Bientôt les quilts-météo en Alsace !

Aujourd’hui lundi 6 septembre, c’est J – 10 !

2020, avec son élégante parure de chiffres joliment agencés, fut une année que personne n’oubliera, pour une raison que nous n’aurions jamais imaginée : une pandémie mondiale, digne des plus fous scénarios hollywoodiens ou des écrivains les plus originaux – ce dont nous nous serions bien passé.

2020 en patchwork appliqué, vu par Kristine

Dans ce contexte, mon idée de prendre date du dérèglement climatique en faisant un quilt-météo 2020 est passée au second plan. Et pourtant, en France, nous avons effectivement souffert de la chaleur et de la sécheresse l’année dernière : cela se voit bien avec des records enregistrés en couleurs sur nos quilts ! A vrai dire, celles qui le font à leur tour, jour après jour, cette année, n’ont pas du tout le même résultat estival : pas de température exceptionnelle à l’horizon 2021. Ce sont les aléas de la météo justement, le temps qu’il fait peut s’éloigner ponctuellement des rails de la moyenne, dans un sens ou un autre. Quand on observe le climat, il faut plus qu’un exemple, plus qu’une année.

Le climat est ce à quoi on peut s’attendre, le temps est ce que nous avons.
Mark Twain.

La météo est une science qui permet de connaître le temps qu’il aurait dû faire.🙃
 Philippe Bouvard

Je reviendrai un jour sur ce sujet qui me préoccupe tellement.

La Terre est bleue comme une Orange

Pendant le premier confinement, j’avais suivi le challenge France Patchwork Ensemble malgré tout. La couleur orange m’avait rappelé le célèbre vers d’Éluard et inspiré les mots Fragile et Audace, vous pouvez relire l’article ici.

Rencontre poétique entre Paul Éluard et Antonio Machado.

Ce que je n’avais pas dit, c’est que Bee Évelyne avait aussi brodé ce vers de Paul Éluard sur son projet de quilt-météo ! Il accompagne une strophe d’Antonio Machado. Ces deux poètes illustrent la double culture de mon amie. Je me permets d’ajouter ici ma traduction de ce magnifique poème espagnol, qui évoque les longues marches qu’Évelyne affectionne tant mais aussi le chemin de la vie que chacun se crée :

Toi qui marches, ce sont tes traces
qui forment le chemin, et rien d’autre.
Toi qui marches, il n’y a pas de chemin,
le chemin, on le trace en marchant.
En marchant on trace des chemins,
et lorsqu’on regarde en arrière,
on aperçoit un sentier sur lequel jamais plus
on ne marchera de nouveau.
Toi qui marches, il n’y a pas de chemin,
Juste des sillages sur la mer.

Antonio Machado,
extrait de Proverbios y cantares, Campos de Castilla, 1917

Il existe probablement de meilleures traductions que la mienne… On peut traduire Caminante par Voyageur, Marcheur ou bien Cheminant… J’ai opté pour Toi qui marches.

Sous la sphère poétique, des expressions françaises multicolores…

Évelyne est une personne souriante, piquante, ne se prenant pas au sérieux et pourtant toujours si juste, si sensitive, si pertinente. Son quilt est comme elle, original, personnel, unique ! Elle a suivi les tendances des températures mais a privilégié la météo de sa vie au fil des jours, en parallèle avec les phases de la Lune, comme un hommage à la féminité. Sa carrière au service de la santé des femmes et leurs bébés – en maternité en milieu hospitalier – n’est pas un hasard non plus…

Si vous voyez des jours en tissus imprimés d’abeilles, c’est que c’est une journée de Ruche des Quilteuses, mais certaines broderies sont des jalons du chemin de sa vie, et nous n’en saurons guère plus…

Ce quilt a été sélectionné pour sa beauté et son originalité, comme les 29 autres quilts-météo 2020 que vous découvrirez dans une dizaine de jours au Val d’Argent !

L’étiquette au dos résume tout !

Val d’Argent…

Ce si joli nom désigne une des plus longues vallées des Vosges côté alsacien ; l’exploitation des mines depuis le Xe siècle (argent, cuivre, arsenic, cobalt, plomb…) a profondément marqué la vie locale. La vallée est aussi une des régions les plus boisées de France, atout majeur pour le tourisme. Et, au hasard des balades, on peut approcher des sites naguère consacrés à des pratiques druidiques…

Mais ce qui fait que le Carrefour Européen du Patchwork existe au Val d’Argent, c’est la célébration des 300 ans du mouvement religieux Amish à Sainte-Marie-aux-Mines en 1993, avec l’exposition de la collection de quilts amish du collectionneur Jacques Légeret. Les Amish, communauté chrétienne issue d’Anabaptistes suisses et alsaciens, vivaient dans des fermes de cette vallée, avant de décider d’émigrer vers le Nouveau Monde, pour y jouir d’une plus grande liberté d’exercer leur religion. C’est en Amérique que les femmes commenceront à créer des quilts au cours du XIXe siècle à partir des tissus de laines teints, les mêmes que pour leurs vêtements. Ce sujet passionnant est longuement traité dans les livres de Jacques Légeret, que je vous recommande chaleureusement. Un dossier sur les Amish se trouve également sur le site du CEP.

Après le succès planétaire de cette exposition en 1993, le Carrefour Européen du Patchwork s’est développé et accueille chaque année une sélection de ce qui se fait de mieux dans le monde des Arts Textiles. Vous pouvez trouver le programme complet 2021 sur le site du CEP : expositions, conférences, cours, espace commercial bien sûr aussi…

C’est pourquoi je suis tellement honorée de présenter la première exposition mondiale de Temperature quilts, rebaptisés quilts-météo en français ! Elle vous séduira par sa créativité et la qualité de ses réalisations.

Les quilts-météo de 29 quilteuses et un quilteur seront exposés lors du Carrefour Européen du Patchwork à Rombach-le-Franc, du 16 au 19 septembre – 9h30-18h.

J’assurerai une visite guidée tous les matins à 10 heures en français, avec la possibilité d’un dialogue questions-réponses en anglais et en allemand. Solidarité du groupe : les visiteurs feront connaissance avec plusieurs exposantes qui offriront de leur temps pour me permettre d’aller aussi visiter les autres expositions… Merci à chacune 🥰

J – 10 !

Inévitablement se pose la question des conditions sanitaires. Vous pourrez entrer dans les salles d’expositions avec votre ticket d’entrée ainsi que votre pass sanitaire (tous les détails sur internet). Nous veillerons à ce que, malgré ces contraintes, la bonne humeur soit au rendez-vous ! Nous avons tant besoin de nous rencontrer de nouveau et d’admirer des choses qui nous font vibrer ! Et franchement il me tarde de retrouver l’Alsace avec mes amies qui y vivent… et toutes celles qui se déplaceront 🌞

Bien sûr, nous passerons en revue d’autres quilts-météo dans les prochaines semaines !
Mais vous le savez, rien ne vaut de LES VOIR EN VRAI !!
A bientôt, Katell

Des quilts pour un peu de joie

On perd un temps précieux pour traiter l’urgence du dérèglement climatique. Cet été, les catastrophes se multiplient dans le monde (trop de feux trop d’eaux), le plus récent étant dans le Var. On ne peut même pas parler de crise climatique, car une crise a un début, un pic et une fin, qui parfois sert de tremplin, d’opportunité pour avancer (j’espère qu’on peut dire la crise du Covid…), alors que pour ce changement de climat, c’est, semble-t-il, un phénomène qui ne fait que s’aggraver.

Dans un de mes quilts, j’ai brodé le mot « crise » en chinois. La première partie de l’idéogramme désigne le temps du danger, la seconde, le temps de l’opportunité. Vivre une crise, c’est voir et évaluer le danger, sans doute accepter le changement qui est dans la nature de la vie, puis saisir l’occasion pour évoluer positivement.

Nous sommes très intelligents et nous apprenons bien les leçons, nous les humains. Sauf, apparemment, pour la mutation climatique. Où est le fameux principe de précaution dont on nous rebat les oreilles pour d’autres sujets ?

Pourquoi est-ce si difficile ? Pourquoi n’essaie-t-on même pas de sauver sa peau ni celle de ses enfants ? Un scientifique apporte une réponse originale qui met en lumière le fonctionnement du striatum, dans notre cerveau – Extrait du résumé de l’éditeur :

Au cœur de notre cerveau, un petit organe appelé striatum régit depuis l’apparition de l’espèce nos comportements.  Il a habitué le cerveau humain à poursuivre 5 objectifs qui ont pour but la survie de l’espèce : manger, se reproduire, acquérir du pouvoir, étendre son territoire, s’imposer face à autrui. Le problème est que le striatum est aux commandes d’un cerveau toujours plus performant (l’homme s‘est bien imposé comme le mammifère dominant de la planète) et  réclame toujours plus de récompenses pour son action. Tel un drogué, il ne peut discipliner sa tendance à l’excès. À aucun moment, il ne cherche à se limiter.
Hier notre cerveau était notre allié, il nous a fait triompher de la nature. Aujourd’hui il est en passe de devenir notre pire ennemi.
 

