Lone Star Quilt/6, enfin !

Les 6 semaines du Quilt Along avec Lindlee @plainsandpinequilts se sont longuement étirées pour moi. Cela fait tout de même quelques jours que ce quilt est fini, mais je ne voulais pas publier de photo avant de l’avoir offert à ma sœur Isabelle, pour ses 50 ans ! Ce qui fut fait dimanche, au retour d’une JA en terre provençale parfaitement organisée par FP13, où les quilteuses présentes seront donc les seules à avoir vu ce quilt entièrement fini, avec mes amies de la Ruche le vendredi précédent.

J’y ai retrouvé de nombreuses connaissances et amies, l’ambiance était très chaleureuse, tout ce qu’on aime ! Merci à la belle Nathalie La Bastidane pour ces photos et les échanges de cœur à cœur, et à chacune pour cette si belle journée !

La photo qui suit, prise juste avant mon départ en Provence, me montre un léger problème : oups, le manchon est cousu sur un côté !! Faire, défaire et refaire… j’avais tout juste le temps de réparer mon erreur. Vous ne le voyez pas ici, mais les motifs de quilting ont un sens !

J’ai bordé l’Étoile de plusieurs encadrements textiles, très présents visuellement, jouant le jeu du style amérindien jusqu’au bout. Les tissus marquants sont de la gamme Arizona After (AGF), styliste April Rhodes, magasin Blossom Quilt & Craft (chez Alice). Beaucoup de tissus se bousculent ici, autant des tissus Neelam que divers restes de patchworks antérieurs, de chutes de draps, de vêtements… La bordure piécée de style navajo est expliquée par ici.

Ici la bordure de finition invisible est presque entièrement cousue (voir en bas à gauche, c’est en cours !). Cette technique bien pratique est expliquée dans le livre BeeBook (épuisé).

Le dos est, comme souvent chez nous à la Ruche, un vrai patchwork de restes, commencé par un grand 9-patch irrégulier, recoupé en + à la manière du disappearing nine-patch, avec des ajouts de bandes pour arriver à la dimension nécessaire. Ce n’est pas beau au départ, mais finalement cela fait un dos sympathique.

On ne voit pas l’échelle, mais le 9-patch central est très grand. il sera ensuite coupé en forme de + et recousu pour faire un patchwork un peu plus fou encore !
Voici le dos terminé, ici la place du manchon n’a aucune importance😊 . La bordure blanche de 4 cm est la finition, invisible au recto.

J’ai quilté cette Étoile à la main, ma machine étant alors plus ou moins déréglée et peu encline à faire un beau quilting (réparée depuis). Et je l’avoue, j’avais un peu peur de la rater ! A la main, c’est plus long mais c’est plus sûr. J’ai donc pris le temps qu’il fallait. Le fil est du coton traditionnel (YLI bleu sur le bleu ciel dans l’étoile, brun n° 003 partout ailleurs sauf la bordure extérieure en blanc naturel), mais j’ai fait de longs points, cela va plus vite et ce n’est pas moche ! Il est fini le temps où seul un matelassage de mini-points est admissible 🌞. Les petits points noirs sont les agrafes qui me permettent de faire un sandwich assez rapidement (avec l’agrafeuse MicroStitch)

Dans l’espace libre du fond, j’ai voulu honorer les Amérindiens, en empruntant des symboles qu’ils utilisaient eux-mêmes naguère, ou parfois encore de nos jours. Voici leurs significations :

La plume, c’est le courage et la force !
La tortue est, dans la cosmogonie amérindienne, à l’origine de la Terre gagnée sur l’Océan, ce qui a constitué le continent Nord-Américain. Elle est l’emblème de la longévité, la sagesse, la guérison…
C’est l’Œil de l’homme ou la femme-médecine, et aussi la vigilance, la sagesse.
L’Étoile à huit branches dans un cercle qu’on ne peut briser montre la direction spirituelle à donner à sa vie, comme une boussole interne, et l’espoir d’un avenir radieux !
L’Aigle est l’oiseau sacré.
Équilibre, paix et harmonie… 50 ans le bel âge !
Ce poisson entouré de rayons symbolise l’abondance de nourriture venant de l’eau nourricière qui coule sur terre. C’est un signe des peuples des grandes plaines.
Ce soleil stylisé se retrouve sur le drapeau de l’État du Nouveau-Mexique, il symbolise la JOIE. Il est emprunté particulièrement au peuple Zia. Le 4 est sacré chez les Amérindiens, on retrouve ici les 4 saisons, les 4 points cardinaux, les 4 périodes du jour (matin, midi, soir et nuit), les 4 périodes de la vie (enfance, jeunesse, adulte, vieillesse).

Ces symboles conviennent tellement bien pour ma sœur chérie !

Sur la route, nous avons suivi vendredi les traces de Van Gogh, je vous en parlerai plus longuement en avril, quand j’aurai fini mes lectures.

Oliviers dans les Alpilles : je me sentais dans ses tableaux ! (1889)

Ah mon cher Theo si tu voyais les oliviers à cette époque-ci… Le feuillage vieil argent & argent verdissant contre le bleu. Et le sol labouré orangeâtre. – C’est quelque chose de tout autre que ce qu’on en pense dans le nord – c’est d’un fin – d’un distingué.[…] Le murmure d’un verger d’oliviers a quelque chose de très intime, d’immensément vieux.
Vincent Van Gogh

C’était aussi l’occasion de trouver un bel écrin pour ce quilt :

Une belle oliveraie, sous un soleil timide.

Qui est guidé par une étoile ne regarde jamais en arrière.
Léonard de Vinci (Frammenti letterari e filosofici)

A l’entrée du village de Baux-en-Provence…
… et au hasard des escaliers, dans ce splendide village escarpé.

Plus j’y réfléchis, plus je sens
qu’il n’y a rien de plus réellement artistique
que d’aimer les gens
.
Vincent Van Gogh (Lettre à Théo)

… Alors, quoi de mieux qu’un message d’amour avec un essai artistique,
comme un quilt par exemple ?
Happy Fifty Isabelle !

Katell

Exprimer l’espoir par une étoile

L’espoir se conjugue en bleu et jaune, malgré la noirceur du monde.

En Écosse, un nouveau tartan (tissu écossais dédié à un Clan, une famille) est né en mars 2022 : il est bleu et jaune, il s’appelle Ukraine Forever.
Mon ami Christophe inaugure sa nouvelle machine à coudre en faisant de belles étoiles jaunes et bleues de 20 x 20 cm (+ coutures) pour le groupe Des Tournesols pour l’Ukraine : quilteuses et quilteurs s’unissent pour offrir des quilts à des réfugiés.

Dès que le temps est dégagé la nuit et qu’on s’éloigne des lumières artificielles, on a un des plus beaux spectacles du Monde : le ciel étoilé, bleu et jaune.

Invitation au voyage en bleu et jaune avec AK Moghaddam et son Fancy Van Gogh (Van Gogh de fantaisie), un Vincent qu’il imagine bien plus gai que l’image qu’on nous a transmise dans l’Histoire de l’Art. J’y reviendrai un jour ! Amoureuse de Van Gogh depuis mon adolescence, je lis en ce moment plusieurs romans et essais sur ce peintre. J’ai des surprises. Et puis cet illustrateur iranien est arrivé dans mon petit monde. Et puis le bleu et le jaune nous relient au soutien des Ukrainiens. Je déroule des bobines, ajustant les fils pour tisser les étoffes de mes rêves.

Je rêve ma peinture, ensuite je peins mes rêves.
Vincent Van Gogh

Rappel : AK Moghaddam, illustrateur, travaille sur écran, c’est une œuvre digitale inspirée par le peintre hollandais. Parfois, les étoiles se reflètent dans l’eau, et c’est féerique…
Il ne faut pas sous-estimer la beauté d’un croissant de lune à accrocher dans le ciel.
Vincent écrivit un jour à son frère Théo : Encore une fois je me laisse aller à faire des étoiles trop grandes.
Vincent solitaire, Vincent lumineux, Vincent étoile, Vincent irremplaçable.
Au plus près des rêves, la Lune est comme un grand sourire dans le ciel… mais ne vous étonnez pas si vous dormez moins bien en ce moment, à l’approche de l’équinoxe de Printemps, la pleine Lune du 18 est puissante !…
Pourquoi vouloir décrocher la Lune quand on a les étoiles ? chante Étienne Daho. Pourquoi ne pas décrocher la Lune pour mieux voir les étoiles ? répond Alizera Karimi Moghaddam.
Sacrilège ? Amusement !
Un Vincent joyeux et facétieux, c’est le monde de AK Moghaddam.
In love with Vincent and the Starry Night. Yes I am.
Le croissant est la représentation favorite de la Lune par les enfants… et par Van Gogh. La Lune sublime le ciel étoilé. Ici, le chemin nous mène vers une tranche de joie, avec la fantaisie de AK Moghaddam.

