Deux rendez-vous, deux bonnes nouvelles !

Les rendez-vous sont devenus rares et précieux ! En voici deux que je relaie avec grand plaisir.

Salon d’art animalier, avec une exposition d’art textile de Béatrice Bueche
du 27 octobre au 1er novembre 2020 à Ménigoute

Bonjour,

Contrairement à toutes les expositions de patchwork et autre qui ont été annulées cette année, le Festival de Ménigoute (FIFO) aura bien lieu sauf aggravation de la situation sanitaire en dernière minute.

Pour la première fois, cette année, une artiste textile côtoiera les plus grands artistes naturalistes (peintres, photographes, sculpteurs…). Il s’agit de Béatrice Bueche qui exposera ses tableaux textiles: papillons, oiseaux, arbres, etc.

Si vous voulez en savoir davantage sur elle, je vous invite à consulter les liens suivants:

Défenseuse de la cause animale et merveilleuse artiste : Béatrice Bueche.

Je vous rappelle les dates du FIFO: du 27 octobre au 1er novembre (entrée gratuite pour le salon animalier).

Je serai heureuse de vous rencontrer à l’occasion de cet événement.

Bien amicalement,

Pierrette, la Marmotte Rousse
http://leterrierdemarmotte.over-blog.com/

Toucan, Béatrice Bueche

J’ajoute que Béatrice Bueche est une amie alsacienne sensible, rigolote et hyper-talentueuse. Avec un petit air de Nicole Kidman. Son nom est déjà apparu plusieurs fois dans mon blog. J’espère avoir la possibilité d’y aller, revoir Pierrette et Béatrice, admirer l’exposition… mais c’est à une période de l’année peu propice aux déplacements pour moi (deux anniversaires, les enfants à la maison…). J’espère que ce sera plus facile pour certaines d’entre vous !

Ménigoute, où est-ce ? C’est en Nouvelle-Aquitaine, dans les Deux-Sèvres, entre Niort et Poitiers.

Le Salon de Pexiora aura bien lieu !

Pexiora est un village devenu connu grâce au dynamisme d’un groupe de bénévoles autour de Gene. Cela se passe près de Carcassonne (Aude), fin février. Lieu stratégique où se rencontrent les Méditerranéennes comme les Terriennes occitanes !

Les dates retenues sont les 25-26-27 février 2021, c’est-à-dire du jeudi au samedi (auparavant, du vendredi au dimanche).

Si je vous donne cette annonce si tôt, c’est que, comme tous les ans, un concours très sympathique est lancé. Cette année, c’est

Au fil du temps qui passe…

Tous les détails, règlement et idées sur le blog de Gene par ici !

Bon dimanche,
Votre amie quilteuse Katell

Aime ta vie…

J’aime ma vie de quilteuse, qui ne se résume pas à jouer avec les tissus.

Ces dernières semaines furent riches de rencontres avec d’anciennes copines et de nouvelles connaissances : à Sainte-Marie-aux-Mines, ce fut un fleuve d’émotions positives ! Je n’imagine pas ma vie sans ces amies, différentes et complémentaires, ou quasi-jumelles de cœur… Chacune apporte tellement à l’autre, des sourires, des rires, des réflexions, de l’émotion, de la consolation… Les kilomètres qui nous séparent n’ont pas de prise, chaque rencontre renforce les liens.

Avec cette rentrée largement consommée, je vous souhaite de vous sentir bien dans votre groupe de quilteuses si vous en avez, de créer des opportunités pour faire des choses ensemble (visiter une expo, rendre visite à un magasin de tissus, participer à un stage, ou simplement se réunir autour de tissus, de thé ou café et petites douceurs…), la vie est plus douce ainsi et soigne bien des maux.

Ces dames proclamant leur passion ne peuvent que susciter des sourires amicaux ! Photo prise au stand France Patchwork à SMM.

Ainsi, vendredi dernier en début d’après-midi, visite de l’exposition de Balma, avec la rencontre impromptue d’amies de tous horizons : les Filles du Vent du Sud, des Ariégeoises, des Tarnaises, des Aveyronnaises, Anne la relieuse, des amies de Balma et Colomiers : superbes quilts et vieilles amies, toutes si jeunes de cœur, accord parfait ! Des photos des quilts de l’expo sont photographiés par Florence, voir sur IG @flobis31. Cliquez sur chaque photo de quilt (1, 2, 3, 4  5, 6, 7) et une dizaine d’autres photos défileront.

