De nombreux quilts sont faits de losanges, ce qui affole les débutantes. J’ai l’ambition de vous les faire aimer❤. Une fois de plus, le charme de la géométrie et la beauté des mathématiques de base sont appliqués au patchwork. Mais je vous montre aussi comment vous en sortir sans fastidieux calculs !
Divers losanges
Qu’est-ce qu’un losange ?
C’est une forme géométrique à 4 côtés égaux. Un carré est un losange qui a la particularité d’avoir 4 angles droits. Tous les autres ont 2 angles aigus et 2 angles obtus.
Imaginez que vous pouvez étirer ou serrer en vertical et horizontal : vous obtenez une infinité de variantes en losange.
Ce qui est important à retenir : les 4 côtés sont égaux et ils sont parallèles 2 par 2.
Divers quilts aux losanges
Il y a déjà 9 ans, je vous avais parlé de l’unique quilt de la romancière anglaise Jane Austen, fait de losanges aux proportions dodues. Vous pouvez retrouver cette jolie histoire par ici(Austenland).
Les étoiles à 8 branches sont une grande famille de blocs. Ici des blocs de mon sampler en cours (Le Sampler de Sylvia). Chaque bloc mesure 15 cm. L’étoile de gauche a un seul losange par branche (et donc 8 losanges en tout), celle de droite en a 4 (4 x 8 = 32). en ajoutant une rangée, on a 9 losanges (72 en tout), puis 16 (128), puis 25 (200)… C’est une variante de personnalisation de votre étoile.
Pour les étoiles à 8 branches, nous utilisons des losanges particuliers, avec deux angles de 45°. Pas d’inquiétude, vous n’avez pas besoin ici d’un rapporteur d’angle, ni d’équerre, ni de compas (divers objets aidant à dessiner un losange).
Vous avez juste d’une règle de patchwork où figure la ligne de la diagonale d’un carré (à 45° donc).
La plupart des règles ont une diagonale à 45° dessinée, elle sera indispensable pour découper vos losanges. Ici, elle est à l’horizontale, les deux règles de marques différentes sont superposées. Pensez aussi aux marquages sur votre planche de coupe.
La plupart des grandes étoiles à huit branches américaines sont coupées à partir de bandes de 2.5 inch de haut. C’est justement la hauteur des bandes prédécoupées en jelly rolls. Si vous en avez un de côté, c’est l’occasion de l’utiliser ! En centimètres, on peut prendre la mesure la plus proche, 6,5 cm. Mais vous allez vite comprendre que c’est très facile de changer de dimensions, si vous préférez de grands losanges ou au contraire des minis minis…
Si on veut faire soi-même un gabarit, on peut utiliser le nombre magique 1,414 ! Oui c’est la formule pour calculer combien mesure la diagonale par rapport au côté d’un carré ou un losange, sans passer par les racines carrées… Si la bande mesure 6,5 cm de haut : 6,5 x 1,414 = 9,19 cm, c’est le côté du losange. Une illustration :
La hauteur du losange est de 6,5 cm et chaque côté mesure 6,5 x 1,414 = 9,19 cm
C’est trop compliqué ? C’est là qu’on se souvient que les côtés sont parallèles 2 par 2 ! Si vous avez une hauteur de bande de 6,5 cm, eh bien vous allez couper votre losange à 6,5 cm de la première coupe à 45°.
J’ai une bande de tissu de 6,5 cm de haut. J’utilise la diagonale pour positionner la règle, afin de couper à 45°. J’ai de plus, la marque sur la planche qui confirme le bon positionnement.
Ici je n’ai plus besoin de la diagonale marquée, je positionne la règle sur la marque 6,5 cm et je pourrai couper à droite. J’ai fait un effort, moi la gauchère, pour mettre la règle comme une droitière !
Confirmation que tout va bien : mon losange-témoin en papier est sur la règle, tout est juste !
Sur le PDF Lone Star de Lindlee, vous avez aussi la technique détaillée pour faire plus rapide que losange par losange (il en faut 128 pour ce modèle), c’est-à-dire qu’on coud d’abord des bandes pour ensuite les couper à 45° : c’est ainsi très rapide de faire une Lone Star, mais les tissus se retrouveront à la même place d’une branche à l’autre.
Nous l’avons vu, vous pouvez choisir le nombre de rangées de losanges par branche (voir sous la photo des 3 étoiles) ; vous pouvez aussi agrandir ou diminuer la taille du losange en décidant de la hauteur de la bande. Tout est logique. Ya plu ka !
Tout le monde connaît le carré, bien propre sur lui. Un carré mis sur la pointe, souvent appelé spontanément losange, a tout de suite plus d’énergie ! Le carré dans le carré est un bloc très dynamique :
Un carré posé sur la pointe, en losange, ça se remarque ! (Pixabay, Christelle Olivier)
Le losange est un carré avec une touche rock’n roll.
Une touche de vocabulaire
Notre mot losange vient du grec loxós (biais) et du latin angulus, (angle), ce qui correspond bien à ce carré posé de biais et de travers !
A noter qu’en anglais, il existe deux mots pour le losange : rhombus, qui est aussi l’ancien mot pour losange en français (rhombe disait-on naguère en français, cela vient du grec), et diamond, diamant, sont-ils synonymes ? C’est une vraie question posée par les Anglophones aux profs de maths !
La différence est que le diamond peut être aussi en forme de cerf-volant🪁 mais pas le rhombus, aux 4 côtés forcément égaux.
Les pyramides de Gizeh, avec leur ombre, forment des diamants, pas des losanges.
Un soupçon d’ésotérisme
Symboliquement, le 4 représente l’équilibre, l’ordre, l’organisation, la perfection. S’il évoque les parallélogrammes (4 côtés et 4 angles, comme un carré ou un losange), il est aussi un chiffre que les pythagoriciens associaient à la pyramide :
Cette figure est une tetraktys, où 1 + 2 + 3 + 4 = 10, du remue-méninges pour mathématiciens et du bonheur pour ésotériques !
