Rien n’est Noir

                     Photo Tomas Criger

Il est un livre où l’on avance au gré des passions aux couleurs primaires, bleu, rouge, jaune, avec des chapitres aux nuances poétiques, où tout est vibrant, fleuri, éclatant, flamboyant, ténébreux, brillant, multicolore, lumineux, ombrageux, chatoyant, incandescent…
Seuls les cheveux et les yeux de l’héroïne sont noirs, un Noir à la Soulages, un Noir de lumière et d’émotion.

                                     

Après avoir écrit deux articles sur Frida Kahlo au printemps, j’ai continué de me sentir impressionnée par cette femme, elle restait obstinément quelque part dans mon cœur et ma mémoire. J’ai donc lu, cet été, deux parmi les nombreux livres qui lui sont consacrés. J’ai grandement apprécié la biographie de Frida Kahlo écrite par la franco-mexicano-cubaine Rauda Jamis, puis j’ai plongé dans le roman de la parisienne-bretonne Claire Berest. Chaque portrait rend avec vérité, je le sens, ce feu follet que fut Frida. Chaque écrivaine est inspirée, sinon habitée par l’Inspiratrice, ayant tout lu, tout vu, tout visité, tout ressenti d’Elle.

Lien vers mon article Frida Kahlo, icône féminine
J’évoque dans le deuxième article des femmes inspirées et des quilts sur Frida Kahlo l’Unique, devenue un symbole qui touche intimement de nombreuses femmes. Lien vers l’article Frida, Laura & Betty.

Si vous avez été touchée par Frida à travers ces articles, vous adorerez les livres* et en particulier Rien n’est noir :

Ce livre vient tout juste de sortir en Poche et a remporté le Grand Prix des lectrices du magazine ELLE 2020 en juin dernier. @claireberest

L’écrivaine s’est tellement imprégnée de son héroïne que parfois, on ne sait plus de qui sont les mots, de l’auteure ou si les phrases sont extraites du Journal ou encore de la volumineuse correspondance de Frida. Ce livre est rempli des passions et des émotions de Frida, ses émois comme ses douleurs, ses amours comme ses colères. Claire et Frida ne font plus qu’Une. La fusion est tellement forte qu’elle s’est mise à ressembler à son sujet ! Un jeu esthétique bluffant.

Claire Berest, 2016
@claireberest (compte instagram de Claire Berest, 2020)
@claireberest

Après avoir lu ce livre, on a envie de porter de longues jupes éclatantes, de se charger de volumineux bijoux ethniques et piquer des fleurs dans ses cheveux !

Le titre Rien n’est Noir résonnait en moi quand j’écrivais Octobre Noir. Même quand on est saturé de tristesse, d’angoisse, de révolte, on peut s’accrocher à des exemples qui aident à s’élever, comme la Déesse du 20e siècle qu’est devenue Frida Kahlo, ou toute personne que vous admirez. 

Ne perds jamais espoir. Lorsque le soleil se couche, les étoiles apparaissent.

 Derrière chaque difficulté, il y a une opportunité.
Albert Einstein

* Naturellement, il est judicieux d’attendre la réouverture des librairies pour acheter ces livres…

Autre personne qui me touche, plus près de nous. Rose l’Angevine a écrit plusieurs commentaires pertinents à l’issue de quelques-uns de mes articles. Elle vit en EHPAD où 9 personnes sont contaminées, d’où un confinement strict, une solitude accrue, mais elle continue de faire du patchwork l’après-midi ! Elle a offert son quilt du confinement « Ensemble malgré tout » à un de ses fils médecin pour son anniversaire, elle suit le quilt mystère France Patchwork actuel et elle vient tout juste de coudre une crapaudine… La crapaudine est un sac à ouvrages qui a une grande ouverture, bien pratique pour transporter un ouvrage. C’est un très vieux modèle que j’ai vu en tapisserie (petit point) chez ma grand-mère, en brocante (cela devait être populaire !), puis dans des livres, sur internet… Je l’ai refait à mon goût du jour et mis en modèle dans BeeBook. La semaine dernière donc, Rose l’Angevine a transformé une robe de plage en crapaudine ! Un exemple de recyclage intelligent, fort bien fait… 

Une jolie robe d’été…
…transformée en ravissant sac à ouvrage !

A 82 ans, Rose continue d’être curieuse, active et connectée. Elle a remué ciel et terre pour que les personnes en EHPAD ne soient plus isolées pendant le confinement. Ce sont des actions comme les siennes qui ont fait assouplir les règles, pour qu’il n’y ait plus le ravage du glissement fatal dû à l’isolement mortellement ennuyeux… Un immense bravo ! Même si la vie n’est pas toujours rose, cette dame positive et pugnace a choisi ce pseudo Rose l’Angevine… Il n’y a pas de hasard !

 Ce que l’optimiste voit en rose, le pessimiste le voit en noir.
Victor Hugo

Annie du blog Des Tulipes et des Coeurs a aussi un grand ❤ et aime les couleurs ! Pour son groupe, elle a préparé les instructions en français d’un quilt moderne et bien gai, destiné aux sinistrés de la tempête Alex dans les Alpes-Maritimes. Le modèle est paru dans le magazine Curated Quilts :

Modèle de Heather Kojan

Annie a reçu l’autorisation de diffuser ces instructions dans un but non commercial. Si vous souhaitez les recevoir pour faire un quilt seul(e) ou en groupe, écrivez-lui (colonne de droite de son blog), elle vous les enverra très vite gracieusement par email.

Merci pour ce partage Annie !

Le chaos est rempli d’espoir parce qu’il annonce une renaissance.
Coline Serreau

Et mon petit doigt me souffle que dès ce matin, sur le forum France Patchwork, il va y avoir des nouveautés…

C’est gris bien sombre pour l’activité de nos villages et nos centres-villes. Un mal pour un bien, le premier confinement a largement favorisé la fourniture des denrées alimentaires locales, et je crois qu’heureusement cela continue. Mais nous avons aussi besoin de nourrir notre esprit…

Depuis hier soir, nous savons que les librairies ne rouvriront pas dans l’immédiat. Le terme « bien non-essentiel » fait mal.

L’espoir, ce n’est pas l’optimisme.
Ce n’est pas non plus la conviction qu’une chose va bien se passer,
mais au contraire la certitude que cette chose a un sens,
quelle que soit la façon dont elle va se passer.
Vaclav Havel

Rien n’est noir, les merceries et donc beaucoup de magasins de tissus sont, cette fois-ci, considérés comme essentiels… Gardons le moral et restons tous prudents afin de retrouver au plus vite une vie pleine de couleurs.

Octobre Noir

L’année 2020 est pourrie, on l’a bien compris. Et pourtant, en septembre, qui aurait parié sur un Octobre aussi Noir ?

Je m’excuse auprès de toutes les autres années
que je disais pourries,
je n’avais pas encore vécu 2020.

Le mois noir commença avec la tempête Alex : deux belles vallées des Alpes-Maritimes ravagées, faisant de nombreuses victimes, certaines ont perdu la vie, d’autres ont perdu tout le reste. C’est pour ces personnes en détresse que nous pourrons offrir un quilt. Ce n’est pas essentiel, mais c’est un petit cadeau de solidarité qui réchauffera les cœurs et les corps au moment de la distribution, en 2021 sans doute. Je relaierai l’adresse d’envoi postal dès que je la connaîtrai. 

@solidarite06 est une association caritative sise à Nice, qui travaille avec le Secours Populaire pour faire cheminer les dons pour les sinistrés. C’est peut-être par eux que se fera l’offre des quilts. Attendons cependant les recommandations de France Patchwork pour une action coordonnée.

Solidarité des quilteuses du monde : les incendies gigantesques en Australie qui nous émurent en janvier 2020, ont engendré 15 000 blocs d’arbres, soit 750 quilts à faire. L’Australie ne passe pas à côté du Coronavirus et malgré tout, leurs quilteuses vivent une année unique, entre excitation et lassitude, esprit de solidarité et découragement, tant le travail est immense. Mais elles avancent avec détermination… Voici un tout petit florilège des quilts terminés :

Les actions solidaires des Quilteuses sont autant de sourires, à condition que l’organisation soit solide. Les quilteuses australiennes font face à ce gigantesque travail de choix des blocs à mettre 20 par 20, d’assemblage, mise en sandwich, quilting, bande de finition… Nous savons ce que cela représente… à faire 750 fois !! Alors encore un immense bravo aux Australiennes !

Octobre Noir… Que dire de la décapitation d’un prof ? Pour des dessins ?? Ce vendredi 16 octobre, jour des vacances, aurait dû être un jour joyeux. Un ami de ma fille, prof dans ce collège, avait partagé avec son copain et collègue Samuel son dernier déjeuner, ils avaient fait une partie de ping-pong ensemble avant 14h. Quel traumatisme pour tous les proches, tous les profs, toute la population.

