Rarement un livre m’impressionne à ce point. Alors je fais une parenthèse sur le monde coloré du patchwork pour vous présenter cette effroyable histoire, premier roman de David Gruson.
Je n’ai lu que le tome 1, terminé cette nuit à vrai dire, le second va suivre très vite. Ce n’est sans doute pas une lecture pour tous, c’est pourquoi je me permets de vous donner quelques impressions pour que vous ne vous embarquiez pas dans cette lecture à l’aveugle. Cependant, je vous conserve, intacte, la jubilation de découvrir ce monde si proche, si probable…
Où, Quand, Comment
Dans le tome 1 nous sommes à Paris, dans une courte période de fin d’été 2025, à la fois dans les hautes sphères décisionnelles – jusqu’au Président de la République, qu’on peut imaginer être Macron en second mandat – et dans plusieurs familles du Sud-Est parisien. Il est question d’une mystérieuse résurgence du virus Ebola avec un premier cas, la mise en branle du principe de précaution prise, non par les élites, mais par une intelligence artificielle conçue pour cela. Le roman est le compte-rendu vif et chronologique de cet événement, et les imbrications découvertes au fil de la lecture sont époustouflantes.
Dans quel monde vit-on en 2025 ?
Je ne suis pas la seule à être ébahie par les intuitions de l’auteur qui écrivit ce livre avant 2018, date de sa parution. Impossible pour lui de s’être inspiré du Covid19 ! Qui dit virus dit mise en quarantaine et confinement, recherche de vaccin, centres de vaccination, télétravail, tout sonne tellement juste après l’avoir vécu.
2025, c’est aussi l’avancée de l’intelligence artificielle dans nos vies. Des problèmes sont résolus grâce aux robots : l’insécurité, le manque de personnel en milieu hospitalier… L’organisme qui intervient au quotidien s’appelle, je vous le donne en mille : PanGoLink, société au logo… de pangolin. Quand je vous dis que les écrivains ont bien souvent une intuition folle… D’ailleurs, l’auteur – ou plutôt son personnage principal – parle plusieurs fois du hasard, qui n’existe pas.
Vous appelez « hasard » ce que vous ne pouvez pas expliquer. Or, le hasard n’existe pas en soi. Ce n’est que la somme de zones d’ombre qui échappent à votre perception. Le hasard est le totem derrière lequel dissimuler la finitude de vos intelligences. S.A.R.R.A. tome 1, David Gruson
Comme nous lisons un rapport militaire Confidentiel Défense, le monde décrit est froid et précis, faisant abstraction de tout ce qui rend un roman « vivant » : la météo, les couleurs… exception faite de la couleur flamboyante de la chevelure de l’héroïne et d’une mystérieuse allusion, à plusieurs reprises, de La Dame à la Licorne… Je suis sûre que nous retrouverons cette fresque aux Mille Fleurs dans le tome 2, le livre est trop bien construit pour que ce soit là par hasard…
Ce que l’auteur ne pouvait pas savoir…
Comme nous avons vécu une partie du temps entre 2017 – écriture finale du livre – et 2025, nous pouvons saluer la perspicacité de l’écrivain mais aussi sourire quand il n’a pas prévu l’incendie de Notre-Dame (avril 2019), ou, heureusement, qu’une série d’attentats n’a pas eu lieu en 2021…
Notons qu’une femme connue est Présidente des USA, sera-t-elle élue en 2024 pour être raccord avec cette fiction 🙃 ?… Non, je ne spoile pas !!
Diagramme de Pareto, Rasoir d’Ockham…
L’auteur nous distille une petite part de ses connaissances avec élégance, alors que le style semble sec et sans fioriture. Je lisais le livre avec mon smartphone tout près de moi, pour certaines notions qui ne me sont pas familières de premier abord.
Le diagramme de Pareto est lié à sa célèbre loi des 80/20 (80% des effets sont provoqués par 20% des causes) :
Sur 10 postes, les 2 premiers représentent la forte majorité (80%) des effets. Le reste en comparaison, est insignifiant.
Le moine philosophe anglais du XIVe siècle Guillaume d’Ockham établit le principe de parcimonie, très utilisé en sciences, mathématiques, connu sous le nom de rasoir d’Ockham, dont nous pouvons tirer profit dans la vie de tous les jours. Raser, en philosophie, c’est éliminer des explications improbables d’un phénomène. C’est se satisfaire des hypothèses les plus probables pour arriver plus rapidement à l’explication. Cela n’engendre pas une certitude de véracité, mais une probabilité. Quelques petites phrases pour l’illustration large de ce principe :
Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple (l’inverse est proclamé par les facétieux Shadoks : Pourquoi se compliquer la vie à faire simple quand il est si simple de faire compliqué ?)
La simplicité est la sophistication suprême. Leonard de Vinci
Si deux théories expliquent également bien un résultat, il convient de « trancher » en faveur de la plus simple. Hubert Reeves, Patience dans l’azur, 2014.
Guillaume d’Ockham est le modèle d’Umberto Eco pour le héros de Au Nom de la Rose, Guillaume de Baskerville.
Less is More, Moins c’est Plus, Mies van der Rohe (architecte)
Si l’auteur de S.A.R.R.A. cite ce principe, c’est qu’il l’a intégré pleinement dans son écriture. Tout autre écrivain aurait raconté cette histoire en 600 à 800 pages, lui nous l’offre en 320 pages. L’écriture ciselée nous oblige à lire avec grande attention : le foisonnement de personnages n’est pas fortuit, ni le moindre détail.
Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retrancher. Antoine de Saint-Exupéry, Terre des Hommes, 1939.
C’est bien ce que je devrais mettre en pratique. Et comme il n’y a pas de hasard, je publie cet article le 2.2.22 dans le monde numérique fait de 0 et de 1. Alors voilà, à bientôt et peut-être, bonne lecture de S.A.R.R.A. ! Katell
Nous le savons, si certains domaines économiques fonctionnent encore bien en France et permettent quelques chiffres flatteurs (baisse du chômage, croissance du PIB de 6,7 % en 2021), nous sentons bien que tout n’est pas aussi joyeux, loin de là. Lire l’édito de Carol Veillon dans le nouveau Quiltmania (n°147) fait l’effet d’une douche froide et induit beaucoup de tristesse, même si l’équipe se bat pour que tout puisse continuer. Nous savons que l’Association France Patchwork est aussi en difficulté, par manque d’adhérents, même si un beau frémissement redonne espoir. Soutenons celles que nous aimons, avant qu’il ne soit trop tard. Aidons nos chouchous à rebondir !
Il n’y a pas de hasard, c’est dans l’air du temps, dans ce magazine Quiltmania, Lynne Zacek Bassett signe Des Éclats de Gloire, un grand dossier sur les Étoiles de Bethléem, alias Lone Stars/Étoiles Solitaires. En dernière page de cet article de 7 pages, elle développe ce qu’explique Lindlee Smith : depuis sa naissance, elle constate l’omniprésence de cette Étoile en quilt chez les Natifs (Amérindiens) de son entourage : je vous l’ai raconté par ici.
Les deux premières pages d’un excellent dossier ! Quiltmania n° 147
Cerise sur le gâteau : l’éblouissant modèle de Pamela Goeke Dinndorf, Orbs ! Vous pouvez faire votre première Étoile avec @plainsandpine, puis vous lancer dans ce chef d’œuvre plein d’éclat. Même pas peur !
Orbs, Pamela Goeke Dinndorf, dans Quiltmania n° 147
Avec Lindlee !
Lone Star avec Lindlee, la couture en troisième semaine
Quand on veut faire une Étoile à la distribution régulière de couleurs, c’est un travail plutôt rapide, à partir de bandes. Si vous êtes inscrite au Challenge avecLindlee, vous avez reçu ce lundi beaucoup d’informations, avec des photos détaillant la couture et coupe des losanges. Vous pouvez voir aussi, sur son compte Instagram @plainsandpine, une petite vidéo, puis une excellente de 15 mn.
Si vous avez les magazines Quiltmania n°16, 17 et 18 (années 1999-2000), vous avez tout ce qu’il faut savoir, bien détaillé et en français, sur les étoiles régulières à 8 branches. On peut trouver aussi ces explications de quilt traditionnel un peu partout dans des livres anciens ou sur internet… mais en anglais, comme le modèle de Lindlee : regardez les schémas, on coud en décalé les bandes prédécoupées à 6,5 cm de haut, selon la séquence choisie, pour avoir une rangée de chaque branche d’étoile. Il faut comprendre la structure, ensuite c’est tout simple.. Ce qui est important pour réussir votre montage : la position des bandes (on commence la couture dans un creux !) et l’utilisation d’une épingle pour chaque intersection.
J’ai choisi cette disposition de couleurs : les couronnes claires seront chez moi bleu ciel très clair (quilt @plainsandpine)
Quand on décide comme moi de faire une étoile scrappy, c’est plus artisanal ! J’ai coupé de longues bandes de couleur ciel pour mes « couronnes claires » et divers losanges imprimés (64 seront nécessaires).
J’ai cousu à la suite diverses bandes imprimées sur une bande ciel. Après le repassage, je couperai des duos.
Voici une vingtaine de duos, j’ai besoin de 64 !
Ce n’est pas exactement la méthode de Lindlee, mais cela revient au même. Prenez de la place pour faire votre maquette avec vos duos, afin de répartir les couleurs et les valeurs (clair/moyen/foncé) jusqu’à ce que ça vous plaise. Il est important d’avoir dans la tête la structure de l’étoile avec ses huit branches : dans ce modèle, nous avons 16 losanges, soit 4 x 4 losanges par branche. Je vais coudre les duos 2 par 2 :
Épingle à l’intersection. En haut, j’ai dessiné le début de la couture qui démarre dans le creux. C’est de la largeur de la valeur de couture (à droite).C’est ainsi qu’on a une chance d’avoir une intersection propre ! Pour chaque branche, j’aurai besoin de 4 losanges de 4. Au boulot !
