Nos vies sont des patchworks de joies et de peines et c’est une richesse inestimable d’avoir son jardin secret, son violon d’Ingres, son dada, son hobby, son passe-temps, sa passion… Cela nous aide à mieux vivre !
C’est à vous que je dois d’avoir passé une année magnifique⭐. Votre bienveillance envers mon blog toujours, l’accueil enthousiaste de mon livre BeeBook, les rencontres chaleureuses dans toute la France… Merci pour cette année, chères amies quilteuses ⭐!
Le succès d’un livre sur la créativité en patchwork n’allait pas de soi, mais suffisamment de personnes y ont cru⭐ pour que BeeBook existe.
Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine… elle est mortelle !
Paulo Coelho
Bien sûr BeeBook reste l’événement de mon année 2019, une aventure menée à bien grâce àFrance Patchwork⭐et l’indispensable collaboration des nombreuses BeeBook Girls⭐ qui m’ont offert leur temps, leurs talents, leur amitié… Monique, Nicole, Kristine, Andrée, Évelyne, Éliane, Danielle, Maïté, Cécile M., LeeAnn, Sujata, Fabienne, Sophie, Annie, Chantal, Christine, Cécile D., Victoria, Sheila, Tara et, last but not least*, Roderick, chacun étant une vraie personnalité et une belle personne⭐. *le dernier mais pas le moindre
Il y a quelques jours, Alice⭐ m’a fait un très beau cadeau : un article sur BeeBook, à lire, même si ma modestie est un peu bousculée !
Deux livres sortis cette année, celui d’Alice et le mien, un duo gagnant pour les quilteuses francophones 🙂
Ces prochains jours, je serai surtout sur Facebook pour animer le tout nouveau groupe Quilt Météo 2020 dejà riche de plus de 130 membres ; rendez-vous en janvier sur ce blog, avec de nouveaux chemins créatifs !
Je ne sais pas où je vais, mais je sais que ce ne sera pas ennuyeux.
David Bowie
Drôle de signe, c’était une rubrique lancée en 2015… Tous les articles précédents sont par ici avec &, @, # et xoxo ; en voici un nouveau avec un signe très banal…
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Le signe d’addition + et le signe de soustraction -, sont des inventions bien plus récentes que notre alphabet roman ou nos chiffres arabes. Ils seraient une déformation des lettres majuscules P et M, créés en Allemagne comme l’atteste un écrit de 1489. Ces signes indispensables se sont ensuite déployés en Europe, puis ils sont devenus universels en mathématiques et dans la vie courante.
La croix en forme de + est par ailleurs un signe vieux comme le monde. Bien sûr, avec un bras long et un court, il symbolise la chrétienté. Cependant, je viens de lire un roman intrigant « où tout est vrai », d’après l’auteur, dans lequel il donne de nombreux exemples d’utilisation de cette croix avant l’ère chrétienne. Je ne déflorerai pas le plaisir de la lecture, il s’agit de :
Précédemment publié sous un pseudo, sous le titre de La dernière Licorne. Une belle évasion vers les origines du mythe de l’Arche de Noé…
Un autre signe apparenté et tout aussi ancienne, la croix coudée, se retrouve un peu partout dans le monde et notamment sur des sites du Néolithique en Mésopotamie. Ses bras donnent du mouvement à la sage croix. La même, nommée alors Svastika, est un signe indien paru au 3e siècle avant JC et possède de nombreuses significations sacrées, notamment pour les Bouddhistes ; en Inde, on retrouve encore ce symbole sur des bâtiments, sur de nombreux objets y compris des tapis et des quilts (voir le livre Godharis, Éditions Quiltmania). Il serait fastidieux de nommer toutes les civilisations présentes et passées qui l’ont vénéré ! Ici une des listes qu’on peut trouver sur internet. Par exemple, ce signe existe depuis la nuit des temps chez les peuples premiers d’Amérique et pour les Navajos, c’était le symbole de la bûche tournoyante destinée à rétablir l’harmonie, en cas de maladie. Partout aux USA, ces signes naguère très fréquents ont été bannis au cours de la Seconde Guerre Mondiale, alors qu’ils ne représentaient que du positif, du porte-bonheur au signe religieux. C’est un magnifique symbole universel, durablement gâché par l’ignominie de l’idéologie du Parti national-socialiste allemand qui le prit en emblème. Cette semaine, des profanations de tombes en Alsace glacent toujours les sangs.
