L’homme le plus rapide du monde est Usain Bolt, ce Jamaïcain sympathique qui ne rate jamais une occasion pour faire le pitre et a inventé « sa » signature pour le Monde, « to di (the) World » :
Outre une préparation sans faille (ni dopage), c’est sa foulée extraordinaire qui le fait gagner devant tous les autres :
Juste au moment de sa dernière course en 2017 est apparu dans le monde de l’art un hommage à Usain :
The Sprinter, Birgit Schüller
Il est des quilts qui marquent leur époque. Pour moi Le Sprinter en est un. Il est minimaliste dans le sens où le sujet est sur un « espace négatif » (= fond) large, on a une économie de couleurs, une silhouette stylisée et, détail génial, une ombre grise surlignant la forme… Mais l’extraordinaire se trouve dans la grande surface blanche richement quiltée à la machine, à découvrir !
Je ne suis pas la seule à l’admirer, ce quilt rafle tous les prix ! Le dernier en date est celui du meilleur quilts hors USA du vénérable Quilt Festival du Vermont.
C’est le plus ancien grand festival de quilts (42 ans aujourd’hui), son adorable logo, très vintage, n’empêche pas d’avoir suivi l’évolution du monde des quilts ! Ici l’annonce du Meilleur Quilt innovant hors USA. Sur l’écran, on voit The Sprinter de Birgit Shüller (photo K. Einmo). C’était le 22 juin 2018.
Que de passionnantes conversations avec Betty pendant une semaine !
Beautiful Betty à Montricoux (82)
Un jour nous avons parlé de la formation de Betty qui, après le bac, a été tournée vers des études majoritairement artistiques. Elle fut une des très rares jeunes filles de couleur à avoir été formées au Bennett College de Millbrook qui dispensait un enseignement pour les « jeunes filles de bonne famille » autour de la littérature, les sports, les langues étrangères et tout un éventail de disciplines artistiques : danse, dessin, stylisme, musique, etc. Environ 200 jeunes personnes vivaient ensemble dans ce grand établissement, ainsi que le personnel enseignant. Pour info, cela faisait juste 2 ans que les jeunes filles noires pouvaient s’y inscrire et elles étaient 3 en 1969.
Publicité pour cette école privée très chic !
Elle y entra en 1969 et passa deux années très intéressantes. Le stylisme de mode était sa matière favorite. Hélas, en sortant de ces études, Betty se rendit compte qu’en 1971, il n’y avait pas de place pour une styliste noire à New-York City. Elle fit alors d’autres études qui la menèrent finalement à un Master d’éducation pour enfants handicapés, des années d’enseignement puis un poste de Proviseur. Et c’est quelques années avant la retraite qu’elle apprit l’art du pine cone quilt, revenant à son amour des couleurs et des formes !
Bennett Junior College à Millbrook, installé depuis 1907 dans cette demeure bâtie en 1890.Grande bâtisse faite de moellons et de shingle en cèdre dans le style Queen Anne, Halcyon Hall, ancien hôtel de luxe avec ses 200 pièces, est imposant. Pendant des décennies, on y pratiqua le golf, l’équitation, le tennis, l’escrime, etc. Un esprit sain dans un corps sain !Cours d’escrime au début du XXe siècleLe studio d’art, au début du XXe siècle
Betty a de drôles de souvenirs de ces deux années à Bennett College, comme celui d’un festival de musique dans le comté voisin où elle passa la journée du 15 août 1969 ; elle et ses copines ne se rendaient pas compte qu’elles étaient à un endroit qui deviendrait absolument mythique : le festival de Woodstock !!
Betty ne s’est jamais reconnue sur une de ces légendaires photos… On le comprend, trop de monde !! Le temps exécrable (voyez le sol boueux) n’a pas empêché 500 000 jeunes (au lieu des 50 000 prévus) de vivre intensément « ces jours de paix et de musique », slogan des organisateurs. Le Gouverneur de l’Etat de New-York prononça l’état de zone sinistrée dès le 2e jour de concert, tant les dégâts étaient importants. Ce n’était d’ailleurs pas à Woodstock, mais sur le terrain d’un fermier de Bethel à 75 km de Woodstock… C’est drôle comme l’Histoire charrie des inexactitudes à la pelle !