Tetraktys et Kabbale…
Je n’ai pas lu ce livre, il peut être intéressant… Je viens de découvrir cet auteur, Armand Herscovici, avec La Spirale de l’Escargot : des contes bine écrits pour présenter les beautés mathématiques pour tous !
Le losange est aussi la moitié d’une tetraktys…
Et dans l’art
Dans le théâtre italien dès le XVIe siècle, l’Arlecchino, notre Arlequin, est un personnage aux multiples facettes, vêtu d’un costume fait de losanges (du patchwork de tissus de récupération). De nos jours, il survit en personnage de carnaval, et on peut toujours le trouver dans des pièces de théâtre, dans les musées…
Arlequin, Paul Cézanne (1888), à voir « en vrai » à Washington DC, National Gallery of Art.
Paul (fils du peintre), par Pablo Picasso -Musée Picasso de Paris
Bien moins connu, l’Arlequin de Juan Alpiste (1996)
Ce méli-mélo de losanges s’achève, avec le petit regret de ne pas avoir publié cet article avant-hier le 8 janvier, Journée Nationale du motif Argyle ! C’est un écossais particulier du clan des Campbell, qui vivaient dans le comté d’Argyll, non pas tissé mais tricoté. Mais oui, vous connaissez !!
Je vous souhaite une bonne semaine, pleine d’envies de losanges pour votre Étoile Solitaire ! Katell
Elle est discrète et se met si peu en avant qu’elle devient invisible, mais si elle n’est pas là tout change. Indispensable donc, elle est rarement au centre de la conversation et pourtant elle est, vous le devinez, toujours à l’esprit.
Qui est-elle ?
C’est la marge de couture, qui varie selon les siècles, les habitudes, les techniques. Si elle est absente, le patchwork bascule dans le mix-media ou art textile, avec l’utilisation de colle ou autres moyens d’attache et le tissu qui reste à cru. Certains appliqués sans marge de couture font l’exception, restant de style traditionnel en laine à cru par exemple.
Des appliqués sans marge de couture restent dans une certaine tradition, en flanelle ou feutrine, plus rapides à réaliser. Création Cosabeth Parriaud pour Marie-Claire Idées.
La discrète est essentielle et aujourd’hui, pour une fois, la discrète se fait vedette⭐.
Le patchwork mosaïque
Commençons par le patchwork en mosaïque, qui est une des origines de notre art. Il est appelé aussi patchwork à l’anglaise, car c’est chez nos voisins et néanmoins toujours amis malgré le Brexit 😏 qu’il est né. Technique utilisée de nos jours principalement pour faire des hexagones, c’était l’unique moyen, naguère, d’assembler toutes les pièces de récupération des couturières (en soie, satin, brocart et autres étoffes glissantes), un gabarit en papier de l’exacte forme et dimension de la pièce cousue qu’on recouvre et « emballe » de tissu.
Et la Discrète ? Ici les marges de couture doivent être suffisantes, mais il n’y avait pas vraiment de règle : on coupait à vue, juste assez pour bâtir en enveloppant le papier.
Le plus ancien patchwork qui nous reste, fait en patchwork à l’anglaise, est daté de 1718. Il est cousu sans aucune pièce appliquée, ce qu’on pourrait croire en le regardant :
Pour le tricentenaire de ce vétéran, Susan Briscoe et la British Quilters’ Guild ont exposé en 2018 à Birmingham plus de 20 répliques de ce chef d’oeuvre. La gagnante du concours est Denise Geach, mais saluons le travail de bravoure de chacune !
Le patchwork américain
Le patchwork à l’anglaise est bien long à faire, avec l’étape fastidieuse et dispendieuse des gabarits. Par souci de rapidité et l’utilisation d’autres tissus moins fuyants comme la laine et le coton, les femmes ont inventé une autre manière de faire : assembler les pièces en mettant les tissus endroit contre endroit, les coudre à la main ou à la machine après avoir tracé, à l’aide de gabarits en carton ou métal réutilisables, les formes directement sur le tissu (et donc les lignes de coutures).
La Discrète est encore ajoutée à vue d’œil : soit on découpe après avoir dessiné la pièce, à la distance la plus petite possible du trait pour économiser le tissu, soit on a pris soin de s’approcher le plus possible du bord du tissu au moment du dessin. Sur la plupart des quilts anciens un peu ou beaucoup déchirés, on constate que les marges sont minimes, 1/8e d’inch (entre 3 et 4 mm) était tout ce qu’on laissait à la Discrète… d’où les déchirures, l’effilochage des tissus coupés ou déchirés en droit fil.
Le dos de ce quilt inachevé montre que les traits de couture ne sont pas tracés par toutes les quilteuses et que la couture du tissu à carreaux est à la limite de l’effilochage… Cela ne tiendra pas longtemps, même quilté(photo de Flickr)
Au cours du 20e siècle, les magazines, les livres de quilteuses chevronnées donnaient de bons conseils : si vous voulez que votre quilt tienne bon, qu’il devienne un Heirloom Quilt (quilt qui sera transmis en héritage), mettez environ 1/4 d’inch (6,35 mm) comme marge de couture… ce qui semblait, pour la plupart des quilteuses, un gâchis terrible !
Quilt américain appartenant à Caroline, en gardiennage chez son amie Kristine : vaut-il la peine d’être restauré ? Telle est la question…
Ce quilt n’est probablement pas très ancien, c’est un Log Cabin fait à la machine dans les années 1960 peut-être. Le 1/4 d’inch est quasiment respecté mais, autre problème, le fil blanc a cisaillé le tissu de coton… Probablement un fil en polyester, trop solide pour les cretonnes et les divers tissus en coton utilisés… A garder en mémoire !!
La discrète révèle non seulement les habitudes des quilteuses, mais aussi… la couleur d’origine des tissus qui n’a pas été délavée par les UV !
