Quand on est passionné par une activité ou des idées, rien de plus triste de craindre de faire partie de la dernière génération, que notre centre d’intérêt mourra avec nous, d’être le dernier des Mohicans et que tout semble perdu…
Je suis le dernier des Mohicans, dit Uncas, ultime descendant de son ethnie amérindienne…
Je le vois depuis des années, la vie de club de patchwork ne convient que rarement aux jeunes. Pour que l’art du patchwork continue après ma génération – je viens de célébrer mes 60 ans, au cas où vous vous posiez la question – il faut des tissus, des modèles qui leur conviennent… et des formations adaptées.
C’est vers l’Ouest que je regarde aujourd’hui ! Vers ma chère Bretagne, naguère si traditionnelle, riche de cette culture celtique qui m’habite toujours, où les personnes combatives, travailleuses et innovantes n’ont jamais manqué.
Bien sûr, beaucoup de villages du nord-ouest de la Bretagne se disent être le village d’Astérix…y compris celui de ma famille maternelle, Cléderix !
Dans le domaine du patchwork, deux jeunes femmes se distinguent pour parler avec les codes de leur génération. L’une est du côté de Rennes, l’autre près de Douarnenez.
Nadège de Patchwork Facile
Nadège a créé, comme cela se fait aux États-Unis, un site avec blog, Instagram, chaîne YouTube, un cadeau de bienvenue et plus si affinités : quel peps ! Elle s’est donné comme mission de faire venir les jeunes femmes au patchwork car :
Le patchwork, c’est le meilleur virus de tous les temps! Nadège,Patchwork Facile
J’aime la présentation fine qu’elle fait d’elle-même et du monde du patchwork actuel, avec nos têtes de plus en plus blanches mais toujours le sourire bienveillant de celles qui allient passion et convivialité (voir sa présentation ici). Elle est une des rares jeunes femmes à assister à des JA !
Avec elle, les plus jeunes que nous peuvent découvrir le patchwork, apprendre les techniques et aussi les aspects culturels, les tendances, le tout vite et bien, en passant par les codes de sa génération : toutes les infos à disposition sur ordi !
Avec Nadège, tout devient simple et clair comme l’eau de ma plage préférée :
C’est Kerfissien à Cléder, la plage de toute mon enfance, où j’ai escaladé mille fois ces rochers, où cette petite maison de douaniers enrichissait mes rêves d’aventures comme dans Le Club des Cinq…
Nadège maîtrise évidemment l’informatique bien mieux que moi et les vidéos font partie de son univers de communication. Hier, j’ai reçu un fantastique cadeau de sa part, cette vidéo de plus de 5 minutes présentant mon livre :
Nadège, j’ai admiré ton esprit de synthèse associé à un visuel très agréable. Mille mercis ! Tu as tous les atouts en main pour inoculer le meilleur virus de tous les temps aux plus jeunes générations : tous mes vœux de réussite !
A noter : il ne reste plus que quelques exemplaires en vente sur le site France Patchwork, BeeBook sera bientôt collector😀
Alice de Blossom Quilt & Craft
J’ai pour Alice beaucoup d’admiration, comme pour tous ceux qui osent vivre leur vie hors des sentiers battus sans y perdre leur âme. Elle a osé partir au bout du monde pour voir autre chose, au moment le plus propice : la vingtaine. On a généralement la santé, l’énergie, la soif d’apprendre, la capacité de s’adapter, pas encore d’enfant… Voyager est la meilleure école de la vie et tant pis pour les parents inquiets ! Je sais de quoi il en retourne, j’ai à la fois été jeune femme sur les routes et maman de voyageuses ! Vous pouvez retrouver son histoire en remontant le temps sur mon blog : Alice.
Alice est à présent à la tête d’une petite entreprise, Blossom Quilt & Craft, qui vend exclusivement des tissus de la marque AGF (Art Gallery Fabrics). Ils sont aussi jolis en patchwork qu’en vêtements. Et comme nous sommes reliées par le fil de l’amitié et de connexions mystérieuses, nous avons enfanté notre bébé de papier la même année ! Je confie à Nadège, qui le fait si bien, la présentation d’Alice et de son livre :
Nos ouvrages de patchwork colorent la vie, utilisons-les au quotidien! Alice, Blossom Quilt & Craft
Ces deux jeunes femmes veulent inciter les femmes actives à découvrir leur puissance créative en les aidant à jouer avec les tissus, en leur donnant les clés techniques, pas si difficiles à acquérir. Bravo les filles, je suis de tout cœur avec vous !
Je me sens bien avec ces jeunes femmes, comme je le suis avec Émilie de Neelam ! Elles me réconfortent, je sais qu’avec elles l’avenir du patchwork est assuré en France. Si des jeunes autour de vous manifestent de la curiosité envers notre art, n’hésitez pas à leur donner les liens vers Nadège, Alice et Émilie ! Portez-vous bien, restez positive et passionnée, Katell
Voici la dernière semaine célébrant une décennie d’articles pour moi, et une décennie de créations, de commerce de tissus, de broderies et de matériels artisanaux divers pour Neelam. Vous avez pu mieux connaître cette entreprise créée par Émilie, secondée par son compagnon Damien et par ses parents, au cours de ce mois-ci. C’est une découverte pour certaines, et j’en suis très heureuse !
Pour nous, ce sont surtout 10 ans de communications, d’échanges et de rencontres. Nous en parlions ensemble, c’est bien le facteur humain qui nous porte et nous importe. En résumé, l’important, c’est vous !
Émilie et moi avons beaucoup de centres d’intérêt communs, et les cultures amérindiennes en font partie. Elle connaît mieux la partie hispanique, et moi la partie anglophone. La vision du monde de ces Peuples Premiers, comme l’esthétique de leur artisanat, c’est un tout qui nous attire, et donc le thème de cette dernière semaine. Émilie vous offre un très beau cadeau pour clore ce mois anniversaire sur son blog, en plus du tirage pour gagner un exemplaire de mon livre BeeBook (Éditions France Patchwork). Quant à moi, je vais poursuivre l’inspiration amérindienne qui me porte depuis la semaine dernière avec My Happy Place.
Suite et fin de My Happy Place
La semaine dernière, j’ai voulu utiliser des tissus Neelam avec des triangles, de la soie, et aussi un fond noir, tout ce que je ne pratique pas habituellement – j’avais juste un terrain de connaissance, les bandes de tissus ! Les contraintes aident à sortir de nos habitudes, ce qu’on appelle notre zone de confort dans le développement personnel. Oser faire de l’improvisation correspond bien à ces étapes :
C’est un schéma classique qu’on retrouve un peu partout ! Celui-ci comporte quelques explications supplémentaires, c’est pourquoi je l’ai choisi.
La bande décorative du bas
Partout se trouve de l’inspiration pour qui sait la voir. Mon panneau méritait plus d’ornements selon mon goût. J’imaginais une bordure en haut et en bas, de style seminole (ici articles Seminole) pour rester dans l’esprit amérindien. Puis un sac de ma fille m’a menée vers un nouveau dessin.
J’ai cousu une bande comparable, très haute (de 14 cm), mais à l’œil, c’était bien trop massif. Elle est devenue de 7,5 cm de haut cousu, c’est suffisant.
La bande décorative se fait en commençant par deux rectangles noirs qui se trouveront sur les bords droit et gauche à l’extérieur – je couds 2 fois la même chose, avec des bandes diverses de tissus, soies et cotons, posées en chevron (comme un demi-log cabin). Désolée, je n’ai pas fait de photo en cours. Pour le centre, j’ai fait une sorte de sablier bleu sur fond noir, sur lequel j’ai appliqué au coton perlé le dernier chevron de chaque côté. Pas orthodoxe, mais qui le sait à part vous ?
La Lune est là
J’ai renoncé à faire une bande similaire en haut, mais j’ai souhaité ajouter une présence. La pleine Lune m’a déjà inspirée en patchwork (ici La Lune Blanche) ; cette fois, ce sera en appliqué inversé, avec la technique cousine du passepoil ou de la parementure, déjà explorée ici (Liberty Rose) et là (Il y a des fleurs partout…).
