Au Bonheur des Abeilles / Étoiles de la mémoire

Après le décès de sa chère maman à l’automne, Chantal a reçu de son père quelques tissus, souvenirs textiles d’une femme qui aimait coudre. Qu’en faire ? Des étoiles, c’était le symbole qui convenait. Ce vendredi, Chantal nous a apporté son quilt terminé qui lui tient fort à cœur, un quilt de mémoire.

⭐⭐⭐

Les Memory quilts sont très appréciés aux USA, certaines quilteuses s’en font une spécialité. Le but est de garder, sous forme de quilt, des souvenirs de ceux qui sont partis. J’ai déjà parlé des passage quilts faits par Sherri Lynn Wood, ici aussi. Récemment, mon amie LeeAnn en a fait deux, l’un en souvenir de deux amies récemment disparues, l’autre avec les tee-shirts de l’une d’elles, Laura, pour sa fille et ses petits-enfants.

Vie, Mort et Mémoire, Life, Death and Memory de LeeAnn Decker, est un bloc géant d’1,60 m de côté, avec un tissu fleuri utilisé alternativement à l’endroit et à l’envers. En souvenir de deux chères amies disparues récemment. Coudre ce top a agi comme une thérapie. Photo @niftyquilts
Les T-shirts de Laura, LeeAnn Decker, top tout juste fini, coupé et cousu de manière improvisée avec la méthode  expliquée par Sujata Shah dans son livre Cultural Fusion Quilts. Photo @niftyquilts
La matière première du quilt ci-dessus : les tee-shirs de Laura avant découpage. LeeAnn a gardé certains endroits tachés, usés, signes de Laura en vie. Photo @niftyquilts

Chez LeeAnn dans l’État de Washington, les rencontres entre quilteuses sont toujours interdites malgré les vaccinations avancées, tout reste virtuel via Zoom, les réunions de sa Modern Quilt Guild locale comme les stages. Tout est très bien organisé, mais l’impatience est grande de pouvoir se revoir « en vrai » ! Alors là-bas aussi, les quilteuses espèrent le retour des rencontres et des expositions en septembre ; en attendant, elles sont prolifiques pendant ces temps de repli sur soi. Les expositions des prochaines années seront denses !

⭐⭐⭐

Pour Chantal, la même pulsion de thérapie par le patchwork et de quilt-mémoire l’a conduite à choisir un bloc d’étoiles irrégulières. S’inspirant d’articles vus sur le Net (ici et), elle a développé sa propre technique de superposition et de coupe, plus improvisée et « sauvage » qu’à l’origine, pour arriver à un résultat qui m’a plu au premier regard :

Des tissus trouvés chez sa maman, associés à quelques tissus de son propre stock, de forts contrastes clair-obscur…

J’ai tellement aimé ce bloc que j’ai proposé à Chantal de nous faire un atelier vendredi dernier :

Après les deux premières coutures, on obtient un tipi ! Ce sont des coupes sans mesure et sans gabarit, mais avec beaucoup d’amusement !
Après cette démonstration, nous étions toutes en train de rêver à notre prochain quilt aux étoiles avec des pointes folles… Des blocs que Gwen Marston aurait beaucoup aimés, d’après LeeAnn qui la connaissait bien !

Le quilt de Chantal est splendide :

Étoiles de la Mémoire, Chantal Bommier
La nuit qui a suivi était la dernière avant la Nouvelle Lune, émotionnellement perturbante ; j’ai eu un sommeil léger et agité, avec une envie folle de commencer dare-dare un quilt d’Étoiles de Chantal ! Nous avons échangé nos impressions sur WhatsApp le lendemain, plusieurs Abeilles ont effectivement déjà fait d’autres étoiles dès le matin… Ah, Passion, quand tu nous tiens !

LA surprise : le dos !

On ne sait quel côté préférer…
Maxi-bloc des Marches du Palais, qui rappelle Hourglass de LeeAnn d’après un quilt de Gee’s Bend, mais aussi le 1er quilt-mémoire montré plus haut. Amusante synchronicité, elles ne se sont pas concertées mais ont fait en même temps un maxi-bloc souvenir, avec 8 500 km de distance !

Faire un quilt de mémoire est un concept glauque de premier abord, tant notre société veut gommer la mort. Mais l’expérience prouve que c’est une thérapie pour celle qui le fait, et un cadeau inestimable pour les destinataires.

Chantal a offert ce quilt à son père samedi, il l’a accueilli avec beaucoup d’émotion ; pour Chantal, faire ce quilt fut d’abord troublant, puis elle a perçu un apaisement intérieur : sa mère aurait aimé ce quilt.

Prenons soin de nous et de nos proches,
Katell

Un an après… le blues ?

Ressentez-vous un peu – ou beaucoup – de vague à l’âme ? On parle de fatigue pandémique dans les médias. Même si l’humanité a subi des périodes encore bien plus noires qu’actuellement, la lassitude atteint même les plus solides d’entre nous. Cela fait un an que nous vivons au rythme du Coronavirus. Certaines personnes subissent des situations dramatiques, mais pour la plupart le malaise reste diffus mais pesant. Pour oublier un instant nos problèmes, suivez-moi dans ce pêle-mêle de choses qui font du bien !