Voilà, il y a du travail répétitif, de la couture minutieuse, mais j’aime choisir à chaque fois les couleurs, et je ne trouve pas cela ennuyeux du tout !
J’aime tellement… que j’entame une autre Étoile parallèlement, issus d’un autre modèle de @plainsandpine, Homestead Star Quilt ! A voir bientôt ici…
Modèle Homestead Star Quilt de @plainsandpine.
Je vous souhaite beaucoup d’étoiles dans les yeux, tout en cousant votre Étoile Solitaire ! Katell
Nous sommes tous des étoiles, il nous suffit juste d’apprendre à briller. Norma Jean Baker, alias Marylin Monroe
Mon Lever de Soleil est terminé ! Il s’impose avec le centre brodé afghan et des phrases qui me parlent. Je suis allée chez mon amie Caroline, à La Garoffe, pour faire de belles photos dans son cadre enchanteur :
Une lectrice m’a demandé comment quilter avec du coton perlé. Personnellement, je fais des gestes proches de la couture à la japonaise et du sashiko (je crois !), geste spontané de beaucoup d’entre nous pour coudre : l’aiguille est bloquée par le dé et je bouge le tissu plutôt que l’aiguille. Rien de sorcier, mais le geste est complètement différent du quilting à la main traditionnel (voir la technique d’Esther Miller par ici : 1et 2).
Suivez ce lien vers Facebook pour une petite vidéo d’amateur postée un peu plus tôt cette semaine, montrant ma manière de quilter en toute décontraction : ICI
J’adore cette charrette bleue… toujours à La Garoffe.
Quant au marquage en vue du quilting : pour faire une ligne droite ou des courbes, j’utilise le hera marker de Clover, sans aucun risque, mais pour écrire les phrases, j’ai prisun stylo FRIXION qui s’efface à la chaleur (au fer à repasser).
Comme je vous l’ai raconté il y a quelques jours, broder les Quatre Accords Toltèques m’a incitée à rechercher qui était ce peuple évanoui ; ce thème avait déjà été évoqué lors de la célébration des 10 ans de mon blog et de l’entreprise Neelam : Émilie avait créé pour cet événement un gâteau à 10 bougiesun quilt nommé Toltèque, notamment pour ces fameux Accords…
Le kit est en vente ici, prix réduits en ce moment !
Dans le contexte de redécouverte des peuples premiers en Amérique centrale, Miguel Ruiz (né en 1952), fils d’une guérisseuse et d’un chaman descendant des Toltèques, a préféré se consacrer aux sagesses ancestrales plutôt que poursuivre la pratique de la médecine occidentale (il est neurochirurgien). Son premier livre, The Four Agreements paru en 1997, a fait le tour du monde.
Ce livre, vendu en 46 langues à plus de 9 millions d’exemplaires, est-il une daube en charabia new age, ou bien un précieux guide pour une meilleure vie ? S’il est certain qu’il est écrit simplement et même gauchement parfois, il a le mérite de toucher le cœur de millions de personnes et ne peut faire aucun mal 😊. Il repose sur un constat simple : notre éducation nous a formatés avec un système de punitions et de récompenses, de jugements qui font peur et souffrir. On a aussi oublié de parler vrai et à vivre tel qu’on est, simplement à vivre libre. En suivant quelques règles, on entre dans un monde de respect, de joie et d’amour. Les Accords sont extrêmement simples en apparence, les voici sous leur forme la plus resserrée, celle que j’ai brodée :
Ces 4 injonctions guident vers une vie plus sage, plus harmonieuse et heureuse, en paix avec soi-même et ses proches.
OUPS! Pas vraiment dans la lignée des Accords Toltèques 😳
Je reconnais que ces phrases courtes et simples peuvent facilement être tournées en ridicule. Peu importe. Voici un rapide aperçu de ma compréhension des Accords, avec le champ d’intérêt tel que je le perçois.
La parole
La parole doit être utilisée sans nuire. Je sais l’impact des mots, des petites phrases dites sans y penser et qui blessent, je ne peux donc que valider « Que ta parole soit impeccable ». J’ai été à la fois blessée et j’ai blessé inutilement ; à chaque fois que je passe outre ce premier accord, je le regrette. Parler juste et positif donne le ton et les échanges deviennent ainsi plus constructifs. Mettre en pratique cet Accord n’empêche pas pour autant l’humour, la spontanéité, la chaleur de l’amitié et de l’amour ! Dire ce qui doit l’être, pour les personnes qui comptent pour nous, c’est impératif. Par exemple, les parents qui divorcent doivent toujours dire clairement à l’enfant que ce n’est pas de sa faute. Don Ruiz dit que c’est le plus important des Accords, le plus difficile à contrôler aussi. La colère, souvent enfantée par une peur ou une souffrance, fait sortir des mots qui ne règlent aucun problème. Il faut dompter sa part d’ombre. J’ajoute que je suis persuadée que dans le doute de la parole impeccable, le silence est d’or.
On parle toujours mal quand on n’a rien à dire. Voltaire
La représentation
Prendre du recul sur ce qu’on entend… Nous projetons toujours trop sur nous le regard et le jugement des autres. « Ne prends rien personnellement », c’est la phrase un peu écourtée de la phrase complète de Don Ruiz « Quoi qu’il arrive, n’en fais pas une affaire personnelle« . Prendre le juste recul permet de rester dans la vérité et non la représentation des choses. Les louanges ou les compliments font plaisir mais ne doivent pas nous donner la grosse tête et nous rendre vaniteux ! Et en cas de critique, je me dois d’éviter le poison émotionnel d’une parole qui n’est pas impeccable. Les critiqueurs projettent souvent leurs propres faiblesses et problèmes ; comprendre cela évite bien des souffrances inutiles. Et en miroir on comprend que :
Tout ce qui nous irrite chez les autres peut nous conduire à une meilleure compréhension de nous-même. Carl G. Jung
La pensée
On a tendance parfois à ruminer des paroles, chercher le sens caché… « Ne fais pas de suppositions » incite à communiquer clairement pour éviter les malentendus et les non-dits pour inciter le partenaire à faire de même. C’est gérer son stress relationnel par le lâcher-prise de la surinterprétation (ne pas chercher midi à quatorze heures). Entendre ce qu’on nous dit et reformuler pour savoir si on a bien compris permet une conversation saine. Mais aussi, acquérir de la confiance en soi permet de ne pas se remettre en question à chaque critique. Protégeons-nous et avançons. Attention, cela ne nous coupe pas du goût de la recherche, de l’investigation, de la curiosité : l’Accord concerne les relations entre deux personnes, où l’on observe les faits objectifs pour dégager la parole qui n’a peut-être pas spontanément été impeccable.
L’action
La réussite obligatoire et le perfectionnisme exigés dans notre société poussent tant de monde à la déprime, à la dépression, au burn-out (épuisement physique, émotionnel et mental)… « Fais toujours de ton mieux » et tu auras fait ta part, sans regret, quel que soit le résultat. Tu as le droit de ne pas être parfait. Rien ne t’interdit de vouloir te surpasser, mais c’est ta décision et ta propre volonté. Tu choisis ton chemin en toute conscience, tu crées ta direction de vie. Après avoir écouté les conseils, les avis, tu fais la part des choses, pour toi-même. Avance.
Le chemin se construit en marchant. Antonio Machado (voir aussile quilt d’Evelyne)
Je ne suis pas ce qui m’est arrivé, je suis ce que je choisis de devenir. Carl G. Jung
On se rend compte que les Quatre Accords sont liés, ils font un tout pour assainir les relations humaines et ils favorisent à la fois le respect de l’autre mais aussi le libre arbitre. Un 5e est ajouté par Miguel Ruiz et son fils plus de 10 ans après : « Sois sceptique mais apprends à écouter ». C’est être à l’écoute de l’autre, sans perdre son esprit critique. Sans surinterpréter, on ne se laisse pas rouler dans la farine. Je dirais même que cela incite à écouter son intuition et les synchronicités, et cela nous mène aux concepts de Carl Jung.
Est-ce le meilleur livre de ce philosophe qui sait populariser les mondes des pensées et des religions ? Pour moi dans le top 3, assurément !
Ajouter des citations de Carl Gustav Jung, ancien disciple de Freud, pour illustrer Les Accords Toltèques, n’est-ce pas « sacrilège » ? Ils poursuivent pourtant le même but : nous rendre plus sage pour mieux vivre, et de manière éclairée. Alors, j’assume. Jung a créé le terreau pour de nouveaux courants de pensée qui acceptent l’invisible, il est le tronc commun des nombreuses branches du développement personnel qui fleurissent à profusion, dont les Accords Toltèques. Jung a inspiré un Arbre de Vie Meilleure, en creusant des brèches dans les digues que la rationalité avait construites, et c’est enthousiasmant !
Morning Sunrise a ensoleillé l’atelier de nombreuses quilteuses en automne dernier ! Merci encore à Alice de Blossom Quilt & Craft et à la créatrice Alex Bordallo. Si j’ai terminé très rapidement la version Bébé pour une naissance fin octobre, le grand prend plus de temps à être quilté. Je voulais conserver l’esprit mexicain suggéré par ces couleurs qui claquent avec l’évocation de Cozumel, aujourd’hui île touristique, qui fut le premier mouillage en terre mexicaine des Espagnols. Tout ceci m’a menée bien plus loin que je ne l’imaginais au départ…
Quilter à la main, c’est méditer.
