Après ce monde de couleurs et de belles sensations, la chute n’en est que plus dure, je suis au regret de vous annoncer que le covid a eu raison du rêve de Pierrette : ni le FIFO, ni donc l’exposition de Béatrice Bueche n’auront lieu cette année (voir l’article de Marmotte Rousse).

Finissons en couleurs et musique en écoutant un entretien avec Leah, lors d’une de ses expositions :

 

La tente des femmes, Leah Dorion 2009

Adieu Annick

Nous avons appris hier le décès d’Annick Subra de Salafa, tellement appréciée en Haute-Garonne, en Ariège, dans le Tarn, dans l’Hérault et bien plus loin encore.

Les élégantes Toulousaines sont allées, pendant plus de 50 ans, s’approvisionner en tissus chics dans son magasin, et plus tôt celui de sa mère Suzanne Meurisse, à Toulouse. C’était Nord Midi Tissus, le magasin de Madame Meurisse, fondé en 1946 et situé d’abord Place des Carmes, puis au 30 rue de Metz. Ma grand-mère aimait y aller, sur les trois niveaux il y avait un si grand choix de belles étoffes ! Je crois bien que la robe de mariée de ma mère, qui s’est mariée à Lavaur, était en soie blanche de chez Madame Meurisse. Puis les temps ont changé, le prêt-à-porter a gagné sur la couturière et le magasin a fermé en 1999. Annick a récupéré chez elle des kilomètres de tissus, rubans et fils, tout ce qui n’avait pas trouvé acquéreur.

Depuis, elle vendait ses trésors au fil du temps, fidèle aux brocantes de couturières, ne cherchant pas à faire fortune mais plutôt à rencontrer des passionnées…

Tous les 15 août à Labastide-Rouairoux (81), elle était la première à qui je disais bonjour ! Elle tenait le grand stand à l’entrée. Et pour rester au goût du jour, elle préparait des kits avec ses jolis tissus, dentelles, galons et boutons… (photo Fête du Fil)

Elle ne manquait jamais les JA de France Patchwork 31, c’est ainsi que je l’ai rencontrée et appréciée. Et à chaque fois, c’était un rayon de soleil que je rencontrais 🌞.

A chaque défi collectif, elle nous offrait de quoi compléter nos fournitures : des rubans rouges pour le Projet 70273, de la soie blanche de robe de mariée pour une robe de Joëlle Vétillard, des lisières pour la Valisière… Quelle attention, quelle générosité !

Annick était une femme cultivée, intelligente et extrêmement gentille. J’avais une très belle relation amicale avec elle et son départ me rend très triste. Je sais que je ne suis pas la seule à être réellement peinée de sa disparition.

C’était aussi une lectrice de la Ruche des Quilteuses, c’est pourquoi je tenais à lui rendre hommage ici. Mes plus sincères condoléances à toute sa famille et ses proches.

Guérir : être positif et vivre en paix

Stephanie et moi nous sommes rencontrées un beau jour d’été l’année dernière, à Toulouse. Nous avons une très chère amie commune, LeeAnn, ma Sister de l’Ouest américain, cela crée des liens instantanés !

Un quilt de LeeAnn dont je ne me lasse pas, Gratitude, illustration parfaite pour cet article.

Nous avions fait un petit tour dans le centre ville, avec l’incontournable visite à la Maison de la Violette, une péniche unique au monde que j’aime toujours faire découvrir, avec sa sélection d’excellents produits et, toujours en décoration, des quilts (de la maman d’Hélène Vié, sa fondatrice, et/ou de la Ruche des Quilteuses, selon les saisons) :

Et nous avions longuement visité l’exposition de Rieko Koga, place du Capitole.

Peace, une des plus belles oeuvres de Rieko Koga. Un mot si bien choisi…

J’ai découvert une femme très souriante, amusante, parlant très bien français. Elle gardait encore une certaine fatigue de ses traitements, mais elle respirait la joie de vivre ! J’ai été très touchée de recevoir ses confidences et voulais depuis longtemps partager avec vous son courage face à un cancer très agressif – c’est souvent le cas quand on est encore jeune – déjà au stade 4, qui a nécessité d’interminables mois de traitements, chimios puis radiations. Et puis plusieurs récidives tout aussi agressives et inquiétantes. Nombre d’entre nous savons aussi de bien trop près ce dont il s’agit. Stéphanie est guérie et sa victoire est due bien sûr aux traitements, mais aussi sans aucun doute à son état d’esprit. Elle s’est entièrement branchée sur la positivité et l’amour, l’expression d’un océan d’ondes positives, des vagues d’espoir, une houle de gratitude. De la gratitude, oui… Comment entretenir cette force mentale quand on va si mal ? C’est tout un travail sur soi, qui peut parfois se faire en solo mais bien plus souvent avec l’aide de thérapeutes (voir Guérir : les énergies qui soignent). Les docteurs nous le disent bien, les personnes qui ont le moral guérissent mieux.

Ah j’ai oublié de vous dire que Stephanie est une intrépide quilteuse !

Je crois bien que sa technique préférée est l’appliqué collé et quilté, appris et perfectionné avec Freddy Moran, qui lui permet toutes les fantaisies !

 

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A la suite de son premier stage avec Freddy Moran en 2012 à Sisters (Oregon), Stephanie a réalisé ce formidable quilt (photo LeeAnn)

 

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Freddy Moran et Stephanie, photo de LeeAnn.

Stephanie était de nature inquiète, une anxieuse de la vie, malgré un abord très souriant. Elle menait tout sous contrôle et se souciait de mille et une choses qui ne sont jamais arrivées. Et puis ce qu’elle n’imaginait même pas s’est déclaré, un premier cancer bien vilain. L’annonce a été un coup de massue, et en même temps il lui est apparu, clair comme l’eau de roche, qu’elle ne contrôle aucunement sa vie et il est bien temps de cesser de se focaliser sur ce qui n’existe pas ! En dépit de toute la réalité complexe du diagnostic, Stephanie s’est sentie plus légère, plus libre, soulagée et même étourdie, son exact contraire ! Au fur et à mesure que passaient les semaines, elle a redéfini l’essence de sa vie.

