Velours Rouge

J’ai toujours plusieurs projets en cours, au contraire de plusieurs de mes amies qui détestent savoir qu’elles ont des tops en attente. Pour moi les pauses sont souvent essentielles car l’improvisation va chez moi de pair avec mûrissement, décantation, fermentation des idées, une vraie cuisine mentale qui me réveille parfois la nuit. Mon amie Annie raconte toujours en détails la genèse de chaque quilt sur son blog Des Tulipes et des Cœurs et je retrouve bien dans ses articles les joies et les doutes de la création !

Alors sans entrer dans les détails techniques, voici d’où me vient l’inspiration de mon nouveau quilt, un petit panneau où rien n’est droit.

Je pars presque toujours d’un quilt ou d’une image de la nature qui m’inspire. Cette fois-ci, c’est un quilt de Jill qui m’a donné le point de départ :

2017-04-20 (2)
Accentuate, Lady Pie Quilts. Comme j’aime les quilts avec des blocs irréguliers et une cohérence dans les couleurs, je suis toujours fan des quilts de cette artiste (Jill de Lady Pie Quilts) et, dans le même style, d’autres Américaines comme Debbie de Seattle (A Quilter’s Table) et bien sûr LeeAnn de Seattle aussi (Nifty Quilts). Décidément l’air de Seattle sied aux quilteuses !

J’ai donc décidé de faire ces blocs avec un centre rose vif imprimé ou pas, puis le souligner d’une bande unie marine et enfin terminer chaque bloc en log cabin irrégulier avec des tissus bleu-vert-turquoise, clairement inspiré du quilt de Jill. En avant pour l’aventure !

N’ayant pas fait de photos intermédiaires, je vais vous la faire courte : une petite dizaine de blocs faits, non équerrés, en attente pendant 6 mois. Et puis un jour, à vrai dire il y a 3 jours, l’envie de m’y remettre me saisit et en cherchant d’autres tissus roses dans mes boîtes je tombe sur des tissus offerts par LeeAnn, des grands coupons et de tout petits. LeeAnn n’achète presque jamais de tissus de patchwork car ils n’ont pas « vécu », elle se fournit dans les « thrift shops », boutiques de 2e main, vide-greniers et puces des couturières… Alors ses tissus sont étonnants ! J’y ai cherché du rose, j’y ai trouvé un petit rectangle de velours rouge. C’est décidé, ce sera mon focus !

IMG_20181105_101100 (1).jpg

Le petit rectangle de velours rouge m’inspire un encadrement de bandes, puis les blocs déjà faits prennent leur place tout autour. Au dernier moment, je décide d’ajouter du jaune orangé car l’ensemble se semblait trop froid malgré le vert acide, puis j’ajoute enfin des petits sourires, un tissu offert par une quilteuse de Williams, Arizona, que je présenterai un jour dans la série Western Spirit. En une journée j’ai terminé ce top qui s’agençait tout seul grâce au velours rouge de LeeAnn.

Et voilà, le quiting très simple commence en encadrant le velours rouge et continue en droites -pas toujours très droites !- et le quilt est coupé sans être équerré, pour garder l’esprit organique, vivant du projet.

Bonne journée !

Une question d’habitude

Utiliser une Mijot’in, c’est une question d’habitude. Je vous ai longuement parlé en début d’année de cette méthode de cuisson passive et de mon expérience. Les premiers jours je me demandais, avant de préparer chaque repas, comment j’allais bien pouvoir l’essayer. Il fallait changer mes habitudes et rechercher les moyens de l’utiliser. Chaque essai étant concluant, j’ai gagné en confiance et depuis le début de l’année, j’ai pris de nouvelles habitudes et réflexes, il ne se passe pas deux jours sans qu’elle ne me soit utile.

L’été, évidemment, quand on préfère les salades, je la sollicite moins, quoique je continue à cuire des légumes, du riz ou autres céréales…

Mijot'in - Ref.71050
Une Mijot’in de Chantal à vendre ici

Comme il est finalement difficile de savoir si c’est un gadget inutile de plus qui finira par prendre la poussière ou une vraie aide culinaire, Chantal propose désormais, pour les personnes de la région toulousaine, un tout nouveau service : la location à la semaine d’une Mijot’in, afin de la « prendre en main » et vérifier ses qualités ! C’est dire la confiance qu’elle porte à sa création, mais aussi sa position claire : si vous n’êtes pas convaincue au bout d’une semaine, vous rendez la marmite norvégienne et ne lui devez plus rien.