Et comme si cela ne suffisait pas, les contagions du coronavirus se multiplient et nous voici de nouveau confinés ce soir-même. 

On peut se croire en enfer, mais la commune Les Rousses dans le Jura, se demande si on n’est pas déjà au Paradis. Cette photo date de mars 2020 et continue de faire le tour des réseaux sociaux

Ce mois d’octobre déjà bien noir se termine avec le début d’un nouveau confinement. Un choc, une chape de tristesse, même si on nous y préparait depuis 2 jours.

Beaucoup de personnes, pour diverses raisons, éprouvent de grandes difficultés directement à cause de la pandémie – santé défaillante, séparation, manque de revenus, perte d’emploi… De la tristesse, de la révolte qui couve… Quand on voit les tensions dans certains pays récemment reconfinés, on sait que tout peut arriver. Certains se révoltent néanmoins avec humour : un père de famille de Newport (Pays de Galles) s’est présenté en supermarché en caleçon et masque, car lors de ce confinement, les magasins n’ont plus le droit de vendre ce qui est non essentiel, comme les vêtements…

Les vêtements sont devenus non-essentiels, d’après le gouvernement du Pays de Galles. Alors… Photo Wales News Service

Nous allons donc entrer en résistance. Observer le confinement puisque c’est la solution pour contrer le virus galopant, mais nous allons aussi nous distraire et nous motiver mutuellement. Pour ma part, avec la Ruche des Quilteuses, je continuerai de mêler arts textiles et lectures, pour une évasion immobile, avec un ou deux articles par semaine.

Ne broyons pas du noir quand nous avons tant d’autres couleurs !

Ensemble malgré tout, c’était l’élan créatif impulsé par France Patchwork au début du premier confinement. 

Samedi : Halloween, Samain et Pleine Lune

Commençons par une bonne nouvelle : après-demain, samedi, il fera beau temps et, la nuit venue, nous pourrons admirer la Pleine Lune, un spectacle qui me ravit toujours. On a encore le droit de regarder le ciel et rêver.

Samedi, ce sera le dernier jour d’un mois noir et le dernier jour de l’année dans le calendrier celtique. On connaît cette journée sous les couleurs d’Halloween en orange & noir, une formidable inspiration pour les quilteuses :

Halloween miniquilt, Pinkadot Quilts
Squelette en lisières, Riel Nason
Les citrouilles de Bonnie Hunter, modèle dans son livre String Frenzy.
Etoile à 5 branches de Victoria Findlay Wolfe, aux couleurs de Halloween, même si ce n’est pas le sujet du quilt !

Halloween (contraction de mots anglais) est une fête grand public, devenue très commerciale. Nous n’en avons que l’écume, les bonbons et les décorations. Et pourtant, cette célébration vient d’Europe, on la dit millénaire et on l’appelle aussi Samain (mot gaélique/celtique) : elle n’est pas une création américaine, ce sont les Irlandais qui ont émigré avec leurs traditions ancestrales et, dans leur nouveau pays, les croyances et habitudes se sont modifiées. C’est un peu la même histoire que les quilts qui ont traversé l’Océan avec les migrants : la plupart des blocs de patchwork ont été créés dans le Nouveau Monde, mais le patchwork, l’appliqué et le quilting existaient déjà.

Samaïn est une fête de fermeture de l’année écoulée, et d’ouverture de l’année à venir, c’est une charnière en dehors du temps. Comme toutes les sociétés archaïques, la société celtique était une structure très organisée où chacun connaissait sa place. Mais les Celtes savaient que seule une rupture abolissant ordre et structure et permettant au chaos de régner pouvait rendre cet ordre psychologiquement confortable. C’était le rôle de Samaïn. Les trois jours de ce festival échappaient au temps et chacun y faisait ce qui lui plaisait : les hommes s’habillaient en femme et vice versa, les barrières des fermiers étaient démontées et jetées dans les fossés, les chevaux changés de prés, et les enfants visitaient les voisins en exigeant des cadeaux et des gâteries, une tradition qui survit de façon atténuée dans la fête de Halloween (contraction de « All hallows eve » : la veille de la Toussaint, le 31/10).
Les Celtes comptaient le temps en partant de la nuit et en allant vers le jour, exprimant ainsi leur espoir dans l’évolution d’une conscience endormie vers une conscience éveillée. C’est pourquoi l’année celte commence avec une fête au cœur de l’obscurité : c’est la fête de Samaïn, dont le nom signifie littéralement « la chute du soleil ».
Samaïn ouvre donc le premier quartier, avec une fête qui dure trois jours : les 31 octobre, 1er et 2 novembre.
Samaïn est le Nouvel An celte.
Isabelle Padovani – Facebook
Il est bien difficile de rétablir ce qui se passait naguère en pays celtes, par manque d’écrits ou de traces archéologiques évidentes. Qui est sûr de l’interprétation des menhirs de Carnac ou de Stonehenge ? Ce que nous pouvons en lire est fondé sur des suppositions, des déductions, des convictions, plus que sur des certitudes.
 
La Wicca, ou l’éloge du paganisme et des sorcières
Ce qui est évident, c’est que nous avons raboté la plupart des rites anciens et que l’appel pour plus de sens dans nos vies, plus de merveilleux, titille beaucoup d’Occidentaux en quête de racines, d’authenticité… et de rêves.
Ainsi est née la Wicca, une nouvelle croyance occidentale.
Qu’est-ce que la Wicca ? C’est une croyance basée sur des racines païennes, qui tourne autour de la célébration des cycles naturels et des saisons.
Encore peu connue en France sous ce terme, la Wicca (qui vient de Witch Craft, l’Art de la Magie) rassemble à présent plusieurs millions d’adeptes dans le monde. Elle fut créée par un Britannique dans les années 1950. Pour ses détracteurs, la Wicca est un joyeux fatras de fadaises, anciennes superstitions et ramassis de bêtises ésotériques. 
Ce dessin celtique est le symbole de la série télévisée américaine Charmed, dans la droite lignée de la Wicca.
Et pour ses adeptes ?
On appelle aussi la wicca : le néo-paganisme moderne.
C’est la confluence de multiples pratiques pour célébrer la Force de Vie, c’est un chemin vers le savoir, la sagesse, l’acceptation des forces qui ne se voient pas. Les Wiccans – les adeptes de la Wicca – réapprennent les savoirs oubliés des ancêtres et découvrent un art de vivre lié aux énergies de la Terre et du Ciel. A leur guise, les Wiccans utilisent divers rituels et peuvent s’appuyer sur la cartomancie, l’astrologie, les cycles lunaires, les cristaux… pour capter et interpréter les énergies, pour mieux vivre et pourquoi pas, pour guérir. L’apprentissage et la pratique sont « à la carte », en solo ou en groupe.
L’étoile à 5 branches (ou pentacle) est devenu un signe wiccan
Samain et Pleine Lune, 13 Pleines Lunes dans l’année…
 
La nuit du 31/10/2020 sera chargée pour les Wiccans et les Sorcières avec une double actualité : la célébration de Samain tombe cette année à la Pleine Lune, phénomène rare puisque cette correspondance Samain/Pleine Lune n’était pas arrivée depuis 1944.
 
Une année comme 2020 avec 13 Pleines Lunes (ce qui arrive tous les 2 ou 3 ans), c’est un signe d’année troublée selon les anciens. Pour 2020, on peut aisément faire la liste des malheurs du monde et confirmer cette assertion. Les années à 12 pleines Lunes sont-elles pour autant calmes ?… C’est là qu’on se rend compte que les croyances peuvent nous convaincre de tout, notre souvenir peut associer aux années de 13 Pleines Lunes les drames de l’année… mais les autres années n’en sont pas exemptes.
C’est la responsabilité de chacun de vivre sa vie et croire en pleine conscience, avec discernement. 
 
Même en période noire, il y a la lumière quelque part… Orange & noir…
Naguère, les feux de joie ponctuaient toutes les fêtes. Photo Toa Heftiba
Feu de camp, quilt de Bernadette Mayr.

Si vous avez oublié l’actualité pendant 5 minutes, c’est déjà ça 😁
 
A bientôt pour vous montrer encore plein de belles choses et partager de bons moments ensemble,
Katell

Quilt bavard/1

Est-ce notre dernier changement d’heure d’hiver ce matin ? Le sujet est devenu secondaire, bien derrière les horaires de couvre-feu…

Les Abeilles se focalisent sur leur amitié et leurs tissus de toutes les couleurs pour oublier les incertitudes de cette année noire. Cela contribue tellement à conserver le moral 🌞. Même masquées, nous sommes heureuses de nous retrouver chaque vendredi, tant que le confinement n’est pas de nouveau d’actualité.