Sur une mer déchainée et bien sombre, la barque Hope (Espoir) navigue, l’équipage (Stephanie et son mari) gardant le sourire !

 

Revenant d’une séance de chimio, Stephanie s’est visualisée sur ce beau catamaran, navigant joyeusement vers la guérison.

 

Pendant six mois, probablement interminables, Stephanie a visualisé ces petites fées de la chimio qui nettoient scrupuleusement tout son corps, pour le rendre tout sain.

 

Sur le long chemin de la guérison, elle a retrouvé ses ancêtres ukrainiens (petites poupées du folklore d’Europe de l’Est)

 

Stephanie se visionne heureuse au printemps, dans un champ de fleurs…

 

Quand sont arrivés les 28 jours de rayons, face à l’impressionnante machine bruyante, Stephanie a imaginé qu’on lui envoyait des rayons d’amour.

 

Un poème l’a sauvée, elle l’a appris par cœur pour se le réciter pendant les rayons :

L’être humain est un lieu d’accueil,
Chaque matin un nouvel arrivant.
Une joie, une déprime, une bassesse,
Une prise de conscience momentanée arrivent
Tel un visiteur inattendu.
Accueille-les, divertis-les tous
Même s’il s’agit d’une foule de regrets
Qui d’un seul coup balaye ta maison
Et la vide de tous ses biens.
Chaque hôte, quel qu’il soit, traite-le avec respect,
Peut-être te prépare-t-il
A de nouveaux ravissements.
Les noires pensées, la honte, la malveillance
Rencontre-les à la porte en riant
Et invite-les à entrer.
Sois reconnaissant envers celui qui arrive
Quel qu’il soit,
Car chacun est envoyé comme un guide de l’au-delà.
Djalâl ad-Dîn Rûmî
1207 – 1273

 

Son illustration du poème de Roumi

Dans le quilting, on lit Let it go, lâche prise

Stephanie va bien à présent, elle est en paix avec la vie, sereine, et continue de s’exprimer avec les fibres et les couleurs.

Une grande et belle jarre illumine ce quilt… plein d’espoir !

Stephanie a longuement combattu avec ses armes, la positivité et sa créativité l’ont accompagnée sur ce chemin difficile. Elle a découvert grâce à sa maladie une nouvelle manière de vivre, plus apaisée, plus lumineuse.

J’ai transcrit ici ce que m’a confié Stephanie, avec son plein accord bien sûr. A ce sujet, il est bon de préciser qu’il y a de nombreuses différences d’attitudes et de culture entre la France et les États-Unis. Parler ouvertement et en détails de sa maladie reste encore rare chez nous, alors qu’une Américaine se confiera volontiers. Est-ce parce que nous sommes un des peuples les plus pessimistes du monde, et parler de la maladie, c’est la concrétiser et risquer de ne pas la vaincre ?

La pensée positive, la loi d’attraction

Justement la méthode Coué, comme la positive attitude, sont souvent raillées en France. Émile Coué sait que nul n’est prophète en son pays… Ailleurs, dans des pays moins foncièrement cartésiens, ces méthodes aident à atteindre son objectif. A chacun de choisir sa certitude. Il s’agit de sélectionner une phrase qui correspond à la visualisation de son état meilleur, et se la répéter en pleine conscience, avec intention. Franchement, ce n’est pas sorcier, c’est gratuit et… c’est efficace ! Ce n’est pas une prière religieuse mais une affirmation positive au bon moment pour conditionner le cerveau, lui faire croire que ce qu’on veut est réalité. Le principe paraît si enfantin que beaucoup ne veulent pas y croire. C’est pourtant dans l’intention que se cachent les trésors de l’aide à l’auto-guérison.

Fake it till you make it, fais semblant que c’est vrai et ça finira par l’être.
Phrase américaine du 20e siècle

Pour que cela fonctionne, quelques conditions sont requises, comme la persévérance et la formulation de la phrase. Pas de négation comme je ne veux plus fumer (le cerveau se focalisera sur fumer) mais je me libère calmement et avec assurance de la cigarette, pas de je ne veux pas grossir, mais je suis en paix avec la nourriture ou Je prends plaisir à maigrir par exemple. Il est bon de faire une phrase avec un rythme qui vous plaît, des sonorités qui vous conviennent. Ensuite, la formulation de pensées positives est une aide efficace si on se mobilise par ailleurs dans le même but – restons motivés ! 

Quand on décide de choisir son but, gardons à l’esprit la sagesse stoïcienne :

Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé
et le courage de changer ce qui peut l’être
mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.

Marc-Aurèle

indochine
J’ai demandé à la Lune et le Soleil ne le sait pas… Indochine

Il faut comprendre cette phrase dans le sens où il est inutile de se charger mentalement de devoirs irréalisables ou, comme le faisait naguère Stephanie et tant d’entre nous, de peurs d’anticipation ou la compulsion du contrôle de tous les aspects de sa vie. Laissons de côté les doutes, les peurs, les craintes, cela diminue les immunités pour rien, ce n’est jamais profitable. Ayons de la gratitude pour ce que nous avons, même si c’est imparfait. MAIS on peut toujours demander la Lune, on n’est pas à l’abri de bonnes surprises…

Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.
Mark Twain

 

Dans le même esprit, la loi d’attraction ou de l’action/réaction, qui se comprend grâce aux énergies vibratoires de soi et de l’univers, fait que les paroles et pensées que nous avons ont un effet d’aimant et peuvent changer soi-même et le monde. Cela semble utopique, trop beau pour être vrai ou très dangereux, mais sans doute est-ce simplement ainsi que va le monde. On peut apprendre à maîtriser cette loi d’attraction, cela ne tient aucunement du miracle mais d’un protocole qui nous libère des limites qu’on s’impose. Car nous sommes essentiellement limités par nos peurs, nos pensées, nos croyances, bien plus que les limites de nos capacités. Et toujours, ayons de la gratitude pour ce qui arrive.

