Nous avons 10 ans ! 🍀 1er jeudi

J’ai dix ans d’écriture et de partage dans La Ruche des Quilteuses ce mois-ci ! Jamais je n’aurais imaginé, en écrivant timidement mon premier article en avril 2011, que ce blog serait riche de tant de textes dix ans après !
Voici le 1 102e article, ce blog est suivi par 4 180 personnes et a reçu plus de 2 615 000 visites. Ce sont des chiffres qui montrent l’attachement des quilteuses à leur activité qui mène à bien plus que la docile couture de blocs et un ouvrage fini dans les temps…

Faire du patchwork n’est pas un passe-temps ! C’est une obsession, un métier, une fascination, une addiction, une expression, une manière de vivre (image Bonnie Hunter)

La beauté des coïncidences fait qu’Émilie m’a contactée la semaine dernière pour me proposer une animation pour célébrer… les 10 ans de son entreprise Neelam ! Cette synchronicité m’a réjouie, moi qui admire Emilie et Damien pour tout ce qu’ils entreprennent.

Sans Neelam, j’aurais peut-être laissé sous silence mon anniversaire de blog.
Avec Neelam, nous allons célébrer avec vous cette joyeuse échéance !
Katell

Le très beau logo qui nous accompagne ce mois-ci est une création d’Émilie.

A propos de Neelam

Créer une entreprise est toujours une longue histoire faite de rencontres, de réflexions, de saisies d’opportunités, de travail, d’optimisme… Ce que voit le public de Neelam depuis 10 ans, c’est un jeune couple sympathique présent dans la plupart des Salons de loisirs créatifs, vendant des tissus teints et imprimés artisanalement en Inde avec passion, patience et de grands sourires. Leur offre s’est étoffée au fil des ans (voir leur site) et ils ont gagné une clientèle fidèle.

Ce qui se passe en coulisses, c’est beaucoup de travail pour maintenir une offre séduisante et créer de nouveaux pôles d’intérêt, tout en gérant des stocks importants, avec des prises de risques. C’est aussi la vie qu’ils se sont choisie, avec des rencontres en premier lieu, des voyages pour le plaisir et pour le travail, mais aussi pour s’approvisionner auprès des fournisseurs-artisans.

Au-delà de notre proximité géographique (Toulouse et ses environs), nous avons très vite sympathisé. Devenir partenaires pour la célébration de nos 10 ans respectifs est une concrétisation de notre sincère amitié !

Le textile est un langage universel (Émilie en Inde)

4 jeudis pour nos 10 ans

Nous avons choisi le jeudi pour célébrer nos 10 ans parce que mon jour anniversaire de blog est le 22 avril, qui est cette année un jeudi, tout simplement ! C’est le jour de Jupiter, la plus grosse planète de notre système solaire, cela tombe bien puisque c’est le symbole de la réussite. Sans fausse modestie, Émilie peut dire qu’elle a réussi son pari lancé voilà 10 ans et pour moi, mon rôle s’est dessiné progressivement : chacune avons pris notre place dans le monde des textiles et de la création.

La réussite n’est pas un but en soi, trouver sa juste place permet de se sentir bien et de développer une meilleure qualité de vie.
Émilie & Katell

Afin de nous en réjouir avec vous qui faites le succès de ce blog et celui de Neelam, nous lançons le mois des 4 jeudis festifs autour du patchwork ! Émilie et moi vous offrirons, aujourd’hui et les trois prochains jeudis : des histoires, des modèles, des livres, des tissus, des astuces… Nos deux articles seront complémentaires, à vous de naviguer entre nos deux blogs.

La créativité donne de l’énergie !
Émilie & Katell

Un tuto simple

Thé ou café ?

En ce mois d’avril avec peut-être des enfants ou petits-enfants à la maison, je vous présente aujourd’hui un modèle à faire avec eux éventuellement, tellement c’est simple. Dès que ma nièce de 6 ans reviendra me voir, nous ferons ce modèle ensemble ! C’est joli avec n’importe quel tissu mais extrêmement séduisant avec des tissus Neelam qui ajoutent une touche exotique à votre table !

Des sous-verres ou sous-tasses, c’est très pratique

Il s’agit principalement d’un pliage et d’une seule couture. Lorsque j’étais déléguée de France Patchwork, nous l’avions proposé en JA FP31, puis j’ai personnellement offert des sous-verres à des amis ; à chaque fois, cela semblait leur plaire. On y va !

Pour un sous-verre, il faut 5 carrés de tissus Neelam de 14 cm : 4 pour le recto et un pour le verso. J’ajoute un carré de 14 cm en doublure de fond (ou vous pouvez thermocoller le tissu Neelam).

Les 4 tissus Neelam pour le recto sont pliés en deux sur une médiane et repassés, endroit visible. Le carré du verso est doublé ici un tissu de récupération (pour tout vous dire, c’est le rabat d’une taie d’oreiller usagée) et juste tenu par repassage des deux ensemble.

Je n’hésite pas à couper ces tissus en utilisant les bords-lisières sans impression. Je les mets face à moi, elles disparaîtront ensuite comme par enchantement quand on retournera l’ouvrage.

Je dispose les carrés pliés sur le carré de fond : la pliure se trouve toujours au centre, et on met une moitié dessus – une moitié dessous, difficile à expliquer, facile à faire !

Ici les tissus non repassés et écartés permettent de mieux comprendre. Pour les coudre, il ne faut pas laisser d’espace au centre et parfaitement les superposer.

Il me reste à décider si je veux des sous-verres carrés ou ronds. J’ai souvent déjà fait des carrés, où il suffit de faire une couture tout autour à 6 mm du bord et couper les angles. Cette fois-ci, je dessine un cercle à l’aide d’un gabarit (ici une coupelle), pour coudre sur le trait. Pour plus de solidité au lavage (car ces sous-verres passent à la machine!), je peux surfiler au point zigzag ou utiliser un point de style « surjeteuse », disponible sur la plupart de nos machines. Il suffit ensuite de couper l’excès de tissu.

La beauté de ce petit objet est qu’on le retourne par le centre plié. Et hop c’est fini !