😷

Avant-hier, nous avons finalisé le projet de quilt que nous allons faire pour les victimes de la tempête Alex dans le département des Alpes-Maritimes. Nous vous le montrerons quand il sera fini, en décembre j’espère. Je crains que peu de quilts ne soient faits pour cette cause, les catastrophes se succèdent à une telle cadence cette année, parasitant nos habitudes…

😷

Après le confinement printanier, nous avions fait chez moi un atelier de piéçage (couture) de lettres, bien éloignées de la calligraphie. Ce sont des lettres improvisées, irrégulières et rebelles ! A l’issue de ce bel après-midi, j’avais écrit un article présentant ce thème et nous avons décidé de mettre en pratique cet apprentissage, chacune devant faire un quilt avec un mot ou une petite expression. Pour nous mettre un peu de pression, nous essayons de les finir pour fin décembre.

Notre guide pour cet exercice est l’excellent livre de Tonya Ricucci, dont je vous ai déjà souvent parlé et qui date de 2011 – comme le temps passe…

Maïté a fini le sien la première, nous ferons bientôt une jolie photo de son quilt pour vous le présenter. Il est très original, vous verrez ! Et vendredi dernier, c’est Kristine qui nous a montré son quilt terminé… Un mot, un seul, mais oh combien éloquent pour nous :

Il faut habiller le mot, aussi beau soit-il ! Kristine s’est inspirée des quilts d’Inde où les femmes font tenir des pièces de tissu avec un point avant. De la reprise utilitaire et nécessaire, elles font des œuvres d’art, en Inde mais aussi un peu partout ailleurs (au Japon, cela s’appelle le Boro). Cette année, mon amie Sujata Shah donne des cours sur cette méthode par internet. Les quilteuses américaines en raffolent !

Un travail… d’Abeille ! Kristine a directement quilté les pièces de tissus posées à cru (sans marge de couture retournée), ce qui les fixe et évite tout effilochage. Des fils de soie qui dormaient dans un tiroir offrent une belle brillance.
Agatha en 1925 (35 ans). Saviez-vous qu’elle parlait français avec le délicieux accent du Sud-Ouest ? Enfant, elle vécut 6 mois à Pau !

Nous étions ce vendredi chez Vive, avec qui nous partageons notamment le goût des polars. La Reine en est incontestablement, pour nous, Agatha Christie ! Celle-ci avait (un peu) terni mes 15 ans, disparaissant le jour de mon anniversaire, quand je venais justement de la découvrir. Mais son œuvre demeure, avec ses détectives récurrents inoubliables. Ils nous touchent, avec leurs talents mais aussi leurs faiblesses qui les rendent si touchants. Hercule Poirot, orgueilleux, obséquieux parfois, très fier de ses moustaches et de ses petites cellules grises, suscite néanmoins notre admiration et de nombreux sourires. La petite Miss Marple, qui ne bouge pas de son village, toujours curieuse, intuitive, un brin ringarde, connaît pourtant tout des failles de l’âme humaine. Quant au couple Beresford, il reste plus discret dans les mémoires, sauf si on a vu Catherine Frot et André Dussolier les camper au cinéma ! J’avais évoqué ma passion pour Agatha Christie un jour de confidences.

Vive a chez elle un présentoir ancien de cartes postales, sur lequel elle a disposé des livres des éditions du Masque, avec leur célèbre couverture jaune. Alors sans aller jusqu’à une sororité avec Agatha, nous l’associons au quilt de Kristine pour la photo :

Sororité, quilt bavard de Kristine, 2020

Encore une fois, quilts et livres font bon ménage et aident à garder le cap ! Cette présentation est donc le début d’une série de quilts bavards… A suivre !

Katell

 

Cercles de Femmes

Mis à part quelques rares hommes, tellement talentueux d’ailleurs, ce sont les femmes qui s’expriment dans l’art textile, et comme bien d’autres femmes, après avoir vécu dans un milieu mixte ou à majorité masculine, j’ai découvert le bonheur d’avoir un entourage majoritairement féminin. Évidemment, quelques exceptions perturbent l’ambiance ça et là, mais c’est un problème qui ne tient pas au genre, juste à la nature humaine.

L’entourage des quilteuses m’a tellement apporté ! Les Abeilles, mes amies, bien sûr, et tant d’autres rencontrées dans ma région, en stages, en Journées de l’Amitié… 

J’avais déjà l’amour inconditionnel de mes trois sœurs, un peu plus jeunes que moi mais si proches. Ce capital confiance est inestimable, pour la vie. Mais dans notre société, malgré le féminisme qui prend racine dans le Siècle des Lumières et se concrétise avec les mêmes droits à l’éducation, au travail, au vote (etc.) que les hommes, il a fallu encore et toujours combattre le patriarcat, le sexisme… Les suffragettes, puis d’autres mouvements plus récents comme le MLF, ont fait avancer les mentalités dans notre société – des hommes comme des femmes. Et des hommes ont aussi contribué à ces avancées. Pas tous… malgré leur renommée.

L’homme crée, la femme procrée. JJ Rousseau

Le génie ne peut être que masculin. Proud’hon

Naïvement, je croyais le droit de cuissage, la promotion canapé et autres pratiques de domination masculine quasi obsolètes, mais #metoo ou #balancetonporc ont dénoncé leur douloureuse actualité, tellement fréquente encore. Nous verrons dans les prochaines années si ce mouvement de masse fait que durablement ces scandaleuses pratiques diminuent. Toujours est-il que ces dénonciations sont un élan de solidarité féminine, bien plus vive depuis quelques années, avec l’esprit de sororité (vient du latin soror, sœur ou cousine), ce sentiment de respect, de confiance, de connivence entre femmes, qui est encore autre chose que la pure amitié. Ce n’est pas un mot nouveau :

… Et tu seras protecteur de leur sororité. François Rabelais, le Tiers Livre, 1546

Photo Cercle de Femmes – Montréal (Canada)

Des réunions de femmes existent bien sûr depuis « toujours » : cercles d’amies, cercles littéraires, cercles de quilteuses, mais désormais éclosent des cercles de paroles de femmes pour être femme et vivre femme. Sans rejeter les hommes mais sans en avoir besoin, comme une complétude. Beaucoup se tiennent à la nouvelle ou la pleine Lune, pour célébrer la proximité de la femme avec cet astre. En général, ce n’est pas un endroit de thérapie, mais simplement un lieu où l’on se sent en sécurité pour partager son vécu et apprendre de l’autre. Ces cercles de femmes reprennent des coutumes ancestrales, dans nombre de civilisations traditionnelles, et ce sont les Amérindiennes qui sont mises généralement en avant comme modèle.

 Pendant ces quelques jours considérés comme sacrés, les hommes œuvraient pour que les femmes ne manquent de rien et soient pleinement disponibles pour communier, écouter leurs intuitions, se transmettre du savoir et recevoir les visions qui pouvaient être utiles à l’ensemble de la tribu. Bhakti

J’ai découvert récemment Leah Dorion, artiste Metis (peuple canadien issu d’anciens métissages amérindiens/européens, principalement français) qui illustre avec simplicité et beauté ces cercles de femmes. Elle peint son héritage du Saskatchewan (Canada), célèbre les femmes de son peuple, leur spiritualité dédiée aux forces de la nature ou des scènes de la vie ; que ces petits bijoux vous emplissent de joie, et peut-être vous inspirent une œuvre textile !

Femmes qui dansent, Leah Dorion (2007)

Les petits cercles partagés en quatre, en rouge-jaune-blanc-noir, sont présents dans presque toutes les peintures de Leah Dorion où se trouvent des femmes. C’est la roue de la médecine amérindienne.
Donneuses de Vie, Leah Dorion.

Cueillette d’amélanches, Leah Dorion
Douzième Lune, Leah Dorion
Treizième Lune, Leah Dorion
Souffle de Vie, Leah Dorion
Menant les chevaux, Leah Dorion
Hymne au Tremble (l’arbre), Leah Dorion, 2015

Leah et son chien Lightening (Éclair)

Voici le site de cette artiste : https://www.leahdorion.ca/

Après ce monde de couleurs et de belles sensations, la chute n’en est que plus dure, je suis au regret de vous annoncer que le covid a eu raison du rêve de Pierrette : ni le FIFO, ni donc l’exposition de Béatrice Bueche n’auront lieu cette année (voir l’article de Marmotte Rousse).