Ce que tu penses, tu le deviens.
Ce que tu ressens, tu l’attires.
Ce que tu imagines, tu le crées.
Bouddha

De nombreuses fois, on a demandé à Mère Teresa de participer à des manifestations contre la guerre. Elle a toujours refusé. Un jour, on lui a demandé de prendre part à une manifestation pour la paix. Elle accepta et précisa alors que les manifestations contre la guerre font des vibrations négatives et contre-productives, celles pour la paix, elles, peuvent servir ses convictions… (Petite histoire lue, mais non vérifiée. On peut la considérer comme une parabole !)

Mantra brodé par Rieko Koga pour la paix (détail).

Etre dépressif, c’est ruminer le passé.
Etre anxieux, c’est redouter le futur.
Soyons en paix, vivons dans le présent
Et projetons le futur avec espérance.
Ktl

Voici le mur d’expression de Stephanie, chaque tableau lui rappelle un épisode de sa vie, souvent un voyage ! Chacun est un soutien, un souvenir d’amour et de positivité, pour vivre aujourd’hui en paix.

Car, comme le proclamait Frida Kahlo qui a tant lutté elle aussi contre les douleurs et les maladies :

 

 

J’applaudis…

Dans les villes et les villages, en France et ailleurs pendant le confinement, des millions de personnes se sont mis à la fenêtre, au balcon ou dans leur rue pour applaudir tous les personnels qui travaillent pour nous, malgré tout : en premier lieu les personnels des hôpitaux, les soignants ainsi que tous les autres maillons indispensables de la chaîne de soins, mais aussi tous ceux qui ont continué à travailler en côtoyant d’autres personnes, alors que le risque était élevé et les protections souvent insuffisantes. Ce mouvement s’est amplifié, petits et grands ont eu à cœur de poursuivre les applaudissements jusqu’au dernier jour du confinement.

Applaudir à tout rompre, que ça fait du bien !

Être applaudi, c’est l’ultime récompense pour ceux qui ont réussi à toucher leur public, c’est la magie des spectacles vivants depuis la nuit des temps. Ces dernières semaines, les applaudissements sont la manifestation de notre reconnaissance, notre respect, notre admiration pour des personnes habituellement « invisibles ».

Dessin de presse : Frédéric Deligne

A Londres, le jeune Elliott, 6 ans, et son père Ian applaudissent tous les jeudis soirs à 20 h, tant que le déconfinement n’est pas prononcé. Presque chaque jour, le petit demande : est-ce qu’on est jeudi aujourd’hui ? tellement le rendez-vous hebdomadaire lui semble trop rare… Pour prolonger ce précieux moment, Elliott a pris en photo les mains de son père en train d’applaudir. Une photo suffit à donner l’impulsion pour une idée, des heures la transforment en tableaux… Car oui, si le fils a des idées, le papa a du talent…

Elliott et Ian Berry

Il s’agit bien sûr de Ian Berry et son fils, Ian qui utilise des blue jeans pour créer des œuvres d’art.

« Cela fait 15 ans que j’évite de faire des mains… « dit Ian. Sujet difficile ! Mais il n’a pas su résister à la reproduction de la photo de son fils…

Le jeune Elliott fait l’école à la maison en ce moment, mais il a droit de se détendre aussi… Après avoir vu un film de Disney, il demande à son père : peux-tu projeter tes tableaux de mains sur l’écran ?

Voici ce que cela donne, un applaudissement aussi vrai que nature :

L’effet est saisissant. Cet applaudissement aux personnels soignants mérite d’être vu… Grâce à Instagram et sa communauté d’amis, la double image se répand comme une traînée de poudre. L’idée est vite venue d’en faire une sorte d’hymne pictural.

Montrez ces mains entre amis, au fin fond d’une impasse ou sur le plus emblématique bâtiment de votre ville ! C’est une animation pleine de sens et bienvenue, pour ne pas oublier ce temps de profonde gratitude envers le personnel soignant et les autres professions-clé.

Ian donne ici le téléchargement en 3 définitions différentes pour que chacun puisse le projeter et, en retour, envoyez-lui des photos de l’événement à mail@ianberry.art ou postez-les directement sur les réseaux sociaux avec le label #IClapFor. 

I clap for = j’applaudis pour…

Depuis fin avril, le clappement de mains de Ian Berry a été projeté dans des dizaines de lieux, la majorité en Angleterre et en Écosse, mais aussi à la Nouvelle-Orléans comme au Brésil, au Mexique comme en Californie, en Italie comme en Suède… Faisons qu’en France aussi, on applaudisse, comme dirait Elliott, pour nos super-héros qui prennent soin de nous pendant la crise sanitaire.

Et si vous souhaitez honorer une personne en particulier, vous pouvez l’écrire par ici sur le site dédié. Une émotion, un beau geste ne sont pas perdus, consignés parmi d’autres…

Voici quelques-unes des projections :

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A Greenwich, où passe le fameux méridien, le 27 mai.

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Celle-ci me fait particulièrement rêver :

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Nous sommes sur les bords du Loch Ness, les applaudissements vont-ils réveiller le monstre endormi ?

Un site a été créé par Ian Berry pour garder une trace structurée de l’événement, et au quotidien c’est sur Instagram @ianberry.art. Fin 2020 et en 2021, des expositions auront lieu en Europe avec à la fois des œuvres de Ian, des photos artistiques de personnes confinées, des photos des projections #IClapFor… Aurons-nous la chance d’accueillir Ian Berry de nouveau en France ?

