Chez les Girls de Nantes

Virevoltantes avec leurs robes qui tournent, so british avec leurs imprimés fleuris, les pimpantes Girls de Quiltmania vous accueillent jusqu’à ce soir au bord de l’Erdre, la plus jolie rivière de France, sur laquelle je faisais de la voile à mon adolescence…

Nantes que j’aime, pour maintes raisons…

J’y ai passé deux journées formidables. Tant d’amies rencontrées et de nouvelles connaissances ont rendu ce séjour inoubliable ! Le lieu convivial par excellence est le Coin des Blogueuses, encore plus agréable qu’avant, avec des fauteuils recouverts de quilts bien douillets, des tables pour tirer l’aiguille ou s’installer pour papoter… Je ne m’en suis pas privée, et merci à toutes celles qui sont venues me faire un petit coucou ! Nous renouvellerons ce rendez-vous.

C’est l’autre Lieu Unique (clin d’oeil à l’usine nantaise des biscuits LU, devenu Lieu Unique). Muriel, Cécile attirent beaucoup de monde et partagent leurs connaissances avec générosité. Les quilteuses et les blogueuses défilent, prennent du temps pour échanger les nouvelles, commenter les découvertes du Salon… Malgré les masques, on voit des sourires partout !

En ces temps difficiles, bien des commerçants n’ont pas pu venir, souhaitons-leur de se refaire une santé bien vite. Je crois qu’en revanche, ceux qui sont présents ne regrettent pas leur venue, les quilteuses ont besoin de renouveler leur réserve, n’est-ce pas ? Quel plaisir de revoir l’ébullition d’un Salon !

Les associations qui comptent sont présentes. J’aime toujours le stand de France Patchwork 44 :

Guldusi nous booste toujours, avec ses utilisations créatives des célèbres petites broderies afghanes. Pascale et Martine sont fidèles au poste et elles ont eu la gentillesse de faire un stand complètement différent de celui de Sainte-Croix-aux-Mines : encore et toujours de la variété !

Dans une exposition, on trouvait aussi 12 cœurs de Guldusi, mis élégamment en scène par Michèle Beugnon que j’admire toujours, avec son raffinement intemporel :

Je n’ai pas commencé par le commencement, l’accueil est royalement British :

Dès l’entrée, le ton so british est donné : on tourne et retourne autour de l’incroyable performance d’une tricoteuse du nord de l’Angleterre, Margaret Seaman, 92 ans. Elle a mis à profit son temps durant le confinement pour créer cette extraordinaire interprétation de Sandringham, une résidence de la Reine ! De très belles photos par ici. Plus qu’une œuvre juste pour le plaisir, elle est conçue pour lever des fonds pour les hôpitaux.
L’ensemble est époustouflant. Que dire des détails ? Quelle bonne idée d’avoir fait, par exemple, les saules pleureurs en laine détricotée, pour garder les frisottis ! Photo BBC News

Côté expositions, défi relevé malgré le Covid et le Brexit : les Anglais et Anglaises ont pu venir malgré tout 😀. J’ai bien aimé voir les œuvres textiles d’Anne Perry, car aucune photo ne peut rendre ses textures. Mais c’est surtout la fabuleuse collection de Christopher Wilson-Tate que je retiendrai, comme tout le monde je pense.

Christopher Wilson-Tate, né au Nord-Est de l’Angleterre, est antiquaire et l’un des plus grands collectionneurs de quilts anciens. Sa collection personnelle s’élève à environ 800 quilts, dont 600 sont de Grande-Bretagne et d’Irlande.
Il a vendu environ 15 000 quilts dans sa vie…

Les Anglaises, les Galloises, malgré la fraicheur de leur climat, ne mettaient pas toujours du molleton ou de la laine sous leurs tops, loin de là ! L’habitude de faire du patchwork précisément à l’anglaise, avec des papiers comme gabarit qu’on enveloppe, encourageait à doubler les tops sans travail de quilting. J’avais déjà évoqué ceci avec Jane Austen et son coverlet. A vrai dire, les quilts exposés viennent surtout de femmes aisées qui avaient le temps de faire ces extraordinaires jetés de lit ! Ils sont immenses. On imagine bien des femmes de plusieurs générations, réunies l’après-midi, tirant l’aiguille et s’interrompant pour leur five o’ clock cup of tea, avec peut-être des sandwichs au concombre !

Un des quilts les plus captivants de la collection…
Je le dis avec ces cœurs : ne soyons jamais trop péremptoires sur ce qu’il faut faire ou pas : l’appliqué à cru (sans marge de couture rentrée) est considéré comme moderne, parfois comme scandaleusement incorrect : cet appliqué prouve le contraire, ce n’est pas nouveau et ça tient au fil des ans !

J’ai tout aimé. Le sens extraordinaire des couleurs de Pamela Goecke Dinndorf, les impeccables quilts de Petra Prins, les trois Japonaises (oh my God, que de merveilles…) mais vous verrez ailleurs les photos et vous pouvez acheter les très beaux livres de Quiltmania où les couleurs sont bien mieux rendues que mes photos-souvenirs…

J’avais déjà acheté ce livre par correspondance, mais voir ses quilts « en vrai » m’ont éblouie. Etsuko Ishitobi est l’évidente héritière de Shizuko Kuroha, ma quilteuse japonaise préférée depuis 25 ans !
Mes grandes amies Annie (Des Tulipes et des Cœurs) et Kristine avec sa veste en chutes de liberty, so British elle aussi, admirent un des chefs d’œuvre de Etsuko Ishitobi.

Cerise sur le gâteau, Alison Glass, que j’admire beaucoup, représente la mouvance des quilts modernes. C’est beau ! Ses nouvelles gammes de tissus sont à l’honneur.


Le monde du patchwork apporte tant de joies…
Un peu de repos après ces folles journées, puis rendez-vous avec Alice lundi !
Katell

Au Val d’Argent…

Le Val d’Argent, c’est le joli nom de la vallée où se succèdent Sainte-Marie-aux-Mines, Sainte-Croix-aux-Mines, Lièpvre, Rombach-le-Franc et quelques autres villages : après un passé dédié aux mines, les terres fertiles et les forêts continuent de fournir du travail, dans une certaine mesure.

La vallée de Ste-Marie-aux-Mines – Photo J. Antenat

Ce qui fait vibrer la vallée, ce sont des évènements culturels de prestige, parfois d’envergure mondiale comme les minéraux et le patchwork, organisés par une équipe professionnelle de la création et de la gestion d’évènements dans cette belle vallée du Val d’Argent.

L’édition 2021 du Carrefour Européen du Patchwork vient de fermer ses portes, avec une organisation particulière pour éviter à tout prix que cela ne devienne un cluster (foyer de contagion). Bien des groupes (clubs, délégations…) n’ont pas pu organiser leur venue, par manque de visibilité. Beaucoup de personnes vivant dans d’autres pays n’ont pas pu passer la frontière sans confinement ou autre contrainte.

MAIS que la fête fut belle pour toutes les personnes présentes !

Personne n’oubliera les sourires derrière les masques, la facilité des déplacements, l’accès aux œuvres d’art (et aux restos, aux navettes, aux WC…) sans trop de foule, la possibilité de parler plus longuement avec chaque personne rencontrée… Un vrai bonheur, une pleine réussite !

En ce qui concerne les expositions par elles-mêmes, c’est la première fois que j’ai entendu l’unanimité : chaque lieu méritait pleinement la visite, les artistes et collectionneurs étaient très disponibles… Quant au centre commercial, bravo à ceux qui ont osé venir, j’espère que leur courage a pleinement été récompensé.

L’entrée de Ste-Rosalie, à Rombach-le-Franc : Le Temps (temps qui passe et temps qu’il fait) sous toutes ses Couleurs était l’exposition de l’année 2021 !