Finissons en couleurs et musique en écoutant un entretien avec Leah, lors d’une de ses expositions :

 

La tente des femmes, Leah Dorion 2009

La Route 66 – Mythique Mississippi

Mississippi, c’est la transcription du mot qu’utilisent les Ojibwés (Amérindiens des plaines, autour des Grands Lacs, aux USA et au Canada) pour parler du fleuve, « le père des eaux » qui serpentait dans les immenses prairies peuplées de quelques centaines de milliers d’Indiens nomades, d’animaux et plantes sauvages, pendant des millénaires…

Un Dreamcatcher, attrape-rêves ou capteur de rêves, est un objet du monde des Ojibwés. Dans les années 1960, les Ojibwés ont commencé à en fabriquer pour les touristes blancs et c’est devenu un très joli objet de décoration désacralisé. Certains autres Amérindiens leur en veulent toujours…  Un capteur de rêves se pose au-dessus du lit et capture, comme une araignée attrape des mouches, les cauchemars dans ses fils, pour ne laisser filtrer que les vrais rêves. Pour les Indiens, les rêves sont l’expression des besoins de l’âme, le moyen de communiquer avec le Grand Esprit auquel nous sommes tous liés.
Source photo: Img arcade

Embarquons sur ce fleuve, grande voie de communication qui coule du Nord au Sud, avec des dessins de Morris et un scénario de Goscinny dans un album qui évoque la course entre deux capitaines ennemis, à partir de la Nouvelle-Orléans jusqu’à Minneapolis.

La Nouvelle-Orléans a encore conservé le souvenir de la France.
En remontant le Mississipi, Lucky Luke nous fait découvrir les caprices et dangers de ce fleuve et plusieurs faits historiques. L’album est aussi vieux que moi, de janvier 1961, mais lui n’a pas pris une ride !

Les rides devraient simplement être l’empreinte des sourires.
Mark Twain

Ce qui a tout de même vieilli, c’est l’image du Noir flemmard mais sympa. De nos jours, politiquement incorrect.

Dans cet album de Lucky Luke, on retrouve la plupart des thématiques autour du fleuve : sa majesté, ses dangers, son utilité commerciale… Deux thèmes historiques y sont traités : la course folle de deux steamers (bateaux à aubes) en 1870 et un des premiers boulots d’un futur écrivain célèbre…

La course mythique en remontant le Mississippi

La bande dessinée nous raconte de manière assez fidèle la course engagée entre deux capitaines de steamers (bateaux propulsés à la vapeur grâce à une roue à aubes) en juillet 1870. Tous les coups étaient permis et l’envie de gagner était attisée par les paris gigantesques dans tout le pays !  Cette course particulière est restée fameuse, en raison de son enjeu : démontrer que les bateaux avaient encore un avenir en ralliant New-Orleans à Saint-Louis en moins de 4 jours, malgré la concurrence féroce du chemin de fer…

Avec Lucky Luke, les noms des capitaines et des bateaux sont changés, la ville d’arrivée aussi, mais l’ambiance est presque la même !

Ces courses n’étaient pas rares, elles se terminaient parfois par l’explosion de la chaudière et presque autant de morts que de passagers, la plupart ne sachant pas nager. Les milliers de bateaux sur le Mississippi transportaient des personnes, mais surtout des marchandises comme le charbon, le coton, le maïs, le blé etc. La contenance s’estimait en balles de coton (les ballots jaunes sur les images).

Pour la vraie course, les paris ont dépassé tout ce qu’on peut imaginer !


L’écrivain marqué à vie par le Mississippi

Samuel L. Clemens, 15 ans (en décembre 1850) déjà typographe à New-York…

Samuel Langhorn Clemens, alias Mark Twain, né dans le Missouri en 1835, fut un grand voyageur. Sa plume le distingue comme un des plus grands écrivains, son tempérament en fait un esprit ouvert, généreux, iconoclaste, facétieux… Que j’aimerais qu’existent + de Mark Twain dans le monde !

Dans 20 ans, vous serez plus déçu par les choses que vous n’avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors sortez des sentiers battus. Mettez les voiles. Explorez. Rêvez. Découvrez.

Voyager est fatal aux préjugés, à l’intolérance et à l’étroitesse d’esprit.

En France, on le prend pour un écrivain pour la jeunesse parmi d’autres (Les aventures de Tom Sawyer et Huckleberry Finn). Mark Twain est en réalité au pinacle des écrivains, un de ceux qui a exalté l’état d’esprit américain, dans son meilleur sens : le droit de chacun d’améliorer sa vie, l’optimisme qui fait avancer, le respect de toutes les religions, la liberté et la capacité d’entreprendre tout ce qu’on aime… J’aimerais prendre le temps un jour de le lire bien plus que les quelques romans lus lors mon adolescence. 

De retour à sa maison d’enfance en 1902, à Hannibal, village au bord du Mississippi, dans le Missouri. Elle est devenue un très beau musée en l’honneur de l’écrivain.

Twain était entièrement à l’aise par empathie avec tous et partout, mais avec une distance constante lui permettant un jugement sûr, très humain mais distancié. Son ironie, ses aphorismes m’enchantent. Alors à défaut de lire son œuvre dès demain, voici quelques citations :

Éloignez-vous des personnes qui tentent de modérer vos ambitions.
Les petites personnes font toujours cela.
Mais celui qui est génial vous fait sentir que vous aussi, vous pouvez être génial.

Je n’aime pas avoir l’idée de devoir choisir entre le paradis et l’enfer :
j’ai des amis dans des deux.

Il y a plusieurs choses humoristiques en ce monde ;
parmi elles, le fait que l’homme blanc se croit moins sauvage que les autres sauvages.

Il vaut mieux être un optimiste qui a parfois tort
qu’un pessimiste qui a toujours raison.

 

Enfant, Samuel Clemens avait cette vue du Mississippi de chez lui. Représentation artistique de John Stobart (1979).

Avant tous les autres, il défendait ardemment la cause animale :

Il n’y a que la vanité et la désinvolture de l’homme
pour croire qu’un animal est muet,
c’est parce que nos perceptions limitées
ne nous permettent pas de l’entendre.


Si l’on croisait les humains avec les chats,
cela améliorerait les humains,
mais ce serait une catastrophe pour les chats.


Si les animaux pouvaient parler,
le chien serait un compagnon plein d’une franchise maladroite
mais le chat aurait la rare élégance de ne jamais dire un mot de trop.


Plus j’en apprends sur les gens, plus j’aime mon chien.

Certaines phrases font écho aux livres de développement personnel actuels :

Ne vous disputez jamais avec des imbéciles
car ils vont vous ramener à leur niveau de bêtise
et vous battre sur ce terrain avec leur plus grande expérience.

Nous ne sommes rien d’autre qu’un pot-pourri d’ancêtres disparus.

Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.

Quel rapport avec l’album de Lucky Luke ??

Goscinny et Morris empruntent des pans de la jeunesse de Mark Twain, quand vers ses 20 ans il commença à travailler sur un steamboat (bateau à vapeur) par fascination du milieu, après y avoir voyagé comme passager. Il fit connaissance de centaines de personnages hauts en couleurs, au franc-parler imagé, pour lesquels il se prit d’affection.

Il commença en bas de l’échelle, mesurant la hauteur d’eau du Mississippi pour que le bateau ne s’enlise pas. Il fallait que la jauge marque plus de 2 pieds de profondeur, et quand on criait « Mark twain », marque double avec l’accent, cela signifiait l’alerte d’une profondeur insuffisante…

La sonde était marquée tous les pieds (environ 30 cm) et on ne pouvait plus passer s’il n’y avait plus que 2 ou 3 pieds de profondeur.

Samuel Clemens fut vite capitaine de bateau, jusqu’à la déclaration de la Guerre de Sécession en 1861, puis partit ensuite vers d’autres aventures après 5 années de vie sur le Mississippi. Ses souvenirs lui donneront matière à écrire plusieurs formidables romans. Retranscrivant les accents locaux, décrivant les gens tels qu’ils étaient, il fut le premier grand écrivain réaliste.

Il raconta aussi une autre version de son pseudonyme, Twain/twin qui signifie double, jumeau. Sa mère avait attendu des jumeaux (ce qui n’est pas avéré…), et l’un est mort à la naissance :  Oui, a-t-il dit, je me demande qui, de mon frère jumeau ou de moi, est mort à la naissance, nous nous ressemblions tellement. Mark Twain avait une vision bien particulière de la vérité, à géométrie variable… Sujet inépuisable !

La vérité est la chose la plus précieuse que nous ayons.
Économisons-la.

Mentez courtois, que diable ! Avec aplomb et élégance.

La vérité est toujours plus surprenante que la fiction,
parce que la fiction doit coller à ce qui est possible,
alors que la vérité, elle, n’y est pas obligée.

Un mensonge peut faire le tour de la terre
le temps que la vérité mette ses chaussures.

Dans le doute, dites la vérité.

 

Samuel naquit 2 semaines après le passage de la comète Halley en 1835 ; reconnu comme le plus grand écrivain vivant, il écrivit un an avant sa mort :

Je vins au monde avec la comète de Halley en 1835. Elle reviendra l’année prochaine, et je m’attends à partir avec elle. Le Tout-Puissant a dit: “Voyez donc ces deux monstres inexplicables ; ils sont venus ensemble, ils doivent repartir ensemble”.

