Soutenir les Ukrainiens

L’émoi est à son comble dans le monde occidental avec les menaces, puis les attaques de l’armée russe en Ukraine. Lors de mon dernier article, j’ai eu le commentaire d’une Ukrainienne pro-russe et je respecte son point de vue, mais ce qui arrive est évidemment inadmissible, cela dépasse largement l’horizon d’une région limitrophe à la Russie où les avis seraient partagés.

Concrètement, j’ai partagé sur Facebook des initiatives de quilteuses, comblant le besoin de « faire quelque chose » de ses dix doigts pour manifester son soutien. Il s’ensuit quelques confusions entre les projets.

La Présidente de la Guilde Ukrainienne de Patchwork – l’équivalent de France Patchwork – a signalé sur Facebook que tous les messages de soutien aux quilteuses seront les bienvenus. Elles restent très connectées, elles ont le temps de lire les messages qui sont traduits automatiquement. Elle s’appelle Maria Nelga.

C’est le quilt choisi par Maria Nelga pour représenter sa requête, un champ de blé, culture principale de ce pays. Quilt de Yanchukovskaya Nina, Kyiv

Sur Instagram et sur son blog, Berene Campbell @happysewlucky, une quilteuse de Vancouver, très suivie pour ses modèles en couture sur papier, a créé un bloc gratuit avec le drapeau ukrainien et les 3 lettres cyrilliques signifiant le mot PAIX. Par égard pour la créatrice, je vous donne le lien et pas le PDF directement, c’est à télécharger gratuitement à la fin de cet article : Peace for Ukraine .

Vous pouvez montrer le vôtre sur les réseaux sociaux avec les tags #happysewlucky et #peaceforukraineblock, le montrer sur un sac de courses, l’inclure dans un quilt etc.

Il n’y a pas de collecte pour réunir ces blocs.

Vous avez peut-être vu un tournesol en couture sur papier, autre initiative. Il s’agit de la célèbre quilteuse australienne Kristy Lea @quietplay, qui a proposé un modèle de tournesol en PDF pour 4.50 dollars australiens, en vue de les reverser à l’UNICEF-Appel d’urgence pour l’Ukraine. Ses vœux les plus optimistes ont largement été dépassés puisqu’elle a reversé 11 200 dollars australiens (+ de 7 000 €) à l’UNICEF dimanche ! Tant d’argent sur son compte en deux jours était inattendu, merveilleux mais aussi c’était une responsabilité stressante. L’action est donc terminée et le modèle reste à notre disposition – gratuitement désormais. Même chose : voici le lien vers le site de la créatrice.

Ici aussi, ce bloc est recommandé pour faire des choses en l’honneur des Ukrainiens, au mieux des quilts. Mais il n’y a aucune collecte ou organisation.

La première personne qui se lance, à ma connaissance, dans la collecte de blocs à monter en quilts pour l’Ukraine est Claudia Pfeil, une artiste allemande multi-primée. Elle va dépenser toute son énergie pour trouver la meilleure façon, le moment venu, de distribuer les quilts (sa première idée est de les offrir aux enfants). Elle se propose de recevoir nos blocs du monde entier. Ici je peux vous donner toutes les précisions. Voici les consignes :

  • bloc de 8 1/2 inch, coutures comprises
  • utiliser les couleurs du drapeau ukrainien (bleu et jaune)
  • toutes techniques acceptées
  • adresser son ou ses blocs à :
    Claudia Pfeil – Quilt-Studio and Galerie Alte Brotfabrik
    Ritterstrasse 183
    47805 Krefeld/Germany
Ce drapeau, créé en 1991, symbolise le ciel et le champ de blé.

Thank you, let´s go Blue/Yellow! dit Claudia.

Voilà ce que je peux vous dire, après avoir reçu plusieurs messages me demandant que faire. Promis, je continuerai de faire suivre les projets sérieux, tous ceux qui souhaitent témoigner leur solidarité par le tissu et le fil auront sans doute maintes occasions. Nous savons que ce n’est que le début de la crise et que les drames humains vont être innombrables. Un bloc, un quilt est notre réponse.

Souhaitons une fin rapide à cette guerre.
Rien ne la justifie… et c’est trop barbare.
Je croyais que nous étions à l’abri, nous Européens…
Quelle cruelle déception.
Katell

Quel bouleau !

Oublions un instant le drame causé par Putin – allez savoir pourquoi, je préfère l’écrire à l’anglaise… Le printemps arrive, c’est le moment de reprendre des forces vitales !

💚🌳💚

Le chêne, autre Roi des Forêts (on connaît Mon beau Sapin, Roi des Forêts…) est très présent tout autour de moi, dans mon jardin comme dans la forêt de Bouconne (31) que je fréquente souvent.

Cela me désole de voir, en pleine forêt, ces coupes claires sur bien 2 hectares… Seul un majestueux chêne a été épargné (photo du 23.02.22)
C’est le complément visuel du livre Être un chêne, preuve que beaucoup de personnes se soucient de mieux connaître les connexions dans la nature. C’est aussi un moyen fort de démontrer l’importance d’un arbre.

Au moment où le chêne a la vedette au cinéma, et j’en suis absolument ravie, je me tourne aujourd’hui vers un arbre plus gracile, le bouleau.