Qu’est devenu le Bennett College de l’Etat de New-York ? C’est là que la nostalgie s’installe… En 1978, en raison de trop de travaux pour rétablir un chauffage décent et autres rénovations urgentes tous azimuts, des comptes dans le rouge et un manque de modernisation de l’enseignement (non-mixité, programmes vieillots…), l’établissement ferma définitivement ses portes en 1978. Des projets avortés de vente, une explosion du système d’eau un jour de grande chaleur et voilà ce bâtiment abandonné à la vigueur de la nature et aux dégradations de quelques visiteurs peu respectueux.
Studio d’art à l’abandon (photo Sébastien Barré)Photo Sébastien Barré/FlickrPhoto Sébastien Barré/FlickrPhoto Andy MilfordPhoto Andy Milford
L’ensemble de l’établissement s’étalait sur près de 9 hectares, mais c’est toujours le Halcyon Hall qui retient surtout l’attention.
Sur certains blogs on met en avant des phénomènes paranormaux comme les fantômes de jeunes femmes qui s’y suicidèrent… des explorateurs de lieux abandonnés s’y donnent rendez-vous… Les photographes se succèdent, avec ou sans autorisation… Ce College fascine encore plus à l’état de ruine ! La dégradation est arrivée à un point de non-retour. Plusieurs fois, on projeta de raser le bâtiment, mais il reste encore debout. Pour combien de temps ?
Et pour des centaines de femmes comme Betty qui passèrent quelques années dans ce College, cette vidéo fait battre le cœur plus fort.
Plusieurs personnes, trois en fait, m’ont demandé comment Betty vivait sa condition de femme noire aux Etats-Unis. C’était une curiosité saine, pour combler une connaissance superficielle du sujet. En raison de mon amitié si sincère pour Betty d’une part et ayant étudié des sujets cousins (à l’université d’Abidjan : Littérature de l’Afrique de l’Ouest et Histoire de l’esclavage vers l’Amérique) je me permets de répondre.
Betty est plus diplômée que la plupart d’entre nous, elle fait partie des personnes qui, par leur intelligence, l’éducation dispensée par leurs parents et leurs immenses qualités propres, ont fait leur vie dans la classe moyenne aisée. Surtout, loin de nier ses origines, Betty a appris à connaître en profondeur ses racines, elle est allée en Afrique de l’Ouest (Sénégal et Nigeria), elle a étudié les Arts Africains et Afro-américains, elle a constitué une collection que lui envieraient de nombreux musées. Elle sait donc la valeur de son héritage et n’a aucun complexe vis-à-vis de personnes bêtement racistes. Dans l’amitié et dans l’amour, les esprits se rencontrent et communiquent quelle que soit la couleur de la peau… Tout n’a pas été facile dans sa vie de femme noire, loin de là, mais elle a toujours eu la force de positiver. Dans sa famille aussi, de génération en génération les femmes ont été fortes, solaires, elles ont entretenu des connaissances spirituelles qui leur donnent un état d’esprit combatif !
Voir aussi cet article : quelques jours après sa parution, Betty m’écrivait pour la première fois grâce à LeeAnn Decker !
Betty a aussi des talents de guérisseuse, connaissances et sensibilité héritées de sa grand-mère maternelle de Caroline du Sud et ses ancêtres plus lointaines. Ce quilt, fait avec amour pendant que son mari subissait une opération à cœur ouvert, accéléra selon elle la convalescence de Smitty, tel un Soleil aux rayons bienfaisants. N’est-ce pas follement touchant ?
Après cet article très personnel, nous reviendrons aux vacances de Betty et Smitty en France avec de belles rencontres : plus d’une centaine de quilteuses occitanes !