Nous avons unanimement apprécié les quilts, de si belle facture, mais aussi la nouvelle salle municipale. D’un maire à l’autre, Balma a toujours considéré à leur juste valeur les œuvres d’art textile (patchwork, appliqué, pojagi, boutis, plissages, artextures… toutes ces disciplines étaient représentées !). Cette salle d’exposition, avec de beaux panneaux neufs et un éclairage parfait, montre la considération accordée aux quilteuses. De plus, France Patchwork a toujours été fort bien accueillie, hébergée pour les 30 ans de FP, pour nos JA… Je décerne la médaille d’or des quilteuses 31 à la ville de Balma ! Et merci à Danielle Bonnacié pour la photo 💙

Hier j’étais à Vendargues (34) ; au petit matin, dans ce coquet village à l’est de Montpellier, on voit des calèches collecter les sacs-poubelles, puis les bus d’école également tractés par des chevaux :

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N’est-ce pas une bonne idée ? Les enfants qui sont montés semblaient bien contents d’aller à l’école ainsi ! Vue de notre salle d’atelier. Voir aussi cet article.

J’y étais pour passer la journée avec des quilteuses très impatientes d’apprendre les techniques de coupe et d’assemblage improvisés… Quelle ambiance, quelle ruche d’abeilles actives là aussi !

Voici leurs étoiles, un des exercices de la journée bien remplie. Merci pour votre accueil, Andrée et les copines languedociennes, et bravo pour votre créativité ! J’ai adoré notre journée ensemble.

Toutes ces femmes de valeur sont mes rayons de soleil : ce mois de septembre fut chaleureux et lumineux !

Aime ta vie au point de ne plus avoir de temps pour la jalousie, les soucis ou la peur.

Bonnie Hunter, Quiltville

Profitons de notre chance !

J’ai eu la grande chance de pouvoir aller à Sainte-Marie-aux-Mines il y a une dizaine de jours, afin de promouvoir mon livre BeeBook, édité par Les Éditions France Patchwork. Que de rencontres ! Je n’aurai malheureusement pas le temps de vous faire un compte-rendu exhaustif, d’ailleurs je n’ai pas pu visiter toutes les expos, mais je suis riche de ce que j’ai vu et vécu et, d’une manière ou d’une autre, j’en reparlerai sur ce blog.

Au stand, j’avais sous les yeux deux expos FP : les Quilts de Légende, ces quilts parfaits sublimant des ouvrages d’antan, et les quilts du concours Rubis, puis un peu plus loin, les quilts des Jeunes Poussent.

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Cent onze quilts rubis : une bien belle manière de célébrer les 35 ans de l’association !

Les quilts ont été disposés par ordre alphabétique. Il fallait un temps certain pour tous les admirer.

Chaque participante mérite toute notre admiration. J’ai eu le grand plaisir de lire le nom d’un certain nombre d’amies !

Impossible de primer chaque beauté… Alors je vous montre celui-ci que j’aime, de Cécile Milhau. C’est drôle, son numéro d’ordre alphabétique correspond par hasard à son département☺ 

Allez revoir aussi celui qui n’a pas pu participer, Smaugh le fameux dragon du Tarn (oui, encore un talent de ce département !).

Les Quilts de légende étaient tous très beaux et Dominique Husson a inlassablement répondu aux questions, avec sa gentillesse coutumière. Je vous en montre un seul, très subjectivement choisi, tout en sachant que vous pouvez passer des heures à visionner les galeries faites par Edith Bouilly sur le site FP, un travail phénoménal ! Merci Edith.

Gabrielle Paquin excelle autant dans le tradi que dans le moderne (sa spécialité, utiliser des tissus à rayures !)

Les Jeunes Poussent connaissent un nouvel élan avec le dynamisme d’Isabel Larzillière. Le thème de l’Espace a bien titillé les neurones des enfants :

Annie Labruyère et moi avons été émues par le quilt en haut à gauche, déplorant la couronne de déchets spatiaux que nous avons faite en moins de 50 ans. Une véritable poubelle tourne en orbite…

Les expositions sont l’occasion de rendre hommage aux quilteuses occasionnelles tout comme aux plus grands artistes. Il est vrai que, parfois, nous sentons, au bout de quelques dizaines d’années de pratique du patchwork et de visites, un peu de lassitude, un peu d’aquoibonisme (merci Gainsbourg), un peu de j’ai-trop-d’idées-et-j’ai-trop-de-tissus… Je le sens et le comprends. Mais cela m’a fait mal au cœur de constater, à SMM, une fréquentation bien moindre… C’était très facile de circuler, très peu de queues, rien de commun avec d’autres années, alors que la qualité était époustouflante… Je crains fort que SMM ne subisse un jour le même sort que Quilt en Sud… Pourvu que non !