Les lettres de Vincent, soigneusement sauvegardées par Théo puis sa femme Johanna, sont emplies de poésie, d’intelligence, de culture… Le pauvre hère complètement fou hors de la société n’est pas l’image à retenir de Van Gogh. Il était artiste avant tout, et profond, touchant, sensible, intelligent, cultivé…

Je peux très bien m’en tirer dans la vie et dans la peinture sans le Bon Dieu, mais par contre, je ne peux pas m’en tirer, moi, être souffrant, sans quelque chose qui soit plus grand que moi, qui est toute ma vie – la force créatrice… Je voudrais peindre des hommes et des femmes dotés de cet aspect d’éternel dont le symbole était autrefois l’auréole et que nous essayons d’exprimer par le rayonnement et les vibrations frémissantes de nos couleurs… Exprimer l’amour d’un couple par l’alliance de deux couleurs complémentaires, par leur mélange et leur contraste, par la vibration mystérieuse des tons se rapprochant. Exprimer le spirituel sur un front grâce au rayonnement d’un ton clair sur un fond obscur. Exprimer l’espoir par une étoile. La passion d’un être par un coucher de soleil éclatant.

Si je m’arrêtais d’agir, d’étudier, de chercher, alors, malheur à moi, je serais perdu.

J’éprouve une passion irrésistible pour les livres et un besoin constant de cultiver mon esprit, d’étudier, qui m’est aussi vital que le pain.
Vincent

Il était drôle aussi !

Je suis en train de peindre avec l’entrain d’un Marseillais mangeant de la bouillabaisse, ce qui ne t’étonnera pas, quand il s’agit de peindre des tournesols.
Vincent

Que cette parenthèse fantaisiste vous fasse autant de bien qu’à moi ! Je serai heureuse de vous montrer, dans mon prochain post, des photos de mon Etoile (Lone Star) enfin terminée !

Exprimer l’espoir par une Étoile…

Début de matelassage, quilt posé sur mon tambour sur pied, mais sans le maintenir avec le cercle supérieur.

Prenons bien soin de soi et des autres,
Katell

Le monde ne tourne pas rond

Le vendredi, j’ai Ruche.

Un indicible bonheur de retrouver mes amies, de plonger ensemble dans nos projets avec des tissus et des couleurs… Nos Étoiles Uniques, faites grâce à Lindlee de @Plainsandpine quilts, sont toutes au moins sous forme de top, il reste à les quilter… Elles seront exposées à Lacaze les 25-26 juin prochains lors des expositions ARTPELHOT, avec Dimitri Vontzos, Marie-Christine Hourdebaigt, des quilts-météo… La fête au village ! D’autres en-cours faits en commun, que nous vous montrerons terminés fin avril, nous donnent la fièvre du vendredi, sans compter nos divers ouvrages personnels !

Merci Maïté pour ces photos !

🌻

C’est au déjeuner que nous échangeons les nouvelles plus personnelles, que nous parlons de nos lectures… Une de nos conversations a tourné autour de la BD de Christophe Blain (auteur du savoureux Quai d’Orsay) avec Jean-Marc Jancovici, notamment créateur du bilan carbone, un esprit vif s’il en est, un regard espiègle, une parole qui a le sens de la formule, ce qui ne l’empêche pas d’être implacable.

C’est l’état des lieux de notre monde très confortable – même si on n’a pas su éradiquer injustices et pauvretés. Il repose sur l’utilisation des énergies fossiles qui, utilisées de manière immodérée, causent le dérèglement climatique.

Lire une BD se faisait naguère comme on suce un bonbon, on savourait l’histoire, l’inspiration graphique et voilà, c’était une agréable distraction. Le Monde sans Fin, BD de près de 200 pages, est ressentie comme indigeste par certains, tant le foisonnement d’informations est accablant. Même quand on est intéressé, voire obsédé par l’état du Monde comme moi, on apprend beaucoup. La logique de Janco est implacable ; ses connaissances d’ingénieur et scientifique pointu, associées à son génie pédagogique, nous font sursauter. Comment cela, a-t-on vraiment autant de pétrole autour de nous ? Tant d’énergies dépensées ? Et tant de choses fabriquées, et pour quoi faire ?…

Sa logique nous démontre que notre civilisation doit absolument se préparer au monde post-pétrole, -charbon et -gaz, progressivement chaque année, avec détermination. Rien n’est meilleur marché que le pétrole, nous démontre effrontément Janco et dans l’actualité brûlante, notre dépendance au gaz russe est un sujet délicat pour notre équilibre économique. Je n’entrerai pas dans le concert des yaka et fokon, peu de monde sait mesurer toutes les conséquences et moi certainement pas.

Apôtre d’une certaine décroissance, sans toutefois retourner au monde du XVIIIe siècle, Janco est clivant, notamment au sein des écologistes où il ne compte pas que des amis, mais aussi avec un large public qu’il hérisse, avec ses diverses convictions (toutes expliquées avec logique). Quoi, l’avenir est dans le nucléaire ?? Quoi, la voiture à hydrogène ne serait qu’un gadget de riches ??

Et moi, devant mon ordi, j’avais une presque bonne conscience de vie propre. Mais ma pollution, avec mes mails et mon blog, n’est pas négligeable…

Comment les Terriens, avec leur conscience de la vie et de la mort, leur culture, leurs informations, peuvent-ils continuer à aller dans le mur ? Janco mentionne à la fin de cette longue BD deux livres écrits par Sébastien Bohler (spécialiste en neurosciences), que je fais d’ailleurs circuler autour de moi. On apprend dans ces livres pourquoi on n’agit pas de manière logique…

La lecture du Bug humain ne vous donnera pas plus le moral. J’ai eu honte me m’y retrouver parfois, dans ces descriptions… mais je suis humaine, donc terriblement faillible. Sommes-nous indécrottables, nous les Terriens ? L’espoir est tout de même dans le livre bleu…

Vient de sortir, pas encore lu : un plan de 30 ans pour sortir de notre monde carboné, élaboré par de nombreux spécialistes autour de Janco. Après les Trente Glorieuses, puis les Trente Piteuses, les Trente Années Joyeuses et Vertueuses ? Un plan de 30 ans est-il faisable en démocratie ? La France pourrait-elle tenir sa transformation, si les autres pays ne jouent pas aussi le jeu ?… Impatiente de lire les solutions et les manières de les mettre en œuvre !

Pourtant, je crois important de s’informer, afin d’accepter, malgré tout, de devoir fournir de gros efforts dans l’avenir. Avec un but cohérent et vertueux, on pourra même trouver enthousiasmant et non punitif de faire autrement. Si vous êtes invité à un atelier de la Fresque du Climat, n’hésitez pas à participer, son créateur est un proche de Jancovici. Vous n’aurez pas de solution toute faite, mais vous comprendrez mieux comment tourne notre monde. Pas rond.

🌻

Ce vendredi, nous avons aussi parlé de l’Ukraine bien sûr. Si les blocs de tournesols pour soutenir l’Ukraine vous semblent dérisoires, rappelez-vous qu’ils aident aussi à garder le moral. Ce n’est pas négligeable.

Un quilt pour les enfants ukrainiens : cliquez sur ce lien pour découvrir un très beau quilt offert à Claudia Pfeil, pour enrichir sa collection de quilts à offrir aux enfants ukrainiens.