Si vous en avez la possibilité, faites vibrer vos amis, vos voisins, votre commune avec cet applaudissement !

 

Voici venu le temps des cerises

C’est la belle saison des cerises !

Quand on a la chance d’avoir un cerisier, on guette les première rougeurs de ces billes juteuses, et quand les oiseaux ne leur ont pas fait un sort en une nuit, on prend un jour son panier pour les cueillir, mûres à point… Bonheur simple !

Le panier, accessoire modeste mais indispensable. Depuis la nuit des temps, il est utilisé pour transporter les récoltes, quand les mains ne suffisent pas, pour trier et ranger… et mille autres usages. Pendant des millénaires, il fut fabriqué avec les matières premières locales longues et souples, qu’on tisse. Qu’est-ce qui fut inventé en premier, le panier ou le tissu ? C’est en tout cas le même principe.

En général, un panier n’est pas un récipient étanche, il laisse passer l’air et la récolte s’en trouve bien, évitant de macérer trop vite.

L’harmonie du fait main

Dans l’État Navajo, j’ai eu la chance de discuter avec Pauline, une dame Navajo qui connaît les techniques ancestrales de la confection de paniers, et le goût de les faire. Dans le désert aride où nous nous sommes rencontrées, il ne semblait rien y avoir de bon à utiliser en vannerie, et pourtant… Elle gardait dans des sacs humidifiés dans une bassine quantité d’écorces et de branches fines de plusieurs couleurs naturelles, tissant, au gré de son envie, des dessins traditionnels, colorés par Dame Nature… En général, dans ce coin aride de l’Arizona, le sumac est la plante qui donne ces longues et plates fibres, mais on y utilise aussi le saule, le yucca et autres.

Ce panier est un panier de mariage navajo. L’ouverture claire dans le motif se met toujours à l’Est, au soleil levant. Les pointes noires figurent les montagnes sacrées. C’est une figuration de l’univers. Photo d’ici.

71Be4X-V0BLQuand une personne fait de la vannerie, elle s’efforce de joindre l’utile à l’agréable, en couleurs et en forme. Mais plus intimement, en terre navajo elle cultive l’essence de la beauté, de l’harmonie, de l’équilibre, le Hózhó. Tout est lié, l’esprit du créateur du panier, la matière naturelle utilisée et la Terre Mère qui donne vie. Ce principe central du Hózhó dans la vie des Navajos est bien expliqué dans le livre Sagesses d’Ailleurs, de Frederika van Ingen.

J’espère que dans le fameux monde d’après, je retournerai chez les Navajos qui m’ont si bien accueillie et tant marquée. Si vous y allez, vous pourrez trouver le livre ci-dessous qui explique les artisanats de tissage et de vannerie, si proches, intégrés à la vision du monde de ce peuple encore en harmonie avec la nature, malgré tout.

J’ai acheté ce livre au Navajo National Monument (entre Tuba et Kayenta), un endroit en retrait et peu connu qui mérite pourtant le détour, avec les ruines d’un des nombreux villages d’un peuple éteint appelé communément anasazi, un parcours botanique qui démontre à quel point les Indiens savent utiliser la moindre plante, et un Visitor center bien agréable. Le quilt est un chemin de table que j’ai fait avec des tissus achetés chez Blossom Quilts & Crafts, chez Alice.

 

J’adore les paniers artisanaux. J’en ai acheté plusieurs à La P’tite Grisette, qui avait son espace sur la place de Villefranche-de-Rouergue le jeudi matin, jour de marché ; et puis un jour, je ne l’ai plus vue. Elle utilisait 4 sortes d’osier, ce qui lui permettait de varier épaisseurs et couleurs.

Ah que j’aime l’ambiance des marchés ! Celui de Villefranche-de-Rouergue est un de mes préférés. Prochainement, je vais aller à celui de Mirepoix en Ariège, pile à la limite des 100 km autorisés… 

Vous connaissez les nombreux blocs traditionnels qui montrent des paniers – ou baskets.
Ils sont partout, pour qui veut bien les voir ! Vous avez certainement vos modèles préférés.

Kristine a fait un tableau textile mêlant tradition et modernité, mais oui, un panier de cerises ! Je lui laisse la parole pour vous le présenter.

Voici venu le temps des cerises…

Faire plaisir à une amie qui a une passion dévorante pour les cerises, l’idée d’un quilt sur ce thème s’est imposée.

L’idée était d’utiliser des tissus anciens, de récupération, « recycling » très à la mode en ce moment, ce n’est pas nouveau pour moi, mon éducation a bénéficié de cette pratique, il fallait faire avec ce que l’on avait !

Quelques  morceaux de torchons à liseré rouge, du vichy, du croquet, des chutes de tissus,  des chutes de molleton (tombées d’ouvrages précédents) et deux entorses à la règle avec des matières neuves : la frise d’épis de blé, un achat compulsif qui n’avait jamais trouvé son utilisation, et  le tissu du panier dont l’imprimé épis de blé correspondait à ce que je voulais réaliser.

Pour tresser ce panier, j’ai utilisé la méthode proposée par Victoria Findlay Wolfe dans son livre Modern Quilt Magic, qui consiste à coudre des bandes en chevrons qui s’entrelacent, j’ai modifié la façon de couper les bandes pour le faire à main levée. Pour symboliser une vannerie, cette méthode était toute indiquée.

Le temps est venu de prendre le panier et partir cueillir les cerises, puis se mettre en cuisine pour cuisiner les clafoutis, les tartes et  les confitures… 

Kristine🐝

Frida Kahlo, icône féminine

¡Viva la Vida!