Extrait de l’album Urgence Climatique, Scénario : Ivar Ekeland – Dessin : Étienne Lécroart
chez Casterman

Si l’analyse dans Le Bug Humain de Sébastien Bohler est convaincante et documentée, je reste sur une certaine réserve : tout mettre sur le dos de la biologie et du consommateur occidental conditionné par la publicité, c’est laisser tranquilles politiques et grands décideurs qui, eux, ont un pouvoir décisionnel bien plus déterminant. Et ne les excusons pas de se laisser mener, eux aussi, par leur striatum !… Il faudra bien oser, très vite, mettre en œuvre des principes déjà connus, moins, moins loin mais mieux, pour certains aspects de notre vie comme la production et la consommation, faire une place majeure aux esprits créatifs qui pensent hors cadre, ceux qui sont capables d’innovations, ceux qui vont trouver des solutions aux problèmes laissés par l’économie de surconsommation. Et avant chaque décision, il faudra avoir la clairvoyance et la sagesse de peser les multiples conséquences.

Changer les mécanismes de l’économie est un sacré défi ; or les hommes aiment ça : plus vite, plus haut, plus fort – ensemble* est à promouvoir, mais avec d’autres buts prioritaires que les gains financiers. La promotion de domaines épanouissants (entraide, transmission des savoirs, activités physiques, intellectuelles, culturelles, artistiques) doit aussi devenir une mission. Vivre heureux sans poursuivre la destruction de la nature, c’est possible si tout le monde s’y met avec conviction… Maintenant !!
*devise olympique : elle incite à donner le meilleur de soi-même et vivre ce dépassement comme une victoire, même si on n’est pas premier (d’où la phrase « l’important, c’est de participer »). Le mot ensemble a été ajouté le 20 juillet 2021 pour renforcer le principe de solidarité, la nouvelle devise latine est donc désormais Citius, Altius, Fortius – Communiter.

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La grande erreur de notre temps a été de pencher,
je dis même de courber,
l’esprit des hommes vers la recherche du bien matériel.
Victor Hugo

Je suis admirative de la lucidité de Victor Hugo. Dans le début de la grande période de foi dans le progrès, il avait la clairvoyance de deviner déjà que la course à la consommation dévoierait notre qualité de vie. En effet, ce n’est pas parce qu’on est capable, techniquement, de faire quelque chose que c’est humainement souhaitable. Cela doit passer par les filtres de la pertinence et de la conscience des conséquences.

Nous aspirons à un monde meilleur, le suivant sera nécessairement plus sobre, ce qui ne veut pas dire plus triste – cela rappelle la sobriété heureuse, expression de Pierre Rabhi. A nous de le construire en utilisant différemment nos capacités, de tenir compte des qualités humaines valorisées depuis toujours chez les peuples premiers – il reste environ 500 millions d’individus – ils sont la mémoire de ce que furent nos ancêtres.

Chez les peuples premiers, on économise pour préserver et pour partager. Dans notre société occidentale, on économise pour dépenser et accumuler.
N. Hulot & F. Lenoir, D’un Monde à l’Autre

Faut-il rétrogresser ? Personne n’envisage sérieusement de revenir à l’âge des cavernes ni de la bougie. Quand on y pense, ce fut prodigieux d’avoir pu imaginer les diverses utilisations du pétrole, symbole des innovations du XXe siècle, quelle effervescence ! Il faut cependant à l’évidence revenir sur l’exploitation brutale des ressources de la Terre, pourvoyeuse d’énergies non renouvelables qui polluent ; le chemin pris par l’Occident n’était pas le bon et c’est un problème vertigineux, d’autant plus que notre style de vie continue d’être malgré tout un modèle dans le monde. Une immense réinitialisation de nos façons de vivre et de penser est à faire, et vite. Nous humains, occidentaux, avons oublié que nos vies sont inséparables d’un équilibre fragile de la Terre, qui continuera de tourner avec ou sans nous. Et au-delà de l’équilibre, si tout entre en résonnance, nous atteindrons une belle harmonie. Harmonie, Hozho, c’est le mot-clé chez les Navajos, c’est le parfait équilibre à rechercher et entretenir entre l’individu et le monde.

Mettre tout en équilibre, c‘est bien ; mettre tout en harmonie, c‘est mieux.
Victor Hugo, Quatre-vingt-treize, 1874

Je fais un rêve qui revient souvent. On est dans une maison, il y a une fête, on mange. Et puis, tout à coup, je sens la fumée. Je dis : « Il y a le feu ! » Je regarde autour de moi et je vois que personne ne réagit. Je m’alarme : « C’est grave, la maison flambe et personne ne réagit. » Comme disait Jacques Chirac, il ne faut pas cesser de dire aux gens que la maison brûle, même si pour le moment ils continuent de regarder ailleurs.
Hubert Reeves, entretiens avec Sophie Lhuillier

Et si on s’habituait à remplacer le mot humain par terrien, pour ne pas oublier ce lien indéfectible ?
La Terre est notre Mère et notre Maison !
Ktl

Irrésistiblement je pense à Starmania, l’opéra-rock de Michel Berger et Luc Plamondon, un sujet de science-fiction de 1979, avec la chanson SOS d’un terrien en détresse… Si vous souhaitez comprendre son histoire ou vous rafraîchir la mémoire au-delà des tubes, vous pouvez lire cet article des Cultivores.

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Les Unes anglophones titrent toutes sur l’image du « Code Rouge » après le rapport du GIEC-ONU du 9 août dernier

Chez des artistes textiles américaines, je vois émerger des œuvres exprimant le Code Red for Humanity, un Code Rouge pour l’Humanité, depuis le rapport alarmant aux Nations Unies sur les effets des activités humaines sur le climat le 9 août dernier. Car hélas on ne peut plus dire que les épisodes dramatiques successifs font partie des aléas de la météo, mais ils sont bien des manifestations d’un climat plus extrême.

Barbara se demande : ma fille a 16 ans, que va-t-il lui arriver dans 16 ans ? Et que la vie a déjà changé en 16 ans… L’inquiétude monte @yr_resting_stitchface
Un mouchoir partiellement brûlé sur fond rouge, la citation d’une infirmière qui protestait contre les incinérations produisant des dioxines dans l’Ohio en 1997 – Beth Eltinge @betheltinge

Ce Code Rouge sera-t-il plus efficace que les avertissements précédents ? Je l’espère, je le crois, car l’appel à une Révolution Verte est trop zen, trop cool et semble optionnelle, le vert symbolise le droit de passer, que tout va bien…

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Personne n’a oublié les feux d’Australie en janvier 2020, qui donna lieu à l’envoi de plus de 15 000 blocs d’arbres pour faire des quilts aux sinistrés ! Un évènement qui comptera dans l’Histoire des quilts. Les quelque 750 quilts sont en cours de réalisation et leur but est de les distribuer aux sinistrés pour Noël. Les quilteuses australiennes font parfois face à de la lassitude et aux difficultés multiples exacerbées par les conditions sanitaires, mais elles continuent vaillamment à assembler les blocs, les quilter… Un appel aux donations leur permet de faire face aux achats des molletons et diverses fournitures, l’excédent éventuel sera reversé à la Croix Rouge. Quel engagement de leur part ! En France nous avions envoyé un bon nombre d’arbres, et nous avions également participé en grand nombre aux quilts pour le Japon, aux blocs de maisons pour Paradise (Californie)…

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En France, à l’automne dernier, c’est dans les vallées de la Roya et de la Vésubie (06) que le désarroi des habitants nous a émus. Malgré les difficultés dues au covid, plusieurs groupes ont fait un ou plusieurs quilts à offrir aux familles qui ont tout perdu. Annie la Tulipe a été moteur dans ce projet et vous pouvez aussi lire l’émotion de la Marmotte Rousse et ses amies ; ici dans la Ruche, nous avons fait un quilt avec une harmonie rouge, pour envoyer un peu de gaieté. J’en avait fait une petite série de photos à Cologne dans le Gers, fin mars, quand Kristine venait tout juste de terminer le matelassage (un beau matelassage en forme de dahlias) :

Au dos du quilt, j’avais mis les blocs un peu trop grands et divers coupons restants. Le top est d’après un modèle gratuit de Bonnie Hunter, Voyages scrappy autour du Monde, avec des chemins blancs qui sont les diagonales des blocs. Nous l’avons intitulé Chemins de l’Amitié. Je l’enverrai à Danielle début septembre, la délégation FP06 se chargera de faire parvenir ces dons à qui en a le plus besoin. Merci à elles.

Étiquette créée et brodée par Bee Kristine
La voici mise en place, bien intégrée dans le patchwork du dos.