Ce n’est que sur la marge de couture qu’on a une idée de la couleur d’origine du tissu.
Le Crazy
Là encore, on ne parle pas de marge de couture, on coud dans tous les sens, on pratique un mélange de piécé et d’appliqué, on ajoute des broderies qui tiennent le tout, la discrète n’a pas la parole alors qu’elle est omniprésente, cela va de soi. Mais en évoquant la folie du crazy, on peut se rapprocher des vraies origines multicentenaires du patchwork, l’assemblage en puzzle de tout ce qu’on avait comme textiles, quelle que soit la forme de la pièce, ou bien la réparation des vêtements ou linges de maison avec l’ajout d’une pièce pour cacher un trou… Il y aura une marge de couture minime… Économie oblige !
On vient de le voir, l’appliqué fut d’abord une pièce de réparation, puis devint un loisir de femme aisée : coudre un tissu neuf sur un autre neuf ne se fait que pour des raisons esthétiques ! Là encore, les marges de couture sont souvent minimes et il faut beaucoup de petits points pour bien fixer le tissu décoratif sur son fond. On rentre généralement la marge de couture en s’aidant du bout de l’aiguille. La discrète est glissée et coincée, ni vue ni connue, entre les deux tissus.
Le patchwork avec l’utilisation du cutter rotatif
On l’a vu, pour du patchwork durable, on préconisait environ 1/4 d’inch, mais au vu des quilts anciens, on sait que la discrète était plus petite, presque toujours.
Vint l’avènement du patch moderne grâce à mon objet fétiche : le cutter rotatif ! Avec lui, les marges de couture se sont normalisées car, révolution, on ne marque plus le trait de couture : on coupe en ajoutant la valeur de 2 marges de couture (de part et d’autre de la pièce). Pour un carré de 2 inch, on coupe un carré de 2 1/2 inch. Simple comme bonjour ! Comme cette évolution est arrivée des USA, il a fallu convertir pour le système métrique. Dans les années 1990, les premiers livres en français qui présentaient cette méthode préconisaient 5 mm de discrète et donc un ajout très pratique d’1 cm (pour un carré cousu de 5 cm, on coupe 6 cm), mais cela s’est avéré un chouïa trop juste et la règle d’or est à présent d’ajouter 1,5 cm. Le quatuor cutter-règle-planche et machine à coudre fonctionne à merveille, il faut avoir un pied de biche de la bonne largeur (celle de la marge de couture) et hop ! tout est précis, vite et bien.
Sauf que… il y a l’épaisseur du tissu, celle du fil, le pli… et pour avoir un résultat absolument parfait, il faut coudre juste un peu moins que le quart d’inch, en anglais on dit coudre a scant quarter inch seam allowance.
Et en centimètres ? Personnellement j’obtiens de bons résultats avec :
un pied de biche d’un quart d’inch et les tissus tout juste au bord (donc une couture à 6,3 mm du bord, au lieu de 7 mm)
un repassage de la couture sans ouvrir les tissus d’abord (toujours mis endroit contre endroit), puis j’ouvre en repassant les marges sur un côté
dernière action : l’équerrage, le bloc étant logiquement trop grand d’1 mm environ. Je corrige tout petit problème. Avec des blocs complexes aux nombreux pavés intermédiaires, je me repère toujours aux correspondances de coutures centrales, non à la marge de couture.
Mais voilà que des quilteuses libérées et rebelles, avec Gwen Marston en mentor, ont remis en cause l’esthétique parfaite des quilts de la fin du 20e siècle. Avec tous les modèles repris à l’infini, calqués les uns sur les autres, cela engendrait un monde de quilts magnifiques certes, mais manquant de personnalisation, une perfection sans jubilation. Armée de son cutter, Gwen et ses amies ont repris l’esprit de « faire avec ce qu’on a », sans renier le progrès.
Ce quilt de Gwen Marston a une structure classique, mais les string blocks (blocs faits de bandes) sont cousus sans fondation, sans respect de la vraie diagonale, en prenant les bandes de tissus comme elles viennent, en s’amusant surtout… Il en résulte un quilt bien plus vivant et gai que s’il était coupé droit !
Si par exemple un tissu présente une courbure, au lieu de l’équerrer droit, on va tirer avantage de ce mouvement. Comme avant, chaque oeuvre devient absolument unique, on parle de processus d’improvisation et de création, au lieu de copie d’un modèle.
Ce quilt a été inventé au fil du temps, assemblé en tenant compte des mouvements des blocs non équerrés.Velours Rouge, Katell.
Et la discrète ? Eh bien, c’est toujours sa nature de rester en retrait ! Les quilteuses faisant des quilts improvisés l’ont constamment à l’esprit, mais elle ne sera pas nécessairement pile-poil d’un quart d’inch, les coupes souples ne sont plus en droit fil et ne s’effilocheront donc pas : on a une tolérance légèrement en-dessous et au-dessus du quart d’inch ou des 7 mm, au coup d’œil… mais nous l’avons à l’œil, la discrète, elle ne doit tout de même pas être trop fine !
Quand la discrète fait sa star
Comme toute règle peut être détournée, voici différents exemples d’une discrète devenant star ⭐
Tout d’abord un style country, coutures apparentes frangées et ébouriffées, amusant à faire mais vite passé de mode, les rag quilts :
Puis la modernité et l’audace de l’Allemande Inge Hueber, qui s’est fait une spécialité de la marge de couture visible, en tournant son top : l’envers devient l’endroit ! Il en découle un flou artistique, des limites indéfinies comme dans une légère brume :
Natalie Chanin, elle aussi, a fait des quilts avec le top « à l’envers », montrant fièrement les coutures :
Indigo Star Quilt de Natalie Chanin. Première particularité : les coutures visibles décoratives. La seconde : la matière est en jersey de coton, oui, celle des tee-shirts !
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Discrètement, la marge de couture se cache au cœur de vos quilts, bien à l’ombre des projecteurs… Mais veillez sur elle, sur ses épaules repose la pérennité de votre ouvrage !
