De la chouette au merle blanc

Une chouette hulotte

La chouette est un oiseau bien connu de tous, même si elle se raréfie dans nos campagnes. Symbole de la sagesse dans l’Antiquité, compagne des sorcières et de Harry Potter (Edwige), cet oiseau des ténèbres est un des plus riches symboliquement !

Un merle blanc est un oiseau rare, c’est un merle noir ordinaire avec une maladie génétique pigmentaire (leucitisme comme ici ou albinisme).

Alfred de Musset fut bien inspiré par Le Merle Blanc, il en fit un conte fantasque, très joliment écrit, sur les affres de la différence et la gloire éphémère… Vous pouvez lire cette fable gratuitement en ligne sur Wikisource par ici.

Radio-Londres… Les ondes de la liberté étaient captées de juin 1940 à fin 1944 sur ce genre de radio. Frank Bauer, père du chanteur Axel Bauer (🎶Cargo de nuit…), fut le speaker de cette radio, sa voix était très attentivement écoutée dans l’Hexagone…

De la chouette au merle blanc fut un message codé, à l’instar du célèbre Les carottes sont cuites, diffusé par la BBC de Londres en été 1944 pour les maquis de Vabre et alentour, Lacaze, Viane, dans les forêts denses de l’Est du Tarn donc. Utilisé plusieurs fois pour annoncer des largages par parachute, le message finit par être connu de tous, même des Allemands… Il en résulte, le 8 août 1944, l’exécution de 7 jeunes résistants, alors que la reddition aura lieu dans la région le 20 août.

Les survivants de cette époque se raréfient. Une commémoration de la Résistance aura lieu à Vabre et son village limitrophe Lacaze en août 2024, 80 ans après. Vabre est aussi un Village des Justes, car toute la population solidaire sauva de nombreux Juifs victimes du Régime de Pétain.

…De la chouette au merle blanc…

ARTPELHOT (lire arpeliotte !), le groupe d’Arts Textiles de Lacaze, souhaite ajouter de l’art à cette commémoration historique. Elle vous convie à vous exprimer en art textile sur le thème de la chouette (ou pourquoi pas le merle blanc). Ce challenge est gratuit et ouvert à tous, pour une exposition qui aura lieu l’été 2024. Vous trouverez des nouvelles régulièrement sur le blog ARTPELHOT, hébergé par les Amis du Château de Lacaze.

N’hésitez pas à poser vos questions en commentaire ou à acl81@yahoo.fr.

Chouette, le thème est très inspirant !
Quelques modèles pour éveiller votre créativité :

Modèle en vente Au Fil d’Emma
La Nuit des Machottes, créé par Marie-Madeleine Barillé, modèle de Quiltmania n° 19 (sept. 2000)
Modèle d’Anne-Marie Saudo dans Simply Moderne n°26

En technique du « ticket tape« , Val a créé cette chouette unique !

Vous avez tout le temps de mûrir votre projet !
Il y aura un autre thème pour l’exposition du Temple fin juin 2024 et une artiste formidable au Château en juin-juillet 2024, mais nous vous laissons souffler 😅,
Cécile Milhau et moi vous raconterons tout une prochaine fois !
Katell

Lone Star quilt/4

Bonjour les créatrices d’Étoile Unique !

Il a longuement été question des détails de coupe, couture et montage de cette Étoile à huit branches sur Facebook. Au-delà des renseignements dans le dossier Quiltmania cité récemment ou les informations en anglais sur internet, vous aurez tous les détails de fabrication dans cette vidéo trouvée par Bee Brigitte : elle est en français et très bien faite !

Cette semaine, pour être dans les temps avec Lindlee de @plainsandpine, nous devons faire nos huit branches d’étoile. Il me reste encore un peu de travail pour être à jour avant dimanche ! Ensuite, nous ajouterons le tissu de fond, la semaine suivante on pourra faire une jolie bordure… et le top sera fini !

J’utilise un vaste mélange de tissus de tous horizons.

Work in progress – Chantier en cours !

Soleil Neelam

Je fais parallèlement une Étoile bien particulière, la Nôtre, le Soleil ! Au point de vue fabrication, c’est une cousine de l’Étoile à huit branches que nous faisons ensemble. A partir du modèle Homestead de Lindlee, j’ai fait à ma façon. Le principe est d’ajouter des losanges pour faire un grand rond, autrement dit on comble partiellement l’espace dédié au tissu de fond. Mes losanges sont plus petits que son modèle (ici 9 cm coupé), et à partir d’une branche d’étoile j’ajoute les losanges (3 de part et d’autre) en incluant le fond chambray par bandes de 9 cm de haut (voir les photos). Mais il existe bien d’autres façons de construire ce Soleil.

Voici ce que cela donne chez moi :

A gauche, un huitième de Soleil terminé, à droite, la branche d’étoile pas encore comblée de losanges.
A droite, on voit les deux parties de 3 losanges chacune, que je vais assembler.
Le Soleil prend forme ! Cet après-midi, j’inclurai les carrés manquants. Le nom traditionnel de ce modèle est Sunburst.
Ah que j’aime les tissus Neelam !

Je vous souhaite de belles Étoiles, à bientôt !
Katell

L’appel de la forêt

Les arbres ont toujours accompagné la vie des hommes de mille manières concrètes (abri, nourriture, soin, chaleur, oxygène…) et ils ont aussi stimulé leur imaginaire et leur spiritualité. Pourtant, nos ancêtres avaient souvent peur de la forêt, cela nous a été transmis par les contes… La forêt, lieu sombre, mystérieux, humide était remplie d’esprits inconnus, de personnes malfaisantes, d’animaux affamés… Et surtout peut-être, il y avait la peur de s’y perdre ! Nous avons bien changé notre vision, nous savons que c’est un organisme vivant très élaboré, dont dépend l’équilibre climatique de notre Terre. Ce qui n’empêche pas de garder notre émerveillement.

Cet arbre (aspen, ou tremble d’Amérique) est devenu mon ami. Il m’a guérie d’une insolation, quelque part en pays Navajo…

La forêt est devenue en quelques années un sujet polémique/politique. Nul n’ignore qu’on coupe toujours les grandes forêts du Monde, ou qu’elles brûlent, et que cela ne fera qu’augmenter drastiquement le dérèglement climatique.

La Forêt de Bouconne

S’engager pour les forêts du monde ou les forêts locales, c’est toujours une démarche positive. Je me dois de vous donner des nouvelles de la pétition engagée il y a presque deux ans pour alerter sur l’exploitation accrue de la forêt de Bouconne. La pétition NON au déboisement dans la forêt de Bouconne a été entendue, partagée, discutée, elle a été signée par près de 55 000 personnes, ce qui démontre l’attachement aux forêts de France. Les dix communes concernées par Bouconne ont pris en compte ces doléances. Parallèlement en juillet 2020, environ les deux-tiers de la forêt ont été classés Espace Naturel Sensible, afin de protéger la richesse de sa biodiversité. Il semble que d’autres mesures seront prises pour mieux protéger la forêt. Restons vigilants et connectés !

Cette forêt près de Toulouse a attiré un public extrêmement nombreux après le premier confinement et l’engouement ne s’essouffle pas. Il faut absolument trouver l’équilibre entre exploitation du bois, protection de la faune et la flore, et accueil du public. Je crois qu’il existe une bonne volonté pour préserver au mieux un équilibre au fil des années à venir. Alors merci à vous toutes, chères lectrices, qui avez dès le début fait démarrer en flèche cette pétition avec vos signatures ! Ce ne fut pas en vain.

A ce sujet, pour celles qui aiment cette forêt en particulier, je ne peux que recommander ce livre, une Bible sur Bouconne, paru en juin 2021 :

J’ai reçu ce livre en cadeau de Noël ! Un ouvrage comme j’aime : de l’histoire et même de la préhistoire (on remonte à Neandertal, mais oui ils vivaient ici aussi !), et un panorama très complet de la forêt : la faune, la flore, la répartition des parcelles, ses curiosités, et bien plus encore… Merci José Fernandez d’avoir recueilli toutes ces informations avec rigueur et beaucoup d’amour pour « notre » forêt ! Pour vous procurer ce livre, contactez l’auteur à partir de son compte Facebook, son numéro de téléphone y est clairement écrit pour les commandes.