Équipe de basketteurs amérindiens en 1909 en Oklahoma. (Vu sur ce blog)
Pauvre petit quilt de poupée cousu en 1915 en toute innocence aux États-Unis :
Livre Women and their Quilts, That Patchwork Place, 1988.
Ce petit quilt (50 x 60 cm) fut créé par une femme de l’Iowa, mère de sept enfants, fine couturière, qui élevait des poules. Elle fit pour une de ses filles (et pour sa poupée à tête de porcelaine) un joli quilt bicolore aux points de quilting qui suscitaient l’admiration de tous. Poupée et quilt furent ensuite offerts à la demoiselle de la nouvelle génération… Mais ce sont les années 30, le bloc fait polémique, alors la fillette pose toujours le quilt à l’envers et profite en solitaire du dessin rouge…
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Un quilt modèle de BeeBook : Esprit Plus
Si + aux branches égales est le signe d’une addition, c’est aussi couramment le signe de l’énergie et de la positivité. C’est bien ainsi que je perçois le beau quilt de LeeAnn de Seattle, le modèle Esprit Plus dans BeeBook :
Ce quilt est tout en velours côtelé. L’épaisseur des tissus aurait rendu un quilting difficile, LeeAnn a donc opté pour des nouettes. C’est un quilt confortable, doux et qui engendre la bonne humeur ! J’ai utilisé un petit bout de ce stock de tissus inhabituels en patchwork dans un petit quilt qui me tient à cœur, Velours Rouge.
BeeBook, livre édité par les Éditions France Patchwork, esten vente sur le site, rubrique Boutique. Je l’ai écrit et signé, mais de nombreuses amies comme LeeAnn ont contribué à son succès !
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Aujourd’hui, quelqu’un a besoin de beaucoup d’énergie positive, oserais-je dire qu’il le porte sur lui ?
Saint-Nicolas rend visite à tous les enfants sages, il y en a beaucoup et c’est tant mieux !
Les étoiles sont parmi les motifs les plus appréciés en patchwork. Dans BeeBook, je ne me suis pas privée d’en proposer, des étoiles pas forcément régulières, les wonky américaines, que j’ai préféré nommer étoiles créatives. À présent, le quilt qui est actuellement en bannière du blog est dans ma pièce à vivre et, malgré certaines réticences entendues sur les couleurs bizarres, il s’intègre parfaitement à mon intérieur ! Il est un hommage à Sujata Shah, si talentueuse et généreuse, dont je ne me lasse pas de promouvoir son livre (sa présentation ici), avec la contribution d’une brodeuse indienne via Neelam chez qui j’ai choisi la broderie centrale :
Les petits miroirs, appelés shishas en Inde, brillent aussi bien le jour que la nuit, jouant avec le soleil ou la lampe. C’est un des quilts difficiles à photographier !
On en retrouve aussi sur le quilt d’Éliane, pour donner une impression de brillance d’un ciel étoilé :
Nuit au Mas d’Azil, Éliane Géraud
Les quilts étoilés sont à conjuguer à l’infini, des plus traditionnels aux plus déjantés !
Quel que soit le style de patchwork que vous appréciez, vous pouvez participer au Quilt Along (quiltons ensemble) ou QAL 2020 lancé il y a 2 jours par Cécile et Béatrice. Lisez l’article de Cécile avec tous les détails nécessaires, inscrivez-vous au groupe Facebook pour le suiviet surtout amusez-vous bien !
A l’instar de nombre de quilteuses, la Nature est l’inspiration majeure de Bernadette Mayr. Connaissez-vous ses livres ?
Seul son premier a été traduit en français (Patchwork fleuri, SAEP, 2006). Certains récents l’ont été en anglais, mais tous sont édités d’abord en allemand.
Il est certain que cette artiste a eu une grande influence sur moi ! Elle présente de nombreuses techniques sympas qu’elle n’a pas forcément inventées, mais adaptées pour en faire un style bien reconnaissable. Son petit secret ? Elle aime ajouter des tissus rayés blanc-noir dans ses quilts ! Comme je le dis souvent en stage, ajouter une touche de blanc et noir, les valeurs extrêmes, donne un volume visuel au top.