Toutes les quilteuses françaises de longue date ont entendu parler du Rouvray, y ont commandé des tissus et du matériel, ont visité le magasin à Paris, que ce soit à l’une ou l’autre adresse. Maintenant, ce premier magasin français dédié au patchwork fait partie du passé. Diane de Obaldia, originaire du Michigan, fonda ce magasin dans les années 70, après avoir travaillé dans la haute-couture française et rencontré notamment Coco Chanel — quel privilège ! Diane a quitté ce monde en 2012, le magasin est fermé, mais les personnes qui ont visité ce magasin se souviendront toujours de l’excitation d’entrer dans le monde fabuleux des tissus de patchwork !
Les noms des « filles du Rouvray » vous disent sûrement quelque chose, je vous en parle dès que l’actualité s’y prête : Will Vidinic, Cosabeth Parriaud, Marie-Christine Flocard, Joëlle de Baillencourt, Christine Meynier, Inès Travers et sans doute bien d’autres personnes… Will vient d’animer une Journée Régionale de l’Amitié France Patchwork à Périgueux qui restera longtemps dans les cœurs des chanceuses présentes, Cosabeth vient d’exposer de nombreux quilts pleins de gaieté à Paris, mais ce sont deux autres de ces copines que j’ai eu la chance de rencontrer jeudi.
Jeudi dernier, avec mes invités Betty & Smitty, nous avons été très chaleureusement accueillis par Christine Meynier qui avait, pour l’occasion, invité également Joëlle de Baillencourt. Nous nous connaissions mutuellement de nom, de réputation, mais n’avions encore jamais pris le temps de nous rencontrer. Impossible de raconter la magie de l’instant et du lieu, mais je vais tout de même partager avec vous quelques instantanés, pour le plaisir !
Ce fut un Show & Tell (montre & raconte) fabuleux, les quilts de Joëlle et Christine sont joyeux, intemporels, artistiques de toute évidence ! Un après-midi de rêve comme j’en connais avec les quilteuses gaies et généreuses comme elles. Nous avons eu la chance de voir plusieurs quilts de ce livre « en vrai », et comme toujours c’est tellement plus beau encore !
ooo
Avant d’aller chez Christine, le matin nous avons visité plusieurs villages et en particulier Penne, on s’y sent si bien que Betty serait prête à s’y installer 😉
Penne est plein de surprises, de poésie et de gens charmants !
Nous avons très bien mangé à La Terrasse, avec une vue extraordinaire. Faites-vous le plaisir d’y aller un jour !
En route vers le monde fabuleux des quilts de deux filles du Rouvray !
Avec Christine nous avons d’abord fait un tour dans l’église en cours de réfection par Nathalie et son équipe. Un travail minutieux et magnifique. Cette église se trouve juste devant chez Christine qui habite dans l’ancien presbytère.
Je suis bien entourée par Nathalie, Betty et Smitty.
Entrons dans le Presbytère !
Nous avons commencé par les quilts de Joëlle. Installons-nous et admirons les ouvrages que déplie Christine avec jubilation !
Betty et Joëlle, êtes-vous prêtes ? Alors on commence !Née au Sénégal, Joëlle a toujours eu de l’affection pour les tissus africains… et elle aime le bleu !On regarde aussi avec les mains…Certains imprimés évoquent les signes du zodiaque : nous avons cherché les nôtres !
Plusieurs quilts évoquent les quilts gallois, mais Joëlle les a faits avant qu’elle n’en ait eu vent ! Toujours, les idées sont dans l’air et on les capte de manière mystérieuse… en voici deux, et j’y vois aussi la complicité avec Will Vidinic :
Ce jaune éclatant a bien fait parler dans les années 90 !! C’est Joëlle qui a dessiné la gamme de tissus signé Le Rouvray et la couleur jaune d’or, si chatoyante, ne faisait pas l’unanimité. Vous croyez avoir déjà vu ces quilts quelque part ? Oui, la plupart ont été exposés dans le magasin du Rouvray, photographiés et publiés dans Les Nouvelles, dans Quiltmania… J’étais vraiment sur un petit nuage d’approcher ces merveilles !
Malgré de graves soucis de santé fort handicapants, Joëlle continue de créer. Ce top est une ode à Frida Kahlo, une autre artiste qui créa dans la douleur… Attention, chef d’oeuvre en cours ! Quand il sera fini, foi de Katell, nous l’exposerons en Occitanie !