C’est pour certains l’arbre de la sagesse, un arbre sacré, un arbre dédié aux jeunes filles et au printemps. Et aussi, il est si beau ! Les Amérindiens faisaient grand usage de leur écorce, notamment en doublure de semelle des mocassins, pour rester les pieds au sec. En outre, ils imperméabilisaient leurs canoés avec cette écorce, sur une structure souvent en cèdre. D’autre part, bourgeons, feuilles, écorce et sève sont de précieux médicaments naturels, connus depuis des millénaires sans doute. La merveilleuse Hildegarde de Bingen déjà, au XIIe siècle, recommandait la sève de bouleau pour soigner les ulcères.

Au bord du lac au printemps, Gustav Klimt, 1901

Le bouleau est un arbre qui craint trop de chaleur et de sécheresse, c’est pourquoi je n’ai jamais osé en mettre un dans mon jardin.

Bouleaux, Carl Larsson – 1910. En Suède, les bouleaux sont beaux !
Petit déjeuner en plein air, Carl Larsson, 1919

Je vous en parle pour une bonne raison : pour la première fois, je fais une cure de sève de bouleau, ce liquide vital qui jaillit dans tous les arbres à chaque printemps. En prélever ne fait pas de mal à l’arbre, quand on le fait avec soin et qu’on bouche l’orifice à la fin avec une cheville en bois. Et à nous ?

J’ai découvert que, non loin de chez moi (80 km), une famille s’est fait la spécialité de fournir de la sève de bouleau. Cela se passe en Ariège, dans le Couserans, pays aux collines et rivières accueillantes.

Un charmant village du Couserans, Tourtouse, avec un rare donjon heptagonal (7 côtés), un théâtre de plein air, un bon restaurant traditionnel et des villageois adorables là aussi !

Boire de la sève au printemps est une cure bienfaisante d’après tous ceux qui l’ont faite, on parle de détox, de booster, d’anti-stress… C’est une eau reminéralisante : la sève contient du magnésium, du lithium, du silicium, du potassium, du calcium, du sélénium, du phosphore et même de la vitamine C. Jean-Louis Savignol* m’a expliqué que les effets sont variables car chacun est unique, la sève s’adapte aux besoins de chacun. Ce n’est pas magique et ne compensera pas une malbouffe, mais c’est un sacré coup de pouce offert par la nature ! La seule contre-indication est l’allergie déclarée à l’aspirine, car le bouleau contient de l’acide salicylique, le principe actif de ce médicament.

*Quatre générations dans la ferme, de l’arrière-grand-mère à la jeune Jade, en passant par Christine et Amandine. L’indispensable Jean-Louis Savignol prend sans doute la photo !

Voilà des gens qui se sont créé leur vie telle qu’ils la rêvaient ! Cela peut faire rêver bien d’autres, mais c’est une réussite au prix d’un travail acharné, de bonnes décisions mûrement réfléchies, des échecs surmontés, et de l’obstination de ne pas abandonner aux premiers obstacles.

Il n’y a qu’une chose qui puisse rendre un rêve impossible, c’est la peur d’échouer.
Paulo Coelho

Des Mérengais dans leur champ, avec un bois de bouleaux en arrière-plan, à Lasserre (09) le jour de notre visite (le 22.02.2022). Ils sont très proches des chevaux dessinés dans les grottes préhistoriques ariégeoises, à Niaux, il y a 13 000 ans. Depuis la nuit des temps, ces chevaux ont aidé les paysans et les mineurs, sont de formidables compagnons de voyage… Napoléon les réquisitionna pour sa Campagne de Russie, pour leur résistance au froid, leur force, leur frugalité...
Ils ne volent pas leur surnom de Prince Noir Ariégeois.
Moustic, pendant la transhumance de juin 2021, une splendide photo de Sylvie Lapouzarie (Facebook)

La famille Savignol élève des chevaux de Mérens, cette très ancienne race locale, dans le plus grand respect de l’animal. Elle tient aussi un Gîte de France et 3 chambres d’hôtes. Et au frémissement du printemps, à partir de fin février (ou début mars, selon les années), ils récoltent de la sève dans leurs bois de bouleaux à 500-600 m d’altitude, puis en fin de saison plus haut en montagne (jusqu’à 1 200 m). On arrête le prélèvement dès que les feuilles paraissent. Vous imaginez tous les travaux qui s’égrènent au fil des jours, des mois, des années… Quel boulot !

Ils vivent à Lasserre, village du Parc Naturel régional des Pyrénées ariégeoises, qui connaît une nouvelle jeunesse. 160 habitants en 2000, plus de 250 aujourd’hui, avec 50 enfants à l’école ! C’est l’attrait de la vie dans la nature -si belle à Lasserre, avec sa vue époustouflante sur la chaîne pyrénéenne- son bon air, sa convivialité… A présent c’est trop tard, les maisons, même les ruines, sont vendues et les prix des terrains atteignent des sommets, plus que pyrénéens

J’aime beaucoup France Guillain, femme énergique qui, depuis plus de 40 ans, s’emploie à partager son bon sens et ses découvertes pour notre santé. J’ai lu la plupart de ses livres et j’observe une partie de ses conseils pour une bonne et belle vie.

Son nouveau livre reprend l’essentiel sur la sève de bouleau, ainsi que d’autres aliments hautement recommandés. Elle est ambassadrice de la sève de bouleau de l’Ariège !