J’ai eu l’honneur d’exposer 29 quilts dans l’Église Ste Rosalie de Rombach-le-Franc, toute fraîchement repeinte et au nouveau dispositif d’éclairage.

L’exposition, Le Temps sous toutes ses Couleurs, montrait des quilts du Collectif Quilts-Météo représentant chacun l’année 2020 sous le point de vue principal des températures journalières. Comme l’ont découvert les milliers de visiteurs, ce n’était ni répétitif, ni ennuyeux : chaque quilt avait sa propre identité avec une maquette personnelle, et comme dans un agenda, il y avait parfois des indications générales ou personnelles. Ce fut un vrai bonheur d’aider les visiteurs à découvrir ces détails, donner quelques clés de compréhension… Covid oblige, le document contenant les textes d’explications était disponible par QR code, mais rien ne vaut une bonne explication à l’accueil ! C’est pourquoi je remercie très sincèrement les nombreuses exposantes venues plusieurs fois donner de leur temps pour nous seconder, Kristine, Léna et moi !

Les couleurs des quilts correspondaient avec celles des vitraux ! Les jeux de couleurs tout au long des journées ensoleillées nous enchantaient. Photo Elsa Boissier

Que d’émotions ces jours-là ! Ils font déjà partie de nos souvenirs, des souvenirs parmi les plus chers de ma vie de quilteuse. Nous avons reçu quelques visiteurs « spéciaux », des artistes qui s’échappaient momentanément de leur propre expo, et aussi des journalistes. Tous ont manifesté de l’intérêt pour cette exposition inédite et si belle ! Cette vidéo a déjà été souvent vue ces derniers jours, mais tout le monde ne va pas sur Facebook, alors voici l’interview menée par un charmant jeune journaliste de la télévision locale du Val d’Argent :

Rendons-leur hommage, ils avaient bien préparé le sujet ! A vrai dire, j’étais partie faire un petit tour et c’est Kristine qui leur a tout expliqué… Je n’avais plus qu’à revenir en vitesse, une seule prise d’une traite, et voilà !

Ces deux journalistes de la télévision locale ont choisi sur le programme de venir poser leur caméra dans notre exposition, car elle était inédite et attisait leur curiosité ! Photo Muriel Figuière
Interview en cours – A gauche, on aperçoit un bout du quilt de Muriel Figuière, derrière moi, celui de Teri Totne (Hongroise) et à droite celui de Lili Brescia – Une artiste internationale multi-primée côtoie une quilteuse locale pour qui c’est la toute première exposition d’un de ses quilts ! Photo Kristine Toufflet

Quant à Sophie Socaso, si présente, toujours pleine d’idées, elle a notamment produit cette vidéo un jour à midi pile ! A télécharger vous-même, je n’ai pas réussi à l’ajouter dans mon blog. Pourtant, elle fait tout le tour de l’expo, c’est superbe, merci Sophie !

Nous le savons, une église en lieu d’exposition, c’est bien particulier, ce n’est pas sa vocation première ! Mais tout comme à Lacaze (Tarn), j’ai été très émue d’exposer des quilts dans ce lieu chargé des souvenirs des grands évènements des vies locales (naissances, mariages, morts). Dans chacun de nos villages, ce sont les monuments choyés depuis des siècles, les endroits uniques où les gens simples pouvaient voir de l’art avec l’architecture, la statuaire, les tentures, les vitraux… Une énergie s’en dégage, toujours. C’est donc un privilège de pouvoir accorder l’art textile, où nous mettons tout notre cœur, avec l’art religieux.

Devant d’importants mobiliers remarquablement sculptés, nous avons exposé le quilt de Fabienne Soler. Admirez le sac en QR code de la visiteuse !

J’ai passé un moment unique avec bien des personnes, mais permettez-moi de privilégier ici deux visiteuses, Emma et Margot. Le samedi après-midi, je voyais leurs jeunes visages pourtant masqués montrant un large sourire, avec une admiration évidente pour ces quilts-météo. Nous avons alors fait une partie de la visite ensemble, discutant pour mieux nous connaître mutuellement. Emma me dit : j’ai déjà fait beaucoup de patchwork quand j’étais jeune. J’ai alors osé lui demander son âge : 16 ans ! Imaginez le potentiel de ces jeunes filles ! Emma va donc reprendre cette activité qui lui plaît tant, inspirée par l’expo, et montrera tout son savoir-faire à Margot qui va débuter. Je les ai bien sûr très fortement encouragées à tracer leur chemin dans l’art textile, et à présent, nous sommes en contact par internet. Bientôt, nous reparlerons de ces jeunes pleines d’avenir !

Embouteillage devant les quilts de Brigitte Didier à gauche et Brigitte Bafoin à droite !

De très nombreuses photos de l’exposition circulent sur les réseaux sociaux, avec des commentaires toujours très chaleureux, merci à… tout le monde ! J’ai divers projets précis pour ces prochaines semaines, mais je préparerai un dossier avec de bonnes photos des 29 quilts et des textes explicatifs (les mêmes textes que ceux disponibles par QR code), il sera publié sur ce blog en novembre. Je sais que le rendu de la plupart des photos des visiteurs est décevant car les spots, en particulier pour les très grands quilts, ne rendent pas justice aux œuvres.

On ne peut pas grand chose contre les éclairages crus, à moins d’être spécialiste de la retouche photo. Mais parfois, il y a des effets inattendus : un cœur de lumière se dessine sur le quilt de Léna Meszaros ! Cela lui va si bien 💙 – Photo Muriel Figuière

Que celles qui n’ont pu voir cette expo retiennent les deux suivantes : à Lacaze les 25 & 26 juin 2022 et à Paris dans le 12e, au CPA Reuilly Bessie Smith. Nous aurons le temps d’en reparler !

Avec toute ma gratitude pour ce monde du patchwork et des arts textiles qui illumine tellement ma vie,
Katell

J’emballe !…

J’emballe sec…

Oh qu’ils nous faisaient rire, Daumier et Bedos, en 1973 ! Vous ne connaissez pas ? Voici le sketch, où le dragueur, un vrai mufle, croit « emballer » la jeune femme…

D’autres emballent aussi, en plein centre de Paris. Une œuvre d’art dont on parle beaucoup, en bien et moins bien. Cela reste un évènement.

Workers install a shimmering wrapper to envelop Paris landmark, the Arc de Triomphe, in a posthumous installation by artist Christo on the Champs Elysee avenue, in Paris, France, September 12, 2021. REUTERS/Christian Hartmann

Et moi ? J’emballe aussi ce matin ! J’emballe en remuant les étoffes, pliant, dépliant et repliant pour éviter tout mauvais pli, enlevant quelques fils et poils dévoilant que certaines habitent chez leur chat 😺. Quelle joie de manipuler ces quilts et de très bientôt les accrocher, pour qu’ils soient admirés par le public du Carrefour Européen du Patchwork… Vous l’avez deviné, le grand départ vers l’Alsace est imminent !

Sur la table, devant « Au Pays de Sujata », quilt présenté dans BeeBook, vous voyez un véritable trésor qui sera divulgué dès jeudi 16 à Rombach-le-Franc… Deux grands sacs et un « boudin » pour les quilts qui ne peuvent se plier trouveront place sur la banquette arrière de la voiture de Kristine.

Pour tout vous dire, j’ai 21 quilts, Léna apportera les 4 de Paris et région parisienne, les derniers seront apportés par les exposantes qui seront sur place. L’organisation mise en place fonctionne parfaitement jusqu’à présent, continuons ! Merci infiniment aux quilteuses et au quilteur qui permettent cette exposition de prestige… et merci à l’équipe du Carrefour Européen du Patchwork de nous faire confiance !

Beaucoup de quilteuses du Collectif se déplacent, les jours qui viennent seront émotionnellement intenses ! Il me tarde… En attendant, bonne route et à très vite !
Katell

Bientôt les quilts-météo en Alsace !