J’ai un remède simple, un bain de nature : une bonne marche à pied ! Une promenade à la campagne, la montagne ou au bord de mer redonne le moral, la nature est une source infinie de joies. Quelques citations pour la route :

La marche est le meilleur remède pour l’homme.
Hippocrate

Rien n’asservit l’homme qui marche.
Vincent Vincenot

Quand vous marchez, laissez vos pensées prendre la couleur de ce que vous voyez.
Robert Louis Stevenson

Si tu n’arrives pas à penser, marche ; si tu penses trop, marche ; si tu penses mal, marche encore.
Jean Giono

La marche apaise. La marche recèle une énergie bénéfique.
Patrick Süskind

La marche m’a remis d’aplomb, physiquement et mentalement, elle dissipe les nuages noirs.
Quelle que soit la direction prise, marcher conduit à l’essentiel.
Marcher, c’est faire un bout de chemin avec le temps.

Sylvain Tesson 

Le plus court chemin pour aller quelque part n’est pas la ligne droite, mais le rêve… Photo prise quelque part en Occitanie.

La forêt près de chez moi n’a jamais été aussi fréquentée que la dernière quinzaine de février : c’étaient les vacances scolaires ! Je m’en réjouis, ce sont autant d’enfants de Toulouse qui ont joué dans la nature au lieu de rester devant un écran. D’habitude en février, on ne croise que quelques sportifs et des bûcherons. Et des chasseurs.

Le réenchantement du monde que j’appelle de mes vœux n’est pas la priorité de tous ; cet hiver, les bruits des moteurs troublaient chaque jour de la semaine la quiétude de la forêt. Massacre des arbres à la tronçonneuse… Des hectares ont été sauvagement coupés, n’importe comment. Il est loin le temps où couper un arbre était un acte important, réfléchi, où l’homme demandait la permission – ou pardon – à cette vie bientôt interrompue. L’homme moderne trouve ceci absurde, il n’est plus animiste ! Mais l’énergie dans chaque organisme vivant peut nous faire considérer les choses d’une manière de nouveau plus spirituelle. Et si ça ne nous parle pas, considérons-le de manière pragmatique : trouver l’équilibre, la juste mesure entre le renouvellement naturel et le prélèvement humain est un des enjeux urgents. L’intelligence humaine serait bien mieux employée en protégeant la nature qu’en exploitant outrageusement ses ressources à court terme. 

Cela fait quelques semaines que je voulais vous présenter Paradis Perdus d’Éric-Emmanuel Schmitt, le premier volet de son Histoire de l’Humanité en huit volumes.

Cette lecture fut un enchantement.
Je me suis immergée dans la vie de ce village lacustre moderne d’il y a 8 000 ans, comme une re-connaissance. Les gens vivaient alors en pleine harmonie avec la nature, et ils nous sont si proches pourtant ! Je ne vous en dis pas plus, découvrez la vision du monde de nos ancêtres et cette belle histoire teintée de surnaturel.

Voilà un an, je vous montrais un top, et je ne vous ai pas encore montré le quilt terminé ! Il est plein de vitalité, de la taille d’un dessus de lit, largement inspiré du modèle Leaves in the Breeze, de Becky Goldsmith / Piece o’ Cake Designs (présenté dans le livre Appliqué outside the Lines) :

Entièrement quilté au coton perlé de diverses couleurs, la plupart en écho des feuilles et des branches, avec quelques fantaisies.
Début mars, c’est déjà le printemps, avec les jeunes pousses qui jaillissent de terre, les bourgeons qui explosent, les senteurs qui enivrent ! Jeunes Pousses, Katell, 2020, appliqué improvisé main, quilté main.

 

Il ne manque plus que les copines…

Autre lecture récente, un dialogue à cœur ouvert entre Nicolas Hulot et Frédéric Lenoir, l’un écologiste, l’autre philosophe des religions. Même si je n’adhère pas à tout aveuglément, ces deux hommes ont compté dans mon évolution personnelle, l’un depuis Le syndrome du Titanic, qui a rallumé ma flamme écolo, l’autre avec La promesse de l’ange, qui a résonné étrangement en moi. Ces deux livres sont parus tous deux en 2004, une année importante dans ma vie personnelle aussi. Depuis, j’ai lu une grande partie de leurs livres. Ma rencontre avec l’un d’eux reste inoubliable. Ils sont parfaitement imparfaits comme nous tous, ils sont mes frères de génération, mes frères d’idées, mes frères d’humanité. Leur livre en commun a subi pas mal de critiques, mais personnellement, j’y ai trouvé un grand réconfort : comme plusieurs de mes chères lectrices qui ont laissé un commentaire dans l’article précédent, nous ne sommes pas seules à penser pareil !

Depuis le premier confinement, France Patchwork anime avec beaucoup d’énergie son forum sur Facebook ; il est réjouissant de voir l’animation et la bonne humeur des participants ! J’avoue n’avoir suivi que le premier challenge qui commença le 18 mars 2020 ; il fit de chaque mercredi l’événement de la semaine : quelle couleur sera à l’honneur ? Nous avons toutes adoré ce rendez-vous !

La semaine dernière, nous nous sommes promenés en famille dans le Gers : l’occasion de faire de jolies photos ! Ici à Cologne.