La sève de bouleau est un aliment naturel. C’est l’élixir de vie des arbres, dont nous pouvons profiter. Notre corps, prodigieusement intelligent, saura en tirer tous les bienfaits. On la reçoit telle qu’elle sort de l’arbre, claire, douce, fraîche. Si d’aventure vous la laissez à température ambiante un certain temps, elle va fermenter, pétiller… et sera d’autant plus puissante, riche de millions de bonnes bactéries, mais plus difficile gustativement à avaler !

Je ne suis pas seule à leur avoir rendu visite cette semaine ! Écoutez France Bleu Occitanie, cette émission d’hier à 10h30, visionnez les informations France 3 Occitanie dans le 19/20 du 23/02 et dans le 13 Heures du 24/02 !

Souhaitez-vous également faire une cure ce printemps ? Vous pouvez commander ici et vous faire livrer un pack de 3 ou 5 litres chez vous, il sera protégé par un emballage isotherme (ce sont les seuls à le faire). Le prix se justifie amplement par le travail que cela représente, les soins pris pour garantir la pureté (j’ai visité leur laboratoire !) et puis je dirais qu’on choisit ses priorités…

Jean-Louis sera aussi à Paris au Salon de l’Agriculture du 3 au 6 mars, et puis au Salon de Toulouse, de Bordeaux… Allez le voir, discuter avec lui, et lui faire un coucou de ma part !

Les commandes partent les lundis, mardis, mercredis, alors le week-end est un moment parfait pour commander ; vous recevrez votre élixir de vie normalement dans la semaine (l’option livraison en point relais est gratuite). A vrai dire, en tout début de saison comme maintenant, la seule limite est le jaillissement de la sève, très timide encore ces jours-ci ; le rythme de la nature dicte leur capacité à faire les envois. Amandine est la fée du service clients au 07 84 46 96 85, n’hésitez pas à la contacter (ou email : info@seve-bouleau.fr).

Faites-vous du bien avec leur sève de bouleau 💚

Pour vous aider à franchir le pas, vous bénéficiez d’un code promo, KATELL, vous offrant 5 %, parce que vous le valez bien !

Comme un article ne serait pas complet ici sans quelques quilts, en voici en voilà, pour votre inspiration, des inédits (je crois) sur la Ruche, avec des bouleaux bien sûr :

Sharon Koppel, Pennsylvania
Sharon Koppel, quilt en vente
Beth Van Wyngaarden
Un autre quilt de la même artiste Beth Van Wyngaarden. Vraiment, je suis tentée d’en faire un moi aussi…
Beauty in the bark, Blue Nickel Studios, le même styliste qui m’a inspiré le quilt pour ma sœur Véronique

Vous pouvez lire d’autres quilts sur le thème des arbres en suivant ce lien.

Quand la passion du patchwork rejoint celle des arbres et de la nature,
et en plus que cela nous fait du bien… C’est la Joie 🌞 !
Katell

Des blasons pour Réalmont

Réalmont est une ville moyenne du Tarn, moyenne par sa population (3 500 environ), que beaucoup ne connaissent que superficiellement ; la route entre Albi et Castres, très fréquentée, passe en plein milieu. Dans ces conditions, on loupe ce qui fait le charme de cette bourgade, sa ravissante place, malheureusement trop souvent encombrée de voitures (ah les bagnoles… indispensables mais encombrantes !) :

Place de Réalmont, charmante petite ville du Tarn

Son origine

Il y a 750 ans, le 12 mars 1272, fut fondée la bastide de Réalmont (sous le roi Philippe le Hardi), sur des terres récupérées d’un riche seigneur, bien commodément accusé d’hérésie (pauvres Cathares). Une fois la forêt rasée, la bastide peut être construite, pour regrouper les défenseurs de la foi catholique et du pouvoir royal. D’ailleurs, contrairement à beaucoup d’autres bastides de la région, l’église se trouve sur la place (comme à St-Nicolas-de-la-Grave). Les arcades, les maisons à encorbellement donnent tout le charme pittoresque à Réalmont.

Aujourd’hui

Malgré la route qui la traverse, c’est une ville très agréable, avec de nombreux commerçants – à l’heure où les boutiques ont du mal à survivre, cela se remarque – et 49 associations, entretenant la qualité des liens sociaux. Et Réalmont est pour moi surtout connue pour son club de patchwork, joliment appelé La Courtepointe ! C’est le vivier des quilteuses qui travaillent dur pour que la fête soit belle tous les ans non loin de là à Lacaze, avec ARTPELHOT.

Pour les 750 ans de la ville, les quilteuses se sont employées à créer 15 blasons de la ville pour mieux la décorer lors des festivités à venir !

Blason de la ville de Réalmont (81), décrit ainsi : De gueules à l’arbre posé sur un mont d’argent, au chef cousu d’azur chargé de trois fleurs de lys d’or.

Quelle aubaine d’avoir un arbre majestueux sur le blason ! Les quilteuses s’en sont donné à cœur joie, interprétant l’arbre comme elles le sentaient.

Chaque blason mesure 60 cm de côté. On voit que l’espace créatif, l’Arbre, a inspiré nos amies ! Crédits Photos : Olivier Lehmuller ©

Samedi dernier, c’était la remise officielle des blasons au Maire et à une belle délégation locale, ainsi qu’un journaliste.