Je n’avais jamais pris le temps de vous montrer deux quilts faits par les adhérents du Club de patchwork de Colomiers ; à la réception de l’article de Nicole, cela m’a rappelé que je devais réparer ce retard, notre inspiration étant, pour les papillons, exactement la même, de Bernadette Mayr. C’était en mai-juin 2017. Comme j’avais proposé un atelier pour montrer comment faire les papillons et donner les instructions de couleurs pour les 9-patch, bien innocemment la Présidente et la Secrétaire y ont participé… ignorant que c’était pour leur cadeau de départ 😏 Nous avons bien ri lors de la remise des quilts à Danielle et Éliane ! Nous avions prétexté une tombola à venir et elles aimaient beaucoup les deux projets !
L’Envol, offert par les adhérents du club de Colomiers à Danielle.
Pour l’Envol, nous avons simplement suivi le modèle du livre, les schémas permettent de suivre même si on ne comprend pas l’allemand. Naturellement, la disposition est différente de celle de l’artiste : nous avons assemblé les blocs comme bon nous semblait. Le fond blanc est de la récupération de vieux draps, les papillons sont faits des tissus des membres de notre club, tout le monde a fait de formidables papillons et nine-patchs. Le club avait fourni du tissu rayé blanc-noir, suivant l’excellente idée de Bernadette pour le corps des lépidoptères.
Photos un peu surexposées, le soleil est encore sur Toulouse en ce 21 octobre 🌞
Celui destiné à Eliane s’inspire directement, lui aussi, d’un modèle trouvé dans un livre (No Scrap left Behind, Amanda Jean Nyberg, Stash Books). Nous avons choisi des couleurs aussi douces qu’Éliane, rose-vert-gris-blanc, pour un accord très printanier qui contraste fort ici avec les couleurs automnales flamboyantes des amélanchiers du Canada :
Simplicité : de mini 9-patchs encadrés de tissus variés…
Et comme toujours, Bee Kristine a fait les étiquettes :
Venons-en à la semaine dernière, marquée pour nous par le Salon des Tendances créatives de Toulouse où France Patchwork était présente, comme depuis plus de 20 ans je pense ! Le stand était tenu par notre Délégation avec Brigitte Gaston à sa tête, le voici photographié avant l’ouverture, le premier jour :
Hop, notre gentille amie Françoise met la dernière touche avant que la foule n’arrive !
Nous avons aussi exposé une douzaine de quilts de BeeBook, le premier livre édité par France Patchwork. Chacun a attiré des commentaires élogieux, les Abeilles ont parlé avec passion des particularités de nos quilts : les échanges furent très chaleureux, merci à tous ceux qui sont venus à notre rencontre, toujours le sourire aux lèvres 😃 Nous sommes très heureuses que notre livre rencontre ce succès auprès du public !
Nous le voyons bien d’un quilt à l’autre, la Nature nous inspire nous aussi ! La Marguerite de Kristine (Tendre Daisy dans le livre) a été fort admirée. Le quilt aux coquelicots de Cécile Milhau (J’ai descendu dans mon jardin), ici plié, a ensuite été exposé sur une chaise : admiration unanime là aussi !
A gauche, Vivant & Naturel, à droite, Tendre Daisy.Nuit au Mas d’Azil d’Éliane, La Cause des Femmes, Les Hirondelles sont de retour en Asie d’Évelyne (encore un quilt plébiscité!).
Je ne serais pas complète si j’oubliais de dire que les quilts d’Andrée en waxsont arrivés 10 mn après l’ouverture de jeudi (et donc peu après ces photos), ils ont été disposés en évidence et ont été fort admirés. Beaucoup de personnes ont découvert la beauté des tissus wax en patchwork. Certaines s’y étaient déjà essayées comme Claudine du club des Can’canettes de Castres qui m’a depuis envoyé la photo du sien :
Tohu-Bohu par Claudine Bize, une très belle composition.
Détente en fin de la première journée, un petit pas de danse drapée dans un quilt d’Andrée :
Face au bar, drapée de Bulles Africaines, mais non, je n’ai rien bu 😃
Quel thème ont choisi les Can’canettes de Castres pour leur rentrée ? L’Indispensable de BeeBook !