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Tant de drames sont survenus dernièrement qu’on ne pourra pas fournir des quilts pour chaque catastrophe climatique, sans compter les drames naturels (séisme à Haïti), ceux causés par la folie des hommes (Afghanistan)… Mais chaque organisation sérieuse pour une cause aura notre écoute.

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En ce qui concerne les graves inondations tout près de chez nous à la mi-juillet (Belgique et Allemagne), Cécile Milhau s’est mise à assembler des blocs faits par les quilteuses de la Courtepointe (Réalmont, Tarn) lors du premier confinement : des blocs 9-patch de 15 x 15 cm en scraps. Faits pour garder le moral et un lien, faits pour servir un jour… Quand tous les blocs seront assemblés et les quilts terminés, ils partiront en Belgique, où leurs amies correspondantes de Verviers se chargeront de la distribution sur place. Bravo les Courtepointières !

Voilà donc comment nous espérons à chaque fois adoucir la peine de ceux qui ont tout perdu dans des drames. Les tissus ont, dans leurs fibres, l’expression de notre solidarité, notre émoi, notre compassion, et par leurs mises en formes, j’y vois une transmission de joie à partager, un espoir pour recommencer une vie.

Le premier jour du confinement, une courtepointière fit ce bloc… Résilience, malgré tout !

A bientôt, chers Terriennes et Terriens, prenez soin de vous et de vos proches,
Katell

Nine-patch de quilts bavards

Pendant les mois de confinement/déconfinement, pour nous amuser et nous changer les idées, j’ai proposé à mes amies de préparer chacune un quilt bavard. Les premiers finis étaient ceux de Maïté et Kristine, je vous en avais parlé ici (Quilts bavards/1). Mais le temps a passé et il est grand temps de vous les montrer tous !

Nous avions établi les règles ensemble : faire un quilt carré de 70 cm de côté, style au choix, lettres blanches (nous avons ensuite ôté cette consigne), improvisation souhaitée, pour mettre en valeur un mot ou une petite phrase qu’on aime bien.

Plusieurs ont choisi une expression sortie des lèvres de leurs petits-enfants, ou liée à eux :

C’est bon, je gère, laissez faire le pro !
(Clément, petit-fils de Danielle, 8 ans)

C’est pas grave…
(la petite-fille d’Éliane, Léonie, 2 ans 1/2)

Sourire d’enfant
(à l’occasion de la naissance de Ludivine, la petite-fille de Chantal)

Pour une autre Abeille, c’est la phrase fétiche de sa mère :

En deux temps trois mouvements
(Évelyne)

Ou bien c’est ce qu’on dit souvent, presque sans y penser :

Viva la Vida !
(Katell)

Oui… mais non
(Vive)

On va faire simple
(Katell)

Ya pire dans la vie
(Maïté)

Ou encore un mot qui nous caractérise :

Sororité
(Kristine)

Ces quilts ont été exposés à Lacaze le 27 juin dernier et ont contribué à l’originalité de notre expo en soulignant notre sentiment de sororité. Est-ce facile de faire ces lettres piécées ? Oui… mais non. A vrai dire, certaines y arrivent facilement et font des lettres en deux temps trois mouvements. Si on n’y arrive pas tout de suite, c’est pas grave, ya pire dans la vie. Pour moi qui fais souvent parler mes quilts, c’est devenu très simple, et vous aussi deviendrez experte et vous direz ensuite c’est bon, je gère, laissez faire la pro ! Je suis impatiente de proposer cet exercice en stage, vous verrez, on va faire simple, vous aurez ensuite un sourire d’enfant en jubilant viva la vida !

(Philippe Geluck)

Je cesse d’être bavarde, je vous montre nos 9 quilts bavards !

Dès 2018, nous étions dans l’agenda de Cécile Milhau pour exposer en juin 21 au Temple à Lacaze, en même temps que les Filles du Rouvray au Château. C’était sans compter sur l’intrus, Mr. Coronavirus… Alors l’exposition prévue au Temple en 2020 a glissé en 2021 et Cécile nous attribué l’Église comme nouveau lieu d’exposition. Cécile a montré beaucoup de calme et de résilience quand il a fallu improviser au dernier moment, suite à une défection. Ni vus ni connus les petits soucis, que la fête fut belle ! Souvenez-vous, fin juin c’était juste avant Delta et après l’annonce du masque devenu inutile à l’air libre, nous avions l’impression de sortir du cauchemar… La période fut bien courte.

Au Temple, nos quilts bavards devaient être exposés en nine-patch de 2,10 m de côté comme mon montage-photo ci-dessus ; impossible dans l’Eglise, et c’était très bien aussi :

Vous voyez, à gauche sur le mur, les quilts bavards… qui ont bien fait parler, suscitant beaucoup d’enthousiasme et de questions !

Les voici, l’un après l’autre :

Chantal Bommier
Évelyne Carrasco
Katell Renon
Danielle Birello
Éliane Géraud
Kristine Toufflet
Maïté Findeling
Katell
Vive Fournat

On va faire simple : mon petit bonus rien que pour vous

Ce quilt est fait selon la technique du disappearing 9-patch avec la couture de blocs de 9 carrés que je coupe ensuite sur les deux médianes. Ensuite, l’agencement des nouveaux blocs peut dessiner plusieurs motifs secondaires. J’en ai déjà largement parlé en mai 2015. Une fois encore, je me suis bien amusée !

Le top s’est fait en quelques heures, comme une évidence.

Katell 2021

C’est ainsi que nous aimons le patchwork d’aujourd’hui : quelques règles, de la fantaisie et surtout de la joie !

Quilt-souvenir de BeeBook de mon livre quasiment épuisé, les tout derniers exemplaires sont en vente sur le site France Patchwork. Toute ma gratitude va aux Céates de France Patchwork qui m’ont fait confiance, en particulier Catherine Bonte et Monique Lopez-Velasco, sans oublier Nicole Dewitz et à vous toutes, qui avez fait de ce livre un grand succès !

J’ai installé un décompte des jours qui nous séparent de l’ouverture du Carrefour Européen en haut à droite de votre écran d’ordinateur (en bas sur un smartphone) : dans peu de jours, nous nous retrouverons en Alsace, très nombreuses j’espère, avec joie, malgré tous les tracas que nous devons surmonter.
¡Viva la vida!
Katell

Estivales de Lacaze 2021 – Une mer cousue de couleurs

Initialement, la Ruche des Quilteuses devait exposer au Temple de Lacaze (81) cette année, mais pour y laisser l’exposition déjà prévue en 2020, on nous a attribué une « nouvelle » salle : l’église du village, Notre-Dame de Lacaze. Elle se trouve face au château, près de la mairie, avec une statue inattendue de Jeanne d’Arc au-dessus du portail :

Je n’y étais jamais entrée auparavant et n’avais aucune idée des possibilités d’exposition. Cécile Milhau nous avait parlé de lambris en bois permettant l’accrochage de petits quilts, d’un filin en hauteur pour ajouter quelques grands quilts… En toute décontraction, nous vînmes le jour de l’accrochage, nos coffres remplis de quilts et de baguettes, 2 escabeaux en prime. Nous découvrîmes une église un peu endormie, mais bien mignonne et visiblement rénovée par des travaux successifs.

C’est ici ! Au centre de l’Occitanie, bien sûr nous sommes bilingues 😊

Au fur et à mesure que nous installions nos quilts dans l’église, nous nous y sentions de mieux en mieux, comme si nous nous apprivoisions mutuellement. Je me suis rendu compte que les statues de chaque Saint de l’église renvoyait à une de mes tranches de vie, comme Sainte-Germaine de Pibrac, moi qui vis dans cette petite ville depuis 26 ans, ou la rare Sainte-Philomène alors que j’ai vécu rue Sainte-Philomène à Toulouse, et je pourrais continuer le jeu des correspondances, mais cela devient très personnel et sans intérêt pour vous !

Terminons avec l’architecture et l’art religieux de notre salle : plusieurs visiteurs du dimanche étaient des enfants du pays venus voter, et ils nous racontaient leurs souvenirs, le plus souvent leur mariage en ces lieux mêmes. Ainsi avons-nous appris que la voûte dont nous admirions le travail d’ajustement des pierres était peinte jusqu’à un passé relativement récent. Le plafond était plâtré, peint en bleu et parsemé d’étoiles comme souvent en Occitanie, puis fut ajoutée une Vierge. Le voici dans son état actuel, débarrassé du crépi, tel que nous l’aimons :

Vue sur la voûte du chœur de l’église, pendant la présentation de la conteuse Martine Viala.

Nous avons pris nos marques :

Le logo de ce blog, signé Kristine & Éliane, accueillait les visiteurs. La Ruche des Quilteuses, c’est ce blog, et aussi un groupe de 10 amies de l’Ouest toulousain. Notre groupe a été invité par Cécile Milhau à exposer cette année à Lacaze.