Les conditions de location sont : 5 € la semaine (avec un chèque de caution), conseils, trucs et astuces offerts par Chantal inclus !

Formulaire de contact ici.

 

Doodle quilting

Un jour j’ai écrit sur la broderie doodle et je me suis alors rendu compte de la vigueur des brodeuses connectées dans notre pays : cet article fait partie des plus populaires de ce blog ! Je crois que le blog de mon amie Gene y est pour quelque chose… J’ai rendu visite récemment à leur club de Pexiora, c’était formidable !
A la fin de l’article, je vous promettais une broderie doodle inspirée de Dijanne Cevaal et Els Gauchotte. Ce fut  une aventure collective proposée par l’ancienne délégation FP31 (France Patchwork Haute-Garonne) dans le cadre d’une exposition itinérante appelée Fibre Occitane
.

DSCN4763

Ce quilt en broderie doodle est très cher à mon cœur, presque 100 personnes y ont participé (100 blocs, mais quelques adhérents en firent plusieurs), le thème était simplement l’évocation d’une fleur, même imaginaire :

DSCN4765

 

DSCN4766 Le top est fait de blocs en blue jean recyclé, d’un bout de soie blanche (récupération de restes de robes de mariées, tissus offerts par notre amie Annick Subra de Salafa) et d’un assortiment de fils moulinés couleurs brique et pastel (les couleurs de Fibre Occitane). J’ai fait l’assemblage en « doodle patchwork », sans gabarit ni mesure exacte, juste pour voir comment cela rendrait… Personne n’a critiqué le manque de régularité des bandes d’assemblage, du moins ouvertement !

DSCN4767

Après la doodle-broderie et le doodle-patchwork, reste à évoquer le doodle-quilting. Comme pour la broderie et le patchwork, on abandonne les modèles, on se donne de la liberté. Il y a environ 12 ans, j’avais fait mon premier matelassage à main levée, c’est-à-dire que j’inventais mon dessin de quilting point après point. Le top était on ne peut plus simple, des carrés de très beaux tissus achetés chez Quilt & Patch (Toulouse) :

DSCN4768

C’est une nappe qu’on utilise en pique-nique ! Voici un détail  du quilting vu de dos :

DSCN4770.jpg
De tout petits points en fil de quilting YLI traditionnel avec un dessin inventé au fur et à mesure.

Aujourd’hui, je suis en train de doodle-quilter en écho, à la manière de Sherri Lynn Wood, un quilt très luxuriant, chargé d’imprimés et de courbes irrégulières. Si j’étais anglophone, je l’aurais appelé Organic, mot-clé qu’on utilise pour nos notions organique, biologique, écologique… Alors je l’appelle simplement Vivant & Naturel, bizarre pour un quilt, mais j’y revendique dans mes courbes le droit à la différence, le non-calibrage, et dans mes points de quilting la joie de voir grandir le dessin de manière unique, au fil de mon bon-vouloir. Ce quilt ne sera pas du goût de chacun, mais il sera unique pour rappeler l’absolue nécessité de protéger la biodiversité, le vivant et le naturel.

DSCN4772

Quelle est la technique du doodle quilting ? Simple, je vous assure !


Comme pour le quilting traditionnel à la main, on peut utiliser un cercle ou bien  un poids (comme de nombreuses quilteuses japonaises). En revanche, maintenant j’utilise un fil plus épais et ma préférence va vers le coton perlé n° 8 avec une aiguille à broder pointue n° 7. Le dessin peut suivre librement les coutures ou faire un tout autre motif, c’est votre choix ! Le geste est le même qu’avec de fines aiguilles between, mais les points sont plus longs. Ce quilting est apparenté aux traditions multiples qui utilisent le simple point avant, longuement évoqué ici. J’avoue avoir du mal à garder mes points aussi longs que j’aimerais, comme du sashiko. C’est pourtant plus adapté au style de ce matelassage. C’est peut-être mon 10e quilt quilté au coton perlé mais certainement pas le dernier !