Aujourd’hui lundi 6 septembre, c’est J – 10 !

2020, avec son élégante parure de chiffres joliment agencés, fut une année que personne n’oubliera, pour une raison que nous n’aurions jamais imaginée : une pandémie mondiale, digne des plus fous scénarios hollywoodiens ou des écrivains les plus originaux – ce dont nous nous serions bien passé.

2020 en patchwork appliqué, vu par Kristine

Dans ce contexte, mon idée de prendre date du dérèglement climatique en faisant un quilt-météo 2020 est passée au second plan. Et pourtant, en France, nous avons effectivement souffert de la chaleur et de la sécheresse l’année dernière : cela se voit bien avec des records enregistrés en couleurs sur nos quilts ! A vrai dire, celles qui le font à leur tour, jour après jour, cette année, n’ont pas du tout le même résultat estival : pas de température exceptionnelle à l’horizon 2021. Ce sont les aléas de la météo justement, le temps qu’il fait peut s’éloigner ponctuellement des rails de la moyenne, dans un sens ou un autre. Quand on observe le climat, il faut plus qu’un exemple, plus qu’une année.

Le climat est ce à quoi on peut s’attendre, le temps est ce que nous avons.
Mark Twain.

La météo est une science qui permet de connaître le temps qu’il aurait dû faire.🙃
 Philippe Bouvard

Je reviendrai un jour sur ce sujet qui me préoccupe tellement.

La Terre est bleue comme une Orange

Pendant le premier confinement, j’avais suivi le challenge France Patchwork Ensemble malgré tout. La couleur orange m’avait rappelé le célèbre vers d’Éluard et inspiré les mots Fragile et Audace, vous pouvez relire l’article ici.

Rencontre poétique entre Paul Éluard et Antonio Machado.

Ce que je n’avais pas dit, c’est que Bee Évelyne avait aussi brodé ce vers de Paul Éluard sur son projet de quilt-météo ! Il accompagne une strophe d’Antonio Machado. Ces deux poètes illustrent la double culture de mon amie. Je me permets d’ajouter ici ma traduction de ce magnifique poème espagnol, qui évoque les longues marches qu’Évelyne affectionne tant mais aussi le chemin de la vie que chacun se crée :

Toi qui marches, ce sont tes traces
qui forment le chemin, et rien d’autre.
Toi qui marches, il n’y a pas de chemin,
le chemin, on le trace en marchant.
En marchant on trace des chemins,
et lorsqu’on regarde en arrière,
on aperçoit un sentier sur lequel jamais plus
on ne marchera de nouveau.
Toi qui marches, il n’y a pas de chemin,
Juste des sillages sur la mer.

Antonio Machado,
extrait de Proverbios y cantares, Campos de Castilla, 1917

Il existe probablement de meilleures traductions que la mienne… On peut traduire Caminante par Voyageur, Marcheur ou bien Cheminant… J’ai opté pour Toi qui marches.

Sous la sphère poétique, des expressions françaises multicolores…

Évelyne est une personne souriante, piquante, ne se prenant pas au sérieux et pourtant toujours si juste, si sensitive, si pertinente. Son quilt est comme elle, original, personnel, unique ! Elle a suivi les tendances des températures mais a privilégié la météo de sa vie au fil des jours, en parallèle avec les phases de la Lune, comme un hommage à la féminité. Sa carrière au service de la santé des femmes et leurs bébés – en maternité en milieu hospitalier – n’est pas un hasard non plus…

Si vous voyez des jours en tissus imprimés d’abeilles, c’est que c’est une journée de Ruche des Quilteuses, mais certaines broderies sont des jalons du chemin de sa vie, et nous n’en saurons guère plus…

Ce quilt a été sélectionné pour sa beauté et son originalité, comme les 29 autres quilts-météo 2020 que vous découvrirez dans une dizaine de jours au Val d’Argent !

L’étiquette au dos résume tout !

Val d’Argent…

Ce si joli nom désigne une des plus longues vallées des Vosges côté alsacien ; l’exploitation des mines depuis le Xe siècle (argent, cuivre, arsenic, cobalt, plomb…) a profondément marqué la vie locale. La vallée est aussi une des régions les plus boisées de France, atout majeur pour le tourisme. Et, au hasard des balades, on peut approcher des sites naguère consacrés à des pratiques druidiques…

Mais ce qui fait que le Carrefour Européen du Patchwork existe au Val d’Argent, c’est la célébration des 300 ans du mouvement religieux Amish à Sainte-Marie-aux-Mines en 1993, avec l’exposition de la collection de quilts amish du collectionneur Jacques Légeret. Les Amish, communauté chrétienne issue d’Anabaptistes suisses et alsaciens, vivaient dans des fermes de cette vallée, avant de décider d’émigrer vers le Nouveau Monde, pour y jouir d’une plus grande liberté d’exercer leur religion. C’est en Amérique que les femmes commenceront à créer des quilts au cours du XIXe siècle à partir des tissus de laines teints, les mêmes que pour leurs vêtements. Ce sujet passionnant est longuement traité dans les livres de Jacques Légeret, que je vous recommande chaleureusement. Un dossier sur les Amish se trouve également sur le site du CEP.

Après le succès planétaire de cette exposition en 1993, le Carrefour Européen du Patchwork s’est développé et accueille chaque année une sélection de ce qui se fait de mieux dans le monde des Arts Textiles. Vous pouvez trouver le programme complet 2021 sur le site du CEP : expositions, conférences, cours, espace commercial bien sûr aussi…

C’est pourquoi je suis tellement honorée de présenter la première exposition mondiale de Temperature quilts, rebaptisés quilts-météo en français ! Elle vous séduira par sa créativité et la qualité de ses réalisations.

Les quilts-météo de 29 quilteuses et un quilteur seront exposés lors du Carrefour Européen du Patchwork à Rombach-le-Franc, du 16 au 19 septembre – 9h30-18h.

J’assurerai une visite guidée tous les matins à 10 heures en français, avec la possibilité d’un dialogue questions-réponses en anglais et en allemand. Solidarité du groupe : les visiteurs feront connaissance avec plusieurs exposantes qui offriront de leur temps pour me permettre d’aller aussi visiter les autres expositions… Merci à chacune 🥰

J – 10 !

Inévitablement se pose la question des conditions sanitaires. Vous pourrez entrer dans les salles d’expositions avec votre ticket d’entrée ainsi que votre pass sanitaire (tous les détails sur internet). Nous veillerons à ce que, malgré ces contraintes, la bonne humeur soit au rendez-vous ! Nous avons tant besoin de nous rencontrer de nouveau et d’admirer des choses qui nous font vibrer ! Et franchement il me tarde de retrouver l’Alsace avec mes amies qui y vivent… et toutes celles qui se déplaceront 🌞

Bien sûr, nous passerons en revue d’autres quilts-météo dans les prochaines semaines !
Mais vous le savez, rien ne vaut de LES VOIR EN VRAI !!
A bientôt, Katell

Voyage textile : à vol d’oiseau

Je vous avais promis de vous annoncer le gagnant des Oiseaux de Lacaze créé par nous, les Abeilles, et quilté bénévolement avec maestria par Je Quilte Pour Vous (Chantal Baquin), pour la tombola des Journées textiles à Lacaze. Samedi dernier, lors de l’Assemblée Générale des Amis du Château de Lacaze, une main parfaitement innocente a tiré au sort l’attribution des lots.

Dans vos groupes, dans votre famille, dans vos clubs, y a-t-il une personne « qui a trop de chance », qui est une habituée des tickets gagnants ? Eh bien dans la Ruche, il se confirme que notre chère Maïté est bien l’Abeille chanceuse, car c’est bien elle qui a gagné le quilt tant convoité !