L’auteur répond à de nombreuses questions que je me posais – et même celles que je ne me posais pas ! J’ai eu cependant une réponse complète à une vraie énigme. L’année dernière en tout début de printemps, je suis tombée sur un truc bizarre aux 3/4 enfoncé dans la terre, en me promenant avec mon mari. Photos prises, mais je les ai effacées un jour, plus de place dans mon téléphone… Mais après avoir lu le livre il y a quelques semaines, le mystère s’est éclairci et je voulais absolument retrouver mon truc. Retrouvé ! Les alentours viennent d’être « visités » par les bûcherons et mon truc mis en évidence sur un tronc d’arbre mort. Ce truc, je l’ai donc appris dans le livre, est un gros obus en béton et ferraille de 250 kg, une fausse bombe : les Allemands s’entraînaient au largage des bombes au-dessus de la forêt pendant la seconde guerre mondiale… Une ampoule en verre contenant un fumigène se brisait au contact du sol, pour repérer où l’impact avait eu lieu. Il en reste donc plusieurs dans la forêt, hors sentiers battus. Elles se trouvent en général vers le Nord (Mondonville) mais « la mienne » se trouve en plein cœur de la forêt. (voir livre page 87).

Impressionnant ! Cette fausse bombe est particulièrement bien conservée. Qui va la récupérer à présent ?

Beauté fractale de la nature

L’afflux accru des citadins vers la nature est multifactoriel. Instinctivement, ils quittent un temps le monde de la géométrie euclidienne, celle de la règle et du compas, bien nette et omniprésente en paysage urbain et dans nos structures de pensée (et aussi dans le patchwork traditionnel !). Voir autre chose, qui offre des émotions bien enfouies en soi, c’est ce qu’offre la nature, avec son harmonie organique et sa géométrie fractale. Pour être simple, c’est la répétition d’une structure à différentes échelles (un peu comme les matriochkas, les poupées russes gigogne). Les arbres sont, si on y pense, à cette image, les branches se subdivisent en branches de plus en plus fines, puis dans la structure de la feuille on constate la même structure de nervure centrale (comme le tronc), puis les nervures secondaires (comme les branches). Même chose sous terre, pour les racines… Ne sommes-nous pas, nous aussi, faits de fractales, avec nos systèmes respiratoire et circulatoire (et bien plus encore) ? Cette affinité instinctive avec la nature n’est pas fortuite, nous faisons partie de cette grande symphonie fractale.

Cette fractale dans une feuille n’en est qu’une parmi une infinité dans la nature…
Arbre de Vie celtique

ARTPELHOT 2023 : l’appel de la forêt

L’Appel de la forêt, c’est le titre français d’un des meilleurs livres de Jack London (The Call of the Wild), dans lequel un chien raconte sa vie dans la forêt du Grand Nord du Canada. C’est aussi le titre choisi par ARTPELHOT (voir sa présentation ici) pour son thème d’exposition dans le Temple de Lacaze pour fin juin 2023. Un ou des arbres, une forêt, des branches et des feuilles… C’est ce que nous souhaitons voir en quilts ! Style, techniques, dimensions libres, il faut juste que ce soit un quilt (3 épaisseurs).

Lors de mes vagabondages dans les verdures éternelles, j’avais l’impression de lire l’univers et la forêt était pour moi la plus belle des bibliothèques.
Gonzague Saint-Bris, L’enfant de Vinci (2007)

J’étais au milieu de la forêt, il y avait deux chemins devant moi, j’ai pris celui qui était le moins emprunté, et là, ma vie a commencé.
Robert Frost, The road not taken (1916)

Voici une petite sélection de quilts vus sur internet mais pas encore sur mon blog. Cela montre la diversité du sujet, mais je ne doute pas que vous en aurez d’autres, des idées…

Un très classique Quatre saisons, par Plum Tree Quilts
Geese in the Forest – Modèle Twiddletails
Forest, Cathy Geier
See hope in the cherry blossoms, de Barbara Danzi
Dans la froideur hivernale, Winter Trees fait par LeeAnn Decker, avec des blocs échangés au sein du groupe Light of Day Bee.
Le club de La Courtepointe à Réalmont (81) a réalisé une forêt textile, que nous aurons le plaisir de voir ou revoir à cette exposition.

Tandis que le Temple accueillera cette exposition, Caroline Higgs exposera ses œuvres au Château fin juin-fin juillet 2023. Encore un programme enthousiasmant, avec cette artiste qui fait voyager !

Pour toute question concernant les expositions ARTPELHOT,
contactez Cécile Milhau à acl81@yahoo.fr.

Un dernier petit tour vers les aspens, ces peupliers faux-trembles d’Amérique qui peuplent le pays des Navajos (et à vrai dire, toute l’Amérique du Nord, surtout du côté des Rocheuses) ; une semaine après ces photos, dans le Colorado, ils étaient couleur d’or. Entrer dans une forêt d’aspens, c’est pénétrer dans un monde spirituel qui nous relie à Mother Earth, la Mère Terre. Les Natifs (les Amérindiens) le savent bien !

Malheureusement, un cinquième des aspens sont morts prématurément depuis l’an 2000, en raison des sécheresses de plus en plus longues ; ils meurent de déshydratation. Comme c’est triste.

Ce qui ressemble à une forêt n’en est pas techniquement une nécessairement. Les aspens ont la particularité de vivre en colonies d’arbres qui semblent avoir le même âge. Ce n’est pourtant pas une plantation ni un groupe d’arbres divers, mais un ensemble de drageons d’un même système racinaire enfoui, qui a souvent des milliers d’années… Ces arbres sont donc des clones !
Leurs feuilles bruissent au moindre souffle d’air, ce qui fait croire à un ruisseau à proximité. Leur ombre est bienfaisante et l’écorce renferme de l’acide salicylique (principe actif de l’aspirine). Caresser ces arbres suffit-il à guérir ? Je suis témoin qu’il l’ont fait pour moi !

A bientôt, en vert et avec tout !
Katell

Lone Star quilt/3

Si vous avez manqué les épisodes précédents…

Je suis tombée en amour, comme on dit au Québec, avec le modèle Lone Star de Lindlee Smith @plainsandpine. Cela tombe bien puisqu’elle organise un « Quiltons Ensemble » sur Instagram ! Comme tout est en anglais, je me propose, sans me substituer à elle, de vous donner quelques clés pour assurer votre réussite. Vous avez ici les épisodes précédents sur La Ruche : https://quilteuseforever.com/2022/01/06/lone-star-quilt-un-quilt-tres-traditionnel/ puis https://quilteuseforever.com/2022/01/10/meli-melo-de-losanges/.

Le dossier de Quiltmania

Nous le savons, si certains domaines économiques fonctionnent encore bien en France et permettent quelques chiffres flatteurs (baisse du chômage, croissance du PIB de 6,7 % en 2021), nous sentons bien que tout n’est pas aussi joyeux, loin de là. Lire l’édito de Carol Veillon dans le nouveau Quiltmania (n°147) fait l’effet d’une douche froide et induit beaucoup de tristesse, même si l’équipe se bat pour que tout puisse continuer. Nous savons que l’Association France Patchwork est aussi en difficulté, par manque d’adhérents, même si un beau frémissement redonne espoir. Soutenons celles que nous aimons, avant qu’il ne soit trop tard. Aidons nos chouchous à rebondir !

Il n’y a pas de hasard, c’est dans l’air du temps, dans ce magazine Quiltmania, Lynne Zacek Bassett signe Des Éclats de Gloire, un grand dossier sur les Étoiles de Bethléem, alias Lone Stars/Étoiles Solitaires. En dernière page de cet article de 7 pages, elle développe ce qu’explique Lindlee Smith : depuis sa naissance, elle constate l’omniprésence de cette Étoile en quilt chez les Natifs (Amérindiens) de son entourage : je vous l’ai raconté par ici.

Les deux premières pages d’un excellent dossier ! Quiltmania n° 147

Cerise sur le gâteau : l’éblouissant modèle de Pamela Goeke Dinndorf, Orbs ! Vous pouvez faire votre première Étoile avec @plainsandpine, puis vous lancer dans ce chef d’œuvre plein d’éclat. Même pas peur !