Liberté de l’artiste : inclure de désuètes tapisseries au petit point et des broderies dans un quilt splendide et parfait ainsi !
Ensuite des quilts de Christine, d’abord dans les trois chambres d’hôtes :
Oui c’est ici ! (C’est iciest le nom de cette maison Chambres d’Hôtes…)Chambre L’Oiseau RieurChambre Voyage
Chambre Biche au fond des bois
Cet établissement de chambres d’hôtes se trouve tout au nord du département du Tarn, dans le plus beau coin de la vallée de l’Aveyron. Surtout n’hésitez pas à y passer quelques jours, c’est un lieu magique, avec tant de choses à découvrir… et une vue incroyable sur le village médiéval de Penne, surplombé par ce château qui est peut-être mon préféré. En cours de restauration par un architecte toulousain, pour qui c’est le grand-oeuvre de sa vie !
Le château de Penne défie les lois de la gravité.
Puis d’autres quilts de Christine nous attendent, nous poussons à chaque fois des Oh !! et des Ah !!! :
Celui-ci est en cours de quilting, vous n’en verrez pas plus pour le moment !
Et, nouvelle activité pour Christine, artiste touche-à-tout, le crochet :
C’est un modèle de Jane Crowfoot. L’assemblage à la laine blanche donne un peps incroyable à la couverture.
Puis c’est au tour de Betty de faire son show & tell avec son Pine Cone quilt qu’elle m’a offert :
Ces jours-ci, le numéro 132 des Nouvelles ne me quitte pas !
Je ne peux pas tout montrer, mais assurément ces filles sont fantastiques !
La connivence entre Betty et Christine faisait plaisir à voir :
Vous ne m’en voudrez sûrement pas de ce post un peu long, je voulais partager avec vous l’esprit de cette journée ! Mille mercis à Christine pour ce fabuleux accueil, comme si nous nous connaissions depuis 20 ans !
Il est certain que je continuerai de rencontrer les filles du Rouvray… Je les aime !
Photos de Betty, Smitty, Christine et moi.
A très bientôt, Katell
Avant de vous raconter les belles journées de rencontres des quilteuses occitanes avec la belle Betty de Floride, je souhaite vous préciser qu’il reste 4 places pour la deuxième semaine de stage animé par Rayna Gillman fin août 2018. Tout renseignement complémentairedans cet articleet sur ce site : http://www.closdelandevallee.com
Anne, l’hôtesse du stage, m’a également adressé son premier quilt moderne improvisé terminé, qu’il est beau ! Complètement glazik…
C’était mercredi après-midi, la rencontre entre deux amies réunies par la passion du patchwork… Betty et son mari Smitty sont venus découvrir la France à partir de la région toulousaine, c’est une excellente idée, non ?… Vous suivrez ici nos belles rencontres liées au patchwork ces prochains jours !
Le dernier week-end de juin est devenu synonyme de festivités à Lacaze (dans le Tarn), je vous ai déjà longuement parlé de cet événement créé par Cécile Milhau par ici. Voici l’agenda pour cette année :
L’exposition des Charm Quilts dans l’ancien Temple est une exposition France Patchwork des départements 31 et 81. Elle a lieu du 23 au 25 juin. Voir l’article de Patch31.
Défilé de Mode
Nombreuses sont les personnes qui m’ont demandé à quelle heure aurait lieu le défilé de mode de Joëlle Vétillard, ce sera à 16 heures dimanche 24 juin. A ce propos, Joëlle recherche d’urgence pour le défilé de mode des personnes pouvant se rendre disponibles. Voici son message :
Essayage le samedi 23 et le dimanche matin au château
mannequins femmes (entre 13 et 75 ans…) taille 34-46, 3 hommes de moins de 25 ans, 2 petites filles
Un agréable moment d’échange multi-générationnel dans une ambiance conviviale mais néanmoins « professionnelle ».
A chaque trimestre c’est une jolie tranche de bonheur qui arrive dans notre boîte aux lettres, un soleilqui se joue de la météo : le magazine des Nouvelles pour les adhérents de France Patchwork !