Bravo à toutes ! Crédits Photos : Olivier Lehmuller ©

Et aujourd’hui le club a bien légitimement les honneurs d’un réseau d’actualités locales. Tarn me Up (un drôle de nom, peut-être inspiré du tube des Rolling Stones Start me Up ?) en a fait un article très sympa et respectueux du travail des volontaires. Merci à Olivier Lehmuller pour cet article : https://tarnmeup.fr/realmont-des-blasons-en-patchwork-pour-la-fete-de-la-bastide/ .

Allez, je suis sympa, je vais vous mettre en tête cette chanson de notre jeunesse pour la journée (on peut faire sa gym avec Mick Jagger et avoir une pensée pour Charlie Watts) :

Tube de 1981, oui nous étions bien jeunes alors !

Rock’n rollement Vôtre,
Katell

Rappelez-vous, ce blason géant fait en commun pour Lacaze, blocs faits par le Patch d’Oc et montage à La Courtepointe… C’est encore et toujours une idée de Cécile, toujours rock’n’roll !

Les quilteuses ont du talent !

J’aime tellement animer des stages ! Ils ne se déroulent jamais pareil, c’est un peu mystérieux car je montre les mêmes principes à chaque fois. Je ne peux pas montrer tous les ouvrages qui en découlent, mais je ne résiste pas à la joie de montrer la photo reçue hier soir d’une stagiaire de St-Nicolas :

Marie Hélène a su enfin comment mettre en valeur ces tissus qu’elle avait depuis un certain temps. Les imprimés sont en hommage au peintre Piet Mondrian (1872-1944), qui se fit connaître avec l’art abstrait avec les couleurs primaires, + du blanc et du noir. Un autre quilt est déjà en cours…

Marie Hélène a osé couper, recouper à main levée et quilter à grands points graphiques. La bordure de finition va être posée et youpi ! voilà un quilt moderne, gai et sympa qui rappellera de bons moments !

Tout le monde connaît le style Mondrian, mis à toutes les sauces tellement ce graphisme est un symbole réussi de l’art abstrait.

Cette carte du monde n’est pas de Mondrian !

Un vrai Mondrian entouré de robes Yves Saint-Laurent en 1966, au Musée de La Haye Photo ©Nationaal Archief
Icône des années soixante, LA robe – Photo Vogue. Il en existe plusieurs modèles, comme on peut voir ci-dessus.
Quand le marketing s’empare de l’art !

La situation d’un artiste est humble. Il est essentiellement un canal.
Piet Mondrian

Voyons tout de même quelques véritables œuvres de Piet Mondrian !

Composition 2, Mondrian, 1929
Composition en rouge, jaune, bleu et noir, 1921, Musée de La Haye
Broadway Boogie-Woogie, 1942, MoMa de New-York

Victory Boogie-Woogie est son dernier tableau, inachevé – 1944
On voit bien ici que ce tableau est fait de papiers collés. Œuvre exposée au Musée Municipal de La Haye

Pour approcher le spirituel en art, on fera usage aussi peu que possible de la réalité, parce que la réalité est opposée au spirituel.
Piet Mondrian

Mais Piet Mondrian avait déjà une vie de peintre avant l’abstraction. Il était notamment inspiré par la peinture de son compatriote Vincent Van Gogh (1853-1890), tant pour les sujets que le style (parfois) :

Un très délicat sous-bois de bouleaux peint en 1899

Sous-bois peint par Vincent Van Gogh en 1890 (Musée Cincinnati USA) – Tous deux ont peint beaucoup d’arbres, beaucoup de sous-bois…
Moulin en plein soleil, 1908 – Mondrian. Contrairement à ce que j’imaginais, ce n’est pas un moulin hollandais, mais du Pouldu en Bretagne ! On peut voir ce tableau au Musée de La Haye.
A Paris, le moulin de la Galette, par Vincent en 1886 (collection particulière)

Un paysan est plus beau parmi les champs dans son costume de futaine que lorsqu’il se rend le dimanche à l’église affublé comme un monsieur.
Vincent Van Gogh, 1883 (lettre à son frère Théo)

L’Arbre Rouge le soir – Piet Mondrian – 1908-1909 (aussi au Musée de La Haye)
Le Semeur, Van Gogh, avec aussi un arbre rouge et la lumière de la fin de la journée… Peint dans la campagne d’Arles en1888. Collection Emil Buehrle, Zurich

Un soleil, une lumière que faute de mieux je ne puis appeler que jaune, jaune soufre pâle, citron pâle, or.
Que c’est beau le jaune !
Vincent Van Gogh

Voir de belles choses fait tant de bien !

L’art disparaîtra à mesure que la vie aura plus d’équilibre. Nous n’aurons plus besoin de peintures et de sculptures, car nous vivrons au milieu de l’art réalisé.
Piet Mondrian

Passez une excellente semaine,
sans oublier le Salon de Pexiora si vous êtes dans la région !
Katell

Bravo Marie Hélène !

Lone Star Quilt/ 5 et 1/2

Toute bonne chose ayant une fin, c’était la sixième et dernière semaine de ce Quiltons Ensemble avec Lindlee du Montana @plainsandpine. Pour moi, c’est 5 1/2, à peine !

Plusieurs quilteuses ont terminé cette fameuse Étoile avec succès, parfois le modèle avait été essayé il y a des années, mais pas forcément réussi alors… Tout est dans les détails techniques pour que cela ne devienne pas galère, et la vidéo trouvée par Bee Brigitte (présentée ici) en a sauvé plus d’une !