Claudia Pfeil croule, comme prévu, sous les blocs. Plus de 300 arrivés déjà jeudi dernier, et le rythme va s’accélérer. Maria Nelga, la présidente de la guilde de patchwork ukrainienne, a préparé un texte qui sera apposé sous forme d’étiquette sur chaque quilt offert par Claudia à des enfants ukrainiens, en voici une traduction :

Cher enfant, ce n’est pas une couverture ordinaire que tu tiens dans tes mains à présent. C’est un quilt, cousu à partir de pièces de tissus, avec la technique du patchwork. Quand la guerre a éclaté, Claudia a annoncé qu’elle coudrait des quilts pour les enfants ukrainiens, et des enveloppes, pleines de fragments de tissus, de broderies, de jolis détails, lui ont été envoyés du monde entier. Ces couvertures sont pleines de tout l’amour du monde pour chacun d’entre vous. Elles sont remplies de soutien, de soin et d’espoir tout spécialement pour toi et les autres enfants.

Chaque quilt réchauffe ton corps et ton âme pour que tu ressentes le soutien du monde entier contenu dans chaque pièce de ces tissus.

Dans la ville de Claudia en Allemagne, déjà des réfugiés affluent. Les quilts seront peut-être des cadeaux de bienvenue à ces enfants qui ont tant subi. Ils ne seront jamais trop réconfortés.

🌻

Entre ces lectures, l’angoisse de deux ans de pandémie et la guerre en Ukraine, nous sommes nombreux à perdre le moral. Nous sommes peut-être trop ou trop mal informés – oh paradoxe – pour tenir le coup. Je vous en conjure, tenez bon, agissez sur plusieurs fronts si vous pouvez. Le peuple ukrainien nous montre leur bravoure. Restons forts pour nous, pour eux. Rêvons d’un monde enfin harmonieux et fraternel, en boussole interne.

Si je peux me le permettre aussi, discutez avec les jeunes autour de vous, redonnez-leur espoir, participez avec eux à des actions – en agissant, on aide les autres tout autant que nous-mêmes – pour qu’ils ne sombrent pas dans le noir absolu. La pandémie a été d’une violence destructrice sans nom pour les jeunes. Samedi matin, le désespoir absolu a encore frappé autour de moi.

Comment se soucier encore du Monde quand on apprend en quelques semaines le suicide de plusieurs jeunes autour de soi ? Le désespoir absolu de ces enfants nous plonge dans des abîmes de tristesse, d’incompréhension, d’abattement. A l’incommensurable tristesse s’ajoute la culpabilité de ne pas avoir vu venir la menace du geste définitif. Et pourtant la famille, les proches doivent survivre malgré tout. Les parents n’ont même pas un mot dédié, tellement perdre son enfant, quelle qu’en soit la cause, n’est pas dans « l’ordre des choses ». C’est la souffrance ultime.

A mes amies et leurs familles qui vivent cette épreuve inhumaine.

Aquarelle Cécile Milhau

Des blasons pour Réalmont

Réalmont est une ville moyenne du Tarn, moyenne par sa population (3 500 environ), que beaucoup ne connaissent que superficiellement ; la route entre Albi et Castres, très fréquentée, passe en plein milieu. Dans ces conditions, on loupe ce qui fait le charme de cette bourgade, sa ravissante place, malheureusement trop souvent encombrée de voitures (ah les bagnoles… indispensables mais encombrantes !) :

Place de Réalmont, charmante petite ville du Tarn

Son origine

Il y a 750 ans, le 12 mars 1272, fut fondée la bastide de Réalmont (sous le roi Philippe le Hardi), sur des terres récupérées d’un riche seigneur, bien commodément accusé d’hérésie (pauvres Cathares). Une fois la forêt rasée, la bastide peut être construite, pour regrouper les défenseurs de la foi catholique et du pouvoir royal. D’ailleurs, contrairement à beaucoup d’autres bastides de la région, l’église se trouve sur la place (comme à St-Nicolas-de-la-Grave). Les arcades, les maisons à encorbellement donnent tout le charme pittoresque à Réalmont.

Aujourd’hui

Malgré la route qui la traverse, c’est une ville très agréable, avec de nombreux commerçants – à l’heure où les boutiques ont du mal à survivre, cela se remarque – et 49 associations, entretenant la qualité des liens sociaux. Et Réalmont est pour moi surtout connue pour son club de patchwork, joliment appelé La Courtepointe ! C’est le vivier des quilteuses qui travaillent dur pour que la fête soit belle tous les ans non loin de là à Lacaze, avec ARTPELHOT.

Pour les 750 ans de la ville, les quilteuses se sont employées à créer 15 blasons de la ville pour mieux la décorer lors des festivités à venir !

Blason de la ville de Réalmont (81), décrit ainsi : De gueules à l’arbre posé sur un mont d’argent, au chef cousu d’azur chargé de trois fleurs de lys d’or.

Quelle aubaine d’avoir un arbre majestueux sur le blason ! Les quilteuses s’en sont donné à cœur joie, interprétant l’arbre comme elles le sentaient.

Chaque blason mesure 60 cm de côté. On voit que l’espace créatif, l’Arbre, a inspiré nos amies ! Crédits Photos : Olivier Lehmuller ©

Samedi dernier, c’était la remise officielle des blasons au Maire et à une belle délégation locale, ainsi qu’un journaliste.

Bravo à toutes ! Crédits Photos : Olivier Lehmuller ©

Et aujourd’hui le club a bien légitimement les honneurs d’un réseau d’actualités locales. Tarn me Up (un drôle de nom, peut-être inspiré du tube des Rolling Stones Start me Up ?) en a fait un article très sympa et respectueux du travail des volontaires. Merci à Olivier Lehmuller pour cet article : https://tarnmeup.fr/realmont-des-blasons-en-patchwork-pour-la-fete-de-la-bastide/ .

Allez, je suis sympa, je vais vous mettre en tête cette chanson de notre jeunesse pour la journée (on peut faire sa gym avec Mick Jagger et avoir une pensée pour Charlie Watts) :

Tube de 1981, oui nous étions bien jeunes alors !

Rock’n rollement Vôtre,
Katell

Rappelez-vous, ce blason géant fait en commun pour Lacaze, blocs faits par le Patch d’Oc et montage à La Courtepointe… C’est encore et toujours une idée de Cécile, toujours rock’n’roll !

ARTPELHOT et Quilts météo

De la nouveauté à Lacaze

Femmes et hommes de Lacaze sont d’authentiques éveilleurs, ils protègent les aspects traditionnels de leur terroir tout en favorisant l’installation des jeunes dans le village, pour cette Renaissance du XXIe siècle. C’est aussi une histoire entre copains, entre bénévoles des Amis du Château de Lacaze. Au fil des années, l’Association tout comme la Municipalité se réjouissent toujours plus des apports de Cécile Milhau qui réussit à faire venir des artistes de tous horizons, année après année. Mais comme des merles moqueurs, au lieu de parler des œuvres d’art textiles, ils chantent avec l’accent local – plus qu’ils ne parlent – au sujet de Cécile et ses pelhots, ses chiffons, ses guenilles… Pelhot est le mot le plus péjoratif qui existe en Occitan pour parler de tissus ! Mais ces taquineries viennent de ces personnes aux paroles un peu rugueuses pour mieux cacher leur sensibilité et leur gentillesse…

ART + PELHOT = ARTPELHOT
du patchwork, de la broderie, des arts textiles…

Alors c’est décidé, les festivités d’arts textiles à Lacaze et les environs, organisées par Les Amis du Château de Lacaze, s’appellent désormais ARTPELHOT ! Je le prononce arpéliotte 🙃. Il faudra nous y faire, c’est ainsi 😁. Le blog, hébergé par Les Amis du Château, a vu le jour, c’est par ici : ARTPELHOT. Vous y trouverez les nouvelles des expositions à venir, les découvertes artistiques locales, mais aussi d’ores et déjà les archives de manifestations passées.

Ce merveilleux château Renaissance, construit au pied de la rivière du Gijou, lové dans un cirque montagneux au nord de la Montagne Noire, est dédié aux Arts tout au long de l’année.

ARTPELHOT 2022 et quilts-météo

Les quilts météo vivent leur vie, des quilteuses s’enthousiasment toujours pour ce projet pour la troisième année… Cela augure bien d’autres belles expositions de quilts-météo en France ! Et depuis l’exposition au Carrefour Européen du Patchwork, nos amies allemandes fourmillent d’idées pour faire un Temperature Quilt (le terme anglais, que j’ai préféré traduire pour nous).