Ce quilt est fini depuis belle lurette lui aussi… à part la bordure de finition qui a traîné ! J’avais partagé quelques détails au fur et à mesure sur ce blog. Chaque couleur m’inspira une ambiance, un mot, dans diverses langues. Ainsi, mon séjour récent en Espagne m’avait inspiré les mots Luz (lumière) et Vida (vie). Quelques incongrus avec le mot chinois qui signifie crise, le mot breton Glaz… Beaucoup de spontanéité dans ce quilt de chutes de tissus (je ne sais pas ce qui se passe dans mes tiroirs, ils semblent se reproduire, j’en ai toujours autant !…)

Ensemble malgré tout, le seul excellent souvenir de la première période de confinement, une fantastique idée des Céates FP que je remercie de nouveau ! Patchwork de chutes, pas un seul tissu imprimé répété, ce qui en fait un Charm quilt. Les lettres sont en piécé improvisé, d’après la méthode de Tonya Ricucci. Brodé à la main, quilté à la machine. Katell, 2020.
Voici la mascotte du quilt ! Fait d’après le tuto de Pie Lady Quilts. J’ai eu beaucoup de difficultés pour terminer le quilting de ce quilt, ma machine à coudre préférant coudre plutôt que quilter…

Comme la plupart des quilts récents des Abeilles de la Ruche des Quilteuses, ces quilts seront exposé à Lacaze (Tarn) les 26 et 27 juin prochains. Oui, les organisateurs maintiennent l’événement, youpi !!

De la marche, de la lecture et des quilts, j’ai ces plaisirs simples pour combattre le blues. Il me manque la convivialité des rencontres… Mon agenda se remplit doucement, c’est bon signe, j’y crois !

Avec optimisme,
Katell

Étonnant recyclage de quilts anciens

Bien sûr, on adore acheter des tissus ! Un jour cependant se pose le problème du recyclage des restes. Pour ma part, je suis rarement à court d’idées pour faire un scrap quilt qui rassemble sans façon des centaines de bouts de tissus disparates, y compris des vêtements, des draps. Mais récemment, une lectrice m’a posé une colle : que faire de blocs orphelins qui n’ont rien en commun ? Elle avait apprécié l’idée de la Voie Lactée dans BeeBook, mais recherche autre chose, car elle a l’habitude de faire beaucoup d’essais de techniques. Je lui ai proposé, sans trop de conviction, d’en faire des pochettes, des coussins… Avez-vous des suggestions ?

Commencer un ouvrage, c’est une excitation et un pari sur notre capacité de le réaliser jusqu’au bout. Mais c’est si long que la motivation peut s’évanouir s’il ne répond pas parfaitement à nos attentes. Selon le tempérament de chacune, il sera fini coûte que coûte, sera mis de côté en attendant ou mis au rancart sans état d’âme, sans doute retaillé ou mis en dos de quilt recomposé. C’est ma tendance. Pour moi, la vie est trop courte pour m’astreindre à finir ce qui ne me plaît plus assez pour y consacrer encore du temps.

J’accepte de laisser tomber un ouvrage
s’il ne m’apporte plus de joie.

Les quilts anciens se vendent très bien aux USA. Les Américains ont la possibilité d’en acheter à des prix très raisonnables. Il doit s’en vendre des dizaines, voire des centaines par jour à travers les USA, car on le sait bien :

Un lit n’est un vrai lit qu’avec un quilt dessus !

On peut en acheter chez des antiquaires en boutique ou en ligne, dans presque toutes les brocantes, ou bien sur le site d’Hannah, Stitched and Found qui, année après année, confirme son succès. Vous pouvez lire l’article où je vous la présentais il y a un an et demi. Depuis, elle a un second enfant, encore tout bébé, et des centaines de nouveaux quilts qu’elle montre sur Instagram et qui sont vendus parfois très vite…

Hannah et ses quilts : trouvailles dans les vide-greniers et brocantes, réhabilitation et revente sur son site.

En France, beaucoup n’apprécient pas la valeur d’un quilt. Ils n’en ont pas la culture. En conséquence, voici ce qui peut arriver :

Ça me fend le cœur ! Une photo-choc pas prise à Marseille par Marius, mais à Toulouse la semaine dernière. J’espère qu’aucune de mes amies quilteuses toulousaines ne reconnaîtra un cadeau fait naguère…

Certains quilts anciens sont en parfait état, d’autres sont partiellement usagés. Sur Instagram défilent les tendances qui se font et défont à la vitesse de l’éclair et une des dernières bonnes idées est d’utiliser des quilts anciens pour en faire… des vestes d’hiver !

La recette : on prend un quilt, un patron de veste, on taille dans les portions de quilts bien conservées, on assemble… et on porte la veste, parée pour les frimas ! Bon, il faut être bonne couturière, certaines vestes ne font pas envie… 

Non, pas de photo de veste loupée, j’ai un minimum de compassion pour les ratages !

Dans la Ruche, nous sommes toujours amoureuses de la veste de Kristine, qu’elle a faite à partir de fat quarters de chez Neelam, avec un tissu déjà matelassé acheté au mètre (qu’on voit à l’intérieur de la veste), un gros grain noir et des brandebourgs :

Au Loto des 30 ans de France Patchwork à Balma (31), nous avions disposé, à droite de la scène, le quilt des 30 ans fait par la Délégation, la veste de Kristine et un petit sac, le tout en tissus Neelam. Nous, on adore !
Dès qu’il fait frisquet , Kristine arrive le vendredi à la Ruche avec sa veste. On espère toujours vaguement qu’elle l’oublie, mais non 🙃

Quant à Caroline, une amie de Kristine, elle a acheté une veste indienne qui lui a tapé dans l’œil :

Le charme du patchwork en veste, un grand classique de vestes made in India qu’on trouve dans des magasins exotiques ou sur certains marchés de plein vent. Celle-ci est particulièrement jolie !