DSCN4771
Dos du quilt en cours pour lequel je suis partie d’un petit oiseau imprimé que j’ai entouré d’un cercle, ce qu’on aperçoit sur la photo précédente, puis je continue en écho avec beaucoup de liberté.

Quant au plaisir de quilter à la main, il reste intact mais plus rapide ! Avez-vous envie d’essayer vous aussi le doodle quilting, ou matelassage vivant et naturel ?

 

Une Mijot’in pour une nouvelle vie !

De chères amies de la Ruche souhaitaient offrir un cadeau à ma fille pour son mariage ; le choix s’est vite dirigé vers une Mijot’in, une marmite norvégienne créée par Chantal de Couleurs Bobines. Une Mijot’in, c’est une sorte de housse de cocotte, parfaitement isolée  grâce à 5 cm de chanvre et un gros socle de liège, qui permet de cuire avec seulement un minimum d’énergie. J’utilise la mienne quotidiennement, trouvant souvent de nouvelles raisons de l’utiliser. Exemple récent : mon cuiseur à riz vient de me lâcher ? Je ne le remplacerai pas, la Mijot’in me cuit un riz parfait sans le cramer au fond ! Pour plus de détails sur ce concept, voir par ici

DSCN4667Je savais que je ne me tromperais pas en conseillant un tissu de Neelam ! Ce tissu de coton épais est de l’ikat, c’est-à-dire que les fils sont teints à intervalles calculés pour qu’ensuite au tissage, ils forment les dessins souhaités. Ici les teintures artisanales sont indigo et curcuma, couleurs opposées sur la roue des couleurs qui se complètent donc parfaitement. Evidemment, dans leur cocon à la déco naturelle et pleine de souvenirs de voyages, la Mijot’in sera à son aise.

Comme les amies sont généreuses, une cocotte en inox aux dimensions parfaites complète le cadeau :DSCN4669Le jeune couple est absolument ravi de ce cadeau, depuis le temps qu’ils lorgnaient sur ma Mijot’in !
P
our vivre heureux, vivons cachés, les heureux mariés souhaitent garder leurs photos privées, vous ne les verrez donc pas ici. Cependant je vous montrerai en juin un autre cadeau textile utile qui leur a fait tout autant plaisir !

Évocation d’une vie/Anne

C’est aujourd’hui Caroline qui nous raconte l’histoire d’un quilt qu’elle a rêvé… et que  Kristine a fait !…

Tout est parti de ce quilt de Kristine réalisé l’an passé, découvert lors de mon passage en terre toulousaine en février dernier et pour lequel j’ai eu un véritable coup de foudre visuel, mais aussi pour l’histoire de sa genèse… Là est le véritable point de départ de ma commande spéciale à Kristine.​ il s’agit du quilt « médaillon à la manière de Gwen Marston »​ :

Voir son histoire par ici

J’ai rencontré ​K​ristine il y a plus de 20 ans lors de notre aventure commune de l’association Paris Point de Croix et, depuis cette époque, nous conjuguons nos mains et nos idées pour des petites aventures textiles : ​Kristine est une fée couturière et moi je suis une fée bavarde, un peu brodeuse et qui utilise cet art modeste comme alibi pour immiscer de l’écriture sur le textile!
L’amitié constitue l’autre rouage de cette aventure : j’ai le bonheur de tisser des liens continus avec mes amies d’enfance du Vésinet depuis presque 50 ans et avec mes amies brodeuses parisiennes.
Deux d’entre elles habitant maintenant la région de Toulouse (Anne la graphologue et Kristine la brodeuse), l’occasion s’est vite présentée de les faire se rencontrer et d’imaginer un pont textile entre nous trois !
L’idée de raconter une histoire via un patchwork m’avait tellement emballée qu’en juin 2017, j’apportais à Kristine dans mes bagages une sélection de tissus et autres brimborions textiles pour réaliser non pas un, mais deux quilts en patchwork qui retraceraient à l’aiguille notre amitié !

de tout.jpg
Un ensemble de tissus, rubans, dentelles, broderies, monogrammes, souvenirs à inclure dans la mesure du possible dans le quilt d’amitié pour Anne.