Le groupe Facebook reste très actif et toujours aussi sympathique. Nous voyons en ce moment à la fois des quilts 2020 tout juste finis, mais aussi de la cuvée 2021 et, oh joie, de nombreux blocs 2022 ! En voici un aperçu :

Kata Dressmaker
Bribri Barry
Sylvette Bigattin
Son double au point de croix ! Sylvette Bigattin
Martine Naffzger
Cécile Dée
Chantal Ricq
Marie-Odile Prevost, récidiviste très créative !
Elsa Boissier, 2003 !
Je ne compte plus les quilts-météo de notre chère Elsa… Suivie de près par Muriel, Agnès… Les Reines des quilts-météo, qui mettent avec Sophie une ambiance formidable dans le groupe !

Ci-dessus, les premiers pas de quelques quilts-météo 2022 : Audrey Saint-Requier, Maïrrhus la Bretonne, Sylvie Gobert qui suit Danielle Carré (elle aussi Bretonne) avec sa brillante idée de comparer la météo (avec les précipitations !) dans diverses régions de France. Ah que j’aime cette émulation !

C’est prévu, ARTPELHOT dédiera le Temple de Lacaze aux quilts-météo fin juin 2022. C’est un vrai privilège que d’exposer dans ce village dédié aux arts. Nous aurons une nouvelle sélection avec juste 2 ou 3 quilts déjà exposés en 2021. Je lancerai les inscriptions sur ce blog et sur le groupe privé Facebook en mars prochain, de même pour d’autres quilts-météo qui seront, eux, exposés à Paris tout le mois de juillet grâce à Sophie.

La vie est une météo imprévisible.
Claude Lelouch

Le programme estival d’ARTPELHOT 2022 est donc, au Château de fin juin à fin juillet, une exposition des artistes Marie-Christine Hourdebaigt et Dimitri Vontzos, qui nous promettent de belles surprises. Le dernier week-end de juin, les 25-26, ce sera la fête à Lacaze avec, outre l’exposition du Château, les quilts-météo au Temple et l’exposition inédite Éveil de la Ruche des Quilteuses à l’Église.

Vive le monde des arts textiles !
Katell

Violet, lilas, mauve, pourpre, parme, lavande ou améthyste…

Tissons ensemble
Joie et Lumière pour 2022 !

Que retenir de 2021 ? Assurément des constellations de belles étoiles ont facilité les expositions de La Ruche à Lacaze, du collectif Quilts Météo au Carrefour Européen du Patchwork et une sélection des deux au Salon des Tendances Créatives de Toulouse. De bien Belles Étoiles ont aussi brillé au stage d’Arcachon et à la JA FP16 à Ligné, enfin les Abeilles de la Ruche et tant d’amies quilteuses illuminent ma vie… Pour le reste, les dissonances de la vie n’épargnent personne, chacun le sait. Ce sont les circonstances pour apprécier ce que nous avons, et continuer son chemin⭐.

Si tirer le tarot est l’apprentissage d’une vie, les jeux d’oracles permettent une distraction facile à mettre en œuvre. Mon dernier tirage de l’année 2021 (l’oracle du Scarabée d’Or, Anne Ghesquière) montre un résumé qui me semble pertinent : les constellations composées d’autant de sœurs de sang et de cœur, la merveilleuse Hildegarde, ma guide en écosophie (sagesse de la nature) et bien plus, la pleine présence pour insister sur les énergies qui nous relient, et le chaos, bien présent en 2021, un point de départ vers une nouvelle harmonie ?

Les Couleurs pour l’Année 2022

2022 commence d’une manière incertaine, dominée encore par le Covid19 qu’on maîtrisera… ou pas. Or, les faiseurs de tendances ont choisi à l’unisson deux nuances de violet comme Couleur de l’Année, : est-ce parce que cette couleur fait naître tant d’émotions contradictoires et incertaines ? Alors mon premier article de l’année, comme les années précédentes, est consacré à cette couleur divulguée en décembre dernier.

The Color Purple, livre d’Alice Walker puis film de Steven Spielberg. Ici les protagonistes sont dans un champ de cosmos. L’une d’elles dit que Dieu a créé la couleur pourpre pour faire de la beauté qui rend heureux… Et « ça fait râler Dieu si on marche dans un champ de fleurs pourpres et qu’on ne remarque même pas sa beauté »
Pantone (présentation de cette société ici) a choisi pour sa part une nuance bien plus froide du violet, qu’on retrouve en abondance dans les fleurs printanières (muscaris, pervenches, violettes, pensées, crocus, iris et tant d’autres). Et bien souvent, au cœur de ces fleurs, nous avons une touche jaune, contraste parfait ! La nature est si bien faite.

Le violet est la couleur énigmatique par excellence, mélange de rouge et de bleu, de chaud et de froid, de danger et d’innocence, d’activité et de passivité, de pouvoir et de soumission, de colère et de calme, d’excitation et de constance. Bref, tout peut arriver avec le violet 💜.

La couleur de l’année n’est pas choisie au hasard pour créer une mode ; elle est la synthèse de nombreux indices trouvés les mois précédents dans les choix de couleurs chez les stars, dans les rues, dans les publicités de divers pays.

Déjà le 20 janvier 2021, la Vice-Présidente des États-Unis portait la future couleur de l’année 2022 ! (photo Gabrielle Lurie / The San Francisco Chronicle via Getty Images)

J’ai vu dans des sorties en librairie, juste avant l’annonce des Couleurs 2022, la confirmation que c’était « dans l’air du temps » :

S’entourer de violet dévoile probablement une envie de spiritualité et de recherche des énergies invisibles. Dans la médecine ayurvédique, l’indigo, bleu nuancé de violet, représente l’intuition, l’imagination, le 3e œil (6e chakra). Le chakra violet pourpre, le 7e et dernier, se trouve juste au sommet de la tête ; équilibré, il favorise la sagesse spirituelle et une connexion avec l’univers. Telle est l’ampleur spirituelle de cette couleur !

Le 7e chakra est représenté par un lotus aux mille pétales.

Violet, lilas, mauve, pourpre, parme, lavande ou améthyste…

Lors du lancement de cette couleur sur les réseaux sociaux, j’ai lu autant de beurk que de youpi. Pas de demi-mesure ! Commençons par quelques peintures de Paul Klee, pour entrer dans l’ambiance :

Fish Magic, Paul Klee, 1925
Lune brillante, Paul Klee, 1919
Paysage d’hiver, Paul Klee, 1923
Paysage du passé, Paul Klee, 1918

Les touches jaunes ou blanches sont omniprésentes dans ces tableaux pour accompagner les nuances de violet, pourpre, indigo…

Pour tenter de convaincre les réticentes que le violet peut être une couleur gaie et intéressante en patchwork aussi, je vous invite à une petite galerie de quilts de Jill Fisher que j’admire beaucoup. Sa couleur préférée étant le violet dans toutes ses nuances, il ne m’a pas été difficile de trouver de très beaux quilts à vous montrer ! On peut les voir sur son blog https://pieladyquilts.blogspot.com/ mais elle nourrit bien plus régulièrement son compte instagram @pieladyquilts.

Crackle, Jill Fisher @pieladyquilts
Riffle, dominante cosmos, Jill Fisher @pieladyquilts
Coussin bleu-violet, Jill Fisher @pieladyquilts
Coussin Orchidée, Jill Fisher @pieladyquilts
Récapitulatif de quilts faits avec la couleur Pantone 2018 (violet vif), Jill Fisher @pieladyquilts

Cela peut vous réconcilier avec cette gamme de couleurs ! J’avoue qu’il faut de la maîtrise pour qu’un quilt violet soit réussi – Jill Fisher y arrive formidablement bien. Si vous êtes sur Instagram, suivez Jill pour voir comment elle interprétera le violet cette année… et qui sait, vous lancer ?

Il faut faire ce qu’on ne croit pas pouvoir faire.
Baruch Spinoza

Notre chère amie Hélène Vié, fondatrice de La Maison de la Violette, valorise la violette toulousaine depuis plus de 25 ans, un parcours qui force l’admiration ! Photo DDM VALENTINE CHAPUIS

Grâce à la violette de Toulouse et aussi la symbolique spirituelle de cette couleur, Betty (la Reine des Pine cone quilts) m’associe au violet – pour mon plus grand plaisir ! Cette famille de couleurs est volontiers appelée purple en anglais :

Si vous comprenez l’anglais, Betty fait ici la description détaillée de ses choix de couleurs pour ce quilt qu’elle m’a offert 💜💜💜
Ce quilt est un chef d’œuvre qui m’est dédié. Il se nomme Purple Katell Pine cone quilt. Vous avez sa description par ici en anglais.