Il est ce mois-ci aux couleurs d’un quilt de Patricia Belyea, Gilded Garden (Jardin Doré). Vous connaîtrez mieux cette artiste en lisant l’interview qu’elle m’a accordée (pages 54-55). Vous pourrez également vous essayer à une de ses méthodes expliquées dans son livre, car j’ai eu l’aimable autorisation d’une responsable de la maison d’édition (Abrams Books) et le soutien de Monique Lopez-Velasco notre rédactrice en chef pour adapter Good Fortune en français pour vous (pages 88-91).
Thank you so much for your patience Patricia! It has been such a pleasure to prepare these pages with you and Traci!
ooo
Dans notre revue vous trouverez vos rendez-vous habituels avec un focus sur les anneaux de mariage. Il y a tant à dire que Christiane Billard, Cécile Denis et moi-même avons toutes traité ce thème sur la proposition de Monique, chacune à notre manière.
Avec Christiane, je révise sans cesse mes certitudes, son savoir est immense et sa plume sait nous intéresser aux détails les plus pointus de la riche histoire des quilts. Ici, Christiane attire notre attention sur la versatilité du bloc, ses effets multiples et, ce qui nous touche forcément, le soin apporté par des générations de quilteuses pour réussir, même dans l’adversité de la crise économique des années 1930, ces merveilles d’élégance et de précision.
Quilt Erika Ray
Cécile et son savoir-faire nous aident à déjouer les embûches de ce bloc spectaculaire et délicat dans Les Blocs de Garance. Elle connaît très bien le sujet puisqu’elle a fait un quilt d’anneaux de mariage il y a quelques années pour célébrer les 20 ans de son union.
Avant que Cécile n’écriveson propre blog et participe à la rédaction des Nouvelles, elle m’avait confié la photo de son superbe quilt en anneaux de mariage,à retrouver ici.
Pour ma part, je rappelle dans Modern Quilt ce qui n’est plus à démontrer, que les quilteuses contemporaines s’inspirent directement de la tradition. Un merci particulier à Victoria Findlay Wolfe, Keiko Goke, Tara Faughnan et Rachael Daisy pour leurs photos de quilts, leur générosité et leur compréhension quand il me faut les photos « pour hier »…
Clin d’œil surprise page 19 avec le quilt que mes amis adhérents de Haute-Garonne et des départements avoisinants ont fait dans le plus grand secret en automne dernier !
Ce quilt très cher à mon cœur m’a été offert le 17 novembre dernier, lors de la dernière JA que j’organisais avec ma délégation FP31.
De nombreuses autres surprises vous attendent dans la revue ! A chaque fois je dis que c’est la plus belle…
Ce numéro 137 est très spécial, vous le remarquerez, car c’est le dernier de Monique qui a tenu le rôle exigeant de rédactrice en chef pendant 10 ans. Ce n’est que lorsqu’on participe à la rédaction qu’on a une petite idée du travail phénoménal qu’elle a accompli avec son binôme Nicole Dewitz et toutes les autres bénévoles. Le petit rôle que j’y ai tenu m’a comblée : appartenir à ce groupe sous l’égide de Monique ne fut que du plaisir !
Lors de l’AG de l’association qui s’est tenue vendredi dernier à Angers, Monique a reçu un superbe top imprimé de photos emblématiques et les couvertures de tous ses numéros ! Ce très beau cadeau concocté par notre Présidente Catherine Bonte lui rappellera bien des souvenirs… De gauche à droite : Sylvie, Danielle, Catherine, Monique, Dominique et Edith, qui consacrent bénévolement une énergie folle pour France Patchwork !
Une nouvelle équipe nous régalera de ses reportages, modèles et surprises en septembre. C’est Sylvie Bedu, ancienne déléguée départementale et artiste très talentueuse, qui va mener la danse. Sylvie, je te souhaite beaucoup de satisfactions pour la naissance de chaque nouveau bébé, et ce pour notre plus grand plaisir !