Que sont nos loisirs sans les rencontres ? Créer (ou suivre un modèle) est une activité généralement solitaire. Rencontrer d’autres quilteuses en petit groupe, en club, en expo fait tant de bien ! Nous sentons avec certaines une sororité qui illumine la vie, une forte amitié tout comme un respect de la différence (voir mon article à ce sujet, un de ceux qui me tiennent à cœur). En Alsace, j’ai rencontré plusieurs sœurs de cœur, que cela fait du bien !

Profitons donc de notre chance d’avoir des manifestations autour du patchwork. Moi la première, je ne peux aller partout malheureusement. Je tiens cependant à signaler pour les Occitanes occidentales, quelques rendez-vous dans un avenir proche, par ordre chronologique :

Dès cette fin de semaine, une exposition très attendue dans notre département, celle du club de Balma (31). Une promesse de beaux quilts et de surprises ! Balma est aussi la ville qui reçoit régulièrement les JA et autres événements comme le fameux loto des 30 ans de FP, nous y sommes très attachées !

La Tour du Crieu est une petite ville d’Ariège, avec un club de patchwork dynamique. La plupart sont membres de France Patchwork et j’ai toujours un grand plaisir à rencontrer ce groupe très sympathique !

Pour la 21e édition, le Salon fait peau neuve avec un rajeunissement du concept, une place aux innovations locales et aux tendances zéro déchet, cosmétique naturelle… J’attends beaucoup de cette nouvelle direction prise pour faire venir la jeunesse !

A bientôt les amies, portez-vous bien,
Katell

 

 

Tracy Chevalier, son nouveau livre et autres nouvelles

Lisez-vous beaucoup l’été ?

 

La connivence continue entre Texte et textile… Les quilteuses sont souvent de bonnes lectrices ; depuis le début de ce blog, j’ai le plaisir d’écrire souvent à propos de Tracy Chevalier, romancière-artiste, qui mêle presque toujours ses histoires à des activités artistiques : peinture, tapisserie, cirque, poésie, patchwork, prose… 

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Je crois bien que dernier roman de Tracy Chevalier n’a pas trouvé son public en France. Le Nouveau, transposition du drame d’Othello dans une école de Washington en 1974, traite de sujets toujours brûlants comme la jalousie, le traitement de la différence, le racisme, en l’occurrence un élève noir dans une classe blanche. Malgré une très belle écriture, les détails vintage, je n’ai pas apprécié ce roman à sa valeur sans doute, car je n’ai jamais lu Othello et ne peux donc pas évaluer la transposition, probablement virtuose. Sans ce point-clé, une certaine distance reste entre le lecteur et l’histoire…

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Allons de l’avant : le nouveau roman est prêt, il sortira en anglais en septembre, puis en français en 2020. Violet, une jeune femme pleurant la perte de son fiancé et son frère lors de la Grande Guerre, va assumer son indépendance en s’installant dans la ville de Winchester. Elle entrera dans un groupe de femmes qui brodent des coussins pour la cathédrale. Je n’en sais pas plus, mais que j’ai hâte de le lire !

Des coussins de Winchester Cathedral, photo du site de Tracy Chevalier.

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Sur son site, Tracy Chevalier annonce aussi le thème du livre sur lequel elle travaille : une grande histoire autour de la fabrication et la vente des perles de verre de Murano (près de Venise)… Un autre délice à venir !!

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Autre nouvelle extraordinaire : la création d’un Opéra à Zürich (Suisse) sur l’histoire de la Jeune Fille à la Perle ! La musique, de style avant-gardiste, est signée Stefan Wirth, la Première aura lieu le 24 mai 2020, les autres dates par ici.

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Texte et textile encore : Tracy Chevalier est devenue quilteuse, après avoir voulu simplement se renseigner sur cette activité pour mieux écrire La dernière Fugitive. Mais elle continue ! Toujours cousant à la main, elle aime se reposer des mots en travaillant les tissus. Elle a fait plusieurs quilts elle-même mais elle fait bien plus : organiser des expositions ! A ma connaissance, elle a initié deux événements, l’un avec des quilteuses du Yorkshire, l’autre avec des détenus dans diverses prisons anglaises.

Le quilt des soeurs Brontë est rarement exposé, pour le préserver. Il mesure 187 x 214 cm.