J’ai entamé le quilting de Morning Sunrise en décembre. C’est à chaque fois une question que je me pose : quilting main ou machine ? A la machine, on est dans l’action et l’énergie. A la main, on peut être dans la rêverie…
A la main signifie pour moi presque toujours maintenant au coton perlé, avec une aiguille à coudre longue, robuste et au chas qui peut recevoir le coton perlé n° 8. Dans les assortiments « sharp » ou « milliners » ou « mode » de chez Bohin, je trouve mon bonheur. Le quilting au coton perlé m’avait beaucoup plu pour le baby quilt, j’ai réitéré pour le quilt plus grand.
J’ai beaucoup apprécié le quilter en doodle, les idées venant progressivement.
Lever de Soleil brodé en Afghanistan (carré Guldusi) et top d’inspiration mexicaine… Les arts textiles nous font voyager !
Quilter à la main avec du fil à quilter et une aiguille « between », ou bien avec du coton perlé 8 et une aiguille Mode, cela fait beaucoup de différences… Les motifs, les gestes, le temps passé, le rendu, tout change. A chacun son choix ! Ici le dos de Cozumel, quilting au coton perlé en cours.
De fil en aiguille, au cours de mon quilting en doodle (improvisé au fur et à mesure, à partir du centre), l’évidence du chiffre 4 s’imposait, avec la forme carrée récurrente dans la structure de ce quilt. Depuis toute petite, je suis un peu obsédée par les chiffres qui me racontent beaucoup d’histoires !4, c’est un système en soi, ce sont 4 murs pour une maison, ce sont les 4 pieds d’une chaise ou d’une table, 4 pattes, 4 saisons, les 4 Éléments (Feu, Air, Eau, Terre). 4, c’est aussi le chiffre qui porte malheur en Chine, en raison de sa prononciation proche du mot « mort », mais 4 est le chiffre sacré chez les Amérindiens, et ça m’inspira quelques recherches, des lectures et comme une évidence… l’idée d’y broder les QuatreAccords Toltèques. Ce sera le thème du second volet de cet article… un peu plus tard, quand j’aurai entièrement terminé le quilting !! En attendant, faisons un bond dans l’Histoire…
Commençons par l’arrivée de Christophe Colomb sur une île qu’il croit être indienne (d’Inde) :
Image pour enfants : Christophe Colomb est accueilli chaleureusement le 12 octobre 1492 sur une île des Caraïbes, par le peuple des Taïnos. On les décrivait volontiers comme des « bons sauvages » n’ayant qu’à gagner avec la civilisation européenne.
Le choc des civilisations vers 1500 entre les « Indiens » (que Colomb a toujours cru avoir rencontrés) et les Espagnols est immense. La cruauté des Espagnols qui voulaient anéantir l’idolâtrie et profiter des richesses est accablante. Avec les Taïnos, on a enrichi notre vocabulaire : ananas, caïman, canoë, caraïbe, goyave, hamac, iguane, ouragan, papaye, patate, pirogue, tabac, savane, cacique, yucca, et même cannibale… sont autant de mots d’origine taïno (source Wikipédia).
Joséphine Baker a été récemment sous les feux de l’actualité, avec son entrée au Panthéon. On parle d’elle comme une femme noire, alors qu’elle est métisse. Ses deux parents étaient américains : son père blanc d’origine espagnole, sa mère métisse (noire, mais avec du sang des autochtones des îles caraïbéennes, peut-être taïno…)
Comment furent considérés ces étranges étrangers, très poilus, venus de la mer et juchés sur de non moins étranges animaux à 4 pattes ? Ils furent bien accueillis ! Les Taïnos, réputés pacifiques, furent de bons hôtes. Mais malheureusement pour eux, ils ne surent combler l’avidité d’or des Espagnols. Le bilan n’est pas reluisant pour les Européens. il y eut de très nombreux viols et donc métissages, dès les premières années. Les populations autochtones ont quasiment disparu : les microbes et virus apportés d’Europe sont responsables d’environ 90% des morts prématurées. 10% le sont par les massacres.
Les Espagnols découvrirent de nombreuses îles caraïbéennes, peuplées de tribus taïnos et autres, avant le Mexique, peuplé d’Aztèques. Le Mexique ne sera abordé que 26 ans après 1492, à Cozumel d’abord, puis le continent. Là, de grandes surprises attendaient les Espagnols. Les peuples sont nombreux, nous allons rester avec les Toltèques et les Aztèques.
Les Toltèques, mot signifiant les Maîtres bâtisseurs ou les Artistes, ont régné relativement peu de temps (entre 900 et 1200). Ici à Tula, leur capitale, située au nord de l’actuelle capitale Mexico, ces monstres de basalte de plus de 4,5 m, les Atlantes, sont au nombre de 4 bien sûr. Ils gardent une grande partie de leur mystère, tant pour leur représentation que leur fabrication.
On connaît assez peu les Toltèques. Leur civilisation avait déjà disparu depuis plusieurs siècles, remplacée par les Aztèques. Sur cette terre mexicaine pendant des millénaires, les peuples anciens se sont rencontrés, se sont combattus, se sont imités, se sont assimilés… On sait que les Aztèques ne tarissaient pas d’éloges sur leurs ancêtres Toltèques :
Les Toltèques étaient sages. Leurs œuvres étaient toutes bonnes, toutes parfaites, toutes admirables, toutes merveilleuses … Ils ont inventé l’art de la médecine … Et ces Toltèques étaient très sages, car c’étaient des penseurs, car ils ont inventé le décompte des années … Ces Toltèques étaient justes. Ils n’étaient pas trompeurs. Leurs mots [étaient] des mots clairs… Ils étaient grands, ils étaient plus importants [que les gens aujourd’hui] … Ils étaient très pieux … Ils étaient riches. Bernadino de Sahagún, Codex de Florence*
*Le Codex de Florence, écrit par un Franciscain qui avait appris la langue aztèque, a étémiraculeusement sauvé et comporte 12 livres, publiés au complet pour la première fois en… 1979.
On sait donc que la civilisation toltèque fut brillante, liée aux arts et à la médecine chamanique, à l’astronomie et l’architecture, à l’agriculture irriguée et à leurs divinités, surtout avec le culte du Serpent à Plumes ou Quetzalcoatl, présent aussi chez d’autres peuples d’Amérique centrale.
Le serpent à plumes, importante divinité des peuples anciens d’Amérique centrale, représente notamment l’alliance de la terre (serpent) et du ciel (les plumes d’oiseau).
Les Espagnols ont débarqué sur leurs terres en 1519 avec Hernán Cortés. La plupart des écrits des Aztèques eux-mêmes (oui, ils écrivaient) et sur les Aztèques au moment du choc de la rencontre des peuples autochtone et espagnol ont été détruits (à part le Codex de Florence et quelques autres), car les Espagnols voulaient cacher que les civilisations locales des terres mexicaines étaient bien plus avancées que ce qu’ils décrivaient officiellement (quelques tribus de sauvages à « sauver » en les évangélisant).
Les quelque 25 millions d’Aztèques en 1519 n’ont curieusement pas opposé une résistance farouche à l’arrivée des premiers Espagnols. A vrai dire, le souverain aztèque a d’abord cru que le chef espagnol Hernán Cortés était la personnification du dieu Quetzalcóatl – le fameux serpent à plumes… Plus surprenant est le bilan comparatif que le petit peuple pouvait faire entre les deux civilisations : la société aztèque était très rigoureusement organisée et divisée et les petites gens préférèrent s’associer aux Espagnols contre le Pouvoir central aztèque ! La vie aztèque exigeait des sacrifices humains, jusqu’à 200 000 par an… Des esclaves, des prisonniers, des handicapés, mais aussi des enfants arrachés de leur famille…
La Pierre du Soleil est d’une grande beauté. Créée par des Aztèques et visible dans un musée de Mexico, elle représente l’ensemble des mythes de la religion du peuple, y compris leur calendrier. Ce monolithe était un autel de sacrifice…
Les hauts dirigeants aztèques croyaient-ils vraiment que les sacrifices humains étaient nécessaires pour que le Soleil se lève tous les jours ? Et le cannibalisme qui s’ensuivait nécessaire pour maintenir leurs forces ?… Car en effet, le sang humain devait couler quotidiennement du haut des pierres ou des pyramides pour que le Soleil puisse se lever, pour que les astres puissent poursuivre leur route et la glorieuse civilisation aztèque perdurer… Les hommes se sentaient responsables de la machine cosmique et le sang humain était le carburant des dieux. Cette responsabilité que les hommes s’attribuaient envers les dieux est unique dans l’humanité.
Excellents essais de Serge Gruzinski sur le choc de la rencontre des Aztèques et des Espagnols.
On apprend dans nos livres d’Histoire que Jeanne d’Arc a entendu des voix, lui disant d’aller bouter les Anglais hors de France. Au Mexique, un autre phénomène a appuyé l’acceptation de la religion catholique : l’apparition de Notre-Dame de Guadalupe le 12 décembre 1531.
La Vierge de Guadalupe, avec son rayonnement de Soleil Levant (Morning Sunrise !!), est l’icône des Mexicains. On peut toujours la voir à Mexico et 20 millions de pèlerins s’y pressent tous les ans. Elle est tellement plus douce que les idoles aztèques…
La tentation est forte de penser que la série de miracles autour de cette Vierge a été orchestrée pour vaincre les dernières réticences des Indiens. Alors de nombreux sceptiques ont étudié la relique – un tissu de fibres d’agave mystérieusement imprimé de la vision de Juan Diego, l’Aztèque qui a vu la Vierge. La durée de vie de la fibre d’agave est 20 ans, nous en sommes à plus de 490 ans et le tissu reste comme neuf ou presque. Si vous souhaitez connaître toute son histoire en vous divertissant, je vous conseille le roman de Didier Van Cauwelaert L’Apparition.