Le dimanche, sous les arcades de la mairie, à droite de l’église, se trouvaient Les Amis du Château avec les billets de tombola permettant de régler les frais des Estivales (1er Prix : les Oiseaux de Lacaze, quilté par Je Quilte pour Vous, le top est magnifié par un matelassage machine fantaisiste, inventif et parfait de Chantal Baquin !) et Neelam, nos amis aux tissus indiens artisanaux :

Pour rendre une longue histoire courte, c’est au cours des préparatifs de l’exposition, le lundi précédent, les quilts étalés sur les bancs, que j’ai eu l’idée d’y déployer nos plus grands ouvrages, comme cela se fait parfois en Amérique du Nord. Quelle aubaine d’avoir des bancs au lieu de chaises !

La mer de quilts ondulant sur les bancs a valu bien des Oh ! et des Ah ! de surprise !

Nous avons compté et recompté, nous avons pu exposer exactement 70 quilts, faits en trois ans, par nous dix. Et la présentation des quilts a suscité autant d’intérêt que les ouvrages eux-mêmes. L’effet était très intéressant, c’était une nouveauté dans le monde des expositions, du moins dans la région, à ma connaissance.

Un peu par paresse, beaucoup par conscience de leur relative inutilité dans ce cas précis, nous avons décidé de ne mettre aucune étiquette, mais les Abeilles étaient présentes en nombre pour manipuler les quilts pour mieux les montrer, pour attribuer à la bonne quilteuse chaque ouvrage, et surtout pour partager la joie de se (re)voir, même avec masque !

Nous avons pu regrouper un bon nombre de quilts faits pour BeeBook (y compris des quilts recalés, mais oui c’est arrivé pour diverses raisons !), puis rassembler nos nouveaux challenges : 7 Diabolical Jane sur les 8 faits par notre groupe et 8 à 9 Quilts Bavards (le dernier est arrivé dimanche), séries accompagnant nos quilts personnels très variés. La plupart des quilts furent présentés sur ce blog, mais nous en avions bien une quinzaine d’inédits que je vous montrerai en détail à la rentrée.

Avec les photos que je vous présente, on pourrait croire que personne n’est venu, l’église étant bien vide… c’est que lorsque nous avions de la visite, et ce fut tout au long des deux journées, nous étions trop occupées par l’accueil et nos discussions pour faire des photos !

Brigitte, notre chère Abeille de Dubaï, est de retour parmi nous ! Elle nous a bien fait rire, débarquant en tee-shirt et bandeau en imprimés Abeilles ! Elle présente ici un quilt moderne, sans molleton, en appliqué à cru (thermocollé) d’une réjouissante fantaisie, d’après un modèle de Laura Heine (Montana, USA). Tous ses quilts exposés ici sont quiltés machine et appliqués avec cette technique, quel changement de style ! Photo de notre amie Suzy ❤

Plusieurs personnes ont acheté BeeBook (livre de patchwork créatif édité par les Éditions France Patchwork), d’autres ont apporté leur exemplaire pour une petite dédicace. L’une d’elles prend particulièrement soin de son livre, admirez l’œuvre de la brodeuse :

J’ai été réellement touchée de voir cette belle pochette protectrice. Et c’est d’une personne que j’aime bien sur les réseaux sociaux, elle est toujours mesurée, agréable. Maintenant que nous nous sommes rencontrées, nous nous apprécions d’autant plus ! Et ce furent de multiples autres belles rencontres tout au long du week-end…

Nous avons exposé les deux derniers quilts que Kristine ou moi avaient créés et expliqués pour Les Nouvelles (magazine de France Patchwork). Nous dix sommes toutes membres de France Patchwork depuis des années et d’ardentes supportrices de cette association indispensable !

J’ai aussi exposé un de mes quilts préférés, celui du premier confinement, Ensemble malgré Tout. C’était précisément le titre du challenge sur les couleurs du forum FP (sur Facebook). Je l’avais déjà fait sur plusieurs ouvrages, j’ai piécé le titre pour rendre le quilt « bavard ». Le voici avec un ouvrage sur ce même thème, à 8 panneaux assemblés verticalement, très minutieusement travaillé par Christine, une visiteuse experte en art textile. Même projet, deux réalisations complètement différentes :

Bravo Christine du club de la Courtepointe de Castres ! (voir commentaires)

Je reviendrai sur ce que nous avons appelé les quilts bavards à la rentrée, notre amusement de ce début d’année 2021, mais vous pouvez déjà les voir en visionnant les deux vidéos de Kristine qui a fait le tour de l’expo samedi, armée de son smartphone. Bonne visite virtuelle et à bientôt pour le dernier article de la saison !

Vidéo 1

Vidéo 2

A très vite pour quelques lectures estivales !
Katell

Encore merci à toutes celles qui ont posté des photos sur Facebook ou m’ont envoyé des fichiers, j’ai largement pioché dans vos trésors !

Préparatifs d’expositions

Lacaze !

Courageusement, les Amis du Château avec Cécile Milhau ont maintenu le projet d’exposition d’Arts Textiles du dernier dimanche de juin et ils ont eu bien raison ! Malgré les incertitudes sanitaires, malgré les élections reculées d’une semaine…

Le château de Lacaze est un bijou ! Orné l’été de bannières textiles faites par le club de la Courtepointe.

Ce lundi, nous avons accroché nos expositions, et cela vaut largement la longue petite route qui mène au village ! Les paysages sont splendides.

Sur le chemin entre chez elle et Lacaze, Christine Meynier a baguenaudé, s’arrêtant pour nous offrir un symbole du début de l’été : un champ de blé piqueté de coquelicots et de bleuets !
Sur de longs kilomètres, la route serpente dans un enchantement vert, grimpant la colline, redescendant vers la vallée…
A 10 heures, les équipes organisatrices et exposantes arrivent progressivement sur la place du village. Notre moral est comme le temps : radieux !

Tout d’abord, au Temple, vous verrez bien sûr une exposition de quilts, mais aussi la splendide Robe de Mariée participative Millefiori à laquelle vous avez participé en grand nombre, issue de de l’imagination de Joëlle Vétillard après la lecture de La Dame à la Licorne, roman de Tracy Chevalier. Vous admirerez aussi un grand ouvrage brodé en commun au thème poignant, qui pourra vous attirer une réflexion, un recueillement, une larme. Après l’exposition, je pourrai en parler.

L’église du village est comme bien des lieux de cultes de France et de Navarre, bien émouvante, la voûte en pierre est de toute beauté et le lieu bruisse encore de tous les souvenirs des habitants qui, on le voit, sont attachés à leur héritage patrimonial. Tous les grands événements familiaux passaient naguère par l’église : naissance, mariage, mort, mais aussi toutes les prières adressées pour une vie meilleure…

Nous avons remarqué que les statues des Saints sont d’une splendeur toute rafraichie ! Notre exposition est donc accrochée sous le regard bienveillant de Sainte-Philomène, Saint-Antoine-de-Padoue et bien d’autres. Avec une soixantaine de quilts, La Ruche des Quilteuses (Andrée, Brigitte, Chantal, Danielle, Éliane, Évelyne, Katell, Kristine, Maïté et Vive) a métamorphosé l’église un peu délaissée de nos jours en une explosion de couleurs ! Croyantes ou pas, là n’est pas la question, nous avons respecté les lieux consacrés et nos quilts sont partout où nous avons pu les poser ou accrocher. Vous connaissez le style de nos quilts, vous savez que vous verrez des quilts créatifs, originaux, sympas et sans prétention, dont une bonne quinzaine d’ouvrages sont absolument inédits, même pas déjà vus sur ce blog.

Si nos quilts sont notre petite fierté, que dire lorsqu’on entre dans le Château ? Nous étions bouche bée en admirant les chefs d’œuvre des Filles Du Rouvray ! Des quilts de Soisik Labbens, Cosabeth Parriaud, Marie-Christine Flocard, Viviane Martin, Joëlle de Bailliencourt, Inès Travers et Christine Meynier vont vous rappeler de bons souvenirs du Rouvray. Leurs quilts, souvent connus pour avoir été exposés, publiés au fil des 30 dernières années, ont trouvé un écrin à la hauteur : les pierres du château Renaissance mettent toutes les couleurs et textures en valeur. Cette exposition fut particulièrement difficile et douloureuse à organiser, avec deux décès récents dans le groupe. Malgré tout, et aussi en honneur à cette pépinière extraordinaire de talents que fut Le Rouvray à Paris, cette exposition a lieu. Bravo Christine Meynier, pour ta persévérance et tous tes efforts, enfin récompensés !

Michel, des Amis du Château, accroche ce quilt dédié à Frida Kahlo, créé par Joëlle de Bailliencourt. Les Filles du Rouvray présentes vous raconteront les histoires de chaque quilt…

Le Château a bénéficié d’une rénovation exemplaire. De somptueux quilts vous attendent…

Un immense merci à Christine Meynier qui a pris lundi
toutes les photos ci-dessus
🌞

Il faut monter quelques marches pour arriver dans un autre monde. Oui, vous pouvez jeter un coup d’œil par la fenêtre, la vue est si belle ! Ensuite, nous découvrons l’union des broderies afghanes et mix-media, principalement des tissus mais pas seulement. Le thème est La Tulipe : c’est un festival de petits univers ! Bien sûr, les représentantes de l’association Guldusi, membres du club de patch la Courtepointe de Réalmont (81), vendront des broderies afghanes : des tulipes pour planter les bulbes de la joie et de la solidarité féminine par-delà les conflits.