Voici donc le premier volet de ce roman à quatre mains, destiné à Anne…
Les lettres et l’écriture y tiennent une place de choix car elles incarnent au mieux mon amie Anne (monogramme ancien chiné à Toulouse, imprimés textiles, phrases quiltées, enveloppe pour symboliser nos échanges épistolaires, livres…).

Quilt ancien américain rapporté de Boston par Anne.
Superbe, mais certains tissus ont souffert et devront être remplacés, Kristine aura la charge et l’honneur de le rénover.

Ce patchwork s’imposait également car Anne a vécu quelques années à Boston et en a rapporté de nombreux souvenirs (dont un quilt ancien et une merveille de machine à coudre…) et même l’art des cabanes en bois nord-américaines puisqu’Anne et son mari en ont installé une dans leur prairie commingeoise ! Ce patchwork y trouvera certainement son écrin rêvé 🙂

la cabane.jpg
La Cabane d’Anne, futur écrin d’un quilt unique…

Il convenait également d’évoquer la passion du Bleu, de Matisse, des fleurs et des lieux qui ont jalonné son existence, d’où cette pétillante guirlande de fanions que personnellement j’applaudis car elle nous embarque en voyage dans cette caravane de rêves !

quilt AnneD CD-CT-2018
L’écriture, la lecture, les voyages avec l’évocation de la cabane en bois avec un bloc de log cabin sous le bouquet de fleurs, le drapeau américain suggéré, le bonheur des Pyrénées proches, les aventures épistolaires, trois enfants symbolisés par trois oiseaux à la Matisse… Mille et un messages et souvenirs sont cachés dans ce quilt !

quilt AnneD CD-CT-2018.jpg

Bravo encore à Kristine d’avoir traduit le brouillon de mes idées et à très vite pour le second volet de l’aventure…..

Caroline Lecointre Delvert

Je suis fan de ma Marmite Norvégienne !

La Marmite Norvégienne est un principe de cuisson millénaire : on porte à feu vif puis on laisse cuire sans feu ni flamme, simplement en calfeutrant, protégeant, isolant le contenant dans une caisse pleine de foin, dans le lit sous des couvertures, etc. On connaît le principe du thermos qui garde au chaud, ici on utilise l’isolation pour maintenir assez chaud pour poursuivre longtemps la cuisson. La Marmite Norvégienne, ou caisse à cuire, était très populaire au début du 20e Siècle puis de nouveau dans les années 40, mais aussi en continu dans les campagnes.

Publicité parue en 1917 dans Le Pays de France, Etats Généraux du Tourisme
Affiche pendant la Grande Guerre

Maintenant qu’on souhaite réduire sa consommation d’énergie, la Marmite Norvégienne revient à la mode. Elle a une fervente avocate francophone : Mireille Saimpaul, alias Cerise.
Toute l’histoire de la cuisson en MN, liée à l’économie domestique à travers les âges, est racontée d’une façon absolument délectable dans ce livre :

Il est malheureusement épuisé, mais l’auteur est généreuse et nous l’offre en PDF, avec l’espoir d’avoir en retour un commentaire sur son blog ou un don. Bien sûr, cet article va lui être signalé.

Autre livre de Cerise, je viens d’acheter l’avant-dernier exemplaire sur Amazon :

51iW42IYE9L._SX354_BO1,204,203,200_.jpg
Des astuces pour aménager sa cuisine très simplement, en évitant la plupart des appareils électriques… Vers une sobriété heureuse… avec du temps et quelques efforts quand même !  Je ne suis pas prête à me séparer du lave-vaisselle comme Cerise… Je finis de le lire et le passe ensuite à ma fille !

De nombreux bricoleurs font des caisses isolantes, d’autres utilisent des anoraks ou de vieilles couettes pour entourer leur cocotte… Je n’étais pas prête à ça.