C’est une Étoile faite bien avant ce challenge, que m’a envoyé Evelyne Riff. Elle est originale, elle est belle et la bordure en crazy sera peut-être une inspiration pour d’autres quilteuses, à faire avec tous les petits bouts restant sur la table…

Si vous souhaitez que je montre ici votre Étoile faite à l’occasion de ce challenge, merci de m’adresser votre photo de quilt (quilté donc, si possible !) à quilteuseforever@orange.fr, avec le titre Lone star. Je ferai un article-galerie de photos, par exemple début juin : pas d’urgence donc.

Je ne fais pas la bordure proposée par le modèle @plainsandpine, pourtant très jolie et aérienne, car ayant sorti mon quilt aux mustangs du placard, j’ai eu envie de refaire la bordure que j’avais inventée il y a des années, jamais vue ni expliquée nulle part. Je l’avais conçue après avoir découvert le modèle Scrappy Mountain Majesties de Bonnie Hunter, modèle fait seule puis en atelier dans mon club il y a bien une dizaine d’années, pour un lot de tombola.

Onze mustangs pour les onze ans de mon fils… qui en a 24 à présent ! J’aime bien cette bordure que j’appelle « navajo », pas vous ?

Allez c’est parti au trot, au galop pour l’explication en une photo !

Explications en 4 temps :

  • Bordure du haut : 4 trapèzes foncés et 3 trapèzes clairs sont coupés à partir de bandes de 14 cm de haut, 30 cm de base et 2 cm en haut. L’inclinaison est ici à 45°. J’ai fait plusieurs schémas pour accorder la longueur de la bordure à mon étoile. Aux extrêmes gauche et droite, un parallélogramme termine la bordure. Il faudra pouvoir couper en diagonale pour faire une finition en onglet. J’ai ouvert toutes ces coutures au repassage.
J’ajoute cette photo pour montrer le trapèze : 2 cm en haut, 30 cm en bas, 14 cm de hauteur, coupe à 45°. Faire un trapèze au lieu d’un triangle permet de répartir les marges de couture sans croisement de couture.
  • Bordure 2, juste dessous : la bordure de 14 cm de haut est découpée en 4 bandes parallèles de 3,5 cm de haut : on garde la forme précédente.
  • Bordure 3 : ta-da !! Miracle, on voit le dessin de style « navajo », comme sur le quilt aux mustangs ! Comment faire ? Simplement, on inverse les bandes : le bout gauche va à droite, sans changer l’ordre en hauteur. Suis-je claire ??
  • Bordure 4 : et voilà, bordure cousue, avec une bande intermédiaire du même tissu que la bande entourant l’étoile.

Bientôt, quand tout sera cousu, je ferai un article qui méritera enfin le nombre 6 !!

A bientôt, poursuivez vos ouvrages, cela aide dans la vie !
Katell

Salon en terre occitane

Pexiora, un nom exotique, presque étrange… Nous sommes en terre occitane et son nom, Puègsiuran, a été interprété avec fantaisie ! C’est un nom qui circule entre brodeurs et brodeuses, quilteurs et quilteuses, et les exposants savent que les places sont limitées et donc difficiles à obtenir…

Où est-ce ?

Au milieu !

Qui vient ?

Beaucoup de beau monde !

Ce petit Salon local devenu grand se passe dans la Salle des Fêtes du village et on ne peut pas pousser les murs. Mais c’est si chaleureux ainsi !

Cela se passe la semaine prochaine, jeudi, vendredi et samedi.
Allons-y nombreux !

S’offrir de nouveaux horizons

Des petites villes bien de chez nous ont parfois une renommée inattendue ailleurs. Entre Agen et Montauban, tout près de Moissac et Castelsarrasin, le village de Saint-Nicolas-de-la-Grave se remarque d’abord par son lieu stratégique, à la confluence du Tarn et de la Garonne. C’est un endroit préservé, refuge pour les oiseaux.

La réserve ornithologique est à peine à portée d’objectif, d’après le photographe Claudio Boaretto. Les oiseaux semblent donc bien tranquilles !
Je suis passée en voiture sur ce pont qui a la particularité d’enjamber à la fois la Garonne et le canal d’entre-deux-mers. Il a été rénové depuis, mais pas élargi ! On serre les fesses si, d’aventure, on croise un autre véhicule… mais ça passe ! Son histoire prouve l’impétuosité des flots garonnais : deux ans après son inauguration, en 1852, le pont s’écroule. En 1858, son tablier chute lors d’une crue mémorable. Depuis, ses fondations ont été renforcées avec des moyens plus modernes, les suspensions adaptées et il fait l’objet d’entretiens réguliers.

Le village nous enchante par le caractère de ses beaux bâtiments de brique ou de fer (la halle centrale), une qualité de vie préservée, une ambiance chaleureuse :

Mais celui qui fait sa renommée aux États-Unis, c’est Antoine Laumet, né ici en 1658. Il est bien plus connu sous le nom qu’il s’est attribué, le Sieur de Lamothe-Cadillac. Je vous avais raconté son incroyable histoire en été 2020 et vendredi dernier, j’ai eu le grand privilège de me faire ouvrir la porte de sa maison natale. Entièrement rénovée grâce à des volontés locales et la municipalité de Detroit reconnaissante, elle est devenue le Musée Cadillac, en l’honneur de ce Gascon qui s’est créé une vie à son image, hors du commun !