Orbs, Pamela Goeke Dinndorf, dans Quiltmania n° 147
Avec Lindlee !

Lone Star avec Lindlee, la couture en troisième semaine

Quand on veut faire une Étoile à la distribution régulière de couleurs, c’est un travail plutôt rapide, à partir de bandes. Si vous êtes inscrite au Challenge avecLindlee, vous avez reçu ce lundi beaucoup d’informations, avec des photos détaillant la couture et coupe des losanges. Vous pouvez voir aussi, sur son compte Instagram @plainsandpine, une petite vidéo, puis une excellente de 15 mn.

Si vous avez les magazines Quiltmania n°16, 17 et 18 (années 1999-2000), vous avez tout ce qu’il faut savoir, bien détaillé et en français, sur les étoiles régulières à 8 branches. On peut trouver aussi ces explications de quilt traditionnel un peu partout dans des livres anciens ou sur internet… mais en anglais, comme le modèle de Lindlee : regardez les schémas, on coud en décalé les bandes prédécoupées à 6,5 cm de haut, selon la séquence choisie, pour avoir une rangée de chaque branche d’étoile. Il faut comprendre la structure, ensuite c’est tout simple.. Ce qui est important pour réussir votre montage : la position des bandes (on commence la couture dans un creux !) et l’utilisation d’une épingle pour chaque intersection.

J’ai choisi cette disposition de couleurs : les couronnes claires seront chez moi bleu ciel très clair (quilt @plainsandpine)

Quand on décide comme moi de faire une étoile scrappy, c’est plus artisanal ! J’ai coupé de longues bandes de couleur ciel pour mes « couronnes claires » et divers losanges imprimés (64 seront nécessaires).

J’ai cousu à la suite diverses bandes imprimées sur une bande ciel. Après le repassage, je couperai des duos.
Voici une vingtaine de duos, j’ai besoin de 64 !

Ce n’est pas exactement la méthode de Lindlee, mais cela revient au même. Prenez de la place pour faire votre maquette avec vos duos, afin de répartir les couleurs et les valeurs (clair/moyen/foncé) jusqu’à ce que ça vous plaise. Il est important d’avoir dans la tête la structure de l’étoile avec ses huit branches : dans ce modèle, nous avons 16 losanges, soit 4 x 4 losanges par branche. Je vais coudre les duos 2 par 2 :

Voilà, il y a du travail répétitif, de la couture minutieuse, mais j’aime choisir à chaque fois les couleurs, et je ne trouve pas cela ennuyeux du tout !

J’aime tellement… que j’entame une autre Étoile parallèlement, issus d’un autre modèle de @plainsandpine, Homestead Star Quilt ! A voir bientôt ici…

Modèle Homestead Star Quilt de @plainsandpine.

Je vous souhaite beaucoup d’étoiles dans les yeux, tout en cousant votre Étoile Solitaire !
Katell

Nous sommes tous des étoiles, il nous suffit juste d’apprendre à briller.
Norma Jean Baker, alias Marylin Monroe

ARTPELHOT et Quilts météo

De la nouveauté à Lacaze

Femmes et hommes de Lacaze sont d’authentiques éveilleurs, ils protègent les aspects traditionnels de leur terroir tout en favorisant l’installation des jeunes dans le village, pour cette Renaissance du XXIe siècle. C’est aussi une histoire entre copains, entre bénévoles des Amis du Château de Lacaze. Au fil des années, l’Association tout comme la Municipalité se réjouissent toujours plus des apports de Cécile Milhau qui réussit à faire venir des artistes de tous horizons, année après année. Mais comme des merles moqueurs, au lieu de parler des œuvres d’art textiles, ils chantent avec l’accent local – plus qu’ils ne parlent – au sujet de Cécile et ses pelhots, ses chiffons, ses guenilles… Pelhot est le mot le plus péjoratif qui existe en Occitan pour parler de tissus ! Mais ces taquineries viennent de ces personnes aux paroles un peu rugueuses pour mieux cacher leur sensibilité et leur gentillesse…

ART + PELHOT = ARTPELHOT
du patchwork, de la broderie, des arts textiles…

Alors c’est décidé, les festivités d’arts textiles à Lacaze et les environs, organisées par Les Amis du Château de Lacaze, s’appellent désormais ARTPELHOT ! Je le prononce arpéliotte 🙃. Il faudra nous y faire, c’est ainsi 😁. Le blog, hébergé par Les Amis du Château, a vu le jour, c’est par ici : ARTPELHOT. Vous y trouverez les nouvelles des expositions à venir, les découvertes artistiques locales, mais aussi d’ores et déjà les archives de manifestations passées.

Ce merveilleux château Renaissance, construit au pied de la rivière du Gijou, lové dans un cirque montagneux au nord de la Montagne Noire, est dédié aux Arts tout au long de l’année.

ARTPELHOT 2022 et quilts-météo

Les quilts météo vivent leur vie, des quilteuses s’enthousiasment toujours pour ce projet pour la troisième année… Cela augure bien d’autres belles expositions de quilts-météo en France ! Et depuis l’exposition au Carrefour Européen du Patchwork, nos amies allemandes fourmillent d’idées pour faire un Temperature Quilt (le terme anglais, que j’ai préféré traduire pour nous).

Le groupe Facebook reste très actif et toujours aussi sympathique. Nous voyons en ce moment à la fois des quilts 2020 tout juste finis, mais aussi de la cuvée 2021 et, oh joie, de nombreux blocs 2022 ! En voici un aperçu :

Kata Dressmaker
Bribri Barry
Sylvette Bigattin
Son double au point de croix ! Sylvette Bigattin
Martine Naffzger
Cécile Dée
Chantal Ricq
Marie-Odile Prevost, récidiviste très créative !
Elsa Boissier, 2003 !
Je ne compte plus les quilts-météo de notre chère Elsa… Suivie de près par Muriel, Agnès… Les Reines des quilts-météo, qui mettent avec Sophie une ambiance formidable dans le groupe !

Ci-dessus, les premiers pas de quelques quilts-météo 2022 : Audrey Saint-Requier, Maïrrhus la Bretonne, Sylvie Gobert qui suit Danielle Carré (elle aussi Bretonne) avec sa brillante idée de comparer la météo (avec les précipitations !) dans diverses régions de France. Ah que j’aime cette émulation !

C’est prévu, ARTPELHOT dédiera le Temple de Lacaze aux quilts-météo fin juin 2022. C’est un vrai privilège que d’exposer dans ce village dédié aux arts. Nous aurons une nouvelle sélection avec juste 2 ou 3 quilts déjà exposés en 2021. Je lancerai les inscriptions sur ce blog et sur le groupe privé Facebook en mars prochain, de même pour d’autres quilts-météo qui seront, eux, exposés à Paris tout le mois de juillet grâce à Sophie.

La vie est une météo imprévisible.
Claude Lelouch

Le programme estival d’ARTPELHOT 2022 est donc, au Château de fin juin à fin juillet, une exposition des artistes Marie-Christine Hourdebaigt et Dimitri Vontzos, qui nous promettent de belles surprises. Le dernier week-end de juin, les 25-26, ce sera la fête à Lacaze avec, outre l’exposition du Château, les quilts-météo au Temple et l’exposition inédite Éveil de la Ruche des Quilteuses à l’Église.

Vive le monde des arts textiles !
Katell

Lever de soleil sur Quatre Accords/2

Mon Lever de Soleil est terminé ! Il s’impose avec le centre brodé afghan et des phrases qui me parlent. Je suis allée chez mon amie Caroline, à La Garoffe, pour faire de belles photos dans son cadre enchanteur :

Une lectrice m’a demandé comment quilter avec du coton perlé. Personnellement, je fais des gestes proches de la couture à la japonaise et du sashiko (je crois !), geste spontané de beaucoup d’entre nous pour coudre : l’aiguille est bloquée par le dé et je bouge le tissu plutôt que l’aiguille. Rien de sorcier, mais le geste est complètement différent du quilting à la main traditionnel (voir la technique d’Esther Miller par ici : 1 et 2).

Suivez ce lien vers Facebook pour une petite vidéo d’amateur postée un peu plus tôt cette semaine, montrant ma manière de quilter en toute décontraction : ICI

J’adore cette charrette bleue… toujours à La Garoffe.