Je suis évidemment ravie pour elle… et pour moi ! Car nous pourrons encore en profiter, le montrer de nouveau à l’occasion, et en faire de jolies photos car, dans la précipitation des préparatifs, nous l’avions oublié…

Nous avons surtout des photos du top, et pas du quilt… Nous pourrons y remédier prochainement 🧵😁

Les petits oiseaux vont donc rejoindre leur nid, chez une Abeille… Quelle joie !

A demain, pour admirer des sportifs !
Katell

Voyages textiles en France

Bonjour,
Bienvenue dans le blog
des petits & grands voyages
avec les textiles !

Cela m’enchante de vous écrire de nouveau, même si je sais que des quilteuses s’éloignent de leur ordi pendant ces mois estivaux. Plusieurs expositions, en cours ou annoncées, nous offrent une promesse de bien-être, car retrouver des quilteuses fait tant de bien ! Les expositions reprennent donc, plutôt timidement malgré tout, car c’étaient des préparatifs dans l’incertitude, tout comme nous l’avions expérimenté lors des Estivales de Lacaze (Estivales 21) en juin dernier. J’ai relevé quelques annonces sur Facebook que je relaie ici : si vous vous trouvez dans les parages, je vous les recommande chaleureusement.
Puis, une expo qui m’a enchantée vendredi dernier… En route !

En Alsace

La très talentueuse – et si chaleureuse ! – Michelle Braun organise cette exposition dans le nord de l’Alsace les 14 & 15 août, je suis certaine que des merveilles seront exposées !

Dans la Drôme

Exposition d’arts & artisanats dans la Drôme jusqu’au 15 août avec Elsa Boissier.

Balade en Aveyron, vers Lacapelle-Bleys

Vendredi dernier, pas de réunion d’Abeilles de la Ruche des Quilteuses car la plupart passent de précieux moments avec leurs enfants et/ou petits-enfants. J’ai donc pris la route avec mon mari, une de celles que nous connaissons presque par cœur, dans l’Ouest aveyronnais.

Les villes principales sont à taille humaine. Rodez, avec sa cathédrale en grès rose, se voit de loin, et le musée Soulages attire chaque année de plus en plus de visiteurs (revisité en 2019). N’oublions pas pour autant la promenade dans la vieille ville, très agréable ! L’autre pôle urbain, plus près du Tarn-et-Garonne, est Villefranche-de-Rouergue, à l’opulence médiévale presque intacte. Il faut y aller le jeudi matin, pour son marché !

A Villefranche-de-Rouergue, le marché s’étend sur plusieurs places et rues adjacentes. Il y règne comme un air provençal, dans un cadre médiéval splendide.

Les très beaux villages sont nombreux dans le coin, citons les perchés comme Belcastel ou Najac, ou bien les bastides sur terrain plat, avec des places accueillantes, aux galeries ombragées avec de belles arcades, comme Sauveterre-de-Rouergue ou Villeneuve d’Aveyron (n’y manquez pas le Musée de la Photographie et les très nombreuses photos de Jean-Marie Perier, qui vit dans ce village !).

Mais ce vendredi, le cœur de notre sortie se trouvait à Lacapelle-Bleys, pour une exposition d’arts textiles, dans le sens le plus large du terme, organisée par l’Aiguille Magique avec la formidable Mijo Bessac.

Il est trop tard pour s’inscrire au stage de broderie d’or ! Les participantes au stage de stumpwork sont rentrées absolument enchantées… nul doute que les stagiaires de mercredi prochain le seront aussi.

La vitalité du village fait plaisir à voir. Il est situé au cœur d’un des vallons du Ségala, fertile région où l’agriculture raisonnée prend le dessus. Fait rare en août, pas de paillasse jaunâtre brûlée par le soleil mais des verts tendres printaniers, à la faveur des pluies récentes !

Le Ségala, une belle campagne où, souvent, les haies sont préservées  © P. Geniez

Si je vous disais que de jeunes couples, lassés de la vie citadine, s’installent ici à Lacapelle-Bleys, séduits pas la qualité de vie ? Mais oui, le Covid a renforcé la tendance déjà perceptible quelques années auparavant. Les écoles ne ferment plus dans le coin !

Souvenir : le club de l’Aiguille Magique en 2010, photo parue dans La Dépêche du Midi

Mijo et ses amies ont traversé elles aussi de douloureux moments ces derniers temps. La solidarité entre amies signifie bien quelque chose ici aussi et nos groupes sont de précieux soutiens, en particulier dans ces moments chaotiques où l’empilage de mauvaises nouvelles pèse lourd.

Un Passacaglia, sublimé par le choix d’un batik parfait pour le fond, attire irrésistiblement l’œil !
Le thème des Quatre Saisons…

Les divers thèmes de l’exposition ont été bien souvent transmis par internet ces derniers temps, mais cela a titillé la créativité de certaines ! Dans cette grande salle, vous admirerez du patchwork, mais aussi d’autres travaux d’aiguilles parmi lesquels l’utilisation modernisée de la broderie Richelieu. Oui, la broderie est aussi à l’honneur à l’Aiguille Magique et nos gentilles sorcières ont des doigts de fées ! Outre la qualité des ouvrages, on sent la cohésion du groupe dans cette exposition.

Ce très beau tableau comporte des pivoines appliquées de manière traditionnelle (à la main, avec rentré minutieux) et des broderies raffinées, donnant une composition intemporelle.

A côté de l’exposition de l’Aiguille Magique se trouve celle des broderies afghanes (association Guldusi menée par Pascale Goldenberg) déjà vues à Lacaze, mais la disposition différente permet de les découvrir autrement. Et, toujours, sont disponibles des petits trésors brodés à s’offrir ! Une pensée pour ces femmes dont le quotidien ne va pas s’améliorer avec l’avancée des Talibans, et c’est un euphémisme. Espérons qu’elles pourront garder quand même leur activité salvatrice de broderie, et que Pascale Goldenberg pourra continuer à les faire arriver jusqu’à nous.

Mijo m’a montré ce qu’elle aime faire en ce moment : de la peinture à l’aiguille ! A partir d’une photo de jardin (vous en trouvez de très belles dans les magazines Mon Jardin Ma Maison, l’Ami des Jardins, etc.), elle se lance, recompose les harmonies… Quelle virtuosité ! Son fil de prédilection est le fameux Fil au Chinois pour dentelle. Voici un exemple de tableau à l’extraordinaire finesse (le préféré de mon mari !) :

Et ce n’est pas fini ! Au fond de la cour de l’école, on découvre un artisanat indien bien particulier. Nous avions admiré l’art des impressions au tampon avec Neelam dans le Gujarat (Nord-Ouest de l’Inde), nous apprenons ici l’art du kalamkari, autre technique millénaire, où des dessins sur toiles de coton sont créés à main levée au kalam ou calame (bambou taillé), ici dans le Sud-Est de l’Inde, à Kavali près de la côte de Coromandel, là où mouillaient les navires venus d’Europe…

La Maison Bleue à Kavali, centre de soins créé par André Mâge

Cela a commencé par un Français, André Mâge, arrivé en Inde au début des années 2000 pour construire une entreprise de confection de vêtements en coton, avec le désir d’appliquer les valeurs du partenariat social et des rémunérations justes. L’état sanitaire lui a sauté à la gorge lorsqu’il est intervenu après le tsunami de 2004 dans l’État du Andhra Pradesh et son chemin de vie s’est tourné vers les soins de la population, en particulier les personnes atteintes du SIDA. HELP Kavali India est né, sa femme Catherine y a créé parallèlement HKKK (en français Manufacture créative de Kavali) où des femmes retrouvent l’espoir dans un contexte socio-sanitaire dramatique. Salariées et soignées, elles apprennent les techniques et créent, sans aucune connaissance culturelle antérieure, des scènes splendides sur support textile. Vous en apprendrez beaucoup plus en discutant sur place avec Catherine, ou en vous rendant sur sa page Facebook, ou encore en allant dans son magasin à Villefranche-de-Rouergue.