Faire des vestes à partir d’un quilt ancien, c’est le pari de plusieurs jeunes stylistes cette année 2020, et les clients sont là ! La semaine dernière, on pouvait voir notre cher Roderick Kiracofe, collectionneur de quilts et auteur de plusieurs livres essentiels sur le patchwork, porter sa nouvelle veste faite par Reclaimed Fabric :

Très chic Roderick ! (photo Instagram @roderick752)


C’est devenu un véritable phénomène de mode, que le New-York Times a décortiqué dans un article voilà 15 jours. En prêt-à-porter ou même en haute-couture, on avait déjà vu des vêtements rappelant le patchwork traditionnel. Mais la mode actuelle est d’utiliser de vrais quilts anciens, ceux qu’on trouve encore en nombre dans les vide-greniers et dans presque chaque famille, et de tailler dedans.
Sacrilège ?
Pillage de l’héritage des grands-mères ?
Y a-t-il un risque de couper dans de beaux quilts qui pourraient avoir leur place dans un Musée ? La réponse de la styliste Rebecca Wright est qu’elle ne prend que des quilts à sauver de la poubelle. Ainsi, la démarche a un sens, c’est une réhabilitation de matière première, un recyclage malin.
Mode éphémère ? On verra bien ! Mais si la veste est bien faite, elle durera de longues années. Elle changera peut-être de propriétaire, mais elle continuera de tenir une personne au chaud.
D’autre part, la demande de vestes est si forte qu’on commence à faire faire des quilts à Haïti (main d’œuvre bon marché) avec des tissus vintage POUR en faire des vestes… Un vrai phénomène de mode, je vous le disais bien !

Get a hippy look with a Quilt Coat! The New-York Times, 16/11/2020

La plupart des plus belles vestes en quilt vues sur Instagram proviennent du même compte @psychic.outlaw, même si l’offre est très variée. Rebecca Wright, qui aime les bandanas, les quilts et les vêtements un peu fous, a créé l’année dernière sa société Psychic Outlaw et a embauché cette année 13 personnes. Outre de formidables robes d’été en bandanas, elle peut vous faire une veste à partir d’un de vos quilts, ou d’un de sa collection. Vous n’imaginez sans doute pas ce que cela peut rendre, alors voici des photos !

Voici Rebecca Wright, la jeune modiste texane avec une de ses créations en bandanas.
Psychic Outlaw – Star of Texas
Psychic Outlaw – Anneaux de mariage
Psychic Outlaw – Points de croix
Psychic Outlaw – Pinwheel
Psychic Outlaw – Assiette de Dresde ensoleillée
Psychic Outlaw – Étoiles à 8 pointes
Psychic Outlaw – Kansas Trouble
Psychic Outlaw – Calico Starburst
Psychic Outlaw – Ranch Style
Psychic Outlaw – Confetti

C’est un petit aperçu de ses créations. Chaque veste est évidemment une pièce unique.

Faire une veste à partir de blocs orphelins,
voilà qui peut séduire ma correspondante,
c’est aussi une idée pour des tops pas finis,
en ne quiltant que les parties utiles pour la veste.
Osons les vêtements qui se remarquent,
les couleurs qui claquent, les recyclages innovants
sans nécessairement tailler dans nos plus beaux quilts !!!… 
Et ne donnons pas l’excuse de notre âge,
au contraire restons jeunes grâce à notre allure unique !

Katell

Vêtements Psychic Outlaw – Photo Shelby Rahe

Des quilts qui parlent

Vous avez été touchés par le précédent article montrant des quilts qui expriment des souffrances, par Chawne Kimber. Ce sont des quilts qui parlent, à la fois parce qu’on peut les lire et leur donner la puissance d’un discours, mais aussi qui émeuvent, qui touchent notre cœur. 

Je vous propose de (re)découvrir une autre artiste, Gina Adams, qui quilte de manière bien particulière pour dénoncer le mal insidieux de la société américaine, le racisme, terriblement ancré dans son passé. Découvrir tous les traités de paix avec les Indiens écrits par le Gouvernement, jamais tenus, projette une lumière crue sur les origines de ce pays : Quilter pour sa cause.

Détail d’un quilt de Gina Adams montrant un des broken treaties, ces traités de paix entre le gouvernement américain et les Indiens… jamais respectés par les militaires.

On le voit dans l’actualité, le problème du racisme reste aigu. Et pourtant, chaque communauté a tant à apporter aux autres ! Cette fois-ci sera-t-elle la bonne, pour obtenir une égalité de traitement quelle que soit l’origine de chacun ? Les Américains ont fait tout de même des avancées (regardez les films récents montrant les années 1960, Green Book ou Les figures de l’ombre : double peine pour des femmes noires, même géniales !). Le melting pot reste en grande partie une illusion, les origines diverses sont nombreuses, mais on a encore bien trop peu de communautés harmonieusement multiraciales.

On est souvent surpris de savoir les pourcentages d’origines des Étasuniens : bien moins d’Anglais (24,5 millions) que d’Allemands (42,8 millions), majoritaires, suivis par les Irlandais (30,5 millions) puis par les Afro-Américains (25 millions)… L’origine française arrive en 9e position avec 3,8 millions de personnes, derrière les origines mexicaine, italienne et polonaise. Suivent les Amérindiens, un peu moins de 3 millions (y compris d’Alaska). A savoir qu’on pouvait donner jusqu’à 2 origines (Résultats du recensement de l’an 2000).