Quant au marquage en vue du quilting : pour faire une ligne droite ou des courbes, j’utilise le hera marker de Clover, sans aucun risque, mais pour écrire les phrases, j’ai pris un stylo FRIXION qui s’efface à la chaleur (au fer à repasser).

Comme je vous l’ai raconté il y a quelques jours, broder les Quatre Accords Toltèques m’a incitée à rechercher qui était ce peuple évanoui ; ce thème avait déjà été évoqué lors de la célébration des 10 ans de mon blog et de l’entreprise Neelam : Émilie avait créé pour cet événement un gâteau à 10 bougies un quilt nommé Toltèque, notamment pour ces fameux Accords…

Le kit est en vente ici, prix réduits en ce moment !

Dans le contexte de redécouverte des peuples premiers en Amérique centrale, Miguel Ruiz (né en 1952), fils d’une guérisseuse et d’un chaman descendant des Toltèques, a préféré se consacrer aux sagesses ancestrales plutôt que poursuivre la pratique de la médecine occidentale (il est neurochirurgien). Son premier livre, The Four Agreements paru en 1997, a fait le tour du monde.

Ce livre, vendu en 46 langues à plus de 9 millions d’exemplaires, est-il une daube en charabia new age, ou bien un précieux guide pour une meilleure vie ? S’il est certain qu’il est écrit simplement et même gauchement parfois, il a le mérite de toucher le cœur de millions de personnes et ne peut faire aucun mal 😊. Il repose sur un constat simple : notre éducation nous a formatés avec un système de punitions et de récompenses, de jugements qui font peur et souffrir. On a aussi oublié de parler vrai et à vivre tel qu’on est, simplement à vivre libre. En suivant quelques règles, on entre dans un monde de respect, de joie et d’amour. Les Accords sont extrêmement simples en apparence, les voici sous leur forme la plus resserrée, celle que j’ai brodée :

Ces 4 injonctions guident vers une vie plus sage, plus harmonieuse et heureuse, en paix avec soi-même et ses proches.

OUPS! Pas vraiment dans la lignée des Accords Toltèques 😳

Je reconnais que ces phrases courtes et simples peuvent facilement être tournées en ridicule. Peu importe. Voici un rapide aperçu de ma compréhension des Accords, avec le champ d’intérêt tel que je le perçois.

La parole

La parole doit être utilisée sans nuire. Je sais l’impact des mots, des petites phrases dites sans y penser et qui blessent, je ne peux donc que valider « Que ta parole soit impeccable ». J’ai été à la fois blessée et j’ai blessé inutilement ; à chaque fois que je passe outre ce premier accord, je le regrette. Parler juste et positif donne le ton et les échanges deviennent ainsi plus constructifs. Mettre en pratique cet Accord n’empêche pas pour autant l’humour, la spontanéité, la chaleur de l’amitié et de l’amour ! Dire ce qui doit l’être, pour les personnes qui comptent pour nous, c’est impératif. Par exemple, les parents qui divorcent doivent toujours dire clairement à l’enfant que ce n’est pas de sa faute. Don Ruiz dit que c’est le plus important des Accords, le plus difficile à contrôler aussi. La colère, souvent enfantée par une peur ou une souffrance, fait sortir des mots qui ne règlent aucun problème. Il faut dompter sa part d’ombre. J’ajoute que je suis persuadée que dans le doute de la parole impeccable, le silence est d’or.

On parle toujours mal quand on n’a rien à dire.
Voltaire

La représentation

Prendre du recul sur ce qu’on entend… Nous projetons toujours trop sur nous le regard et le jugement des autres. « Ne prends rien personnellement », c’est la phrase un peu écourtée de la phrase complète de Don Ruiz « Quoi qu’il arrive, n’en fais pas une affaire personnelle« . Prendre le juste recul permet de rester dans la vérité et non la représentation des choses. Les louanges ou les compliments font plaisir mais ne doivent pas nous donner la grosse tête et nous rendre vaniteux ! Et en cas de critique, je me dois d’éviter le poison émotionnel d’une parole qui n’est pas impeccable. Les critiqueurs projettent souvent leurs propres faiblesses et problèmes ; comprendre cela évite bien des souffrances inutiles. Et en miroir on comprend que :

Tout ce qui nous irrite chez les autres
peut nous conduire à une meilleure compréhension de nous-même.

Carl G. Jung

La pensée

On a tendance parfois à ruminer des paroles, chercher le sens caché… « Ne fais pas de suppositions » incite à communiquer clairement pour éviter les malentendus et les non-dits pour inciter le partenaire à faire de même. C’est gérer son stress relationnel par le lâcher-prise de la surinterprétation (ne pas chercher midi à quatorze heures). Entendre ce qu’on nous dit et reformuler pour savoir si on a bien compris permet une conversation saine. Mais aussi, acquérir de la confiance en soi permet de ne pas se remettre en question à chaque critique. Protégeons-nous et avançons. Attention, cela ne nous coupe pas du goût de la recherche, de l’investigation, de la curiosité : l’Accord concerne les relations entre deux personnes, où l’on observe les faits objectifs pour dégager la parole qui n’a peut-être pas spontanément été impeccable.

L’action

La réussite obligatoire et le perfectionnisme exigés dans notre société poussent tant de monde à la déprime, à la dépression, au burn-out (épuisement physique, émotionnel et mental)… « Fais toujours de ton mieux » et tu auras fait ta part, sans regret, quel que soit le résultat. Tu as le droit de ne pas être parfait. Rien ne t’interdit de vouloir te surpasser, mais c’est ta décision et ta propre volonté. Tu choisis ton chemin en toute conscience, tu crées ta direction de vie. Après avoir écouté les conseils, les avis, tu fais la part des choses, pour toi-même. Avance.

Le chemin se construit en marchant.
Antonio Machado (voir aussi le quilt d’Evelyne)

Je ne suis pas ce qui m’est arrivé, je suis ce que je choisis de devenir.
Carl G. Jung

On se rend compte que les Quatre Accords sont liés, ils font un tout pour assainir les relations humaines et ils favorisent à la fois le respect de l’autre mais aussi le libre arbitre. Un 5e est ajouté par Miguel Ruiz et son fils plus de 10 ans après : « Sois sceptique mais apprends à écouter ». C’est être à l’écoute de l’autre, sans perdre son esprit critique. Sans surinterpréter, on ne se laisse pas rouler dans la farine. Je dirais même que cela incite à écouter son intuition et les synchronicités, et cela nous mène aux concepts de Carl Jung.

Est-ce le meilleur livre de ce philosophe qui sait populariser les mondes des pensées et des religions ? Pour moi dans le top 3, assurément !

Ajouter des citations de Carl Gustav Jung, ancien disciple de Freud, pour illustrer Les Accords Toltèques, n’est-ce pas « sacrilège » ? Ils poursuivent pourtant le même but : nous rendre plus sage pour mieux vivre, et de manière éclairée. Alors, j’assume. Jung a créé le terreau pour de nouveaux courants de pensée qui acceptent l’invisible, il est le tronc commun des nombreuses branches du développement personnel qui fleurissent à profusion, dont les Accords Toltèques. Jung a inspiré un Arbre de Vie Meilleure, en creusant des brèches dans les digues que la rationalité avait construites, et c’est enthousiasmant !

A chacun de trouver son chemin…

Katell

Un joli résumé :

Lever de Soleil sur Quatre Accords/1

Morning Sunrise a ensoleillé l’atelier de nombreuses quilteuses en automne dernier ! Merci encore à Alice de Blossom Quilt & Craft et à la créatrice Alex Bordallo. Si j’ai terminé très rapidement la version Bébé pour une naissance fin octobre, le grand prend plus de temps à être quilté. Je voulais conserver l’esprit mexicain suggéré par ces couleurs qui claquent avec l’évocation de Cozumel, aujourd’hui île touristique, qui fut le premier mouillage en terre mexicaine des Espagnols. Tout ceci m’a menée bien plus loin que je ne l’imaginais au départ…

Quilter à la main, c’est méditer.