La Ruche des Quilteuses aux couleurs de l’Année

Cela devient une tradition, Kristine prépare une bannière pour janvier, souvent avec une des couleurs de l’année :

Bee Kristine nous offre cette année non pas une, mais deux bannières !

Laquelle préférez-vous ? Difficile, n’est-ce pas !! En raison de mon lien indéfectible avec Betty, je choisis la seconde 💜 ! Elle nous accompagnera plusieurs semaines en tête de blog.

Le secret du violet épanoui réside dans son accompagnement. Il révèle sa beauté avec du blanc et sa lumière pure, du turquoise, du rose, certains verts, et il est l’écrin parfait du jaune ! Plein de sagesse, le violet est le faire-valoir de l’illumination. Illuminons donc 2022 de belles couleurs et de perspectives joyeuses malgré tout, tissons 2022 de joies et de lumière 💜⭐💜🌞💜

Nous allons ensemble nous changer les idées avec des articles qui dépaysent… et toujours un fil conducteur textile bien sûr !

N’attendons pas ! Dès mardi, nous emprunterons un chemin mythique avec Lucie… Le premier jalon d’une belle année à passer ensemble !
Katell

Si vous voulez que la vie vous sourie,
apportez-lui d’abord votre bonne humeur.
Baruch Spinoza

Bee Kristine

À l’infini ∞

Une joie infinie nous habite dès lors que nous nous retrouvons, nous amies quilteuses. Je ne peux établir aucune hiérarchie entre mes rendez-vous avec vous, ils se sont succédés et partout, les sourires, avec ou sans masque, réchauffaient les cœurs.

J’ai déjà évoqué le week-end enchanteur à Lacaze en juin, la magie de l’exposition des quilts météo au Val d’Argent, tout évoquait un état surnaturel tellement nous avions été privées de rencontres…

J’ai eu la chance ensuite de pouvoir aller à Nantes Pour l’Amour du Fil avec Kristine, où nous avions rendez-vous avec Annie et Cécile :

Nous sommes ici au Coin des Blogueuses. On le voit, le Royaume-Uni était à l’honneur, avec les drapeaux en banderole ! Le blog de Cécile montre toutes les expositions, un enchantement !

Quelques jours après, mon premier stage depuis janvier 2020, dans un endroit idyllique : Arcachon !

Le patchwork créatif et improvisé a enthousiasmé les adhérentes de FP33-47 ! Une belle équipe réunie par Nadine Meyssonnier, l’envie de devenir amie avec chacune d’entre vous, Mesdames… Merci pour ces journées que vous avez ensoleillées tout autant que le cher vieux Soleil !

Il y eut ensuite le Salon des Tendances Créatives de Toulouse, à l’invitation complètement inattendue pour cette année — nous n’avons pris la place de personne, nous avons rempli l’espace ! Pour la première fois, outre un nombre relativement élevé de femmes, plusieurs hommes ont manifesté leur envie de commencer le patchwork… mais de façon créative et indépendante. Attendons quelques années, nous verrons peut-être surgir leurs ouvrages !

Enfin, last but not least (le dernier mais pas le moindre), ces derniers jours ont été intenses avec le Festival de Ménigoute (79), qui réunit chaque année 30 000 passionnés de Nature. Pour la première fois, j’y étais, grâce à un bon concours de circonstances… La bonne étoile des quilteuses ⭐ nous a réunies, c’était le rêve de Marmotte Rousse…

Exposition de Béatrice Bueche, avec Michelle Braun et Marmotte Rousse : quand les Alsaciennes viennent dans le Sud-Ouest, ça fait des couleurs sur les murs et du bruit dans les couloirs !

Tout le monde parlait de cette exposition : mais oui, c’est du tissu !! Nous étions entourées de personnes habituées aux circuits des arts habituels (dits majeurs…) et cet art textile les a enthousiasmées au-delà de ce qu’on peut imaginer. Le stand ne désemplissait pas, beaucoup de personnes venaient et revenaient… surtout des hommes ! Le talent de la solaire Béatrice a touché le cœur du public, rêve réalisé et mission accomplie.

Nous avons eu le temps d’avoir de très belles conversations et de grands éclats de rire toutes quatre. Nous avons aussi parlé de ce qui nous anime, et aucun téléphone ni écran n’aurait pu remplacer ces échanges cœur à cœur et les yeux dans les yeux.

Même si l’éclairage était parfait pour le public, mes photos faites au smartphone ne rendent pas du tout justice à la féerie de chaque tableau de Béatrice Bueche.

Et samedi dernier, c’était notre première JA post-Covid en Charente, à une bonne heure de Ménigoute. Revoir Corine, la déléguée FP16, m’a fait un immense plaisir, nous qui nous croisions depuis des années, juste pour quelques instants ! Enfin, nous avons passé une journée ensemble, même si nous étions chacune bien occupées. Le club de Ligné offre une très belle salle aux murs de pierres claires, une splendide luminosité… et la joie se lisait sur chaque visage. Nous avons tellement vécu dans l’instant présent que nous n’avons même pas songé à faire une photo de nous ensemble…

Samedi dernier, j’ai embarqué les adhérentes FP dans un voyage dans l’espace et le temps, à la rencontre des Amérindiens, les premiers peuples de cet immense continent. J’ai notamment partagé mon admiration pour la peintre canadienne Leah Dorion.

Le symbole de l’infini se trouve souvent sur ses tableaux, tout comme d’autres signes symboliques qui signifient beaucoup pour les Peuples Premiers.

Les liens tissés avec toutes ces personnes rencontrées après les épreuves dues au covid sont l’éclatante preuve que nous sommes des êtres sociaux et que la bienveillance fait un bien fou ! Au contact des autres, nous nous épanouissons de nouveau, telle une plante déshydratée après une pluie salvatrice.

L’infini chez les Métis

La peintre Leah Dorion est Métisse, mais pas exactement dans le sens où vous le comprenez. Les Métis sont un peuple du Canada, ayant une part d’origine autochtone et une autre part française ou écossaise. Oui, des hommes français et écossais, marchands de fourrure, se sont assimilés en se mariant avec des femmes locales dans les années 1700 et leurs descendants forment une culture originale. Ils sont reconnus comme un des 3 peuples autochtones du Canada (les Amérindiens, les Inuits, les Métis).

Le drapeau métis est le plus ancien du Canada. Tantôt sur fond bleu (à l’origine pour les descendants français) tantôt rouge (pour les Ecossais), le signe distinctif est le symbole de l’infini, en blanc. C’est tout d’abord la réunion de deux cultures, européenne et amérindienne, devenues solidaires pour toujours et à jamais, à l’infini. C’est aussi le symbole de l’immortalité de ce peuple et cette culture, qui continue de lutter pour ses droits.

Le drapeau Métis existe depuis 1816, celui du Canada sous cette forme seulement depuis 1965 (oui !!)

A présent, le fond bleu représente officiellement tout le peuple Métis, et le fond rouge la part qui se trouve dans l’Alberta.

Vers l’infini et au-delà

Je viens d’apprendre que cette phrase, To Infinity and beyond, doit sa gloire à Buzz l’Éclair dans Toy Story !

La notion d’infini est à la fois mathématique, métaphysique et poétique. La première fois qu’on y est confronté, c’est quand on apprend à compter : 1, 2, 3… Mais cela ne s’arrête jamais !!

On peut regarder aussi regarder le ciel étoilé pour ressentir une idée de l’infini… ou cet escalier conçu en 1958 par Lionel Penrose (le père de Mr. Penrose de la Passacaglia !) :

On peut monter ou descendre à l’infini, sur un escalier « fini ». Nous sommes trompés par notre perception de la perspective…
Crédit photo Mathieu Nauleau

L’infini, c’est long, surtout vers la fin.