Nos quilts sont décoratifs, ils sont aussi expressifs avec parfois une citation, une pensée, un prénom, un mot fétiche… Pour cela, bien des techniques sont à notre disposition : broderie, appliqué main ou machine, couture sur papier, piécé (couture patchwork) pour les techniques 100% textiles, ou aussi transfert avec imprimante… De récentes expositions américaines, des publications sur Instagram et sur des blogs montrent de plus en plus de quilts qui parlent, utilisant toutes les techniques. C’est une tradition revisitée, car nombre de quilts anciens comportent des lettres, des signatures, des souhaits, des dédicaces… Voici un florilège de versions contemporaines :

Au QuiltCon 2015, Laura Hartrich pose sur son superbe Quilt for our Bed, où il est écrit en quarts de cercles : Bonne nuit, je t’aime.
La quilteuse roumaine Geta Grama nous dit : Rêve jusqu’à ce que tes rêves deviennent réalité ! Un tissu de Michael Miller, imprimé de lettres, est découpé et appliqué. Voir ici sur son blog.
Un quilt positif sur les femmes, quilt collectif de Lorna Constantini et the Niagara Modern Quilt Guild (photo d’ici)
Paige Alexander a reproduit une page d’écriture à l’ancienne : la marge avec sa ligne rouge, le lignage des cahiers américains et cette phrase qui signifie que l’écriture cursive est un art qui s’efface. Savez-vous que, dans plusieurs États des USA, on n’enseigne plus comment écrire à la main ?… Oui, on enseigne seulement à taper sur clavier dans certaines écoles… (retrouvez l’artiste sur Instagram @quiltedblooms)

 

Voici le quilt qui rit, inspiré d’un quilt datant de la Première Guerre Mondiale, qui a plu à mon amie LeeAnn : son histoire se trouve sur  son blog Nifty Quilts.

Les chemises de son mari ont trouvé une nouvelles vie, HAHA de LeeAnn Decker de Seattle.

Celui dont je ne me lasse pas, toujours de LeeAnn :

gratitude
Nifty Quilts

En couture sur papier, on peut « écrire » des lettres régulières :

C’était une fille sympa jusqu’à ce qu’elle se mette à faire du patchwork. Sam Hunter  

Jill a fait ce quilt pour une amie à qui on vient de diagnostiquer un cancer du sein, je le trouve extraordinaire :

Bats-toi comme une fille, Pie Lady Quilts 

Incitation à voter aux élections présidentielles de 2016, par Denyse Schmidt :

Vote, de Denyse Schmidt, 2016. Ce formidable quilt est le modèle d’une grande aventure sur Instagram sous le label #theproverbialquilt. De nombreuses quilteuses écrivent en lettres leurs textes favoris ou leur souffrance ou… ce qu’elle veulent ! La plupart des quilts ont une taille respectable et sont de vrais manifestes.

Quelques Proverbial Quilts :

De Sarah Minshall, une citation de Vincent Van Gogh : Je ne sais rien avec certitude, mais la vue des étoiles me fait rêver. Très beau pour un dessus de lit !
 Tu es mon rayon de soleil, tu me rends heureuse quand les cieux sont gris, Cathy de Blueberry Patch

 

Kristine a fait un quilt qui parle, sélectionné au concours des Modern quilts de France Patchwork. Il était bien différent des autres, n’étant pas dans le style épuré et très géométrique des autres quilts.

J’ai toujours aimé la typographie et pour ce premier concours
Modern Quilt en France,
l’idée d’un message s’est imposé à moi.
J’ai souhaité un message simple, coloré, bien visible, et en anglais
pour marquer notre appartenance à un mouvement international.

Kristine

Bee creative modern quilt 2018 Christine Toufflet
Les lettres sont thermocollées puis quiltées pour les maintenir.

Le message comporte un petit jeu de mot, Bee creative,
pour évoquer mon appartenance
à La Ruche des Quilteuses, le blog de Katell.

Kristine

detail 1 modern quilt 2018 Christine Toufflet
C’est un quilt fait de manière artisanale, sans long arm. Une abeille batifole…

Celle qui a lancé l’écriture improvisée piécée est Tonya Ricucci dès les années 1990, elle a beaucoup joué avec les lettres avec ses amies (Bonnie Hunter, Gwen Marston et tant d’autres) et a finalement pu faire éditer sa méthode en 2011. La technique est bien différente de celle en couture sur papier, l’apparence également. Le superbe bonus, c’est qu’on s’amuse beaucoup en créant ces lettres ! Vous pouvez voir de nombreux quilts plus récents sur Instagram @tonyaricucci.

Merci Tonya, nous te devons tant ! C’est toi qui as initié ce grand mouvement des quilts bavards !

Couverture inspirante de son livre qui détaille son idée de créer des lettres en patchwork.

Voici quelques-uns de ses quilts qui parlent :

Variation sur son drapeau, America, Tonya Ricucci

 

Mots de quatre lettres, Tonya Ricucci

 

Sew much Love, Tonya Ricucci : j’adore ce quilt !

La saga des quilts bavards ne fait que commencer !

 

Patchwork Moderne, le livre d’Alice

Que le temps passe vite ! En août dernier, je vous avais promis une surprise avec Alice pour septembre, je ne vous la dévoile que maintenant… Après son baby James en juin, Alice a donné naissance à un autre bébé en septembre, semblant défier toutes les lois de la nature. Je vous rassure, son autre bébé est :

Son livre devait paraître avant BeeBook, mais des aléas ont reporté l’édition et l’ordre de parution s’est inversé. Nous nous donnions régulièrement des nouvelles de manière discrète, car les livres à éditer sont toujours tenus au secret tant que la publicité n’a pas commencé. Nous savions l’une et l’autre à quel point nous étions complémentaires : à elle le patchwork moderne clair, gai et régulier, les conseils techniques avisés et complets, à moi le patchwork improvisé créatif et les astuces originales.