Réseau social des Colibris, Faire sa part : cocotte bien protégée par des galettes de chaise dans un sac de courses.
Cuiseur sans flamme à bricoler, avec comme isolant du foin. C’est la pratique la plus populaire chez nos amis anglophones.
Futée, la boîte en carton avec isolant en paille de Nadine

En revanche, ceci m’a attirée :

Mijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des QuilteusesMijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des QuilteusesMijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des QuilteusesMijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des Quilteuses

Mijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des Quilteuses

Ces Marmites Norvégiennes ont été conçues par mon amie Chantal, une Abeille de la Ruche des Quilteuses (voir Bee Chantal). Elles sont belles et parfaitement opérationnelles. Chacune a un socle isolant en liège, un épais matelas isolant en chanvre et une belle housse déhoussable & lavable en coton. Elle appelle joliment sa création une Mijot’in. Avant ma commande, j’ai eu la chance de pouvoir tester si mes cocottes préférées entraient dans sa « petite taille » : oui, sans problème !

Pour utiliser une Mijot’in, il faut avoir une cocotte à couvercle qui rentre dedans !! Ces deux-ci sont parfaites, l’une en inox, l’autre en fonte. Sinon, il faut une casserole à manche amovible… toujours avec un couvercle bien adapté. Chantal propose deux tailles, j’ai la plus petite, la plus grande étant pour les grands faitouts.

Un petit tour dans mon atelier pour chercher le tissu que je voulais (privilège d’être amie avec Chantal !) et je lui commande en décembre ma Mijot’in en tissu Andover de Renee Nanneman, collection French Farmhouse de 2009, dans lequel je n’arrivais pas à couper tellement je l’aimais ! Chantal l’a terminée à temps pour que je la reçoive en cadeau à Noël. La voici sur le quilt fait en octobre dernier pour Les Nouvelles (modèle dans le n° 135) :Mijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des Quilteuses

Mijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des QuilteusesJ’ai commencé timidement à l’utiliser, difficile de prendre de nouvelles habitudes. Mais à présent, un bon mois plus tard, je l’utilise quotidiennement et je suis réellement conquise, la Mijot’in n’a que des qualités comme toute MN bien conçue. Je craignais l’encombrement, mais elle est si belle qu’elle reste bien en vue dans la cuisine 🙂

Les couturières, quilteuses, bricoleuses (mettre aussi bien sûr au masculin) peuvent se créer leur propre Marmite Norvégienne : une fois qu’on a compris le principe, les possibilités sont infinies et les exemples foisonnent sur internet pour s’en faire une sans trop dépenser.  Mille détails dans le blog et le livre de Mireille Saimpaul.
Pour moi l’esthétique compte autant que l’efficacité. Les Mijot’in de Chantal sont de conception, de matières premières et finitions parfaites, cela a un coût que je trouve parfaitement justifié.

Mijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des Quilteuses

Vous pouvez voir les réalisations de Chantal en vente sur son blog et la contacter: voir contact. Elle participe à des expos-ventes autour de Toulouse sous le nom de Couleurs Bobines.

Mijot'in de Couleurs Bobines sur la Ruche des Quilteuses
Mijot’in utilisée quotidiennement !  Je pense à Chantal avec gratitude chaque jour…

 

La Lune Bleue cette nuit

Cette nuit, si nous avons un ciel dégagé, nous pourrons voir la pleine lune, qualifiée de super-lune bleue de sang (Sciences & Avenir) ! En résumé, la lune sera très proche pour tout le monde sur Terre (grosseur et brillance), nous sommes dans une année de 13e Lune (lune bleue = lune rare) et elle sera couleur sang pour beaucoup de monde en raison d’une éclipse totale de la Lune… mais non visible en Europe.

© LAURENT THEILLET / SUD OUEST : prise au Pont-de-Pierre à Bordeaux le 4/12/17

On redécouvre les noms des pleines lunes attribuées naguère par les civilisations proches de la Nature. Les Américains ont traduit les noms donnés par les Amérindiens, ce qui donne par exemple ceci :

Si la Lune a des effets incontestés par les scientifiques (les marées), d’autres font partie des croyances profondément ancrées dans l’imaginaire, et surtout liés aux femmes. Vrais ou faux peu importe, ces liens supposés font rêver et titillent la créativité ! Hier j’ai vu un quilt parfaitement adapté à aujourd’hui :

Lunes d’Hiver, de Monique, blog Il était une fois des points comptés

J’ai plusieurs fois aimé faire figurer la pleine Lune, comme ici :

La Lune Blanche, Katell

Et ici, un quilt que j’aurais pu appeler Les Lunes de Brocéliande :

Forêt de Brocéliande, Katell

Il existe une multitude de quilts artistiques sur la Lune, par exemple celui-ci d’Helen Knott, très japonisant :

De la même artiste, Le Chant à la Lune :

Moonsong, Helen Knott

Un de mes préférés dans ce style reste les Météores (qui ne sont pourtant pas des lunes…) de Sophie, Luna Love Quilts :

Météores, Sophie Zaugg

Mais connaissez-vous le bloc de La Lune sur la Montagne (Moon over the Mountain) ?

 Moon over the Mountain, Quiltscape de Rebecca Barker

Il peut donner ceci en variantes modernisées dues à Jean Wells :

Brenda Gael Smith
Rebecca Rohrkaste
Moon Over The Mountain par Robin Halprin, quilté par Kathy Ritter. Photo de ce blog

A vous de jouer !

Mais tant d’autres quilts sont aussi sur le thème de la pleine lune ! Ce sera pour une autre fois… En attendant vous pouvez replonger dans l’univers poétique de Valériane qui peint si bien la Lune :

moutons-sous-la-lune-valc3a9riane-leblond.jpg
Moutons sous la Lune, Valériane Leblond

 

 

 

 

 

La couronne de Maïté

Si vous étiez à la Journée de l’Amitié France Patchwork à Balma le 17 novembre dernier, vous avez sûrement vu notre amie Maïté déguisée… en sapin de Noël :

Sa couronne en patchwork a fait sensation, beaucoup lui ont demandé les explications.
Edit de l’après-midi : C’est un modèle de Marie-Clémence Duguet paru dans Florilège de Patchwork, volume de Noël qui est le tome 2 sur 5 parus, édition l’Inédite. Merci à toutes celles qui m’ont renseignée et Marie-Clémence en particulier !

La couronne est identique recto-verso.

Voici les gabarits à redessiner d’après les cotes de ce dessin, ou à agrandir pour avoir les droites qui mesurent 4 cm afin d’obtenir une couronne de la même taille que Maïté  :

Cliquez sur la photo pour agrandir.
Le gabarit où figure l’angle 110° est ici en tissu blanc, à couper 24 fois (les pointes de la couronne) et l’autre gabarit est alternativement coupé en rouge et vert, 12 de chaque. Ajouter les marges de couture. Maïté l’a cousue « à l’américaine » mais vous pouvez aussi la faire « à l’anglaise », méthode où l’on bâtit chaque pièce sur un gabarit (comme pour les hexagones). A l’américaine : assembler les pièces formant le recto, puis le verso de la couronne, en laissant ouverte une seule couture entre un rouge et un vert. Ensuite assembler l’extérieur de la couronne endroit contre endroit (les pointes blanches) en faisant coïncider les deux ouvertures et finir par l’assemblage de l’intérieur de la couronne toujours endroit contre endroit ; retourner par l’ouverture, bourrer de ouatine par l’ouverture et fermer à points glissés.
Une bien jolie couronne !

En bonus, Maïté nous ouvre sa porte, les décorations sont prêtes pour la venue des nombreux petits-enfants et une chaleureuse fête familiale !

Les lutins sont de retour !
Les sabots sont déjà au pied du sapin…
Sur le mur, le si beau quilt créé par la regrettée Jacqueline Morel, paru dans Marie-Claire Idées.

Merci Maïté  pour ce partage !

Dala

DALA, ces quatre lettres symbolisent la Suède ! C’est ainsi qu’on appelle le cheval de bois coloré et peint artisanalement au cœur de la Suède, qu’on voit souvent en décoration de Noël version scandinave.

Illustration Aina Stenberg-MasOlle (1885-1975). God Jul signifie Joyeux Noël !

Pendant des siècles les bûcherons suédois profitèrent de l’inactivité hivernale pour travailler à l’intérieur et sculpter notamment des jouets.