La forme, simple et pratique, a séduit tout le groupe autour de Rachel et Jo. Voici les premières photos de Jo Drouet, avec encore quelques finitions à apporter deci delà, mais on voit déjà bien toute la créativité du groupe :
Un modèle qui se prête, comme je l’espérais, à de multiples interprétations. Bravo à chacune !
La Forêt chez Marmotte Rousse
Pour notre amie Marmotte, le premier atelier BeeBook s’est fait avec ses amies le temps d’une retraite au Terrier, en fin d’été… Toute son histoire se trouve par ici.
Cela me fait bien sûr très plaisir de voir vivre les ouvrages suggérés dans mon livre… Si vous aussi, vous souhaitez partager vos réalisations BeeBook, écrivez-moi à quilteuseforever(arobase)orange.fr.
BeeBook est toujours disponible aux stands France Patchwork pendant les Salons (le prochain étant celui de Toulouse cette semaine, du 17 au 20 octobre, au Parc des Expositions) et par correspondance,voir par ici.
Une bonne nouvelle du week-end dernier : LeeAnn a gagné un Prix à l’International Quilt & Fiber Art Festival d’Everett (WA) avec un quilt dont vous trouvez l’origine dans BeeBook. Congratulations dear LeeAnn!
Sophie Zaugg est une des artistes les plus représentatives du mouvement Modern Quilts. Elle a toujours le chic pour trouver de nouvelles harmonies de couleurs, de nouvelles formes géométriques… Le mystère de la simplicité qui sublime le mouvement ! Même si tout n’est pas si simple dans ses quilts…
Free Form Curves, un de ses derniers quilts, que je trouve fascinant.
Sophie est en très bonne place dans BeeBook, voyez pages 6-7, 23 et 88-89. Justement, c’est celui qui se trouve en début de livre, Horizon , dont je vous parle aujourd’hui. Il est superbement présenté dans un paysage hivernal, avec des couleurs qui me plaisent tant… mais il est là en illustration offerte par Sophie, sans explication donc.
Mais c’était prévu de les publier un jour ! Si vous suivez son blog, Luna Love Quilts, vous le savez déjà, Sophie propose les explications de ce quilt ici sur Etsy, en téléchargement instantané, en bilingue français-anglais et en deux dimensions.
J’ai eu la grande chance de pouvoir aller à Sainte-Marie-aux-Mines il y a une dizaine de jours, afin de promouvoir mon livre BeeBook, édité par Les Éditions France Patchwork. Que de rencontres ! Je n’aurai malheureusement pas le temps de vous faire un compte-rendu exhaustif, d’ailleurs je n’ai pas pu visiter toutes les expos, mais je suis riche de ce que j’ai vu et vécu et, d’une manière ou d’une autre, j’en reparlerai sur ce blog.
Au stand, j’avais sous les yeux deux expos FP : les Quilts de Légende, ces quilts parfaits sublimant des ouvrages d’antan, et les quilts du concours Rubis, puis un peu plus loin, les quilts des Jeunes Poussent.
Cent onze quilts rubis : une bien belle manière de célébrer les 35 ans de l’association !Les quilts ont été disposés par ordre alphabétique. Il fallait un temps certain pour tous les admirer.
Chaque participante mérite toute notre admiration. J’ai eu le grand plaisir de lire le nom d’un certain nombre d’amies !
Impossible de primer chaque beauté… Alors je vous montre celui-ci que j’aime, de Cécile Milhau. C’est drôle, son numéro d’ordre alphabétique correspond par hasard à son département☺
Allez revoir aussi celui qui n’a pas pu participer, Smaugh le fameux dragon du Tarn (oui, encore un talent de ce département !).
Gabrielle Paquin excelle autant dans le tradi que dans le moderne (sa spécialité, utiliser des tissus à rayures !)