Danielle, passionnée d’art et de culture – et de patchwork! – a été ma guide attentionnée, elle m’a fait vivre la vie tumultueuse de ce téméraire Gascon. J’ai beaucoup appris, appréciant la qualité de la mise en contexte de l’histoire, hors des légendes… Cette vie est suffisamment extraordinaire pour ne pas avoir besoin d’en rajouter ! On peut visiter en se contentant de lire les panneaux, mais écouter un(e) bon(ne) guide est irremplaçable.

Buste créé par Délie Duparc

Cet homme, excessif en tout, a illustré sa Gascogne natale par son intrépidité, sa ténacité, sa passion de l’aventure, son intelligence des plus déliées et son remarquable sens des affaires.
René Toujas
 Le Destin extraordinaire du Gascon Lamothe-Cadillac de Saint-Nicolas-de-la-Grave fondateur de Detroit, Ateliers du Moustier, Montauban, 1974

Une peintre locale, Patricia Blanchet, a réalisé l’été dernier une splendide fresque murale dans l’entrée ; elle représente le fortin créé par Lamothe-Cadillac, entouré de cette nature idéalisée qui ressemble au paradis, avec des bosquets d’aspens, mes arbres américains préférés, des oiseaux, ainsi que des personnages qui discutent en toute quiétude et courtoisie… Trois murs qui nous immergent dans la fin du XVIIe siècle dans la région des Grands Lacs ! Et savez-vous que les Français s’entendaient très bien avec la population autochtone américaine, bien mieux que les Anglais ?…

Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez vous référer à cet article de Tourisme-Occitanie, vous avez un numéro de téléphone pour organiser votre visite.

Lamothe-Cadillac s’est offert une vie à son image, voguant vers des horizons inconnus. Il est même devenu mondialement connu, indirectement, grâce aux voitures qui portent le nom de Cadillac en son honneur. Moins connue, la chanson d’Etienne Roda-Gil écrite pour Johnny, rend hommage au Sieur de Cadillac !!

En patchwork, nous pouvons aussi élargir nos horizons. Le club de patchwork de St-Nicolas est très réputé depuis des décennies pour la qualité de leurs quilts faits à la main. J’ai cependant été sollicitée par Isabelle pour montrer quelques techniques permettant de s’amuser à modifier ses habitudes. On ne jette pas tout par la fenêtre, mais on prend quelques idées pour moderniser ses ouvrages, changer de style, se faire plaisir sans la crainte du cutter ou de la machine à coudre. Cap sur l’improvisation, sur l’acceptation de l’imperfection, la réjouissance des effets inattendus au lieu de la réplique exacte ! En une journée, les idées ont fusé, avec des périodes d’incertitude puis la joie de la réussite… Bravo à chacune d’entre vous d’avoir osé dépasser votre zone de confort avec le sourire et beaucoup de rires, et merci infiniment pour votre accueil si chaleureux !

Vous pourrez compter sur moi pour annoncer votre prochaine exposition en 2023 et surtout, je viendrai l’admirer avec mes amies Abeilles, avec grand plaisir !

La créativité autorise chacun à commettre des erreurs.
L’art c’est de savoir lesquelles garder.

Scott Adams (dessinateur de BD)

Bon dimanche à tous, et offrez-vous peut-être de nouveaux horizons !
Katell

Être un chêne

C’est un récit unique, très précis scientifiquement et si poétique :

Laurent Tillon, ingénieur chargé de mission en biodiversité auprès de l’ONF, nous transmet l’histoire que lui a raconté son chêne…

Je le lis avec délectation, un chapitre par jour pas plus… Cela me remet de la lecture de S.A.R.R.A. 2, où j’avoue prendre moins de plaisir que la lecture du tome 1, car le malaise domine dans ce monde où l’intelligence artificielle prend notre place décisionnaire… Dans cette double période électorale (la nôtre et celle du tome 2 de SARRA de David Gruson), on croit que les hommes et femmes sont le sujet principal 😉 :

La politique est l’art de se servir des hommes
en leur faisait croire qu’on les sert
.
Louis Dumur – Les petits aphorismes sur la politique (1892)

… alors que ce qu’on appelle la machine administrative, symbole de la pesanteur et de l’inaction, peut devenir la machine à broyer menée par l’IA (intelligence artificielle). Ne perdons pas de temps pour conserver notre humanité (je sais que c’est un roman, mais ce monde est la suite logique du nôtre), notre maîtrise des décisions, nos libertés, à mettre au service d’un futur vivable et si possible agréable, en ville comme à la campagne. Et primum non nocere, en premier lieu, veiller à ne pas nuire, ni aux autres, ni à la nature.

Chaque fois que l’on se promène dans la nature,
on reçoit beaucoup plus qu’on ne cherche.
John Muir

Revenons à notre chêne, ou plutôt celui de Laurent Tillon. Mon amie la Marmotte Rousse l’a gratifié d’un splendide article, sublimé par sa passion de la Nature et la biodiversité. En faisant ma promenade dans la forêt ce matin, je repensais à tout ce que j’ai appris au cours de sa lecture. Dans la partie de la forêt visitée aujourd’hui, quelques chênes séculaires persistent et j’admire d’autant plus leur odyssée… Plus je connais les arbres, plus je les aime !

Ah si on savait tout ce qui se trame sur et sous cette écorce ! Tout est interaction, connexion, réaction, symbiose… et recherche de l’équilibre. Être un chêne, ce n’est pas de tout repos🌳 .