Le diamètre a pris du temps à se définir, j’ai finalement choisi 8 cm, dessiné sur bristol à l’aide d’un verre. Pour sa position, j’étais limitée par la couture de la bande additionnelle du ciel.
Esquisse de placement de la Lune avec un rond de bristol
Endroit contre endroit, j’ai mis un carré noir de 10 cm sur lequel j’ai marqué le cercle au Hera Marker (Clover), puis j’ai cousu sur la trace, évidé le centre et forcé le bord du carré à aller derrière. Il faut un peu de persuasion, de repassage mais on y arrive.
Je pose ensuite le carré de soie blanche thermocollé derrière. Le tout est visiblement maintenu par un point avant au fil de coton blanc.
La forme du quilt
Ce projet est la sœur – ou le frère ! – du beau cadeau préparé par Émilie, nous nous sommes fait des suggestions, l’une à l’autre, ces projets ont mûri avec des idées mises en commun, dès la première semaine. Ainsi, nous partageons la forme de l’ouvrage. Nous avions aussi envisagé un accrochage avec des pattes et un bâton, mais chez l’une comme chez l’autre cela alourdissait inutilement. Je suis allée jusqu’au bout de l’idée lundi, mais la Lune perdait de son éclat avec tout cela au-dessus d’elle… La nuit, et en l’occurrence la pleine Lune du 27 avril, portant conseil, j’ai tout décousu mardi matin. Je ne le regrette pas !
En ce qui concerne la forme du quilt, j’ai fait une coupe à 45° puis une autre verticale, la même chose à gauche. N’oubliez pas que je suis gauchère, spontanément je commence à droite, mon cutter est posé à gauche, etc.
La bordure décorative des côtés
J’ai coupé dans ce beau tissu imprimé Neelam une bande de 4 cm, cousue uniquement sur les côtés verticaux. Pour suivre la forme originale suggérée par Émilie, j’ai commencé par la petite partie verticale du haut, puis j’ai simplement cousu la suite à 45° en « mangeant » une bonne partie de cette première partie. Pour l’angle suivant, j’ai mis l’aiguille en position basse pour pivoter et suivre la couture vers le bas. Le pli sera cousu au fil noir à la main.
Angle droitAngle gauche
Le quilting au coton perlé et au fil noir
Ma première idée était un quilting machine de ligne parallèles et verticales au fil noir. Mais je craignais d’éteindre un peu la lumière des tipis ! J’ai donc préféré sortir mes cotons perlés et quilter en prenant les décisions successivement : d’abord la porte d’un tipi et son contour, puis une bande intermédiaire pour le bon maintien, en changeant de couleurs.
Je quilte avec diverses couleurs de coton perlé et avec du fil noir, pour un bon maintien général. Travail en cours.Voici, dans une jolie boîte de gâteaux andalous, mes cotons perlés, à côté le fil à quilter noir et le Hera Marker pour tracer quelques lignes (courbes du ciel, droites sous les tipis…)
Et le ciel ? J’ai hésité à mettre des miroirs indiens ou « shishas » de chez Neelam (voir BeeBook pages 76 et 96) qui feraient de belles étoiles, mais je n’en avais plus et, confinement oblige, je ne voulais pas aller en chercher chez Émilie (un peu plus de 10 km nous séparent). Des tableaux que j’ai sous les yeux chez moi (ici : Je n’aime pas le jaune) m’ont donné l’impulsion pour un ciel différent. Oh je suis restée bien plus discrète que Van Gogh ! Je pensais prendre du fil jaune, mais j’ai choisi du bleu ciel et du turquoise…
L’esquisse des lignes se fait avec un Hera Marker, le dessin reste un temps, sans abîmer le tissu.
Les finitions en bordure invisible
Comme j’avais mis une bordure décorative imprimée sur les côtés, j’ai terminé mon quilt avec une bande qu’on ne voir qu’au dos. Cette technique, que j’appelle la finition invisible, est détaillée dans BeeBook p.143 et j’en avais déjà parlé ici (To Face a Quilt).
My Happy Place, c’est ici !
My Happy Place, Katell, fini le 28 avril 2021. Et encore, dois-je vous le dire ? Il manque quelques contours de tipis à quilter !!
C’est ainsi que se terminent quatre semaines avec Neelam pour célébrer nos 10 ans, quatre rendez-vous chaleureux, avec tant de gentils messages de votre part, merci !
Vous savez dorénavant où acheter les articles Neelam, sur leur site, avant de les retrouver dans les Salons… C’est ce que nous espérons ardemment, retrouver les joies de notre vie d’avant, même si c’est au prix du port du masque au long cours, le maintien des distances, de vaccinations successives… Nous ne pouvons pas attendre indéfiniment que le coronavirus disparaisse, nous pouvons en revanche nous adapter aux circonstances, autant que possible. Si de nombreuses manifestations sont annulées, j’ai la confirmation récente du maintien des expositions à Lacaze (81) les 26-27 juin, du Carrefour Européen du Patchwork (Sainte-Marie-aux-Mines) du 16 au 19 septembre et Pour l’Amour du Fil à Nantes (29 septembre – 2 octobre). Neelam et moi serons à ces trois événements, pour moi en expo avec mes amies à Lacaze, en commissaire d’exposition des quilts météo en Alsace et en visiteuse avec Kristine à Nantes. Je me réjouis tellement de ces projets !
Voyons les choses positivement : nous avons profité de ce mois de confinement de 10 km pour enrichir la célébration de nos 10 ans : ce qui a été annulé ou reporté nous a donné du temps pour préparer ces quatre jeudis. Personnellement, cela a renforcé l’amitié que j’éprouve pour Émilie et j’ai confirmé le pouvoir de séduction de ces tissus artisanaux.
La semaine dernière, vous avez répondu à la question du patchwork et quilting main ou machine sur le blog de Neelam. Vos réponses sont très intéressantes, avec bien plus de sagesse et de discernement que ce que j’ai pu lire ailleurs, la diversité est naturelle ! Pas de bonne ou de mauvaise réponse, et comme précédemment, 3 gagnantes ! Bravo à elles et bonnes créations avec Neelam et BeeBook !
Ce rosier liane fleurit en avril, il est si beau ! Très exubérant, il colonise une arche dans le jardin. Autre avantage : il est rigoureusement sans épine ! Il s’appelle le rosier Banksiae Lutea et se bouture très facilement. Pour une fille qui croyait ne pas aimer pas le jaune… On ne finit pas de se découvrir !
Une invitée inattendue lors de la séance photo. Le tissu noir surexposé n’est pas beau ici, mais vous voyez des détails !
Des contraintes familiales m’obligent à faire une pause de blog pendant quelques semaines. Rien de grave, juste des obligations qui prennent du temps. Mais après avoir célébré ces 10 ans avec autant de joie, je ne vais pas m’arrêter ainsi ! Alors à bientôt, et continuons à prendre des précautions, car attraper le Covid n’est vraiment pas une partie de plaisir. Votre amie abeille quilteuse, Katell
C’est le 22 avril 2011 que j’ai créé ce blog ; un an après, je me rendais compte que c’était Le Jour de la Terre depuis 1970, une belle coïncidence. Cette année, c’est le jour choisi pour le départ de la Mission Alpha : Thomas Pesquet et trois autres spationautes partent pour une nouvelle Maison à plus de 400 km de la Terre ! A 12 h 11 si tout est nominal, le décollage aura lieu. Report à demain 11h49 ! Nous leur souhaitons une pleine réussite pour ce voyage et, à notre compatriote, autant de passion du partage que lors de son premier séjour. Même si on peut parfois s’interroger sur l’intérêt de la conquête spatiale (ce qu’il aborde et justifie ici), le génie humain impressionne, Thomas Pesquet lui-même suscite l’admiration et il est un formidable ambassadeur de la cause scientifique. La science nous sauvera-t-elle du bouleversement climatique et des perspectives alarmantes ? C’est la vision optimiste de notre avenir.
