Le vendredi, j’ai Ruche.
Un indicible bonheur de retrouver mes amies, de plonger ensemble dans nos projets avec des tissus et des couleurs… Nos Étoiles Uniques, faites grâce à Lindlee de @Plainsandpine quilts, sont toutes au moins sous forme de top, il reste à les quilter… Elles seront exposées à Lacaze les 25-26 juin prochains lors des expositions ARTPELHOT, avec Dimitri Vontzos, Marie-Christine Hourdebaigt, des quilts-météo… La fête au village ! D’autres en-cours faits en commun, que nous vous montrerons terminés fin avril, nous donnent la fièvre du vendredi, sans compter nos divers ouvrages personnels !








Merci Maïté pour ces photos !
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C’est au déjeuner que nous échangeons les nouvelles plus personnelles, que nous parlons de nos lectures… Une de nos conversations a tourné autour de la BD de Christophe Blain (auteur du savoureux Quai d’Orsay) avec Jean-Marc Jancovici, notamment créateur du bilan carbone, un esprit vif s’il en est, un regard espiègle, une parole qui a le sens de la formule, ce qui ne l’empêche pas d’être implacable.

Lire une BD se faisait naguère comme on suce un bonbon, on savourait l’histoire, l’inspiration graphique et voilà, c’était une agréable distraction. Le Monde sans Fin, BD de près de 200 pages, est ressentie comme indigeste par certains, tant le foisonnement d’informations est accablant. Même quand on est intéressé, voire obsédé par l’état du Monde comme moi, on apprend beaucoup. La logique de Janco est implacable ; ses connaissances d’ingénieur et scientifique pointu, associées à son génie pédagogique, nous font sursauter. Comment cela, a-t-on vraiment autant de pétrole autour de nous ? Tant d’énergies dépensées ? Et tant de choses fabriquées, et pour quoi faire ?…
Sa logique nous démontre que notre civilisation doit absolument se préparer au monde post-pétrole, -charbon et -gaz, progressivement chaque année, avec détermination. Rien n’est meilleur marché que le pétrole, nous démontre effrontément Janco et dans l’actualité brûlante, notre dépendance au gaz russe est un sujet délicat pour notre équilibre économique. Je n’entrerai pas dans le concert des yaka et fokon, peu de monde sait mesurer toutes les conséquences et moi certainement pas.
Apôtre d’une certaine décroissance, sans toutefois retourner au monde du XVIIIe siècle, Janco est clivant, notamment au sein des écologistes où il ne compte pas que des amis, mais aussi avec un large public qu’il hérisse, avec ses diverses convictions (toutes expliquées avec logique). Quoi, l’avenir est dans le nucléaire ?? Quoi, la voiture à hydrogène ne serait qu’un gadget de riches ??

Comment les Terriens, avec leur conscience de la vie et de la mort, leur culture, leurs informations, peuvent-ils continuer à aller dans le mur ? Janco mentionne à la fin de cette longue BD deux livres écrits par Sébastien Bohler (spécialiste en neurosciences), que je fais d’ailleurs circuler autour de moi. On apprend dans ces livres pourquoi on n’agit pas de manière logique…


La lecture du Bug humain ne vous donnera pas plus le moral. J’ai eu honte me m’y retrouver parfois, dans ces descriptions… mais je suis humaine, donc terriblement faillible. Sommes-nous indécrottables, nous les Terriens ? L’espoir est tout de même dans le livre bleu…

Pourtant, je crois important de s’informer, afin d’accepter, malgré tout, de devoir fournir de gros efforts dans l’avenir. Avec un but cohérent et vertueux, on pourra même trouver enthousiasmant et non punitif de faire autrement. Si vous êtes invité à un atelier de la Fresque du Climat, n’hésitez pas à participer, son créateur est un proche de Jancovici. Vous n’aurez pas de solution toute faite, mais vous comprendrez mieux comment tourne notre monde. Pas rond.
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Ce vendredi, nous avons aussi parlé de l’Ukraine bien sûr. Si les blocs de tournesols pour soutenir l’Ukraine vous semblent dérisoires, rappelez-vous qu’ils aident aussi à garder le moral. Ce n’est pas négligeable.
Un quilt pour les enfants ukrainiens : cliquez sur ce lien pour découvrir un très beau quilt offert à Claudia Pfeil, pour enrichir sa collection de quilts à offrir aux enfants ukrainiens.


Claudia Pfeil croule, comme prévu, sous les blocs. Plus de 300 arrivés déjà jeudi dernier, et le rythme va s’accélérer. Maria Nelga, la présidente de la guilde de patchwork ukrainienne, a préparé un texte qui sera apposé sous forme d’étiquette sur chaque quilt offert par Claudia à des enfants ukrainiens, en voici une traduction :
Cher enfant, ce n’est pas une couverture ordinaire que tu tiens dans tes mains à présent. C’est un quilt, cousu à partir de pièces de tissus, avec la technique du patchwork. Quand la guerre a éclaté, Claudia a annoncé qu’elle coudrait des quilts pour les enfants ukrainiens, et des enveloppes, pleines de fragments de tissus, de broderies, de jolis détails, lui ont été envoyés du monde entier. Ces couvertures sont pleines de tout l’amour du monde pour chacun d’entre vous. Elles sont remplies de soutien, de soin et d’espoir tout spécialement pour toi et les autres enfants.
Chaque quilt réchauffe ton corps et ton âme pour que tu ressentes le soutien du monde entier contenu dans chaque pièce de ces tissus.
Dans la ville de Claudia en Allemagne, déjà des réfugiés affluent. Les quilts seront peut-être des cadeaux de bienvenue à ces enfants qui ont tant subi. Ils ne seront jamais trop réconfortés.
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Entre ces lectures, l’angoisse de deux ans de pandémie et la guerre en Ukraine, nous sommes nombreux à perdre le moral. Nous sommes peut-être trop ou trop mal informés – oh paradoxe – pour tenir le coup. Je vous en conjure, tenez bon, agissez sur plusieurs fronts si vous pouvez. Le peuple ukrainien nous montre leur bravoure. Restons forts pour nous, pour eux. Rêvons d’un monde enfin harmonieux et fraternel, en boussole interne.
Si je peux me le permettre aussi, discutez avec les jeunes autour de vous, redonnez-leur espoir, participez avec eux à des actions – en agissant, on aide les autres tout autant que nous-mêmes – pour qu’ils ne sombrent pas dans le noir absolu. La pandémie a été d’une violence destructrice sans nom pour les jeunes. Samedi matin, le désespoir absolu a encore frappé autour de moi.
Comment se soucier encore du Monde quand on apprend en quelques semaines le suicide de plusieurs jeunes autour de soi ? Le désespoir absolu de ces enfants nous plonge dans des abîmes de tristesse, d’incompréhension, d’abattement. A l’incommensurable tristesse s’ajoute la culpabilité de ne pas avoir vu venir la menace du geste définitif. Et pourtant la famille, les proches doivent survivre malgré tout. Les parents n’ont même pas un mot dédié, tellement perdre son enfant, quelle qu’en soit la cause, n’est pas dans « l’ordre des choses ». C’est la souffrance ultime.
A mes amies et leurs familles qui vivent cette épreuve inhumaine.

































































































































