Dans le Yorkshire, c’était  en 2016 la commémoration des 200 ans de la naissance de Charlotte Brontë (son roman le plus connu : Jane Eyre, monument de la littérature britannique). Or, elle et ses sœurs avaient cousu un quilt en soie, taffetas, velours et coton, qu’on imagine venir de leurs propres robes. Bien sûr, la technique est « à l’anglaise » et des papiers (lettres, journaux) restent emprisonnés dans cet ouvrage… qui n’est pas un vrai quilt puisqu’il n’est pas quilté (tout comme celui de Jane Austen, voir ici l’article que je lui ai consacré). Une exposition de mini-quilts sur le thème a été organisée en 2016, mais je n’ai pas trouvé de lien très intéressant fonctionnant encore, juste cette affiche montrant une reproduction de l’ouvrage des trois sœurs Charlotte, Anne et Emily :

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Enfin, texte et textile toujours : dans le cadre d’une exposition sur « ce qu’on fait dans son lit » (naître, dormir, faire l’amour, être malade, mourir), Tracy a, avec l’aide de l’association Fine Cell Work, encouragé des détenus à s’exprimer sur le sommeil et les rêves, avec des consignes : un bloc de 25 cm de côté et une dominante en bleu et blanc. Les blocs sont faits par des experts, car cette association, Fine Cell Work, enseigne les arts de l’aiguille et fait travailler les prisonniers volontaires (une forte majorité d’hommes) contre une rémunération équitable ; cela favorise le goût du travail bien fait, donne une expertise, apprend à acquérir l’estime de soi… Les ouvrages faits par les prisonniers sont en vente ici. Vous pouvez y admirer un remarquable artisanat ! Donc pour le projet de Tracy, un quilt a été fait avec les 63 blocs reçus :

J’ai acheté le livre sur cette expérience : sur un tout petit format (un carré de 14,5 cm seulement), on y lit le contexte de cette aventure mais on voit aussi des détails des blocs, souvent + grands que nature, on apprécie la justesse de la broderie mais aussi, surprise, on voit que le thème est exploré en profondeur. S’y retrouvent naturellement des comptines enfantines, des lunes et des étoiles, mais aussi des versets de la Bible, des mots de Shakespeare, des évocations de tableaux comme le Cri de Munch… Les photos montrent la qualité du travail de ces brodeurs pas comme les autres, et leur envie de s’en sortir dans la vie. Quoi qu’ils aient fait, ils purgent leur peine envers la société et ensuite il faut se réinsérer, s’habituer à travailler, à penser positivement… On ne sait jamais quelle révolution intérieure peut s’enclencher quand on se met à faire de l’art ! Leurs réflexions, en fin de livre, montrent à quel point on peut transférer son agressivité en canalisant son énergie positivement dans le travail manuel. Certains évoquent aussi l’indépendance gagnée en mettant de l’argent de côté, la perspective de trouver un travail en sortant, ou simplement la fierté du travail bien fait.
Les bénéfices du livre vont à Fine Cell Work, l’association qui promeut les arts de l’aiguille en prison. 

Ce n’est pas une expérience unique : on peut rappeler l’histoire du Rajah quilt (1841) mais aussi maintes initiatives de par le monde.

Un excellent article en français (d’une brodeuse suisse) présente également ce livre : https://www.letempsdebroder.com/articles/quilt-sommeil-chevalier/

Tracy Chevalier a dit à propos de cette expérience dans The Guardian :

Cela semble bête de dire que coudre peut aider des gens, mais c’est une action très thérapeutique, très reposante. Et c’est l’occasion pour ces gars de faire quelque chose de beau, d’être félicités et payés pour cela. Certains ont commencé cette activité pour gagner de l’argent, mais la plupart continuent parce qu’ils aiment coudre… Cela semble invraisemblable, mais coudre a bien déclenché quelque chose en eux.

Voici le quilt entier, plein de symboles, d’histoires personnelles, d’espoirs :

Voilà les nouvelles que j’ai pu récolter sur cette femme que j’admire beaucoup !

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Photo Anna Huix, Sunday Times

Quant à son mari que j’ai déjà présenté, Jonathan Drori, son livre est enfin édité en français ; je l’ai offert au mien – de mari – lui qui a planté une centaine d’arbres chez nous, par passion… juste répartition des choses ! Dans la forêt de livres sur les arbres, je vous le recommande chaleureusement, Ce que nous disent les arbres du monde : enchanteur, intelligent, informatif et si poétique… Un merveilleux livre sur la prodigieuse intelligence de la nature ! 

Avec Jonathan Drori, nous faisons un tour du monde sans jamais nous ennuyer, en apprenant à mieux connaître ces compagnons de l’humanité.