Tie and dye, souvenirs de jeunesse… Nouer, lier et teindre était déjà à la mode dans les années 70 ! Chez nous, on a oublié cette tendance quelques décennies mais elle revient de plus belle avec le goût du fait main et de l’artisanat du Monde. Mon amie Émilie de Neelam nous offre ce reportage, fait en Inde, où la tradition perdure sous le nom anglais tie and dye, ou bien Bandhej (Gujarat), Laheria (Rajasthan), tandis qu’on parle de shibori au Japon et qu’on pratique toujours en Afrique ces teintures… Il existe des nuances, des variantes, mais la base reste la même !
Damien et moi avons envie de partager avec vous un beau moment passé en Inde avec Mustafa, spécialiste des techniques de teintures artisanales de Tie and Dye.
Vous l’avez certainement repéré dans les boutiques et magazines de décoration, l’imprimé Tie and Dye y est de plus en plus présent (coussins, rideaux, tapis, linge de maison, vêtements…) et ne cesse d’être réinterprété.
Cette technique fascinante de création textile consiste littéralement à nouer (to tie), puis à teindre (to dye) un tissu. Le fait de nouer au préalable le tissu permet de préserver certaines parties de la teinture. Ainsi, seules les parties extérieures au nœud seront colorées. La durée du bain jouera sur l’intensité de la couleur et la multitude des possibilités de ligatures en feront un tissu aux motifs uniques.
Selon la technique de Tie and Dye pratiquée par Mustafa, la dimension maximale idéale du coupon de tissu est de 2,50 x 1,10 m. Mustafa commence par plier le tissu (préalablement humidifié) en 2 sur toute sa longueur.
Le tissu est ensuite plissé et ligaturé tous les 20 cm environ. La façon de plisser et ligaturer le tissu influencera le rendu du motif.
Mustafa ligature ensuite le tissu sur toute sa longueur.
Le tissu est prêt à être teinté.
Le bain de teinture se prépare…
Le tissu est plongé dans le bain de teinture, plus ou moins longtemps en fonction de l’intensité de la couleur souhaitée, puis rincé afin d’enlever les excédents de teinture.
Les fils de ligatures sont ensuite ôtés. Le moment le plus excitant de la journée est la découverte du motif créé !
Et voilà !!
Nous adorons le résultat. Et vous ?
Des tissus tie & dye sont disponibles dans notre boutique, mais vous pouvez aussi vous procurer un livre pour vous lancer (ils sont nombreux) ou chercher un stage, de nombreuses artistes en proposent.
J’ai aimé faire du patchwork avec divers tissus teints en tie & dye par Mustafa et autres tissus de notre stock, teints eux aussi en indigo, mélangés avec de la toile blanche et des accents orange :
… et me faire un vêtement :
Promenade à Strasbourg en kimono tie & dye…
Émilie
Pour les personnes autour de Toulouse, petite annonce :
La Cause des Femmes – Merci Barbara était l’occasion de faire en grand ce que j’avais juste expérimenté naguère en essai : le quilting en spirale !
Lors de la préparation de BeeBook, j’avais longuement parlé de ce quilting avec Chantal qui avait finalisé son quilt de cette manière. Chantal, très perfectionniste, a dessiné sa spirale avec une rigueur toute mathématique, marquant diagonales et médianes pour s’éloigner du centre de 0,5 cm à chaque cran (1/8e de tour). Oh la la, je croyais que c’était simple !
J’aime beaucoup cette photo du quilt de Chantal, l’ombre du quilt fait écho aux ombres des carrés ! Harmonie Ébène-Ivoire est un des modèles expliqués dans mon livre.
A vrai dire, Chantal avait d’abord fait une spirale à 8 cm d’écart d’un rang sur l’autre, puis en a créé une deuxième pour ne plus avoir qu’un écart de 4 cm, pour plus d’harmonie. J’ai bien compris le principe de sa construction, cela m’a bien aidée par la suite, même si j’ai suivi un autre chemin en spirale, expliqué en fin d’article.
Ensuite Nicole, qui a tant travaillé pour BeeBook, m’avait préparé plusieurs formes de spirales en prévision d’une fiche technique dans BeeBook… en cas de place.
Laquelle veux-tu, la spirale de Galilée, de Fermat, la logarithmique, celle d’Archimède ?…
EUH…. En abordant la construction de la spirale, j’ai compris la beauté de cette forme, au-delà des apparences. Encore une fois les mathématiques, ça peut être merveilleux ! Que de perspectives, que d’exemples dans la nature… J’ai envisagé un instant de faire le quilting en forme de triskell, mais pour une première fois c’était trop ambitieux !
La nature montre mille exemples de spirales. N’est-elle pas un mouvement fondamental de la vie, inscrit dans la structure de l’univers, à commencer par notre ADN ? La double hélice est en effet une double spirale en 3D… Et depuis toujours, les hommes s’en inspirent dans l’art :
A Newgrange en Irlande, pierre gravée de triskells 3 200 ans avant JC (Wikipedia)
Le labyrinthe est souvent en forme de spirale, mais on part en général de l’extérieur pour se diriger (se concentrer ?) vers le centre.
Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres.
Butinage : Pour Chantal, Nicole et toutes les autres qui s’intéressent aux femmes scientifiques dans l’ombre des hommes, je vais encore signaler une femme, Rosalind Franklin, sans qui James Watson, Francis Crick et Maurice Wilkins n’auraient peut-être pas réussi à découvrir la fameuse structure en double hélice de l’ADN… et n’auraient pas eu le Prix Nobel de 1962. Le travail déterminant de la scientifique a cependant été allègrement escamoté par les hommes… Pour cette histoire, on peut lire la biographie de Brenda Maddox :
Revenons à la spirale, motif de quilting. C’est bien la spirale d’Archimède qui convient, avec un écart constant. Si on prépare bien son sandwich, ensuite on n’a pas de raison d’avoir de mauvaise surprise. D’abord, il faut choisir le centre de la spirale, son point de départ. Il n’est pas obligatoirement au centre du quilt. Pour moi, il est un peu décalé, j’ai profité du cercle appliqué au centre d’un des blocs.
J’ai choisi le centre de cette étoile comme point de départ de la spirale de quilting.
Je vous conseille de dessiner le tout début de la spirale. D’abord il faut comprendre « comment ça marche », ensuite on y va avec le sourire !
La grande décision est de savoir si vous ferez une spirale très serrée ou plus lâche. Sur plusieurs blogs américains, j’ai lu que celles qui avaient pris un écartement d’1 cm environ (ou largeur d’un grand pied de biche) « ne voyaient pas » le quilting avancer, mais le résultat est superbe.
J’ai décidé de faire plus large, j’ai choisi l’écartement de la valeur d’une bobine de fil Aurifil, c’est ce que j’avais sous la main. Cela donne environ 3,2 cm, bien pour un travail confortable.
Comment faire un quilting en spirale ?
Après une minutieuse mise en sandwich, je prépare ma machine. Je procède d’abord au grand nettoyage intérieur, au changement d’aiguille aussi. Même s’il existe de super-aiguilles, je me contente des sharp 80. Et le truc simple pour garder l’écart souhaité, c’est cette petite tige qu’on peut placer à gauche ou à droite. Ici, c’est à gauche pour la spirale, écart environ 3,2 cm puisque je prépare le début de mon dessin avec ma bobine d’Aurifil 🙂
La Pfaff a un double entraînement intégré (certaines Janome aussi je crois), pour les autres marques il faut adapter un pied.
Ce verre mesure 2 fois le diamètre de la bobine, donc c’est idéal pour commencer à dessiner la spirale qui va naître en bas du rond central du bloc. Ici je vais dessiner le demi-cercle de bas en haut vers la gauche.
Je continue de marquer des repères au feutre effaçable à l’aide de la bobine, pour bien entamer la spirale.
En route pour le premier point en bas du rond ! Pour avoir la plus grande partie du quilt vers la gauche tout au long du quilting, je mets mon centre à gauche de l’aiguille. Je fais sortir manuellement le fil de canette pour qu’il n’y ait pas de bazar dessous, je tiens les 2 fils en arrière et je commence le piquage très lentement, aiguille enfoncée programmée, en corrigeant la trajectoire tous les deux, puis trois, puis quatre points. Plus la spirale s’agrandira, plus ce sera fluide.
Quand j’arrive à la fin du premier tour de spirale, je n’ai plus de marquage, j’abaisse la tige qui se positionne sur la couture précédente. Tournicoti-tournicoton, continuons jusqu’au bout du quilt !
Il est relativement fastidieux de tourner tout le quilt sans arrêt, mais on s’y fait. Je n’ai pas trouvé ce quilting difficile, même si mon sandwich trop peu densément préparé m’a causé quelques plis derrière… mais chut, ne le dites pas !!
Une fois qu’on arrive au bord sur le milieu des côtés, on quilte les quatre angles en courbes, de la même manière, en écho des lignes précédentes.
Et voilà !
Il n’y a jamais une seule bonne façon de faire, d’autres préféreront quilter une spirale en piqué libre, ou avec d’autres astuces. N’hésitez pas à expérimenter !
Pour plus de précisions sur le quilting machine, consultez les dossiers de Chantal Baquin, spécialiste de ce domaine, dans Les Nouvelles n° 140 & 141.
Régulièrement, je vous donne des nouvelles de mon amie Betty de Floride, cette historienne et quilteuse érudite qui protège de l’oubli le savoir-faire du Pine-Cone quiltdans le grand Sud-Est des Etats-Unis et en particulier en Floride.
Le week-end dernier Betty se trouvait à Naples, non pas en Italie mais tout au sud de la Floride, au nord des Everglades (zone humide sub-tropicale du sud de la Floride). Ses pères fondateurs en 1880 trouvaient cet endroit magnifique « surpassant la beauté de Naples en Italie » mais cet endroit ne commença à être prospère qu’avec l’arrivée -tardive, dans les années 1920- du chemin de fer et de la route est-ouest du sud de la péninsule, le Tamiami Trail (de Tampa jusqu’à Miami, en passant par Naples). Cette route est spectaculaire, on longe une nature encore sauvage, on y voit beaucoup d’animaux… par exemple, des alligators… Naples est aujourd’hui une superbe station balnéaire peuplée de retraités et de touristes. Bien sûr, on chérit l’histoire et, non loin du centre de la ville, le musée en plein air du Comté célébrait le week-end dernier le passé de cette région sous forme d’un grand festival de deux jours.
Cette maison, construite en 1926, était la première maison qu’on voyait quand on entrait dans la ville. Menacée de destruction, elle a été déplacée pour être conservée dans ce musée de plein air. Les murs sont de bois local, une sorte de pin, et les fondations étaient faites de sable de la plage et de coquilles d’huîtres pilées et brûlées. Lors de la reconstruction, cela a été fait un peu plus solidement !
Dans une des maisons historiques datant de 1928, Betty avait toute la place pour accueillir les visiteurs et montrer son savoir-faire :
Ce nouveau quilt noir et blanc avec des touches de rouge est une idée de son mari. Il est presque fini !
Les nouvelles recherches de Betty sont sur les vêtements portés par les quilteuses dans la période 1890-1930. Vous avez déjà vules robes incroyables portées par Miss Suejusqu’au début du XXIe siècle ! Alors Betty va tenter de se faire des tenues aussi proches que possible de ces femmes qui ne jetaient rien, réutilisaient le moindre bout de tissu pour des résultats toujours uniques. Pour ce Festival, elle n’avait pas encore de matériel historique, elle s’est donc confectionné une robe à mi-chemin entre une de Miss Sue et une de Namibie. Sa tenue a été faite de chemises et jupes de l’Armée du Salut. La prochaine fois, elle espère en savoir plus sur les vêtements des femmes africano-américaines de la période 1890 à la veille de la Seconde Guerre Mondiale.
Betty a par ailleurs achetéle livre sur les yukatas car tout ce qui est textile ancien réutilisé la passionne. Et elle va suivre avec attention, m’a-t-elle confié, le résultat des robes de princessepour Lacaze ! Ce projet lui plaît beaucoup car on va faire du neuf, et même du féerique, avec des bouts de tissus de récupération.
Vendredi dernier à Balma on pouvait voir un drôle de quilt moderne fait par Karine. En voici l’histoire !
Panneau admiré lors de la JA FP31 de Balma vendredi dernier. On ne voyait pas que c’était un coussin !
Depuis quelque temps, j’ai en tête un cadeau que je souhaite réaliser pour une jeune fille qui va fêter ses 18 ans. En quête d’inspiration, je suis sa maman dans sa chambre refaite à neuf et admire le superbe jaune avec lequel les murs ont été peints. J’aime cette couleur puissante : elle dynamise cette chambre aux lignes simples et droites et en réchauffe l’ambiance contemporaine. Deux pans de mur gris clairs et deux pans jaunes : un équilibre parfait.
Sachant que cette jeune fille se prépare au métier d’orthophoniste, je visualise immédiatement un modèle paru dans le livre Zen chic inspired de Brigitte Heitland qui m’avait beaucoup plu. Je viens de trouver exactement ce que je cherchais !
Enthousiaste, je démarre immédiatement et décide de réaliser un coussin qui devrait trouver naturellement sa place sur le grand lit laqué blanc et donner un peu de peps à la parure de lit blanche et grise. Kristine appelée à la rescousse, comble illico mes manques en tons de jaune et gris et me donne quelques conseils techniques. Je réalise et quilte rapidement à la machine le top qui servira de base. Ce modèle a en effet une particularité : le top doit être terminé et quilté avant qu’on y pratique la partie appliquée.
Je choisis ensuite une police de caractères, détermine la taille requise pour les lettres et l’imprime sur papier. Sur les conseils de Kristine, je veille à décalquer les lettres à l’envers sur mon papier collant double face afin d’éviter l’effet miroir (je décalque les lettres au verso de la feuille imprimée : les lettres papier sont donc à l’envers au début du processus).
Je les applique sur le tissu gris anthracite et les découpe soigneusement au cutter rotatif et aux ciseaux pour les finitions. L’exercice demande du soin et de la concentration : les lettres sont souvent courbes ou avec des angles rentrants.
Je dispose et applique les lettres sur le top et les fixe alors d’un coup de fer à repasser. J’ai fait quelques essais auparavant et ai choisi pour l’appliqué, un fil anthracite ton sur ton et un point de feston adapté. Je pourrai en faire varier la taille, ce qui devrait me faciliter la tâche dans les coutures courbes.
Je démarre l’appliqué machine et veille à soigner les angles très nombreux des différentes lettres : pas toujours facile mais j’aime beaucoup le résultat ! Le montage du patch en coussin est ensuite très simple (même pour moi qui suis une piètre couturière). Je le complète d’une courte étiquette brodée et le tour est joué.
Karine
L’apprentie orthophoniste va être comblée avec ce superbe coussin !
Vous pouvez retrouver des détails sur le livre très riche en modèles originaux par ici.
Quand on est dans un Château Renaissance, à quoi pensent les filles ? A des Robes de Princesse évidemment !
Après sa Robe de Mariée, Joëlle Vétillard nous propose dans le même esprit un nouveau challenge pour faire un défilé de robes de princesse !
Lieu et date : le Château de Lacaze (Tarn) le dimanche 24 juin 2018.
Oui, même lieu et même date que l’exposition France Patchwork de Charm Quilts !
Voici ses consignes :
Il s’agit de faire des ronds, à partir desquels je vais faire des robes, le nombre dépendra du nombre de ronds reçus. Chaque rond sera bien visible, il doit être à lui seul une petite œuvre originale.
Diamètre mini 8 cm max 22 cm
3 couleurs au choix mais une seule couleur par rond : noir, blanc à blanc cassé, jaune à ocre.
Quelle que soit la couleur choisie, il peut y avoir une touche de doré. Le top du rond est fait sur une base de textile, avec une technique libre, patchwork traditionnel main ou machine, art textile, broderie main ou machine, appliqué, collage… Il peut y avoir autre chose que du textile, papier, carton ou tout autre matière, avec ou sans relief. Il faut juste que cela ne soit pas trop fragile. Le doubler de la même couleur que le dessus, noir pour le noir, idem pour le blanc à blanc cassé et le jaune à ocre, avec un beau tissu uni ou faux-uni, l’envers se verra. Coudre la doublure à la machine, endroit sur endroit en laissant une ouverture pour le retourner avec une marge de couture de 1.5 cm à l’endroit de l’ouverture. Le retourner mais ne pas recoudre le trou, c’est moi qui le ferai après. Attention si vous recousez, brodez ou collez quelque chose après l’avoir retourné, ne pas coudre ou coller la doublure en même temps car je vais glisser quelque chose dedans avant de fermer le rond. Si besoin 05 53 28 29 84
Mon adresse : Joëlle Vétillard Charrière 24220 Castels et Bezenac
Date limite de réception le 15 février 2018
Pour des photos et des renseignements complémentaires (une adresse de dépôt au centre de Toulouse !) rendez-vous sur le blog de Joëlle !
Question subsidiaire : comment dessiner un rond ? Bien sûr avec un compas ou un bol, une assiette… Mais j’ai souvent un problème dès que mon rond dépasse l’écartement de mon compas et je manque parfois de l’assiette « parfaite ». Alors connaissez-vous la règle qui remplace la ficelle et le crayon ?
Au milieu de cette règle, à la marque 9 inch, il y a un petit trou ainsi que tous les demi-inch vers la droite. Grâce à eux on peut dessiner des ronds jusqu’à 43 cm de diamètre !
Je l’ai achetée à Kréatiss à Colomiers (près de Toulouse), on la trouve vraisemblablement dans le réseau Mondial Tissus aussi. Elle mesure 18 inch sur 2 inch, elle est en plastique souple et transparent ; la particularité qui nous intéresse est qu’elle est percée de trous tous les 1/2 inch. Impossible de la retrouver sur internet, désolée, je n’ai aucune référence. Elle ne m’avait pas paru chère mais je ne me souviens pas de son prix, elle est vieille déjà !
Je vous la montre aussi sur une planche en liège, car pour l’utiliser on peut poser le papier ou tissu à marquer, fixer le centre de cette règle par une punaise et on met une mine de crayon ou de feutre (Frixion de Pilot par exemple) dans le trou qui convient comme rayon du cercle. On tourne autour de l’axe de la punaise : le cercle est propre, parfait, sans aucune difficulté !
Mais ATTENTION, cette règle est trop fine pour être utilisée avec un cutter rotatif, vos doigts seraient en danger !
Vendredi à la Ruche, je ferai des ronds pour Joëlle !
Noir, jaune, blanc : les Abeilles seront dans le thème de la robe de princesse ! Et prochainement vous verrez le dernier ouvrage de Bee Karine qui a utilisé ces mêmes couleurs…
Bonjour ☀ et bienvenue dans la Ruche des Quilteuses 🐝 !
Mon roman de l’été
Pour passer la rentrée en douceur, quoi de mieux qu’une belle histoire ? Si vous n’avez pas lu ce livre cet été, rattrapez-vous !
C’est beau une tresse. Trois brins s’entrelacent pour s’unir et être ainsi plus forts. C’est le titre et le symbole de mon roman de l’été dans lequel trois femmes courageuses changent chacune le cours de leur vie et celle de leurs proches pour un avenir meilleur. Leurs décisions leur tressent une nouvelle vie et les unissent. Trois femmes sur trois continents qui a priori n’ont aucun lien, si ce n’est une tresse…
En lisant ce roman, cette photo hantait mon esprit. Prise en 1972 à Madras (Inde) par Edouard Boubat, un de nos grands photographes du 20e siècle.
Rapide et plaisant à lire, ne manquez pas ces quelques heures d’émotions… si ce n’est déjà fait, car ce roman a le succès qu’il mérite ! Premier livre d’une romancière à suivre…
Laetitia Colombani
Tressage, nattage, tissage…
Entrelacs, arabesques et nœuds sans fin se retrouvent dans maintes civilisations (celtique, chinoise, tibétaine, japonaise, musulmane, etc.). Ces figures m’apportent beaucoup de sérénité et c’est depuis longtemps une infinie inspiration pour les quilteuses ! En voici un aperçu, forcément partiel.
Le nœud sans fin, ou nœud d’éternité, est un des emblèmes du bouddhisme :
Ce nœud sans fin est une des huit figures bénéfiques dans le bouddhisme, symbolisant l’interdépendance de toutes choses, l’union de la sagesse et de la compassion. Ici : Gateway to Mongolia, Maggie Ball.
Le style Art Nouveau, au tournant du XXe Siècle, s’inspirait largement de la Nature dont les volutes, les entrelacs rappellent parfois le style celtique.
Collier fait par Kristine avec un noeud celtique.
La chaîne irlandaise est une version éloignée des entrelacs celtiques. Ici, les centres sont judicieusement ornés de nœuds celtiques faits au biais thermocollant. Fait par Karen.
Art celtique contemporain de la talentueuse Gyongi Varadi. Quilt intitulé « Jours de semaine chargés » !
La spirale n’est pas dans le registre des nœuds et tresses, mais il les rejoint par sa forme arrondie. Le bateau d’Oseberg, fait en l’an 817, est magistralement représenté ici par Ruth Mc Dowell. Un de mes quilts préférés ! Ce bateau a, de plus, des ornements très proches des entrelacs celtiques sur une grande partie de sa proue :
Ce bateau Viking -qu’on nomme à tort drakkar, mot fantaisiste français- est sculpté d’entrelacs qui ressemblent furieusement aux décorations celtiques d’Irlande !
Autre technique qui rappelle encore plus directement le tissage, le meshwork.
J’ai fait ce mini-quilt en meshwork, L’étoffe de mes rêves, avec des lisières et des tissus unis.
Un fil dessus, un fil dessous, un fil à gauche un fil à droite, toutes ces combinaisons sont les bases du cordage, du macramé, du vannage, du tissage, gestes multi-millénaires. En patchwork on s’approche de ce visuel dans ces quelques exemples.
Les chevrons imbriqués donnent une impression de tressage :
Top qui, avec la lumière dans le dos, fait un effet de vitrail. Les colonnes sont assemblées en ligne droite.
Autres chevrons plus modernes, avec un espace blanc qui fait respirer le motif :
Plus difficile, plus lent, le motif aux chevrons qui s’imbriquent tous et nécessitent de multiples coutures partielles :
Superbe quilt de Victoria Findlay Wolfe, avec un très beau travail de chevrons imbriqués !
Ce quilt et bien d’autres sont expliqués dans son tout nouveau livre qui sort ce mois-ci, je devrais le recevoir demain (youpi !!) :
Plus facile, la French Braid – la natte française – est très populaire depuis la parution d’un livre (de 2006) qui donne beaucoup d’idées, faisant des chevrons avec un carré central formant une chaîne. C’est facile et permet des effets spectaculaires de dégradés !
Le Pojagi (prononcez-le pojagui), souvent écrit Bojagi en anglais et 보자기 en coréen, est l’art du patchwork en Corée. Notre spécialiste nationale est Maryse Allard. Depuis plus de 10 ans, elle y trouve inspiration et sérénité.
Maryse Allard, entourée de quelques-unes de ses œuvres, le 5 mai dernier à Pibrac.
Nous l’avons sollicitée pour animer une Journée de l’Amitié France Patchwork en Haute-Garonne ; le 5 mai dernier nous avons pu apprendre le contexte historique bien particulier de cet art coréen du quotidien et de l’exception. Il a un riche passé et rejoint le souci du beau, de l’utile, de la protection que je connais un peu dans la société nippone par l’utilisation des Furoshiki ou des Tenugui.
Ce pojagi rappelle le bloc des Marches du Palais. Nous avons pu voir (ou justement ne pas voir !) la finesse des points : ici Maryse a utilisé une autre technique que celle qu’elle enseigne en stage-découverte.
A présent, la renaissance du Pojagi se fait essentiellement dans le domaine de la décoration, faisant de subtils jeux de transparence grâce aux tissus choisis (organdi, ramie, soie etc.) et les techniques de couture employées. Un Pojagi peut se faire de diverses manières, à la main ou à la machine. Celle enseignée par Maryse fait l’unanimité : beauté du résultat, facilité de la technique, que demander de plus ?…
Voici le travail d’apprentissage pour s’approprier la technique avant de se lancer dans une création.
Si à votre tour vous souhaitez enrer dans le monde du Pojagi, n’hésitez pas à contacter Maryse Allard pour connaître les dates et lieux de ses prochains stages – ou la faire venir pour votre propre groupe. Pour ce faire, allez sur son blog, onglet Contact ou sur Facebook, laissez-lui un message. Sa patience, sa pédagogie vous accompagneront tout au long de votre apprentissage.
Deux Pojagi particuliers de Maryse Allard avec à gauche l’utilisation de soies et à droite la complexité des lignes courbes, la subtilité des appliqués… Du grand art !
Depuis plusieurs mois, je collecte des photos de pojagi tous azimuts, vous pouvez les consulter sur ce tableau Pinterest avec des exemples du monde entier. A vos tissus et vos aiguilles pour entrer dans ce monde merveilleux ! Si vous ne pouvez pas prendre de cours avec Maryse, je ne peux que vous conseiller de vous procurer son superbe livre : Le Pojagi, art du patchwork coréen, édition Carpentier, ou aussi Boutis de France, La tradition revisitée, édition LTA, écrit en collaboration avec Hubert Valeri (alliance du boutis et du pojagi, de la transparence et de l’opacité, des traditions française et coréenne… Que d’inspirations !)
Cerise sur le gâteau de certains pojagi : ce tout petit noeud fait avec un carré de tissu de 2 cm ! C’est bien sûr très minutieux et les Coréennes se régalent de ce signe porte-bonheur. Bien sûr, Maïté et Kristine, les doigts d’or de la délégation, l’ont appris pour en mettre dans leurs futurs Pojagi !
Séance-photos pour les stars du jour, les pojagi de Maryse Allard.
Bien entendu il s’agit des Nouvelles, Patchwork & Création Textile. Vous ne le trouverez pas en kiosque puisque c’est le magazine des membres de l’association France Patchwork, dont je suis fière de faire partie depuis… des décennies.
Le nouveau magazine est arrivé en plein black-out de ma Box internet, mais il n’est pas trop tard d’en raconter des bribes d’histoires, car si vous n’êtes pas abonnée vous pourrez l’acheter sur le stand France Patchwork de la plupart des grandes manifestations de patchwork de France (prochainement par exemple à Quilt en Sud et Quilt en Luberon).
Je participe avec joie à la rédaction de ce magazine, écrivant quelques pages sur des aspects méconnus du monde du patchwork. Cette fois-ci j’y ai développé la technique du Pine Cone, la Pomme de Pin. On la connaît un peu pour faire une pomme de pin de Noël en piquant les triangles sur un œuf de polystyrène ou pour faire des maniques épaisses et donc isolantes. C’est en fait un pliage universel, vu à la fois à Madagascar et en Thaïlande, en France et en Grèce, en Afrique et aux Etats-Unis. Dans ce dernier pays, on manque de littérature à ce sujet mais il semble établi que les quilts faits de triangles de tissus de récupération remontent au temps des esclaves.
Le temps a passé et cette technique intéressante resurgit parfois sporadiquement. Mais depuis le quilt fait par LeeAnn et grâce à internet, les Pine Cone (ou Pine Burr) quilts regagnent l’attention des quilteuses ! C’est pourquoi vous trouverez l’interview de Betty Smith et celle de Rachael Daisy, l’une suivant la tradition avec patience et passion, l’autre la renouvelant avec peps et talent. Pour compléter le sujet, vous trouverez les explications de cette technique dans la rubrique des Modèles.
Voici un nouveau Pine Cone fait par Betty. Elle est devenue la personne incontournable, la référente pour ces quilts de tradition du Vieux Sud.
Des cours sont donnés de plus en plus souvent pour refaire vivre cette technique. Ici à la Folk School du Musée Maritime de Floride. L’apprentissage se fait comme avant, à la main.
En même temps, de l’autre côté du monde en Australie, Rachael Daisy donne elle aussi des cours de Pine Cone Quilts !
Cours de Rachael Daisyavec les premiers résultats des stagiaires qui apprennent cette technique à la machine.
Autre sujet que j’ai abordé dans ce magazine de mars 2017, le Modern Quilt. C’est le présent et l’avenir de notre activité. Il ne faut pas en avoir peur, ce style se construit avec nous, utilisant des tissus différents, des techniques souvent simples, des maquettes graphiques, des expressions personnelles… On le confond souvent avec les Artextures, cela méritait un éclaircissement !
Mini quilt de Sophie (Lunalovequilts) qui a récemment participé à un challenge Log Cabin moderne sur internet.
Beaucoup d’autres thèmes, traditionnels ou modernes, sont traités dans chaque numéro. Devenez membre de France Patchwork, abonnez-vous au magazine, participez, donnez votre avis, ce magazine est celui des adhérents !