J’ai entamé le quilting de Morning Sunrise en décembre. C’est à chaque fois une question que je me pose : quilting main ou machine ? A la machine, on est dans l’action et l’énergie. A la main, on peut être dans la rêverie…

A la main signifie pour moi presque toujours maintenant au coton perlé, avec une aiguille à coudre longue, robuste et au chas qui peut recevoir le coton perlé n° 8. Dans les assortiments « sharp » ou « milliners » ou « mode » de chez Bohin, je trouve mon bonheur. Le quilting au coton perlé m’avait beaucoup plu pour le baby quilt, j’ai réitéré pour le quilt plus grand.

J’ai beaucoup apprécié le quilter en doodle, les idées venant progressivement.
Lever de Soleil brodé en Afghanistan (carré Guldusi) et top d’inspiration mexicaine… Les arts textiles nous font voyager !
Quilter à la main avec du fil à quilter et une aiguille « between », ou bien avec du coton perlé 8 et une aiguille Mode, cela fait beaucoup de différences… Les motifs, les gestes, le temps passé, le rendu, tout change. A chacun son choix ! Ici le dos de Cozumel, quilting au coton perlé en cours.

De fil en aiguille, au cours de mon quilting en doodle (improvisé au fur et à mesure, à partir du centre), l’évidence du chiffre 4 s’imposait, avec la forme carrée récurrente dans la structure de ce quilt. Depuis toute petite, je suis un peu obsédée par les chiffres qui me racontent beaucoup d’histoires ! 4, c’est un système en soi, ce sont 4 murs pour une maison, ce sont les 4 pieds d’une chaise ou d’une table, 4 pattes, 4 saisons, les 4 Éléments (Feu, Air, Eau, Terre). 4, c’est aussi le chiffre qui porte malheur en Chine, en raison de sa prononciation proche du mot « mort », mais 4 est le chiffre sacré chez les Amérindiens, et ça m’inspira quelques recherches, des lectures et comme une évidence… l’idée d’y broder les Quatre Accords Toltèques. Ce sera le thème du second volet de cet article… un peu plus tard, quand j’aurai entièrement terminé le quilting !! En attendant, faisons un bond dans l’Histoire…

Commençons par l’arrivée de Christophe Colomb sur une île qu’il croit être indienne (d’Inde) :

Image pour enfants : Christophe Colomb est accueilli chaleureusement le 12 octobre 1492 sur une île des Caraïbes, par le peuple des Taïnos. On les décrivait volontiers comme des « bons sauvages » n’ayant qu’à gagner avec la civilisation européenne.

Le choc des civilisations vers 1500 entre les « Indiens » (que Colomb a toujours cru avoir rencontrés) et les Espagnols est immense. La cruauté des Espagnols qui voulaient anéantir l’idolâtrie et profiter des richesses est accablante. Avec les Taïnos, on a enrichi notre vocabulaire : ananas, caïman, canoë, caraïbe, goyave, hamac, iguane, ouragan, papaye, patate, pirogue, tabac, savane, cacique, yucca, et même cannibale… sont autant de mots d’origine taïno (source Wikipédia).

Joséphine Baker a été récemment sous les feux de l’actualité, avec son entrée au Panthéon. On parle d’elle comme une femme noire, alors qu’elle est métisse. Ses deux parents étaient américains : son père blanc d’origine espagnole, sa mère métisse (noire, mais avec du sang des autochtones des îles caraïbéennes, peut-être taïno…)

Comment furent considérés ces étranges étrangers, très poilus, venus de la mer et juchés sur de non moins étranges animaux à 4 pattes ? Ils furent bien accueillis ! Les Taïnos, réputés pacifiques, furent de bons hôtes. Mais malheureusement pour eux, ils ne surent combler l’avidité d’or des Espagnols. Le bilan n’est pas reluisant pour les Européens. il y eut de très nombreux viols et donc métissages, dès les premières années. Les populations autochtones ont quasiment disparu : les microbes et virus apportés d’Europe sont responsables d’environ 90% des morts prématurées. 10% le sont par les massacres.

Les Espagnols découvrirent de nombreuses îles caraïbéennes, peuplées de tribus taïnos et autres, avant le Mexique, peuplé d’Aztèques. Le Mexique ne sera abordé que 26 ans après 1492, à Cozumel d’abord, puis le continent. Là, de grandes surprises attendaient les Espagnols. Les peuples sont nombreux, nous allons rester avec les Toltèques et les Aztèques.

Les Toltèques, mot signifiant les Maîtres bâtisseurs ou les Artistes, ont régné relativement peu de temps (entre 900 et 1200). Ici à Tula, leur capitale, située au nord de l’actuelle capitale Mexico, ces monstres de basalte de plus de 4,5 m, les Atlantes, sont au nombre de 4 bien sûr. Ils gardent une grande partie de leur mystère, tant pour leur représentation que leur fabrication.

On connaît assez peu les Toltèques. Leur civilisation avait déjà disparu depuis plusieurs siècles, remplacée par les Aztèques. Sur cette terre mexicaine pendant des millénaires, les peuples anciens se sont rencontrés, se sont combattus, se sont imités, se sont assimilés… On sait que les Aztèques ne tarissaient pas d’éloges sur leurs ancêtres Toltèques :

Les Toltèques étaient sages. Leurs œuvres étaient toutes bonnes, toutes parfaites, toutes admirables, toutes merveilleuses … Ils ont inventé l’art de la médecine … Et ces Toltèques étaient très sages, car c’étaient des penseurs, car ils ont inventé le décompte des années … Ces Toltèques étaient justes. Ils n’étaient pas trompeurs. Leurs mots [étaient] des mots clairs… Ils étaient grands, ils étaient plus importants [que les gens aujourd’hui] … Ils étaient très pieux … Ils étaient riches.
Bernadino de Sahagún, Codex de Florence*

*Le Codex de Florence, écrit par un Franciscain qui avait appris la langue aztèque, a été miraculeusement sauvé et comporte 12 livres, publiés au complet pour la première fois en… 1979.

On sait donc que la civilisation toltèque fut brillante, liée aux arts et à la médecine chamanique, à l’astronomie et l’architecture, à l’agriculture irriguée et à leurs divinités, surtout avec le culte du Serpent à Plumes ou Quetzalcoatl, présent aussi chez d’autres peuples d’Amérique centrale.

Le serpent à plumes, importante divinité des peuples anciens d’Amérique centrale, représente notamment l’alliance de la terre (serpent) et du ciel (les plumes d’oiseau).

Les Espagnols ont débarqué sur leurs terres en 1519 avec Hernán Cortés. La plupart des écrits des Aztèques eux-mêmes (oui, ils écrivaient) et sur les Aztèques au moment du choc de la rencontre des peuples autochtone et espagnol ont été détruits (à part le Codex de Florence et quelques autres), car les Espagnols voulaient cacher que les civilisations locales des terres mexicaines étaient bien plus avancées que ce qu’ils décrivaient officiellement (quelques tribus de sauvages à « sauver » en les évangélisant).

Les quelque 25 millions d’Aztèques en 1519 n’ont curieusement pas opposé une résistance farouche à l’arrivée des premiers Espagnols. A vrai dire, le souverain aztèque a d’abord cru que le chef espagnol Hernán Cortés était la personnification du dieu Quetzalcóatl – le fameux serpent à plumes… Plus surprenant est le bilan comparatif que le petit peuple pouvait faire entre les deux civilisations : la société aztèque était très rigoureusement organisée et divisée et les petites gens préférèrent s’associer aux Espagnols contre le Pouvoir central aztèque ! La vie aztèque exigeait des sacrifices humains, jusqu’à 200 000 par an… Des esclaves, des prisonniers, des handicapés, mais aussi des enfants arrachés de leur famille…

La Pierre du Soleil est d’une grande beauté. Créée par des Aztèques et visible dans un musée de Mexico, elle représente l’ensemble des mythes de la religion du peuple, y compris leur calendrier. Ce monolithe était un autel de sacrifice…

Les hauts dirigeants aztèques croyaient-ils vraiment que les sacrifices humains étaient nécessaires pour que le Soleil se lève tous les jours ? Et le cannibalisme qui s’ensuivait nécessaire pour maintenir leurs forces ?… Car en effet, le sang humain devait couler quotidiennement du haut des pierres ou des pyramides pour que le Soleil puisse se lever, pour que les astres puissent poursuivre leur route et la glorieuse civilisation aztèque perdurer… Les hommes se sentaient responsables de la machine cosmique et le sang humain était le carburant des dieux. Cette responsabilité que les hommes s’attribuaient envers les dieux est unique dans l’humanité.