Exemple de toile dessinée et peinte : la séance de coiffure, par Kalyani. Comme pour les impressions de Neelam, toutes les couleurs sont obtenues avec des produits naturels, le coton est non blanchi, le mordançage (étape préalable à la peinture) puis la fixation sont faites « comme avant », selon les connaissances traditionnelles indiennes.
Catherine Mâge est ces jours-ci à Lacapelle-Bleys, mais vous pouvez la rencontrer toute l’année à Villefranche-de-Rouergue, dans son magasin situé 21 rue Alibert à Villefranche-de-Rouergue (12). Photo La Dépêche

Vous avez peut-être déjà rencontré Catherine Mâge et ses kalamkaris, elle est régulièrement invitée dans les manifestations textiles ! Les ventes en France permettent de couvrir 50% des besoins sur le terrain, soit le soin apporté à plus de 600 patients et leur famille, et près de 30 salariés. De nouveau, nos petits achats-coups de cœur apportent un réel soutien à d’autres femmes.

Mille mercis Mijo pour ton chaleureux accueil,
sans oublier tes amies brodeuses et quilteuses très sympathiques !
Espérons nous revoir bientôt…
Oui, bientôt, en Alsace !!

En Alsace, j’expose !

Pour être exacte, j’expose Le Temps sous toutes ses Couleurs, la sélection de quilts météo 2020 🌞

Le Carrefour Européen du Patchwork met tout en œuvre pour que la fête soit belle, nous leur faisons confiance ! Les programmes des expos et stages sont à votre disposition sur leur site, ainsi que la billetterie. Faites-vous plaisir, allez en Alsace cette année malgré tout !

Le Carrefour Européen du Patchwork, c’est par ici !

On ne peut mettre sous silence les questions sanitaires. A chaque fois que nécessaire, le sujet est mis à jour par ici.

J – 39 !

A très bientôt pour une actualité presque sportive,

Katell

Post-scriptum pour les quilteuses lectrices du Patch d’Oc. Le Patch d’Oc est le bulletin trimestriel des délégations France Patchwork de l’ouest de l’Occitanie (ex-Midi-Pyrénées). Pendant de longues années, il fut largement écrit et mis en page par Suzanne Sirvent, une amie chaleureuse, sympathique, à la grande culture, qui était aussi correspondante de La Dépêche du Midi dans le sud du département. Je l’ai connue membre de la délégation FP31 avant la mienne et nous entretenions des liens d’amitié et de respect mutuel. Sa ténacité, son courage lui ont fait traverser maints orages de la vie.

Nous pouvons retenir d’elle cette belle photo largement diffusée dans la presse régionale, avec sa jolie veste en patchwork.

Elle est partie d’une manière dramatique. Souhaitons qu’elle repose enfin en paix.

Estivales de Lacaze 2021 – Une mer cousue de couleurs

Initialement, la Ruche des Quilteuses devait exposer au Temple de Lacaze (81) cette année, mais pour y laisser l’exposition déjà prévue en 2020, on nous a attribué une « nouvelle » salle : l’église du village, Notre-Dame de Lacaze. Elle se trouve face au château, près de la mairie, avec une statue inattendue de Jeanne d’Arc au-dessus du portail :

Je n’y étais jamais entrée auparavant et n’avais aucune idée des possibilités d’exposition. Cécile Milhau nous avait parlé de lambris en bois permettant l’accrochage de petits quilts, d’un filin en hauteur pour ajouter quelques grands quilts… En toute décontraction, nous vînmes le jour de l’accrochage, nos coffres remplis de quilts et de baguettes, 2 escabeaux en prime. Nous découvrîmes une église un peu endormie, mais bien mignonne et visiblement rénovée par des travaux successifs.

C’est ici ! Au centre de l’Occitanie, bien sûr nous sommes bilingues 😊

Au fur et à mesure que nous installions nos quilts dans l’église, nous nous y sentions de mieux en mieux, comme si nous nous apprivoisions mutuellement. Je me suis rendu compte que les statues de chaque Saint de l’église renvoyait à une de mes tranches de vie, comme Sainte-Germaine de Pibrac, moi qui vis dans cette petite ville depuis 26 ans, ou la rare Sainte-Philomène alors que j’ai vécu rue Sainte-Philomène à Toulouse, et je pourrais continuer le jeu des correspondances, mais cela devient très personnel et sans intérêt pour vous !

Terminons avec l’architecture et l’art religieux de notre salle : plusieurs visiteurs du dimanche étaient des enfants du pays venus voter, et ils nous racontaient leurs souvenirs, le plus souvent leur mariage en ces lieux mêmes. Ainsi avons-nous appris que la voûte dont nous admirions le travail d’ajustement des pierres était peinte jusqu’à un passé relativement récent. Le plafond était plâtré, peint en bleu et parsemé d’étoiles comme souvent en Occitanie, puis fut ajoutée une Vierge. Le voici dans son état actuel, débarrassé du crépi, tel que nous l’aimons :

Vue sur la voûte du chœur de l’église, pendant la présentation de la conteuse Martine Viala.

Nous avons pris nos marques :

Le logo de ce blog, signé Kristine & Éliane, accueillait les visiteurs. La Ruche des Quilteuses, c’est ce blog, et aussi un groupe de 10 amies de l’Ouest toulousain. Notre groupe a été invité par Cécile Milhau à exposer cette année à Lacaze.

Le dimanche, sous les arcades de la mairie, à droite de l’église, se trouvaient Les Amis du Château avec les billets de tombola permettant de régler les frais des Estivales (1er Prix : les Oiseaux de Lacaze, quilté par Je Quilte pour Vous, le top est magnifié par un matelassage machine fantaisiste, inventif et parfait de Chantal Baquin !) et Neelam, nos amis aux tissus indiens artisanaux :

Pour rendre une longue histoire courte, c’est au cours des préparatifs de l’exposition, le lundi précédent, les quilts étalés sur les bancs, que j’ai eu l’idée d’y déployer nos plus grands ouvrages, comme cela se fait parfois en Amérique du Nord. Quelle aubaine d’avoir des bancs au lieu de chaises !

La mer de quilts ondulant sur les bancs a valu bien des Oh ! et des Ah ! de surprise !

Nous avons compté et recompté, nous avons pu exposer exactement 70 quilts, faits en trois ans, par nous dix. Et la présentation des quilts a suscité autant d’intérêt que les ouvrages eux-mêmes. L’effet était très intéressant, c’était une nouveauté dans le monde des expositions, du moins dans la région, à ma connaissance.

Un peu par paresse, beaucoup par conscience de leur relative inutilité dans ce cas précis, nous avons décidé de ne mettre aucune étiquette, mais les Abeilles étaient présentes en nombre pour manipuler les quilts pour mieux les montrer, pour attribuer à la bonne quilteuse chaque ouvrage, et surtout pour partager la joie de se (re)voir, même avec masque !

Nous avons pu regrouper un bon nombre de quilts faits pour BeeBook (y compris des quilts recalés, mais oui c’est arrivé pour diverses raisons !), puis rassembler nos nouveaux challenges : 7 Diabolical Jane sur les 8 faits par notre groupe et 8 à 9 Quilts Bavards (le dernier est arrivé dimanche), séries accompagnant nos quilts personnels très variés. La plupart des quilts furent présentés sur ce blog, mais nous en avions bien une quinzaine d’inédits que je vous montrerai en détail à la rentrée.

Avec les photos que je vous présente, on pourrait croire que personne n’est venu, l’église étant bien vide… c’est que lorsque nous avions de la visite, et ce fut tout au long des deux journées, nous étions trop occupées par l’accueil et nos discussions pour faire des photos !

Brigitte, notre chère Abeille de Dubaï, est de retour parmi nous ! Elle nous a bien fait rire, débarquant en tee-shirt et bandeau en imprimés Abeilles ! Elle présente ici un quilt moderne, sans molleton, en appliqué à cru (thermocollé) d’une réjouissante fantaisie, d’après un modèle de Laura Heine (Montana, USA). Tous ses quilts exposés ici sont quiltés machine et appliqués avec cette technique, quel changement de style ! Photo de notre amie Suzy ❤

Plusieurs personnes ont acheté BeeBook (livre de patchwork créatif édité par les Éditions France Patchwork), d’autres ont apporté leur exemplaire pour une petite dédicace. L’une d’elles prend particulièrement soin de son livre, admirez l’œuvre de la brodeuse :

J’ai été réellement touchée de voir cette belle pochette protectrice. Et c’est d’une personne que j’aime bien sur les réseaux sociaux, elle est toujours mesurée, agréable. Maintenant que nous nous sommes rencontrées, nous nous apprécions d’autant plus ! Et ce furent de multiples autres belles rencontres tout au long du week-end…

Nous avons exposé les deux derniers quilts que Kristine ou moi avaient créés et expliqués pour Les Nouvelles (magazine de France Patchwork). Nous dix sommes toutes membres de France Patchwork depuis des années et d’ardentes supportrices de cette association indispensable !

J’ai aussi exposé un de mes quilts préférés, celui du premier confinement, Ensemble malgré Tout. C’était précisément le titre du challenge sur les couleurs du forum FP (sur Facebook). Je l’avais déjà fait sur plusieurs ouvrages, j’ai piécé le titre pour rendre le quilt « bavard ». Le voici avec un ouvrage sur ce même thème, à 8 panneaux assemblés verticalement, très minutieusement travaillé par Christine, une visiteuse experte en art textile. Même projet, deux réalisations complètement différentes :

Bravo Christine du club de la Courtepointe de Castres ! (voir commentaires)

Je reviendrai sur ce que nous avons appelé les quilts bavards à la rentrée, notre amusement de ce début d’année 2021, mais vous pouvez déjà les voir en visionnant les deux vidéos de Kristine qui a fait le tour de l’expo samedi, armée de son smartphone. Bonne visite virtuelle et à bientôt pour le dernier article de la saison !

Vidéo 1

Vidéo 2

A très vite pour quelques lectures estivales !
Katell

Encore merci à toutes celles qui ont posté des photos sur Facebook ou m’ont envoyé des fichiers, j’ai largement pioché dans vos trésors !

Estivales de Lacaze 2021 – Au Château, des merveilles !

Bien sûr, il n’y aura jamais des milliers de personnes se précipitant à Lacaze fin juin. Ce serait impossible, ce n’est pas le but non plus. Les quelques centaines de personnes qui se déplacent ce week-end-là ne voudraient pas qu’il y ait autant de foule ! C’est un lieu qui a pourtant pris de l’importance, par la qualité des artistes qui exposent au Château chaque année et aux belles surprises réservées par les expos alentour.

Avec l’année blanche de 2020, il ne fut pas facile d’établir le programme de cette année, il a souvent changé. Mais depuis 2018, il était décidé que le Château serait dédié aux Filles du Rouvray ! Cela s’est passé simplement comme souvent, avec une conjonction de bonnes volontés.

Le patchwork est une langue universelle ! Betty Ford-Smith chez Christine Meynier, en juin 2018.

Je vous avais raconté ma visite chez Christine Meynier en compagnie de Betty. C’est ce jour-là que nous avons rêvé d’une l’exposition commune des intervenantes (vendeuses, animatrices…) du premier magasin de patchwork de France, Le Rouvray… et tout de suite, j’ai pensé au château de Lacaze ! Le rêve est devenu réalité, avec la complicité de Cécile Milhau bien sûr et l’organisation de Christine qui a recontacté toutes ses amies de longue date. Et pour moi, elles sont toujours jeunes et rock n’ roll, c’est pourquoi je me suis permis de dire « les filles » au lieu des « dames » du Rouvray, qui étaient toutes sous la direction de Madame de Obaldia.

Christine Meynier et Cosabeth Parriaud représentaient avec brio leur groupe d’amies, à l’intérieur sans masque juste pour la photo ! Elles sont gaies, gentilles, simples, elles ont tout des plus Grandes. Derrière elles, Le Temps qui Passe, de Christine, d’une richesse foisonnante et unique, une merveille de récup comme j’aime. A droite, un chef d’œuvre de la regrettée Soisick Labbens, qui fut sur la couverture d’un très ancien Quiltmania (avril 1998).
Les deux amies, châtelaines d’un jour, devant de merveilleux quilts de Cosabeth

Depuis 2018, le temps a passé, personne n’a rajeuni, mais l’envie restait ! Christine a réussi à réunir dix-huit quilts confiés par 7 Filles du Rouvray – ou leur famille – Soisik Labbens, Cosabeth Parriaud, Marie-Christine Flocard, Viviane Martin, Joëlle de Bailliencourt, Inès Travers et Christine Meynier. Elles représentent l’art du patchwork à la Française qui a éclos dans ce magasin parisien dirigé par une Américaine. Je suis une fidèle des musées, et je sais que dans cette exposition, il y a de vraies œuvres d’art, une créativité unique, une joie qui éclate, une ambiance qui jaillit de ces morceaux de tissus. Nous aussi faisons du patchwork, certains très beaux, mais la magie est là : plusieurs de ces quilts ont un petit plus indéfinissable, peut-être une âme !

Le château date de la Renaissance et a été remarquablement rénové ; ses murs de lauze d’un gris chaud (le fameux taupe des tissus japonais peut-être) met les quilts parfaitement en valeur.

C’est un vrai privilège de pouvoir exposer en ces lieux et l’année prochaine, ce sera UN artiste textile. Non, pas lui, oui, celui-ci (réponse l’année prochaine🙃😊).

La Farandole de Gonesse, Soisik Labbens, 1993 – Ce quilt avait été exposé pour la première fois à Jouy-en-Josas, en 1994 sur le thème de la toile de Jouy, et c’est à cette expo que j’ai découvert France Patchwork et m’y suis inscrite pour la première fois, car je vivais en Allemagne. Je ne sais plus comment j’avais eu connaissance de cette expo, peut-être dans un magazine allemand !

Que se passait-il aussi ce dimanche 27 juin en France ?
Longtemps on a cru que la grande salle, pleine de quilts d’exception, ne serait pas visible au public ce dimanche, les élections ayant lieu à cet endroit. Entre personnes de bon vouloir, l’entente a été trouvée avec M. le Maire et chacun avait son couloir de circulation. Ouf ! A gauche est accroché Frida de Joëlle de Bailliencourt, un des nombreux quilts tant admirés en 2018 chez Christine Meynier (alors encore sous forme de top).
Des quilts splendides dans un écrin magnifique !

Que dire de plus sinon que ces rencontres m’ont fait chaud au cœur, que nous nous sommes trouvées comme si nous nous étions amies depuis longtemps ? Ce week-end-là, il régnait à Lacaze un esprit de connexion entre les personnes comme jamais, plusieurs visiteuses m’en ont parlé ou écrit ensuite… Un effet fort désirable et inattendu des confinements ? Ou est-ce l’envoûtement du lieu enchanteur et enchanté ? Pour moi, cela tient aux personnes présentes, que de belles personnes sensibles aux énergies positives dégagées ces deux jours de fête !

La passion c’est l’énergie.
Ressentez la puissance qui se dégage
quand vous vous concentrez sur ce qui vous passionne.
Oprah Winfrey

Il ne peut y avoir de plus grand don
que celui de donner son temps et son énergie
pour aider les autres sans rien attendre en retour.
Nelson Mandela

Montons encore quelques marches dans ce beau château et nous découvrons… des tulipes ! Les tulipes ont une longue histoire (voir ici) et leur forme les rendent parmi les favorites des quilteuses… mais aussi des brodeuses afghanes, pour une série splendide !

Cette tunique est brodée par des quilteuses afghanes, en l’honneur de cette exposition thématique.
Comme pour les quilts de Rouvray,
je ne vous montre pas tout car l’exposition a lieu jusqu’au 18 juillet !
En revanche, les ventes de broderies ne se poursuivent pas. Mais avec les Salons qui reprennent, vous aurez d’autres occasions de vous en offrir !

Cette visite virtuelle des expositions du château de Lacaze vous a peut-être évoqué des souvenirs, car plusieurs de ces quilts sont devenus célèbres !

Les broderies afghanes, tout comme les quilts des Filles du Rouvray, sont exposés jusqu’au 18 juillet. La tombola pour gagner le quilt des Oiseaux de Lacaze (1er Prix) et autres beaux lots court toujours, jusqu’en août, vente des billets à l’entrée du Château.

Elle a donné envie aux Filles du Rouvray de faire peut-être une autre exposition ensemble, maintenant que les liens sont renoués… Elles nous le feront savoir !

Le temps file, profitons de chaque beau moment de la vie !
Katell

Estivales de Lacaze 2021 – Arts populaires

C’était, le week-end dernier, la première grande exposition de quilts en Occitanie depuis plus d’un an et demi, vous imaginez l’ambiance festive des rencontres et des retrouvailles, sous un ciel clément et une douce température !

Ce pont relie la partie du village avec le château et l’église à l’autre partie, avec le Temple. Combien de fois l’avons-nous traversé en 2 jours ?… Le spectacle est permanent, l’eau limpide suit son cours avec un bruit de fond qu’on oublie vite et qui apaise.

Le potager au bord du Gijou, riche en terre alluvionnaire, a fait l’admiration de tous !

The place to be, l’endroit où il fallait être pour se trouver au paradis des quilteuses, c’était Lacaze les 26 & 27 juin, dans le Tarn. La créatrice de cet évènement annuel est Cécile Milhau, dont vous pouvez lire le portrait par ici (Trois Occitanes/2), avec l’Association des Amis du Château et la Mairie, une belle équipe dédiée à la préservation du château et sa mise en valeur avec des expositions artistiques, et réciproquement 😊 Bon choix !!

Vu du pont, le château, avec ses bannières textiles made in Tarn ! Recouvrant parfois le clapotement de l’eau, les gazouillis des oiseaux prouvent que dans cette vallée tarnaise, la nature est encore respectée.

Cette année, trois lieux d’exposition se disputaient la vedette ! Commençons notre visite dans le Temple, qui vibra d’émotion en 2017 avec le Projet 70273 :

Retrouvez cette journée exceptionnelle par ici (Un océan d’émotion)

L’année suivante, c’étaient les Charm quilts d’Occitanie qui enchantaient les murs du Temple :

Week-end de charme à Lacaze

Cette année, les arts populaires y étaient à l’honneur. C’est d’ailleurs le lieu pour se poser la question : le patchwork est-il un art populaire ou élitiste ? Très clairement pour moi, les deux ! Nous savons que bien des quilts anciens furent faits de riches soies asiatiques et de brocards en Angleterre, de cotons coûteux en Nouvelle-Angleterre, mais en même temps, c’est le plus populaire des artisanats : partout où les tissus manquèrent, on rapetassa, on raccommoda, on récupéra les moindres fibres pour les assembler en patchwork et faire avec ce qu’on a…

Nous en avions de beaux exemples au Temple, d’abord des ouvrages sur le thème des jardins, dont plusieurs en art textile, le royaume de la récup’ artistique. Faire du beau avec trois fois rien… Bravo les Tarnaises ! De même, Joëlle Vétillard avait prêté sa Robe de Mariée Millefiori, faite de fleurs aux matériaux de récupération (tissus, fils, boutons, dentelles…), un beau travail de groupe encore une fois.

Une nappe, brodée par le club de la Courtepointe, a touché nos cœurs. Sur un tissu partiellement tissé en toile aïda (des carrés alternés) des prénoms étaient brodés, ceux des femmes assassinées par leur conjoint ou ex- en 2019 : aujourd’hui, nous avons un mot pour ça, les féminicides. C’est en témoignant comme ici, en faisant des campagnes-choc comme en Espagne, que bougeront les choses. Bravo Mesdames du club de la Courtepointe.

Beaucoup de tristesse et d’émotions dans ces fils croisés… Certaines fleurs n’ont pas de prénom, ce sont des victimes anonymes (souhait de la famille ou autre).

Ce qui a époustouflé les visiteurs, c’est la collection d’art populaire d’une Tarnaise, Nicole Maurel. Elle accumule depuis des années des trésors qui racontent la vie paysanne locale. Elle a inlassablement raconté les détails des us et coutumes d’antan… Un vrai bonheur !

Ces chapeaux sont associés de nos jours aux vendeuses de violette, ils protègent du soleil à la fois le visage et la nuque, de manière efficace et élégante. Leur usage en était bien plus développé, dans toute la campagne autour de Toulouse. Le berceau de ces chapeaux de paille est à Septfonds et Caussade (82) : ce sont les palholas occitans. De même, les canotiers de Maurice Chevalier venaient des mêmes artisans !

Dans cette exposition, nous trouvions à la fois des objets de la campagne, mais aussi des parures des femmes aisées de Castres, avec de splendides broderies blanches sur coiffes, des étuis d’aiguilles, des châtelaines, des lunettes et bien d’autres objets du passé :

Très émouvant aussi, voir des pantalons mille fois rapiécés, des jupons en patchwork de tissus foncés diversement rayés, des tabliers ravaudés, des chemises en genêts -très, très rêches- tissées quand vraiment plus rien d’autre n’existait pour faire du tissu, pendant la guerre… Et je n’ai pas pensé en faire des photos, tellement j’étais subjuguée par les détails prodigués par Nicole, intarissable ! Elle a acquis une fine connaissance au fil des ans, et son autre passion, la généalogie, lui donne l’occasion de trouver de nombreux documents qui enrichissent son savoir.

Nicole a porté à la connaissance de nombreux visiteurs la pratique ancienne de la déformation crânienne volontaire dans notre région, jusqu’à la première guerre mondiale. Impressionnant ! J’ai trouvé cet article qui traite bien ce sujet (déformation crânienne toulousaine) puisque la transmission de Nicole est surtout orale. Les arts populaires témoignent de la vie quotidienne, des croyances et pratiques parfois évanouies. D’opinions en croyances, ce qu’on pense juste de croire et de faire devient SA vérité. On ne sait plus ce qui menait les gens à déformer les crânes à Toulouse et dans le Lauragais : canon de beauté, croyance de protection contre des maladies ou des démons ?… Nous avons perdu la connaissance de leur « bonne raison » d’agir ainsi, ce n’est pourtant pas si ancien… Très étrange !

Avant de vous montrer les trois autres expositions dans un prochain article (Les Filles du Rouvray, Guldusi et La Ruche des Quilteuses), restons dans les arts populaires avec l’art de conter. Naguère à la veillée, les plus habiles racontaient des histoires, à force toujours les mêmes, des contes locaux ou familiaux dont l’origine se perdait parfois dans la nuit des temps. Régulièrement, c’était le marchand ambulant de passage qui apportait les nouvelles sous forme de bonnes histoires croustillantes provenant de toute la région ; ses récits souvent indiscrets étaient aussi importants que le bric-à-brac qu’il vendait, il était connu aussi sous le nom de colporteur. La profession a disparue mais le mot est resté !

Martine Viala, conteuse occitane, dans la belle église de Lacaze.

Une Lacazoise a charmé son auditoire dimanche à 15 heures dans l’Église, nous contant deux jolies histoires, la première étant La Broderie Merveilleuse, puis Les lavandières… Bien choisies ! Son bel accent chantant sonnait juste, ses mains virevoltaient avec grâce… Je ne suis pas étonnée qu’elle sache aussi conter en occitan, ça lui va bien ; elle fut invitée à l’automne dernier à Colomiers, lors des battages à l’ancienne, pour conter en occitan justement. Sa notoriété va grandissant et ce fut bien agréable de tisser des liens entre le fil de sa parole et les quilts qui l’entouraient !

Toutes ces présentations, à l’exception de la robe de mariée, sont à créditer aux valeureuses Tarnaises vivant tout autour de Lacaze ! Rendez-vous dans quelques jours pour vous montrer les expositions textiles des invitées qui viennent d’un peu plus loin et qui ont donné, elles aussi, le sourire à tous les visiteurs😊

Avec l’énergie emmagasinée à Lacaze,
avec toutes ces belles rencontres,
que la vie est belle !
A très vite,
Katell

Les photos sont d’amies qui me les ont confiées et/ou parues sur Facebook ! Merci…

Préparatifs d’expositions

Lacaze !

Courageusement, les Amis du Château avec Cécile Milhau ont maintenu le projet d’exposition d’Arts Textiles du dernier dimanche de juin et ils ont eu bien raison ! Malgré les incertitudes sanitaires, malgré les élections reculées d’une semaine…

Le château de Lacaze est un bijou ! Orné l’été de bannières textiles faites par le club de la Courtepointe.

Ce lundi, nous avons accroché nos expositions, et cela vaut largement la longue petite route qui mène au village ! Les paysages sont splendides.

Sur le chemin entre chez elle et Lacaze, Christine Meynier a baguenaudé, s’arrêtant pour nous offrir un symbole du début de l’été : un champ de blé piqueté de coquelicots et de bleuets !
Sur de longs kilomètres, la route serpente dans un enchantement vert, grimpant la colline, redescendant vers la vallée…
A 10 heures, les équipes organisatrices et exposantes arrivent progressivement sur la place du village. Notre moral est comme le temps : radieux !

Tout d’abord, au Temple, vous verrez bien sûr une exposition de quilts, mais aussi la splendide Robe de Mariée participative Millefiori à laquelle vous avez participé en grand nombre, issue de de l’imagination de Joëlle Vétillard après la lecture de La Dame à la Licorne, roman de Tracy Chevalier. Vous admirerez aussi un grand ouvrage brodé en commun au thème poignant, qui pourra vous attirer une réflexion, un recueillement, une larme. Après l’exposition, je pourrai en parler.

L’église du village est comme bien des lieux de cultes de France et de Navarre, bien émouvante, la voûte en pierre est de toute beauté et le lieu bruisse encore de tous les souvenirs des habitants qui, on le voit, sont attachés à leur héritage patrimonial. Tous les grands événements familiaux passaient naguère par l’église : naissance, mariage, mort, mais aussi toutes les prières adressées pour une vie meilleure…

Nous avons remarqué que les statues des Saints sont d’une splendeur toute rafraichie ! Notre exposition est donc accrochée sous le regard bienveillant de Sainte-Philomène, Saint-Antoine-de-Padoue et bien d’autres. Avec une soixantaine de quilts, La Ruche des Quilteuses (Andrée, Brigitte, Chantal, Danielle, Éliane, Évelyne, Katell, Kristine, Maïté et Vive) a métamorphosé l’église un peu délaissée de nos jours en une explosion de couleurs ! Croyantes ou pas, là n’est pas la question, nous avons respecté les lieux consacrés et nos quilts sont partout où nous avons pu les poser ou accrocher. Vous connaissez le style de nos quilts, vous savez que vous verrez des quilts créatifs, originaux, sympas et sans prétention, dont une bonne quinzaine d’ouvrages sont absolument inédits, même pas déjà vus sur ce blog.

Si nos quilts sont notre petite fierté, que dire lorsqu’on entre dans le Château ? Nous étions bouche bée en admirant les chefs d’œuvre des Filles Du Rouvray ! Des quilts de Soisik Labbens, Cosabeth Parriaud, Marie-Christine Flocard, Viviane Martin, Joëlle de Bailliencourt, Inès Travers et Christine Meynier vont vous rappeler de bons souvenirs du Rouvray. Leurs quilts, souvent connus pour avoir été exposés, publiés au fil des 30 dernières années, ont trouvé un écrin à la hauteur : les pierres du château Renaissance mettent toutes les couleurs et textures en valeur. Cette exposition fut particulièrement difficile et douloureuse à organiser, avec deux décès récents dans le groupe. Malgré tout, et aussi en honneur à cette pépinière extraordinaire de talents que fut Le Rouvray à Paris, cette exposition a lieu. Bravo Christine Meynier, pour ta persévérance et tous tes efforts, enfin récompensés !

Michel, des Amis du Château, accroche ce quilt dédié à Frida Kahlo, créé par Joëlle de Bailliencourt. Les Filles du Rouvray présentes vous raconteront les histoires de chaque quilt…

Le Château a bénéficié d’une rénovation exemplaire. De somptueux quilts vous attendent…

Un immense merci à Christine Meynier qui a pris lundi
toutes les photos ci-dessus
🌞

Il faut monter quelques marches pour arriver dans un autre monde. Oui, vous pouvez jeter un coup d’œil par la fenêtre, la vue est si belle ! Ensuite, nous découvrons l’union des broderies afghanes et mix-media, principalement des tissus mais pas seulement. Le thème est La Tulipe : c’est un festival de petits univers ! Bien sûr, les représentantes de l’association Guldusi, membres du club de patch la Courtepointe de Réalmont (81), vendront des broderies afghanes : des tulipes pour planter les bulbes de la joie et de la solidarité féminine par-delà les conflits.

Puis sous les arcades de la Mairie, nous pourrons retrouver Neelam avec leurs tissus, kits, canetilles, écharpes, tampons, sourires et conseils…
A côté d’eux, des billets de tombola seront en vente au profit des Amies du Château de Lacaze (2€) ; un des Prix sera les Oiseaux de Lacaze, créé par La Ruche et quilté gracieusement (et talentueusement !) par Chantal Baquin de Je Quilte Pour Vous.

Le Carrefour Européen du Patchwork !

Voici l’ensemble des exposants. Je représente l’exposition des quilts-météo !

Sur le site https://www.patchwork-europe.eu/, vous trouvez désormais la liste exhaustive des expositions, des cours, stages et séminaires, et aussi les mesures sanitaires à respecter. Plus que jamais, offrez-vous la joie de rencontrer les artistes, ils ont besoin de vous ! Et pensons aux vendeurs et organisateurs, sans lesquels nous n’aurions pas ces événements, qui ont terriblement souffert des annulations précédentes.

Dans la chambre de ma fille qui ne vit plus chez nous (petit oiseau a quitté son nid), les quilts s’empilent à plat pour éviter tout faux pli et sont protégés de la poussière et de la lumière par un couvre-lit épais en coton blanc. Les cartons sont mis à plat quand c’est possible et glissés sous le lit, en attente pour les retours !

Actuellement, je reçois les quilts-météo pour cette exposition et je suis enthousiasmée par ces quilts faits au gré des aléas climatiques et émotionnels de 2020 ! Encore une fois, bravo à chacun.

Paris !

Une exposition de quilts-météo aura lieu à Paris du 7 au 28 juillet 2022 au CPA (Centre Paris Anim’) Bessie Smith du 12e arrondissement : mille mercis à Sophie qui agit activement pour que cette fête soit belle, elle aussi ! Ce Centre est fréquenté par toutes classes d’âges, et en particulier beaucoup de jeunes, à qui nous pourrons montrer que l’art du patch, ça claque !

Vous aurez bien sûr ici toutes les informations en temps voulu…

Battu par les flots, mais ne sombre pas !

Nous vous attendons donc nombreux à Lacaze dans le Tarn ce dimanche, en attendant bien d’autres rendez-vous dans les mois et années qui suivent, avec, toujours, l’esprit ouvert sur les beautés de l’art et la chaleur des belles rencontres !
Avec toute mon amitié, Katell