Que trouvons-nous dans Patchwork Moderne ?

C’est tout d’abord une mine précieuse de renseignements pour les débutantes : Alice explique tout méthodiquement, de la machine à coudre aux méthodes de coupes rapides, en passant par le choix des tissus ou l’aide au décryptage des quilts…

Le choix des tissus : une multitude d’astuces et d’explications vous aideront à ne pas vous tromper 🧵

Je rends hommage à son travail clair, précis, qui rend possible en quelques pages la compréhension complète du travail de patchwork à la machine. Je suis sûre aussi que la plupart des quilteuses confirmées y trouveront des astuces permettant par exemple de mieux se servir de sa machine à coudre ou de sa règle de coupe. C’est un recueil complet de ce style de patchwork, une nouvelle Bible, un futur classique indispensable dans la bibliothèque des jeunes quilteuses francophones.
Bravo Alice !

Le stylisme du livre est très agréable : les quilts sont intégrés dans des situations du quotidien avec un côté zen très tendance. Photos de la talentueuse Sandra de Jesus Sauvage.

Le Patchwork Moderne d’Alice Kreyder, c’est aussi plus de la moitié du livre riche de douze modèles beaux et utiles pour la maison et les enfants. On voit bien qu’Alice est une jeune maman ! Ses modèles sont tous faciles à faire et à intégrer dans un intérieur. Son livre est destiné à la plupart des personnes souhaitant (se) faire plaisir avec des ouvrages faits maison, sans y passer un temps infini : vive le matériel et les techniques modernes ! C’est ainsi qu’Alice se définit comme une quilteuse fonctionnelle plutôt qu’artiste, utilisant ses quilts au quotidien, les lavant à la machine sans arrière-pensée, tout en (s’)offrant des objets qui ont bien plus qu’une simple fonctionnalité : non seulement ils sont beaux, mais ils sont une présence, une preuve d’amour, un câlin textile comme elle le dit si joliment !

Les tissus sont tous issus de sa boutique Blossom Quilt & Craft où elle vend en ligne, sur son site en français, une très belle sélection de tissus Art Gallery Fabrics. Elle recommande également les marques incontournables d’Aurifil pour les fils et PSR Quilts pour les molletons. Quant au matelassage de ses ouvrages, plusieurs ont été quiltés par des professionnelles renommées, AcropatchBlue Star Quilting et Carole Quilting : un ensemble de marques de confiance, avec les adresses en fin de livre.

Pour ma part, j’aime les tissus Arizona After d’April Rhodes à la folie ! Alice a réalisé un plaid pour canapé très chaleureux avec cette belle collection, c’est celui de la couverture :
Et moi, après mes achats d’août chez Alice, j’ai choisi deux imprimés de cette collection pour les mêler à des unis, dans un style très « Tex-Mex » ou « Santa Fe », mélange d’influences espagnole, mexicaine et indienne pour un chemin de table ensoleillé :

Le livre d’Alice Kreyder Patchwork Moderne, Initiation et Projets aux Éditions Eyrolles est disponible en librairies (sur commande éventuellement) et sur toutes les plateformes de vente de livres (FNAC, Amazon, Decitre etc.) au prix de 19,50 €. La semaine prochaine, vous pourrez rencontrer Alice lors de la séance de dédicaces sur le stand de la librairie Eyrolles au Salon de Paris Création et Savoir-Faire :

Samedi 30 novembre 2019 de 10 à 13 heures

Ne manquez pas ce rendez-vous, un cadeau vous sera offert lors de l’achat du livre
pendant cette séance de dédicaces !

Noël se prépare, soufflez vite ce titre à vos proches ou offrez-le à la jeune génération !

Dans l’immédiat en ce 22 novembre, bonne fête à ma sœur et mes amies prénommées Cécile :

Un cœur… du livre d’Alice !

A bientôt, Katell

T’as d’beaux dos tu sais !

Quand je pense à Violaine, je vois un grand sourire, une belle spontanéité, un sens artistique inné, le genre de personne que j’aimerais côtoyer bien plus souvent.  Vous pouvez relire l’article qui lui est consacré dans La Ruche par ici.
Aujourd’hui, c’est elle qui nous régale ! Notre reportrice du jour nous donne son ressenti sur un événement récent.
 

Par un beau dimanche de juillet j’ai assisté, pour la première fois de ma vie, à un défilé de mode ! J’en suis encore toute émerveillée…


En Dordogne, à Villefranche-de-Lonchat, c’était la fête du village et Joëlle Vétillard, artiste textile de renom dont je ne voulais pas manquer la prestation, présentait ses créations vestimentaires avec en prime une robe de mariée décorée de mille fleurs !
Cette robe était bien sûr attendue avec impatience, mais les mannequins (de 4 à 77 ans) savaient si bien mettre en valeur les tenues (toutes plus originales les unes que les autres) que le public, très attentif accueillait chaque modèle avec des exclamations admiratives comme on le fait à un feu d’artifice…
Personnellement ce qui m’a le plus frappé dans ce riche et talentueux défilé c’est la créativité apportée par Joëlle aux dos de ses vêtements… Nous avons pu apprécier des dos de toutes sortes : humoristiques, informatifs, surréalistes, ravissants, brodés, patchés… C’est donc avec cet angle de vision que j’ai sélectionné quelques photos pour partager avec vous ce beau moment de juillet que j’ai envie d’appeler :

Bravo Joëlle, T’AS D’BEAUX DOS TU SAIS !