Puis sous les arcades de la Mairie, nous pourrons retrouver Neelam avec leurs tissus, kits, canetilles, écharpes, tampons, sourires et conseils…
A côté d’eux, des billets de tombola seront en vente au profit des Amies du Château de Lacaze (2€) ; un des Prix sera les Oiseaux de Lacaze, créé par La Ruche et quilté gracieusement (et talentueusement !) par Chantal Baquin de Je Quilte Pour Vous.

Le Carrefour Européen du Patchwork !

Voici l’ensemble des exposants. Je représente l’exposition des quilts-météo !

Sur le site https://www.patchwork-europe.eu/, vous trouvez désormais la liste exhaustive des expositions, des cours, stages et séminaires, et aussi les mesures sanitaires à respecter. Plus que jamais, offrez-vous la joie de rencontrer les artistes, ils ont besoin de vous ! Et pensons aux vendeurs et organisateurs, sans lesquels nous n’aurions pas ces événements, qui ont terriblement souffert des annulations précédentes.

Dans la chambre de ma fille qui ne vit plus chez nous (petit oiseau a quitté son nid), les quilts s’empilent à plat pour éviter tout faux pli et sont protégés de la poussière et de la lumière par un couvre-lit épais en coton blanc. Les cartons sont mis à plat quand c’est possible et glissés sous le lit, en attente pour les retours !

Actuellement, je reçois les quilts-météo pour cette exposition et je suis enthousiasmée par ces quilts faits au gré des aléas climatiques et émotionnels de 2020 ! Encore une fois, bravo à chacun.

Paris !

Une exposition de quilts-météo aura lieu à Paris du 7 au 28 juillet 2022 au CPA (Centre Paris Anim’) Bessie Smith du 12e arrondissement : mille mercis à Sophie qui agit activement pour que cette fête soit belle, elle aussi ! Ce Centre est fréquenté par toutes classes d’âges, et en particulier beaucoup de jeunes, à qui nous pourrons montrer que l’art du patch, ça claque !

Vous aurez bien sûr ici toutes les informations en temps voulu…

Battu par les flots, mais ne sombre pas !

Nous vous attendons donc nombreux à Lacaze dans le Tarn ce dimanche, en attendant bien d’autres rendez-vous dans les mois et années qui suivent, avec, toujours, l’esprit ouvert sur les beautés de l’art et la chaleur des belles rencontres !
Avec toute mon amitié, Katell

Les Oiseaux de Lacaze

Vous vous souvenez peut-être, en début d’année, des Abeilles s’amusaient bien avec des Oiseaux.

Ces oiseaux improvisés ont rencontré beaucoup de sympathie auprès des quilteuses, certaines m’ont envoyé la photo de leur création, comme Marianne et son ravissant panneau :

Ce quilt devait tenir sur une porte, il est donc tout petit (50 x 50 cm) et si mignon !

J’ai également beaucoup aimé les oiseaux faits en Gironde ! C’est Françoise qui a fait celui-ci :

J’ai l’impression d’oublier une ou deux personnes, j’en suis désolée, je ne retrouve pas les autres photos.

Nous avons terminé le top au cours du printemps, ajouté une bordure en triangles… Cette bordure et ses variantes, je l’aime depuis longtemps ! Mes premiers triangles en bordure étaient sans doute avec ce modèle de Michèle Beugnon dans Quiltmania :

https://quilteuseforever.com/2011/11/20/pennsylvania-1890-2006/

Puis, lors de la création de mon Arbre de Vie recyclant les lisières, je n’ai pas trouvé mieux que des triangles pour bien le terminer :

Et plus récemment, j’ai légèrement modifié un modèle de Bonnie Hunter, notamment la bordure :

Naguère, je me lançais dans de savants calculs pour couper ces triangles, j’ai même 2 règles dédiées aux coupes triangulaires. La bordure de Mon Amie la Rose ci-dessus est pleine d’à-peu-près et j’ai évité les difficultés des angles en les laissant en tissus de fond.

Je pense à une bordure aux triangles à chaque fois que le top a des coupes à 45°, ce qui est… très souvent ! Pour les oiseaux, il y avait bien la forme des oiseaux, et surtout les bandes vertes de prairie sous leurs pattes… La bordure a été votée à l’unanimité en mai, un jour de Ruche (toujours le vendredi !). Et voici donc le top aux oiseaux avec sa bordure aux triangles, se pavanant dans un très joli jardin à la française dans le village de Lautrec, dans le Tarn :

Joli mais on ne voit pas bien le top, oui c'est vrai...
Joli mais on ne voit pas bien le top, oui c’est vrai…

Approchons-nous :

Vous verrez que je suis allée plus loin dans ma zénitude des angles, là où se rejoignent les triangles horizontaux et verticaux, lorsque ce quilt sera terminé !

Kristine a déjà brodé l’étiquette !

Il manquait un beau quilting à ce top… J’ai contacté Chantal Baquin, Je Quilte Pour Vous, pour savoir si elle avait le temps de nous le quilter pour la mi-juin. Mais oui ! Alors les Oiseaux se sont envolés vers Orléans. Ils ont fait une toilette molletonnée ébouriffante ! Passer dans les rouleaux d’Amara (la machine), c’est quelque chose !!

Cela commence ainsi ! Chantal a la gentillesse d'envoyer des photos du quilting en cours...

Cerise sur le gâteau, Chantal nous offre le travail du quilting, parce que c’est un lot de tombola qu’elle souhaite soutenir ; il nous reste à lui payer le tissu de fond et le molleton. Mille mercis Chantal !

Chantal m'a dit qu'elle s'était bien amusée, transformant les bandes de gazon en terrains de jeux de quilting !
Chantal m’a dit qu’elle s’était bien amusée, transformant les bandes de gazon en terrains de jeux de quilting !

Ensuite, on n’a plus qu’une envie, le voir fini en vrai !!

Ce sera donc à Lacaze, toujours dans le Tarn, pendant le week-end consacré aux Arts Textiles*, et vous pourrez même le gagner peut-être ! C’est un Prix de Tombola qu’offrent les Abeilles de la Ruche des Quilteuses pour le bénéfice de l’association qui organise et héberge cet événement : Les Amis du Château de Lacaze. Le tirage au sort aura lieu courant août, après son exposition au Château tout au long de l’été.

* Nous serons à Lacaze les 26 & 27 juin : le 26 est surtout consacré aux enfants, aux groupes, et la fête prend toute son ampleur le dimanche 27, avec notamment la présence de Neelam et ses formidables tissus : des retrouvailles très attendues !

A très bientôt !
Katell

Le blason de Lacaze en quilt, création Patch d’Oc avec Cécile Milhau.

Les Chemins de Traverse avec Neelam

Bonjour ! Vous souvenez-vous du mois d’avril avec la célébration des 10 ans de Neelam et de la Ruche des Quilteuses ?

Si j’avais pu alors vous montrer le quilt My Happy Place terminé en 4e semaine des festivités, celui de 2e semaine était resté non fini.

Les 49 blocs rendaient bien ensemble, mais j’ai aimé agrandir ce beau bébé avec, toujours, mes chutes de tissus Neelam. D’un top carré de 7 blocs, je suis passée à 10 blocs, donc 100 blocs en tout. J’ai même hésité à continuer, mais 145 cm de côté c’est parfait ! Le voici, alangui dans un amélanchier du Canada dont je veille, jour après jour, la maturation des fruits. Cette année, ils ont été bien abîmés par les gels tardifs…

Je l’ai quilté très simplement à la machine et j’ai ajouté une petite bordure de tissus clairs. Le dos est une housse de couette dont j’ai profité pendant plus d’un an, et avant la lassitude et l’usure du tissu, je l’utilise pour plusieurs dos de quilts ! Le rapport qualité/prix est imbattable, le coton est toujours beau et lavé plusieurs fois. Quant à la bordure de finition, j’ai opté pour la variante invisible (expliquée dans BeeBook !).

Fin mai, une balade dans le Lot nous a conduits vers un charmant jardin clos à la médiévale. J’y ai trouvé l’écrin pour photographier My Happy Place et Les Chemins de Traverse :

Les vieilles pierres accueillent si bien ces quilts en tissus Neelam ! Vous pouvez commander des tissus, des kits et bien d’autres articles sur leur site.