C’est une phrase que j’aime bien et qui pourrait convenir à ThomasPesquet qui est aussi grand sportif, aviateur, musicien… mais cette « citation » n’existe pas dans le livre ! Ah les facéties de notre monde digitalisé…
Thomas Pesquet est parfois appelé Le Petit Prince, avec son visage enfantin et son regard bienveillant…
Aujourd’hui, nous aussi avons la tête dans les étoiles car c’est toujours la fête du patchwork avec les 10 ans de Neelam Textiles du Monde et de La Ruche des Quilteuses !C’est notre 3e jeudi sur 4, 4 semaines d’idées de patchwork et de cadeaux, une collaboration fructueuse entre Neelam et moi, rien que pour vous faire plaisir !
Changeons de style : j’ai choisi de vous faire suivre mon cheminement créatif sur un projet – un tout autre chemin de traverse 😉 que la semaine dernière ! Ce n’est pas tant pour que vous reproduisiez le modèle, que pour montrer comment une idée de départ peut aboutir à un quilt – et tant pis parfois pour l’orthodoxie du travail !
Ayant coupé beaucoup de carrés les semaines précédentes, j’ai décidé d’aller cette fois vers des bandes et des triangles.Pour mon ouvrage de la semaine,mes inspirations sont à la fois du livre de Gwen Marston & Cathy Jones et celui de Nicholas Ball (ci-dessous son livre et 2 de ses quilts aux triangles).
Quels quilts exceptionnels ! Je vous recommande chaleureusement ces deux livres.
Parfois on entend ou on lit cette question : à quoi servent tous ces quilts ? La meilleure réponse est :
C’est véritablement utile puisque c’est joli. Le Petit Prince, Saint-Exupéry (chapitre XIV)
Les quilts de triangles de Nicholas Ball me font penser aux cabanes que je vois dans la forêt, bâties avec des branchages.
Dans la forêt près de chez moi, certains endroits sont toujours enchanteurs, quelques sentiers sont, en ce moment, bordés de genêts et d’asphodèles. Ici, la biodiversité s’éloigne mais on s’amuse quand même, on fait des cabanes !
Refuges triangulaires aussi, les tipis bien connus des Amérindiens nomades des Grandes Plaines.
Tipis des Shoeshones, vers 1900.
Que vais-je faire de ces images inspirantes ?Et comment utiliser en même temps des tissus Neelam d’une nouvelle manière ?
Improvisation : My Happy Place
Pour sortir de mes habitudes, j’ai demandé du tissu noir teint artisanalement et quelques coupons de soies claires (toujours de chez Neelam) à Émilie et j’ai réuni mes bandes de tissus Neelam, restes d’autres ouvrages.
Encore et toujours le plaisir de créer avec ces tissus nomades, éthiques et artisanaux !
Tradition et modernité, des impressions anciennes et récentes sur coton, associées à la brillance d’unesoie. Tissus et photo Neelam
Commençons par la coupe de quelques triangles de soie renforcés au thermocollant, puis cousons un « toit » avec des bandes de coton. J’ose, j’avance et on verra bien !
J’ai thermocollé un parallélogramme pour découper deux triangles dans ce bout de soie.Sur 2 côtés des triangles de soie, je couds des bandes sans prendre la moindre mesure. Tout est décidé visuellement : « est-ce que ça va comme ça ?« , si oui, j’avance ! Décision : le 3e « toit » est toujours un imprimé sur fond noir.Faire ces tipis, c’est rapide et ludique puisque je souhaite avoir des triangles qui vivent leur vie, irréguliers s’ils le veulent !
D’habitude, je n’entoile pas les tissus de coton Neelam, contrairement à beaucoup de monde (y compris Émilie pour ses panneaux muraux). L’entoilage facilite le maintien des tissus. En général, je me contente du repassage et, éventuellement, de ma bombe d’amidon. A chacun ses préférences ! Cependant, la soie s’effiloche facilement, je passe donc par cette étape avec un thermocollant non tissé blanc pour tissus légers, de quoi découper 2 triangles par couleur. Mon projet est de faire 12 ou 13 triangles pour en sélectionner 10, pour les 10 ans.
J’ai trouvé un beau reste de molleton sur lequel je dispose mes tipis. On les croirait dans une prairie enneigée ! Parfois, je fais les choses à l’envers, cette fois-ci c’est le molleton qui me montre le chemindu format du futur quilt.
Ma disposition est bien irrégulière, comme le sont ces tipis… Vais-je encadrer chaque tipi de tissu noir pour arriver à des rectangles comme Nicholas Ball ? Vais-je les mettre en rangées comme un quilt du livre de Gwen Marston ? Les tipis virevoltent pour trouver leur place et le placement est trop irrégulier pour suivre le montage de Nicholas (ajouter du tissu de fond pour que chaque tipi soit dans un rectangle) et j’ai envie de conserver le chevauchement des rangées. Il va donc falloir innover !
Finalement, je crois que le village va avoir 12 habitations au lieu de 10, juste parce que🙃. Cette disposition suppose quelques cogitations pour arriver à mes fins ! Plutôt qu’un découpage complexe de triangles noirs de fond et une multitude de coutures partielles, j’opte finalement pour une succession de bandes de tissus de fond noir découpées horizontalement. La hauteur de chaque bande noire sera en fonction de la hauteur entre deux bases de tipis. En conséquence, j’appliquerai les deux autres côtés du tipi à la machine. Je n’ai encore jamais vu cela, mais c’est ma solution, simple et très rapide !
Chaque tipi est repassé, les deux marges de couture rentrées et la pointe bien préparée. La base reste « à cru » et sera prise dans les coutures de bandes noires.Je commence le montage par le haut. Sur une première bande je pose mon tipi le plus haut au bon endroit, la base alignée en bas et les marges de couture des côtés repassées à l’intérieur. Je pique les deux côtés à 1 mm du bord. Je replace le tipi et sa bande noire à sa place sur le molleton (photo). Je mesure l’écart entre la base du prochain tipi et celui-ci : 12 cm environ. Je coupe donc une bande noire de 12 cm pour la prochaine étape.Je vais coudre ces deux bandes noires endroit contre endroit, emprisonnant la base du tipi du haut. Les tipis suivant seront appliqués après et déborderont de la bande de 12 cm. Ils sont pliés ici, juste pour la démonstration.
Au fur et à mesure, je vais descendre, avec un ou deux tipis à mettre par étage.
L’improvisation est une suite de décisions à prendre. Ktl
Voici le montage final, photographié le lendemain au lever du soleil :
Ce sont finalement 10 bandes noires qui me sont nécessaires pour monter les tipis comme je veux.
Ce top n’est pas fini, je souhaite lui ajouter une bordure originale, une décoration supplémentaire… Ce sera pour la semaine prochaine !
J’ai trouvé un nom à ce projet : My Happy Place, qui signifie mon endroit préféré, mon coin de paradis, mais aussi mon jardin secret, mon monde heureux… Faire une improvisation et évoquer les peuples premiers des USA, c’est bien My Happy Place à tous égards… Je leur dois tant, une autre compréhension de l’Histoire qu’on nous raconte, la découverte d’une sagesse oubliée, une vision du Monde dont nous devons nous rapprocher… Il n’est pas question de régresser, mais de gagner en sagesse.
Tout comme l’arbre a besoin de ses racines pour grandir, nous avons besoin des peuples autochtones pour écrire le monde de demain. #loveplanet
La Terre, notre Happy Place à tous
Et mon esprit retourne vers Thomas Pesquet qui va observer notre Terre à 400 km d’altitude pendant 6 mois. Si belle, si forte, si fragile, si unique.
Voir la Terre de haut et constater cette fragilité, ça fait beaucoup réfléchir. Thomas Pesquet
Jean-Pierre Goux, que je suis sur les réseaux sociaux avec attention et que j’ai déjà évoqué deux fois sur ce blog, a créé une ONG appelée One Home – Une Maison. Il souhaite, par l’overview effect, la vision de notre planète vue de l’Espace, émouvoir l’humanité, comme elle bouleverse profondément presque tous les astronautes (USA), cosmonautes (Russie), spationautes (Europe)… Elle incite à une prise de conscience de ce non-choix : nous n’avons pas d’autre planète où aller vivre, donc il est absolument nécessaire de prendre soin de la nôtre. C’est une évidence, c’est comme les jolies paroles du Petit Prince que JP Goux et Thomas Pesquet affectionnent tant, qui résonnent fort en nous. Mais attention aux fausses sources !…
Désolée, encore une fausse citation !!!