Connaissez-vous Frida Kahlo ? Sans doute savez-vous qu’elle fut une peintre mexicaine à l’oeuvre marquée par ses autoportraits. Cet exercice, se peindre, existe depuis la Renaissance (avec la disponibilité de miroirs). L’artiste est-il désespérément amoureux de son reflet, comme Narcisse ?  C’est bien plus souvent un exercice d’introspection. Voici donc une évocation de Frida Kahlo (1907-1954) avec quelques peintures, mais aussi des photos et des extraits de son journal intime ou sa correspondance.

Autoportrait aux papillons, Frida Kahlo.

Je me peins moi-même parce que je suis la personne que je connais le mieux.
Je suis ma propre muse. Je suis la personne que je veux améliorer.
Frida

Frida peignit 55 autoportraits sur 143 tableaux, exprimant la quête de soi, sa lutte contre la souffrance et, bien présente, son identité mexicaine (vêtement, faune, flore, couleurs). 

On peut voir cet autoportrait très coloré, daté de 1938, au Centre Pompidou à Paris.

Je peins des fleurs afin qu’elles ne meurent pas.
Frida

En Europe, hormis les admiratrices inconditionnelles, toujours plus nombreuses, on connaît mal Frida Kahlo, sauf si on a vu le film de sa vie, inoubliable, interprété et produit par Salma Hayek…

Née au Mexique comme Frida, l’actrice Salma Hayek portait en elle le projet de ce film depuis longtemps. Il est sorti en 2002. C’est seulement lors de l’explosion de #MeToo en 2017 que Salma osa dévoiler les turpitudes de Harvey Weinstein à son égard : il tenta notamment de faire planter le film parce qu’elle refusa ses avances…

Admiratrice de Frida et amoureuse du Mexique, mon amie Suzy Bignau m’a prêté le DVD il y a quelque temps déjà, j’ai alors compris pourquoi on pouvait tant s’intéresser à Frida Kahlo. A mon tour, je me suis mise à l’aimer, cette femme belle, intelligente, passionnée.

Photo credit: Nickolas Muray

 

Expression de ses souffrances

Dans le film, il est clairement montré que son art l’aidait à supporter ses souffrances. Elle peignait pour exprimer la violence de ses émotions, ses sensations, d’où de trop nombreux tableaux difficiles à supporter… Pauvre Frida, au corps martyrisé. Elle eut une vie de douleurs, à la suite d’une poliomyélite à l’âge de 6 ans, puis d’un accident de bus à 18 ans, dont elle gardera les graves séquelles à vie.

Je ne peins jamais mes rêves ou mes cauchemars. Je peins ma propre réalité.
Frida

La colonne brisée, 1944, 40 x 35 cm. Frida représente sa colonne vertébrale par une colonne grecque, sectionnée en 6 endroits. Les 56 clous symbolisent l’infinie douleur qu’elle endure, conséquence d’un accident à ses 18 ans (elle fut très gravement blessée lors d’une collision entre un bus et un tramway, à Mexico).

 Je ne suis pas malade. Je suis brisée.
Mais je me sens heureuse de continuer à vivre,
tant qu’il me sera possible de peindre.
Frida

Frida-Kahlo-Henry-Ford-Hospital-1932
L’hôpital Henry Ford, 1932, 32 x 40 cm. Frida sait, sur son lit d’hôpital, qu’elle ne pourra jamais avoir d’enfant. Lors de l’accident, elle fut littéralement transpercée par une tige métallique, de l’abdomen au vagin. Un tableau qui rappelle Dali, même si elle affirme ne pas aimer le surréalisme.

Je ne saurais dire si mes tableaux sont surréalistes ou pas, mais je sais qu’ils sont la plus franche expression de moi-même, sans jamais tenir compte des jugements et des préjugés de quiconque.
Frida

Sans espoir, 1945, 28 x 36 cm. Frida était devenue si maigre qu’on la forçait à manger.

J’ai essayé de noyer mes peines, mais elles ont appris à nager les bougres.
Frida

Son histoire est résumée sur ce blog par exemple, mais je vous encourage à voir le film Frida, tourné dans sa maison, la Casa Azul, devenue musée.

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Une icône de la mode 

Frida ne s’habillait que très rarement à l’occidentale.

En visite à New-York, 1933 © Lucienne Bloch
Rare portrait de Frida vêtue en femme occidentale du XXe siècle, photo de Gisèle Freund en 1951.
Toute jeune, elle a déjà le goût de la tenue des femmes mexicaines de la campagne. Quel chic ! Elle adopte les robes longues pour cacher son pied déformé par la polio et la différence de longueur de ses jambes. Photo Imogen Cunningham, 1931.
Sa mère Matilda était descendante de généraux espagnols par sa mère et d’un photographe indien de Morelia (Mexique) par son père ; son père Karl Wilhem (devenu Guillermo) Kahlo était d’origine allemande.

A la fois pour rendre hommage à la culture mexicaine et pour masquer par de l’ampleur, des plis, des couleurs, son corps martyrisé, Frida a développé une garde-robe unique.

Sa maison natale, où elle a vécu presque toute sa vie, est devenu le musée Frida Kahlo. On peut y admirer quelques unes de ses tenues « indiennes ».

Les tenues traditionnelles Tehuana lui permettaient d’affirmer son héritage. La région de Tehuantepec a, en outre, la particularité d’être matriarcale, les femmes y sont à la fois féminines et puissantes. En s’habillant de leur manière,  Frida fait avec son corps, exprime sa différence et rend hommage à la mexicanité, son identité culturelle. Et partout en Amérique centrale, on porte encore des huilpils, ces hauts à forme très simple, auxquels elle donne des lettres de noblesse. Les broderies, les couleurs, les dessins, concentrés sur la partie supérieure, invitent les personnes à ne pas regarder le bas de son corps déformé.