Violaine

Rappelons le site de Joëlle Vétillard : http://www.leblogdejoelino.com/2019/08/defile-villefranche-de-lonchat.html

Twisted

C’est un mot qu’on retient bien ! Tout le monde se souvient du twist et de Let’s twist again, que vous pouvez regarder ici en vidéo avec son créateur et les paroles affichées. Même les plus jeunes ont sans doute vu des vidéos comme celle-ci, au montage plutôt humoristique de danseurs bien amusants.

Je suis née l’année de l’explosion du twist, bercée au rythme de cette musique qu’écoutaient mes parents à la radio. La jeunesse se tortillait dans l’allégresse en 1961 ! Mon caractère optimiste pourrait venir de là 😊



Dans le monde textile, les fils sont torsadés – twistés en franglais : ici deux univers, l’ancien et le moderne, sont intimement mélangés, twistés ensemble, et on peut aussi penser au sens du truc bizarre, marrant, « tordu » ou juste original ici :

J’ai acheté ce livre à sa sortie en 2016, captivée non seulement par son thème mais aussi par ce jaune orangé de la couverture qui attire l’œil. Est-ce possible qu’à mon insu, cette couverture ait pu influencer mon choix des couleurs dominantes de BeeBook ? Impossible de le savoir !

Quelle est le thème principal de ce livre ? Un sujet fort actuel : le recyclage !

Un recyclage toutefois bien particulier, qu’on ne peut faire encore qu’en Amérique du Nord : celui de blocs orphelins anciens ! Cependant, le temps arrive où, en France, on commence à trouver en vide-greniers ou puces des couturières des tops de quelques dizaines d’années jamais finis, des blocs non utilisés… C’est bien de cela qu’il s’agit ! Dans le moindre petit village des USA, on trouve, dans le bric-à-brac des brocanteurs, des blocs en paquets ou seuls, des demi-tops ou tops entiers, bien ou mal faits… L’intéressant est d’avoir une partie du travail déjà faite et des blocs en tissus anciens, souvenirs d’une quilteuse anonyme…

Amoureuse des quilts anciens, mais aussi intéressée par l’esthétique moderne, Mary Kerr a voulu brouiller les séparations qu’on crée entre les quilteuses. Ah je me reconnais tellement dans cette envie de lever les frontières ! Mary Kerr… Le nom vous dit-il quelque chose ? Voyez donc par ici !

Pour les 22 quilts montrés dans son livre, Mary a choisi des blocs vintage souvent imparfaits, délaissés par une quilteuse d’antan parce que cela ne tombait pas juste, des fragments de bordure (la quilteuse a-t-elle changé d’avis ?), des rosettes d’hexagones manquant de copines, des tissus usés, tâchés, déchirés… ou en parfaite condition, tout un ensemble de situations différentes racontées pour chaque quilt. Mary a donc utilisé, pour chacun, des parties de tops anciens pour en faire un top moderne. Les résultats sont bluffants ! Ensuite, elle a utilisé son carnet d’adresse pour confier les tops à quilter à 22 long-arm quilteurs professionnels (21 femmes et 1 homme) en leur donnant parfois quelques instructions, d’autres fois carte blanche. Personnellement, j’apprécie bien plus certains styles de matelassage que d’autres, c’est une question de goût, mais la démarche m’enthousiasme !

Mary ne m’en voudra sans doute pas si je vous montre l’histoire d’un de ses quilts, la bande d’origine aux tissus décousus, déchirés, puis des photos du quilting et le quilt fini dans toute sa splendeur. De quoi donner envie d’acheter le livre :

Faire du neuf avec du vieux a toujours été une part importante du patchwork, comme la cuisine, avec l’art d’accommoder les restes !

IMG_20190612_165535
Quel incroyable résultat !

L’excellente nouvelle est que vous pourrez voir ces quilts à Nantes en avril prochain, Quiltmania vient d’inviter Mary qui proposera également quelques ateliers… et le livre sera certainement en vente aussi !

Vous pourrez donc apprendre, vous aussi, à twister autour des blocs anciens pour avoir un quilt résolument moderne !

 

Les liens parfois mystérieux de l’inspiration

Ma chère amie Sujata Shah vit à présent en Californie, non loin de San Diego, elle a fort heureusement été épargnée par les incendies de l’automne dernier. Elle vient de terminer un quilt que j’adore, inspiré directement d’un ouvrage du XXe siècle venant d’Alabama, du hameau de Gee’s Bend (voir la petite histoire ici). Quand on tombe amoureuse d’un quilt, on a tellement envie de se l’approprier, mais c’est dur de trouver la bonne idée ! Sujata a utilisé une gamme de couleurs différente et a choisi de faire son quilt aux coutures régulières mais cela reste un véritable hommage à la quilteuse Magdalene Wilson, qui vécut 103 ans !

Le nouveau quilt de Sujata Shah

Le quilt de Magdalene Wilson qui l’a inspirée.

Sujata préfère l’original, mais le sien a beaucoup de peps également !

Dans cet esprit, si vous êtes intéressée par un Quilt Along très souple, juste motivé par l’envie de suivre un exemple de quilteuses de Gee’s Bend ou des anonymes qui quiltèrent les quilts de la collection de Roderick Kiracofe, cela a commencé hier sur le blog de Sujata par ici ! La couverture du livre montrant la collection de Roderick est ci-contre.