Les Jeunes Poussent connaissent un nouvel élan avec le dynamisme d’Isabel Larzillière. Le thème de l’Espace a bien titillé les neurones des enfants :
Annie Labruyère et moi avons été émues par le quilt en haut à gauche, déplorant la couronne de déchets spatiaux que nous avons faite en moins de 50 ans. Une véritable poubelle tourne en orbite…
Les expositions sont l’occasion de rendre hommage aux quilteuses occasionnelles tout comme aux plus grands artistes. Il est vrai que, parfois, nous sentons, au bout de quelques dizaines d’années de pratique du patchwork et de visites, un peu de lassitude, un peu d’aquoibonisme (merci Gainsbourg), un peu de j’ai-trop-d’idées-et-j’ai-trop-de-tissus… Je le sens et le comprends. Mais cela m’a fait mal au cœur de constater, à SMM, une fréquentation bien moindre… C’était très facile de circuler, très peu de queues, rien de commun avec d’autres années, alors que la qualité était époustouflante… Je crains fort que SMM ne subisse un jour le même sort que Quilt en Sud… Pourvu que non !
Que sont nos loisirs sans les rencontres ? Créer (ou suivre un modèle) est une activité généralement solitaire. Rencontrer d’autres quilteuses en petit groupe, en club, en expo fait tant de bien ! Nous sentons avec certaines une sororité qui illumine la vie, une forte amitié tout comme un respect de la différence (voir mon article à ce sujet, un de ceux qui me tiennent à cœur). En Alsace, j’ai rencontré plusieurs sœurs de cœur, que cela fait du bien !
Profitons donc de notre chance d’avoir des manifestations autour du patchwork. Moi la première, je ne peux aller partout malheureusement. Je tiens cependant à signaler pour les Occitanes occidentales, quelques rendez-vous dans un avenir proche, par ordre chronologique :
Dès cette fin de semaine, une exposition très attendue dans notre département, celle du club de Balma (31). Une promesse de beaux quilts et de surprises ! Balma est aussi la ville qui reçoit régulièrement les JA et autres événements comme le fameux loto des 30 ans de FP, nous y sommes très attachées !La Tour du Crieu est une petite ville d’Ariège, avec un club de patchwork dynamique. La plupart sont membres de France Patchwork et j’ai toujours un grand plaisir à rencontrer ce groupe très sympathique !Pour la 21e édition, le Salon fait peau neuve avec un rajeunissement du concept, une place aux innovations locales et aux tendances zéro déchet, cosmétique naturelle… J’attends beaucoup de cette nouvelle direction prise pour faire venir la jeunesse !
Parfois, l’art du patchwork titille les jeunes femmes, mais quand et comment s’y mettre ? La vie quotidienne est déjà si remplie… La solution est souvent, pour elles, d’assister à des stages, ou à défaut farfouiller sur internet, visionner des vidéos ou acheter des livres, mais elles ne connaissent pas la convivialité des rencontres d’amies quilteuses qu’on retrouve année après année… quel dommage.
The Quilting Bee, peint par Grandmother Moses : cette peinture naïve montre la convivialité de ce genre de réunion où, naguère, les femmes d’une communauté (village, paroisse) se réunissaient avec, parfois, le reste de la famille autour !
C’était il y a une dizaine d’années : Caroline, maman d’une petite fille, profita de sa seconde maternité pour se ménager quelques heures de cours de patchwork par semaine tout en poursuivant sa brillante carrière. Elle est tombée sur moi, j’animais alors des cours de patch dans un magasin de loisirs créatifs… Nous nous sommes très bien entendues, Caro a rencontré les autres Abeilles et vient dès que possible à nos réunions (elle faisait partie du groupe accueillant Betty et son mari), nos maris se connaissaient déjà au travail… Tout est réuni pour que l’amitié perdure et Caroline est la jeunette de notre groupe, même si elle ne peut consacrer beaucoup de temps à ses tissus !
Un congé parental peut être l’opportunité pour s’offrir, comme Caroline l’a fait, une petite série de cours de patchwork pour, ensuite, devenir autonome. Renseignez-vous auprès des quelques magasins de loisirs créatifs qui nous restent, ou auprès des clubs de patchwork, pour trouver la personne qui pourra vous lancer et aussi, vous introduire dans le tissu amical des quilteuses de votre environnement. Sans oublier, l’adhésion à France Patchwork, indispensable !