Le talent de Van Cauwelaert fait de ce roman une histoire sautillante, mais on y apprend tout du mythe fondateur du Mexique catholique, l’apparition de la Vierge à Juan Diego, avec plusieurs miracles à la clé. Si vous souhaitez des renseignements sans roman, lisez Wikipedia !
Tout comme les peuples anciens s’interpollinisaient, le peuple mexicain contemporain bénéficie d’un syncrétisme culturel, un intime mélange de survivances précolombiennes et des acquis européens, avec un zeste d’africanité. Ce n’est qu’à l’aube du XXe siècle qu’historiens et archéologues étudièrent sérieusement les civilisations précolombiennes disparues (au lieu de piller les découvertes), et les Mexicains métissés (de sang et/ou de culture) de se réapproprier fièrement leurs racines aztèques, mayas, toltèques, olmèques, mixtèques, zapotèques… Cette « mexicanité enrichie » explose notamment sur les œuvres murales de l’immense peintre Diego Rivera (l’époux de Frida Kahlo), mais aussi bien sûr avec Frida elle-même, adepte de vêtements des femmes zapotèques et de bijoux précolombiens…
Et l’île de Cozumel ? Son nom veut dire Terre des Hirondelles, elle était l’endroit où les femmes Mayas se rendaient en pèlerinage au Temple de La Lune pour avoir des enfants… Las ! Hernan Cortés fit démolir les temples et la population, de 40 000 avant l’arrivée des Espagnols, se résuma à 30 personnes en 1570 après une épidémie de variole (virus venant d’Espagne). Ce n’est qu’un exemple représentatif du choc des civilisations.
A Cozumel, il reste quelques ruines des temples Mayas, ici San Gervasio.
Comme je vous l’ai annoncé plus haut, j’ai voulu inscrire, dans mon quilt Morning Sunrise version Cozumel, une touche mexicaine supplémentaire avec les sagesses toltèques enseignées par Don Miguel Ruiz. Nous (re)découvrirons ensemble ces Accords Toltèques, ainsi que mon quilt terminé, dans quelques jours ! Mais comme vous le savez, une Étoile Solitaire pleine de losanges est venue s’incruster dans mes prévisions…
J’espère que cette page d’histoire a retenu votre attention, je crains un peu m’être lâchée sur un sujet qui n’intéresse que moi 🙃 mais aujourd’hui, je voulais me faire plaisir. A très bientôt ! Katell
Que retenir de 2021 ? Assurément des constellations de belles étoiles ont facilité les expositions de La Ruche à Lacaze, du collectif Quilts Météo au Carrefour Européen du Patchwork et une sélection des deux au Salon des Tendances Créatives de Toulouse. De bien Belles Étoiles ont aussi brillé au stage d’Arcachon et à la JA FP16 à Ligné, enfin les Abeilles de la Ruche et tant d’amies quilteuses illuminent ma vie… Pour le reste, les dissonances de la vie n’épargnent personne, chacun le sait. Ce sont les circonstances pour apprécier ce que nous avons, et continuer son chemin⭐.
Si tirer le tarot est l’apprentissage d’une vie, les jeux d’oracles permettent une distraction facile à mettre en œuvre. Mon dernier tirage de l’année 2021 (l’oracle du Scarabée d’Or, Anne Ghesquière) montre un résumé qui me semble pertinent : les constellations composées d’autant de sœurs de sang et de cœur, la merveilleuse Hildegarde, ma guide en écosophie (sagesse de la nature) et bien plus, la pleine présence pour insister sur les énergies qui nous relient, et le chaos, bien présent en 2021, un point de départ vers une nouvelle harmonie ?
Les Couleurs pour l’Année 2022
2022 commence d’une manière incertaine, dominée encore par le Covid19 qu’on maîtrisera… ou pas. Or, les faiseurs de tendances ont choisi à l’unisson deux nuances de violet comme Couleur de l’Année, : est-ce parce que cette couleur fait naître tant d’émotions contradictoires et incertaines ? Alors mon premier article de l’année, comme les années précédentes, est consacré à cette couleur divulguée en décembre dernier.
Les cosmos, de belles fleurs roses, fuchsia, pourpre…Cosmos, le choix 2022 de la société Robert Kaufman, choisi dans sa gamme de tissus unis KONA.The Color Purple, livre d’Alice Walker puis film de Steven Spielberg. Ici les protagonistes sont dans un champ de cosmos. L’une d’elles dit que Dieu a créé la couleur pourpre pour faire de la beauté qui rend heureux… Et « ça fait râler Dieu si on marche dans un champ de fleurs pourpres et qu’on ne remarque même pas sa beauté »
Pantone (présentation de cette société ici) a choisi pour sa part une nuance bien plus froide du violet, qu’on retrouve en abondance dans les fleurs printanières (muscaris, pervenches, violettes, pensées, crocus, iris et tant d’autres). Et bien souvent, au cœur de ces fleurs, nous avons une touche jaune, contraste parfait ! La nature est si bien faite.
Le violet est la couleur énigmatique par excellence, mélange de rouge et de bleu, de chaud et de froid, de danger et d’innocence, d’activité et de passivité, de pouvoir et de soumission, de colère et de calme, d’excitation et de constance. Bref, tout peut arriver avec le violet 💜.
La couleur de l’année n’est pas choisie au hasard pour créer une mode ; elle est la synthèse de nombreux indices trouvés les mois précédents dans les choix de couleurs chez les stars, dans les rues, dans les publicités de divers pays.
Déjà le 20 janvier 2021, la Vice-Présidente des États-Unis portait la future couleur de l’année 2022 ! (photo Gabrielle Lurie / The San Francisco Chronicle via Getty Images)
J’ai vu dans des sorties en librairie, juste avant l’annonce des Couleurs 2022, la confirmation que c’était « dans l’air du temps » :
Or et violet, des couleurs parfaitement complémentaires! Le violet est particulièrement bien choisi pour tout ce qui touche à la spiritualité ou le monde invisible ; quant au scarabée d’or, il fait partie de la compréhension des synchronicités par Carl Jung.
S’entourer de violet dévoile probablement une envie de spiritualité et de recherche des énergies invisibles. Dans la médecine ayurvédique, l’indigo, bleu nuancé de violet, représente l’intuition, l’imagination, le 3e œil (6e chakra). Le chakra violet pourpre, le 7e et dernier, se trouve juste au sommet de la tête ; équilibré, il favorise la sagesse spirituelle et une connexion avec l’univers. Telle est l’ampleur spirituelle de cette couleur !
Le 7e chakra est représenté par un lotus aux mille pétales.
Violet, lilas, mauve, pourpre, parme, lavande ou améthyste…
Lors du lancement de cette couleur sur les réseaux sociaux, j’ai lu autant de beurk que de youpi. Pas de demi-mesure ! Commençons par quelques peintures de Paul Klee, pour entrer dans l’ambiance :
Fish Magic, Paul Klee, 1925
Lune brillante, Paul Klee, 1919
Paysage d’hiver, Paul Klee, 1923
Paysage du passé, Paul Klee, 1918
Les touches jaunes ou blanches sont omniprésentes dans ces tableaux pour accompagner les nuances de violet, pourpre, indigo…
Pour tenter de convaincre les réticentes que le violet peut être une couleur gaie et intéressante en patchwork aussi, je vous invite à une petite galerie de quilts de Jill Fisher que j’admire beaucoup. Sa couleur préférée étant le violet dans toutes ses nuances, il ne m’a pas été difficile de trouver de très beaux quilts à vous montrer ! On peut les voir sur son blog https://pieladyquilts.blogspot.com/ mais elle nourrit bien plus régulièrement son compte instagram @pieladyquilts.
Crackle, Jill Fisher @pieladyquiltsRiffle, dominante cosmos, Jill Fisher @pieladyquiltsCoussin bleu-violet,Jill Fisher @pieladyquiltsCoussin Orchidée, Jill Fisher @pieladyquiltsRécapitulatif de quilts faits avec la couleur Pantone 2018 (violet vif), Jill Fisher @pieladyquilts
Cela peut vous réconcilier avec cette gamme de couleurs ! J’avoue qu’il faut de la maîtrise pour qu’un quilt violet soit réussi – Jill Fisher y arrive formidablement bien. Si vous êtes sur Instagram, suivez Jill pour voir comment elle interprétera le violet cette année… et qui sait, vous lancer ?
Il faut faire ce qu’on ne croit pas pouvoir faire. Baruch Spinoza
Notre chère amie Hélène Vié, fondatrice de La Maison de la Violette, valorise la violette toulousaine depuis plus de 25 ans, un parcours qui force l’admiration ! Photo DDM VALENTINE CHAPUIS
Grâce à la violette de Toulouse et aussi la symbolique spirituelle de cette couleur, Betty (la Reine des Pine cone quilts) m’associe au violet – pour mon plus grand plaisir ! Cette famille de couleurs est volontiers appelée purple en anglais :
Cela devient une tradition, Kristine prépare une bannière pour janvier, souvent avec une des couleurs de l’année :
Bee Kristine nous offre cette année non pas une, mais deux bannières !
Laquelle préférez-vous ? Difficile, n’est-ce pas !! En raison de mon lien indéfectible avec Betty, je choisis la seconde 💜 ! Elle nous accompagnera plusieurs semaines en tête de blog.
Le secret du violet épanoui réside dans son accompagnement. Il révèle sa beauté avec du blanc et sa lumière pure, du turquoise, du rose, certains verts, et il est l’écrin parfait du jaune ! Plein de sagesse, le violet est le faire-valoir de l’illumination. Illuminons donc 2022 de belles couleurs et de perspectives joyeuses malgré tout, tissons 2022 de joies et de lumière 💜⭐💜🌞💜
Nous allons ensemble nous changer les idées avec des articles qui dépaysent… et toujours un fil conducteur textile bien sûr !