Ici le rond n’est pas parfait : on va dire que c’est artisanal !
A vrai dire, on ne regarde que les tissus…

Le bonus du tuto

On peut utiliser la même technique pour un bloc orphelin, un bloc d’essai, un bloc trop petit ou trop grand qui n’a pas trouvé sa place dans un projet… J’en ai quelques-uns, comme celui de l’essai de l’étoile de Chantal. Le recto devient verso et inversement. Vous me suivez ? En résumé, si on veut utiliser un bloc orphelin pour en faire un dessous de plat ou une manique, on fait d’habitude un mini quilt avec du molleton. Ici, l’ensemble des tissus (2 fonds + 4 tissus pliés) suffit pour isoler raisonnablement et c’est bien plus rapide. Le carré orphelin est alors le recto, et les pliages sont au dos.

Je mets, endroit visible, mon bloc de 19 cm de côté, que j’ai légèrement quilté à la machine sans molleton sur un tissu blanc, parce que le bloc dépasse 15 cm. C’est une règle que je me suis inventée (moins de 15 cm : je superpose les deux carrés de fond sans quilter – plus de 15 cm : je les assemble à l’aide de quelques coutures).

J’ajoute 4 carrés de tissus Neelam de 19 cm pliés et disposés comme précédemment et je couds tout autour, en ayant glissé un ruban plié en deux dans un angle. Voilà, une manique finie, jolie recto et verso !

Des astuces tous azimuts

Je collectionne les dés à coudre… et les astuces, et chaque jeudi, vous en découvrirez de nouvelles !

  • Parfois on se demande pourquoi tout se passe mal en couture à la machine, pourquoi les points sont déformés ou que le fil se bloque. J’ai récemment appris que le type d’enroulage de la bobine de fil a son importance ! Si les fils sont croisés, la bobine est positionnée de préférence en position horizontale. Pour une bobine aux fils parallèles, il vaut mieux la mettre en position verticale, si votre machine permet ces deux positions. Tout est détaillé par ici : Petit Citron.
  • Quand je dois équerrer de nombreux blocs, j’utilise une plaque de coupe rotative qui existe dans plusieurs marques, c’est très agréable car je ne touche pas au tissu pour couper les quatre côtés, je fais juste tourner la plaque. Moins cher et aussi efficace : la petite planche de coupe sur la plus grande, qu’on peut tout autant mouvoir.
  • Quand je fais un quilt scrappy, par définition j’utilise beaucoup de tissus différents que je brasse, remue… L’occasion de penser à l’ouvrage suivant ! Alors, quand j’ai pris un tissu Neelam pour les pliages de sous-verres, j’ai aussi coupé au moins un rectangle de 5 x 10 cm et/ou 2 carrés de 9 cm. Et j’ai continué avec les tissus voisins. Tous les plus petits restes dont on ne sait que faire, je les mets de côté pour une astuce de jeudi prochain !

Vos cadeaux 🍀

Pas d’anniversaire sans cadeau, n’est-ce pas ? C’est Émilie qui s’en occupe ! Alors rendez-vous sur le blog du site Neelam, en suivant ce lien NEELAM. Je vous souhaite bonne chance 🍀 et, n’oubliez pas, ne gagnent que ceux qui jouent !

Katell 🐝

Un an après… le blues ?

Ressentez-vous un peu – ou beaucoup – de vague à l’âme ? On parle de fatigue pandémique dans les médias. Même si l’humanité a subi des périodes encore bien plus noires qu’actuellement, la lassitude atteint même les plus solides d’entre nous. Cela fait un an que nous vivons au rythme du Coronavirus. Certaines personnes subissent des situations dramatiques, mais pour la plupart le malaise reste diffus mais pesant. Pour oublier un instant nos problèmes, suivez-moi dans ce pêle-mêle de choses qui font du bien !

J’ai un remède simple, un bain de nature : une bonne marche à pied ! Une promenade à la campagne, la montagne ou au bord de mer redonne le moral, la nature est une source infinie de joies. Quelques citations pour la route :

La marche est le meilleur remède pour l’homme.
Hippocrate

Rien n’asservit l’homme qui marche.
Vincent Vincenot

Quand vous marchez, laissez vos pensées prendre la couleur de ce que vous voyez.
Robert Louis Stevenson

Si tu n’arrives pas à penser, marche ; si tu penses trop, marche ; si tu penses mal, marche encore.
Jean Giono

La marche apaise. La marche recèle une énergie bénéfique.
Patrick Süskind

La marche m’a remis d’aplomb, physiquement et mentalement, elle dissipe les nuages noirs.
Quelle que soit la direction prise, marcher conduit à l’essentiel.
Marcher, c’est faire un bout de chemin avec le temps.

Sylvain Tesson 

Le plus court chemin pour aller quelque part n’est pas la ligne droite, mais le rêve… Photo prise quelque part en Occitanie.

La forêt près de chez moi n’a jamais été aussi fréquentée que la dernière quinzaine de février : c’étaient les vacances scolaires ! Je m’en réjouis, ce sont autant d’enfants de Toulouse qui ont joué dans la nature au lieu de rester devant un écran. D’habitude en février, on ne croise que quelques sportifs et des bûcherons. Et des chasseurs.

Le réenchantement du monde que j’appelle de mes vœux n’est pas la priorité de tous ; cet hiver, les bruits des moteurs troublaient chaque jour de la semaine la quiétude de la forêt. Massacre des arbres à la tronçonneuse… Des hectares ont été sauvagement coupés, n’importe comment. Il est loin le temps où couper un arbre était un acte important, réfléchi, où l’homme demandait la permission – ou pardon – à cette vie bientôt interrompue. L’homme moderne trouve ceci absurde, il n’est plus animiste ! Mais l’énergie dans chaque organisme vivant peut nous faire considérer les choses d’une manière de nouveau plus spirituelle. Et si ça ne nous parle pas, considérons-le de manière pragmatique : trouver l’équilibre, la juste mesure entre le renouvellement naturel et le prélèvement humain est un des enjeux urgents. L’intelligence humaine serait bien mieux employée en protégeant la nature qu’en exploitant outrageusement ses ressources à court terme. 

Cela fait quelques semaines que je voulais vous présenter Paradis Perdus d’Éric-Emmanuel Schmitt, le premier volet de son Histoire de l’Humanité en huit volumes.

Cette lecture fut un enchantement.
Je me suis immergée dans la vie de ce village lacustre moderne d’il y a 8 000 ans, comme une re-connaissance. Les gens vivaient alors en pleine harmonie avec la nature, et ils nous sont si proches pourtant ! Je ne vous en dis pas plus, découvrez la vision du monde de nos ancêtres et cette belle histoire teintée de surnaturel.