Caroline a choisi ensuite d’être pleinement présente pour ses enfants et un grand projet familial est né : La Garoffe. La Garoffe, une ferme de Pibrac « dans son jus », achetée voilà quelques années, rénovée avec talent pour en faire une chambre d’hôtes, un lieu de séminaires, de formations, de réceptions…
Caroline et Julien ont conservé toutes les belles particularités du lieu, les vieux objets de la ferme, tout en modernisant le bâtiment au goût du jour. On se sent bien chez eux ! Une vieille charrette peinte en bleu fut extirpée du fond de la grange, elle trône maintenant dans un coin du jardin. Quand il a fallu penser aux photos des quilts pour BeeBook, le souvenir de cette charrette m’est immédiatement venu à l’esprit. Elle est bleue, peinte au pastel des teinturiers (ou isatis tinctoria, plante qui fit la fortune de la région toulousaine). C’était une tradition de traiter le bois ainsi : la peinture de pastel (ou son substitut : bleu de Prusse + sulfate de baryte) est non seulement une belle et bonne protection, mais elle repousse les mouches ! Les chevaux ou bœufs qui tiraient la charrette étaient ainsi moins incommodés… Depuis la parution des souvenirs d’enfance de René Barjavel, la Charrette Bleue, en 1980, ces vestiges du travail à la ferme et des transports à la campagne sont mieux préservés. Vous pouvez en lire + et admirer de nombreuses photos de charrettes bleues par ici.
J’ai attendu le printemps, une belle fin de journée d’avril, pour aller à la Garoffe. J’ai choisi Vivant & Naturel, très coloré, comme compagnon de la charrette au bleu atténué par les années. L’histoire de ce quilt se trouve dans BeeBook, page 44, et sa photo page 4.
Pendant la séance de photos, le maître des lieux est passé : Caro habite chez son chat, c’est bien connu !
Pendant que Caro et moi faisions des photos autour de la star du jour, la charrette, nos deux maris ont récupéré un essaim d’abeilles qui s’était formé le jour-même dans leur jardin… Décidément, BeeBook a bien été créé sous le signe de l’Abeille !
La Garoffe, Pibrac (31, à l’ouest de Toulouse) : un lieu enchanteur !
Comme tous les mardis, je vous invite à découvrir des souvenirs liés à BeeBook. Si vous avez feuilleté le livre, vous avez vu plusieurs quilts utilisant du wax, ce tissu si commun en Afrique. J’y ai écrit une esquisse des origines de ce tissu. Comme pour les quilteuses, l’intérêt pour le batik africain va croissant chez les stylistes et on trouve de plus en plus d’articles très complets, ici par exemple la chaîne de fabrication de ce tissu bien particulier.
En France, nombreuses sont les personnes ayant eu l’occasion de vivre sur ce continent, quelques mois ou bien plus, et les femmes en rapportent presque toujours des bouts de wax.
Elfie, fille d’Hélène, a vécu plusieurs années au Gabon, notre amie Hélène a donc eu l’occasion d’y aller… En amoureuse des textiles, les wax l’ont séduite et ont fait leur intrusion dans ses créations. Ils sont si colorés et graphiques qu’on n’y résiste pas !
J’aime l’harmonie qui se dégage du quilt représentant l’Afrique aux couleurs des Quatre Éléments (Air, Feu, Terre et Eau). Chaque continent est en tissus disposés en éventail. Voyez-vous où se réunissent les lames d’éventail ? Au Gabon, bien sûr !
On voit bien ici l’alternance de wax (batiks africains) et d’autres tissus. Ce quilt n’est pas dans BeeBook, merci à Hélène Vispé de me permettre de le publier ici ! Les techniques sont semi-traditionnelles : les continents sont d’abord dessinés sur un non-tissé, les tranches cousues à la machine, l’ensemble appliqué à la main. Le quilting est également fait à la main.
Vous pouvez admirer d’autres ouvrages d’Hélène par ici et la retrouver sur Instagram @helenevispe, où elle montre tous ses ouvrages au fil des jours : quelle créativité, toute aussi grande que son cœur !