On apprend dans nos livres d’Histoire que Jeanne d’Arc a entendu des voix, lui disant d’aller bouter les Anglais hors de France. Au Mexique, un autre phénomène a appuyé l’acceptation de la religion catholique : l’apparition de Notre-Dame de Guadalupe le 12 décembre 1531.

La Vierge de Guadalupe, avec son rayonnement de Soleil Levant (Morning Sunrise !!), est l’icône des Mexicains. On peut toujours la voir à Mexico et 20 millions de pèlerins s’y pressent tous les ans. Elle est tellement plus douce que les idoles aztèques…

La tentation est forte de penser que la série de miracles autour de cette Vierge a été orchestrée pour vaincre les dernières réticences des Indiens. Alors de nombreux sceptiques ont étudié la relique – un tissu de fibres d’agave mystérieusement imprimé de la vision de Juan Diego, l’Aztèque qui a vu la Vierge. La durée de vie de la fibre d’agave est 20 ans, nous en sommes à plus de 490 ans et le tissu reste comme neuf ou presque. Si vous souhaitez connaître toute son histoire en vous divertissant, je vous conseille le roman de Didier Van Cauwelaert L’Apparition.

Le talent de Van Cauwelaert fait de ce roman une histoire sautillante, mais on y apprend tout du mythe fondateur du Mexique catholique, l’apparition de la Vierge à Juan Diego, avec plusieurs miracles à la clé. Si vous souhaitez des renseignements sans roman, lisez Wikipedia !

Tout comme les peuples anciens s’interpollinisaient, le peuple mexicain contemporain bénéficie d’un syncrétisme culturel, un intime mélange de survivances précolombiennes et des acquis européens, avec un zeste d’africanité. Ce n’est qu’à l’aube du XXe siècle qu’historiens et archéologues étudièrent sérieusement les civilisations précolombiennes disparues (au lieu de piller les découvertes), et les Mexicains métissés (de sang et/ou de culture) de se réapproprier fièrement leurs racines aztèques, mayas, toltèques, olmèques, mixtèques, zapotèques… Cette « mexicanité enrichie » explose notamment sur les œuvres murales de l’immense peintre Diego Rivera (l’époux de Frida Kahlo), mais aussi bien sûr avec Frida elle-même, adepte de vêtements des femmes zapotèques et de bijoux précolombiens…

On aperçoit derrière le couple une partie de la riche collection d’art précolombien de Diego Rivera. ©Getty Images. A l’instar de Picasso qui s’inspira de l’art nègre (comme on disait alors) avec des masques africains dans Les Demoiselles d’Avignon (Avinyó étant une rue du quartier chaud de Barcelone), Rivera fit revivre l’esthétique pré-américaine sur ses fresques murales.
Les vêtements, les bijoux de Frida rappellent ses origines indiennes par sa mère et la fierté de sa « mexicanité ». ©Getty Images

Et l’île de Cozumel ? Son nom veut dire Terre des Hirondelles, elle était l’endroit où les femmes Mayas se rendaient en pèlerinage au Temple de La Lune pour avoir des enfants… Las ! Hernan Cortés fit démolir les temples et la population, de 40 000 avant l’arrivée des Espagnols, se résuma à 30 personnes en 1570 après une épidémie de variole (virus venant d’Espagne). Ce n’est qu’un exemple représentatif du choc des civilisations.

A Cozumel, il reste quelques ruines des temples Mayas, ici San Gervasio.

Comme je vous l’ai annoncé plus haut, j’ai voulu inscrire, dans mon quilt Morning Sunrise version Cozumel, une touche mexicaine supplémentaire avec les sagesses toltèques enseignées par Don Miguel Ruiz. Nous (re)découvrirons ensemble ces Accords Toltèques, ainsi que mon quilt terminé, dans quelques jours ! Mais comme vous le savez, une Étoile Solitaire pleine de losanges est venue s’incruster dans mes prévisions…

J’espère que cette page d’histoire a retenu votre attention, je crains un peu m’être lâchée sur un sujet qui n’intéresse que moi 🙃 mais aujourd’hui, je voulais me faire plaisir.
A très bientôt !
Katell

Méli-mélo de losanges

De nombreux quilts sont faits de losanges, ce qui affole les débutantes. J’ai l’ambition de vous les faire aimer❤. Une fois de plus, le charme de la géométrie et la beauté des mathématiques de base sont appliqués au patchwork. Mais je vous montre aussi comment vous en sortir sans fastidieux calculs !

Divers losanges

Qu’est-ce qu’un losange ?

C’est une forme géométrique à 4 côtés égaux. Un carré est un losange qui a la particularité d’avoir 4 angles droits. Tous les autres ont 2 angles aigus et 2 angles obtus.

Imaginez que vous pouvez étirer ou serrer en vertical et horizontal : vous obtenez une infinité de variantes en losange.

Ce qui est important à retenir : les 4 côtés sont égaux et ils sont parallèles 2 par 2.

Divers quilts aux losanges

Il y a déjà 9 ans, je vous avais parlé de l’unique quilt de la romancière anglaise Jane Austen, fait de losanges aux proportions dodues. Vous pouvez retrouver cette jolie histoire par ici (Austenland).

Environ 2 400 losanges !

Vous pouvez aussi lire l’article de Denyse Saint-Arroman sur les quilts en losanges par ici, avec de belles idées très variées.

Et bien sûr, il y a toute la famille des quilts aux étoiles à huit branches, qui vous intéressent si vous avez décidé de faire la Lone Star (Étoile Solitaire) avec Lindlee.

Les losanges pour étoiles à 8 branches

Les étoiles à 8 branches sont une grande famille de blocs. Ici des blocs de mon sampler en cours (Le Sampler de Sylvia). Chaque bloc mesure 15 cm. L’étoile de gauche a un seul losange par branche (et donc 8 losanges en tout), celle de droite en a 4 (4 x 8 = 32). en ajoutant une rangée, on a 9 losanges (72 en tout), puis 16 (128), puis 25 (200)… C’est une variante de personnalisation de votre étoile.

Pour les étoiles à 8 branches, nous utilisons des losanges particuliers, avec deux angles de 45°. Pas d’inquiétude, vous n’avez pas besoin ici d’un rapporteur d’angle, ni d’équerre, ni de compas (divers objets aidant à dessiner un losange).

Vous avez juste d’une règle de patchwork où figure la ligne de la diagonale d’un carré (à 45° donc).

La plupart des règles ont une diagonale à 45° dessinée, elle sera indispensable pour découper vos losanges. Ici, elle est à l’horizontale, les deux règles de marques différentes sont superposées. Pensez aussi aux marquages sur votre planche de coupe.

La plupart des grandes étoiles à huit branches américaines sont coupées à partir de bandes de 2.5 inch de haut. C’est justement la hauteur des bandes prédécoupées en jelly rolls. Si vous en avez un de côté, c’est l’occasion de l’utiliser ! En centimètres, on peut prendre la mesure la plus proche, 6,5 cm. Mais vous allez vite comprendre que c’est très facile de changer de dimensions, si vous préférez de grands losanges ou au contraire des minis minis…

Si on veut faire soi-même un gabarit, on peut utiliser le nombre magique 1,414 ! Oui c’est la formule pour calculer combien mesure la diagonale par rapport au côté d’un carré ou un losange, sans passer par les racines carrées… Si la bande mesure 6,5 cm de haut : 6,5 x 1,414 = 9,19 cm, c’est le côté du losange. Une illustration :

La hauteur du losange est de 6,5 cm et chaque côté mesure 6,5 x 1,414 = 9,19 cm

C’est trop compliqué ? C’est là qu’on se souvient que les côtés sont parallèles 2 par 2 ! Si vous avez une hauteur de bande de 6,5 cm, eh bien vous allez couper votre losange à 6,5 cm de la première coupe à 45°.

J’ai une bande de tissu de 6,5 cm de haut. J’utilise la diagonale pour positionner la règle, afin de couper à 45°. J’ai de plus, la marque sur la planche qui confirme le bon positionnement.
Ici je n’ai plus besoin de la diagonale marquée, je positionne la règle sur la marque 6,5 cm et je pourrai couper à droite. J’ai fait un effort, moi la gauchère, pour mettre la règle comme une droitière !
Confirmation que tout va bien : mon losange-témoin en papier est sur la règle, tout est juste !