Avec l’art, y compris l’art textile bien sûr, nous résistons à la standardisation de notre monde, nous mettons de la poésie dans nos vies. Que la Terre devienne notre Happy Place à tous, encore plus que dans le passé ! Mais cela ne viendra pas tout seul et sans effort, il faut se bouger pour que l’aventure humaine continue, et qu’elle soit joyeuse. C’est pourquoi, après avoir dévoré Le Siècle Bleu de JP Goux, j’attends avec confiance son futur livre La Révolution Bleue. Je serai sans doute une de ses premières lectrices à sa sortie, et je vous en parlerai !
Pour la troisième fois, tentez votre chance chez Neelam ! Les trois gagnants de la semaine dernière sont cités par ici en fin d’article. En ce mois anniversaire, nous vous offrons livres et tissus pour entretenir VOTRE Happy Place ! Suivez ce lien, et bonne chance ! Outre la possibilité de participer au tirage au sort, vous découvrirez comment travaille Emilie, styliste de formation, et d’où vient sa connaissance du patchwork… Neelam, c’est une affaire de coeur !
Un logo créé par Émilie de Neelam, qui symbolise notre Happy Place : la joie que nous offre notre art et le bonheur de nos liens d’amitié !
Avec patience et confiance, espérons des jours meilleurs et la préservation de notre Terre, notre Happy Place à tous. Mais surtout, Happy Quilting ! Katell
En avril 2021, la bannière du blog évolue : nous quittons les chiffres romains indiquant l’année 2021 :
Avez-vous entendu récemment la polémique sur les chiffres romains trop difficiles à déchiffrer de nos jours, qu’on envisagerait de supprimer dans certains musées ? Kristine avait eu une bonne intuition en nous présentant cette bannière en janvier dernier😁, elle est toujours dans l’air du temps !
Nous avons de nouveau une création de Bee Kristine et des hexagones de Bee Éliane. Merci à toutes deux !
Kristine excelle dans les pleins et déliés, ici magistralement brodés !
En avril 2021, nous projetions d’accueillir notre amie Bee Brigitte, tout juste revenue de Dubaï, et de faire une grande fête de l’amitié entre Abeilles, même masquées 😷. Même si, grâce à internet, nous avions gardé contact, grande est notre impatience de la retrouver, de l’écouter nous raconter son enrichissement culturel et humain…
La vie de Brigitte à Dubaï fut radicalement différente, avec le privilège de pouvoir faire une promenade quotidienne au bord de l’eau, toujours à température idéale ! Ce sont presque 5 ans de grands voyages aussi, de découvertes d’autres civilisations, d’autres paysages… (photo-mosaïque de Brigitte sur FB)
C’est toujours ainsi lorsqu’on habite un temps à l’étranger : ce qu’on estime être la vérité ici est une croyance discutable ailleurs, et cette découverte permet de mieux relativiser les choses, de mieux appréhender la nature humaine aussi, de confronter ses goûts et convictions à d’autres us et coutumes. Et en même temps on découvre que cette diversité est comme un Tout.
Les vérités différentes en apparence sont comme les innombrables feuilles d’un même arbre. Gandhi
Je vous avais raconté son envol en été 2016 et nous nous réjouissons de son retour ! Mais Brigitte, arrivée le 1er avril en France, ne pourra nous rencontrer qu’en mai, quand on fera ce qui nous plaît, paraît-il.Et nous retrouverons enfin le bonheur d’être ensemble, de partager les rires et les papotages, et d’aiguiser notre créativité !
Brigitte, ici au centre, a toujours eu le sens de la fête ! Elle a en elle la joie de vivre et il me tarde tant de la retrouver ! Cette photo fut prise lors de notre JA sur le thème des violettes, en mars 2015. Pour l’occasion, elle portait une perruque violette !
En avril 2021, ne te déconfine pas d’un fil. Les Abeilles vont rester sagement séparées, le temps que passe l’orage.
En avril 2021, ne nous laissons pas démoraliser par ce que nous ne pouvons changer. Mesurons au contraire notre chance d’avoir mille et une raisons de nous réjouir tout de même. La pandémie nous incite à réévaluer nos choix et nos chemins de vie, à repenser à la valeur de la santé et de la vie, même si on a la chance de ne pas faire partie des presque 100 000 familles françaises éprouvées par le décès d’un proche vaincu par ce terrible coronavirus.
En avril 2021, c’est avec joie que je vous montrerai le quilt que j’ai fait pour les 50 ans de ma sœur Véronique, que je vous donnerai des conseils pour coudre un manchon d’accrochage… Mais je vous réserve aussi de très belles surprises chaque jeudi d’avril à partir du 8 !
La Ruche des Quilteuses et un partenaire-surprise vont rendre votre vie de quilteuse plus joyeuse !
Kristine m’a fait, comme chaque année, la surprise de la bannière de janvier : 2021 en chiffres romains, quelle bonne idée ! Évidemment quelques abeilles butinent et les imprimés à texte nous incitent à être joyeuses (be joyful), créatives (creative), inspirées (inspired), gentilles (caring), heureuses (happy), humbles (humble), vraies (true), uniques (original)… Be You, Etre Nous-mêmes!… Ce sont les couleurs choisies par Pantone pour 2021 : gris sombre et jaune acide, allégorie de la lumière au bout du tunnel. J’ajoute : Heureux Anniversaire à Kristine, ce 11 janvier !
2020 laissera un souvenir indélébile, celui d’une pandémie mondiale qui a tout déréglé. Pour les quilteuses, c’est l’arrêt de la plupart des joies des rencontres autour du patchwork, les JA, les Salons, les Expositions… Téléphone, mails, réseaux sociaux permettent heureusement de garder contact, mais les rencontres en vrai, c’est devenu rare et néanmoins irremplaçable.
Ce mot de la langue inuit, ceux que naguère on appelait les Esquimaux, est intraduisible directement : c’est l’excitation qui vous saisit dans l’attente d’une visite, celle qui vous fait regarder par la fenêtre ou sortir sur le palier pour savoir plus vite si l’invité arrive…
C’est ce je fais, comme une gamine qui guetterait l’attelage du Père Noël dans les nuages, quand la Ruche se réunit chez moi. Vendredi en début d’après-midi, j’étais complètement iktsuarpok !
Nous nous sommes montré nos dernières réalisations, le temps est passé vite à papoter (beaucoup !) et à coudre des oiseaux en vue d’un quilt à faire ensemble. L’ambiance était gezellig comme j’aime.
C’est un mot hollandais aux sonorités très gutturales, mais qui décrit un état de béatitude, un sentiment de confort et de bonheur quand on est ensemble, en bonne compagnie, en toute sécurité et confiance.
Nous avons d’abord choisi la disposition des blocs faits à l’automne pour un quilt destiné à une famille sinistrée dans les Alpes-Maritimes, ce projet a été très retardé en raison du confinement :
Scrappy Trips around the World, modèle de Bonnie Hunter/Quiltville.
Puis ce fut l’habituel Montre & Raconte :
Andrée est sur le point de terminer ce splendide quilt aux tissus japonais, mis en valeur par un fond de plusieurs nuances de bleus doux. Je l’aime infiniment. C’est interprété d’un quilt paru dans un livre de Tilda.
Danièle nous avait montré l’avancée de ses quilts en tissus Neelam lors de la Ruche juste avant Noël :
Danielle a beaucoup aimé s’amuser avec ces trois couleurs, et sa fille a réservé ce quilt pour elle !