Et dans la forêt je pars,
pour perdre mon esprit et retrouver mon âme.
John Muir

Et puis j’ai retrouvé « ma » bombe, déplacée de nouveau, sans doute au prix de grands efforts (250 kg quand même !), laissée à une dizaine de mètres d’un chemin forestier… Sans doute un de ces prochains jours, elle partira.

Partout, sur la bombe comme sur les bois morts ou les troncs vivants (côté Nord), verdissent toutes sortes de mousses, à la faveur de l’humidité persistante de ces dernières semaines.

Certaines mousses sont d’une douceur inouïe ! Celle-ci forme une forêt sur quelques centimètres carrés, c’est la magie de la vision fractale de la nature.
Petite pause sur le chemin du retour, au pied de ce vénérable chêne qui ne montre encore aucun signe de réveil. Cela ne saurait tarder, les oiseaux pépient depuis une semaine, de tendres pousses surgissent de terre, pleines de cette énergie vitale du printemps qui arrive !

Acquérir une intelligence écologiste, par exemple avec ce livre ou le premier de Laurent Tillon (Et si on écoutait la nature ? 2018), c’est à la fois prendre soin de soi et des autres.

En ouvrant ses sens à la nature,
on améliore clairement son sentiment de bien-être,
et on gagne en écoute des autres.

Laurent Tillon

Ce dessus de table, fait il y a bien 15 ans, a un tissu de fond en plein accord avec la couverture du livre. C’est un bloc centré inspiré de Winding Ways (Chemins sinueux), interprété d’après un modèle dans une revue allemande (sans doute Burda, ou Sabrina…) Quel que soit le sujet, un peu de patchwork ne nuit jamais.

La nature est une artiste dont l’imagination est sans limites.
Laurent Tillon – Et si on écoutait la nature ?

Je l’entends, je le vois, je le sens, il arrive… le printemps !
Katell

Lone Star Quilt/5

Voici la suite et presque fin du Quiltons Ensemble avec Lindlee, le temps passe si vite ! La semaine dernière (je suis en retard), nous devions assembler les pièces de fond. Cette semaine, l’ultime, nous devrons terminer notre top en ajoutant une bordure si on en a envie.

@plainsandpine, sur Instagram

Au-delà de l’incitation à faire une Étoile scrappy – ce qui donne un aspect bien plus joyeux et casual (décontracté) – Lindlee efface la difficulté de la couture en Y pour mettre le tissu de fond. C’est le sujet de la semaine ! Par transparence, on voit bien ici les coutures qui évitent le montage des pièces de fond en Y (3 coutures qui se rejoignent) :

Une jolie photo de @thatalottakids sur Instagram

Marie-Christine a mis en valeur cette couture intermédiaire qu’on cherche en général à rendre invisible, c’est un succès esthétique évident :

L’Étoile Unique de Marie-Christine Chasseraud (photo Facebook)

L’alternative traditionnelle est d’incruster ces pièces de fond, sans couture intermédiaire. D’habitude je contourne volontiers les difficultés, mais l’incrustation en Y ne me pose pas de problème. Le secret : on fait les 3 coutures en s’arrêtant à chaque fois AVANT d’entrer dans la marge de couture et on fait quelques points arrière. A la main, on ne se pose pas de question à ce sujet, tandis qu’à la machine, c’est un problème potentiel 😉. C’est le même travail que pour ce genre de bloc :

Quand on a fait plein de blocs Attic Windows, on ne craint plus ces coutures en Y ! Lisez à ce sujet le très bon article de Denyse Saint-Arroman par ici.

Toute bordure en onglet utilise la même technique : on coud sans entrer dans la marge de couture, on fait un point d’arrêt juste avant, pour chacune des 3 coutures qui se rejoignent. Ici les explications de Au Fil d’Emma, avec des finitions à la main. Je les fais à la machine, c’est au choix.

J’avais quelques jours de retard, mais je continue ma Lone Star ! J’ai eu un doute, trop peu de contraste entre l’étoile et le fond choisi. Alors j’ai ajouté une bande qui fait le tour des branches :

Une petite bande de 2 cm fait le tour de mon étoile.

L’assemblage n’est pas parfait, mais tout de même honorable et cela me convient !

Un grand méli-mélo de tissus ! Il y en a de chez Alice de Blossom Quilts & Craft, de chez Emma, de chez Neelam, de chez Josie Patch, de mes fonds de tiroirs…

Le fond à peine assemblé, je fais une photo vite fait dehors, avant la tombée de la nuit :

On peut toujours s’amuser à faire un peu différent. C’est un jeu ! Quant à l’étoile en tissus Neelam qui est devenue Soleil, je ne vous la remontre pas, elle n’a pas bougé…

N’oubliez jamais : c’est votre quilt, vous le faites comme vous voulez !
Katell

De l’intelligence à la conscience artificielle

S.A.R.R.A.

Rarement un livre m’impressionne à ce point. Alors je fais une parenthèse sur le monde coloré du patchwork pour vous présenter cette effroyable histoire, premier roman de David Gruson.