J’ai eu aussi la chance de vivre en Afrique, à Abidjan, mais c’était quelques années plus tôt, alors que je vivais encore avec mes parents. J’ai récolté moins de souvenirs textiles, mais je crois bien que, prochainement, je ferai moi aussi un quilt en wax…
Andrée Traversaz a créé Bulles africaines et lesMoulins de Yaoundé pour BeeBook, vous avez les détails de son héritage de wax dans le livre ! J’ai eu l’idée de faire une séance de photos montrant ces deux quilts avec Noa, la petite-fille d’Andrée. Finalement, la maquette du livre ne se prêtait pas à leur publication, alors je vous montre ici quelques clichés, rien que pour vous ! Noa est si craquante…
Une première photo dans le salon, pour s’entraîner… Sur le canapé, les Moulins de Yaoundé et dans les bras, un toutou africain…Dans la chambre de ma fille, on a mis sur le lit les Bulles africaines. Que le blanc contraste bien avec le wax ! Et toujours, le petit chien…Ici nous avons les deux quilts d’Andrée, sa petite-fille toujours aussi souriante… et le toutou !
Je dois vous dire que Noa semble bien calme ici, mais c’est une demoiselle virevoltante, très amusante, qui n’hésite pas, lors de nos repas entre amies, à nous faire un pas de danse ou nous chanter tout son répertoire ! Elle rêve d’ailleurs, comme tant de filles nées avec The Voice, Nouvelle Star et autres émissions, de devenir Star !
✨ Noa, tu es déjà notre Star✨
Dès les premières versions de BeeBook, j’avais inclus les explications de ce petit chien avec lequel on peut tellement faire plaisir !
Jusqu’à l’avant-dernière version de BeeBook, il y avait ce petit chien dans le livre, et à chaque fois on me disait gentiment, mais avec une certaine insistance : oh mais tu crois vraiment qu’il a sa place dans ton livre ? On le connaît depuis les années 70, cela fait déjà-vu, même si en batik il a de l’allure…
Alors j’ai écouté mes amies bonnes conseillères et je ne le regrette pas, car cela aurait pris la place d’autre chose… Petit toutou en batik trouve donc sa place ici en fiche à votre disposition,Nos Toutous!
Enfin, ne manquez pas l’appel de Francine qui demande à toutes celles qui ont des chutes de wax de faire des carrés de 20 cm (+ marges) pour une oeuvre caritative, je peux vous donner son adresse par email à la demande en commentaire ci-dessous.
À mardi prochain pour d’autres petites histoires autour de BeeBook !
Une journée en Occitanie comme j’aime : jeudi dernier, nous avons avalé les kilomètres en faisant une grande boucle, revisité quelques-uns de nos lieux favoris… Voici quelques impressions, en pêle-mêle.
L’Aveyron (12) est connu en tant que département rural, immense, à la gastronomie simple et goûteuse – ah l’aligot, les farçous verts, le gâteau à la broche et le roquefort avec la salade, pour ne citer que quelques mets végétariens !… Deux monuments récents font parler d’eux également : le viaduc de Millau, miracle d’élégance et d’intégration dans le paysage, et le musée Soulages à Rodez, miracle culturel, le noir éclairant désormais la ville. Ce musée était le but principal de notre journée.
J’avoue osciller entre l’admiration et les doutes sur l’ordre des choses dans l’art contemporain. Ce musée est parfait pour s’interroger sur le concept de l’art abstrait : ce qui est intellectuellement intéressant, ce qui émeut… et ce qui sonne creux ! Ces artistes de l’art abstrait sont néanmoins des caractères complexes et intéressants à découvrir.
On reconnaît la majestueuse cathédrale en grès rosé à des kilomètres, alors que le musée, en acier Corten, se fait discret de loin… mais pas de près, suscitant d’incessantes discussions sur le choix du matériau. L’accord est pourtant bluffant avec certaines peintures de Soulages, en noir et brou de noix…Deux exemples de tableaux en noir brou de noix de Soulages, en parfait accord avec le bâtiment !
Je voulais y retourner pour m’imprégner de nouveau de l’outrenoir de Soulages, mais surtout de l’outremer d’Yves Klein (exposition temporaire), deux monomaniaques de LEUR couleur, l’un qui célébrera ses 100 ans à Noël, l’autre mort si jeune en 1962, à 34 ans.
Des cris bleus, exposition jusqu’en novembre 2019 à Rodez.
Le parcours d’Yves Klein est intrigant comme une étoile filante. Champion de judo, obnubilé par les Quatre Éléments (Eau, Air, Feu, Terre), mystique au point d’avoir conçu sa vision de la Sainte-Trinité dédiée à Sainte Rita (les causes désespérées…) : un artiste bien complexe qui nous frustre d’être parti si tôt.