N’attendons pas ! Dès mardi, nous emprunterons un chemin mythique avec Lucie… Le premier jalon d’une belle année à passer ensemble ! Katell
Si vous voulez que la vie vous sourie, apportez-lui d’abord votre bonne humeur. Baruch Spinoza
Comme promis, nous tirons au sort ce matin un commentaire de l’article précédent, pour vous remercier d’avoir suivi le Quiltons Ensemble organisé avec Alexandra Bordallo la styliste et Alice Kreyder, la vraie organisatrice ! Nous recommencerons peut-être l’année prochaine…
Ne laissons pas le suspense insoutenable s’installer plus longtemps… J’utilise https://www.random.org/ :
Et voilà, c’est ce commentaire n° 17 qui a gagné, félicitations !
Merci pour vos partages toujours instructifs et enthousiastes! J’ai eu la chance de pouvoir admirer les quilts météo à Sainte Marie aux Mines en septembre et de vous apercevoir dans l’église! Ce quilt, avec ses couleurs chatoyantes, est plein de peps, j’adore!
C’est le livre gagné par Brigitte Poirier
Merci de m’adresser votre adresse postale à quilteuseforever@orange.fr . A noter que je ne l’enverrai que la semaine prochaine.
Car demain matin, je prends la route… Direction les Deux-Sèvres puis la Charente avec l’exposition de Béatrice Bueche, puis la JA à Ligné ! Deux rendez-vous où nous allons célébrer la joie de nous retrouver autour de notre passion…
Bravo encore à Brigitte Poirier ! Avec toute mon amitié, Katell
Amoureuse de l’art de Leah Dorion, je partage avec vous ce tableau qui célèbre la beauté de la nature et nos liens profonds avec elle…
Avec l’araignée, on pourrait croire que c’est la fête d’Halloween… mais la Femme Araignée est symbole de protection et de sagesse chez les Amérindiens…
Dans ma vie d’adolescente, l’album Harvest de Neil Young fit partie de ceux qui tournaient en boucle, rappelant pendant l’année scolaire les vacances en Bretagne, les feux de camps dans les dunes et les copains qui jouaient de la guitare…
Neil Young a une voix haut perchée, fragile et plaintive. Comme Bob Dylan, sa force est l’émotion. Tel un roseau, pliant sans se rompre, Neil Young a traversé les époques malgré maintes souffrances. Le piqué singulier de Neil Young à la guitare, tellement précis et envoûtant, est une compensation invisible d’un handicap, séquelle d’une poliomyélite contractée dans l’enfance. Aujourd’hui à 75 ans, Neil Young est Forever Young, devenu gentleman farmer écolo dans le Colorado, vivant avec son épouse comédienne Daryl Hannah ; ensemble ils militent activement pour le respect de Mother Earth, la Terre Mère, ainsi que les droits des Amérindiens, renforçant ainsi son surnom de naguère dans le monde musical, « l’Indien« , le Singulier, l’Unique…
Si cet album de 1972 est un bijou de folk-rock, la chanson Alabama me bouleversait par ses sons de guitares et des impressions de souffrances venues de je ne sais où. Je sais à présent qu’elle est une critique de l’intolérance et du racisme encore ancrés dans les États du Sud des USA, plus de cent ans après la Guerre Civile (ou Guerre de Sécession 1861-1865). Ce Vieux-Sud est pays de violences et celle de certains hommes blancs est inimaginable : encore en 1972 le Ku-Klux-Klan sévissait sporadiquement, même après les progrès de reconnaissance de l’égalité des droits civiques grâce à Martin Luther King et bien d’autres. De nos jours, le mouvement Black lives matter est signe qu’il reste encore et encore un long chemin à faire, dans l’ensemble des USA.
En Alabama, même la météo est violente, puisque c’est l’État des États-Unis où surviennent le plus grand nombre d’orages, avec son climat subtropical humide, et il est bien souvent au cœur des couloirs de tornades meurtrières, d’ouragans dévastateurs… C’est sa nature, et cela ne pourra malheureusement pas s’atténuer dans le futur.
Alexis Arend – cet auteur bien français évoque une certaine Amérique avec une redoutable justesse.
Que Dieu me pardonne, je détestais l’Alabama. Je le haïssais !
L’Alabama était le pays où toute la misère du monde avait choisi d’élire domicile. C’était le pays où se donnaient rendez-vous toutes les haines, toutes les iniquités, toutes les bassesses humaines. Aucune région du globe ne mettait un tel point d’honneur à annihiler la vie d’un homme, à le rabaisser, à lui faire courber l’échine jusqu’à le contraindre à ramper à terre, éreinté, vaincu.
Et, pour tous ceux dont le malheur était de ne pas avoir la peau claire, l’Alabama était tout cela aussi, en pire. Pour eux, il déployait tout son ignoble talent, il déchaînait toute sa noirceur contenue, toute sa dureté réfrénée. Oh oui ! Pour eux, l’Alabama se surpassait.
« Il n’y a rien de pire au monde, ni de plus éprouvant pour un homme, que d’être pauvre. Excepté le fait d’être un nègre, naturellement » , disait mon père.
Ô combien il avait raison !
Trent Peterson Chestwood, dans Alabama, Alexis Arend
Alabama, Alexis Arend : un peu attirée par la musicalité du titre, un peu par les critiques élogieuses, un peu par l’inexplicable lien que je ressens avec ce coin déshérité, un peu grâce aux liens liés par les arts singuliers inventés dans ce coin des USA (Alabama Chanin, les Gee’s Bend), j’ai téléchargé ce livre… et cela m’a valu une nuit blanche débordant d’émotions.
Mon amie Betty Ford-Smith à Gee’s Bend, Alabama, au centre de la création des quilts improvisés, qui ont largement influencé les quilts modernes des 20 dernières années.
Inutile de me le demander, non je ne vous raconterai pas l’histoire. Ce roman se lit très facilement, même si vous vous sentez submergé, parfois, d’émotions multiples et violentes.
La misère est un bien insidieux fléau. Elle est un mal sournois.
Les nègres et les chiens fonctionnent pour ainsi dire sur le même mode, ils ont les mêmes instincts, souviens-toi toujours de ça.
Mais on savoure quelques pages sublimes sur l’attachement à la famille, au pays, à l’amitié et, non moins important, sur le bonheur de la lecture.
Je veux que l’Alabama soit le pays que l’on mérite tous, Blancs comme Noirs. Une terre d’abondance ! Il a assez à offrir pour chacun de nous. Regarde autour de toi, regarde comme c’est beau, regarde comme c’est riche !
Tu vois, quand je me plonge dans un roman, c’est un autre monde qui s’ouvre devant moi, je suis ailleurs, je vis d’autres vies, je découvre d’autres endroits, je rencontre d’autres personnes. Je les côtoie dans ma tête, guidé par tous ces mots et toutes ces phrases qui s’alignent et me racontent quelque chose.
Littérature enfantine qui se lit à plusieurs niveaux, vous ne vous ennuierez pas en lisant les aventures de Tom Sawyer puis celles de son ami Huckleberry Finn de Mark Twain… Et comme un des protagonistes d’Alabama, ne vous laissez pas arrêter par ces noms difficiles à lire 😊
L’esprit de Mark Twain est pleinement dans Alabama, à la fois par l’amitié de deux garçons proches mais différents, et, j’ose l’avancer, par la qualité d’écriture ! L’immense talent de Twain est trop peu reconnu en France, je vous propose de le redécouvrir et de lire cet article où je lui rends modestement hommage. Il fut d’ailleurs un protecteur et ami d’Helen Keller, dont l’histoire m’avait tellement touchée enfant… Tiens, elle est née en Alabama et elle aussi est alignée avec ce qui se dégage du roman d’Alexis Arend.
Le meilleur aboutissement de l’éducation est la tolérance. Helen Keller
Un film touchant de 1962 retrace l’histoire d’Helen Keller, sortie de l’enfermement de la non-communication par sa maîtresse spécialisée Ann Sullivan.
Pièce (un quart de dollar) commémorant Helen Keller et l’État de l’Alabama, devenu le 22e État des USA en 1819. Helen Keller (1880-1968), devenue sourde et aveugle dans l’enfance, fit preuve d’un grand courage dans sa vie et montra qu’on peut surmonter ses handicaps.
Alabama d’Alexis Arend : ce roman se trouve sous format papier ou numérique (FNAC, Amazon…). J’imagine qu’un éditeur va se précipiter sur cette pépite auto-éditée… Profitez-en, avant que son prix ne monte !
Vintage Rose Garden, pine cone quilt créé par Betty Ford-Smith en 2005, acquis par le National Quilt Museum en 2019. Ce bloc, appelé également Pine Burr, représente officiellement… l’Alabama !
Depuis déjà 7 ans, je vous montre des pine cone quilts sur ce blog ; pas de hasard, c’est le bloc de patchwork officiel de l’Alabama, en raison des quilteuses de Gee’s Bend et leur héritage afro-américain, dont fait partie cette technique particulière !
On perd un temps précieux pour traiter l’urgence du dérèglement climatique. Cet été, les catastrophes se multiplient dans le monde (trop de feux trop d’eaux), le plus récent étant dans le Var. On ne peut même pas parler de crise climatique, car une crise a un début, un pic et une fin, qui parfois sert de tremplin, d’opportunité pour avancer (j’espère qu’on peut dire la crise du Covid…), alors que pour ce changement de climat, c’est, semble-t-il, un phénomène qui ne fait que s’aggraver.
Dans un de mes quilts, j’ai brodé le mot « crise » en chinois. La première partie de l’idéogramme désigne le temps du danger, la seconde, le temps de l’opportunité. Vivre une crise, c’est voir et évaluer le danger, sans doute accepter le changement qui est dans la nature de la vie, puis saisir l’occasion pour évoluer positivement.