Sur le PDF Lone Star de Lindlee, vous avez aussi la technique détaillée pour faire plus rapide que losange par losange (il en faut 128 pour ce modèle), c’est-à-dire qu’on coud d’abord des bandes pour ensuite les couper à 45° : c’est ainsi très rapide de faire une Lone Star, mais les tissus se retrouveront à la même place d’une branche à l’autre.

Nous l’avons vu, vous pouvez choisir le nombre de rangées de losanges par branche (voir sous la photo des 3 étoiles) ; vous pouvez aussi agrandir ou diminuer la taille du losange en décidant de la hauteur de la bande. Tout est logique. Ya plu ka !

Ce modèle de Plains and Pine a 16 x 8 = 128 losanges

Le losange vu autrement

Un zeste de dynamisme

Tout le monde connaît le carré, bien propre sur lui. Un carré mis sur la pointe, souvent appelé spontanément losange, a tout de suite plus d’énergie ! Le carré dans le carré est un bloc très dynamique :

Carré dans le carré ou carré dans le carré dans le carré, c’est toujours très joli !

Un carré posé sur la pointe, en losange, ça se remarque ! (Pixabay, Christelle Olivier)

Le losange est un carré avec une touche rock’n roll.

Une touche de vocabulaire

Notre mot losange vient du grec loxós (biais) et du latin angulus, (angle), ce qui correspond bien à ce carré posé de biais et de travers !

A noter qu’en anglais, il existe deux mots pour le losange : rhombus, qui est aussi l’ancien mot pour losange en français (rhombe disait-on naguère en français, cela vient du grec), et diamond, diamant, sont-ils synonymes ? C’est une vraie question posée par les Anglophones aux profs de maths !

La différence est que le diamond peut être aussi en forme de cerf-volant🪁 mais pas le rhombus, aux 4 côtés forcément égaux.

Les pyramides de Gizeh, avec leur ombre, forment des diamants, pas des losanges.

Un soupçon d’ésotérisme

Symboliquement, le 4 représente l’équilibre, l’ordre, l’organisation, la perfection. S’il évoque les parallélogrammes (4 côtés et 4 angles, comme un carré ou un losange), il est aussi un chiffre que les pythagoriciens associaient à la pyramide :

Cette figure est une tetraktys, où 1 + 2 + 3 + 4 = 10, du remue-méninges pour mathématiciens et du bonheur pour ésotériques !
Tetraktys et Kabbale…
Je n’ai pas lu ce livre, il peut être intéressant… Je viens de découvrir cet auteur, Armand Herscovici, avec La Spirale de l’Escargot : des contes bine écrits pour présenter les beautés mathématiques pour tous !

Le losange est aussi la moitié d’une tetraktys

Et dans l’art

Dans le théâtre italien dès le XVIe siècle, l’Arlecchino, notre Arlequin, est un personnage aux multiples facettes, vêtu d’un costume fait de losanges (du patchwork de tissus de récupération). De nos jours, il survit en personnage de carnaval, et on peut toujours le trouver dans des pièces de théâtre, dans les musées…

Arlequin, Paul Cézanne (1888), à voir « en vrai » à Washington DC, National Gallery of Art.
Paul (fils du peintre), par Pablo Picasso -Musée Picasso de Paris
Bien moins connu, l’Arlequin de Juan Alpiste (1996)

Ce méli-mélo de losanges s’achève, avec le petit regret de ne pas avoir publié cet article avant-hier le 8 janvier, Journée Nationale du motif Argyle ! C’est un écossais particulier du clan des Campbell, qui vivaient dans le comté d’Argyll, non pas tissé mais tricoté. Mais oui, vous connaissez !!

Je vous souhaite une bonne semaine,
pleine d’envies de losanges pour votre Étoile Solitaire !
Katell

Lone Star Quilt, un quilt très traditionnel

Nous avons toutes déjà vu des quilts avec une grande étoile centrale, faite de dizaines de losanges.

Les Amish ont fait et font toujours des Lone Star quilts.

J’en ai fait un il y a une quinzaine d’années, en tissus de Noël. Il a gardé quelques petites taches, la projection d’une bougie rouge soufflée trop fort (grr les colorants…) mais il reste un incontournable dans le salon à la fin décembre.

A la découverte de Lindlee

J’ai beau en avoir vu des centaines sur les magazines et sur écran d’ordi, bien moins en vrai, j’ai été touchée par les Lone Star Quilts faits par Lindlee. C’est une jeune femme qui a grandi dans une réserve indienne au Nord-Est du Montana. Au cours de l’histoire et des traités non tenus (rappelez-vous les quilts de Gina Adams transcrivant ces traités fourbes), des arrivants d’origine européenne avaient le droit de s’installer sur un lopin de terre pour le mettre en valeur. S’ils tenaient leur promesse, la terre leur appartenait au bout de 5 ans. C’est ainsi que les ascendants de Lindlee s’installèrent et restèrent dans cette somptueuse nature. Lindlee a grandi dans une ferme-ranch, tout près de la frontière canadienne, dans la plus grande simplicité.

La ravissante Lindlee, avec sa veste faite dans un quilt ancien… Un Lone Star évidemment ! La mode amorcée en 2020 et montrée ici ne faiblit pas, bien au contraire !

Lindlee a toujours vu ces quilts aux Lone Stars dans son environnement. Les femmes amérindiennes de la Réserve avaient, au tournant du XXe siècle, appris ce modèle par les femmes presbytériennes (= de religion protestante) et ces quilts cousus à la main ont alors remplacé les peaux de bisons. Plus tard, ces quilts font toujours partie du paysage et sont, par exemple, les lots de tombola ou les récompenses de matchs sportifs.

A l’issue de fêtes locales chez les Natifs (Amérindiens), ou comme ici de compétitions de basket ball au lycée de Poplar, il n’est pas rare que plusieurs quilts soient offerts aux entraîneurs, aux meilleurs sportifs, aux profs… Jamais, un quilt n’est refait à l’identique !

Le Montana est un État rural du Nord-Ouest des États-Unis, qui borde la frontière canadienne. Vous en avez certainement vu ses somptueux paysages dans des westerns, mais aussi dans le magnifique film L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (1998) :

Avec son mari, son enfant et son chien, Lindlee Smith a emménagé plus à l’Ouest, toujours dans le Montana. Elle a une formation de comptable, mais a toujours voulu avoir, comme dans son enfance, une maison où chaque lit a son quilt, où l’ambiance est simple et confortable. Alors comme plusieurs d’entre nous, elle est aussi marcheuse, jardinière et quilteuse !

Les modèles de Lindlee

Tous les modèles sont des variantes de Lone Stars, vous pouvez les voir sur son compte instagram et par ici. Celui-ci est le plus exceptionnel :

Big Sky Star Quilt, Lindlee de @plainsandpine. Big Sky est le surnom de l’État du Montana, là où on peut admirer pleinement l’immensité du ciel. Une merveille !

Quiltons une Lone Star avec Lindlee !

C’est parti depuis le 3 janvier, mais vous pouvez prendre le projet en route. Inscrivez-vous gratuitement ici.

Nous allons faire ce quilt ! 5 dollars de chaque vente de modèle sont transmis au College/lycée de la Réserve d’où elle vient, afin de faciliter des cours de patchwork pour continuer de transmettre l’art du Lone Star Quilt auprès des jeunes.

Faire ce quilt en suivant la cadence du groupe, c’est d’abord se familiariser avec la technique des étoiles à 8 branches. C’est aussi se donner des missions hebdomadaires sur 6 semaines, pour arriver au bout sans difficulté.

Je vais faire la plus petite version (120 cm de côté) avec des restes de tissus. J’ai quand même acheté un fond uni chez Alice (https://www.blossomquiltetcraft.fr/), un tissu uni très neutre. J’ai envie de retrouver l’esprit amérindien que j’aime tant, avec du beige, du rouille, du moutarde, du ciel et du marine…

Alice est sur le point de déménager, elle se rapproche de la mer et va s’installer du côté de Lorient ! Elle aussi a SA veste 😁

Alors me voilà embarquée dans ce projet, que j’espère faire vite et bien ! Si cela vous intéresse d’embarquer dans ce « quiltons ensemble » (chacun fait son quilt à la maison et on partage les photos de son avancement sur Instagram avec l’étiquette #patchworklonestarsal) allez sur Instagram et voyez le compte de @plainsandpine.