Hier j’ai arpenté les rayonnages d’une librairie toulousaine, Ombres Blanches. Quelle ne fut pas ma surprise de voir l’envahissement des livres sur la sylvothérapie ! A-t-on besoin de tant de mots, d’encre et de papier pour savoir que se promener en forêt fait un bien fou ? J’ai la grande chance d’habiter à l’orée d’une forêt et c’est une évidence qu’après une balade, sportive ou contemplative, quelle que soit la saison, je rentre heureuse et en paix avec le monde et moi-même.
J’ai une autre sylvothérapie, c’est passer du temps avec mon amie Sylvie, ma Vive qui me donne toujours le sourire, mais c’est une autre histoire…
Bien sûr je me suis précipitée l’année dernière sur le livre-événement d’un garde-forestier allemand qui a détaillé les connections extraordinaires entre les arbres (La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben). J’ai feuilleté récemment celui d’un Japonais qui, sûrement à juste titre, revendique l’art et la science des bains de forêt dans la tradition japonaise, j’ai jeté hier un œil sur tant de livres qui parlent de l’énergie que nous procurent les arbres… Oui, d’accord, mais cela m’est tellement évident que je n’ai acheté aucun de ces ouvrages.
Mais aujourd’hui, c’est différent…
Je fais pleinement confiance à ce monsieur pour me guider à la découverte d’histoires d’arbres et de forêts extraordinaires. Ses expériences professionnelles multiples lui donnent l’expertise pour associer art, science, culture et environnement. J’espère trouver en lui l’émerveillement de la nature tel que je l’ai découvert avec les livres de Jean-Marie Pelt il y a plus de trente ans.
Son livre est richement illustré par Lucille Clerc :
Alors j’ai commandé ce livre, paru hier en Grande-Bretagne (et aux USA, mais aussi en Allemagne… pas encore en France malheureusement).
Illustration Lucille Clerc
Pourquoi tant de confiance en ce monsieur ? Eh bien, ça fait un peu midinette (beaucoup ? bon d’accord), mais Jonathan Drori est le mari de ma romancière préférée, Tracy Chevalier ! Alors je fonce, pleine de confiance !
La page FB de Jon Drori est pleine de photos fabuleuses et d’extraits du livre qui excitent ma curiosité ! Ici la forêt de Sibérie, qui me rappelle mon livre préféré de Sylvain (prénom prédestiné) Tesson, Dans les forêts de Sibérie.
Je vous en donnerai des nouvelles… En attendant, je vous remontre ces quelques quilts sur ce thème, en gardant la certitude qu’on ne perd jamais son temps en faisant du patchwork ou en se promenant en forêt !
Un jour j’ai écrit sur la broderie doodle et je me suis alors rendu compte de la vigueur des brodeuses connectées dans notre pays :cet articlefait partie des plus populaires de ce blog ! Je crois que le blog demon amie Geney est pour quelque chose… J’ai rendu visite récemmentà leur club de Pexiora, c’était formidable !
A la fin de l’article, je vous promettais une broderie doodle inspirée de Dijanne Cevaal et Els Gauchotte. Ce fut une aventure collective proposée par l’ancienne délégation FP31 (France Patchwork Haute-Garonne) dans le cadre d’une exposition itinérante appelée Fibre Occitane.
Ce quilt en broderie doodle est très cher à mon cœur, presque 100 personnes y ont participé (100 blocs, mais quelques adhérents en firent plusieurs), le thème était simplement l’évocation d’une fleur, même imaginaire :
Le top est fait de blocs en blue jean recyclé, d’un bout de soie blanche (récupération de restes de robes de mariées, tissus offerts par notre amie Annick Subra de Salafa) et d’un assortiment de fils moulinés couleurs brique et pastel (les couleurs de Fibre Occitane). J’ai fait l’assemblage en « doodle patchwork », sans gabarit ni mesure exacte, juste pour voir comment cela rendrait… Personne n’a critiqué le manque de régularité des bandes d’assemblage, du moins ouvertement !
Après la doodle-broderie et le doodle-patchwork, reste à évoquer le doodle-quilting. Comme pour la broderie et le patchwork, on abandonne les modèles, on se donne de la liberté. Il y a environ 12 ans, j’avais fait mon premier matelassage à main levée, c’est-à-dire que j’inventais mon dessin de quilting point après point. Le top était on ne peut plus simple, des carrés de très beaux tissus achetés chez Quilt & Patch (Toulouse) :
C’est une nappe qu’on utilise en pique-nique ! Voici un détail du quilting vu de dos :
De tout petits points en fil de quilting YLI traditionnel avec un dessin inventé au fur et à mesure.