Nous sommes très intelligents et nous apprenons bien les leçons, nous les humains. Sauf, apparemment, pour la mutation climatique. Où est le fameux principe de précaution dont on nous rebat les oreilles pour d’autres sujets ?
Pourquoi est-ce si difficile ? Pourquoi n’essaie-t-on même pas de sauver sa peau ni celle de ses enfants ? Un scientifique apporte une réponse originale qui met en lumière le fonctionnement du striatum, dans notre cerveau – Extrait du résumé de l’éditeur :
Au cœur de notre cerveau, un petit organe appelé striatum régit depuis l’apparition de l’espèce nos comportements. Il a habitué le cerveau humain à poursuivre 5 objectifs qui ont pour but la survie de l’espèce : manger, se reproduire, acquérir du pouvoir, étendre son territoire, s’imposer face à autrui. Le problème est que le striatum est aux commandes d’un cerveau toujours plus performant (l’homme s‘est bien imposé comme le mammifère dominant de la planète) et réclame toujours plus de récompenses pour son action. Tel un drogué, il ne peut discipliner sa tendance à l’excès. À aucun moment, il ne cherche à se limiter. Hier notre cerveau était notre allié, il nous a fait triompher de la nature. Aujourd’hui il est en passe de devenir notre pire ennemi.
Si l’analyse dans Le Bug Humain de Sébastien Bohler est convaincante et documentée, je reste sur une certaine réserve : tout mettre sur le dos de la biologie et du consommateur occidental conditionné par la publicité, c’est laisser tranquilles politiques et grands décideurs qui, eux, ont un pouvoir décisionnel bien plus déterminant. Et ne les excusons pas de se laisser mener, eux aussi, par leur striatum !… Il faudra bien oser, très vite, mettre en œuvre des principes déjà connus,moins, moins loin mais mieux, pour certains aspects de notre vie comme la production et la consommation, faire une place majeure aux esprits créatifs qui pensent hors cadre, ceux qui sont capables d’innovations, ceux qui vont trouver des solutions aux problèmes laissés par l’économie de surconsommation. Et avant chaque décision, il faudra avoir la clairvoyance et la sagesse de peser les multiples conséquences.
Changer les mécanismes de l’économie est un sacré défi ; or les hommes aiment ça : plus vite, plus haut, plus fort – ensemble*est à promouvoir, mais avec d’autres buts prioritaires que les gains financiers. La promotion de domaines épanouissants (entraide, transmission des savoirs, activités physiques, intellectuelles, culturelles, artistiques) doit aussi devenir une mission. Vivre heureux sans poursuivre la destruction de la nature, c’est possible si tout le monde s’y met avec conviction… Maintenant !! *devise olympique : elle incite à donner le meilleur de soi-même et vivre ce dépassement comme une victoire, même si on n’est pas premier (d’où la phrase « l’important, c’est de participer »). Le mot ensemble a été ajouté le 20 juillet 2021 pour renforcer le principe de solidarité, la nouvelle devise latine est donc désormais Citius, Altius, Fortius – Communiter.
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La grande erreur de notre temps a été de pencher, je dis même de courber, l’esprit des hommes vers la recherche du bien matériel. Victor Hugo
Je suis admirative de la lucidité de Victor Hugo. Dans le début de la grande période de foi dans le progrès, il avait la clairvoyance de deviner déjà que la course à la consommation dévoierait notre qualité de vie. En effet, ce n’est pas parce qu’on est capable, techniquement, de faire quelque chose que c’est humainement souhaitable. Cela doit passer par les filtres de la pertinence et de la conscience des conséquences.
Nous aspirons à un monde meilleur, le suivant sera nécessairement plus sobre, ce qui ne veut pas dire plus triste – cela rappelle la sobriété heureuse, expression de Pierre Rabhi. A nous de le construire en utilisant différemment nos capacités, de tenir compte des qualités humaines valorisées depuis toujours chez les peuples premiers – il reste environ 500 millionsd’individus – ils sont la mémoire de ce que furent nos ancêtres.
Chez les peuples premiers, on économise pour préserver et pour partager. Dans notre société occidentale, on économise pour dépenser et accumuler. N. Hulot & F. Lenoir, D’un Monde à l’Autre
Faut-il rétrogresser ? Personne n’envisage sérieusement de revenir à l’âge des cavernes ni de la bougie. Quand on y pense, ce fut prodigieux d’avoir pu imaginer les diverses utilisations du pétrole, symbole des innovations du XXe siècle, quelle effervescence ! Il faut cependant à l’évidence revenir sur l’exploitation brutale des ressources de la Terre, pourvoyeuse d’énergies non renouvelables qui polluent ; le chemin pris par l’Occident n’était pas le bon et c’est un problème vertigineux, d’autant plus que notre style de vie continue d’être malgré tout un modèle dans le monde. Une immense réinitialisation de nos façons de vivre et de penser est à faire, et vite. Nous humains, occidentaux, avons oublié que nos vies sont inséparables d’un équilibre fragile de la Terre, qui continuera de tourner avec ou sans nous. Et au-delà de l’équilibre, si tout entre en résonnance, nous atteindrons une belle harmonie. Harmonie, Hozho, c’est le mot-clé chez les Navajos, c’est le parfait équilibre à rechercher et entretenir entre l’individu et le monde.
Mettre tout en équilibre, c‘est bien ; mettre tout en harmonie, c‘est mieux. Victor Hugo, Quatre-vingt-treize, 1874
Je fais un rêve qui revient souvent. On est dans une maison, il y a une fête, on mange. Et puis, tout à coup, je sens la fumée. Je dis : « Il y a le feu ! » Je regarde autour de moi et je vois que personne ne réagit. Je m’alarme : « C’est grave, la maison flambe et personne ne réagit. » Comme disait Jacques Chirac, il ne faut pas cesser de dire aux gens que la maison brûle, même si pour le moment ils continuent de regarder ailleurs. Hubert Reeves, entretiens avec Sophie Lhuillier
Et si on s’habituait à remplacer le mot humain par terrien, pour ne pas oublier ce lien indéfectible ? La Terre est notre Mère et notre Maison ! Ktl
Irrésistiblement je pense à Starmania, l’opéra-rock de Michel Berger et Luc Plamondon, un sujet de science-fiction de 1979, avec la chanson SOS d’un terrien en détresse… Si vous souhaitez comprendre son histoire ou vous rafraîchir la mémoire au-delà des tubes, vous pouvez lire cet article des Cultivores.
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Les Unes anglophones titrent toutes sur l’image du « Code Rouge » après le rapport du GIEC-ONU du 9 août dernier
Chez des artistes textiles américaines, je vois émerger des œuvres exprimant le Code Red for Humanity, un Code Rouge pour l’Humanité, depuis le rapport alarmant aux Nations Unies sur les effets des activités humaines sur le climat le 9 août dernier. Car hélas on ne peut plus dire que les épisodes dramatiques successifs font partie des aléas de la météo, mais ils sont bien des manifestations d’un climat plus extrême.
Barbara se demande : ma fille a 16 ans, que va-t-il lui arriver dans 16 ans ? Et que la vie a déjà changé en 16 ans… L’inquiétude monte @yr_resting_stitchface
Un mouchoir partiellement brûlé sur fond rouge, la citation d’une infirmière qui protestait contre les incinérations produisant des dioxines dans l’Ohio en 1997 – Beth Eltinge @betheltinge
Ce Code Rouge sera-t-il plus efficace que les avertissements précédents ? Je l’espère, je le crois, car l’appel à une Révolution Verte est trop zen, trop cool et semble optionnelle, le vert symbolise le droit de passer, que tout va bien…
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Personne n’a oublié les feux d’Australie en janvier 2020, qui donna lieu à l’envoi de plus de 15 000 blocs d’arbres pour faire des quilts aux sinistrés ! Un évènement qui comptera dans l’Histoire des quilts. Les quelque 750 quilts sont en cours de réalisation et leur but est de les distribuer aux sinistrés pour Noël. Les quilteuses australiennes font parfois face à de la lassitude et aux difficultés multiples exacerbées par les conditions sanitaires, mais elles continuent vaillamment à assembler les blocs, les quilter… Un appel aux donations leur permet de faire face aux achats des molletons et diverses fournitures, l’excédent éventuel sera reversé à la Croix Rouge. Quel engagement de leur part ! En France nous avions envoyé un bon nombre d’arbres, et nous avions également participé en grand nombre aux quilts pour le Japon, aux blocs de maisons pour Paradise (Californie)…
Le confinement strict en Australie rend l’avancement encore plus difficile.
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En France, à l’automne dernier, c’est dans les vallées de la Roya et de la Vésubie (06) que le désarroi des habitants nous a émus. Malgré les difficultés dues au covid, plusieurs groupes ont fait un ou plusieurs quilts à offrir aux familles qui ont tout perdu. Annie la Tulipe a été moteur dans ce projet et vous pouvez aussi lire l’émotion de la Marmotte Rousse et ses amies ; ici dans la Ruche, nous avons fait un quilt avec une harmonie rouge, pour envoyer un peu de gaieté. J’en avait fait une petite série de photos à Cologne dans le Gers, fin mars, quand Kristine venait tout juste de terminer le matelassage (un beau matelassage en forme de dahlias) :
Au dos du quilt, j’avais mis les blocs un peu trop grands et divers coupons restants. Le top est d’après un modèle gratuit de Bonnie Hunter, Voyages scrappy autour du Monde, avec des chemins blancs qui sont les diagonales des blocs. Nous l’avons intitulé Chemins de l’Amitié. Je l’enverrai à Danielle début septembre, la délégation FP06 se chargera de faire parvenir ces dons à qui en a le plus besoin. Merci à elles.