Intuition ? Accablement après la mort de ses proches ? Ultime ironie ? Il mourut 3 semaines avant le passage de la comète de Halley de 1910 qu’on ne voit que tous les 76 ans. Poussière d’étoiles…

Une Star du Midwest

Revenons un instant sur la Route 66, c’est fou comme on y croise des Harley-Davidson !

Superbe quilt fait de tissus et de tee-shirts, créé par notre autre Star de l’étape, Victoria Findlay-Wolfe. Ce modèle, Star Storm, est vendu ici. Attention, envoi postal (pas en PDF).

La source du Mississippi, ce fleuve qu’on a traversé près de Saint-Louis sur la Route 66, est dans le Minnesota, près de la frontière canadienne. C’est là qu’est née Victoria (déjà citée dans La Ruche des Quilteuses).

Les quatre livres de Victoria, par ordre de parution de gauche à droite.

Pour faire un lien avec l’article de l’étape 1, voici un autre quilt de la grande Victoria Findlay Wolfe (grande autant par sa taille que son talent), une belle tige poussée dans la campagne du Minnesota, près de la source du « Père des Eaux », « Old Man River ». Pour elle, le rouge éclatant s’appelle toujours le rouge McCormick :

Big Red, de Victoria Findlay Wolfe (2014) avec le sigle McCormick au centre du quilt et une bordure qui rappelle les traces profondes laissées dans les champs par les tracteurs.

Même si Victoria vit depuis des années à Manhattan (New-York City), elle ne manque jamais de rappeler qu’elle a grandi dans une ferme, que ses parents sont des éleveurs de bœufs au fin fond du Midwest et que sa grand-mère Elda faisait des quilts improvisés, avec ce qu’elle avait de disponible : elle sait d’où elle vient et l’héritage familial n’est pas un vain mot.

Son blog n’est plus alimenté, cela lui prenait sans doute trop de temps, mais son site est ici et Victoria poste assez souvent des photos sur Instagram.

Victoria m’a offert la photo d’un de ses quilts de style improvisé pour mon livre BeeBook (page 17), j’en ai été très honorée ! C’est une des artistes innovantes qui inspire les jeunes et moins jeunes et grâce à qui l’art du patchwork continue de vivre intensément.

BeeBook, édité en 2019 par France Patchwork, est un livre dont je reste très fière, en vente sur le site France Patchwork.

So long, quilters, writers, cowboys and drivers on Route 66!
Katell

La Route 66 – Étape 3, vers Saint-Louis, MO

Un voyage virtuel et néanmoins extraordinaire, c’est ce que nous nous offrons, les routardes quilteuses sur la Route 66 ! Nos véhicules pétaradent chaque jour vers un endroit à visiter, le plus souvent rempli de nostalgie joyeuse. La routarde n°8 est une ambulance conduite par Giroflée, notre sauveuse si d’aventure nous sommes patraques… Elle mène sa Route elle aussi sur son blog, je vous en recommande chaleureusement la lecture car elle y distille de la musique locale, son sourire est contagieux et ses blocs brodés nous enchantent !

Le Jardin de Giroflée

Un peu d’histoire et de géographie, du côté de Saint-Paul, MO

Lors de cette étape, nous franchissons la première frontière d’État. Pour passer de l’Illinois au Missouri, il faut traverser le mythique Mississippi ! La Route 66 passa naguère par ce pont fait pour elle, maintenant trop fragile pour supporter d’autres passants que les piétons et les cyclistes :

Ce pont est courbé en son centre, un compromis technique entre le sous-sol rocheux et les contraintes de navigation. Mauvais choix, il y eut de nombreux accidents au Chain of Rocks Bridge…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chain_of_Rocks_Bridge

Une fois sur la rive ouest, nous sommes dans l’État du Missouri. Il est essentiellement rural et appartient au Midwest, quelle que soit la carte choisie (choix ci-dessous😉). C’est à Saint-Louis que ce trouvait le siège social du symbole de l’agriculture industrielle, Monsanto, jusqu’à son absorption par Bayer. Les abattoirs industriels commencèrent à Chicago, les cultures industrielles dans les grandes plaines. C’était un miracle économique, les agriculteurs mieux rémunérés, les cultures mécanisées, la population nourrie par l’agro-alimentaire, pouvant alors consacrer leur vie à autre chose que faire pousser leurs légumes en autarcie. La nourriture industrielle est moins chère, plus sûre, plus stockable, plus variée… On en connaît désormais les limites et les dangers. La malbouffe rend malade. Des agriculteurs américains expérimentent de nouvelles rotations du cultures, des cultures associées, pour restaurer l’azote manquant dans les terres épuisées par les pratiques précédentes, mais cela reste généralement aux produits chimiques et aux semences OGM. Parallèlement, comme chez nous, de plus en plus d’Américains cherchent à se nourrir avec des produits non transformés et bios. Ainsi, les produits Amish cultivés « normalement » ont un succès fou !

Ce fut tout d’abord, comme partout aux USA, un territoire occupé par des Indiens (ici des Sioux et Algonquins) et ces plaines étaient d’immenses prairies. Les premiers Européens découvrant ce territoire furent des Français, Jolliet et Marquette, en 1673.

Le fort français de Saint-Louis, baptisé en l’honneur de Louis XIV, fut créé en 1764 en raison de sa position au confluent du Missouri et du Mississipi. Les Français régnèrent des décennies sur un très vaste territoire, du Canada à la Nouvelle-Orléans, et le Mississippi s’appela un temps le fleuve Colbert !

Saint-Louis fut le point de départ de l’expédition épique dont tout Américain a entendu parler, celle de Lewis & Clark le long du Missouri et jusqu’à l’Océan Pacifique.

En 1803, la petite ville de mille habitants fut vendue et devint américaine, comme l’immense territoire de la Louisiane. Ce fut bizarrement, au milieu de 19e siècle, le 2e port des USA après New-York, alors qu’il se trouve à + de 1000 km de l’océan à vol d’oiseau, 1 800 km de voie fluviale ! Son déclin viendra avec le développement du chemin de fer. Autre singularité : bien que très, très long (3 780 km), le Mississippi est moins long que son affluent le Missouri (4 370 km). Tout est grand aux USA… Une goutte d’eau à la source du Mississippi, au nord du Minnesota, mettra 90 jours pour arriver au delta du fleuve, à la Nouvelle-Orléans… 

Même si l’eau peut faire des ravages comme récemment dans les Alpes-Maritimes et il y a 6 jours en Louisiane (ouragan Delta, justement au delta du Mississippi), l’eau c’est la vie. Et j’ai lu que 92% de l’agriculture des USA est tributaire de l’eau du bassin du Mississippi ! 

On pourrait longuement écrire sur les aménagements du Mississippi pour protéger des crues et qui les empirent, des constructions en zones inondables… Mêmes soucis que chez nous, à vouloir dompter la nature on a fait trop souvent des bêtises.

Sur la Route 66, c’est ici uniquement que nous sommes en contact avec ce géant qui nourrit notre imaginaire de mille images. Nous voyagerons sur le mythique Mississippi dès dimanche, avec le prochain article, une balade mi-littéraire mi-quiltesque !

En 1896, Saint-Louis était une ville en pleine expansion, alors la 4e plus grande ville des USA (la 65e aujourd’hui avec 300 000 habitants).

Saint-Louis est riche de nombreux musées, parmi lesquels le récent Musée du Blues ouvert en 2016, célébrant la musique originaire des chants s’élevant des champs où trimaient les Afro-américains, chants rythmés par la répétition des gestes, l’effort, la tristesse et les déboires d’une vie injuste.

Saint-Louis a aussi un très beau parc botanique, de nombreuses universités, et ce pourrait être une ville où il fait bon vivre. 

Située à la confluence du Missouri et du Mississipi, Saint-Louis partage cette particularité avec Lyon, au confluent de la Saône et du Rhône, d’où leur jumelage.

C’est pourtant une des villes en grande difficulté (voir Détroit ici). La ville de Saint-Louis fut classée en 2000 la ville la plus dangereuse des États-Unis. En dépit de nombreuses entreprises, le seuil de pauvreté était de 27% en 2015 (15% au niveau national), 38% dans la population afro-américaine qui constitue presque 50% de la population de la ville.

The Gateway Arch, l’Arche du Passage, érigée dans les années 1960, est symboliquement la porte d’entrée vers l’Ouest, le départ de Lewis & Clark puis la ruée vers le Wild, Wild West, la conquête des terres inconnues et l’espoir d’une belle vie… l’Arche en acier inoxydable mesure 192 mètres de hauteur et se reflète sur le Mississippi.