J’ai présélectionné mes bouts de tissus, pour une étoile très scrappy – choix à modifier ou enrichir !

A bientôt ! Katell

J‘ai recueilli la plupart des renseignements et photos sur le site de Lindlee : https://plainsandpine.com/

Dans la rigueur hivernale du Montana, trois versions du même modèle : les possibilités sont infinies!

Lucie sur le chemin…

En septembre dernier en Alsace, j’ai eu la chance de discuter avec Lucie, une lectrice assidue de ce blog. Après avoir partagé maintes impressions et nouvelles, je l’ai incitée à vous présenter un de ses récents quilts, un de ceux qui racontent une histoire… Installez-vous, lisez… et si l’envie vous prend, n’hésitez pas à mettre vos chaussures de marche tout de suite après !
Katell

Existe-t-il un point commun entre le patchwork et le Chemin de Compostelle ?

Non me direz-vous : pourtant ce sont mes deux passions et j’ai voulu fixer mes souvenirs à travers un quilt.

J’ai commencé par faire une coquille Saint-Jacques qui est l’emblème des pèlerins de Compostelle, puis à partir de photos que j’avais prises lors de mes différents périples, j’ai continué pour arriver à un ouvrage de 104 cm x 76 cm comportant 18 blocs.

1 – Tout d’abord un peu d’histoire

Jacques Le Majeur (✞ vers 44) fut décapité à Jérusalem sur l’ordre d’Hérode Agrippa. Son corps fut ensuite transporté à Compostelle. (1)

La légende rapporte que Jacques évangélisa l’Espagne. Sa sépulture est située en Galice, à Saint Jacques de Compostelle (Santiago de Compostela). A partir de l’an 1000, le sanctuaire de Saint Jacques de Compostelle devient l’un des lieux de pèlerinage d’Occident le plus populaire. Jacques est alors représenté régulièrement en pèlerin et porte les attributs du pèlerin : un  long manteau, un chapeau large à coquille, une panetière et un bâton de pèlerin. (1)

C’est en l’an 950 que l’Evêque du Puy-en-Velay est le premier en France à prendre le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. (2)

Il y avait des femmes aussi sur les chemins de Compostelle. Elles étaient beaucoup moins nombreuses que les hommes, et elles voyageaient de préférence en famille sans doute à cause des dangers de la route. (2)

Le pèlerin de Saint-Jacques était appelé « jacquet ou jacobite » et plus péjorativement « le coquillard ». (2)

(1) Reconnaître les saints de Christophe Renault – Editions Jean-Paul Gisserot
(2) Topos guides de la Fédération Française de Randonnée

2 – Pourquoi partir sur le Chemin de Compostelle ?

La première année en 2003 ce fut comme un « appel » irrésistible :
– Tout d’abord parce que j’aime marcher et j’aime la nature,
– Puis le désir de faire ce chemin mythique,
– Mettre  à l’épreuve mes capacités physiques,
– M’éloigner de tout, quitter mes proches, mon travail, mes habitudes.

Depuis 2003 j’ai parcouru environ 3900 km sur les différents chemins de Compostelle, en France, au Portugal et en Espagne.

Les autres années, forte de mon expérience je savais ce qui m’attendait :
– Devenir un étranger, quitter son monde familier, perdre son statut social (tous les pèlerins sont égaux, se saluent et se parlent, même les langues étrangères ne sont pas un obstacle).
– Se dépouiller, se déformater, lâcher-prise.
– Le dépassement de soi.
– Se ressourcer.
– Vivre avec l’essentiel, pas de télévision, pas d’informations, ni de journaux, on fuit même les lieux trop bruyants.
– Ne pas savoir de quoi demain sera fait, quel temps ? quelles rencontres ? quelles difficultés ? etc.
– Admirer de magnifiques paysages qui sont chaque jour différents. Respirer à pleins poumons. Ecouter les oiseaux chanter. Voir des troupeaux dans un champ. Admirer les fleurs et les arbres.
– Découvrir des chefs d’œuvre de l’art (églises, chapelles, cathédrales, ponts, fontaines, etc.).
– Rencontrer des gens extraordinaires et parfois des profiteurs mais cela reste très rare
– Etre libre, perdre son identité pour n’être qu’un pèlerin dont les principaux soucis sont : ne pas avoir d’ampoules aux pieds, ne pas se blesser, manger à notre faim et trouver un gîte pour dormir.
– Etre seul avec soi-même : lorsqu’on est débarrassé des futilités cela  permet de réfléchir à la vie, à notre vie et nous aide à prendre des décisions.

3 – Ce que cela apporte

Le chemin de Compostelle est un chemin de rencontre, de tolérance, de spiritualité. C’est une très belle aventure à la portée de tous, si vous êtes tenté, faites-le, vous ne reviendrez pas déçu, mais différent et plus à l’écoute des autres et de vous-même.

Quelques citations « pour le chemin » :

Si tu n’arrives pas à penser, marche ; si tu penses trop, marche ; si tu penses mal, marche encore.
Jean Giono

Seules les pensées que l’on a en marchant ont de la valeur.
Nietzsche, Crépuscule des idoles

 

4 – Le Patchwork réalisé

Après cette longue expérience, j’ai donc voulu interpréter quelques-unes de mes photos en textiles, et voici le résultat :

Le Chemin de Compostelle, Lucie Gondran, 104 x 76 cm.

Quelques précisions concernant les techniques employées : il s’agit en grande partie d’appliqué, un peu de piécé, quelques broderies, mais j’ai aussi utilisé l’impression sur tissu, quand c’était trop difficile à réaliser autrement (technique signalée par un * dans les descriptions).

Voici l’explication de chacun des blocs en partant de la gauche et en descendant :

Un pèlerin d’autrefois réalisé en feutrine
Un bâton de pèlerin en bois avec une coquille accrochée (il a été réalisé par mon frère avec qui j’ai marché plusieurs années). * Entièrement imprimé sur tissu.
La chapelle de Rochegude en Haute-Loire
La carte de France et le nord de l’Espagne avec le  tracé de tous les Chemins de Compostelle au départ de la France. * La carte a été imprimée.
Le balisage du chemin en Espagne
Un pont sur le chemin d’Arles
À Ostabat dans les Pyrénées-Atlantiques, une stèle discoïdale, implantée en 1964 au carrefour de Gibraltar, signale le point de rencontre entre les chemins de Tours, de Vézelay et du Puy-en-Velay. * La stèle a été imprimée.
La coquille Saint-Jacques
Le balisage du chemin en France
Sur le chemin, des coquelicots et du colza quelque part en Espagne
La silhouette d’un pèlerin (bloc entièrement imaginé, non issu d’une photo)
La partition du chant des pèlerins. * Le centre du bloc a été imprimé.
Un banc rouge sur le chemin d’Arles avec nos bâtons
Une compagne de chemin assise face à l’Océan sur le Camino Del Norte en Espagne
Un pèlerin arrivant à Compostelle (peinture réalisée sur un mur de Revinga dos Campos, village traversé par le chemin de Compostelle). * Le pèlerin a été imprimé.
Un vitrail avec St Jacques le majeur.
* Saint-Jacques a été imprimé.
La chaussure du pèlerin d’après une photo réalisée à l’extrémité Nord /Ouest de l’Espagne à Fisterra. Cap Finistère, fin du chemin pour les pèlerins (fin du bout du monde pour les Celtes et au moyen âge !).
Pour finir la croix de Galice qui est beaucoup représentée en Galice en Espagne. * La stèle a été imprimée.

J’ai pris beaucoup de plaisir à réaliser ce quilt qui m’a fait voyager, évoquant de beaux et nombreux souvenirs inoubliables.

Merci pour votre indulgence, il est loin de la perfection mais c’est « mon chemin ».

Lucie GONDRAN – Décembre 2021

Merci infiniment Lucie de m’avoir confié le soin de publier tes impressions de Pèlerine et de Quilteuse ! Ton chemin concrétisé doublement me touche beaucoup, Ktl