Étiquette créée et brodée par Bee Kristine
La voici mise en place, bien intégrée dans le patchwork du dos.
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Tant de drames sont survenus dernièrement qu’on ne pourra pas fournir des quilts pour chaque catastrophe climatique, sans compter les drames naturels (séisme à Haïti), ceux causés par la folie des hommes (Afghanistan)… Mais chaque organisation sérieuse pour une cause aura notre écoute.
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En ce qui concerne les graves inondations tout près de chez nous à la mi-juillet (Belgique et Allemagne), Cécile Milhau s’est mise à assembler des blocs faits par les quilteuses de la Courtepointe (Réalmont, Tarn) lors du premier confinement : des blocs 9-patch de 15 x 15 cm en scraps. Faits pour garder le moral et un lien, faits pour servir un jour… Quand tous les blocs seront assemblés et les quilts terminés, ils partiront en Belgique, où leurs amies correspondantes de Verviers se chargeront de la distribution sur place.Bravo les Courtepointières !
Une étoile de l’amitié dans un champ de blé…
Certains blocs sont volontairement irréguliers, amusants…
… romantiques, et scrappy, toujours !
Voilà donc comment nous espérons à chaque fois adoucir la peine de ceux qui ont tout perdu dans des drames. Les tissus ont, dans leurs fibres, l’expression de notre solidarité, notre émoi, notre compassion, et par leurs mises en formes, j’y vois une transmission de joie à partager, un espoir pour recommencer une vie.
Le premier jour du confinement, une courtepointière fit ce bloc… Résilience, malgré tout !
A bientôt, chers Terriennes et Terriens, prenez soin de vous et de vos proches, Katell
Pour ce dernier post de la saison, voici de nouveaux livres acquis, lus, et que j’ai offerts parfois autour de moi lors de récents anniversaires. Pour moi, pas de bonnes vacances sans de bons livres ! Musarder à l’ombre en s’évadant, loin ou pas… Voici donc des romans, un récit, un essai et une BD.
Nous avons un seul trésor, les 26 lettres de l’alphabet. Sylvain Tesson à La Grande Librairie, le 30/06/21
Lectures bretonnes
Avec mes deux sœurs ex-parisiennes redevenues bretonnes, une nostalgie soudaine m’a envahie et je me suis divertie avec deux romans ayant lieu dans la mystérieuse forêt de Brocéliande.
Brocéliande qui, dans les temps immémoriaux, recouvrait une bonne partie de la Bretagne… Lynda Guillemaud
Les Bretons tiennent fort à leur culture et la littérature régionale se porte très bien ! Alors sont venus à moi deux livres, deux romancières. L’une est Bretonne, l’autre pas, toutes deux ont simplement été envoûtées par les forces de la nature… Vous pouvez donc lire, sans en attendre plus qu’une agréable balade chez les Bretons :
Et vous y trouverez peut-être bien plus que ce que vous pensiez ! Quand la forêt est un personnage de roman et les hommes, les femmes, pas toujours ce qu’ils prétendent être… ni les chats d’ailleurs.
S’il y a bien deux choses sur lesquelles l’homme n’a aucune prise, c’est le temps qu’il fait et le temps qui passe.
Pourquoi faut-il toujours réfléchir au drame hypothétique quand sur l’instant ne se pose que la question de la joie ?
Écoute ton instinct, il est là le génie humain.
Son Dieu à elle se cachait dans les arbres, dans les herbes, dans le soleil et dans la pluie.
Agnès Ledig
La féline du Sage
Dans les maisons de Brocéliande, des chats, toujours des chats… A propos de chats, avez-vous lu Le Chat du Dalaï-Lama et ses suites ? C’est un roman à la fois très amusant et initiatique, sur la voie de la connaissance du bouddhisme. J’ai été absolument conquise ! Paroles de la chatte du Dalaï-Lama, sa petite lionne des neiges :
Trop penser à soi est cause de beaucoup de souffrances, a dit le dalaï-lama. Inquiétude, dépression, ressentiment, crainte, tous ces symptômes sont aggravés par un trop grand souci de soi. Le mantra Moi, moi, moi n’est pas une panacée.
Il y a quelque chose de très satisfaisant quand on peut faire ce qu’on aime vraiment et être apprécié par les autres.
La meilleure façon de réaliser son propre bonheur est de faire le bonheur des autres.
Le Dalaï-Lama était absent ; malgré tout, sa présence était palpable, elle se manifestait partout, réverbérant son message : ma religion est la gentillesse.
Un rafraichissant délice de David Richie, des perles de sagesse enfilées avec légèreté par cette petite boule de poils aux yeux saphir…
A Paris
Autre romancière, parmi les plus connues, Tatiana de Rosnay : elle a dépoussiéré ce roman écrit en 1990 resté dans ses tiroirs, période proche et si lointaine, une vie sans portable ni internet… Je lis tous ses romans, j’ai beaucoup aimé celui-ci aussi, Célestine du Bac ! Souvent Tatiana s’approche de l’univers d’un autre écrivain, cette fois-ci c’est Émile Zola. Un bonheur, même si j’aurais aimé encore plus de liens littéraires dans le récit. L’amitié sincère entre un jeune homme qui se cherche et une femme de la rue illustrent à merveille la belle phrase de Saint-Exupéry :
On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.
Les deux personnes s’apprivoisent, deviennent uniques l’une pour l’autre… encore un clin d’œil à Saint-Ex ! Et l’humour à l’anglaise pimente cette très belle lecture, dans ce passé proche.
Frank Thilliez a lui aussi misé sur 1991, pour un polar sans smartphone… mais je ne l’ai pas encore lu. La nostalgie d’un temps récent est un refuge évident, après l’année chaotique que nous venons d’endurer.
Nous avons des problèmes, avons-nous des solutions ?
Après du rêve et de la nostalgie, les livres suivants sont axés sur nos problématiques actuelles, comme un fil rouge en traversant la campagne presque intacte du Massif Central, en réfléchissant sur les positions plutôt positives de spécialistes sur la démographie galopante ou le péril climatique, en se demandant si des animaux nous sauveront, et finalement en restant forcément inquiet devant l’immobilisme des décideurs…
Le Chemin des Estives m’a happée en librairie, simplement parce que j’aime les récits de voyageurs non conventionnels le long des chemins de traverse. C’est ici un mois de traversée du Massif Central, si beau, si sauvage, dans des conditions bien particulières : le narrateur n’a pas choisi son compagnon de route et n’a pas un sou en poche. Pourquoi ? C’est une épreuve du noviciat pour devenir Jésuite ! J’ai trouvé ce postulat de départ complètement anachronique, en 2019… En creux, traverser cette France peu changée, rencontrer des personnes qui se préservent du monde actuel, invite à la réflexion sur ce que nous souhaitons préserver dans la mutation de notre monde.
A part les convictions religieuses opposées – l’un catholique fervent, l’autre athée – Charles Wright ressemble fort à SylvainTesson ! Clin d’œil de la vie, chacun est fou de Rimbaud et Tesson vient de sortir Un Été avec Rimbaud… pas de hasard ! Une belle lecture, une ode à la vie poétique et un regard sur les justes valeurs de la vie. C’est parfois long un mois, à admirer les vaches paître sur son chemin et observer la pauvreté évangélique ! Mais le récit est émaillé de belles réflexions qui rendent la lecture inoubliable.
Comment bien vivre la fin de ce monde. Tel un faux Candide, Marc Welinski s’inquiète de l’avenir à moyen terme, après avoir lu notamment le remarqué Comment tout peut s’effondrer, de Pablo Servigne & Raphaël Stevens. Toutes les données additionnelles, les informations, abondent dans le sens du péril imminent à bousiller les océans, le climat, la biodiversité, la qualité de vie etc. en quelques dizaines d’années. Comme moi, il se souvient de René Dumont à la TV avec son pull rouge et son verre d’eau, lors des Présidentielles de 1974. Depuis, tout s’est empiré et il semble que nous ne faisons toujours rien, ou bien trop peu, en tout cas pas assez ou mal.
Faux Candide, pourquoi ? Parce que l’auteur fait sa liste d’inquiétudes et va voir quinze spécialistes pour établir un constat réel et une vision de l’avenir. Certains noms sont connus du grand public, d’autres pas. Les interventions ont un intérêt variable à mes yeux (Alain Minc ne m’apporte pas grand chose) et certaines réflexions, notamment de physiciens, sont ardues pour moi. J’ai pourtant apprécié le résultat de ces entretiens qui rend l’avenir potentiellement plus lumineux que le postulat de départ ; l’éclaircie de l’horizon est fondée sur le génie humain, son bon sens, le détachement croissant des dogmes religieux et intellectuels qui peuvent aider à devenir lucides et actifs…
Je suis d’accord avec le constat que beaucoup de solutions viennent de la base, du peuple qui montre qu’avec sa sagesse populaire et sa résilience, il porte plus de confiance dans l’avenir que les élites et, surtout, il AGIT. Les nouvelles organisations au niveau local (associations, AMAP…) prouvent que s’en sortir va avec la créativité au niveau local, la débrouillardise, l’amour de la vie et de ses proches. L’éducation des enfants est incontournable dans ce sens. Mais que font les pouvoirs publics pour donner les justes impulsions, indispensables pour s’en sortir vraiment ?
A vrai dire, je ressens bien cette vitalité qui vient de nous, mais je suis bien moins optimiste globalement que ce Candide et ses amis spécialistes…
Respirons avec Le Pouvoir des Animaux, le dernier Van Cauwelaert. Respirons… tant que l’air est encore disponible ! Parfois moqué parce qu’il ose croire dans les forces occultes, moi je suis toujours conquise par cet écrivain. Ce nouveau roman est une belle lecture estivale, n’hésitez pas ! C’est l’un de ses meilleurs, lisible par tous avec facilité. Tel La Fontaine, Van Cauwelaert fait parler des animaux pour mieux comprendre les hommes…
J’aime son écriture vive et simple avec, toujours, un fond sérieux, une approche scientifique, ici la destruction de l’harmonie du monde qu’on nomme évolution, et de possibles solutions, tirées de nouveau du génie humain, avec la bienveillance des animaux !!