Et pour ne pas que des fous nous renversent,
On prenait les chemins de traverse
Même s’ils ne sont jamais les plus courts…

Sous la pleine Lune immobile…

Francis Cabrel

Avec le recul, je me rends compte que ces deux titres de quilts dévoilent mes préoccupations actuelles – et les vôtres aussi peut-être. J’ai la sensation que le monde va vers du « moins bien », l’optimisme n’est plus une composante de la vision de l’avenir. Nous n’avons plus le sentiment exaltant que nos enfants auront une meilleure vie que nous, que leur bonne voie est de bien travailler, avoir de bons diplômes pour être en situation confortable, même si intimement, j’ai toujours préféré que mes enfants réussissent LEUR vie plutôt que réussissent DANS leur vie. Le temps est fini où nous nous réjouissions du progrès (un mot disparu des discours et de nos conversations). A la place, nous mettons en avant les innovations, pour réparer ou remplacer ce qui ne va plus. Le progrès n’est plus enviable, il est devenu source de nos soucis. Alors l’envie d’une Happy Place, un refuge comme ce petit village de tipis, exprime cette inquiétude. De même, Les Chemins de Traverse -outre l’hommage à Francis Cabrel, Gascon tranquille hors de l’agitation médiatique- montre encore l’envie de vivre en marge des grandes routes actuelles. Je garde en mémoire divers récits de Sylvain Tesson, ainsi que le livre que je suis en train de lire, Le Chemin des Estives de Charles Wright, extrêmement bien écrit.
Arthur Rimbaud, l’homme aux semelles de vent, accompagne ces deux écrivains.

Faut-il donc succomber à la nostalgie et la peur de l’avenir ? C’est un réflexe que je n’avais pas, mais je le sens pointer du nez, ce ne sont pourtant pas de bonnes compagnes. Je crois qu’il faut entretenir régulièrement son enthousiasme de l’instant présent, son émerveillement des choses simples pour se préserver des peurs. Pour moi c’est faire des balades dans la nature, lire, quilter… et rencontrer des personnes avec qui communiquer sincèrement, joyeusement et positivement si possible, amis ou inconnus !

Sous le vent d’autan…

Je les aime beaucoup, mes chemins de traverse. Ce quilt me rappelle de très bons souvenirs avec Émilie, la créatrice de Neelam, et aussi l’envie de prendre la route ou simplement le chemin, ce qui est de nouveau permis ! Un quilt en tissus artisanaux comme ici mérite de finir en plaid, car la fibre au toucher est, comment dire… authentique. Une vraie sensation de bien-être. Je n’ai pas encore cousu de vêtements avec ces tissus, mais j’ai déjà plusieurs écharpes et on les oublie, leur contact à la peau est si naturel !

Dans un magnolia persistant où la première fleur vient de s’épanouir… Quel parfum !

Nous sommes très heureuses de pouvoir vous confirmer que la fête aura bien lieu à Lacaze dimanche 27 juin dans le Tarn ! Vous y verrez nos dernières créations, ainsi qu’une exposition France Patchwork sur le thème des Jardins à laquelle nous prenons part également, une exposition des Filles du Rouvray, des broderies d’Afghanistan et des surprises !…

La joie de nous retrouver va nous aider à reprendre espoir !

Nous présenterons nos quilts les plus récents, plutôt que les quilts de BeeBook (expo prévue l’année dernière…) mais notre joie de vous revoir est intacte !

Ne manquez pas ces retrouvailles ! La Ruche des Quilteuses sera presque au complet, nous vous y retrouverons avec tant de plaisir !

Des bouquets de fleurs

Après une pause, la Ruche des Quilteuses bourdonne de plus belle ! Bien sûr, les Abeilles et les fleurs sont de tendres amies.

Matisse ajoute : Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir… Histoire de ce petit quilt par ici (Il y a des fleurs partout…)

Aujourd’hui, admirons des bouquets textiles faits par Bee Kristine au début du printemps. Comme c’était le confinement, je les ai découverts sur Instagram et j’ai tout de suite aimé sa démarche, simple, efficace et poétique. Comment a-t-elle fait ? Voici les petites explications de la créatrice.

A très bientôt,
Katell

C’était il y a au moins 20 ans, j’ai découvert le Vliesofix (qu’on peut acheter chez Emma par exemple), un voile de colle protégé par une feuille de papier, qui permet de coller des textiles recto-verso avec la chaleur du fer à repasser ; c’est un produit qui se maintient au lavage et qui laisse libre court à l’imaginaire. Il y a des livres proposant ces collages agrémentés de broderies et plusieurs artistes françaises en font leur base créative (Léna Meszaros, Nadine Levé etc.).

Dernièrement on m’a donné un sac de tissus divers et variés. Après un tri (aucun ne pouvait servir pour le patch), j’ai sélectionné des fleurs, ainsi le sujet des bouquets s’est imposé facilement, il suffisait de trouver un tissu de fond et de faire une mise en scène ! J’ai découpé les tissus, isolant les motifs à thermocoller, puis j’ai fait des essais de mise en place et pris des photos afin de figer la scène, photos qui aideront au collage définitif. Ensuite, on peut éventuellement renforcer le collage par un piquage à la machine sur le contour, et même « peindre » de multiples détails à l’aiguille (main ou machine). Mais au départ, il suffit d’une paire de ciseaux, d’un fer à repasser, quelques morceaux de Vliesofix et l’on s’amuse !

Kristine

Lys et freesias – Kristine
Tulipes – Kristine
Ambiance rose – Kristine

 
Il est d’étranges soirs où les fleurs ont une âme…
 Albert Samain, poète français.

Nous avons 10 ans 🍀 4e jeudi, déjà !

Voici la dernière semaine célébrant une décennie d’articles pour moi, et une décennie de créations, de commerce de tissus, de broderies et de matériels artisanaux divers pour Neelam. Vous avez pu mieux connaître cette entreprise créée par Émilie, secondée par son compagnon Damien et par ses parents, au cours de ce mois-ci. C’est une découverte pour certaines, et j’en suis très heureuse !

Pour nous, ce sont surtout 10 ans de communications, d’échanges et de rencontres. Nous en parlions ensemble, c’est bien le facteur humain qui nous porte et nous importe.
En résumé, l’important, c’est vous !

Émilie et moi avons beaucoup de centres d’intérêt communs, et les cultures amérindiennes en font partie. Elle connaît mieux la partie hispanique, et moi la partie anglophone. La vision du monde de ces Peuples Premiers, comme l’esthétique de leur artisanat, c’est un tout qui nous attire, et donc le thème de cette dernière semaine. Émilie vous offre un très beau cadeau pour clore ce mois anniversaire sur son blog, en plus du tirage pour gagner un exemplaire de mon livre BeeBook (Éditions France Patchwork). Quant à moi, je vais poursuivre l’inspiration amérindienne qui me porte depuis la semaine dernière avec My Happy Place.

Suite et fin de My Happy Place

La semaine dernière, j’ai voulu utiliser des tissus Neelam avec des triangles, de la soie, et aussi un fond noir, tout ce que je ne pratique pas habituellement – j’avais juste un terrain de connaissance, les bandes de tissus ! Les contraintes aident à sortir de nos habitudes, ce qu’on appelle notre zone de confort dans le développement personnel. Oser faire de l’improvisation correspond bien à ces étapes :

C’est un schéma classique qu’on retrouve un peu partout ! Celui-ci comporte quelques explications supplémentaires, c’est pourquoi je l’ai choisi.

La bande décorative du bas

Partout se trouve de l’inspiration pour qui sait la voir. Mon panneau méritait plus d’ornements selon mon goût. J’imaginais une bordure en haut et en bas, de style seminole (ici articles Seminole) pour rester dans l’esprit amérindien. Puis un sac de ma fille m’a menée vers un nouveau dessin.

J’ai cousu une bande comparable, très haute (de 14 cm), mais à l’œil, c’était bien trop massif. Elle est devenue de 7,5 cm de haut cousu, c’est suffisant.

La bande décorative se fait en commençant par deux rectangles noirs qui se trouveront sur les bords droit et gauche à l’extérieur – je couds 2 fois la même chose, avec des bandes diverses de tissus, soies et cotons, posées en chevron (comme un demi-log cabin). Désolée, je n’ai pas fait de photo en cours. Pour le centre, j’ai fait une sorte de sablier bleu sur fond noir, sur lequel j’ai appliqué au coton perlé le dernier chevron de chaque côté. Pas orthodoxe, mais qui le sait à part vous ?

La Lune est là

J’ai renoncé à faire une bande similaire en haut, mais j’ai souhaité ajouter une présence. La pleine Lune m’a déjà inspirée en patchwork (ici La Lune Blanche) ; cette fois, ce sera en appliqué inversé, avec la technique cousine du passepoil ou de la parementure, déjà explorée ici (Liberty Rose) et là (Il y a des fleurs partout…).

Le diamètre a pris du temps à se définir, j’ai finalement choisi 8 cm, dessiné sur bristol à l’aide d’un verre. Pour sa position, j’étais limitée par la couture de la bande additionnelle du ciel.