Aujourd’hui, je suis en train de doodle-quilter en écho, à la manière deSherri Lynn Wood, un quilt très luxuriant, chargé d’imprimés et de courbes irrégulières. Si j’étais anglophone, je l’aurais appelé Organic, mot-clé qu’on utilise pour nos notions organique, biologique, écologique… Alors je l’appelle simplement Vivant & Naturel, bizarre pour un quilt, mais j’y revendique dans mes courbes le droit à la différence, le non-calibrage, et dans mes points de quilting la joie de voir grandir le dessin de manière unique, au fil de mon bon-vouloir. Ce quilt ne sera pas du goût de chacun, mais il sera unique pour rappeler l’absolue nécessité de protéger la biodiversité, le vivant et le naturel.
Quelle est la technique du doodle quilting ? Simple, je vous assure !
Comme pour le quilting traditionnel à la main, on peut utiliser un cercle ou bien un poids (comme de nombreuses quilteuses japonaises). En revanche, maintenant j’utilise un fil plus épais et ma préférence va vers le coton perlé n° 8 avec une aiguille à broder pointue n° 7. Le dessin peut suivre librement les coutures ou faire un tout autre motif, c’est votre choix ! Le geste est le même qu’avec de fines aiguilles between, mais les points sont plus longs. Ce quilting est apparenté aux traditions multiples qui utilisent le simple point avant, longuement évoqué ici. J’avoue avoir du mal à garder mes points aussi longs que j’aimerais, comme du sashiko. C’est pourtant plus adapté au style de ce matelassage. C’est peut-être mon 10e quilt quilté au coton perlé mais certainement pas le dernier !
Dos du quilt en cours pour lequel je suis partie d’un petit oiseau imprimé que j’ai entouré d’un cercle, ce qu’on aperçoit sur la photo précédente, puis je continue en écho avec beaucoup de liberté.
Quant au plaisir de quilter à la main, il reste intact mais plus rapide ! Avez-vous envie d’essayer vous aussi le doodle quilting, ou matelassage vivant et naturel ?
Souvent un article suscite des précisions de votre part… Hier,à la suite de celui-ci, Monique Lebrun m’a très gentiment écrit pour m’adresser la photo d’un pine cone quilt miniature exposé au Quilt Festival de Wilwerwiltz (Grand Duché du Luxembourg).
Tous les deux ans au moment du pont de l’Ascension a lieu ce Festival qui mérite le détour ! Cette année, une pléiade d’artistes internationaux, voir la liste ici.
Comme pour quelques autres festivals les expos sont disséminées dans divers lieux, ce qui permet une belle balade. Cette année l’Association des quilteuses russes exposait dans l’église de Pintsch, en voici une vidéo.
Mosaïque de quelques quilts russes exposés la semaine dernière au Luxembourg.
Voyez-vous ces magnifiques quilts ? Certains sont presque traditionnels, d’autres montrent bien l’âme russe, c’est le thème de l’expo. Et le plus petit quilt de l’église n’est pas le moins intéressant, Monique m’a envoyé cette photo :
Époustouflant pine cone quilt, car je ne sais pas comment l’appeler autrement ! J’en avais déjà vu un, aussi de Russie, en 2012 à Ste-Marie-aux-Mines, je ne peux dire si c’est la même artiste ou s’il y a un courant traditionnel ou artistique récent. Ce qui est certain, c’est que ces carrés pliés en triangles qui utilisent ainsi de multiples chutes de tissus est un geste qui s’est fait un peu partout dans le monde… Le patchwork nous unit dans la recherche de la beauté et de l’harmonie. Si vous lisez l’anglais, approchez-vous, agrandissez si nécessaire la photo qui suit, j’aime beaucoup le texte de Rimma Bybina, Présidente de l’association des quilteuses russes :
C’est une autre photo offerte par Monique que je remercie !