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Info finale, en rapport avec le livre ci-dessus : Cosabeth Parriaud nous informe sur Facebook que, jusqu’au 20 novembre, une belle exposition a lieu à Paris sur les arbres, vus par des scientifiques, des philosophes, des artistes. Cela semble très intéressant, mais aussi très salutaire pour tenter de sauver ce qui peut l’être : l’Amazonie est décapitée, la Sibérie brûle (des centaines de milliers d’hectares en ce moment-même), ainsi que l’Alaska et bien d’autres forêts, on a une pensée aussi bien sûr pour nos amis portugais… C’est tout sauf anecdotique, du sauvetage des arbres dépendra notre avenir et peut-être notre survie. J’écoute la jeunesse qui ne regarde pas ailleurs… Notre monde bleu et vert va-t-il survivre ?

Fondation Cartier, 261 boulevard Raspail, Paris 14e

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Petite pause estivale… Prenez soin de vous et de votre environnement, attention à la chaleur, lisez, rêvez les yeux ouverts… à l’ombre !
À bientôt !

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Texte et textile, le minimalisme spirituel de Rieko Koga

Texte et textile, deux passions… C’est en préparant cet article que je me suis penchée sur la proximité de ces mots, et cela ne tient pas du hasard : au début était textus, mot latin désignant le tissu, se mêlant vite au tissage des mots… On a en français de nombreuses expressions qui en témoignent : suivre le fil d’une conversation… ou le perdre – la trame d’un discours – un tissu de mensonges – une histoire cousue de fil blanc – le fil conducteur d’une idée – au fil du temps – le fil rouge pour ne pas perdre le fil de l’histoire… et tant d’autres !

Une artiste des mots et des tissus a nommé son site Du textile aux textes, c’est Jacqueline Fischer. Écrire, coudre, broder, elle s’exprime depuis des années en exploitant les mots appréhendés par l’intellect et les tissus qui stimulent les sens de la vue et du toucher. Jacqueline développe aussi ses recherches dans son livre :

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Mardi dernier, j’ai rencontré une personne formidable à Toulouse, Stephanie Davis. Elle avait un mot de passe irrésistible : je suis l’amie de LeeAnn (Nifty Quilts)… Très prochainement, je vous présenterai cette belle personne et ses expressions textiles.

Nous avons profité de notre promenade dans ma ville pour aller visiter une exposition d’art textile : Dropping Words, par Rieko Koga. C’est une artiste d’origine japonaise, qui vit à Paris depuis plus de 15 ans.

DDM THIERRY BORDAS  Reiko Koga devant une de ses broderies

Dans cette exposition, on est frappé par l’économie de moyens : un tissu blanc, de lin ou de coton, et du fil noir. Point. Tout comme avec de l’encre sur du papier blanc, l’artiste nous fait méditer sur la beauté de l’écriture (ici japonaise et occidentale) et le lien sacré entre représentation, signification et émotion. Beaucoup à voir, à ressentir au travers de cette visite, mais pour conserver le plaisir de la découverte, je ne parlerai que de deux œuvres.

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PEACE : la paix, mot brodé à la suite des milliers de fois au fil noir, souvent sans espace, un vrai mantra pour une vie en paix…

PEACE, Rieko Koga, 166 x 150 cm, brodé sur du lin blanc en 2016

Cela me rappelle une de mes contributions au projet 70273, mon point d’interrogation fait de 698 duos de croix :

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Un Vœu pour l’éternité : une oeuvre collective dans un sens – et je remarque à chaque fois à quel point ce concept m’intéresse. Reiko a collecté les vœux de 600 personnes, par internet et dans une boite aux lettres des Archives Nationales de Paris ; elle les a ensuite brodés durant deux mois sur du tissu coupé, puis plié et cousu, renfermant un peu de l’air ambiant, comme une enveloppe envoyant un message au futur. Des vœux en plusieurs langues, même si la plupart sont en français. Les vœux ainsi brodés reprennent la forme des ema, prières et vœux gravés sur bois que les Japonais exposent dans les sanctuaires shinto.

Ema au Japon ( photo domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=119877)

Ces 600 vœux vont des plus universels (la paix sur terre, la prise de conscience écologique…) aux plus intimes (demande d’amour, de guérison, de réussite…) en passant par tous les souhaits qu’on peut imaginer. Un concentré d’espoirs de l’humanité… Ils sont disposés sur une structure octogonale* en bois recouverte de lin, sur lesquels de fins rubans blancs sont cousus pour permettre l’accrochage des vœux. C’est une splendeur, on peut passer un temps infini à les lire, espérer que les souhaits se réalisent, imaginer l’histoire derrière le vœu… L’écriture-broderie en bâtons, fine et claire, imprime les espoirs sur tissu, imprégnant l’énergie de Reiko pour qu’ils se réalisent…

*le 8 : symbole de chance en Asie et de l’infini en mathématiques ∞…

Pour voir ces œuvres (et bien d’autres) de Rieko Koga, rendez-vous à l’Espace Écureuil, 3 place du Capitole à Toulouse. L’exposition dure jusqu’au 7 septembre, mais attention, fermeture du 5 au 19 août !