Voilà un an, je vous montrais un top, et je ne vous ai pas encore montré le quilt terminé ! Il est plein de vitalité, de la taille d’un dessus de lit, largement inspiré du modèle Leaves in the Breeze, de Becky Goldsmith / Piece o’ Cake Designs (présenté dans le livre Appliqué outside the Lines) :

Entièrement quilté au coton perlé de diverses couleurs, la plupart en écho des feuilles et des branches, avec quelques fantaisies.
Début mars, c’est déjà le printemps, avec les jeunes pousses qui jaillissent de terre, les bourgeons qui explosent, les senteurs qui enivrent ! Jeunes Pousses, Katell, 2020, appliqué improvisé main, quilté main.

 

Il ne manque plus que les copines…

Autre lecture récente, un dialogue à cœur ouvert entre Nicolas Hulot et Frédéric Lenoir, l’un écologiste, l’autre philosophe des religions. Même si je n’adhère pas à tout aveuglément, ces deux hommes ont compté dans mon évolution personnelle, l’un depuis Le syndrome du Titanic, qui a rallumé ma flamme écolo, l’autre avec La promesse de l’ange, qui a résonné étrangement en moi. Ces deux livres sont parus tous deux en 2004, une année importante dans ma vie personnelle aussi. Depuis, j’ai lu une grande partie de leurs livres. Ma rencontre avec l’un d’eux reste inoubliable. Ils sont parfaitement imparfaits comme nous tous, ils sont mes frères de génération, mes frères d’idées, mes frères d’humanité. Leur livre en commun a subi pas mal de critiques, mais personnellement, j’y ai trouvé un grand réconfort : comme plusieurs de mes chères lectrices qui ont laissé un commentaire dans l’article précédent, nous ne sommes pas seules à penser pareil !

Depuis le premier confinement, France Patchwork anime avec beaucoup d’énergie son forum sur Facebook ; il est réjouissant de voir l’animation et la bonne humeur des participants ! J’avoue n’avoir suivi que le premier challenge qui commença le 18 mars 2020 ; il fit de chaque mercredi l’événement de la semaine : quelle couleur sera à l’honneur ? Nous avons toutes adoré ce rendez-vous !

La semaine dernière, nous nous sommes promenés en famille dans le Gers : l’occasion de faire de jolies photos ! Ici à Cologne.

Ce quilt est fini depuis belle lurette lui aussi… à part la bordure de finition qui a traîné ! J’avais partagé quelques détails au fur et à mesure sur ce blog. Chaque couleur m’inspira une ambiance, un mot, dans diverses langues. Ainsi, mon séjour récent en Espagne m’avait inspiré les mots Luz (lumière) et Vida (vie). Quelques incongrus avec le mot chinois qui signifie crise, le mot breton Glaz… Beaucoup de spontanéité dans ce quilt de chutes de tissus (je ne sais pas ce qui se passe dans mes tiroirs, ils semblent se reproduire, j’en ai toujours autant !…)

Ensemble malgré tout, le seul excellent souvenir de la première période de confinement, une fantastique idée des Céates FP que je remercie de nouveau ! Patchwork de chutes, pas un seul tissu imprimé répété, ce qui en fait un Charm quilt. Les lettres sont en piécé improvisé, d’après la méthode de Tonya Ricucci. Brodé à la main, quilté à la machine. Katell, 2020.
Voici la mascotte du quilt ! Fait d’après le tuto de Pie Lady Quilts. J’ai eu beaucoup de difficultés pour terminer le quilting de ce quilt, ma machine à coudre préférant coudre plutôt que quilter…

Comme la plupart des quilts récents des Abeilles de la Ruche des Quilteuses, ces quilts seront exposé à Lacaze (Tarn) les 26 et 27 juin prochains. Oui, les organisateurs maintiennent l’événement, youpi !!

De la marche, de la lecture et des quilts, j’ai ces plaisirs simples pour combattre le blues. Il me manque la convivialité des rencontres… Mon agenda se remplit doucement, c’est bon signe, j’y crois !

Avec optimisme,
Katell

Réenchanter le monde

Fréquenter la nature remet les idées en place, avec les pieds bien sur terre et la tête près du ciel. En ville, nous ne sommes pas la même personne. C’est pourquoi le mélange des genres, les écolos-bobos des villes, sont si facilement moqués. Même si certains ont des attitudes de précieuses ridicules, l’envie de nature est viscérale pour la majorité. La pandémie a une conséquence inattendue : une augmentation des déménagements vers un appartement avec terrasse, une maison, ou plus radicalement vers la campagne.

La grande aventure de l’existence, c’est de trouver là où l’on est bien.
Sylvain Tesson

On a perdu en ville la convivialité des villages où tout le monde se connaît, où on se déplace à pied et où la nature est à notre porte. Quilt Castelnau, Katell (explications dans BeeBook, éditions France Patchwork).

Même si je ne suis pas bobo puisque vivant à la campagne🙃, je me suis bien moquée du scandale de la cantine du lundi à Lyon.

Petit rappel : en janvier 2019, 500 personnes avaient signé un manifeste demandant de ne plus manger de viande ni de poisson chaque lundi de l’année, « pour faire un geste pour la planète », les individuels comme en restauration collective. Malheureusement, cette proposition fut sabordée par la dénonciation du mode de vie des signataires, habitués à prendre l’avion – donc au bilan carbone élevé – et la bataille de chiffres noya le poisson mangé ou pas. 

Faiblesse assurée contre les coronas à venir ? Vraiment ?… Des agriculteurs manifestent à Lyon (Rhône), lundi 22 février 2021.  (NICOLAS LIPONNE / HANS LUCAS / AFP)

A la cantine des petits Lyonnais, il est question d’éviter la viande le lundi, avec cependant des œufs, du lait (donc ce n’est pas un menu végétalien), et aussi avec du poisson (donc ce n’est même pas un menu végétarien). La plupart des médecins conseillent d’ailleurs de manger moins souvent de viande, mais de la meilleure. Que n’a-t-on pas entendu !!! De nombreux politiciens ne se sont pas grandis avec leurs réactions faussement affolées sur la santé des enfants. 

 

On peut bien sûr pourrir la vie des enfants. Un repas végétarien n’est pas un plat où on a simplement enlevé la viande ! Les cuisiniers ont bien plus d’imagination que cela et il n’est pas du tout question de donner une nourriture de moindre qualité nutritionnelle. Les enfants peuvent aussi se régaler avec un plat végétarien !

Sans tambour ni trompette, de nombreuses cantines proposent un repas végétarien par semaine, sans que cela ne fasse de vague.

Nous les Terriens sommes toujours plus nombreux et ce n’est pas demain qu’on va trouver une solution sur Mars ou la Lune. Sur Terre l’agriculture devient plus difficile, avec un climat plus extrême, trop ou pas assez d’eau, des sols appauvris… Certains éleveurs et agriculteurs sont d’accord qu’avec de bonnes décisions, de la concertation, de la bonne volonté, des aides bien ciblées, ils trouveront des pratiques à la fois rentables et plus respectueuses de la nature. Notre société ne doit plus viser le toujours plus des décennies précédentes, mais le toujours mieux, y compris pour la production de la viande. Un vaste programme, nécessairement européen, devra donner aux agriculteurs plus de responsabilité envers la préservation de la nature et le bien-être animal, couplé avec plus de dignité et considération pour eux qui travaillent pour notre alimentation, et ils devront disposer de plus de solutions réellement vertes avec bien sûr une plus juste rémunération. Ce qui est en jeu, c’est à la fois le respect de la nature et la sécurité alimentaire ! Nous avons de si bons produits de terroir, il faut poursuivre leur valorisation avec des accords commerciaux qui les favoriseront.


Et en faisant vraiment la guerre aux gaspillages, nous augmenterions aussi les ressources. 

L’homme est un enfant capricieux qui croit que la Terre est sa chambre, les bêtes ses jouets, les arbres ses hochets.
Sylvain Tesson

Nous pouvons avoir une agriculture moderne ET verte. Il est grand temps de limiter l’agriculture industrielle du XXe siècle pour préserver faune et flore naturelles : lisez le blog de la Marmotte Rousse qui se soucie particulièrement du paysage de bocage avec ses haies, réseaux de réserve naturelle (Le Terrier de Marmotte, articles de février 2021).

Ces derniers siècles ont vu la vision du monde changer radicalement. On a célébré la supériorité de l’Homme sur la Nature, le cartésianisme nous a incités à avancer dans la connaissance et les sciences. Mais on a en même temps considéré la nature comme utilitaire, un garde-manger de ressources à disposition. On a perdu la mesure des peuples premiers, certes moins nombreux que notre population mondiale actuelle, qui ne prélevaient que le strict nécessaire : pas de gaspillage, ni d’enlaidissement de la nature. Les Romantiques, les Hippies et tant d’autres contestataires ont alerté sur la perte du respect du vivant et du naturel, maladroitement sans doute. Mais oublier la sagesse de la nature conduit à la surconsommation, au culte de l’accumulation (des objets, des richesses).

La Maison des Insectes, chez ma fille et mon gendre, donne un abri pour plusieurs catégories de bestioles utiles.

Le bien-être matériel est certes très appréciable et améliore la qualité de vie, je ne suis pas prête à endurer la dure vie de nos ancêtres ! Mais on a parfois oublié que la qualité des échanges humains et la relation à la nature nous rendent plus lumineux et heureux ☺ En ce temps particulier de pandémie, on peut redonner la juste valeur aux choses. Nous nous sommes trop éloignés de la nature, source d’enchantement, qui procure un mieux-être simple, rassurant, vivant, harmonieux.

Le tableau le plus cher du monde ne vaudra jamais un coucher de soleil en exposition temporaire, ou même la plus humble pâquerette quand on la regarde de très près.

François Garagnon, Jade et le réenchantement du monde.

Réenchanter le monde, c’est aussi se redonner le droit de s’émerveiller en observant la nature, en oubliant les explications scientifiques du pourquoi et du comment et en sentant battre le pouls de la puissance naturelle.

Au printemps, quelle énergie dans l’éclosion des bourgeons, dans les chants des oiseaux !

En faisant du patchwork, nous aussi nous réenchantons le monde. A partir d’humbles tissus, nous faisons de la magie ! Laissons-nous porter par la simple joie de créer, même si on n’aboutit pas forcément à un chef d’œuvre. C’est le cas avec ce nouveau quilt, où j’ai patiemment additionné mille souvenirs, mille restes d’autres ouvrages. Quand j’ai commencé par le mot NATURE en tissus blanc et orange, je ne savais pas du tout où j’allais ! Ce quilt témoigne des vertus du recyclage et de la liberté de l’improvisation.

Réenchanter le monde, 2021, Katell. Réalisé uniquement avec des chutes et un vieux drap au dos. Pour le moment, ce quilt enchante notre terrasse !

Déconnectons-nous un peu du monde moderne pour nous reconnecter à la nature !
Lumineusement, Naturellement,
Katell

Soleil à Castelnau !

La parade des oiseaux

Pourquoi le 14 février est-il la fête des amoureux ? 

❤️Il y eut Valentin, prêtre dans l’Empire romain, martyrisé et mort le 14 février 269, pour avoir célébré des mariages clandestinement alors que les soldats se devaient de rester célibataires, d’où l’ire des Romains qui manquaient de soldats. Dans un sens, Valentin préfigurait les hippies : faites l’amour, pas la guerre ☮.
❤️Autour du 14 février en ce temps-là, les Romains célébraient les Lupercales, une fête païenne qui faisait partir l’hiver, où l’on célébrait la fertilité de la terre et où les hommes couraient les filles. Comme souvent, les rites chrétiens se superposent sur les païens, Saint-Valentin devint plus tard la Fête des Amoureux instaurée par la papauté.
❤️Aux temps médiévaux, en Europe, au moment des chants assourdissants des oiseaux autour du 14 février, on disait que les oiseaux annonçaient bien le printemps et les amours. Le signe ☮ peace and love n’existait pas encore, j’y vois pourtant la trace d’une patte d’oiseau (même si ça n’a rien à voir). 
❤️A la fin du Moyen-Âge, l’amour courtois prit la forme de valentinage dans l’aristocratie anglaise, avec des jeux d’amour et du hasard : le 14 février, on formait un couple pour la journée et ils s’échangeaient des mots galants, de petits cadeaux, et plus si affinités. L’Angleterre encore catholique célébrait la Saint-Valentin avec joie et espièglerie.
❤️Au 19e siècle, les Américains commencent à célébrer autant l’amour que l’amitié le 14 février, et les offres commerciales s’en mêlent avec les premières cartes postales aux cœurs rouges…

Les jeunes Américains célèbrent la Saint-Valentin à l’école, offrant de petits cadeaux faits maison à leurs copains, leur enseignant. Cela donne lieu à de nombreuses festivités sur le thème de l’amour et l’amitié. D’autre part, les parents disent souvent I love you à leurs enfants pour dire bonsoir ou au revoir…

Les oiseaux, par leurs chants, ont contribué à fixer la date de la fête des amoureux !
J’adore cette idée.
C’est donc aujourd’hui que je partage avec vous les références pour coudre des oiseaux,
because I love you !

La Parade des Oiseaux

Ce couple aux couleurs toniques sera dans le quilt qu’offrira La Ruche des Quilteuses pour une tombola à Lacaze fin juin 2021. En cours de montage !

Depuis quelques années, des oiseaux se promènent sur des quilts américains colorés, pioupious aux formes variées, parfois de guingois, se déplaçant en solo ou en escadrilles. Des groupes d’échanges se sont créés sur Instagram, j’ai vu beaucoup de participantes, mais relativement peu d’ouvrages terminés.

Comme vous m’avez demandé le modèle qui a inspiré Maïté, sur ce blog comme sur Facebook, voici toutes nos inspirations. Ne vous privez pas de faire naître des envolées de zozios qui illumineront vos intérieurs !

Ouvrages récents de Bee Maïté vus dans Un avant-goût de printemps

D’après mes recherches, c’est Lynne Tyler qui a créé The Bird of Happiness, l’Oiseau de la Joie, l’oiseau créé par improvisation en 2010. Voici son post expliquant son bloc.

Et voici son premier quilt-aux-oiseaux :

Lynne Tyler, Birds of Happiness en 2010

Peu de temps après paraît un modèle McCall’s, en 2012, avec les instructions pour des oiseaux très réguliers.

Vous avez le modèle en couture sur papier ici : https://s31968.pcdn.co/wp-content/uploads/pdf/Bird_Block.pdf

Peu à peu les oiseaux se multiplient, faits régulièrement ou avec plus de fantaisie. On se met à appeler affectueusement ces oiseaux improvisés les birdies… Plusieurs quilteuses expliquent à leur tour comment faire ce bloc d’oiseau ; j’aime beaucoup le PDF, très facile à suivre, de  Blok Lotto / Jean-Sophie Wood.

Mary Huey, 2016
Quilt Diva Julie, 2016

Et vous pouvez voir par ici plusieurs quilts de stagiaires de Lynne Tyler.

J’aime aussi :

@lynnepusscat, 2020
Un très beau quilt de Moonlight, 2018 @moonlightsewing

Pour ma part, j’ai découvert ces oiseaux grâce à Jill de Pie Lady Quilts, qui proposa en 2015 son propre tuto d’oiseau improvisé sur son blog (avec une jolie petite tête !). Elle a fait deux splendides quilts aux oiseaux :

Lovely Woods, Jill Fischer, 2015
Red-letter-day, Jill Fischer, 2015

Voilà, vous avez toutes les références pour faire à votre tour vos oiseaux de paradis, des oiseaux de passage, des oiseaux en liberté, à protéger surtout… Ils égaient nos promenades, tant par leurs chants que leurs couleurs et leurs mouvements. Ils débarrassent les jardins d’insectes nuisibles, disséminent naturellement les graines, pollinisent… Ces symboles de l’équilibre de la nature se raréfient, c’est mauvais signe.

Celui-ci est dans un quilt que je vous montrerai bientôt !

Des cœurs pour la Saint-Valentin tout de même !

J’ai craqué pour le modèle Forever Mine de Bonnie Hunter (Quiltville) et j’ai utilisé au centre une belle broderie afghane de Guldusi (Pascale Goldenberg). Comme Bonnie et les quilteuses d’antan, j’aime utiliser de nombreux tissus coupés en bandes. La photo m’aurait suffi puisque je n’ai pas du tout suivi ses dimensions : je me suis appuyée sur mon carré central, mais j’ai tout de même acheté le PDF par respect envers la créatrice. Ce quilt de 85 cm de côté sera le centre de ma table aujourd’hui.

Derrière la maison, Mon amie la Rose, Katell, 2021
Jeudi 11 février, comme un air de printemps dans le Sud, alors que mes sœurs regardent la neige tomber en Bretagne et à Paris…
Un vrai scrap-quilt, dans la tradition des string-quilts. Traduction : il est composé de beaucoup de tissus différents, dans la tradition des quilts faits avec des bandes de récupération. Le quilting sur la partie claire dessine des centaines de ❤.
Jeux d’ombre et de lumière.

Belle journée avec, j’espère, des chants d’oiseaux pour la Saint-Valentin !
Katell

Fans de Diabolical Jane

A la suite de la présentation de ce très beau modèle issu d’un quilt des années 1820-30, je vous ai proposé de m’adresser vos photos. Il est grand temps de vous les présenter ! Jessie Aller, celle qui a décortiqué le quilt d’origine pour nous en faire des explications faciles à suivre, est très heureuse de cette inattendue gloire outre-Atlantique ! Thank you again Jessie!

Alors voici la galerie des fans de Diabolical Jane. Toutes m’ont précisé qu’elles ont pris beaucoup de plaisir à faire cet ouvrage, si flatteur pour les tissus, si amusant à agencer…

Gisèle Durbe a été une des toutes premières à avoir terminé son DJ… Un très grand quilt qui est, de plus, une sorte de réconciliation avec le patchwork. Parfois on en fait depuis longtemps, mais plus aucun modèle ne trouve grâce à nos yeux… Mais hop, le déclic, l’envie de jouer avec les tissus est revenue grâce à Jane la Diabolique ! Il est entièrement fait de tissus de sa réserve, avec un qui a 40 ans !
N’est-il pas splendide dans cette chambre couleur framboise ? Gisèle a entamé un second DJ, cette fois-ci dans les bleus… Oh j’ai hâte de le voir !
Comme si Gisèle m’avait entendu, je viens tout juste de recevoir son ébauche de Diabolic Blue, tout aussi réussi… Merci Gisèle et bravo !
Miline vient tout juste d’assembler le sien, il mesure 111 cm de côté. De belles teintes douces… La coupe du bord lui a fait un peu peur !!

 

Voici le quilt de Michèle Mollet, plein de jolis imprimés très gais ! Pour ajouter de la lumière, il est quilté au coton perlé jaune dégradé, un très bon choix !
Vu de dos, le superbe quilting de Michèle.
La touche finale !

 

Le quilt d’Isabelle Hubsch sera très grand, il était en cours lorsqu’elle m’a adressé ces photos. Les imprimés fleuris très denses donnent une impression de jardin !
Grâce à un petit collage photo, Isabelle nous présente ce que donnera ton top quand il sera fini !
Le centre sera ainsi. Isabelle Hubsch

 

La plupart d’entre vous avez choisi de faire le DJ en format réduit. C’est judicieux car on concentre ainsi son effet géométrique. Celui-ci, aux imprimés précieux, est de Maya Clet.

 

Michèle Rotteleur a aimé faire son DJ en imprimés exotiques, renforcés par un uni noir. C’est un habile mélange de batiks africains et de pantalons de copines ! Il mesure 120 cm de côté.
Encore Michèle Rotteleur ! Cette fois-ci, c’est un coussin de 50 cm de côté. Splendide.

 

Maïté Gautherin a utilisé un jelly roll , impeccable pour ce projet. Voyez-vous les adorables petits oiseaux ? Ils sont même sur les pattes d’accrochage !

Je constate que, malgré les difficultés à nous rencontrer, il y a des émulations de groupe, comme dans l’association de Pattofils dans le Jura, grâce à Marie-Odile Fournier-Mottet :

Marie-Odile a été la première à m’adresser une photo de son DJ sur la nouvelle adresse diabolicaljane@gmail.com ! Des tissus tout en nuances, un bel équilibre…

Et voici son second, une splendeur en tissus africains :

Diaboliques Wax, Marie-Odile Fournier-Mottet, une totale réussite.

Marie-Odile a fait un cours à son groupe Pattofils sur le Diabolical Jane par internet début janvier, 15 d’entre elles ont été intéressées par ce quilt diaboliquement tentant ! Certaines m’ont adressé la photo de leur quilt, avec toujours un très gentil petit mot, merci Mesdames :

Celui-ci a les dimensions d’un grand coussin, un petit frère gentil et pas du tout diabolique, nous confie Françoise Reymondet !
Françoise Reymondet a aussi fait cette splendide variante de 230 cm de côté, avec une bordure très originale. Le quilting est en spirale. Quelle créativité, bravo ! (désolée, je ne peux pas agrandir cette photo)
Le quilt de Viviane Baux est éclairé par son centre, comme une trouée de lumière dans une forêt dense et sombre… Osé et réussi !

 

Je vous laisse admirer le quilt de Christine Michalet, avec le choix assumé des pois rouge qui dansent !

 

Marie-Claude Gresset a fait ce très beau quilt…
… mais aussi un coussin quilté en spirale, quelle belle harmonie !

Marmotte Rousse publie ce matin-même l’histoire complète de son DJ, en voici un résumé :

Dès que j’ai vu ce Diabolical Jane sur le blog de La Ruche des Quilteuses,
j’ai su que je le
réaliserai.
J’ai choisi des tissus lumineux qui font entrer le soleil.
Une petite fleur ronde désigne le centre.

J’avais une contrainte car je tenais à utiliser les tissus de mon stock.
J’ai diminué la dimension
du carré de base : 6 cm coupé et donc des briques de 6 x 15 cm pour une taille finale de
1,20 m. Grâce à la grille offerte par Jessie, j’ai pu placer mes tissus pour respecter la symétrie.
Le montage de cet ouvrage est très simple et conviendrait parfaitement à une débutante. À part
le centre, aucune couture ne se croise et on travaille toujours dans le droit fil. La seule difficulté
réside dans la pose de la bande de finition qui doit s’adapter au biais des triangles des côtés.
J’ai adoré réaliser ce top qu’il me reste à quilter.
Marmotte rousse
http://leterrierdemarmotte.over-blog.com/

Le DJ ensoleillé de Marmotte Rousse !

Et voici la suite des DJ des Abeilles, vous aviez déjà admiré quelques-uns montrés lors de notre dernier atelier :

Danielle Birello a fait un top très contrasté, très dynamique, comme tous les quilts qu’elle fait ! J’aime la gaieté qui s’en dégage.
Vive a fait un mini, irrésistible.
Avec exactement les mêmes tissus, le grand frère (pas encore quilté). Aussi beau petit que grand !
Dessine et joue ! dit Chantal.
Coucou, de dos je suis pas mal aussi !
Il est cousu et quilté machine, avec beauté et précision
Voici donc Dessine et Joue, de Chantal Bommier

J’ai profité du beau temps de dimanche pour faire enfin des photos du mien, offert à ma fille aînée début janvier :

Naya surveille le quilt, c’est à sa maîtresse ! Finalement il ne s’appelle pas Oh! Gwen, mais Oh! 33 ans…
Détail de la bordure. On voit la grande variété des tissus et que les tissus Neelam se marient parfaitement bien avec d’autres.

 

Une sélection de ces DJ de la Ruche des Quilteuses seront exposés à Lacaze fin juin 2021, avec les autres ouvrages de l’année (annonce ici) ! Oui, nous sommes optimistes, l’agenda se remplit de rendez-vous de patchwork, youpi !!

Et pourquoi pas une exposition de nos DJ tous ensemble, un jour ?…

En attendant ces jours heureux, faites du patchwork, et pourquoi pas un Diabolical Jane !
Katell

Iktsuarpok, Gezellig, Fika

L’année 2021 avance masquée :

Kristine m’a fait, comme chaque année, la surprise de la bannière de janvier : 2021 en chiffres romains, quelle bonne idée ! Évidemment quelques abeilles butinent et les imprimés à texte nous incitent à être joyeuses (be joyful), créatives (creative), inspirées (inspired), gentilles (caring), heureuses (happy), humbles (humble), vraies (true), uniques (original)… Be You, Etre Nous-mêmes!… Ce sont les couleurs choisies par Pantone pour 2021 : gris sombre et jaune acide, allégorie de la lumière au bout du tunnel. J’ajoute : Heureux Anniversaire à Kristine, ce 11 janvier !

2020 laissera un souvenir indélébile, celui d’une pandémie mondiale qui a tout déréglé. Pour les quilteuses, c’est l’arrêt de la plupart des joies des rencontres autour du patchwork, les JA, les Salons, les Expositions… Téléphone, mails, réseaux sociaux permettent heureusement de garder contact, mais les rencontres en vrai, c’est devenu rare et néanmoins irremplaçable.

Ce mot de la langue inuit, ceux que naguère on appelait les Esquimaux, est intraduisible directement : c’est l’excitation qui vous saisit dans l’attente d’une visite, celle qui vous fait regarder par la fenêtre ou sortir sur le palier pour savoir plus vite si l’invité arrive…

C’est ce je fais, comme une gamine qui guetterait l’attelage du Père Noël dans les nuages, quand la Ruche se réunit chez moi. Vendredi en début d’après-midi, j’étais complètement iktsuarpok !

Nous nous sommes montré nos dernières réalisations, le temps est passé vite à papoter (beaucoup !) et à coudre des oiseaux en vue d’un quilt à faire ensemble. L’ambiance était gezellig comme j’aime.

C’est un mot hollandais aux sonorités très gutturales, mais qui décrit un état de béatitude, un sentiment de confort et de bonheur quand on est ensemble, en bonne compagnie, en toute sécurité et confiance.

Nous avons d’abord choisi la disposition des blocs faits à l’automne pour un quilt destiné à une famille sinistrée dans les Alpes-Maritimes, ce projet a été très retardé en raison du confinement :

Scrappy Trips around the World, modèle de Bonnie Hunter/Quiltville.

Puis ce fut l’habituel Montre & Raconte :

Andrée est sur le point de terminer ce splendide quilt aux tissus japonais, mis en valeur par un fond de plusieurs nuances de bleus doux. Je l’aime infiniment. C’est interprété d’un quilt paru dans un livre de Tilda.

Danièle nous avait montré l’avancée de ses quilts en tissus Neelam lors de la Ruche juste avant Noël :

Danielle a beaucoup aimé s’amuser avec ces trois couleurs, et sa fille a réservé ce quilt pour elle !

Diabolical Jane

Je reviendrai très bientôt sur les Diabolical Jane, car j’ai reçu des photos de vos réalisations sur diabolicaljane@gmail.com. Ceux que j’ai déjà reçus sont splendides ! En attendant, en voici quelques-uns des Abeilles :

C’est celui d’Évelyne, avec le vert acide qu’elle aime tant mettre dans presque chacun de ses ouvrages. Sans bordure ajoutée, une option très moderne.
Son beau dos, en patchwork de restes, montre le travail de quilting à la machine, très réussi !
C’est celui de Kristine, avec une bordure qui lui permet d’utiliser un ruban ancien hérité de sa mère. Frais, printanier et harmonieux !
Comme toujours, Kristine brode des étiquettes informatives et superbes, avec un petit échantillon du ruban de bordure (le carré fleuri)
Andrée a laissé parler l’exubérance des wax, quelle réussite !
Maïté a modifié le modèle pour en faire SON DJ unique, très spectaculaire !

Le 18 décembre dernier, jour de la Ruche précédente, nous avions déjà vu les beaux DJ de Chantal et de Vive, les Abeilles manquantes avant-hier. Je les ajouterai lors d’un article récapitulatif. Danièle en a fait un splendide également, très coloré… Je n’ai pas toutes les photos. Quelle émulation ! Et le mien est très grand, 2 m de côté, pour le lit de ma fille aînée qui vient de fêter son anniversaire (une Capricorne de plus), je vous en ferai une bonne photo pour le prochain article à ce sujet.

Quilts Météo

Ah quelle aventure que ce quilt météo ! Pour chacun qui l’a fait en 2020, cela restera un ouvrage très spécial, lié aux événements personnels de 366 jours mais aussi à cette année dont le fil rouge restera à jamais l’expansion mondiale du Covid19. Dans le groupe privé Facebook qui réunit à ce jour 712 membres, on voit une diversité extraordinaire d’ouvrages, tous plus beaux les uns que les autres. Les quilteuses font preuve d’endurance et de créativité ! D’ores et déjà, je peux vous annoncer qu’une exposition de quilts météo pourra se faire dans le Tarn, fin juin 2022, les modalités seront à finaliser avec les organisateurs. J’espère que nous aurons d’autres propositions car ces quilts méritent de voyager pour être vus et revus un peu partout !

Éliane montre son quilt terminé, hormis les bordures et le quilting.
Elle a résolu son problème des deux mois accolés de 31 jours, juillet et août, qui décalaient les colonnes, en incluant des losanges où est brodé le titre.
Si vous avez la chance de voir un jour ce quilt de près, vous verrez que Maïté a ajouté de nombreux détails brodés…

Cerise sur le gâteau, des quilteuses ont entamé un quilt météo 2021 !

La Pause

Fika (café en verlan suédois !) est le moment privilégié où on fait une pause avec un bon café et un petit gâteau (pour nous c’était thé aux cerises/hibiscus et oreillettes d’Éliane), une pause qui peut s’étirer parce qu’on est simplement bien ensemble…

Après avoir vu tant de belles choses, nous avons fait la pause Fika et nous avons évoqué l’assaut du Capitole, un traumatisme de plus infligé par un Président qui n’a cessé de nous navrer. Et nous avons encore bavardé, nous souvenant des inoubliables journées passées avec nos chères amies américaines LeeAnn, Jeanne, Tari, Betty – et j’ai distribué avec grand plaisir les calendriers que Betty a offerts aux Abeilles pour 2021. Betty, you will be with us in our ateliers! Thank you so much again 💗

Et la sécurité ? Nous ne sommes pas kamikazes (autre mot venant d’ailleurs), nous vivons toutes plutôt isolées, la plupart en maison individuelle à la campagne ou presque. La pause Fika s’est faite dans une autre pièce en remettant nos masques après chaque gorgée de thé. Notre département est actuellement relativement peu impacté, nous avons jugé raisonnable de nous revoir dans cette grande pièce où l’air circule bien.
S’il est reconnu que la peur et le stress affaiblissent les défenses immunitaires,
j’ose penser que notre rencontre vitaminée les booste momentanément !

Oiseaux de passage

Nous avons une bonne nouvelle qui, espérons-le, ne tombera pas à l’eau… La Ruche des Quilteuses est invitée à exposer en juin prochain à Lacaze dans le Tarn ! Ce sera un week-end très festif où chacun sera heureux de replonger dans une vie faite d’art et d’amitié. Nous ne serons pas seules, à l’appel de Christine Meynier et Cécile Milhau, Les Filles du Rouvray, les quilteuses passionnées qui travaillaient dans le premier magasin de patchwork de France, exposeront une belle sélection de leurs œuvres. Ce sera un grand événement, d’autant plus que cette année, de nouveaux lieux d’exposition ouvriront dans le village en cumulant les expositions 2020 et 2021, avec de nombreuses animations et surprises ! Alors réservez dès à présent votre dernier week-end de juin pour visiter le cœur de l’Occitanie, près d’Albi-la-Belle.