Esquisse de placement de la Lune avec un rond de bristol

Endroit contre endroit, j’ai mis un carré noir de 10 cm sur lequel j’ai marqué le cercle au Hera Marker (Clover), puis j’ai cousu sur la trace, évidé le centre et forcé le bord du carré à aller derrière. Il faut un peu de persuasion, de repassage mais on y arrive.

Je pose ensuite le carré de soie blanche thermocollé derrière. Le tout est visiblement maintenu par un point avant au fil de coton blanc.

La forme du quilt

Ce projet est la sœur – ou le frère ! – du beau cadeau préparé par Émilie, nous nous sommes fait des suggestions, l’une à l’autre, ces projets ont mûri avec des idées mises en commun, dès la première semaine. Ainsi, nous partageons la forme de l’ouvrage. Nous avions aussi envisagé un accrochage avec des pattes et un bâton, mais chez l’une comme chez l’autre cela alourdissait inutilement. Je suis allée jusqu’au bout de l’idée lundi, mais la Lune perdait de son éclat avec tout cela au-dessus d’elle… La nuit, et en l’occurrence la pleine Lune du 27 avril, portant conseil, j’ai tout décousu mardi matin. Je ne le regrette pas !

En ce qui concerne la forme du quilt, j’ai fait une coupe à 45° puis une autre verticale, la même chose à gauche. N’oubliez pas que je suis gauchère, spontanément je commence à droite, mon cutter est posé à gauche, etc.

La bordure décorative des côtés

J’ai coupé dans ce beau tissu imprimé Neelam une bande de 4 cm, cousue uniquement sur les côtés verticaux. Pour suivre la forme originale suggérée par Émilie, j’ai commencé par la petite partie verticale du haut, puis j’ai simplement cousu la suite à 45° en « mangeant » une bonne partie de cette première partie. Pour l’angle suivant, j’ai mis l’aiguille en position basse pour pivoter et suivre la couture vers le bas. Le pli sera cousu au fil noir à la main.

Angle droit
Angle gauche

Le quilting au coton perlé et au fil noir

Ma première idée était un quilting machine de ligne parallèles et verticales au fil noir. Mais je craignais d’éteindre un peu la lumière des tipis ! J’ai donc préféré sortir mes cotons perlés et quilter en prenant les décisions successivement : d’abord la porte d’un tipi et son contour, puis une bande intermédiaire pour le bon maintien, en changeant de couleurs.

Je quilte avec diverses couleurs de coton perlé et avec du fil noir, pour un bon maintien général. Travail en cours.
Voici, dans une jolie boîte de gâteaux andalous, mes cotons perlés, à côté le fil à quilter noir et le Hera Marker pour tracer quelques lignes (courbes du ciel, droites sous les tipis…)

Et le ciel ? J’ai hésité à mettre des miroirs indiens ou « shishas » de chez Neelam (voir BeeBook pages 76 et 96) qui feraient de belles étoiles, mais je n’en avais plus et, confinement oblige, je ne voulais pas aller en chercher chez Émilie (un peu plus de 10 km nous séparent). Des tableaux que j’ai sous les yeux chez moi (ici : Je n’aime pas le jaune) m’ont donné l’impulsion pour un ciel différent. Oh je suis restée bien plus discrète que Van Gogh ! Je pensais prendre du fil jaune, mais j’ai choisi du bleu ciel et du turquoise…

L’esquisse des lignes se fait avec un Hera Marker, le dessin reste un temps, sans abîmer le tissu.

Les finitions en bordure invisible

Comme j’avais mis une bordure décorative imprimée sur les côtés, j’ai terminé mon quilt avec une bande qu’on ne voir qu’au dos. Cette technique, que j’appelle la finition invisible, est détaillée dans BeeBook p.143 et j’en avais déjà parlé ici (To Face a Quilt).

My Happy Place, c’est ici !

My Happy Place, Katell, fini le 28 avril 2021. Et encore, dois-je vous le dire ? Il manque quelques contours de tipis à quilter !!

C’est ainsi que se terminent quatre semaines avec Neelam pour célébrer nos 10 ans, quatre rendez-vous chaleureux, avec tant de gentils messages de votre part, merci !

Vous savez dorénavant où acheter les articles Neelam, sur leur site, avant de les retrouver dans les Salons… C’est ce que nous espérons ardemment, retrouver les joies de notre vie d’avant, même si c’est au prix du port du masque au long cours, le maintien des distances, de vaccinations successives… Nous ne pouvons pas attendre indéfiniment que le coronavirus disparaisse, nous pouvons en revanche nous adapter aux circonstances, autant que possible. Si de nombreuses manifestations sont annulées, j’ai la confirmation récente du maintien des expositions à Lacaze (81) les 26-27 juin, du Carrefour Européen du Patchwork (Sainte-Marie-aux-Mines) du 16 au 19 septembre et Pour l’Amour du Fil à Nantes (29 septembre – 2 octobre). Neelam et moi serons à ces trois événements, pour moi en expo avec mes amies à Lacaze, en commissaire d’exposition des quilts météo en Alsace et en visiteuse avec Kristine à Nantes. Je me réjouis tellement de ces projets !

Voyons les choses positivement : nous avons profité de ce mois de confinement de 10 km pour enrichir la célébration de nos 10 ans : ce qui a été annulé ou reporté nous a donné du temps pour préparer ces quatre jeudis. Personnellement, cela a renforcé l’amitié que j’éprouve pour Émilie et j’ai confirmé le pouvoir de séduction de ces tissus artisanaux.

La semaine dernière, vous avez répondu à la question du patchwork et quilting main ou machine sur le blog de Neelam. Vos réponses sont très intéressantes, avec bien plus de sagesse et de discernement que ce que j’ai pu lire ailleurs, la diversité est naturelle ! Pas de bonne ou de mauvaise réponse, et comme précédemment, 3 gagnantes ! Bravo à elles et bonnes créations avec Neelam et BeeBook !

Ce rosier liane fleurit en avril, il est si beau ! Très exubérant, il colonise une arche dans le jardin. Autre avantage : il est rigoureusement sans épine ! Il s’appelle le rosier Banksiae Lutea et se bouture très facilement. Pour une fille qui croyait ne pas aimer pas le jaune… On ne finit pas de se découvrir !

Retrouvez la nouvelle œuvre d’Emilie et le 4e tirage au sort par ici, avec l’évocation d’une philosophie de vie que nous apprécions toutes deux, encore un point commun entre Émilie et moi !

Une invitée inattendue lors de la séance photo. Le tissu noir surexposé n’est pas beau ici, mais vous voyez des détails !

Des contraintes familiales m’obligent à faire une pause de blog
pendant quelques semaines. Rien de grave, juste des obligations qui prennent du temps.
Mais après avoir célébré ces 10 ans avec autant de joie, je ne vais pas m’arrêter ainsi !
Alors à bientôt, et continuons à prendre des précautions,

car attraper le Covid n’est vraiment pas une partie de plaisir.
Votre amie abeille quilteuse,
Katell

Nous avons 10 ans 🍀 3e jeudi

C’est le 22 avril 2011 que j’ai créé ce blog ; un an après, je me rendais compte que c’était Le Jour de la Terre depuis 1970, une belle coïncidence. Cette année, c’est le jour choisi pour le départ de la Mission Alpha : Thomas Pesquet et trois autres spationautes partent pour une nouvelle Maison à plus de 400 km de la Terre ! A 12 h 11 si tout est nominal, le décollage aura lieu. Report à demain 11h49 ! Nous leur souhaitons une pleine réussite pour ce voyage et, à notre compatriote, autant de passion du partage que lors de son premier séjour. Même si on peut parfois s’interroger sur l’intérêt de la conquête spatiale (ce qu’il aborde et justifie ici), le génie humain impressionne, Thomas Pesquet lui-même suscite l’admiration et il est un formidable ambassadeur de la cause scientifique. La science nous sauvera-t-elle du bouleversement climatique et des perspectives alarmantes ? C’est la vision optimiste de notre avenir.

C’est une phrase que j’aime bien et qui pourrait convenir à Thomas Pesquet qui est aussi grand sportif, aviateur, musicien… mais cette « citation » n’existe pas dans le livre ! Ah les facéties de notre monde digitalisé…

Thomas Pesquet est parfois appelé Le Petit Prince, avec son visage enfantin et son regard bienveillant…

Aujourd’hui, nous aussi avons la tête dans les étoiles car c’est toujours la fête du patchwork avec les 10 ans de Neelam Textiles du Monde et de La Ruche des Quilteuses ! C’est notre 3e jeudi sur 4, 4 semaines d’idées de patchwork et de cadeaux, une collaboration fructueuse entre Neelam et moi, rien que pour vous faire plaisir !

Changeons de style : j’ai choisi de vous faire suivre mon cheminement créatif sur un projet – un tout autre chemin de traverse 😉 que la semaine dernière ! Ce n’est pas tant pour que vous reproduisiez le modèle, que pour montrer comment une idée de départ peut aboutir à un quilt – et tant pis parfois pour l’orthodoxie du travail !