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Hotel California en denim

L’été, les vacances… et la mythique chanson des Eagles Hotel California (cliquez pour avoir le son !)... Inoubliable, dans nos oreilles depuis 1977 !

Je n’étais pas la seule à avoir cet album… 32 millions vendus ! Un son qui marqua notre génération et bien au-delà…

Cet hôtel fantasmé de la pochette, avec son clocheton, est à Beverly Hills, un ***** huppé qui cache une toute autre histoire. La chanson, qui nous semble si romantique, relate les addictions à l’alcool ou les drogues qui rendent prisonnier, qu’on ne peut quitter. Dans cet album, les Eagles, qui avaient intensément vécu tous les excès, veulent justement s’en sortir… La sublime chanson reste un symbole du côté noir de ces années d’hédonisme.

Pour chasser ces idées noires, que diriez-vous d’un plongeon dans une piscine toute bleue ?

The Roosevelt (hôtel sur Hollywood Boulevard, à Los Angeles) – Ian Berry – 90 x 122 cm – 2019

Quand je dis bleu, c’est bleu denim ! Et si Tom se baignait dedans ?

Tom at the Roosevelt – Ian Berry – 122 x 81,5 cm – 2018

Et que font les reflets de la lumière dans l’eau ?

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Détail du tableau précédent : Ian n’utilise QUE du denim, ses ciseaux, de la colle… et son incroyable talent !

My Head grew Heavy and my Sight grew Dim – Ian Berry – 180 x 90 cm – 2019

Ah tout ce bleu doit vous procurer une bienfaisante fraîcheur, par ces temps caniculaires !

I had to stop for the Night – Ian Berry – 61 x 22 cm – 2019

Such a Lovely Place – Ian Berry – 63 x 122 cm – 2019

Bien sûr, vous avez reconnu le style inimitable de Ian Berry ! Ses derniers tableaux font l’objet d’une grande exposition en solo à Londres à partir du 1er juillet. En téléchargeant les photos, j’ai remarqué que la plupart de ses tableaux ont des titres extraits des paroles de la chanson Hotel California des Eagles… Quelle idée géniale ! Moi qui ai appris l’anglais en suivant les paroles écrites de mes chansons préférées (d’abord avec les Beatles, puis avec tant d’autres, les Eagles inclus…), les phrases sont restées, indélébiles…

Cette exposition est plus solaire, bien dans l’esprit californien si positif, yeah !
Ce style te va si bien Ian,
this style suits U so well Ian!!

 

Merveilleuse interprétation de la pochette de l’album des Eagles…

Si vous avez la chance d’aller à Londres ce mois-ci, surtout ne manquez pas de plonger dans l’esprit californien avec notre ami Ian ! L’expo est jusqu’au 28 juillet à CATTO GALLERY 100 Heath Street London, NW3 1DP, ouvert tous les jours (voir ici). Déjà plusieurs tableaux sont vendus ! Ils ne restent jamais longtemps sa propriété, ses œuvres se vendent presque comme des petits pains…

Any Time of Year, You can find it Here ! Ian Berry – 80 x 31 cm – 2019

Voulez-vous aider Ian à gagner un concours d’opinion ? C’est, dans le monde de l’industrie du blue jean, du commerce et de la filière du coton au recyclage, la première fois qu’il est distingué ainsi dans les finalistes des personnes les plus visionnaires et influentes ! Il faut voter pour cinq catégories (stylistes, fabricants, revendeurs, etc.), vous votez pour qui vous voulez (au hasard si vous ne savez pas, comme moi😉)  jusqu’à la dernière catégorie des influenceurs où là,vous votez pour le 3e nom : Ian Berry ! Chacun ne peut voter qu’une seule fois, Ian a besoin des votes de ses fans !

Suivez ce lien : Rivet 50 et merci de lui témoigner ainsi votre admiration !

Sa sœur Fiona, qui écrit des poésies, nous incite à ce vote avec tant de délicatesse :

Mon frère, Ian Berry, est un jeune homme talentueux. Ses œuvres d’art ressemblent à de la peinture, mais approchez-vous et vous verrez la réalité, ce sont des tas de pièces de denim. Il est sélectionné pour une récompense qu’il mérite de gagner, alors s’il vous plaît, donnez-lui votre vote et rendez-le heureux !