Diabolical Jane
Je reviendrai très bientôt sur les Diabolical Jane, car j’ai reçu des photos de vos réalisations sur diabolicaljane@gmail.com. Ceux que j’ai déjà reçus sont splendides ! En attendant, en voici quelques-uns des Abeilles :
C’est celui d’Évelyne, avec le vert acide qu’elle aime tant mettre dans presque chacun de ses ouvrages. Sans bordure ajoutée, une option très moderne.Son beau dos, en patchwork de restes, montre le travail de quilting à la machine, très réussi !C’est celui de Kristine, avec une bordure qui lui permet d’utiliser un ruban ancien hérité de sa mère. Frais, printanier et harmonieux !Comme toujours, Kristine brode des étiquettes informatives et superbes, avec un petit échantillon du ruban de bordure (le carré fleuri)Andrée a laissé parler l’exubérance des wax, quelle réussite !Maïté a modifié le modèle pour en faire SON DJ unique, très spectaculaire !
Le 18 décembre dernier, jour de la Ruche précédente, nous avions déjà vu les beaux DJ de Chantal et de Vive, les Abeilles manquantes avant-hier. Je les ajouterai lors d’un article récapitulatif. Danièle en a fait un splendide également, très coloré… Je n’ai pas toutes les photos. Quelle émulation ! Et le mien est très grand, 2 m de côté, pour le lit de ma fille aînée qui vient de fêter son anniversaire (une Capricorne de plus), je vous en ferai une bonne photo pour le prochain article à ce sujet.
Quilts Météo
Ah quelle aventure que ce quilt météo ! Pour chacun qui l’a fait en 2020, cela restera un ouvrage très spécial, lié aux événements personnels de 366 jours mais aussi à cette année dont le fil rouge restera à jamais l’expansion mondiale du Covid19. Dans le groupe privé Facebook qui réunit à ce jour 712 membres, on voit une diversité extraordinaire d’ouvrages, tous plus beaux les uns que les autres. Les quilteuses font preuve d’endurance et de créativité ! D’ores et déjà, je peux vous annoncer qu’une exposition de quilts météo pourra se faire dans le Tarn, fin juin 2022, les modalités seront à finaliser avec les organisateurs. J’espère que nous aurons d’autres propositions car ces quilts méritent de voyager pour être vus et revus un peu partout !
Éliane montre son quilt terminé, hormis les bordures et le quilting.Elle a résolu son problème des deux mois accolés de 31 jours, juillet et août, qui décalaient les colonnes, en incluant des losanges où est brodé le titre.Si vous avez la chance de voir un jour ce quilt de près, vous verrez que Maïté a ajouté de nombreux détails brodés…
Cerise sur le gâteau, des quilteuses ont entamé un quilt météo 2021 !
La Pause
Fika (café en verlan suédois !) est le moment privilégié où on fait une pause avec un bon café et un petit gâteau (pour nous c’était thé aux cerises/hibiscus et oreillettes d’Éliane), une pause qui peut s’étirer parce qu’on est simplement bien ensemble…
Après avoir vu tant de belles choses, nous avons fait la pause Fika et nous avons évoqué l’assaut du Capitole, un traumatisme de plus infligé par un Président qui n’a cessé de nous navrer. Et nous avons encore bavardé, nous souvenant des inoubliables journées passées avec nos chères amies américaines LeeAnn, Jeanne, Tari, Betty – et j’ai distribué avec grand plaisir les calendriers que Betty a offerts aux Abeilles pour 2021. Betty, you will be with us in our ateliers! Thank you so much again 💗
Et la sécurité ? Nous ne sommes pas kamikazes (autre mot venant d’ailleurs), nous vivons toutes plutôt isolées, la plupart en maison individuelle à la campagne ou presque. La pause Fika s’est faite dans une autre pièce en remettant nos masques après chaque gorgée de thé. Notre département est actuellement relativement peu impacté, nous avons jugé raisonnable de nous revoir dans cette grande pièce où l’air circule bien. S’il est reconnu que la peur et le stress affaiblissent les défenses immunitaires, j’ose penser que notre rencontre vitaminée les booste momentanément !
Oiseaux de passage
Nous avons une bonne nouvelle qui, espérons-le, ne tombera pas à l’eau… La Ruche des Quilteuses est invitée à exposer en juin prochain à Lacaze dans le Tarn ! Ce sera un week-end très festif où chacun sera heureux de replonger dans une vie faite d’art et d’amitié. Nous ne serons pas seules, à l’appel de Christine Meynier et Cécile Milhau, LesFilles du Rouvray, les quilteuses passionnées qui travaillaient dans le premier magasin de patchwork de France, exposeront une belle sélection de leurs œuvres. Ce sera un grand événement, d’autant plus que cette année, de nouveaux lieux d’exposition ouvriront dans le village en cumulant les expositions 2020 et 2021, avec de nombreuses animations et surprises ! Alors réservez dès à présent votre dernier week-end de juin pour visiter le cœur de l’Occitanie, près d’Albi-la-Belle.
Lacaze, au cœur de l’Occitanie
Pour remercier Les Amis du Château de Lacaze, l’association organisatrice de cet événement, nous allons faire un quilt pour une tombola. Son nom temporaire est Oiseaux de passage, car nous l’avons imaginé lors des passages des oiseaux migrateurs. Qu’on aime voir les oiseaux voler et parfois se poser en groupe dans la campagne, avant de les admirer repartir en nuée sonore… Un spectacle éblouissant !
Malheureusement, depuis 40 ans les oiseaux sont décimés eux aussi. Ces petits animaux à la fois familiers et merveilleux doivent désormais bénéficier de protections drastiques. L’écrin de verdure de Lacaze est un lieu idéal pour rappeler ces évidences. La première étape s’est passée hier, avec le choix de faire des oiseaux aux ailes en tissu Wax (batik africain) et au corps uni, en couture improvisée. Des Abeilles faisant des oiseaux, mais oui tout arrive !
Il faut d’abord bien comprendre comment faire un piou-piou.A la recherche du tissu uni qui ira avec le wax…On aura sans doute assez de tissus !On maîtrise la coupe des piou-pious, tout va bien !
Iktsuarpok, Gezellig, Fika, ces trois mots qui n’existent pas en français résument notre première journée de l’année ensemble. Ces mots (et ces illustrations) sont tirés du petit livre Lost in Translation d’Ella Frances Sanders, malheureusement pas traduit en français. Vous y trouverez une cinquantaine de petits mots tout mignons comme ceux-là !
Merci du fond du cœur pour tous vos vœux, je crois que je ne réussirai pas à répondre à chacun, veuillez m’en excuser. En revanche, je vais reprendre le chemin un peu oublié des réseaux sociaux et de nouveau alimenter mon blog.
Que la sérénité me soit donnée d’accepter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre. Marc-Aurèle
Que chacun réussisse à passer la meilleure année MMXXI possible !
Mis à part quelques rares hommes, tellement talentueux d’ailleurs, ce sont les femmes qui s’expriment dans l’art textile, et comme bien d’autres femmes, après avoir vécu dans un milieu mixte ou à majorité masculine, j’ai découvert le bonheur d’avoir un entourage majoritairement féminin. Évidemment, quelques exceptions perturbent l’ambiance ça et là, mais c’est un problème qui ne tient pas au genre, juste à la nature humaine.
L’entourage des quilteuses m’a tellement apporté ! Les Abeilles, mes amies, bien sûr, et tant d’autres rencontrées dans ma région, en stages, en Journées de l’Amitié…
J’avais déjà l’amour inconditionnel de mes trois sœurs, un peu plus jeunes que moi mais si proches. Ce capital confiance est inestimable, pour la vie. Mais dans notre société, malgré le féminisme qui prend racine dans le Siècle des Lumières et se concrétise avec les mêmes droits à l’éducation, au travail, au vote (etc.) que les hommes, il a fallu encore et toujours combattre le patriarcat, le sexisme… Les suffragettes, puis d’autres mouvements plus récents comme le MLF, ont fait avancer les mentalités dans notre société – des hommes comme des femmes. Et des hommes ont aussi contribué à ces avancées. Pas tous… malgré leur renommée.
L’homme crée, la femme procrée. JJ Rousseau
Le génie ne peut être que masculin. Proud’hon
Naïvement, je croyais le droit de cuissage, la promotion canapé et autres pratiques de domination masculine quasi obsolètes, mais #metoo ou #balancetonporc ont dénoncé leur douloureuse actualité, tellement fréquente encore. Nous verrons dans les prochaines années si ce mouvement de masse fait que durablement ces scandaleuses pratiques diminuent. Toujours est-il que ces dénonciations sont un élan de solidarité féminine, bien plus vive depuis quelques années, avec l’esprit de sororité (vient du latin soror, sœur ou cousine), ce sentiment de respect, de confiance, de connivence entre femmes, qui est encore autre chose que la pure amitié. Ce n’est pas un mot nouveau :
… Et tu seras protecteur de leur sororité. François Rabelais, le Tiers Livre, 1546
Photo Cercle de Femmes – Montréal (Canada)
Des réunions de femmes existent bien sûr depuis « toujours » : cercles d’amies, cercles littéraires, cercles de quilteuses, mais désormais éclosent des cercles de paroles de femmes pour être femme et vivre femme. Sans rejeter les hommes mais sans en avoir besoin, comme une complétude. Beaucoup se tiennent à la nouvelle ou la pleine Lune, pour célébrer la proximité de la femme avec cet astre. En général, ce n’est pas un endroit de thérapie, mais simplement un lieu où l’on se sent en sécurité pour partager son vécu et apprendre de l’autre. Ces cercles de femmes reprennent des coutumes ancestrales, dans nombre de civilisations traditionnelles, et ce sont les Amérindiennes qui sont mises généralement en avant comme modèle.
Pendant ces quelques jours considérés comme sacrés, les hommes œuvraient pour que les femmes ne manquent de rien et soient pleinement disponibles pour communier, écouter leurs intuitions, se transmettre du savoir et recevoir les visions qui pouvaient être utiles à l’ensemble de la tribu. Bhakti
J’ai découvert récemment Leah Dorion, artiste Metis (peuple canadien issu d’anciens métissages amérindiens/européens, principalement français) qui illustre avec simplicité et beauté ces cercles de femmes. Elle peint son héritage du Saskatchewan (Canada), célèbre les femmes de son peuple, leur spiritualité dédiée aux forces de la nature ou des scènes de la vie ; que ces petits bijoux vous emplissent de joie, et peut-être vous inspirent une œuvre textile !
Femmes qui dansent, Leah Dorion (2007)
Les petits cercles partagés en quatre, en rouge-jaune-blanc-noir, sont présents dans presque toutes les peintures de Leah Dorion où se trouvent des femmes. C’est la roue de la médecine amérindienne.Donneuses de Vie, Leah Dorion.
Cueillette d’amélanches, Leah DorionDouzième Lune, Leah DorionTreizième Lune, Leah DorionSouffle de Vie, Leah DorionMenant les chevaux, Leah DorionHymne au Tremble (l’arbre), Leah Dorion, 2015
Nous avons appris hier le décès d’Annick Subra de Salafa, tellement appréciée en Haute-Garonne, en Ariège, dans le Tarn, dans l’Hérault et bien plus loin encore.
Les élégantes Toulousaines sont allées, pendant plus de 50 ans, s’approvisionner en tissus chics dans son magasin, et plus tôt celui de sa mère Suzanne Meurisse, à Toulouse. C’était Nord Midi Tissus, le magasin de Madame Meurisse, fondé en 1946 et situé d’abord Place des Carmes, puis au 30 rue de Metz. Ma grand-mère aimait y aller, sur les trois niveaux il y avait un si grand choix de belles étoffes ! Je crois bien que la robe de mariée de ma mère, qui s’est mariée à Lavaur, était en soie blanche de chez Madame Meurisse. Puis les temps ont changé, le prêt-à-porter a gagné sur la couturière et le magasin a fermé en 1999. Annick a récupéré chez elle des kilomètres de tissus, rubans et fils, tout ce qui n’avait pas trouvé acquéreur.
Depuis, elle vendait ses trésors au fil du temps, fidèle aux brocantes de couturières, ne cherchant pas à faire fortune mais plutôt à rencontrer des passionnées…
Tous les 15 août à Labastide-Rouairoux (81), elle était la première à qui je disais bonjour ! Elle tenait le grand stand à l’entrée. Et pour rester au goût du jour, elle préparait des kits avec ses jolis tissus, dentelles, galons et boutons… (photo Fête du Fil)
Elle ne manquait jamais les JA de France Patchwork 31, c’est ainsi que je l’ai rencontrée et appréciée. Et à chaque fois, c’était un rayon de soleil que je rencontrais 🌞.
A chaque défi collectif, elle nous offrait de quoi compléter nos fournitures : des rubans rouges pour le Projet 70273, de la soie blanche de robe de mariée pour une robe de Joëlle Vétillard, des lisières pour la Valisière… Quelle attention, quelle générosité !
Annick était une femme cultivée, intelligente et extrêmement gentille. J’avais une très belle relation amicale avec elle et son départ me rend très triste. Je sais que je ne suis pas la seule à être réellement peinée de sa disparition.
C’était aussi une lectrice de la Ruche des Quilteuses, c’est pourquoi je tenais à lui rendre hommage ici. Mes plus sincères condoléances à toute sa famille et ses proches.
Stephanie et moi nous sommes rencontrées un beau jour d’été l’année dernière, à Toulouse. Nous avons une très chère amie commune, LeeAnn, ma Sister de l’Ouest américain, cela crée des liens instantanés !
Un quilt de LeeAnn dont je ne me lasse pas, Gratitude, illustration parfaite pour cet article.
Nous avions fait un petit tour dans le centre ville, avec l’incontournable visite àla Maison de la Violette, une péniche unique au monde que j’aime toujours faire découvrir, avec sa sélection d’excellents produits et, toujours en décoration, des quilts (de la maman d’Hélène Vié, sa fondatrice, et/ou de la Ruche des Quilteuses, selon les saisons) :
Peace, une des plus belles oeuvres de Rieko Koga. Un mot si bien choisi…
J’ai découvert une femme très souriante, amusante, parlant très bien français. Elle gardait encore une certaine fatigue de ses traitements, mais elle respirait la joie de vivre ! J’ai été très touchée de recevoir ses confidences et voulais depuis longtemps partager avec vous son courage face à un cancer très agressif – c’est souvent le cas quand on est encore jeune – déjà au stade 4, qui a nécessité d’interminables mois de traitements, chimios puis radiations. Et puis plusieurs récidives tout aussi agressives et inquiétantes. Nombre d’entre nous savons aussi de bien trop près ce dont il s’agit. Stéphanie est guérie et sa victoire est due bien sûr aux traitements, mais aussi sans aucun doute à son état d’esprit. Elle s’est entièrement branchée sur la positivité et l’amour, l’expression d’un océan d’ondes positives, des vagues d’espoir, une houle de gratitude. De la gratitude, oui… Comment entretenir cette force mentale quand on va si mal ? C’est tout un travail sur soi, qui peut parfois se faire en solo mais bien plus souvent avec l’aide de thérapeutes (voir Guérir : les énergies qui soignent). Les docteurs nous le disent bien, les personnes qui ont le moral guérissent mieux.
Je crois bien que sa technique préférée est l’appliqué collé et quilté, appris et perfectionné avec Freddy Moran, qui lui permet toutes les fantaisies !
A la suite de son premier stage avec Freddy Moran en 2012 à Sisters (Oregon), Stephanie a réalisé ce formidable quilt(photo LeeAnn)
Stephanie était de nature inquiète, une anxieuse de la vie, malgré un abord très souriant. Elle menait tout sous contrôle et se souciait de mille et une choses qui ne sont jamais arrivées. Et puis ce qu’elle n’imaginait même pas s’est déclaré, un premier cancer bien vilain. L’annonce a été un coup de massue, et en même temps il lui est apparu, clair comme l’eau de roche, qu’elle ne contrôle aucunement sa vie et il est bien temps de cesser de se focaliser sur ce qui n’existe pas ! En dépit de toute la réalité complexe du diagnostic, Stephanie s’est sentie plus légère, plus libre, soulagée et même étourdie, son exact contraire ! Au fur et à mesure que passaient les semaines, elle a redéfini l’essence de sa vie.
Sur une mer déchainée et bien sombre, la barque Hope (Espoir) navigue, l’équipage (Stephanie et son mari) gardant le sourire !
Revenant d’une séance de chimio, Stephanie s’est visualisée sur ce beau catamaran, navigant joyeusement vers la guérison.
Pendant six mois, probablement interminables, Stephanie a visualisé ces petites fées de la chimio qui nettoient scrupuleusement tout son corps, pour le rendre tout sain.
Sur le long chemin de la guérison, elle a retrouvé ses ancêtres ukrainiens (petites poupées du folklore d’Europe de l’Est)
Stephanie se visionne heureuse au printemps, dans un champ de fleurs…
Quand sont arrivés les 28 jours de rayons, face à l’impressionnante machine bruyante, Stephanie a imaginé qu’on lui envoyait des rayons d’amour.
Un poème l’a sauvée, elle l’a appris par cœur pour se le réciter pendant les rayons :
L’être humain est un lieu d’accueil,
Chaque matin un nouvel arrivant.
Une joie, une déprime, une bassesse,
Une prise de conscience momentanée arrivent
Tel un visiteur inattendu.
Accueille-les, divertis-les tous
Même s’il s’agit d’une foule de regrets
Qui d’un seul coup balaye ta maison
Et la vide de tous ses biens.
Chaque hôte, quel qu’il soit, traite-le avec respect,
Peut-être te prépare-t-il
A de nouveaux ravissements.
Les noires pensées, la honte, la malveillance
Rencontre-les à la porte en riant
Et invite-les à entrer.
Sois reconnaissant envers celui qui arrive
Quel qu’il soit,
Car chacun est envoyé comme un guide de l’au-delà.
Djalâl ad-Dîn Rûmî
1207 – 1273
Son illustration du poème de Roumi
Dans le quilting, on lit Let it go, lâche prise
Stephanie va bien à présent, elle est en paix avec la vie, sereine, et continue de s’exprimer avec les fibres et les couleurs.
Une grande et belle jarre illumine ce quilt… plein d’espoir !
Stephanie a longuement combattu avec ses armes, la positivité et sa créativité l’ont accompagnée sur ce chemin difficile. Elle a découvert grâce à sa maladie une nouvelle manière de vivre, plus apaisée, plus lumineuse.
J’ai transcrit ici ce que m’a confié Stephanie, avec son plein accord bien sûr. A ce sujet, il est bon de préciser qu’il y a de nombreuses différences d’attitudes et de culture entre la France et les États-Unis. Parler ouvertement et en détails de sa maladie reste encore rare chez nous, alors qu’une Américaine se confiera volontiers. Est-ce parce que nous sommes un des peuples les plus pessimistes du monde, et parler de la maladie, c’est la concrétiser et risquer de ne pas la vaincre ?
La pensée positive, la loi d’attraction
Justement la méthode Coué, comme la positive attitude, sont souvent raillées en France. Émile Coué sait que nul n’est prophète en son pays… Ailleurs, dans des pays moins foncièrement cartésiens, ces méthodes aident à atteindre son objectif. A chacun de choisir sa certitude. Il s’agit de sélectionner une phrase qui correspond à la visualisation de son état meilleur, et se la répéter en pleine conscience, avec intention. Franchement, ce n’est pas sorcier, c’est gratuit et… c’est efficace ! Ce n’est pas une prière religieuse mais une affirmation positive au bon moment pour conditionner le cerveau, lui faire croire que ce qu’on veut est réalité. Le principe paraît si enfantin que beaucoup ne veulent pas y croire. C’est pourtant dans l’intention que se cachent les trésors de l’aide à l’auto-guérison.
Fake it till you make it, fais semblant que c’est vrai et ça finira par l’être. Phrase américaine du 20e siècle
Pour que cela fonctionne, quelques conditions sont requises, comme la persévérance et la formulation de la phrase. Pas de négation comme je ne veux plus fumer (le cerveau se focalisera sur fumer) mais je me libère calmement et avec assurance de la cigarette, pas de je ne veux pas grossir, mais je suis en paix avec la nourriture ou Je prends plaisir à maigrir par exemple. Il est bon de faire une phrase avec un rythme qui vous plaît, des sonorités qui vous conviennent. Ensuite, la formulation de pensées positives est une aide efficace si on se mobilise par ailleurs dans le même but – restons motivés !
Quand on décide de choisir son but, gardons à l’esprit la sagesse stoïcienne :
Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre. Marc-Aurèle
J’ai demandé à la Lune et le Soleil ne le sait pas… Indochine
Il faut comprendre cette phrase dans le sens où il est inutile de se charger mentalement de devoirs irréalisables ou, comme le faisait naguère Stephanie et tant d’entre nous, de peurs d’anticipation ou la compulsion du contrôle de tous les aspects de sa vie. Laissons de côté les doutes, les peurs, les craintes, cela diminue les immunités pour rien, ce n’est jamais profitable. Ayons de la gratitude pour ce que nous avons, même si c’est imparfait. MAIS on peut toujours demander la Lune, on n’est pas à l’abri de bonnes surprises…
Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. Mark Twain
Dans le même esprit, la loi d’attraction ou de l’action/réaction, qui se comprend grâce aux énergies vibratoires de soi et de l’univers, fait que les paroles et pensées que nous avons ont un effet d’aimant et peuvent changer soi-même et le monde. Cela semble utopique, trop beau pour être vrai ou très dangereux, mais sans doute est-ce simplement ainsi que va le monde. On peut apprendre à maîtriser cette loi d’attraction, cela ne tient aucunement du miracle mais d’un protocole qui nous libère des limites qu’on s’impose. Car nous sommes essentiellement limités par nos peurs, nos pensées, nos croyances, bien plus que les limites de nos capacités. Et toujours, ayons de la gratitude pour ce qui arrive.
Ce que tu penses, tu le deviens. Ce que tu ressens, tu l’attires. Ce que tu imagines, tu le crées. Bouddha
De nombreuses fois, on a demandé à Mère Teresa de participer à des manifestations contre la guerre. Elle a toujours refusé. Un jour, on lui a demandé de prendre part à une manifestation pour la paix. Elle accepta et précisa alors que les manifestations contre la guerre font des vibrations négatives et contre-productives, celles pour la paix, elles, peuvent servir ses convictions… (Petite histoire lue, mais non vérifiée. On peut la considérer comme une parabole !)
Mantra brodé par Rieko Koga pour la paix (détail).
Etre dépressif, c’est ruminer le passé. Etre anxieux, c’est redouter le futur. Soyons en paix, vivons dans le présent Et projetons le futur avec espérance. Ktl
Voici le mur d’expression de Stephanie, chaque tableau lui rappelle un épisode de sa vie, souvent un voyage ! Chacun est un soutien, un souvenir d’amour et de positivité, pour vivre aujourd’hui en paix.
Car, comme le proclamaitFrida Kahloqui a tant lutté elle aussi contre les douleurs et les maladies :
Dans les villes et les villages, en France et ailleurs pendant le confinement, des millions de personnes se sont mis à la fenêtre, au balcon ou dans leur rue pour applaudir tous les personnels qui travaillent pour nous, malgré tout : en premier lieu les personnels des hôpitaux, les soignants ainsi que tous les autres maillons indispensables de la chaîne de soins, mais aussi tous ceux qui ont continué à travailler en côtoyant d’autres personnes, alors que le risque était élevé et les protections souvent insuffisantes. Ce mouvement s’est amplifié, petits et grands ont eu à cœur de poursuivre les applaudissements jusqu’au dernier jour du confinement.
Applaudir à tout rompre, que ça fait du bien !
Être applaudi, c’est l’ultime récompense pour ceux qui ont réussi à toucher leur public, c’est la magie des spectacles vivants depuis la nuit des temps. Ces dernières semaines, les applaudissements sont la manifestation de notre reconnaissance, notre respect, notre admiration pour des personnes habituellement « invisibles ».
Dessin de presse : Frédéric Deligne
A Londres, le jeune Elliott, 6 ans, et son père Ian applaudissent tous les jeudis soirs à 20 h, tant que le déconfinement n’est pas prononcé. Presque chaque jour, le petit demande : est-ce qu’on est jeudi aujourd’hui ? tellement le rendez-vous hebdomadaire lui semble trop rare… Pour prolonger ce précieux moment, Elliott a pris en photo les mains de son père en train d’applaudir. Une photo suffit à donner l’impulsion pour une idée, des heures la transforment en tableaux… Car oui, si le fils a des idées, le papa a du talent…
Elliott et Ian Berry
Il s’agit bien sûr de Ian Berry et son fils, Ian qui utilise des blue jeans pour créer des œuvres d’art.
« Cela fait 15 ans que j’évite de faire des mains… « dit Ian. Sujet difficile ! Mais il n’a pas su résister à la reproduction de la photo de son fils…
Le jeune Elliott fait l’école à la maison en ce moment, mais il a droit de se détendre aussi… Après avoir vu un film de Disney, il demande à son père : peux-tu projeter tes tableaux de mains sur l’écran ?
Voici ce que cela donne, un applaudissement aussi vrai que nature :
L’effet est saisissant. Cet applaudissement aux personnels soignants mérite d’être vu… Grâce à Instagram et sa communauté d’amis, la double image se répand comme une traînée de poudre. L’idée est vite venue d’en faire une sorte d’hymne pictural.
Montrez ces mains entre amis, au fin fond d’une impasse ou sur le plus emblématique bâtiment de votre ville ! C’est une animation pleine de sens et bienvenue, pour ne pas oublier ce temps de profonde gratitude envers le personnel soignant et les autres professions-clé.
Ian donne ici le téléchargement en 3 définitions différentes pour que chacun puisse le projeter et, en retour, envoyez-lui des photos de l’événement à mail@ianberry.art ou postez-les directement sur les réseaux sociaux avec le label #IClapFor.
I clap for = j’applaudis pour…
Depuis fin avril, le clappement de mains de Ian Berry a été projeté dans des dizaines de lieux, la majorité en Angleterre et en Écosse, mais aussi à la Nouvelle-Orléans comme au Brésil, au Mexique comme en Californie, en Italie comme en Suède… Faisons qu’en France aussi, on applaudisse, comme dirait Elliott, pour nos super-héros qui prennent soin de nous pendant la crise sanitaire.
A Greenwich, où passe le fameux méridien, le 27 mai.
Celle-ci me fait particulièrement rêver :
Nous sommes sur les bords du Loch Ness, les applaudissements vont-ils réveiller le monstre endormi ?
Un site a été créé par Ian Berry pour garder une trace structurée de l’événement, et au quotidien c’est sur Instagram @ianberry.art. Fin 2020 et en 2021, des expositions auront lieu en Europe avec à la fois des œuvres de Ian, des photos artistiques de personnes confinées, des photos des projections #IClapFor… Aurons-nous la chance d’accueillir Ian Berry de nouveau en France ?
Si vous en avez la possibilité, faites vibrer vos amis, vos voisins, votre commune avec cet applaudissement !
Quand on a la chance d’avoir un cerisier, on guette les première rougeurs de ces billes juteuses, et quand les oiseaux ne leur ont pas fait un sort en une nuit, on prend un jour son panier pour les cueillir, mûres à point… Bonheur simple !
Le panier, accessoire modeste mais indispensable. Depuis la nuit des temps, il est utilisé pour transporter les récoltes, quand les mains ne suffisent pas, pour trier et ranger… et mille autres usages. Pendant des millénaires, il fut fabriqué avec les matières premières locales longues et souples, qu’on tisse. Qu’est-ce qui fut inventé en premier, le panier ou le tissu ? C’est en tout cas le même principe.
En général, un panier n’est pas un récipient étanche, il laisse passer l’air et la récolte s’en trouve bien, évitant de macérer trop vite.
L’harmonie du fait main
Dans l’État Navajo, j’ai eu la chance de discuter avec Pauline, une dame Navajo qui connaît les techniques ancestrales de la confection de paniers, et le goût de les faire. Dans le désert aride où nous nous sommes rencontrées, il ne semblait rien y avoir de bon à utiliser en vannerie, et pourtant… Elle gardait dans des sacs humidifiés dans une bassine quantité d’écorces et de branches fines de plusieurs couleurs naturelles, tissant, au gré de son envie, des dessins traditionnels, colorés par Dame Nature… En général, dans ce coin aride de l’Arizona, le sumac est la plante qui donne ces longues et plates fibres, mais on y utilise aussi le saule, le yucca et autres.
Ce panier est un panier de mariage navajo. L’ouverture claire dans le motif se met toujours à l’Est, au soleil levant. Les pointes noires figurent les montagnes sacrées. C’est une figuration de l’univers. Photo d’ici.
Quand une personne fait de la vannerie, elle s’efforce de joindre l’utile à l’agréable, en couleurs et en forme. Mais plus intimement, en terre navajo elle cultive l’essence de la beauté, de l’harmonie, de l’équilibre, le Hózhó. Tout est lié, l’esprit du créateur du panier, la matière naturelle utilisée et la Terre Mère qui donne vie. Ce principe central du Hózhó dans la vie des Navajos est bien expliqué dans le livre Sagesses d’Ailleurs, de Frederika van Ingen.
J’espère que dans le fameux monde d’après, je retournerai chez les Navajos qui m’ont si bien accueillie et tant marquée. Si vous y allez, vous pourrez trouver le livre ci-dessous qui explique les artisanats de tissage et de vannerie, si proches, intégrés à la vision du monde de ce peuple encore en harmonie avec la nature, malgré tout.
J’ai acheté ce livre au Navajo National Monument (entre Tuba et Kayenta), un endroit en retrait et peu connu qui mérite pourtant le détour, avec les ruines d’un des nombreux villages d’un peuple éteint appelé communément anasazi, un parcours botanique qui démontre à quel point les Indiens savent utiliser la moindre plante, et un Visitor center bien agréable. Le quilt est un chemin de table que j’ai fait avec des tissus achetés chez Blossom Quilts & Crafts, chez Alice.
J’adore les paniers artisanaux. J’en ai acheté plusieurs à La P’tite Grisette, qui avait son espace sur la place de Villefranche-de-Rouergue le jeudi matin, jour de marché ; et puis un jour, je ne l’ai plus vue. Elle utilisait 4 sortes d’osier, ce qui lui permettait de varier épaisseurs et couleurs.
Ah que j’aime l’ambiance des marchés ! Celui de Villefranche-de-Rouergue est un de mes préférés. Prochainement, je vais aller à celui de Mirepoix en Ariège, pile à la limite des 100 km autorisés…
Vous connaissez les nombreux blocs traditionnels qui montrent des paniers – ou baskets.
Ils sont partout, pour qui veut bien les voir ! Vous avez certainement vos modèles préférés.
Kristine a fait un tableau textile mêlant tradition et modernité, mais oui, un panier de cerises ! Je lui laisse la parole pour vous le présenter.
Voici venu le temps des cerises…
Faire plaisir à une amie qui a une passion dévorante pour les cerises, l’idée d’un quilt sur ce thème s’est imposée.
L’idée était d’utiliser des tissus anciens, de récupération, « recycling » très à la mode en ce moment, ce n’est pas nouveau pour moi, mon éducation a bénéficié de cette pratique, il fallait faire avec ce que l’on avait !
Quelques morceaux de torchons à liseré rouge, du vichy, du croquet, des chutes de tissus, des chutes de molleton (tombées d’ouvrages précédents) et deux entorses à la règle avec des matières neuves : la frise d’épis de blé, un achat compulsif qui n’avait jamais trouvé son utilisation, et le tissu du panier dont l’imprimé épis de blé correspondait à ce que je voulais réaliser.
Pour tresser ce panier, j’ai utilisé la méthode proposée par Victoria Findlay Wolfe dans son livre Modern Quilt Magic, qui consiste à coudre des bandes en chevrons qui s’entrelacent, j’ai modifié la façon de couper les bandes pour le faire à main levée. Pour symboliser une vannerie, cette méthode était toute indiquée.
Le temps est venu de prendre le panier et partir cueillir les cerises, puis se mettre en cuisine pour cuisiner les clafoutis, les tartes et les confitures…