Ayant coupé beaucoup de carrés les semaines précédentes, j’ai décidé d’aller cette fois vers des bandes et des triangles. Pour mon ouvrage de la semaine, mes inspirations sont à la fois du livre de Gwen Marston & Cathy Jones et celui de Nicholas Ball (ci-dessous son livre et 2 de ses quilts aux triangles).

Quels quilts exceptionnels ! Je vous recommande chaleureusement ces deux livres.

Parfois on entend ou on lit cette question : à quoi servent tous ces quilts ? La meilleure réponse est :

C’est véritablement utile puisque c’est joli.
Le Petit Prince, Saint-Exupéry
(chapitre XIV)

Les quilts de triangles de Nicholas Ball me font penser aux cabanes que je vois dans la forêt, bâties avec des branchages.

Dans la forêt près de chez moi, certains endroits sont toujours enchanteurs, quelques sentiers sont, en ce moment, bordés de genêts et d’asphodèles. Ici, la biodiversité s’éloigne mais on s’amuse quand même, on fait des cabanes !

Refuges triangulaires aussi, les tipis bien connus des Amérindiens nomades des Grandes Plaines.

Tipis des Shoeshones, vers 1900.

Que vais-je faire de ces images inspirantes ? Et comment utiliser en même temps des tissus Neelam d’une nouvelle manière ?

Improvisation : My Happy Place

Pour sortir de mes habitudes, j’ai demandé du tissu noir teint artisanalement et quelques coupons de soies claires (toujours de chez Neelam) à Émilie et j’ai réuni mes bandes de tissus Neelam, restes d’autres ouvrages.

Encore et toujours le plaisir de créer avec ces tissus nomades, éthiques et artisanaux !

Tradition et modernité, des impressions anciennes et récentes sur coton, associées à la brillance d’une soie. Tissus et photo Neelam

Commençons par la coupe de quelques triangles de soie renforcés au thermocollant, puis cousons un « toit » avec des bandes de coton. J’ose, j’avance et on verra bien !

J’ai thermocollé un parallélogramme pour découper deux triangles dans ce bout de soie.
Sur 2 côtés des triangles de soie, je couds des bandes sans prendre la moindre mesure. Tout est décidé visuellement : « est-ce que ça va comme ça ?« , si oui, j’avance ! Décision : le 3e « toit » est toujours un imprimé sur fond noir. Faire ces tipis, c’est rapide et ludique puisque je souhaite avoir des triangles qui vivent leur vie, irréguliers s’ils le veulent !

D’habitude, je n’entoile pas les tissus de coton Neelam, contrairement à beaucoup de monde (y compris Émilie pour ses panneaux muraux). L’entoilage facilite le maintien des tissus. En général, je me contente du repassage et, éventuellement, de ma bombe d’amidon. A chacun ses préférences ! Cependant, la soie s’effiloche facilement, je passe donc par cette étape avec un thermocollant non tissé blanc pour tissus légers, de quoi découper 2 triangles par couleur. Mon projet est de faire 12 ou 13 triangles pour en sélectionner 10, pour les 10 ans.

J’ai trouvé un beau reste de molleton sur lequel je dispose mes tipis. On les croirait dans une prairie enneigée ! Parfois, je fais les choses à l’envers, cette fois-ci c’est le molleton qui me montre le chemin du format du futur quilt.

Ma disposition est bien irrégulière, comme le sont ces tipis… Vais-je encadrer chaque tipi de tissu noir pour arriver à des rectangles comme Nicholas Ball ? Vais-je les mettre en rangées comme un quilt du livre de Gwen Marston ? Les tipis virevoltent pour trouver leur place et le placement est trop irrégulier pour suivre le montage de Nicholas (ajouter du tissu de fond pour que chaque tipi soit dans un rectangle) et j’ai envie de conserver le chevauchement des rangées. Il va donc falloir innover !

Finalement, je crois que le village va avoir 12 habitations au lieu de 10, juste parce que🙃. Cette disposition suppose quelques cogitations pour arriver à mes fins ! Plutôt qu’un découpage complexe de triangles noirs de fond et une multitude de coutures partielles, j’opte finalement pour une succession de bandes de tissus de fond noir découpées horizontalement. La hauteur de chaque bande noire sera en fonction de la hauteur entre deux bases de tipis. En conséquence, j’appliquerai les deux autres côtés du tipi à la machine. Je n’ai encore jamais vu cela, mais c’est ma solution, simple et très rapide !

Chaque tipi est repassé, les deux marges de couture rentrées et la pointe bien préparée. La base reste « à cru » et sera prise dans les coutures de bandes noires.
Je commence le montage par le haut. Sur une première bande je pose mon tipi le plus haut au bon endroit, la base alignée en bas et les marges de couture des côtés repassées à l’intérieur. Je pique les deux côtés à 1 mm du bord. Je replace le tipi et sa bande noire à sa place sur le molleton (photo). Je mesure l’écart entre la base du prochain tipi et celui-ci : 12 cm environ. Je coupe donc une bande noire de 12 cm pour la prochaine étape.
Je vais coudre ces deux bandes noires endroit contre endroit, emprisonnant la base du tipi du haut. Les tipis suivant seront appliqués après et déborderont de la bande de 12 cm. Ils sont pliés ici, juste pour la démonstration.

Au fur et à mesure, je vais descendre, avec un ou deux tipis à mettre par étage.

L’improvisation est une suite de décisions à prendre.
Ktl

Voici le montage final, photographié le lendemain au lever du soleil :

Ce sont finalement 10 bandes noires qui me sont nécessaires pour monter les tipis comme je veux.

Ce top n’est pas fini, je souhaite lui ajouter une bordure originale, une décoration supplémentaire… Ce sera pour la semaine prochaine !

J’ai trouvé un nom à ce projet : My Happy Place, qui signifie mon endroit préféré, mon coin de paradis, mais aussi mon jardin secret, mon monde heureux… Faire une improvisation et évoquer les peuples premiers des USA, c’est bien My Happy Place à tous égards… Je leur dois tant, une autre compréhension de l’Histoire qu’on nous raconte, la découverte d’une sagesse oubliée, une vision du Monde dont nous devons nous rapprocher… Il n’est pas question de régresser, mais de gagner en sagesse.

Tout comme l’arbre a besoin de ses racines pour grandir,
nous avons besoin des peuples autochtones pour écrire le monde de demain.
#loveplanet

La Terre, notre Happy Place à tous

Et mon esprit retourne vers Thomas Pesquet qui va observer notre Terre à 400 km d’altitude pendant 6 mois. Si belle, si forte, si fragile, si unique.

Voir la Terre de haut et constater cette fragilité, ça fait beaucoup réfléchir.
Thomas Pesquet

Jean-Pierre Goux, que je suis sur les réseaux sociaux avec attention et que j’ai déjà évoqué deux fois sur ce blog, a créé une ONG appelée One Home – Une Maison. Il souhaite, par l’overview effect, la vision de notre planète vue de l’Espace, émouvoir l’humanité, comme elle bouleverse profondément presque tous les astronautes (USA), cosmonautes (Russie), spationautes (Europe)… Elle incite à une prise de conscience de ce non-choix : nous n’avons pas d’autre planète où aller vivre, donc il est absolument nécessaire de prendre soin de la nôtre. C’est une évidence, c’est comme les jolies paroles du Petit Prince que JP Goux et Thomas Pesquet affectionnent tant, qui résonnent fort en nous. Mais attention aux fausses sources !…

Désolée, encore une fausse citation !!!

Avec l’art, y compris l’art textile bien sûr, nous résistons à la standardisation de notre monde, nous mettons de la poésie dans nos vies. Que la Terre devienne notre Happy Place à tous, encore plus que dans le passé ! Mais cela ne viendra pas tout seul et sans effort, il faut se bouger pour que l’aventure humaine continue, et qu’elle soit joyeuse.
C’est pourquoi, après avoir dévoré Le Siècle Bleu de JP Goux, j’attends avec confiance son futur livre La Révolution Bleue. Je serai sans doute une de ses premières lectrices à sa sortie, et je vous en parlerai !

Pour la troisième fois, tentez votre chance chez Neelam ! Les trois gagnants de la semaine dernière sont cités par ici en fin d’article. En ce mois anniversaire, nous vous offrons livres et tissus pour entretenir VOTRE Happy Place ! Suivez ce lien, et bonne chance ! Outre la possibilité de participer au tirage au sort, vous découvrirez comment travaille Emilie, styliste de formation, et d’où vient sa connaissance du patchwork… Neelam, c’est une affaire de coeur !

Un logo créé par Émilie de Neelam, qui symbolise notre Happy Place :
la joie que nous offre notre art et le bonheur de nos liens d’amitié !

Avec patience et confiance,
espérons des jours meilleurs
et la préservation de notre Terre, notre Happy Place à tous.
Mais surtout, Happy Quilting !
Katell