Le cheval de trait étant l’animal le plus précieux pour les transports des choses et des personnes, pour la traction dans les champs, ils fabriquaient des chevaux simplifiés en bois brut. La peinture rouge traditionnelle des maisons servait aussi pour les jouets… Le petit cheval de la région de Dalarna (Dalécarlie en français) était né ! Au XIXe siècle on l’ornait déjà de pointillés et d’arabesques pour le rendre plus mignon, on en voit deux sur cette peinture du peintre Carl Larsson :

En voici un, artistiquement peint par un enfant selon le modèle devenu classique :

Dans la région de Dalarna, ce cheval est la star locale :

70 CL dala géant 2

Les Dala se déclinent en bois, en biscuit, en tissu, en fil… La simplicité de la forme est typique d’une philosophie du juste ce qu’il faut typiquement suédois, qui nous arrive en déferlante cette année sous le nom de Lagom (voir quelques livres par ici).

traditional-dala-red-situ

Bienvenue !
Superbe quilt de Yoko Saito qui apprécie particulièrement la Suède. Lagom et esthétique  japonaise ont de nombreux points communs !
Des tissus Kaffe Fassett pour un beau bloc, cheval appliqué.

urban threads

En couture sur papier, on peut le faire grâce à un modèle de Juliana par ici. Il peut se transformer en beau coussin.

http://jednoiglec.blogspot.fr/2014/12/christmas-blocks-16.html
Dresden Lane Designs
Voici celui-ci, superbe, fait par Laetitia Sirop 2 Citrouille.
Adorable panneau de Mamifleur !

Kristine , dans une autre vie, créait des grilles de point de croix. Elle vous offre ce modèle :

A consommer sans modération ! Faites des ouvrages Dala de toutes sortes, adressez-moi les photos à quilteuseforever (arobase) orange (point) fr, je les publierai pendant l’Avent 2018 !

Dalalement Vôtre,
Katell 

Un quilt codé pour délivrer un beau message d’amitié…

C’est une bien longue histoire que le Underground Railroad, ce réseau de chemins de terre qu’empruntaient clandestinement des esclaves fuyant leur condition et voulant se réfugier dans le Nord non-esclavagiste, si possible au Canada. C’était un chemin d’espoir, de liberté qui hélas devenait bien souvent un chemin de souffrances et de déceptions. Ils étaient pourtant bien aidés par des personnes de bonne volonté, principalement Quakers, ces protestants tellement évolués, libres dans leur tête et leur vie et qui étaient les principaux Abolitionnistes. Pour ce Chemin de Fer souterrain fictif on avait un vocabulaire rappelant le réseau ferré avec ses gares (les lieux sûrs) et les chefs de gare qui aidaient sur le chemin. Le Underground Railroad eut cours durant des décennies, jusqu’à la Guerre de Sécession (1861-65). 

51Z7g5QzZdL._SX210_Cette année, un roman prend une place considérable dans le rappel de cette époque d’esclavage (qu’on aimerait tant être uniquement un drame du passé). Il s’appelle simplement Underground Railroad. Ce roman a raflé plusieurs Prix littéraires prestigieux, grâce à son écriture visuelle et son héroïne tellement touchante. L’originalité est que l’auteur New-yorkais imagine un VRAI chemin de fer souterrain pour passer plusieurs endroits difficiles… Ce roman risque fort de transformer l’imaginaire américain et cette fiction deviendra peut-être, pour beaucoup, une réalité du passé !

Connaissez-vous les quilts codés ?

A la fin des années 1990, les magazines de quilting, puis les actualités généralistes, et enfin des livres d’Histoire du niveau Collège racontaient que des quilts mis dehors, comme s’ils étaient aérés sur le fil d’étendage, cachaient des messages codés pour aider les fugitifs à passer les obstacles. Beaucoup veulent encore y croire même si les plus sérieuses historiennes, comme Barbara AC003677lBrackman ou Christiane Billard en France, sont d’accord pour assurer qu’il n’y a absolument aucune trace de quilt, aucun écrit et surtout que c’était irréaliste, ne serait-ce que parce que certains blocs n’existaient pas encore, mais aussi parce qu’il aurait été bien difficile de faire circuler les infos sur la signification des blocs sans attirer l’attention… Franchement, cette histoire a été crue car elle est très belle et correspond aussi à l’imaginaire américain, on aurait aimé qu’elle fût vraie ! Cette belle histoire, racontée par une femme soutenant qu’elle la tenait de tradition orale de sa famille sur plusieurs générations, provient bien plus probablement de souvenirs de livres d’enfants des années 1980 et en particulier le très mignon Sweet Clara and the Freedom Quilt.

c63103fb71347f044ac00d42f661536f.jpg
Un quilt d’apparence normale, un nine-patch, cache des informations cartographiques pour préparer le voyage des fugitifs. Sweet Clara est un très joli livre et on a envie de croire que cette idée a bien existé…

61-IHxC+OML._SX258_BO1,204,203,200_Au début des années 2000 d’innombrables quilts ont été faits d’après un livre d’Eleanor Burns et Sue Bouchard, un manuel pour réaliser un Sampler donnant les clés des codes. Il raconte la rencontre avec Ozella Williams sur un marché, heureuse d’avoir l’oreille attentive d’une femme quilteuse historienne. L’histoire fait rêver certes, mais il est clairement écrit d’une manière que je dirais légère, pour être gentille. Cet immense succès de librairie manque cruellement de justifications historiques. Il n’en reste pas moins que le sampler est très harmonieux et c’est l’occasion de raconter la jolie fable des quilts codés. Mais l’exploitation de cette histoire donnée alors pour vraie par des spécialistes du patchwork traditionnel me laisse un goût amer. C’est un grand succès de librairie, certes. Il suffisait de dire que c’était un jeu, une fable ou un mythe, et tout allait bien !

Exposition dans une bibliothèque en Oklahoma : l’histoire des quilts codés est instruite comme une certitude historique (voir ici)

De cette histoire controversée est née une très belle idée chez Denyse Saint-Arroman : à partir des noms si riches et variés des blocs de patchwork, pourrait-on délivrer un message codé ? Oh que cette possibilité est excitante ! Denyse a préparé ce projet, l’a soumis à son groupe de quilteuses parmi lesquelles deux vraies débutantes.
Le grand bonheur, c’est que j’en suis la très heureuse destinataire !

DSCN4378
Superbe Sampler traditionnel quilté à la main. Les couleurs sont harmonieuses, les bleus sont réchauffés par quelques touches vives.

La dominante bleue, c’est pour me faire plaisir car ce n’est pas la couleur favorite de Denyse 😉 Bravo à chacune (surtout les débutantes !) pour ces beaux blocs qui cachent donc un message qui me fait un plaisir fou… et un peu rougir, à chaque fois que je le lis :

Cette Journée de l’Amitié (Friendship Star) marque la fin de notre route ensemble (End of the Road). Notre groupe de couturières (Sewing Circle) s’est réuni pour te dire au revoir (Good Cheer).
Nous sommes tristes de te perdre (Bleeding Heart). Avec l’aide de tes abeilles (Honey Bee) tu as été la meilleure déléguée qu’on pouvait souhaiter (Best of All) et nous ne t’oublierons jamais (Forget me Not).
Tu as fait de ton mieux pour resserrer les liens d’amitié (Links of Friendship) entre les membres de France Patchwork et tu as encouragé avec impartialité (Fair Play) toutes les quilteuses. Nous t’offrons donc ce bouquet (Friendship Bouquet) pour te remercier de tout ce que tu as fait pour nous. Nous te prenons dans nos bras (Hug Block) pour t’embrasser très affectueusement (Kiss Block) et nous te souhaitons chance (Lucky Clover) et prospérité (Prosperity) dans tes activités à venir.

Les blocs du sampler sont dans l’ordre de ce beau message et entre parenthèses vous avez les noms des blocs. Mais n’oublions pas que plusieurs blocs peuvent avoir le même nom, et inversement un bloc pouvait être nommé de maintes façons ! C’était la liberté des quilteuses d’antan…

DSCN4381
Mille mercis à chacune et surtout à toi Denyse, ce quilt est plein de douceur et d’ondes positives, il m’enchante chaque jour !