Je n’ai lu que le tome 1, terminé cette nuit à vrai dire, le second va suivre très vite. Ce n’est sans doute pas une lecture pour tous, c’est pourquoi je me permets de vous donner quelques impressions pour que vous ne vous embarquiez pas dans cette lecture à l’aveugle. Cependant, je vous conserve, intacte, la jubilation de découvrir ce monde si proche, si probable…

Où, Quand, Comment

Dans le tome 1 nous sommes à Paris, dans une courte période de fin d’été 2025, à la fois dans les hautes sphères décisionnelles – jusqu’au Président de la République, qu’on peut imaginer être Macron en second mandat – et dans plusieurs familles du Sud-Est parisien. Il est question d’une mystérieuse résurgence du virus Ebola avec un premier cas, la mise en branle du principe de précaution prise, non par les élites, mais par une intelligence artificielle conçue pour cela. Le roman est le compte-rendu vif et chronologique de cet événement, et les imbrications découvertes au fil de la lecture sont époustouflantes.

Dans quel monde vit-on en 2025 ?

Je ne suis pas la seule à être ébahie par les intuitions de l’auteur qui écrivit ce livre avant 2018, date de sa parution. Impossible pour lui de s’être inspiré du Covid19 ! Qui dit virus dit mise en quarantaine et confinement, recherche de vaccin, centres de vaccination, télétravail, tout sonne tellement juste après l’avoir vécu.

2025, c’est aussi l’avancée de l’intelligence artificielle dans nos vies. Des problèmes sont résolus grâce aux robots : l’insécurité, le manque de personnel en milieu hospitalier… L’organisme qui intervient au quotidien s’appelle, je vous le donne en mille : PanGoLink, société au logo… de pangolin. Quand je vous dis que les écrivains ont bien souvent une intuition folle… D’ailleurs, l’auteur – ou plutôt son personnage principal – parle plusieurs fois du hasard, qui n’existe pas.

Vous appelez « hasard » ce que vous ne pouvez pas expliquer. Or, le hasard n’existe pas en soi. Ce n’est que la somme de zones d’ombre qui échappent à votre perception. Le hasard est le totem derrière lequel dissimuler la finitude de vos intelligences.
S.A.R.R.A. tome 1, David Gruson

Comme nous lisons un rapport militaire Confidentiel Défense, le monde décrit est froid et précis, faisant abstraction de tout ce qui rend un roman « vivant » : la météo, les couleurs… exception faite de la couleur flamboyante de la chevelure de l’héroïne et d’une mystérieuse allusion, à plusieurs reprises, de La Dame à la Licorne… Je suis sûre que nous retrouverons cette fresque aux Mille Fleurs dans le tome 2, le livre est trop bien construit pour que ce soit là par hasard…

Ce que l’auteur ne pouvait pas savoir…

Comme nous avons vécu une partie du temps entre 2017 – écriture finale du livre – et 2025, nous pouvons saluer la perspicacité de l’écrivain mais aussi sourire quand il n’a pas prévu l’incendie de Notre-Dame (avril 2019), ou, heureusement, qu’une série d’attentats n’a pas eu lieu en 2021…

Notons qu’une femme connue est Présidente des USA, sera-t-elle élue en 2024 pour être raccord avec cette fiction 🙃 ?… Non, je ne spoile pas !!

Diagramme de Pareto, Rasoir d’Ockham…

L’auteur nous distille une petite part de ses connaissances avec élégance, alors que le style semble sec et sans fioriture. Je lisais le livre avec mon smartphone tout près de moi, pour certaines notions qui ne me sont pas familières de premier abord.

Le diagramme de Pareto est lié à sa célèbre loi des 80/20 (80% des effets sont provoqués par 20% des causes) :

Sur 10 postes, les 2 premiers représentent la forte majorité (80%) des effets. Le reste en comparaison, est insignifiant.

Le moine philosophe anglais du XIVe siècle Guillaume d’Ockham établit le principe de parcimonie, très utilisé en sciences, mathématiques, connu sous le nom de rasoir d’Ockham, dont nous pouvons tirer profit dans la vie de tous les jours. Raser, en philosophie, c’est éliminer des explications improbables d’un phénomène. C’est se satisfaire des hypothèses les plus probables pour arriver plus rapidement à l’explication. Cela n’engendre pas une certitude de véracité, mais une probabilité. Quelques petites phrases pour l’illustration large de ce principe :

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple (l’inverse est proclamé par les facétieux Shadoks : Pourquoi se compliquer la vie à faire simple quand il est si simple de faire compliqué ?)

La simplicité est la sophistication suprême. Leonard de Vinci

Si deux théories expliquent également bien un résultat, il convient de « trancher » en faveur de la plus simple. Hubert Reeves, Patience dans l’azur, 2014.

Guillaume d’Ockham est le modèle d’Umberto Eco pour le héros de Au Nom de la Rose, Guillaume de Baskerville.

Less is More, Moins c’est Plus, Mies van der Rohe (architecte)

Si l’auteur de S.A.R.R.A. cite ce principe, c’est qu’il l’a intégré pleinement dans son écriture. Tout autre écrivain aurait raconté cette histoire en 600 à 800 pages, lui nous l’offre en 320 pages. L’écriture ciselée nous oblige à lire avec grande attention : le foisonnement de personnages n’est pas fortuit, ni le moindre détail.

Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retrancher.
Antoine de Saint-Exupéry, Terre des Hommes, 1939.

C’est bien ce que je devrais mettre en pratique.
Et comme il n’y a pas de hasard, je publie cet article le 2.2.22 dans le monde numérique fait de 0 et de 1.
Alors voilà, à bientôt et peut-être, bonne lecture de S.A.R.R.A. !
Katell