Photos de Nickolas Muray (de gauche à droite : 1946, 1939, 1939)
La styliste Alice&Co a conçu deux patrons de huilpil pour se mettre à la mode Frida, l’un à encolure ronde, l’autre à encolure carrée : patrons à charger dans les liens de cet article.
1939_Nickolas-Muray_Frida
Photo de 1939, par Nickolas Muray, un de ses fidèles amis.

On la voit presque toujours avec des ongles manucurés, des bijoux volumineux ethniques, et souvent, comme ci-dessus, un élégant châle savamment noué : encore un héritage mexicain, le fameux rebozo. Elle continue d’inspirer les femmes, ainsi que les couturiers comme Jean-Paul Gaultier (ses corsets…).

On admire la richesse de sa garde-robe, ses bijoux, ses coiffures… Ici un large ruban est tressé avec ses cheveux. « L’art de Frida Kahlo de Rivera est un ruban autour d’une bombe », a dit André Breton. Photo Nickolas Muray en 1939.
Et, la plupart du temps, des fleurs fraîches piquées dans sa coiffure…

 

Engagement politique et liberté assumée

Généreux et utopistes, Frida et son mari Diego Rivera voulaient changer le monde ! A l’époque, le marxisme semblait être la solution contre le monde belliqueux en place qui broyait les pauvres. Pour Frida, c’était avant tout pour faire avancer la condition des femmes dans un monde machiste. Épisode rocambolesque, le couple abrita Léon Trotski et sa femme, chassés de l’URSS par Staline,  pendant deux ans dans la Casa Azul, de 1937 à 1939. Léon Trotski sera assassiné l’année suivante, dans le même quartier où il continuait d’habiter après avoir été viré par Diego.

Frida Kahlo_Entre las cortinas_para Trotski
Ce tableau, plus grand que la plupart des autres peintures de Frida (87 cm x 70 cm) s’appelle Entre les rideaux, pour Léon Trotsky (1937). Elle s’est faite bien jolie, maquillée, confiante et séductrice. La mise en scène, entre deux rideaux blancs, rappelle les retables mexicains en triptyque. La lettre qu’elle tient dans la main est la dédicace : Pour Leon Trotski, avec toute mon affection, je dédie cette peinture le 07 novembre 1937 – Frida Kahlo à San Angel, Mexico. C’est elle qui se lassera du grand homme et lui, amoureux comme un adolescent, lui écrivit qu’elle fut « sa seule et authentique Révolution… »
Son mari Diego Rivera, peintre célèbre plus âgé qu’elle, fut l’homme de sa vie, même s’il commença rapidement à la tromper… Elle ne fut pas de reste, elle eut de nombreux amants et quelques amantes. Les invités témoignaient des disputes épiques, des assiettes qui volaient… 

Amour de la vie :
Frida
s’entourait de plantes et d’animaux,
Frida aimait la vie, même si elle lui en faisait baver… 

Il y en a qui naissent avec une étoile qui brille haut et d’autres comme des étoiles tombées par terre, écrasées, pleines de coups, et même si vous ne le croyez pas, je fais partie de celles qui sont bien tombées par terre.
Frida

Frida avec son singe Fulang Chang,1944, Mexico City,  © Bettmann/CORBIS
Frida et son faon en 1940, photo Nickolas Muray
Frida avec ses chiens, photo Gisèle Freund
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Frida nourrissant ses canards dans son jardin de la Casa Azul, photo de Gisèle Freund – 1948

Bien trop souvent allongée sur un lit de douleurs, elle s’imagine oiseau, une image qui vient de loin (à son mariage, sa mère dit c’est le mariage d’une colombe et d’un éléphant) et proclame son amour de la vie, malgré tout, après l’amputation de sa jambe droite :

 Des pieds, pourquoi en voudrais-je, si j’ai des ailes pour voler ?
Frida

 Et :

Est-ce que les verbes peuvent s’inventer?
Je veux t’en dire un : je te ciel, et ainsi mes ailes s’étirent, énormes, pour t’aimer sans limites.
Frida 

N’est-ce pas follement fort et touchant ?

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Héritage

Frida est partout en Amérique centrale, c’est une héroïne, une inspiratrice. Les excès mercantiles font même parfois mal au cœur… Mais bien plus noblement, elle continue d’inspirer les femmes d’aujourd’hui.

Une artiste textile française, Anne Gailhbaud alias ArtisAnne, lui a rendu maintes fois hommage, ressentant intimement dans ses fibres la sensibilité de Frida. Anne a lu TOUT au sujet de Frida et j’apprécie l’influence de sa muse mexicaine.

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Deux broches faites pour des amies par ArtisAnne. Lisez ses articles sur Frida Kahlo !

Mon prochain article sera consacré à un quilt sur Frida… pas de moi ! Vous aurez la surprise…

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Nos cœurs battent en souvenir de Frida.

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Elle avait la rage de vivre.

Les nuages ne durent qu’un moment et le soleil toute la vie.
Frida

Son dernier tableau, en 1954, n’est pas un autoportrait, mais une ode aux couleurs et aux choses simples de la vie :

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¡Viva la Vida!

De Vous à moi

Bonjour, en ce 1er mai complètement inédit !

Même dans la région toulousaine, le muguet pousse, du moins chez notre amie Vive, déjà bien fleuri il y a 10 jours :

 

 

Permettez-moi de relayer la demande de la rédactrice en chef des Nouvelles, Sylvie Bedu : envoyez-lui, le plus rapidement possible, une photo de votre ouvrage en cours du Challenge #ensemblemalgretout, pour une parution éventuelle dans les Nouvelles de juin. Personne n’a fini bien sûr, mais certaines peuvent déjà montrer un beau bout d’ouvrage. La photo doit être en excellente définition, vérifiez le réglage de votre appareil photo. Envoi par email à : revue.fp@orange.fr

Je suis presque sûre qu’il y aura un suivi de ce magnifique challenge, alors une fois le confinement terminé, terminez votre ouvrage et faites-en de belles photos ! Et n’oubliez pas d’adhérer à France Patchwork en code 1 pour recevoir la revue, détails par ici.