 

Votez et faites voter ! Quelques centaines de voix françaises feront la différence ! http://www.rivet50.com

 

Cette année à Lacaze (81)

Un château Renaissance dédié à l’art, quel bonheur ! C’est à Lacaze, village bien connu des quilteuses occitanes…

Nadine Vergues remplira le Château de son imagination fertile…

Cette année, des quilteuses d’Occitanie ont planché sur la biodiversité, et en particulier les petites bébêtes… Original comme thème, extraordinaire comme inspiration ! J’ai vu de nombreuses réalisations fantastiques de mon groupe de Colomiers, à découvrir le prochain week-end ! Cette exposition sera au Temple, tout près du château.

Tout le programme se trouve par ici.

Cerise sur le gâteau, découvrons aussi cette année :

Dans le Tarn, ❤ de l’Occitanie, les quilteuses sont heureuses !

Southern Charm

Le charme du Sud.
Chacun a son Sud en soi. C’est un endroit qui ressemble à la Louisiane, à l’Italie… Nino Ferrer nous transporte inévitablement dans un monde rêvé… où il fait bon vivre, on aurait pu y vivre plus d’un million d’années, et toujours en été…

Je reviens de vacances, au sud de mon Sud, en Andalousie et un peu en Algarve (Espagne et Portugal), nous en avons profité avant que le soleil n’écrase ce coin de son impitoyable chaleur, de plus en plus forte au fil des ans. Début juin, il faisait déjà 38 ° et pas une goutte de pluie ! Je fredonnais la chanson de Nino Ferrer, quand je ne me laissais pas emporter par la musique flamenca, puis le fado, couleurs locales…

Le Vieux-Sud des Américains, c’est le Sud-Est des États-Unis, du Texas à la Floride. Un sud alangui mais aussi si violent. Choisissons de ne parler que des belles choses, les quilts du Sud pleins de charme en l’occurrence !

Mary Wilson Kerr, quilteuse, auteure et collectionneuse, a voulu aussi réunir autant de quilts que possible montrant l’Esprit du Sud, pour une exposition au Texas Quilt Museum (à La Grange, entre Austin et Houston, jusqu’au 23 juin). C’est ainsi qu’elle est entrée en contact avec notre amie Betty, car il lui manquait un quilt représentant un Pine Cone quilt d’une seule rosace. Elles ont choisi celui qui fut fait de vraies chutes de linge de maison et de vêtements, pour représenter la réalité de la communauté de femmes modestes qui cousaient de tels ouvrages.

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Mary Wilson Kerr a écrit un passionnant livre à ce sujet, Southern Quilts, sorti récemment (2018). Comme nous n’irons pas à cette expo, que peut-on retenir du livre ?

 

Diverses influences européennes enrichissent, au fil du temps, les quilts du Sud tout comme ceux du Nord, puis de l’Ouest. Avec ce livre, même si le focus est sur cette région, on apprend beaucoup sur les influences diverses, les motivations des femmes, les disponibilités des matières sur environ 150 ans.

Chaque chapitre est écrit par une historienne originaire du Sud (sauf une). Toutes montrent l’extraordinaire envie des quilteuses du Sud, blanches et noires, de créer de la beauté, de se surpasser avec des piécés virtuoses et de beaux appliqués, tout en faisant avec les ressources locales disponibles.

Ce qui frappe en feuilletant ce livre, c’est la prédominance des formes circulaires réputées difficiles, de toutes sortes, avec bien souvent des pointes triangulaires : même les étoiles sont organisées en cercles avec le bloc des Seven Sisters ! Ici la vidéo de Nathalie Delarge pour faire un bloc simplifié pour un quilt magnifique.

Quand on parle de quilts du Vieux-Sud, le panorama ne serait pas complet si on ne parlait pas des Pine cone quilts évidemment. Un chapitre entier leur est consacré, avec le texte de la loi proclamant cette technique « le quilt officiel d’Alabama » (Act of Alabama n° 97-11 du 11 mars 1997).

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Comme le Sud incite à une vie plus lente, n’oublions pas, malgré l’agitation de la vie, de prendre le temps pour les autres.

Sur un fond de quilt scrappy, Bonnie Hunter nous dit : Prends le temps d’être gentil. Tu peux ainsi transformer la journée de quelqu’un aujourd’hui.