L’actualité nous a appris la semaine dernière que Mark Zuckerberg s’appropriait le symbole mathématique de l’infini comme sigle de son nouveau groupe. C’est signe de l’infinie ambition de ce groupe qui nous prépare un avenir fondé sur les relations virtuelles. J’ai tellement expérimenté la différence avec mes récentes rencontres « en vrai » que cela m’effraie ! Je crains aussi un monde où le wokisme serait roi. Etre woke, c’est être éveillé, en particulier pour le respect des différences, ce que je soutiens évidemment, mais cela devient une propension à régresser intellectuellement et socialement, préférant les segmentations, les divisions systémiques plutôt que l’acceptation de la différence et l’harmonie entre tous… ce qui est ma vision idéale du monde, le hozho des Navajos, ou l’utopie de John Lennon :

Tout le monde connaît cette chanson, vous pouvez lire ici les paroles traduites en français.

La part cachée du Monde

Vers l’infini et au-delà avec Meta, le nouveau nom du groupe Facebook, cela m’inquiète et m’amène à vous conseiller un livre édité dans une petite maison d’édition que j’aime beaucoup : La Mer Salée. Ils sont à Nantes et soutiennent l’idée utopique d’un monde audacieux, humaniste et écologique, en éditant des écrivains qui ne suivent pas les idées majoritaires. J’ai découvert cette maison d’édition avec Siècle Bleu, de Jean-Pierre Goux.

L’utopie est la vérité de demain.
Victor Hugo, Les Misérables (1862)

L’homme est fait pour rêver, c’est-à-dire pour combattre et non subir. Et surtout, l’homme est fait pour la poésie. Or, l’utopie est poétique. Et la poésie aura toujours raison contre le réalisme.
Jean-Christophe Grangé, Miserere (2008)

Soyons les moutons noirs du wokisme !

Quand le réchauffement climatique n’est plus une éventualité mais une réalité, on se demande dans quel monde nous vivrons prochainement. On sait aussi que la diversité de notre monde vivant se réduit de manière alarmante. Je viens de lire plusieurs romans et essais sur le sujet, et celui que je préfère vous présenter est La part cachée du Monde, d’Ève Gabrielle.

Devant mon quilt « Ensemble malgré tout » fait pendant le premier confinement, le livre d’Ève Gabrielle trouve sa place. Tant d’émotions dans ce livre…

Ce livre est partagé en deux, tout comme la France l’est par La Déchirure, une frontière réputée infranchissable, dans cette fiction du futur proche. Nous commençons par vivre avec Sienne et Vincent, sœur et frère, dans le monde du Nord où tout est désespérant. Greenlife – une sorte de Google ou Meta ? – s’est mis à tout diriger, à la suite de l’effondrement du système bancaire et du gouvernement. On étouffe, on gémit dans ce système où on gagne sa vie en ramassant les déchets de plastique de notre époque. Et bien sûr, un bracelet connecté nous surveille… Les habitants subissent la dure loi de la gouvernance numérique. Une vraie dystopie (fiction décrivant un monde utopique sombre).

Mais Sienne et Vincent réussissent à passer La Déchirure, la Frontière, pour aller à la recherche de leur grand-mère qui aurait, dans un livre de botanique en possession de Sienne, caché un moyen de sauver le monde. Ils découvrent en Aveyron un monde résilient, pas parfait, mais qui a surmonté les écueils majeurs du dérèglement climatique grâce au génie humain au service de solutions simples et futées. Ils sont woke, éveillés, mais dans le bon sens !! Un bel espoir dans cette partie utopique optimiste, qui fait la part belle aux relations humaines positives, à la créativité et aux talents de chacun.

La renaissance des arbres offre une pure joie au printemps ! Ils accompagnent ici les miens en textile, offerts à ma sœur Véronique.

A nous de choisir le chemin de notre futur, au Nord ou au Sud de La Déchirure… Là où on plante des arbres génétiquement modifiés, ou bien là où on les soigne et où on communique avec eux…

L’idéogramme chinois signifiant Crise est en deux parties : danger + opportunité

Je ne vous ai pas dévoilé beaucoup plus que ce que nous dit l’éditeur ou la 4e de couverture, tout reste à découvrir au cours de votre lecture. En plein dans la période de la COP26, nous comprenons à quel point des décisions fermes sont à prendre, ce n’est pas une option. Il sera sans doute difficile de renoncer à notre routine confortable, mais l’effort sera moindre si nous réussissons à choisir les meilleures voies de changements et de progrès, axées sur des choix vraiment pertinents, pragmatiques et bien expliqués (le livre Réaliste de Bertrand Piccard, éditions Stock est écrit dans ce but). Pour évoluer dans le bon sens, le monde aura besoin de pédagogie, de réalisme, de progrès maîtrisés, certes. Mais un rapprochement avec les lois simples du vivant, l’utilisation raisonnée des trésors de la nature, sont incontournables. Jamais peut-être l’humanité n’a eu un si grand défi à relever, on peut en ressentir un vertige infini, mais on n’a pas le choix, il faut s’y attaquer avec maîtrise et enthousiasme !

Si nous ne tuons pas la Nature, Elle nous sauvera.

Entre Alerte et Espoir, le livre d’Ève Gabrielle a bien trouvé sa place !

C’est avec ce livre plein d’espoir que je vous quitte momentanément, mais vous ne vous débarrasserez pas de moi, je reviendrai bientôt ! J’ai envie simplement de faire une pause dans l’écriture, pour retrouver la voie de la créativité dans mon atelier.

Avec ma sincère amitié,
Katell 💚💚💚

Salon Tendances Créatives à Toulouse

Mais oui, la vie culturelle reprend, quelle joie !

Nous avons adoré reprendre contact avec les quilteuses occitanes à Lacaze dans le Tarn, puis à Lacapelle-Bleys dans l’Aveyron cet été, en septembre nous avons voyagé en Alsace puis à Nantes : partout, le soulagement que les activités reprennent ! Partout, des personnes chaleureuses, avec le paradoxe de moins de contacts physiques (finie, la bise !) mais bien plus de connexions de cœur à cœur.

Partout aussi, on entend que bien des personnes ont perdu le goût du patchwork et le goût de vivre. Ces derniers 18 mois ont été ravageurs pour le moral, quand ce n’est pas pour la santé-même. Il est grand temps de remonter la pente, de revoir celles et ceux qui vous font du bien, de faire d’ailleurs un vrai tri des personnes. C’est votre vie, rendez-la la plus belle possible.

DIY, do-it-yourself, ce n’est pas très français… Alors on assume et on dit à présent Faire Soi-Même ! Peut-être qu’un jour tout le monde comprendra l’acronyme FSM…

C’est le moment de remotiver les amies de notre entourage, partout en France les Salons régionaux reprennent ! Aujourd’hui, laissez-moi vous présenter celui de Toulouse, qui renaît littéralement :

Le Parc des Expositions du Ramier à Toulouse n’existe plus. 13 hectares sont libérés de la gangue de béton et de macadam pour en faire notamment un Central Park toulousain. Lors de la dernière édition du Salon des Tendances Créatives, nous y avions un stand pour faire connaître BeeBook, tout beau tout neuf… C’était en 2019, c’était il y a si longtemps…

Pour remplacer ce lieu devenu obsolète, le MEETT, vaste complexe d’expositions, de conventions, de réunions, a été construit au nord-ouest de Toulouse, permettant une circulation fluide par la rocade de la Voie Lactée, celle qui passe par le centre commercial de Blagnac, et un parking très aisé (ah les tours et détours pour trouver une petite place autour du vieux Parc…). Le très vaste parking est au-dessus des salles d’expositions, c’est immense (notez où vous avez laissé votre voiture !), c’est à l’abri, c’est idéal. Les transports en commun sont au cœur du dispositif d’accès : le tramway commence au Palais de Justice au centre ville, puis les Arènes, Purpan, centre de Blagnac, et enfin le MEETT. Vous avez aussi le bus n°30 qui vous mène au pied du bâtiment. Il faut 44 mn de terminus à terminus, 35 mn à partir des Arènes.

Le MEETT se trouve sur la commune d’Aussonne, à 13 km à vol d’oiseau de Toulouse, au nord-ouest. Accès et plan ici.

Pour nous, les Abeilles de la Ruche, c’est idéal, nous habitons du bon côté de Toulouse pour y accéder !