Histoire de cartes

Le projet de quilt Route 66 est pour moi une carte à faire en textile, ce qui mérite quelques préparatifs. J’aime beaucoup cette carte imagée de chez Lulu la Taupe :

Ah si j’étais une bonne brodeuse, je me lancerais peut-être dans ces images… Des candidates ?

Existe-t-il des régions dans ce grand pays ? J’ai cherché et… oui, il en existe, mais elles changent selon les thèmes ! En résumé, il n’y a pas de découpage administratif aussi fixe que chez nous (voir Wikipedia). J’ai tout de même envie de faire ma carte en quilt avec des codes couleurs par région. J’ai donc choisi ce découpage :

Non, celui-ci :

Non, celui-ci :

… Finalement, c’est ce découpage que je préfère :

Le Nord-Ouest, de l’État du Washington au Wyoming, forme bien une unité géographique selon moi. J’aime l’association de l’Utah, du Colorado, du Nouveau-Mexique et de l’Arizona, avec le Nevada et la Californie… Adopté !

Histoire de carte en quilt

C’est la première étape concrète, après avoir déjà beaucoup rêvé mon quilt Route 66, je vais faire simple :

Pour ne pas me perdre au moment du découpage des pièces de ce puzzle, j’ai inscrit les deux lettres d’abréviation sur chaque état, à l’aide d’une carte. Forte révision de géographie !!

Le découpage n’est pas toujours si simple. Mais qui va me reprocher d’avoir escamoté Cape Cod ? D’avoir saccagé les bords de la Chesapeake Bay ? De même, je mettrai bien sûr Hawaï et l’Alaska, mais sans doute pas la myriade d’îles à l’ouest de l’État nordique. On verra. L’important est de bien positionner la carte. Ici je repère que la pointe de la Floride est légèrement trop haute par rapport à la pointe du Texas.

Je me concentre à présent sur la région Nord-Ouest que je viens de découper, que je veux en vert. Audition de mes tissus préférés, il n’en faut que 5.

Découpage de chaque État concerné, collage des tissus sur intissé, puis sur le fond, youpi la carte prend forme ! Je me conforme à une des règles d’un bon scrapquilt : mélanger les valeurs, c’est-à-dire les clairs, les moyens et les foncés.

Si vous le souhaitez, pour la prochaine région je ferai plusieurs photos pour montrer ma méthode de collage. Ce sera la région du Midwest, par où passe la Route 66, yeah !

A très vite pour une croisière agitée sur le Mississippi !
Katell

Deux rendez-vous, deux bonnes nouvelles !

Les rendez-vous sont devenus rares et précieux ! En voici deux que je relaie avec grand plaisir.

Salon d’art animalier, avec une exposition d’art textile de Béatrice Bueche
du 27 octobre au 1er novembre 2020 à Ménigoute

Bonjour,

Contrairement à toutes les expositions de patchwork et autre qui ont été annulées cette année, le Festival de Ménigoute (FIFO) aura bien lieu sauf aggravation de la situation sanitaire en dernière minute.

Pour la première fois, cette année, une artiste textile côtoiera les plus grands artistes naturalistes (peintres, photographes, sculpteurs…). Il s’agit de Béatrice Bueche qui exposera ses tableaux textiles: papillons, oiseaux, arbres, etc.

Si vous voulez en savoir davantage sur elle, je vous invite à consulter les liens suivants:

Défenseuse de la cause animale et merveilleuse artiste : Béatrice Bueche.

Je vous rappelle les dates du FIFO: du 27 octobre au 1er novembre (entrée gratuite pour le salon animalier).

Je serai heureuse de vous rencontrer à l’occasion de cet événement.

Bien amicalement,

Pierrette, la Marmotte Rousse
http://leterrierdemarmotte.over-blog.com/

Toucan, Béatrice Bueche

J’ajoute que Béatrice Bueche est une amie alsacienne sensible, rigolote et hyper-talentueuse. Avec un petit air de Nicole Kidman. Son nom est déjà apparu plusieurs fois dans mon blog. J’espère avoir la possibilité d’y aller, revoir Pierrette et Béatrice, admirer l’exposition… mais c’est à une période de l’année peu propice aux déplacements pour moi (deux anniversaires, les enfants à la maison…). J’espère que ce sera plus facile pour certaines d’entre vous !

Ménigoute, où est-ce ? C’est en Nouvelle-Aquitaine, dans les Deux-Sèvres, entre Niort et Poitiers.

Le Salon de Pexiora aura bien lieu !

Pexiora est un village devenu connu grâce au dynamisme d’un groupe de bénévoles autour de Gene. Cela se passe près de Carcassonne (Aude), fin février. Lieu stratégique où se rencontrent les Méditerranéennes comme les Terriennes occitanes !

Les dates retenues sont les 25-26-27 février 2021, c’est-à-dire du jeudi au samedi (auparavant, du vendredi au dimanche).

Si je vous donne cette annonce si tôt, c’est que, comme tous les ans, un concours très sympathique est lancé. Cette année, c’est

Au fil du temps qui passe…

Tous les détails, règlement et idées sur le blog de Gene par ici !

Bon dimanche,
Votre amie quilteuse Katell

Quilt météo 2020, trois trimestres sont passés

Il y a moins d’une semaine, nous avons eu de nouveau en France une catastrophe due à la météo. Plusieurs villages de deux vallées des Alpes-Maritimes ont été ravagés, le bilan humain reste incertain mais sera dramatique. Le bilan matériel est indescriptible. Cette fois-ci, on ne peut pas incriminer une bétonisation outrancière qui freine souvent l’écoulement des eaux ; c’était une pluie torrentielle, séquelle de la tempête Alex, empirée par la haute température de l’eau de la Méditerranée. Le phénomène n’est pas nouveau, mais sa violence est inédite.

On se souviendra toujours de Josette et Léopold, le couple d’octogénaires qui, d’après leur fils Eric, ont pris trop de temps pour rassembler des affaires, des papiers, des souvenirs avant de quitter leur maison. En un instant, c’était trop tard, définitivement.

Que peuvent faire les quilteuses pour les vivants qui ont tout perdu ?
Nous participons volontiers à des mouvements de solidarité pour le bout du monde, alors les bonnes volontés se font déjà connaître pour faire quelque chose pour « chez nous », en particulier sur le forum de France Patchwork. Ce département bénéficie d’une délégation avec une formidable déléguée (coucou Sothy 💙). Il faut absolument de l’organisation sur place, connaître les besoins, pouvoir stocker puis distribuer les dons… Promis, vous saurez que faire via mon blog, si une opération « Quilts pour les Alpes Maritimes » se constitue.

Edit à 13 h : Catherine Bonte, Présidente de France Patchwork, vient d’écrire sur le forum FP. Voici le texte en copié-collé.

Après concertation avec notre déléguée du 06 et le conseil d’administration de France Patchwork nous invitons ceux qui le souhaitent à faire un don au Secours Populaire
https://don.secourspopulaire.fr/intemperies/~mon-don?_cv=1,  à La Croix Rouge ou toute autre association qui vient en aide aux sinistrés de ce département. Les besoins sont innombrables et l’urgence absolue.
Toutes nos pensées vont vers ceux qui ont tout perdu.
Dans un second temps nous vous proposons de réaliser des quilts (taille : lit enfant ou lit 1 personne). Ces Quilts devront être terminés (pas d’envoi de top non fini ou de carrés).
Une fois la logistique de cette opération définie avec nos interlocuteurs nous vous dirons où les envoyer.
Merci pour votre générosité à tous !

Logo du département 

Nos quilts météo 2020 sont de plus en plus grands, de plus en plus beaux. Il ne manque plus que 3 mois ! Chacune a sa manière d’appréhender le suivi. Certaines ont une hygiène de vie qui passe par le relevé météo quotidien et les quelques minutes consacrées au bloc du jour, pour d’autres c’est une fois par semaine, d’autres encore sont à la traîne mais promettent de rattraper leur retard… C’est comme on peut !

Comme promis, voici les photos de quelques-uns de ces quilts qui deviendront légendaires, année 2020 oblige, vus dans des blogs, dans le groupe privé Facebook ou sur Instagram. Ce mois-ci je vous montre 44 tops à jour !

Commençons par le beau jardin de Pierrette, la Marmotte rousse, qui fait une fleur par semaine. La nature est son bonheur, ce top lui va si bien ! Tous les détails se trouvent dans son blog par ici. 

Sur Instagram, @laurence.d6 vient de poster son top à jour, avec les températures en Moselle. Laurence, confirmes-tu que tu le couds entièrement à la main ? C’est ce qu’il me semble. Il est à la fois gai et doux, j’aime beaucoup !

Un top cousin dans la forme, celui de Bee Maïté, qui coud ses blocs à la machine. Je l’ai photographié chez elle la semaine dernière, les couleurs ne sont pas tout-à-fait justes, je ferai mieux la prochaine fois ! Le mélange d’imprimés est très réussi ici aussi. Les températures sont celles de la région toulousaine.