Ex-voto pour Sainte Rita de Cascia par Yves Klein. Rose pour l’Esprit saint, Bleu pour le Fils et Or pour le Père. Une trinité inspirante !Ce bleu unique, le bleu Klein, outremer outrepassé par de nouveaux solvants et une nouvelle résine de synthèse, a sans doute ruiné sa santé et causé la crise cardiaque qui l’emporta si jeune. La matière de l’oeuvre ci-dessus est constituée d’éponges naturelles.
Yves Klein apparaît en filigranedans une histoire étrange, poétique et palpitante, que j’ai lue en début d’année grâce à ma sœur Véronique: Siècle Bleu de Jean-Pierre Goux. Si vous souhaitez découvrir à la fois les restes de l’expérience Biosphère 2, un retour sur la Lune, la beauté chez le peuple Navajo, une énergie du futur, les mensonges d’état, une pensée écologique éclairée (thème majeur) et mille autres sujets passionnants, ce roman en 2 volumes (édition La Mer Salée) est pour vous :
Siècle Bleu m’a fait passer des jours bleus et des nuits blanches !
Le même jour, nous avions fait un grand saut dans le temps, en flânant au marché de Villefranche-de-Rouergue : très beau, très bio, très chaleureux, un de mes marchés préférés, qui me donne des sensations de siècles remontés. Bastide aux rues se coupant à angle droit, ville nouvelle du Moyen-Âge, Ville Franche s’affranchissant des obligations féodales, riche de maisons style Renaissance et d’une place carrée aux puissantes réminiscences de siècles de commerce : je m’y sens bien, comme si les pierres restituaient l’impression de jours heureux et d’opulence. Le marché ici, c’est tous les jeudis matin ! Nous y allons au moins une fois par an.
Nous avons déjeuné entre Villefranche et Rodez, toujours au bord de l’Aveyron, à Belcastel. Un village enchanteur, moi qui cherche inlassablement des signes dans les vieilles pierres. Attention, il a fortement été rénové, mais il garde tout de même son esprit. Nous mangions en terrasse, face au village, quand je me suis soudain rendu compte que les racines d’un des quilts faits pour BeeBook étaient précisément ici ! Pendant sa création, j’avais bien l’idée d’un village grimpant vers le ciel, comme tant d’autres dans la vallée de l’Aveyron (Penne dans le Tarn, Bruniquel dans le Tarn-et-Garonne et bien d’autres) mais ici la ressemblance m’a saisie, tout comme la proximité des noms, Belcastel et Castelnau ! Il a fallu y revenir pour que je me rende compte de l’inspiration précise…
A gauche, un superbe vieux pont qu’on ne voit pas bien 😦 et en face, le village qui grimpe à l’assaut de la colline ; la balade est courte mais fort agréable ! C’est au restaurant du Vieux Pont que Cyril Lignac, natif de Rodez, élève du lycée hôtelier de Villefranche-de-Rouergue, fit son BP de cuisine pendant 2 ans (1998-2000) ; l’enfant du pays a fait son chemin depuis !Castelnau, mon village rêvé, aux maisons de guingois dans la verdure, où chaque maison est habitée par des amis parmi lesquels de nombreuses quilteuses ! Photo très moyenne avec mon phone, mais vous en avez de meilleures dans BeeBook 🙂
Fin de journée à Albi-la-Belle (81), promenade au bord du Tarn, en admirant les dentelles de buis heureusement sauvés des ravages de la pyrale.
Je viens de lire un livre de Christine Machureau (romancière découverte grâce àCécileD.), l’Hérétique, Tourmente Cathare (les Éditions du 38*), qui se passe en grande partie au sud d’Albi. On s’attache vite à une jeune fille en plein dans la croisade albigeoise, quand l’Église catholique multiplie les massacres contre des gens qui ont l’audace de vouloir vivre une foi proche des premiers Chrétiens… C’est très bien écrit et documenté, une parfaite lecture estivale !
*Cette maison d’édition se trouve en pleine région cathare et pays de cocagne, à Villefranche-de-Lauragais (31), autre Ville Franche héritée du Moyen-âge. J’aime les coïncidences !