Un vrai coup de jeune souffle sur le Salon, avec de nombreux ateliers pour apprendre de nouvelles techniques (ou des anciennes remises au goût du jour) ; les ateliers sont concentrés jeudi 14 octobre :

Les commerçants nous accueilleront avec leurs meilleures fournitures, leurs nouveautés… Quelle joie de retrouver nos amies toulousaines Martine et Hélène de Quilt & Patch, Émilie et Damien de Neelam, mais je ne peux les citer tous, voyez ici la liste !

Le Salon ne serait pas complet sans des expositions ! France Patchwork exposera les quilts du concours national « Carrément Crazy », dévoilés le mois dernier au Carrefour Européen du Patchwork, avec l’extraordinaire portrait réalisé par un membre allemand de notre association :

Œuvre de Dieter Filler, qui a été choisie comme emblème du Carrefour Européen du Patchwork 2021. Splendide !

Ce Salon fera la part belle aux hommes de l’art. Outre Dieter Filler, ce sera l’occasion de découvrir la virtuosité d’un brodeur, ancien apprenti à Lesage, Nicolas Jover, ainsi que le plumassier Yannick Delplace. Que de découvertes en perspective !

La Ruche des Quilteuses expose au MEETT

La fête sera complète pour nous, pour vous aussi j’espère, car nous avons été invitées à exposer des quilts de La Ruche des Quilteuses, des quilts vus sur notre blog, avec quelques-uns inédits. Vous nous connaissez, nos quilts ne sont pas des prouesses qui visent des concours, ils nous accompagnent dans nos vies, font plaisir à nos proches… Nous aimons nous inspirer de quilts traditionnels, tout comme de l’art moderne. Nous aimons improviser, c’est-à-dire commencer un quilt sans savoir où nous allons aboutir… c’est un voyage plein de sensations, de souvenirs… Et ce que nous aimons par-dessus tout, c’est jouer avec les couleurs, nous faire plaisir avec simplicité ! Nous serons très heureuses de partager notre passion avec vous.

Des Quilts-Météo au MEETT

Ce n’était pas prévu, c’est d’autant plus excitant ! Plusieurs quilts-météo qui furent exposés au Carrefour Européen du Patchwork n’ont pas été encore rendus… Pour vous les Occitanes, nous avons obtenu la possibilité d’exposer une sélection de ces quilts, avant leur expédition. C’est une vraie opportunité d’aborder ce nouveau concept, de préparer en groupe, en club ou en solo votre quilt-météo 2022 ! Nous serons présentes, près des quilts-météo ou dans notre galerie, pour vous expliquer le principe en détails. Je peux d’ores et déjà vous annoncer que Christophe Hénault, bien connu dans la région pour ses quilts comme ses broderies, a accepté que le sien soit exposé, avant de l’offrir à son neveu 😊. Un homme de l’art de plus au Salon !

L’année prochaine, en juin 2022, une autre exposition de quilts-météo aura lieu à Lacaze (Tarn), avec la nouvelle vague de quilts inédits. Encore du plaisir en perspective !

Surprise au MEETT

OH ! Mais que cache cette surprise ?

La vie offre parfois des opportunités à saisir, et nous avons voulu accompagner un événement culturel qui se déroulera prochainement chez nous, avec notre coup de projecteur en fils et en tissus… pour notre plus grand plaisir !

La clé du mystère sera dévoilée au Salon dès jeudi 14 octobre, et ce même jour dans ce blog.

Faites-vous plaisir,
retrouvez le chemin des Tendances Créatives !

Faites du bruit,
parlez-en autour de vous !

La billetterie en ligne est ici. Un pass sanitaire sera demandé à l’entrée. N’ayez crainte, aucun événement récent n’a causé de cluster (foyer épidémique), chacun garde son masque, se lave les mains et tout va bien !

Amis d’Occitanie mais aussi de plus loin, j’espère vous rencontrer en nombre à ce Salon tout beau tout neuf, signe d’une Renaissance !
Katell

A la semaine prochaine !

Chez les Girls de Nantes

Virevoltantes avec leurs robes qui tournent, so british avec leurs imprimés fleuris, les pimpantes Girls de Quiltmania vous accueillent jusqu’à ce soir au bord de l’Erdre, la plus jolie rivière de France, sur laquelle je faisais de la voile à mon adolescence…

Nantes que j’aime, pour maintes raisons…

J’y ai passé deux journées formidables. Tant d’amies rencontrées et de nouvelles connaissances ont rendu ce séjour inoubliable ! Le lieu convivial par excellence est le Coin des Blogueuses, encore plus agréable qu’avant, avec des fauteuils recouverts de quilts bien douillets, des tables pour tirer l’aiguille ou s’installer pour papoter… Je ne m’en suis pas privée, et merci à toutes celles qui sont venues me faire un petit coucou ! Nous renouvellerons ce rendez-vous.

C’est l’autre Lieu Unique (clin d’oeil à l’usine nantaise des biscuits LU, devenu Lieu Unique). Muriel, Cécile attirent beaucoup de monde et partagent leurs connaissances avec générosité. Les quilteuses et les blogueuses défilent, prennent du temps pour échanger les nouvelles, commenter les découvertes du Salon… Malgré les masques, on voit des sourires partout !

En ces temps difficiles, bien des commerçants n’ont pas pu venir, souhaitons-leur de se refaire une santé bien vite. Je crois qu’en revanche, ceux qui sont présents ne regrettent pas leur venue, les quilteuses ont besoin de renouveler leur réserve, n’est-ce pas ? Quel plaisir de revoir l’ébullition d’un Salon !

Les associations qui comptent sont présentes. J’aime toujours le stand de France Patchwork 44 :

Guldusi nous booste toujours, avec ses utilisations créatives des célèbres petites broderies afghanes. Pascale et Martine sont fidèles au poste et elles ont eu la gentillesse de faire un stand complètement différent de celui de Sainte-Croix-aux-Mines : encore et toujours de la variété !

Dans une exposition, on trouvait aussi 12 cœurs de Guldusi, mis élégamment en scène par Michèle Beugnon que j’admire toujours, avec son raffinement intemporel :

Je n’ai pas commencé par le commencement, l’accueil est royalement British :

Dès l’entrée, le ton so british est donné : on tourne et retourne autour de l’incroyable performance d’une tricoteuse du nord de l’Angleterre, Margaret Seaman, 92 ans. Elle a mis à profit son temps durant le confinement pour créer cette extraordinaire interprétation de Sandringham, une résidence de la Reine ! De très belles photos par ici. Plus qu’une œuvre juste pour le plaisir, elle est conçue pour lever des fonds pour les hôpitaux.
L’ensemble est époustouflant. Que dire des détails ? Quelle bonne idée d’avoir fait, par exemple, les saules pleureurs en laine détricotée, pour garder les frisottis ! Photo BBC News

Côté expositions, défi relevé malgré le Covid et le Brexit : les Anglais et Anglaises ont pu venir malgré tout 😀. J’ai bien aimé voir les œuvres textiles d’Anne Perry, car aucune photo ne peut rendre ses textures. Mais c’est surtout la fabuleuse collection de Christopher Wilson-Tate que je retiendrai, comme tout le monde je pense.

Christopher Wilson-Tate, né au Nord-Est de l’Angleterre, est antiquaire et l’un des plus grands collectionneurs de quilts anciens. Sa collection personnelle s’élève à environ 800 quilts, dont 600 sont de Grande-Bretagne et d’Irlande.
Il a vendu environ 15 000 quilts dans sa vie…

Les Anglaises, les Galloises, malgré la fraicheur de leur climat, ne mettaient pas toujours du molleton ou de la laine sous leurs tops, loin de là ! L’habitude de faire du patchwork précisément à l’anglaise, avec des papiers comme gabarit qu’on enveloppe, encourageait à doubler les tops sans travail de quilting. J’avais déjà évoqué ceci avec Jane Austen et son coverlet. A vrai dire, les quilts exposés viennent surtout de femmes aisées qui avaient le temps de faire ces extraordinaires jetés de lit ! Ils sont immenses. On imagine bien des femmes de plusieurs générations, réunies l’après-midi, tirant l’aiguille et s’interrompant pour leur five o’ clock cup of tea, avec peut-être des sandwichs au concombre !

Un des quilts les plus captivants de la collection…
Je le dis avec ces cœurs : ne soyons jamais trop péremptoires sur ce qu’il faut faire ou pas : l’appliqué à cru (sans marge de couture rentrée) est considéré comme moderne, parfois comme scandaleusement incorrect : cet appliqué prouve le contraire, ce n’est pas nouveau et ça tient au fil des ans !