Le Quilt Along s’appelle U and U, Unconventional and Unexpected (non conventionnel et inattendu). En toute confidence, j’en ai commencé un l’année dernière, belle coïncidence, le top est fait et je vous le montrerai bientôt… Ce sera un U and U très typique que je pourrai vous montrer plus tard.

 

Parfois les liens de l’inspiration sont bien plus mystérieux et improbables. Ainsi deux quilts se répondent au-delà des années et des océans. Voyez plutôt, le thème est le meilleur ami de la femme d’après Marylin Monroe (video ici).

Depuis que j’ai vu le film Blood Diamond j’en suis moins sûre…

Dans ce magazine sorti des oubliettes il y a quelques jours se trouve un diamant…

Voici le Diamant de Nadine Rogeret paru en 1985 :

Et, surprise l’année dernière, quand j’ai vu un des quilts vedettes du QuiltCon 2018, une merveille tout en économie de couleurs et pourtant si lumineux, cousu sur papier : 

Bling de Katherine Jones, de Tasmanie (Australie)

Chaque oeuvre a sa propre brillance et le quilt australien est à couper le souffle, mais je dois dire que j’ai un faible pour celui de la Française, avec ses touches de bleu-glacier et de jaune… Son livre, Ma vie en patchwork, édité en 1991, fut un grand succès, puis elle a disparu du devant de la scène. Aux dernières nouvelles, Nadine vit à présent dans le Sud-Est et se consacre au boutis. Mais peut-être en savez-vous un peu plus ? 

A la (re)découverte d’Edith Raymond

Peut-être la connaissez-vous, peut-être pas… Edith Raymond fut parmi les premières artistes quilteuses modernes de France, nous étonnant avec ses fameux labyrinthes et ses masques déjantés vus si souvent dans les magazines des années 1980-90. Je crois que c’est dans celui-ci que j’ai admiré son audace pour la première fois :

Ce magazine est un trésor, datant de 1985, numéro unique polyvalent traçant notamment l’histoire du patchwork et où l’on titre déjà sur le patchwork moderne.

Le Temps et l’Espace Intérieur, 1982. Ce quilt mesure 1.90 m de côté, ses grands points bien visibles, à l’époque où on ne connaissait pas le sashiko en France, me fascinent.

Recto aussi beau que le verso, labyrinthe violet et noir profond. Edith a un faible pour le noir en couleur à part entière ou en délimitation de couleurs. Elle dessinera ainsi de très nombreux coloriages et dessins pour enfants pour Bayard et Milan.

J’ai souvent lu à mes enfants des BD dessinées par Edith édités dans les magazines Picoti, Toupie, Toboggan, ils ont longuement feuilleté leurs petits livres…

Edith Raymond a une solide formation artistique mais elle a vite, comme vous le voyez, favorisé la simplicité graphique, l’apparente naïveté, la restriction des couleurs. Rarement a-t-elle usé de tissus imprimés, découpant les formes dans les tissus comme dans du papier, équilibrant les forces du clair et de l’obscur tout en jouant… L’âme d’enfant et l’humour ne sont jamais loin !

Le quilt suivant, Le Petit Poucet dans la forêt vosgienne (1992) est particulièrement beau à mes yeux, le bleu et le noir me fascinent, l’économie de formes constituant cette forêt est superbe… et ce quilt est aussi, on le devine aux inscriptions, l’arbre généalogique d’Edith ! Ne lui trouvez-vous pas un air bien amish ?

Plus récemment, Edith lança des expositions collectives remarquées : Des chiffres et des lettres, Ex-voto, La Vache qui Rit sous toutes ses coutures…

Voilà, il était donc grand temps que je rende hommage à cette artiste qui a d’autres facettes (broderie notamment)… J’espère qu’elle ne m’en voudra pas de partager ici sa carte de vœux qui est tellement Elle :

Que ces trois petites maisons nous apportent joie, lumière et couleurs pour cette année 2019. Edith Raymond, gouache, 2019

Et merci pour tous vos témoignages de sympathie pour ce blog ! 

EDIT à 10 heures : Je viens de recevoir un email d’Edith Raymond me remerciant très chaleureusement pour cet article. Elle aurait aimé répondre à tous vos commentaires, mais son ordi ne semble pas être d’accord, alors je vous transmets collectivement sa gratitude.

Petite précision : le labyrinthe photographié dans ELLE sait faire n’est pas violet et noir mais violet et vert, ce qui n’est pas facile à deviner mais le savoir donne encore une autre vision de cette oeuvre !

Un autre quilt équin et des récompenses bien choisies

Betty de Floride, que certaines d’entre vous eurent le bonheur de rencontrer en juin dernier, a toujours la fibre du partage. Dans son dernier mail, elle me signale un quilt qui effectivement aurait eu sa place dans la petite galerie consacrée aux mustangs, un quilt très moderne fait avec une technique d’origine ancienne :

Quilt de Rachael Daisy (Australie) de 2017 intitulé Gee Whiz!, que chacun traduira à sa manière : Mince alors ! Trop bien ! Génial ! Comme par magie, avec juste un imprimé aux chevaux, on imagine tout un monde autour du cheval, les brides et les rivets, les cocardes des concours hippiques… Encore une réussite de Rachael ! Il s’agit toujours de la technique du Pine Cone Quilt que je me plais à faire connaître en France depuis que Betty m’a appris sa technique et son histoire. 

De plus, Rachael fait partie des gagnantes de Houston 2018 avec ce quilt, Fair and Square ; Renée Ferré a également été distinguée à Houston avec un quilt virtuose, Porcelaine de chiffons, bravo  les amies !

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui !