Inspiration BeeBook : des quilts d’Annie et ses amies

Annie fait partie des nombreuses personnes qui ont fait confiance à mes amies Bee-quilteuses et moi-même, ainsi qu’à la caution de qualité avec France Patchwork : elle avait souscrit à la pré-vente de mon livre BeeBook édité par les Éditions France Patchwork. Nous nous étions rapidement rencontrées à la séance de dédicaces à Vichy et Annie avait admiré la nappe disposée sur ma table… Surprise en feuilletant BeeBook, c’est un des modèles, un quilt fait par Maïté Findeling ! Depuis, nous avons échangé plusieurs mails et Annie a entraîné plusieurs quilteuses de son club à découvrir cette méthode ; certaines pensaient ne jamais faire de patch machine, mais faire des fleurs en vichy les a séduites et plusieurs veulent faire leur propre nappe !

Voici la nappe collective quiltée, prévue en lot de leur exposition d’octobre dans le département de la Loire (42) :

Ravissante, n’est-ce pas ?

En prévision d’un autre lot de tombola, en juin-juillet ces mêmes dames ont pris le modèle Ébène-Ivoire de Chantal Bommier pour en faire un superbe quilt sur le thème du café. Toutes veulent le gagner ! J’aime beaucoup l’association vert-brun, c’est très réussi !

Voici le top : les ombres sont dans un imprimé aux grains de café et les carrés montrent des dessins sur l’univers du café : tasses, cafetières anciennes… Superbe !

Voici un détail du quilting, il est d’abord quilté dans les coutures puis suivant les carrés en décalé, au coton perlé (excellente idée encore !). Oh ! J’aperçois une lisière !!

Revenons à la nappe, celle d’Annie cette fois. Annie aime le jaune, elle avait acheté ce tissu pour compléter son parterre de fleurs Vichy :

Changement d’idée après une nuit créative (les nuits blanches qui donnent de bonnes idées 😊), elle avait un drap datant de son mariage, peu utilisé car elle le trouvait un peu ringard… mais pour la nappe, qu’il rend bien !!

Il ne lui manque plus que le quilting… Bravo Annie !

Fièvre acheteuse, joie et gratitude

Livres et tissus sont les deux choses auxquelles j’ai bien du mal à résister ! Vous commencez à me connaître… Aujourd’hui, parlons tissus !

Vous connaissez mon attachement à Alice (Blossom Quilt & Craft), qui a donné naissance à son deuxième bébé, James, début juin. En parcourant sa boutique en ligne, je n’ai pas résisté à quelques tissus… sans encore de projet pour eux. Mais je les regarde, je les caresse, je les aime et je crois bien que je les utiliserai après le grand quilt actuellement en cours ( que je vous montrerai quand il sera avancé).

Voici mes nouveaux trésors :

Des fat quarters et eighths (45 x 55 cm et 25 x 55 cm) des stylistes Pat Bravo et April Rhodes + un coupon de Danna Willard. Imprimés modernes et quelques beaux unis !

Somme toute assez raisonnable !

Chérie, ne pourrais-tu donc pas en laisser un peu pour les autres clients ?

Autour de moi également, Chantal et Vive, deux amies Abeilles, sont devenues mamies en juin et juillet derniers, elles sont aux anges !

Bienvenue à ces trois merveilles, James, Élise et Maximilien !

Alice ne cesse de coudre pour ses deux enfants, on voit ses adorables ouvrages sur Instagram. Alice annoncera très prochainement une grande nouvelle, une naissance d’un autre ordre🎁, dont je me ferai le grand plaisir de faire écho !

Vive a fait avec sa sœur un superbe quilt qui va être utilisé des années durant : d’abord pour couvrir Bébé, puis à traîner partout et participer à tous les instants et tous les jeux… Un quilt très gai qui transportera autant de souvenirs qu’un doudou au fil des ans !

Vous pouvez admirer d’autres photos de ce quilt sur le blog des sœurs complices : Le sac à malice

Quant à Chantal, elle a encore créé un chef d’oeuvre, ne sachant faire les choses à moitié ! Dans l’intérieur moderne-zen des jeunes parents, l’accord est parfait :

Bientôt des galipettes de Bébé sur cette lumineuse courtepointe !

Chantal prépare aussi une nouvelle activité pour la rentrée, je vous en parlerai très bientôt !

J’ai eu aussi pendant ces vacances des contacts avec vous mes chères lectrices et chers lecteurs, pour BeeBook ou d’autres bonnes raisons 😀

Une carte textile et deux pochettes, j’ai été bien gâtée, merci Huguette !

Huguette, fidèle lectrice, m’a fait un grand plaisir en m’offrant des pochettes au modèle de ce qu’elle fait habituellement pour plusieurs associations qui lui tiennent à cœur : la Ligue contre le Cancer, Poussières de Vie (soutien d’un orphelinat au vietnam), une association d’entraide alimentaire de son quartier… Un grand cœur ! Les couleurs sont gaies et vives, en batik africain (ou wax), à la suite de cet article. J’aime autant le cœur, forme classique, que la culotte, si rigolote !! Encore merci Huguette !

Les contacts et les rencontres sont de sérieux atouts de la pratique du patchwork, à consommer sans modération !

Rentrez-vous de vacances par avion ? J’ai une valise gris foncé et mon mari une noire, la prochaine fois, je ferai comme Mrs. Bobbins 😏 :

Bonne rentrée à tous !

Les ors bleus

Début août, autre journée dans le Tarn, avec la visite très émouvante de l’ancienne propriété de mes grands-parents accrochée à une colline, à deux pas du château de Magrin (musée du pastel). Nous avons disserté sur les vieux souvenirs et l’histoire de cette belle maison, où le grenier était naguère probablement un séchoir de feuilles de pastel… Eh oui, le pays de Cocagne est aussi une histoire familiale ! Mille mercis, Florence, pour votre chaleureux accueil.

Les cocagnes sont des feuilles séchées, agglomérées en boules, pour qu’elles puissent voyager dans toute l’Europe. Il faudra ensuite sur place un processus de fermentation pour obtenir la fameuse teinture…

Le pastel est un des noms donnés à l’Isatis Tinctoria, la seule plante européenne qui permet de teindre les tissus en bleu pur et divin… La culture de cette plante dans le Lauragais (le triangle d’or Toulouse-Albi-Carcassonne) fit la fortune des commerçants toulousains, puis déclina dès la fin du XVIe siècle jusqu’à disparaître au cours du XIXe siècle : processus trop long, trop aléatoire, trop gourmand en temps et main d’œuvre, nauséabond aussi… L’utilisation des indigos asiatiques était plus simple ! Il nous reste de ces temps de richesse cette expression, le Pays de Cocagne, d’après le nom des boules de feuilles de pastel séchées. Une longue et riche histoire ici très raccourcie, mais qui n’est pas finie : le savoir-faire tinctorial a été modernisé, l’huile de pastel est reconnue précieuse en soins dermatologiques et l’Or Bleu renaît en Occitanie !

La Petite Maison du Pastel, sur la place centrale du village de Lautrec (non loin de Castres) : charmante boutique d’un village très accueillant et vivant… Un bonheur !

Cette journée était décidément sous le signe du bleu. A la Petite Maison du Pastel à Lautrec (un des nombreux villages accueillants du Tarn), j’ai craqué pour deux beaux livres, Indigo de Catherine Clément et Le Pastel de Chantal Armagnac. De quoi affiner mes connaissances sur le bleu dans le monde !

ICI je fais un très amical coucou à Marie-Christine Chasseraud qui visita Lautrec et sa région il y a quelques semaines. Cette quilteuse émérite, si amicale, est connue par les blogs qu’elle tient (Carrément Crazy, Au fil de Garonne pour la délégation France Patchwork 33-47, elle fait des interventions toujours positives sur Facebook, participe à beaucoup de défis de patch et appliqué… Pas de chance, hier Marie-Christine, son mari et un membre de leur famille se trouvaient dans le bateau de croisière sur la Garonne qui a heurté un pilier de pont… Marie-Christine, touchée à une vertèbre, fait partie des blessés les plus graves et doit porter un corset 6 semaines. Retrouvez-là sur Facebook où elle continue de communiquer !

De tout cœur, bon courage Marie Christine, nous pensons à toi et t’adressons plein d’ondes positives 🌞

De retour du Tarn : trois livres dans ma besace ! Pour le moment, j’ai feuilleté les livres sur l’indigo et le pastel sans les lire, mais je me suis précipitée sur le roman…

Enfin dans une jolie librairie de Lavaur, je me suis laissée tenter par un roman intitulé… Bleue (écrit par la Norvégienne Maja Lunde).  C’est un roman très sombre, qui décrit la situation désespérante et désespérée de réfugiés climatiques… nous en l’occurrence, des gens du sud-ouest de la France, chassés de nos maisons par les incendies et la disparition de l’eau potable. Cette partie du livre a lieu en 2041… c’est bientôt. Bleue, histoire axée sur l’eau, raconte également la vie d’une femme, bien seule dans son combat pour le respect de la nature, en 2017. Entre les deux, on ne peut qu’imaginer…

Nous sommes constitués à 65 % d’eau, elle est vitale. Et quel bonheur de plonger dans la piscine comme Tom at the Roosevelt de Ian Berry ! Tableau entièrement fait en denim, voir un détail de ce tableau ici.

Ce livre fait écho aux alertes répétées que nous entendons et subissons actuellement avec les canicules, les sécheresses et les éléments qui se déchaînent. Pour ne pas mourir par manque d’eau, cet or bleu primordial, il faut réfléchir vite et agir bien, changer d’axe dans la plupart des activités humaines, concevoir une nouvelle vie cohérente et respectueuse de la nature, sans pour autant revenir à l’âge de pierre ! Après des millénaires de quête de l’eau, nous avons chez nous le luxe incroyable d’avoir de l’eau potable au robinet à volonté (… et même pour les WC, incroyable gâchis quand on y réfléchit 2 secondes) et son accessibilité nous a fait oublier son importance cruciale. L’aurons-nous encore dans quelques décennies ? La marge entre le succès et l’échec est fine, on ne peut se contenter de demi-mesures et aucun pays ne peut résoudre le problème seul, nous sommes sur la même petite planète. Nous avons des sommets internationaux… qui se soldent invariablement par des échecs : soit un manque de consensus, soit, c’est presque pire, des signatures et des promesses non tenues (COP 21).

Grâce à leur intelligence et leur imagination, les hommes ont su inventer des civilisations et mille choses dans un but d’évolution, de confort et de profits, mais ils n’ont pas toujours, loin de là, pris en compte les conséquences sur la nature. Il y eut par le passé bien d’autres changements climatiques, mais celui-ci est le premier qui n’est pas naturel, les activités humaines récentes en sont la cause. Il faut maintenant utiliser notre intelligence et notre imagination, avec courage et conviction, pour préserver l’eau potable et tout ce qui rend la vie des hommes possible.

Art quilt de Inga Gorsvans-Buell, Form and Flow (détail)

La nonentaine heureuse et la vingtaine glorieuse dans le Tarn

Aujourd’hui-même Hugues Aufray, notre troubadour folk, fête ses 90 ans. Sa longue vie est comme un roman, pleine de péripéties, commençant enfant à la santé fragile, à présent Lion fort à la blanche crinière, à qui on commanda déjà en 2007 ses secrets de santé ! C’est un modèle de résilience, « ce qui ne me tue pas me rend plus fort » ainsi que disait Nietzsche. Je ne me rendais pas compte de son âge, et c’est à la suite d’une interview en juillet dernier que j’ai eu la curiosité de lire ce livre, pour mieux le connaître.

J’ai lu attentivement son livre où le chanteur se dévoile avec simplicité. J’aime son authenticité et son ouverture d’esprit. C’est un homme curieux du monde, respectueux des traditions d’autres peuples et de la nature. Il reste optimiste et positif, ça conserve !

Bob Dylan with Hugues Aufray. (Photo by Bertrand Rindoff Petroff/Getty Images)Tout ce que je savais de lui, c’étaient ses chansons à succès qui entraient immédiatement dans notre patrimoine, son amitié avec Bob Dylan, sa passion pour les chevaux et les USA, et je savais aussi qu’il avait passé une partie de sa jeunesse dans le Tarn, à Sorèze. C’est là qu’il fêtera ses 90 ans avec son public… J’en ferai partie ! Mieux le connaître par son livre m’a donné grande envie de participer à cet événement :

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Quand j’étais petite, on disait parfois à mon cousin doué mais oh combien turbulent : « si tu continues, je te mets à Sorèze ! ». A Sorèze, il y avait un pensionnat pas comme les autres, ex-école militaire royale (fermée en 1793), puis école-abbaye dominicaine jusqu’en 1991, où bien sûr la discipline régnait, mais aussi l’épanouissement de l’enfant par le sport et la culture. C’est là que le jeune Hugues découvrit l’équitation et y vécut, malgré des difficultés scolaires, les plus belles années de sa vie au beau milieu de la guerre !

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Sorèze, photo Pascale Walters CDTTarn

L’établissement de Sorèze est devenu musée des tapisseries de Dom Robert, musée de l’Ecole et hôtel-restaurant. Si vous êtes dans la région, une visite s’impose… Et sa prochaine métamorphose viendra peut-être d’Hugues, qui souhaite ardemment y refaire une école, probablement liée à l’équitation…

Curieusement, Hugues Aufray me rappelle à deux titres l’article écrit grâce à mon amie Betty contenant deux sujets hors du commun : le Bennett Junior College de Betty qui n’a pas eu la chance de Sorèze puisqu’à l’abandon, et le mythique Festival de Woodstock il y a pile 50 ans, où Bob Dylan était le grand absent… Ironie suprême, Bob habitait justement à Woodstock même !… Il justifiera son absence par une période difficile (grave accident de moto puis décès de son père et son fils Jesse gravement malade) mais avouera plus tard qu’il était excédé par tous les hippies qui squattaient chez lui à Woodstock… Je me demande d’ailleurs si ce n’est pas à cause du domicile de Bob Dylan à Woodstock qu’on appelle ce concert Woodstock, pour l’éternité, alors qu’il se passa à 75 km de cette petite ville !!

À l’est de Sorèze se trouve une vallée naguère très industrieuse dans le domaine du textile, avec en son centre Labastide-Rouairoux. Un petit groupe autour de Patricia Cathala organise tous les ans un Festival qui prend chaque année de l’ampleur. Pour connaître un peu mieux cette valeureuse équipe, suivez ce lien.

J’y étais le 15 août avec des Bees (mes amies Abeilles) et on peut dire que cette édition des 20 ans fut une fameuse réussite, un enchantement avec la douceur de vivre occitane, des artistes invités tellement disponibles, des rencontres très inattendues (ah Claudine, si contente de t’avoir revue !) et tant d’autres tout aussi chaleureuses ! J’ai pris bien trop peu de photos, mais d’autres l’ont fait pour moi : allez voir les centaines de photos sur Facebook  par Flo Volsul, Les Jolis Instants  par exemple… Quaquie a commencé une série de reportages sur son blog et bientôt d’autres blogs s’en feront aussi l’écho certainement dans les jours qui suivent.

Toute la journée, un air vénitien flottait à la Fête du Fil, donnant une touche féerique :

Chacun souhaite se faire photographier auprès de ces personnages aux somptueux costumes…
… moi aussi : même si ma robe n’a rien de celle d’une princesse, je suis accompagnée d’un prince charmant !
Petites et grandes nous font rêver…

Les masques énigmatiques assurent d’être incognito et s’amuser sans barrière. A Venise dès la Renaissance, la République aristocratique jouait à la démocratie où chacun a les mêmes droits pendant quelques jours par an…

Pour ma part j’ai décidé de ne vous présenter que trois univers, centrés autour de la Méditerranée, même si j’ai des regrets de laisser temporairement de côté tant d’autres beaux artistes…

Tout d’abord, Dimitri Vontzos, qui anima la Journée Nationale de l’Amitié à Vichy en juin dernier pour France Patchwork ; il était à Labastide avec son plus beau chef d’oeuvre, sa fille, tout aussi souriante et sympathique que son père ! Mais j’ai admiré aussi ses créations d’étoles et ses nouvelles broderies, toujours axées sur sa culture méditerranéenne.

Dimitri est un artiste qui sait se renouveler et c’est à chaque fois un plaisir de l’entendre parler de ses inspirations ! Lui et bien d’autres (Pascal Jaouen et les brodeuses comme Monik Paugam avec la broderie glazik de Bretagne et plus généralement nos artistes textiles françaises, si nombreuses à mêler patch & broderie créative…) donnent un élan de créativité avec bien peu de choses : du fil, du tissu, une aiguille… La simplicité des matières premières donne libre cours à l’imagination !

Ensuite, je souhaite vous présenter un autre homme, venu de l’autre côté de la Méditerranée, l’Égyptien Ekramy Al Farouk, un des éminents tentmakers du Caire, ces hommes qui sauvent la tradition des khayamiya, tentures textiles qui offraient un raffinement certain à l’intérieur des tentes des nomades tout en renforçant la protection contre la chaleur, le froid et le vent. Je crois que je ferai un article à leur sujet prochainement, tellement je suis admirative de leur chemin parcouru. Lors de leur précédente exposition, je n’avais pas osé m’offrir la toile dont j’étais tombée amoureuse : je l’ai regrettée, oh combien !

J’ai tellement regretté d’avoir été raisonnable en 2016…

Je n’ai toujours pas succombé à une des plus grandes toiles, mais je me suis tout de même fait un plaisir immense en choisissant des oiseaux de paradis sur fond bleu :

Merci à la photographe, la bénévole bastidienne du stand, Krystyna ! Pour le plaisir, voici d’autres photos du stand, avec une mention spéciale pour l’histoire contenue dans ce quilt qui se lit de droite à gauche, contée avec talent par Krystyna :

« Un jour, un homme arrive à la ville, juché avec son fils sur son âne. On dit de lui : oh quelle honte, pauvre âne, l’homme pourrait marcher quand même ! Le lendemain, le fils est sur l’âne, l’homme marchant à côté. On dit : ah c’est comme ça qu’on élève les enfants, c’est du propre ! Le jour suivant, l’homme est sur l’âne, son enfant marchant à côté. On dit : ben voyons, il se prend pour qui celui-là ? Pauvre enfant ! Le jour suivant, l’homme et l’enfant marchent à côté de l’âne. On dit : ridicule, ils ne profitent même pas de l’âne ! Le dernier jour, l’homme porte l’âne. On dit : ah on avait bien fait de se méfier de lui, il est complètement fou ! Moralité : n’écoute pas le qu’en dira-t-on… »
Une vue des ouvrages exposés : des tableaux rappelant la splendeur des mosaïques symétriques arabo-musulmanes ou leur calligraphie, des harmonies de couleurs toujours réussies, des dessins enrichis par leur culture devenue cosmopolite (certaines ont bénéficié de l’influence des tapisseries de Dom Robert de Sorèze que Ekramy avait vues en 2016 !)
Un des Arbres de Vie féeriques du stand…
… et un détail !

 

Une des splendeurs du stand ! Sans limitation de budget, j’aurais eu du mal à choisir entre ces deux derniers… Étant près de la porte, il y a un contre-jour un peu gênant, mais on voit la beauté de la tenture tout de même…

Terminons par une femme qui a surpris tous les visiteurs, Paule François. Sa matière première est la laine, sa technique est un cadre de bois sur lequel est créé un métier à tisser sur mesure pour chaque création, son inspiration vient de ses propres photos. Elle vécut cinq ans sous le soleil du Maroc et y trouva une inspiration majeure pour ses ouvrages, ses voyages lui inspirent également de très belles scènes, et enfin la côte méditerranéenne française, auprès de laquelle elle vit à présent, lui offre d’autres sources d’inspiration tout aussi lumineuses. Quand on voit un de ses tableaux de loin, on croit voir une photo ou un tableau réaliste, éclatant de couleurs et à la profondeur de champ parfaitement maîtrisée. Quand on s’approche, ce sont de grands points de fils de laine qui font le tableau ! Inutile de dire que ce travail est bien plus long que ne le serait un tableau en peinture… Son art est bien sûr apprécié dans le monde où elle évolue (le monde des galeries d’art), mais trop souvent du bout des lèvres… Ce n’est que du fil… Sa notoriété bondira si elle entre dans le monde de l’art textile où son art sera bien plus apprécié, comme à Labastide-Rouairoux !

Nous avons aussi tendu des laines pour faire des tableautins dans notre enfance, la technique n’est pas franchement nouvelle, mais le résultat de Paule est tout autre (encore bien plus beau que sur mes photos!) :

Merci aux Bastidiens pour cette formidable édition 2019! Terminons en beauté avec quelques vues du Musée du Textile, au cœur de la ville de Labastide-Rouairoux :

 

T’as d’beaux dos tu sais !

Quand je pense à Violaine, je vois un grand sourire, une belle spontanéité, un sens artistique inné, le genre de personne que j’aimerais côtoyer bien plus souvent.  Vous pouvez relire l’article qui lui est consacré dans La Ruche par ici.
Aujourd’hui, c’est elle qui nous régale ! Notre reportrice du jour nous donne son ressenti sur un événement récent.
 

Par un beau dimanche de juillet j’ai assisté, pour la première fois de ma vie, à un défilé de mode ! J’en suis encore toute émerveillée…


En Dordogne, à Villefranche-de-Lonchat, c’était la fête du village et Joëlle Vétillard, artiste textile de renom dont je ne voulais pas manquer la prestation, présentait ses créations vestimentaires avec en prime une robe de mariée décorée de mille fleurs !
Cette robe était bien sûr attendue avec impatience, mais les mannequins (de 4 à 77 ans) savaient si bien mettre en valeur les tenues (toutes plus originales les unes que les autres) que le public, très attentif accueillait chaque modèle avec des exclamations admiratives comme on le fait à un feu d’artifice…
Personnellement ce qui m’a le plus frappé dans ce riche et talentueux défilé c’est la créativité apportée par Joëlle aux dos de ses vêtements… Nous avons pu apprécier des dos de toutes sortes : humoristiques, informatifs, surréalistes, ravissants, brodés, patchés… C’est donc avec cet angle de vision que j’ai sélectionné quelques photos pour partager avec vous ce beau moment de juillet que j’ai envie d’appeler :

Bravo Joëlle, T’AS D’BEAUX DOS TU SAIS !

Violaine

Rappelons le site de Joëlle Vétillard : http://www.leblogdejoelino.com/2019/08/defile-villefranche-de-lonchat.html

Mille Fleurs et la Fête du Fil

Pour nos retrouvailles en beauté à la mi-août, remontons un peu le temps : je vous l’avais promise, la voici, la sublime robe millefiori de notre amie Joëlle Vétillard :

Photo Frédérique Proust sur son blog Patch d’Ours.
Photo de Ghislaine Lesueur, publiée sur le forum France Patchwork (Facebook)

Ne manquez pas les articles de Frédérique et Joëlle, avec d’autres photos de ce superbe défilé et de la belle fête de village !

 

Autre enchantement occitan à partir de demain et pendant 3 jours, La Fête du Fil à Labastide-Rouairoux (81) :

Le programme est par ici !

Tracy Chevalier, son nouveau livre et autres nouvelles

Lisez-vous beaucoup l’été ?

 

La connivence continue entre Texte et textile… Les quilteuses sont souvent de bonnes lectrices ; depuis le début de ce blog, j’ai le plaisir d’écrire souvent à propos de Tracy Chevalier, romancière-artiste, qui mêle presque toujours ses histoires à des activités artistiques : peinture, tapisserie, cirque, poésie, patchwork, prose… 

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Je crois bien que dernier roman de Tracy Chevalier n’a pas trouvé son public en France. Le Nouveau, transposition du drame d’Othello dans une école de Washington en 1974, traite de sujets toujours brûlants comme la jalousie, le traitement de la différence, le racisme, en l’occurrence un élève noir dans une classe blanche. Malgré une très belle écriture, les détails vintage, je n’ai pas apprécié ce roman à sa valeur sans doute, car je n’ai jamais lu Othello et ne peux donc pas évaluer la transposition, probablement virtuose. Sans ce point-clé, une certaine distance reste entre le lecteur et l’histoire…

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Allons de l’avant : le nouveau roman est prêt, il sortira en anglais en septembre, puis en français en 2020. Violet, une jeune femme pleurant la perte de son fiancé et son frère lors de la Grande Guerre, va assumer son indépendance en s’installant dans la ville de Winchester. Elle entrera dans un groupe de femmes qui brodent des coussins pour la cathédrale. Je n’en sais pas plus, mais que j’ai hâte de le lire !

Des coussins de Winchester Cathedral, photo du site de Tracy Chevalier.

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Sur son site, Tracy Chevalier annonce aussi le thème du livre sur lequel elle travaille : une grande histoire autour de la fabrication et la vente des perles de verre de Murano (près de Venise)… Un autre délice à venir !!

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Autre nouvelle extraordinaire : la création d’un Opéra à Zürich (Suisse) sur l’histoire de la Jeune Fille à la Perle ! La musique, de style avant-gardiste, est signée Stefan Wirth, la Première aura lieu le 24 mai 2020, les autres dates par ici.

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Texte et textile encore : Tracy Chevalier est devenue quilteuse, après avoir voulu simplement se renseigner sur cette activité pour mieux écrire La dernière Fugitive. Mais elle continue ! Toujours cousant à la main, elle aime se reposer des mots en travaillant les tissus. Elle a fait plusieurs quilts elle-même mais elle fait bien plus : organiser des expositions ! A ma connaissance, elle a initié deux événements, l’un avec des quilteuses du Yorkshire, l’autre avec des détenus dans diverses prisons anglaises.

Le quilt des soeurs Brontë est rarement exposé, pour le préserver. Il mesure 187 x 214 cm.

Dans le Yorkshire, c’était  en 2016 la commémoration des 200 ans de la naissance de Charlotte Brontë (son roman le plus connu : Jane Eyre, monument de la littérature britannique). Or, elle et ses sœurs avaient cousu un quilt en soie, taffetas, velours et coton, qu’on imagine venir de leurs propres robes. Bien sûr, la technique est « à l’anglaise » et des papiers (lettres, journaux) restent emprisonnés dans cet ouvrage… qui n’est pas un vrai quilt puisqu’il n’est pas quilté (tout comme celui de Jane Austen, voir ici l’article que je lui ai consacré). Une exposition de mini-quilts sur le thème a été organisée en 2016, mais je n’ai pas trouvé de lien très intéressant fonctionnant encore, juste cette affiche montrant une reproduction de l’ouvrage des trois sœurs Charlotte, Anne et Emily :

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Enfin, texte et textile toujours : dans le cadre d’une exposition sur « ce qu’on fait dans son lit » (naître, dormir, faire l’amour, être malade, mourir), Tracy a, avec l’aide de l’association Fine Cell Work, encouragé des détenus à s’exprimer sur le sommeil et les rêves, avec des consignes : un bloc de 25 cm de côté et une dominante en bleu et blanc. Les blocs sont faits par des experts, car cette association, Fine Cell Work, enseigne les arts de l’aiguille et fait travailler les prisonniers volontaires (une forte majorité d’hommes) contre une rémunération équitable ; cela favorise le goût du travail bien fait, donne une expertise, apprend à acquérir l’estime de soi… Les ouvrages faits par les prisonniers sont en vente ici. Vous pouvez y admirer un remarquable artisanat ! Donc pour le projet de Tracy, un quilt a été fait avec les 63 blocs reçus :

J’ai acheté le livre sur cette expérience : sur un tout petit format (un carré de 14,5 cm seulement), on y lit le contexte de cette aventure mais on voit aussi des détails des blocs, souvent + grands que nature, on apprécie la justesse de la broderie mais aussi, surprise, on voit que le thème est exploré en profondeur. S’y retrouvent naturellement des comptines enfantines, des lunes et des étoiles, mais aussi des versets de la Bible, des mots de Shakespeare, des évocations de tableaux comme le Cri de Munch… Les photos montrent la qualité du travail de ces brodeurs pas comme les autres, et leur envie de s’en sortir dans la vie. Quoi qu’ils aient fait, ils purgent leur peine envers la société et ensuite il faut se réinsérer, s’habituer à travailler, à penser positivement… On ne sait jamais quelle révolution intérieure peut s’enclencher quand on se met à faire de l’art ! Leurs réflexions, en fin de livre, montrent à quel point on peut transférer son agressivité en canalisant son énergie positivement dans le travail manuel. Certains évoquent aussi l’indépendance gagnée en mettant de l’argent de côté, la perspective de trouver un travail en sortant, ou simplement la fierté du travail bien fait.
Les bénéfices du livre vont à Fine Cell Work, l’association qui promeut les arts de l’aiguille en prison. 

Ce n’est pas une expérience unique : on peut rappeler l’histoire du Rajah quilt (1841) mais aussi maintes initiatives de par le monde.

Un excellent article en français (d’une brodeuse suisse) présente également ce livre : https://www.letempsdebroder.com/articles/quilt-sommeil-chevalier/

Tracy Chevalier a dit à propos de cette expérience dans The Guardian :

Cela semble bête de dire que coudre peut aider des gens, mais c’est une action très thérapeutique, très reposante. Et c’est l’occasion pour ces gars de faire quelque chose de beau, d’être félicités et payés pour cela. Certains ont commencé cette activité pour gagner de l’argent, mais la plupart continuent parce qu’ils aiment coudre… Cela semble invraisemblable, mais coudre a bien déclenché quelque chose en eux.

Voici le quilt entier, plein de symboles, d’histoires personnelles, d’espoirs :

Voilà les nouvelles que j’ai pu récolter sur cette femme que j’admire beaucoup !

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Photo Anna Huix, Sunday Times

Quant à son mari que j’ai déjà présenté, Jonathan Drori, son livre est enfin édité en français ; je l’ai offert au mien – de mari – lui qui a planté une centaine d’arbres chez nous, par passion… juste répartition des choses ! Dans la forêt de livres sur les arbres, je vous le recommande chaleureusement, Ce que nous disent les arbres du monde : enchanteur, intelligent, informatif et si poétique… Un merveilleux livre sur la prodigieuse intelligence de la nature ! 

Avec Jonathan Drori, nous faisons un tour du monde sans jamais nous ennuyer, en apprenant à mieux connaître ces compagnons de l’humanité.

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Info finale, en rapport avec le livre ci-dessus : Cosabeth Parriaud nous informe sur Facebook que, jusqu’au 20 novembre, une belle exposition a lieu à Paris sur les arbres, vus par des scientifiques, des philosophes, des artistes. Cela semble très intéressant, mais aussi très salutaire pour tenter de sauver ce qui peut l’être : l’Amazonie est décapitée, la Sibérie brûle (des centaines de milliers d’hectares en ce moment-même), ainsi que l’Alaska et bien d’autres forêts, on a une pensée aussi bien sûr pour nos amis portugais… C’est tout sauf anecdotique, du sauvetage des arbres dépendra notre avenir et peut-être notre survie. J’écoute la jeunesse qui ne regarde pas ailleurs… Notre monde bleu et vert va-t-il survivre ?

Fondation Cartier, 261 boulevard Raspail, Paris 14e

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Petite pause estivale… Prenez soin de vous et de votre environnement, attention à la chaleur, lisez, rêvez les yeux ouverts… à l’ombre !
À bientôt !

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En fin d’après-midi à la Garoffe

Parfois, l’art du patchwork titille les jeunes femmes, mais quand et comment s’y mettre ? La vie quotidienne est déjà si remplie… La solution est souvent, pour elles, d’assister à des stages, ou à défaut farfouiller sur internet, visionner des vidéos ou acheter des livres, mais elles ne connaissent pas la convivialité des rencontres d’amies quilteuses qu’on retrouve année après année… quel dommage. 

The Quilting Bee, peint par Grandmother Moses : cette peinture naïve montre la convivialité de ce genre de réunion où, naguère, les femmes d’une communauté (village, paroisse) se réunissaient avec, parfois, le reste de la famille autour !

C’était il y a une dizaine d’années : Caroline, maman d’une petite fille, profita de sa seconde maternité pour se ménager quelques heures de cours de patchwork par semaine tout en poursuivant sa brillante carrière. Elle est tombée sur moi, j’animais alors des cours de patch dans un magasin de loisirs créatifs… Nous nous sommes très bien entendues, Caro a rencontré les autres Abeilles et vient dès que possible à nos réunions (elle faisait partie du groupe accueillant Betty et son mari), nos maris se connaissaient déjà au travail… Tout est réuni pour que l’amitié perdure et Caroline est la jeunette de notre groupe, même si elle ne peut consacrer beaucoup de temps à ses tissus ! 

Un congé parental peut être l’opportunité pour s’offrir, comme Caroline l’a fait, une petite série de cours de patchwork pour, ensuite, devenir autonome. Renseignez-vous auprès des quelques magasins de loisirs créatifs qui nous restent, ou auprès des clubs de patchwork, pour trouver la personne qui pourra vous lancer et aussi, vous introduire dans le tissu amical des quilteuses de votre environnement. Sans oublier, l’adhésion à France Patchwork, indispensable !

Caroline a choisi ensuite d’être pleinement présente pour ses enfants et un grand projet familial est né : La Garoffe. La Garoffe, une ferme de Pibrac « dans son jus », achetée voilà quelques années, rénovée avec talent pour en faire une chambre d’hôtes, un lieu de séminaires, de formations, de réceptions…

Caroline et Julien ont conservé toutes les belles particularités du lieu, les vieux objets de la ferme, tout en modernisant le bâtiment au goût du jour. On se sent bien chez eux ! Une vieille charrette peinte en bleu fut extirpée du fond de la grange, elle trône maintenant dans un coin du jardin. Quand il a fallu penser aux photos des quilts pour BeeBook, le souvenir de cette charrette m’est immédiatement venu à l’esprit. Elle est bleue, peinte au pastel des teinturiers (ou isatis tinctoria, plante qui fit la fortune de la région toulousaine). C’était une tradition de traiter le bois ainsi : la peinture de pastel (ou son substitut : bleu de Prusse + sulfate de baryte) est non seulement une belle et bonne protection, mais elle repousse les mouches ! Les chevaux ou bœufs qui tiraient la charrette étaient ainsi moins incommodés… Depuis la parution des souvenirs d’enfance de René Barjavel, la Charrette Bleue, en 1980, ces vestiges du travail à la ferme et des transports à la campagne sont mieux préservés. Vous pouvez en lire + et admirer de nombreuses photos de charrettes bleues par ici.

J’ai attendu le printemps, une belle fin de journée d’avril, pour aller à la Garoffe. J’ai choisi Vivant & Naturel, très coloré, comme compagnon de la charrette au bleu atténué par les années. L’histoire de ce quilt se trouve dans BeeBook, page 44, et sa photo page 4.

Pendant la séance de photos, le maître des lieux est passé : Caro habite chez son chat, c’est bien connu !

Pendant que Caro et moi faisions des photos autour de la star du jour, la charrette, nos deux maris ont récupéré un essaim d’abeilles qui s’était formé le jour-même dans leur jardin… Décidément, BeeBook a bien été créé sous le signe de l’Abeille !

La Garoffe, Pibrac (31, à l’ouest de Toulouse) : un lieu enchanteur !

Promesse d’un défilé féerique

Bien sûr, vous vous souvenez de la demande de fleurs de Joëlle Vétillard ! Le défi était de taille, il lui fallait 1 000 blocs de fleurs pour une robe féerique…

Début avril, Joëlle avait étalé les presque 800 fleurs qu’elle avait reçues.

Le dernier décompte officiel était de 960 fleurs arrivées, un beau jardin en perspective… et je crois bien que les toutes dernières ont permis d’atteindre le but… La robe de mariée millefiori aura la magie d’un jardin de paradis !

Pour le moment, nous n’en verrons pas plus…

Voulez-vous la voir finie ? Le défilé est pour très bientôt !

🌻🌺   Dimanche 28 juillet 2019 à 14 h 30   🌷🌼
devant la mairie de
🌷🌸🌻   Villefranche-de-Lonchat, en Dordogne   🌼🌻🌹

Tous les renseignements complémentaires sont sur le blog de Joëlle par ici.

 

Texte et textile, le minimalisme spirituel de Rieko Koga

Texte et textile, deux passions… C’est en préparant cet article que je me suis penchée sur la proximité de ces mots, et cela ne tient pas du hasard : au début était textus, mot latin désignant le tissu, se mêlant vite au tissage des mots… On a en français de nombreuses expressions qui en témoignent : suivre le fil d’une conversation… ou le perdre – la trame d’un discours – un tissu de mensonges – une histoire cousue de fil blanc – le fil conducteur d’une idée – au fil du temps – le fil rouge pour ne pas perdre le fil de l’histoire… et tant d’autres !

Une artiste des mots et des tissus a nommé son site Du textile aux textes, c’est Jacqueline Fischer. Écrire, coudre, broder, elle s’exprime depuis des années en exploitant les mots appréhendés par l’intellect et les tissus qui stimulent les sens de la vue et du toucher. Jacqueline développe aussi ses recherches dans son livre :

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Mardi dernier, j’ai rencontré une personne formidable à Toulouse, Stephanie Davis. Elle avait un mot de passe irrésistible : je suis l’amie de LeeAnn (Nifty Quilts)… Très prochainement, je vous présenterai cette belle personne et ses expressions textiles.

Nous avons profité de notre promenade dans ma ville pour aller visiter une exposition d’art textile : Dropping Words, par Rieko Koga. C’est une artiste d’origine japonaise, qui vit à Paris depuis plus de 15 ans.

DDM THIERRY BORDAS  Reiko Koga devant une de ses broderies

Dans cette exposition, on est frappé par l’économie de moyens : un tissu blanc, de lin ou de coton, et du fil noir. Point. Tout comme avec de l’encre sur du papier blanc, l’artiste nous fait méditer sur la beauté de l’écriture (ici japonaise et occidentale) et le lien sacré entre représentation, signification et émotion. Beaucoup à voir, à ressentir au travers de cette visite, mais pour conserver le plaisir de la découverte, je ne parlerai que de deux œuvres.

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PEACE : la paix, mot brodé à la suite des milliers de fois au fil noir, souvent sans espace, un vrai mantra pour une vie en paix…

PEACE, Rieko Koga, 166 x 150 cm, brodé sur du lin blanc en 2016

Cela me rappelle une de mes contributions au projet 70273, mon point d’interrogation fait de 698 duos de croix :

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Un Vœu pour l’éternité : une oeuvre collective dans un sens – et je remarque à chaque fois à quel point ce concept m’intéresse. Reiko a collecté les vœux de 600 personnes, par internet et dans une boite aux lettres des Archives Nationales de Paris ; elle les a ensuite brodés durant deux mois sur du tissu coupé, puis plié et cousu, renfermant un peu de l’air ambiant, comme une enveloppe envoyant un message au futur. Des vœux en plusieurs langues, même si la plupart sont en français. Les vœux ainsi brodés reprennent la forme des ema, prières et vœux gravés sur bois que les Japonais exposent dans les sanctuaires shinto.

Ema au Japon ( photo domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=119877)

Ces 600 vœux vont des plus universels (la paix sur terre, la prise de conscience écologique…) aux plus intimes (demande d’amour, de guérison, de réussite…) en passant par tous les souhaits qu’on peut imaginer. Un concentré d’espoirs de l’humanité… Ils sont disposés sur une structure octogonale* en bois recouverte de lin, sur lesquels de fins rubans blancs sont cousus pour permettre l’accrochage des vœux. C’est une splendeur, on peut passer un temps infini à les lire, espérer que les souhaits se réalisent, imaginer l’histoire derrière le vœu… L’écriture-broderie en bâtons, fine et claire, imprime les espoirs sur tissu, imprégnant l’énergie de Reiko pour qu’ils se réalisent…

*le 8 : symbole de chance en Asie et de l’infini en mathématiques ∞…

Pour voir ces œuvres (et bien d’autres) de Rieko Koga, rendez-vous à l’Espace Écureuil, 3 place du Capitole à Toulouse. L’exposition dure jusqu’au 7 septembre, mais attention, fermeture du 5 au 19 août !

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