Marie Braem mène un très joli projet avec une roue, une manière esthétique de mettre la légende des tranches de températures. Une bonne idée qui sera peut-être copiée !

Deux projets ont illuminé la bannière de présentation du groupe ce mois-ci :

A chaque semaine, sa rose… C’est le projet très original de Annik Lang-Wennhack qui remporte tous les suffrages.

Les Annik sont à l’honneur, voici le pétillant top d’Anik Billot ! On y devine les mois brodés. Très belle réalisation !

Catherine Jegat, elle, fait deux quilts à la fois avec la même échelle de températures :

La météo en Loire-Atlantique, Catherine Jegat

Des cœurs pour la météo en Suède, Catherine Jegat. Il y fait très beau, moins froid qu’avant et plus doux… Bientôt, tous en Suède ??

Voici le spectaculaire top-vitrail de Muriel Figuière qui embellit mois après mois lui aussi !

Ouvrage poétique de Lucie Paule

Le calendrier et désormais bien dessiné au bout de 9 mois, quelle allure ! C’est Danièle Murat qui a créé celui-ci.

Le calendrier de Nana Ben, qui jongle avec les valeurs de tissus quand il en manque un, et choisit des imprimés à pois pour remplir les cases vides de chaque mois. Beaucoup de peps !

Annie a misé sur l’originalité du tissu de fond , chacun ayant un lien évident avec le mois. Cela donne un calendrier personnel, gai et unique ! Avec ce parti-pris risqué, elle se pose des questions, mais je suis sûre que ce sera équilibré à la fin ! La création n’est pas un long fleuve tranquille…

Une allure de labyrinthe qu’on a envie de regarder longtemps, de Miline François.

Celui de Mimigri Laruelle est intrigant, je crois que les couleurs unies montrent la saison… Il sera très beau !

Encore des couleurs qui dansent, j’aime beaucoup le résultat ma chère Arlette Matas !

Nade Wki a choisi de très beaux imprimés qui indiquent bien la chauffe de l’été !

Un effet très réussi aussi chez Sylvie Gautron, j’aime beaucoup le dynamisme du bloc.

Chantal Ricq a bien rattrapé son retard et se réjouit du résultat, et nous avec elle.

Les unis de Brigitte Didier claquent, les couleurs sont vives et cela fera un superbe souvenir de 2020. Elle nous dit avoir rangé les rouges, oui, la canicule est bien finie, mais ils sont encore étonnamment encore présents en septembre…

Coco Grimault constate elle aussi que le mois de septembre a été particulièrement chaud en Normandie…

Douceur, élégance et simplicité chez Elisabeth Dubois.

Christy Abbe projette de coudre une bande d’imprimés Kaffe Fassett entre chaque mois. Bonne idée !

La météo en Seine-et-Marne avec Danièle Astruc, il est pixellisé et très beau !

Le top est sur un très beau parquet ! Ce montage a suscité plusieurs questions, il est très réussi. Top d’Odile Gouzon.

La palme de l’humour à cet homme mordu de patch et les félicitations à Brigitte Bailly Vouillon pour son top brodé !

Le village de Michèle Poc grandit… Encore un ouvrage très sympathique !

Belles couleurs et maquette dynamique chez Agnès Bolzer.

Un très beau graphisme ici aussi avec Kim Wells Maurin.

Quelle originalité encore ! Chantal Trouillot va maintenant remplir les coins pendant les trois mois qui restent.

Flo Volsul indique toujours la température la plus chaude du jour… avec un petit point de nœud rouge depuis le 24 janvier, date du premier cas officiel du Covid-19. Hélas, il sera sans doute encore là au 31 décembre.

J’aime les détails brodés du top de Marie-Odile Wurm ! L’ensemble est ravissant.

Mon amie tarnaise Marie-Jo Oustau met des codes sur son top, les sorties et autres événements de sa vie…

Cécile Milhau, autre chère amie tarnaise, fait un livre textile, voici septembre !

Jamais deux sans trois, voici les couleurs du ciel de mon amie tarnaise Bernie Alquier ! Quel beau travail…

Joelle Dagand Herbert a choisi une très belle gamme d’imprimés !

De simples carrés pour Marie Boop et un superbe effet !

Marie-Odile Prévost se dit un peu déçue, mais compte bien se rattraper les années suivantes ! Il est doux et très joli, pas d’inquiétude à avoir…

Christine Fdd a dû travailler cet été mais elle a rattrapé son retard… Bravo !

Univers radicalement différent, parce que Virginie Pomme de Reinette le fait pour son fils, le contraste est audacieux et le rend très lumineux !

Christine Fdd a dû travailler cet été mais elle a rattrapé son retard… Bravo ! Il lui « reste » à continuer son quilting, un travail très long mais qui donne tout le cachet à cet ouvrage.

Encore un ouvrage splendide ! C’est de Christiane Hamon.

Original, gai, moderne, le top de Nadia Chatel, bravo !

Et voici les feuilles d’Els Gauchotte qui montrent le temps qu’il fait en Loire Atlantique… Que de belles formes et de ravissantes couleurs !

Avec reconnaissance, je me penche presque tous les jours sur vos photos, vos commentaires… Quel groupe formidable ! Tout le monde ne figure pas dans cet article, mais c’est une belle vitrine du dynamisme du groupe. J’en suis extrêmement heureuse, merci à vous tous !

Et pour finir, savez-vous le lien entre le nouveau Prix Nobel de Physique, Sir Roger Penrose, et le patchwork ?
A (re)découvrir par ici !

A bientôt,
Katell

Route 66 – Étape 2, vers Springfield, IL

Le convoi se met en route, les copines de la Route 66 ont de la bonne humeur à revendre, un brin de gourmandise (ah les pancakes du matin !), du swing dans les baskets…

Pour celles qui me lisent depuis peu, je rappelle que je me suis inscrite à un groupe Facebook où les participantes, des quilteuses, vont à la fois vivre un voyage virtuel sur la Route 66, de Chicago à Santa Barbara, et faire un quilt. Ici, j’écris des impressions de voyage, parfois inspirée par les copines,  et je partage l’avancée de mon ouvrage pour faire un petit patchwork d’histoires qui fleure bon l’Amérique d’antan. 
Une joyeuse nostalgie baigne dans ce groupe, tout pour nous faire oublier la vie quotidienne.
En route !

Nous étions, fin août, au point de départ, Chicago.

Entre Chicago et Springfield, capitale de l’État de l’Illinois, la Route 66 a parfois été abandonnée au profit des autoroutes et la nature se l’approprie :

Photo prise dans l’État de l’Illinois (lien)

Mais ailleurs, l’heureux temps passé s’affiche en petits et grands musées, en panneaux et divers objets qui rappellent la joie et l’insouciance, particulièrement des années 1950-60. Et tant pis si c’est rouillé, ne le sommes-nous pas aussi parfois ? Nous sommes joyeusement vintage nous aussi !

A Springfield, ancienne station service de la Route 66 devenue un temps musée (lien)

En passant par Decatur…

Une des routes pour arriver à Springfield passe par la petite ville de Decatur. Si vous avez ce livre (Le Guide visuel du patchwork, Ellen Pahl, les Éditions de Saxe), cela vous dit peut-être quelque chose ! Il s’agit d’un point de croix noué en son centre, qui peut servir de nouage de quilting, sans fils qui traînent. 

Voici un nouage traditionnel :

Voici comment faire un nœud Decatur (pages 86-87 de mon édition de 1999) :

On commence comme un point de croix, en prenant bien toutes les épaisseurs du quilt. Ici j’ai marqué les points A – B – C, et au lieu de piquer directement à D (non écrit sur le tissu), je commence à faire une boucle au centre. Ici je triche, ce n’est qu’un tissu et pas un sandwich. 

 

Je termine ma boucle au centre, qui va devenir un petit nœud.

 

Puis on fait glisser l’aiguille entre les épaisseurs, sans couper le fil, pour faire le prochain nœud Decatur (ici, prochain nœud plus bas). Malin, discret, facile, rapide…

Pourquoi donc s’appelle-t-il nœud Decatur ? C’est l’auteure de ce chapitre, Caroline Reardon, qui a vu ce nouage sur un quilt exposé à Decatur… C’est ainsi que ce font certains baptêmes, tout simplement ! Si vous le cherchez sur internet, cela s’appelle Decatur Knot en anglais.

Quand on arrive à Springfield…

Les fans de TV ne peuvent s’empêcher de penser à la famille la plus connue de la ville, les Simpson !

La capitale de l’Illinois est une ville qui semble très agréable à vivre, pas trop grande, tournée vers la bonne chère et la culture, célébrant Abraham Lincoln et… la Route 66 !