J’ai tout aimé. Le sens extraordinaire des couleurs de Pamela Goecke Dinndorf, les impeccables quilts de Petra Prins, les trois Japonaises (oh my God, que de merveilles…) mais vous verrez ailleurs les photos et vous pouvez acheter les très beaux livres de Quiltmania où les couleurs sont bien mieux rendues que mes photos-souvenirs…

J’avais déjà acheté ce livre par correspondance, mais voir ses quilts « en vrai » m’ont éblouie. Etsuko Ishitobi est l’évidente héritière de Shizuko Kuroha, ma quilteuse japonaise préférée depuis 25 ans !
Mes grandes amies Annie (Des Tulipes et des Cœurs) et Kristine avec sa veste en chutes de liberty, so British elle aussi, admirent un des chefs d’œuvre de Etsuko Ishitobi.

Cerise sur le gâteau, Alison Glass, que j’admire beaucoup, représente la mouvance des quilts modernes. C’est beau ! Ses nouvelles gammes de tissus sont à l’honneur.


Le monde du patchwork apporte tant de joies…
Un peu de repos après ces folles journées, puis rendez-vous avec Alice lundi !
Katell

Bientôt les quilts-météo en Alsace !

Aujourd’hui lundi 6 septembre, c’est J – 10 !

2020, avec son élégante parure de chiffres joliment agencés, fut une année que personne n’oubliera, pour une raison que nous n’aurions jamais imaginée : une pandémie mondiale, digne des plus fous scénarios hollywoodiens ou des écrivains les plus originaux – ce dont nous nous serions bien passé.

2020 en patchwork appliqué, vu par Kristine

Dans ce contexte, mon idée de prendre date du dérèglement climatique en faisant un quilt-météo 2020 est passée au second plan. Et pourtant, en France, nous avons effectivement souffert de la chaleur et de la sécheresse l’année dernière : cela se voit bien avec des records enregistrés en couleurs sur nos quilts ! A vrai dire, celles qui le font à leur tour, jour après jour, cette année, n’ont pas du tout le même résultat estival : pas de température exceptionnelle à l’horizon 2021. Ce sont les aléas de la météo justement, le temps qu’il fait peut s’éloigner ponctuellement des rails de la moyenne, dans un sens ou un autre. Quand on observe le climat, il faut plus qu’un exemple, plus qu’une année.

Le climat est ce à quoi on peut s’attendre, le temps est ce que nous avons.
Mark Twain.

La météo est une science qui permet de connaître le temps qu’il aurait dû faire.🙃
 Philippe Bouvard

Je reviendrai un jour sur ce sujet qui me préoccupe tellement.

La Terre est bleue comme une Orange

Pendant le premier confinement, j’avais suivi le challenge France Patchwork Ensemble malgré tout. La couleur orange m’avait rappelé le célèbre vers d’Éluard et inspiré les mots Fragile et Audace, vous pouvez relire l’article ici.

Rencontre poétique entre Paul Éluard et Antonio Machado.

Ce que je n’avais pas dit, c’est que Bee Évelyne avait aussi brodé ce vers de Paul Éluard sur son projet de quilt-météo ! Il accompagne une strophe d’Antonio Machado. Ces deux poètes illustrent la double culture de mon amie. Je me permets d’ajouter ici ma traduction de ce magnifique poème espagnol, qui évoque les longues marches qu’Évelyne affectionne tant mais aussi le chemin de la vie que chacun se crée :

Toi qui marches, ce sont tes traces
qui forment le chemin, et rien d’autre.
Toi qui marches, il n’y a pas de chemin,
le chemin, on le trace en marchant.
En marchant on trace des chemins,
et lorsqu’on regarde en arrière,
on aperçoit un sentier sur lequel jamais plus
on ne marchera de nouveau.
Toi qui marches, il n’y a pas de chemin,
Juste des sillages sur la mer.

Antonio Machado,
extrait de Proverbios y cantares, Campos de Castilla, 1917

Il existe probablement de meilleures traductions que la mienne… On peut traduire Caminante par Voyageur, Marcheur ou bien Cheminant… J’ai opté pour Toi qui marches.

Sous la sphère poétique, des expressions françaises multicolores…

Évelyne est une personne souriante, piquante, ne se prenant pas au sérieux et pourtant toujours si juste, si sensitive, si pertinente. Son quilt est comme elle, original, personnel, unique ! Elle a suivi les tendances des températures mais a privilégié la météo de sa vie au fil des jours, en parallèle avec les phases de la Lune, comme un hommage à la féminité. Sa carrière au service de la santé des femmes et leurs bébés – en maternité en milieu hospitalier – n’est pas un hasard non plus…

Si vous voyez des jours en tissus imprimés d’abeilles, c’est que c’est une journée de Ruche des Quilteuses, mais certaines broderies sont des jalons du chemin de sa vie, et nous n’en saurons guère plus…

Ce quilt a été sélectionné pour sa beauté et son originalité, comme les 29 autres quilts-météo 2020 que vous découvrirez dans une dizaine de jours au Val d’Argent !

L’étiquette au dos résume tout !

Val d’Argent…

Ce si joli nom désigne une des plus longues vallées des Vosges côté alsacien ; l’exploitation des mines depuis le Xe siècle (argent, cuivre, arsenic, cobalt, plomb…) a profondément marqué la vie locale. La vallée est aussi une des régions les plus boisées de France, atout majeur pour le tourisme. Et, au hasard des balades, on peut approcher des sites naguère consacrés à des pratiques druidiques…

Mais ce qui fait que le Carrefour Européen du Patchwork existe au Val d’Argent, c’est la célébration des 300 ans du mouvement religieux Amish à Sainte-Marie-aux-Mines en 1993, avec l’exposition de la collection de quilts amish du collectionneur Jacques Légeret. Les Amish, communauté chrétienne issue d’Anabaptistes suisses et alsaciens, vivaient dans des fermes de cette vallée, avant de décider d’émigrer vers le Nouveau Monde, pour y jouir d’une plus grande liberté d’exercer leur religion. C’est en Amérique que les femmes commenceront à créer des quilts au cours du XIXe siècle à partir des tissus de laines teints, les mêmes que pour leurs vêtements. Ce sujet passionnant est longuement traité dans les livres de Jacques Légeret, que je vous recommande chaleureusement. Un dossier sur les Amish se trouve également sur le site du CEP.

Après le succès planétaire de cette exposition en 1993, le Carrefour Européen du Patchwork s’est développé et accueille chaque année une sélection de ce qui se fait de mieux dans le monde des Arts Textiles. Vous pouvez trouver le programme complet 2021 sur le site du CEP : expositions, conférences, cours, espace commercial bien sûr aussi…

C’est pourquoi je suis tellement honorée de présenter la première exposition mondiale de Temperature quilts, rebaptisés quilts-météo en français ! Elle vous séduira par sa créativité et la qualité de ses réalisations.

Les quilts-météo de 29 quilteuses et un quilteur seront exposés lors du Carrefour Européen du Patchwork à Rombach-le-Franc, du 16 au 19 septembre – 9h30-18h.

J’assurerai une visite guidée tous les matins à 10 heures en français, avec la possibilité d’un dialogue questions-réponses en anglais et en allemand. Solidarité du groupe : les visiteurs feront connaissance avec plusieurs exposantes qui offriront de leur temps pour me permettre d’aller aussi visiter les autres expositions… Merci à chacune 🥰

J – 10 !

Inévitablement se pose la question des conditions sanitaires. Vous pourrez entrer dans les salles d’expositions avec votre ticket d’entrée ainsi que votre pass sanitaire (tous les détails sur internet). Nous veillerons à ce que, malgré ces contraintes, la bonne humeur soit au rendez-vous ! Nous avons tant besoin de nous rencontrer de nouveau et d’admirer des choses qui nous font vibrer ! Et franchement il me tarde de retrouver l’Alsace avec mes amies qui y vivent… et toutes celles qui se déplaceront 🌞

Bien sûr, nous passerons en revue d’autres quilts-météo dans les prochaines semaines !
Mais vous le savez, rien ne vaut de LES VOIR EN VRAI !!
A bientôt, Katell