 

Boîte aux lettres d’emails ou boîte aux lettres du bout du chemin, la communication continue de plus belle entre quilteuses !

Annie Paire suit le challenge et m’adresse des photos de ses créations, souvent bicolores, deux semaines à la fois. J’admire son art, moi qui ne fais pas d’art textile… Voici le dernier, horizon violet et mer glaz :

Maïté, elle aussi, continue son sampler « balade dans la nature » :

Et un merci ému à mes correspondantes de la semaine :

laure liberty
Une superbe carte textile en tissus Neelam, une réalisation parfaite et que des mots doux… Merci infiniment Laure Liberty !
huguette judes
L’incroyable Corona-carte d’Huguette Judes, qui n’arrive malheureusement plus à poster des commentaires sur ce blog… mais qui continue de quilter tout en confectionnant des masques, comme nombre d’entre nous.

Elles comme nous avons le virus du patch, et attention nous le partageons volontiers !

A très vite, prenez bien soin de vous,
Katell

Vers un monde différent

Quand nous sortirons du confinement, comment va-t-on se congratuler, se dire bonjour ? Nous devrons sans doute faire une croix sur les accolades à l’américaine, les embrassades et serrages de mains à la française ou les frottements de nez esquimau (on vérifie ainsi que l’autre va bien et n’a pas le nez gelé)… Nous devrons  continuer de garder nos distances, avec ou sans masque !

La question est sérieuse…
Elle va modifier nos habitudes quotidiennes.

On pourra toujours lever la main de loin, disant Ugh! comme les Indiens d’Amérique ! Ils ont une sagesse ancestrale qu’on a perdue.

Nous autres, premiers hommes d’Amérique, vivons dans un monde de symboles et d’images où le spirituel et l’ordinaire des jours ne font qu’un, c’est ce qui nous donne la sagesse et l’équilibre.
Sagesse Sioux

Mais du côté d’autres Indiens 😉 on peut aussi trouver un autre geste, une nouvelle attitude pleine d’allure. 

Se dire bonjour face à face et à distance en joignant les mains et en souriant, c’est un partage différent du toucher des mains ou de la bise, et ce geste remplit de joie. Sans y mettre une quelconque religiosité – nous n’aspirons pas forcément à devenir bouddhistes ! – c’est un bref moment de gratitude sincère envers l’autre. Même si ce geste s’appelle Namasté, il est inutile de le prononcer, un simple bonjour chez nous conviendrait parfaitement.

Quant aux personnes qu’on salue sans vouloir communiquer autant de connivence, une courbette à la japonaise deviendra peut-être la norme ! C’est une forme de respect, mais parfois aussi de soumission… ou d’hypocrisie sociale aussi, elle existera sans doute toujours !

Je divaguais sur le monde d’après quand j’ai préparé mon carré Ensemble malgré tout violet du challenge FP. Même si je ne suis pas très affûtée question chakras, je sais que le violet est le symbole de la lucidité et de l’action réfléchie, elle calme le trop-plein d’émotions en rassurant. Elle symbolise l’esprit plutôt que la matière, l’être plutôt que l’avoir, une couleur qui garde une empreinte mystérieuse. Comment le dire en un mot court ?

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Mystic, en anglais, me convient bien, même si c’est différent. Cela me relie à Betty, qui m’a offert un merveilleux quilt violet et m’en a dédié un autre, toujours violet. Elle m’a expliqué longuement la raison de son choix de couleur… Ma bague préférée est d’ailleurs une améthyste. Et puis, c’est la seconde couleur de ma ville natale, Toulouse la Rose, avec sa fleur la violette (ex-æquo avec le bleu pastel) ! Avec l’âge, mes deux couleurs préférées deviennent le violet et le turquoise, qui sont des bleus mélangés, l’un, avec du rouge, l’autre avec une touche de jaune… 

Il est certain, nous vivons un moment-charnière. Certains chercheront à récupérer la vie d’avant, rassurante, d’autres veulent tout changer pour parvenir à un monde rêvé.

L’avenir n’est pas écrit. Vous savez peut-être que les chinois écrivent le mot CRISE ainsi (idéogramme ci-contre). La première partie de l’idéogramme désigne le temps du danger, la seconde, le temps de l’opportunité. Vivre une crise, c’est voir et évaluer le danger, sans doute accepter le changement qui est dans la nature de la vie, puis saisir l’occasion pour évoluer positivement.

 La folie c’est de croire qu’en faisant toujours la même chose on puisse arriver à un résultat différent.
Albert Einstein

Dans mon charm quilt, je voulais y ajouter cette notion de danger/opportunité, alors qu’à cela ne tienne, j’ai brodé l’idéogramme chinois et l’ai entouré d’imprimés gris très graphiques : de petites étoiles, une grille ouvragée de style baroque, des quadrillés-grillages, un mur, des troncs d’arbre…

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Tout est possible pour notre avenir, faisons en sorte que le meilleur en sortira… Ce sera un chemin rempli de ronces et d’orties, mais ces plantes ne sont-elles pas des trésors en herboristerie ?…

C’est décidé, mon charm quilt fera 16 blocs ! J’attends les deux dernières couleurs avec impatience… Rose et orange, j’aimerais bien…

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Les jours se suivent, très semblables, une monotonie s’installe…
Savoir jouer avec sa créativité est un trésor, utilisons ce don !