La Route 66 est née à Springfield, même si le tracé commence officiellement à Chicago. On s’y réunit pour le fun, tous les engins motorisés sont admis pour célébrer la vieille dame, la Route 66 !

Des terres fertiles

Comme l’Illinois est en pleine région agricole, le Midwest, nommé Corn Belt (la ceinture de maïs) ou le grenier des USA, je profite de notre halte dans cet État pour vous parler des céréales pour le petit-déjeuner. Un clin d’œil tout d’abord aux flocons d’avoine de marque Quaker dans l’article sur le Rajah quilt, créées par des fermiers de l’Ohio, même pas quakers !

La compagnie Kellogg’s au nom mondialement connu est une des grandes réussites américaines, mais savez-vous qui créa les corn flakes ? Ils arrivèrent en France en 1968, mais furent inventés à la fin du 19e siècle…

Un petit-déjeuner hygiénique

A partir de 1830 aux USA, des médecins hygiénistes voulurent améliorer l’espérance de vie en favorisant le végétarisme, l’exercice, la pensée positive et l’abandon du tabac, du café, du thé anglais, de l’alcool… Ils étaient bien en avance sur leur temps ! Cette mouvance restait très minoritaire, mais respectée.
John Harvey Kellogg (1852-1943) naquit dans le Michigan, au sein d’une famille de 16 enfants. Cette famille rallia la religion des Adventistes du 7e Jour dès sa création en 1860. Les Adventistes reprennent dans leur profession de foi la plupart des idées des médecins hygiénistes.

 La maladie est un effort de la nature pour libérer l’organisme des conditions résultant de la violation des lois de la santé…
L’air pur, la lumière du soleil, la tempérance, le repos, l’exercice, la nutrition, l’eau et la confiance en la puissance divine,
tels sont les vrais remèdes.
Ellen White, co-créatrice de l’EAJS, les 8 remèdes naturels

Jeune homme, John Kellogg fut encouragé par son Église à faire des études de médecine réformatrice à Chicago. Avec son frère Will, il dirigea ensuite le premier sanitarium (pas un sanatorium) de l’Église, un centre de bien-être où sont suivies les 8 préconisations de bonne santé. Il appelle cela la vie biologique. Un jour un peu par hasard, il crée des pétales de blé, puis fait de même avec du maïs et les sert au petit-déjeuner dans son établissement. Cette nourriture insipide est bonne contre… la masturbation, dit-il, et les idées de sexe plus généralement, qui sont attisées par les nourritures épicées

Dans le même but de bonne santé conforme à ses principes, c’est lui aussi qui invente le cultissime beurre de cacahuètes !

De la gymnastique au sanitarium de Battle Creek, vers 1900.

Pour nous, au 21e siècle, leurs principes de santé et de prévention des maladies ne sont globalement que du bon sens, mais la plupart des conseils allaient à l’encontre des habitudes de l’époque. Par exemple, se laver tous les jours !

Le bon docteur John Kellogg eut une vie pleine de réussites, avec une vision naturelle de la santé qui reste actuelle sauf… pour les relations sexuelles ! (Mal) guidé par le conservatisme religieux, ses discours à ce sujet sont ahurissants. En revanche, il n’eut jamais une once de racisme et il défendit toute sa vie la cause des Noirs. Il en forma des dizaines, médecins et autres professionnels de santé.

Et la marque Kellogg’s ? Dès le début, les frères Kellogg ne sont pas d’accord sur l’ajout du sucre. Le frère de John, Will, vise plus le succès commercial que la bonne santé ; le goût du public gagne, les corn flakes sont vendus sucrés et le frère fait carrière dans l’agroéconomie. L’ajout de vitamines en fait un aliment qui a aidé le peuple américain en temps de crise (1929, guerres mondiales).  Les pétales de maïs et leurs produits dérivés se vendent dans le monde entier, employant 37 000 personnes. A présent, on critique leur ajout de sucre, de sel, on se méfie de leur contribution à l’obésité (indice glycémique)… Mais quand on a été élevé avec des céréales du matin, elles restent souvent un doudou alimentaire à vie !

Publicité de 1910
Un film raconte son histoire, très romancée. Je ne l’ai pas vu, et vous ?

Mon projet Route 66 : la carte des États-Unis

La première quinzaine d’octobre, chacune a déjà fait son étiquette, on a réuni ses tissus, on sait où on va et on va bel et bien commencer l’ouvrage. Beaucoup de mes copines de route ont déjà fait plusieurs blocs. Pour moi, ce sera ce week-end la préparation de la carte en papier, en suivant les instructions de mon modèle. J’ai enfin reçu mon tissu de fond !

Sur le tissu de fond choisi pour ma carte (Grunge étoilé), voici les feuilles de la carte à télécharger gratuitement ici (merci Flamingotoes.com) puis je découperai les États, en veillant bien à y marquer leur nom en abréviation de deux lettres. En France, nous avons les numéros de départements ; aux USA, on écrit IL pour Illinois par exemple. Après cette petite corvée viendra le grand plaisir de choisir un tissu par État ! 

                               Roule Jeunesse !

A très vite pour le point mensuel des quilts météo.
De nombreux quilts sont encore postés ce mois-ci, quelle diversité !

Katell 

Confins 2020

2020 oblige, nous sommes devenues des Abeilles Masquées, mais la créativité ne tarit pas ! Après Maïté, c’est Evelyne qui nous montre un de ses ouvrages faits récemment.

Je suis abonnée à Télérama et dans l’hebdomadaire du 21 mars 2020, à la rubrique Arts, l’illustration du texte sur Otto FREUNDLICH, un tableau de 1938, m’a troublée, attirée, les couleurs, les formes géométriques, un univers lumineux et un obscur – une sensation étrange.

Composition, Otto Freundlich, 1938

J’ai aussitôt décidé d’avoir pour moi, un patchwork inspiré de l’œuvre de ce peintre, moi qui ne sais ni dessiner, ni peindre !!

L’exposition parisienne au Musée Montmartre-Jardins Renoir venait d’être suspendue par le Covid 19.

J’ai d’abord beaucoup appris sur la vie tragique du peintre (1878-1943) déporté et mort au camp de concentration de Lublin-Majdanek ou de Sobibor (il reste un doute) en Pologne, assassiné en tant que juif allemand, militant antifasciste, après avoir été stigmatisé en 1937 comme producteur d’« art dégénéré » par le régime nazi.

L’Art dégénéré – die entartete Kunst, était l’expression officielle des nazis pour l’art moderne abstrait. Cela commença par une exposition organisée par les nazis à Munich en 1937. Ils firent se côtoyer 730 œuvres d’une centaine de peintres, parmi lesquels Otto Freundlich, Picasso, Kandinsky, Kokoshka, Chagall, Nolde, Kirchner, etc. avec des tableaux de malades mentaux, pour jeter l’opprobre sur les artistes modernes. Le franc succès des peintres provoqua l’ire des organisateurs… Le terme d’art dégénéré est ensuite étendu à certains styles de musique, de littérature, de cinéma. Une des conséquences fut la destruction de nombre de tableaux, le pillage des collections privées et publiques, et tant de morts… 

Sur le sujet, un grand film :


Otto Freundlich était un grand artiste peintre, sculpteur, pionnier de l’abstraction, engagé dans les arts, la politique, la philosophie, c’était un humaniste et pacifiste, avec une vie riche et constructive partagée avec d’autres grands artistes. Son nom Freundlich, qui signifie Amical, lui allait bien. Dès 1909, il vécut à plusieurs reprises la vie de bohème à Paris, ses amis étaient Picasso, Apollinaire, Braque… Avant l’été 1914, il passa 5 mois à rénover la cathédrale de Chartres, mais à la déclaration de la guerre, il dut évidemment rentrer en Allemagne. Les vitraux marquèrent son art, on le devine dans la Composition de 1938 qui me fascine.

Européen pacifiste, il déploya ses multiples talents pendant l’Entre-deux-guerres en France et en Allemagne, malgré la diabolique propagande nazie.

J’ai choisi des tissus dans ma réserve – confinement oblige ! – et ai monté l’arc central lumineux, coloré, puis un univers bleu où mon regard s’échappe et un espace sombre, inquiétant… Peut-être un écho des inquiétudes de l’Entre-deux-guerres avec les soucis sanitaires que nous vivons.

J’ai quilté à la machine en suivant la courbe de l’arc , puis disposé des lignes droites de part et d’autre.



Je l’ai nommé Confins 2020, l’ai accroché et le regarde chaque jour avec la même émotion qu’en découvrant l’artiste pour la 1ère fois dans l’article du magazine.



 L’exposition a lieu à Paris jusqu’au 31 janvier 2021. J’en rêve ! Aurai-je la possibilité d’y aller ?

Évelyne

Au Musée de Montmartre-Jardins de Renoir, un charmant lieu au 12, rue Cortot (18e)