 

Ella-Diva

Avant de faire une petite pause, vous savez, la digital-détox qu’on nous conseille de faire de temps à autre😉, je vous emmène dans le monde de la musique afro-américaine et de la Récup’Art à Saint-Gaudens (31). Fin mai, depuis 17 ans, s’y trouve le Festival Jazz en Comminges et parallèlement une exposition où mon amie Hélène Vispé participe toujours. Chaque année, un thème est donné, lié au jazz, avec l’obligation de faire une oeuvre artistique avec une partie de matériaux récupérés.

Vous trouverez ici l’alléchante programmation.

L’exposition a ouvert ses portes en début de semaine, et jusqu’au 2 juin, sur le thème des Divas du Jazz. Pour Hélène, Ella Fitzgerald s’est immédiatement imposée.

Ah Ella… J’ai eu l’immense privilège de l’approcher, de m’occuper un peu d’elle, en juillet 1982. Je travaillais en boulot d’été à la réception du Sofitel Océania de Brest, et c’était dans cet hôtel que descendaient plus de la moitié des stars invitées au Festival de Jazz de Brest. Comme c’était moi qui parlais le moins mal anglais, je m’occupais des anglophones… Ella fut celle qui me marqua le plus. Quelle gentillesse… Elle ne voulait pas gêner, avait toujours un petit mot gentil à la bouche. Cette dame fortement handicapée par la maladie (diabète) se déplaçait avec difficulté. Quelle ne fut pas ma surprise, au concert qu’elle donna le 15 juillet 1982 à Brest, de la voir, transcendée par son art & la musique, sautillant sur scène ! Sa voix était toujours aussi pure et magique.

Le monde du jazz a plusieurs divas, mais je suis heureuse qu’Hélène ait choisi Ella ! Voici son quilt :

Ella-Diva, par Hélène Vispé

Esquisse pure et minimaliste d’Ella, avec comme il se doit des matériaux de récup’ : un drap de lin (aïe que ça froisse !), des rubans, des faux-cils et, idée de notre amie Kristine, de la laine noire détricotée pour la chevelure !

Dernière touche de quilting…

Et toujours, une très belle étiquette ! Notez qu’Hélène appose toujours son n° d’adhérente France Patchwork !

Vous pouvez retrouver Hélène sur Instagram : @helenevispe et les autres articles qui lui sont consacrés sur la Ruche par ici !
C’est sur cette touche mêlant patch et jazz, tous deux propices à l’expression personnelle, à la création, à l’improvisation, que je vous dis à très bientôt !
Katell 

Ken Burns et sa collection de quilts

On ne connaît pas trop Ken Burns en France, mais c’est un des réalisateurs les plus connus, talentueux et prolifiques des USA. Ses thèmes de prédilection concernent son pays et ses héros, son histoire complexe avec la Guerre Civile ou la Guerre du Vietnam et aussi des spécificités comme les parcs nationaux, le jazz, le baseball, et tout récemment la Country Music !

Dans sa vie privée, Ken a depuis les années 1970 un jardin secret, une collection de quilts qui grandit avec le temps. Il les aime anciens, en excellent état, et les a toujours exposés uniquement chez lui. Ceux et celles qui découvrent son trésor s’amusent de l’entendre dire à chaque quilt : Celui-ci est l’un de mes favoris ! Il en parle avec sensibilité, respectant ce patrimoine venant des femmes de son pays.

Qu’est-ce qu’un quilt ? C’est un objet fonctionnel, pour vous garder au chaud.
Je dors sous des quilts, c’est important pour moi car c’est bien pour cela qu’ils ont été créés.

Comme la plupart des Américains, il est très patriote et plusieurs de ses quilts sont rouge-blanc-bleu, l’un d’eux comporte aussi un grand drapeau des États-Unis. Ce Démocrate engagé trouve dans les quilts une manière d’honorer son pays. 

Je fais des films pour les autres ; je collectionne des quilts pour moi-même.

Dans la chambre de son appartement de Manhattan, son quilt préféré (bon, c’est ce qu’il dit pour chacun !) le calme et l’aide à se recentrer. Ken est fasciné par ces cercles et le quilting, il a la plus grande admiration pour celle qui fit cette merveille. Référence : https://www.nytimes.com/2018/01/16/arts/design/quilts-ken-burns-international-quilt-study-center-museum.html

L’unique exposition publique fut il y a un an au Centre des Quilts du Nebraska, ce fut une découverte car seul son entourage connaissait sa passion… Il en possède près de 80 et un tiers d’entre eux furent exposés. 

Si vous comprenez l’anglais, vous en apprendrez bien plus en visionnant ces deux vidéos. Sinon, ouvrez juste les yeux, cela suffit pour admirer sa collection !

Merci encore une fois à Kristine pour l’idée du sujet !