Katell

Le confinement a du bon 🙃

Quand je vois des acteurs fumer, je sais que le film a des chances d’avoir plus de 40 ans ; désormais, voir de simples accolades, les trottoirs bondés et tous les rassemblements nous font dire : c’était le monde d’avant. Quand nous aurons de nouveau le droit de sortir, que seront nos échanges avec un masque ? Après le choc de l’enfermement viendra peut-être aussi la peur de sortir et de se mêler à la foule ; le confinement nous perturbe sans doute plus profondément qu’on ne le croit.

Mais au cœur de l’isolement forcé, des quilteuses qui ont la chance d’être exemptes de travail à l’extérieur et en bonne santé s’en donnent à cœur joie ! Du temps à longueur de journée pour s’adonner à son projet, sans devoir tout ranger après quelques heures, sans majeure perturbation… Forcément, l’ouvrage avance !! 

Alors voici de nombreux nouveaux ouvrages tous azimuts et un long article pour vous distraire.
Installez-vous confortablement, vous avez le temps !

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Voici les plus récentes photos d’ouvrages BeeBook, de Josette Glée :

Une bien jolie version du village de Sophie Zaugg, elle-même inspirée par le peintre Paul Klee.

On a bien du mal à arrêter une quilteuse : après s’être cassé le bras, Josette a fait sa rééducation en réunissant des bouts de tissus pour en faire une crapaudine !

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Manuela Dupuy m’a transmis le modèle à faire en appliqué de l’iconique dessin du pouvoir des femmes (girl power), recyclé récemment par les Couturières Solidaires de France. 

L’émancipation des femmes passe par cette affiche aux USA !

Un appliqué sur un tee-shirt, modèle trouvé par Manuela sur Pinterest… On peut lui mettre un masque si on veut !

Rappel de la bannière des Couturières Solidaires de France, voir par ici.

Il faut encourager Manuela qui vient de faire son premier top, quelle réussite ! Brillamment coachée par Myriam Brouard, elle est bien partie pour devenir une quilteuse passionnée. Saurez-vous lui conseiller un motif sympa de quilting à la main ?

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Marie-Michèle, une grande amie de Maïté, a terminé un modèle de Kaffe Fassett, lui-même inspiré d’un quilt antique britannique conservé au V&A Museum de Londres. C’est un superbe modèle qui m’a aussi séduite, j’ai le mien dans un carton, toujours à l’état de top… Il faudra que je le fasse quilter après le confinement, c’est tellement dommage qu’il reste endormi dans son coin. Le quilt original a été reproduit par Marie-Françoise Grégoire et a obtenu le label envié de Quilt de Légende, voir mon article à son sujet par ici.

Contrairement à moi, Marie-Michèle a eu, elle, l’envie et le courage de le quilter à la main, dès lors elle a le bonheur d’en profiter !

Photo du modèle dans le livre paru en 2005. Je me souviens avoir acheté mon exemplaire chez Martine Cugny, à Quilt & Patch à Toulouse.

Top en cours de montage, j’apprécie la variété des délicieux tissus vintage.

A la faveur du confinement, ce magnifique quilt est FINI !

Bravo Marie-Michèle !

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De tout temps, les quilteuses ont tenté de maîtriser un phénomène bien mystérieux : la multiplication des chutes de tissus. Plus on les utilise, plus on en a. Comme il faut du temps pour trier, couper, coudre, le confinement est l’ami providentiel inattendu de nos tiroirs qui ne demandent qu’à être allégés.

Les quilteuses sont des magiciennes. Plus elles utilisent des restes de tissus, plus elles en ont.

Les quilts de scraps (chutes de tissus) sont les stars du confinement. Mais n’oublions pas, nos amies commerçantes vendent toujours des tissus via internet, aidons-les à survivre.

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Nicole Dewitz fait de nombreux quilts de bébés, qu’elle fait distribuer là où on en a besoin. Voici son ravissant petit dernier avec de beaux tissus bleus :

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Quant à Andrée Traversez, elle a momentanément délaissé ses wax (voir ses quilts dans BeeBook) pour utiliser au maximum ses autres chutes de tissus. Ce quilt est un cadeau pour un bébé, une petite Camille.

Avant le confinement, le top était en morceaux, nous avions vu ensemble que ses blocs avaient plus d’allure en mettant systématiquement les couleurs froides en vertical et les couleurs chaudes horizontalement.

Ravissant quilting à la main, là encore ! Le dos est aussi beau que l’endroit.

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Et Kristine ? Telle qu’on la connaît, elle ne risquait pas de rester à ne rien faire… Comme toujours, elle a exploré et innové. Quelles sont ses inspirations cette fois-ci ? Les Map quilts, ou cartes en quilt. Allez voir par ici pour savoir ce que sont les Map quilts.

C’était une envie tenace, représenter la carte du village natal de son mari en quilt. Depuis des mois elle y pensait et le confinement l’a incitée à s’y mettre. Elle a beaucoup tâtonné pour représenter toutes les caractéristiques de ce petit coin de la Beauce, mais voilà, c’est fait ! Il me tarde de le voir en vrai !!

La première semaine du confinement, cela a commencé ainsi, avec les routes principales, le ruisseau, le canal, les champs…

Le 30 mars, le contour de la commune est défini. Une grande partie des verts proviennent des tiroirs de Maïté… offerts in extremis avant le confinement.

La prochaine étape était de mettre tous les détails, après tout c’est une carte !

Le 4 avril, les bâtiments sont érigés.

 

Le 16 mars, le voilà brodé, quilté, bordé et accroché ! Tout y est : la mairie, les boutiques, la gare, les routes, les champs, la maison de famille etc. Je crois que son mari, confiné au travail, ne l’a pas encore vu… Quelle belle surprise à son retour, dans son bureau ! Et si vous connaissez la Beauce, peut-être avez-vous découvert le nom de cette petite ville ? 

Je vous le disais bien, le confinement a du bon… Surtout, il faut garder le moral avec les moyens du bord, c’est la meilleure façon de s’en sortir !
Katell