Au moment où on ne sait toujours pas exactement comment est arrivé le covid19 dans nos vies, mais certainement du monde animal, notre survie sera-t-elle tributaire d’animaux, de la manière la plus curieuse qui soit ??
Terminons avec Les petits Pas ne Suffisent Pas, dessiné et écrit par Muriel Douru, en collaboration avec Nicolas Hulot. C’est une bande dessinée de 192 pages qui retrace la vie du médiatique ex-journaliste, ex-ministre. Parfois décrié, moqué, je lui crédite une sincérité touchante, une confiance qui confine à la naïveté, mais chaque épreuve lui apprend quelque chose. Sa dernière naïveté fut de croire qu’il pourrait changer les choses sous la présidence de E. Macron ! Cette BD est très complémentaire de l’entretien Hulot/Lenoir intitulé D’un monde à l’autre, le temps des consciences (voir cet article Un an après, le blues ?)
Gardons avec Hulot une once d’optimisme pour passer un bel été, malgré tout…
L’utopie, c’est simplement ce qui n’a pas encore été essayé.
L’émerveillement [de la nature, pendant les années Ushuaia] est le premier pas vers le respect et un premier indice de conscience.
Notre mode de vie actuel, basé sur une insatisfaction constante, ne peut s’éterniser sur une planète limitée, au risque de la rendre invivable avant la fin du siècle.
Nicolas Hulot
Moi la première, je crains de souffrir de mesures annoncées dans la métropole toulousaine : ma « vieille » voiture, bien qu’économe et en parfait état, ne pourra plus rouler en 2024… Je me considère pourtant comme consommatrice très raisonnable avec le potager de mon mari en permaculture, notre soin à diminuer les emballages et nombre d’autres mesures au quotidien. Le défi est de simplifier sa vie pour alléger sans trop de souffrances nos consommations polluantes. Mais c’est aussi une question d’échelle, il faut d’abord s’attaquer aux plus grands postes pollueurs et destructeurs mondiaux puis organiser des transitions intelligentes. Pas facile, mais faisable en favorisant le local, en revenant à des pratiques plus raisonnables…
Gaëlle sourit avant d’ajouter que dans « désespoir » on entend des espoirs… Agnès Ledig
Chemins de traverse en Aveyron
Avant de nous quitter, prenons un chemin très peu fréquenté de l’Aveyron, emprunté mardi en famille. Il ne faisait pas bien beau mais nous avions envie de respirer l’air du Rougier, au sud de ce grand département. Ce coin est connu pour sa terre rouge tirant sur le grenat, les maisons sont de ce grès typique ; la terre est pauvre et les brebis s’en contentent, procurant le lait dont on fait le Roquefort, un peu plus à l’est. Si vous saviez tout ce qu’on peut y découvrir d’insolite !! Mais non, je me tais, pour qu’il n’y ait pas une avalanche de touristes ! Cela restera juste entre nous… Nous y trouvons toujours de nouveaux villages à visiter, de nouveaux paysages, et cette fois-ci, à Sylvanès la bien-nommée, avec sa sylve de hauts arbres, nous avons vécu un sacré dépaysement : nous voilà soudain en Russie !
Une église orthodoxe russe fut fabriquée par des charpentiers en Russie, puis démontée, transportée en train, remontée ici en 1994. Un jeune Frère orthodoxe nous y accueille fraternellement.Paysage qui ne dépare pas avec l’idée qu’on peut se faire de la Russie
Pourquoi un tel site ? Dans le même village se trouve une belle abbaye cistercienne du XIIe siècle et au moment de la Perestroïka (début des années 1990), des liens soutenus se formèrent entre l’Église orthodoxe et l’abbaye au cours de rencontres spirituelles. Ainsi est né le projet d’une église russe en Aveyron, construite dans la pure tradition du VIIe siècle ! Sa construction fut l’occasion d’un rapprochement et d’une exceptionnelle fraternité entre les artisans et artistes russes et aveyronnais.
Voici l’intérieur, chaleureux grâce au bois, coloré grâce à de nombreuses reproductions d’icônes, avec une salle principale et de nombreuses « chapelles » (les nomme-t-on ainsi ?) :
Je ne vous aurais pas parlé de cette visite si je n’y avais découvert quelques textiles intéressants !
Un top rouge et or cousu en Russie est accroché devant une fenêtre, écrin insolite d’un Christ !
Dans un coin, une œuvre d’art textile a retenu mon attention, signée Renée Andréini, qui gagna le 2e Prix des Amis de la Crèche en 2011 à Nice (06). Si vous la connaissez, vous pouvez lui dire que son œuvre est en de bonnes mains en Aveyron !
Nativité, Renée Andréini-Lieutaud
Les lieux les plus insolites me ramènent bien souvent, comme un fil invisible, à une de mes passions, le patrimoine, la nature, la lecture, les arts textiles… que je continuerai de partager avec joie après une pause estivale !
Bel été, avec ou sans voyages, avec ou sans lectures et projets de patchwork ! Restons prudentes malgré tout, tout en cultivant la joie de vivre et la curiosité, Katell
Bonjour, je ne souhaite pas vous faire peur avec ce sujet bien différent de nos occupations artistiques habituelles. Mais nous sommes presque toutes des mères, des grands-mères peut-être, ou même des enseignantes et de toute façon, humainement, viscéralement, nous sommes attachées au bien-être des enfants. Découvrir qu’un enfant est harcelé est une souffrance terrible qu’on veut arrêter. Cependant, en voulant bien faire, on peut empirer les choses. Comment aider le jeune à s’en sortir ?
La réponse semble toute trouvée : s’en prendre, nous adulte, au harceleur, le punir de manière proportionnée. Solution de bon sens, qui pourtant ne règle rien et aggrave souvent les choses.
Comment peut-on désamorcer les harcèlements, avant que l’enfant désespéré ne s’en prenne aux autres ou à lui-même ? Les adultes doivent discerner la gravité, puis agir… mais pas comme on le pense.
J’ai découvert la méthode de Philippe Aïm par hasard, lors d’une émission TV. Son discours m’a convaincue qu’au moins 90% des adultes, spontanément, feraient exactement ce qu’il ne faut pas faire tout en croyant aider. L’idée majeure est de désamorcer l’emprise du harceleur avec les bons mots ! Son livre explique avec clarté les jeux de rôle qu’il propose aux enfants pour qu’ils sachent EUX-MÊMES répliquer au provocateur, les réponses magiques, les règles d’or, les 10 commandements pour être heureux à l’école avec les autres, l’option hypnose…
Malgré le sérieux du sujet, ce livre se lit facilement, l’auteur sait alléger l’atmosphère, cite des spécialistes, des philosophes, mais aussi des poètes, des chanteurs, des films culte ! J’aime son humour et, surtout, sa méthode donne de l’espoir.Elle fonctionne.
Le meilleur moyen de se défendre est de ne pas imiter l’offenseur.
Marc Aurèle
J’ai la grande chance de ne pas être concernée, mes enfants sont adultes et n’ont pas encore d’enfants. Mais la méthode développée par ce docteur peut sauver des situations, pour ne pas dire des vies. C’est pourquoi je me permets aujourd’hui d’aborder ce sujet : si dans votre entourage, vous décelez un problème de harcèlement, je vous conseille de tout cœur la lecture de ce livre. Je me mêle sans doute de ce qui ne me regarde pas, mais si je peux aider indirectement ne serait-ce qu’un seul enfant, cet article aura eu un intérêt.
Sticks and stones can break my bones, But words will never break me. Des bâtons et des pierres pourraient briser mes os, Mais les mots ne me blesseront jamais.
Comptine connue de tous les enfants américains, expliquée dans le livre.
La France est quasiment épargnée par les tueries de masse en milieu scolaire, pourvu que ça dure ; sans doute n’est-il pas aussi facile qu’aux USA de se procurer des armes à feu. Mais les 3/4 de ces massacres sont perpétrés par des jeunes affaiblis par des harcèlements.
J’aime aussi le livre très pédagogique de Jacquie Gering sur le quilting avec le double entraînement (voir l’article Marche ! ). Mais surtout, en rapport avec le sujet du jour, j’admire son quilt qui l’a rendue si célèbre :
Bang you’re dead (Pan t’es mort), 2013, Jacquie Gering.
Ce quilt choque, il est fait pour cela. Le mari de la quilteuse travaillant dans l’éducation publique, était confronté quotidiennement aux chiffres de violences concernant les jeunes. Ce quilt est destiné à susciter la conversation sur le thème des armes, des troubles mentaux, de la violence. Jacquie aurait aimé qu’enfin son gouvernement cesse de s’appuyer sur le droit du cow-boy à détenir une arme… Cela ne mettrait pas fin à la violence, mais diminuerait déjà le nombre de tués et ferait prendre conscience à certains que la violence n’est pas une solution.
L’histoire nous montre que la violence résout rarement les problèmes, elle crée en revanche d’insondables souffrances. On voit aussi que même lorsqu’elle paraît sage et logique pour mettre fin à des conflits, on ne peut jamais savoir si au lieu d’éteindre un feu, on n’est pas en train d’allumer un brasier. Dalaï-Lama
Je crois aussi que l’apaisement dans un domaine peut, tel un jeu de dominos ou le célèbre battement d’ailes d’un papillon, avoir dans la société des conséquences positives inattendues par ailleurs.