Lacaze, au cœur de l’Occitanie

Pour remercier Les Amis du Château de Lacaze, l’association organisatrice de cet événement, nous allons faire un quilt pour une tombola. Son nom temporaire est Oiseaux de passage, car nous l’avons imaginé lors des passages des oiseaux migrateurs. Qu’on aime voir les oiseaux voler et parfois se poser en groupe dans la campagne, avant de les admirer repartir en nuée sonore… Un spectacle éblouissant !

Malheureusement, depuis 40 ans les oiseaux sont décimés eux aussi. Ces petits animaux à la fois familiers et merveilleux doivent désormais bénéficier de protections drastiques. L’écrin de verdure de Lacaze est un lieu idéal pour rappeler ces évidences. La première étape s’est passée hier, avec le choix de faire des oiseaux aux ailes en tissu Wax (batik africain) et au corps uni, en couture improvisée. Des Abeilles faisant des oiseaux, mais oui tout arrive !

Il faut d’abord bien comprendre comment faire un piou-piou.
A la recherche du tissu uni qui ira avec le wax…
On aura sans doute assez de tissus !
On maîtrise la coupe des piou-pious, tout va bien !

 

 

Iktsuarpok, Gezellig, Fika, ces trois mots qui n’existent pas en français résument notre première journée de l’année ensemble. Ces mots (et ces illustrations) sont tirés du petit livre Lost in Translation d’Ella Frances Sanders, malheureusement pas traduit en français. Vous y trouverez une cinquantaine de petits mots tout mignons comme ceux-là !

Merci du fond du cœur pour tous vos vœux, je crois que je ne réussirai pas à répondre à chacun, veuillez m’en excuser. En revanche, je vais reprendre le chemin un peu oublié des réseaux sociaux et de nouveau alimenter mon blog. 

Que la sérénité me soit donnée d’accepter ce qui ne peut être changé
et le courage de changer ce qui peut l’être
mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.
Marc-Aurèle

Que chacun réussisse à passer la meilleure année MMXXI possible !

Bonne année à tous, ici et ailleurs !

Katell et ses amies

Diabolical Jane

J’ai récemment découvert un modèle de quilt inspiré d’un quilt ancien américain, très simple à faire, rapide et scrappy… Pour moi, l’idéal pour vider la tête et alléger un peu mes tiroirs de tissus. Son nom ?

Diabolical Jane !

Jane, Jessie et Melinda, membres de la Modern Quilt Guild de Washington DC, sont tombées amoureuses d’un quilt anonyme des années 1830, lors d’une visite au Musée National des Femmes Artistes (https://nmwa.org/ à Washington, DC). Ce Musée expose de nombreuses artistes telles que Sonia Delaunay, Frida Kahlo ou Faith Ringgold. L’exposition temporaire, « Workt by Hand, Hidden Labor and Historical Quilts », provenant du Musée des Arts de Brooklyn (New-York), a eu lieu fin 2013 – début 2014. L’expo est photographiée dans ce livre :

Catalogue de l’expo, édition épuisée
On voit LE quilt au centre, photo Lee Stalsworth
Voici le quilt original que les historiens situent aux alentours de 1830. Photo du livre “Workt by Hand” faite par Jessie Aller. Les carrés manquants en bas rendent possibles la mise sur un lit à baldaquin (avec des colonnes).

Les trois amies se sont penchées sur les photos du quilt, Jessie a créé un article avec d’excellentes explications et elles se sont lancées dans leur réalisation. Est-ce LA Jane du groupe, la Diabolical Jane du titre qu’on n’oublie pas ?… 
Vous pouvez voir leurs quilts ainsi que les inspirations sur Instagram #diabolicaljane.

Jessie a interprété le quilt, marquant bien le X central avec des tissus fortement contrastés, jouant avec des imprimés que nulle part ailleurs on n’oserait associer !
Le quilt est immense, il a été très joliment quilté par Rachel Hauser, voir son article avec des photos du quilt fini.

Alors c’est décidé, pendant ce confinement, je fais un Diabolical Jane !

J’avais un réel besoin d’entrer dans ma bulle créative, pour « digérer » de mauvaises nouvelles, un décès, une maman souffrante, une amie proche très malade. Parfois, il faut égoïstement penser à soi pour surmonter une épreuve et ensuite pouvoir soutenir les autres. Les actualités anxiogènes n’arrangent rien. Alors m’immerger dans un nouveau projet de quilt me rend plus forte. 

Un de mes tissus préférés sera dans mon Diabolical Jane. Impossible de retrouver ses références, désolée…

En fouillant dans mes tiroirs, j’ai eu envie de bleu, ce bleu lumineux que je n’ai pas utilisé récemment, car mes derniers tops sont verts et orange, je vous les montrerai une fois quiltés. J’ai acheté voilà 3 ans des fat quarters de tissus épais tendance japonaise, bleus avec des impressions noires (Twilight de Windham Fabrics). Et, pensant à Valériane Leblond qui met presque toujours des oiseaux dans ses tableaux, j’ai ajouté comme base le reste de mes petits oiseaux adorés aux ailes d’un bleu approchant, dont j’ai depuis longtemps oublié la provenance :

La palette de couleurs s’est enrichie sans trop y penser d’or et d’argent, je veux dire de jaune et de gris. Et voilà ! Tissus modernes et traditionnels, vieux fonds de tiroirs et achats récents, tissus japonais, américains de chez Alice et indiens de Neelam cohabitent en un vrai scrap-quilt. J’ai consacré trois pleines journées à ce top, égoïstement et sans aucun remords. Un jour et demi pour choisir les tissus, les couper, les combiner, les changer maintes fois de place, et un jour et demi pour assembler les briques.

J’ai souhaité travailler en cm. Je me suis aperçue que chaque brique mesure 3 carrés + marges de coutures. J’ai donc choisi des carrés coupés de 9 cm, cousus de 7,5 cm. Une brique coupée mesure chez moi (3 x 7,5) + 1,5 cm sur (1 x 7,5 cm) + 1,5 cm = 24 x 9 cm. Il faut en couper 8 par tissu (cela rentre dans un fat quarter), 16 si le tissu est répété, ou 4 seulement si c’est dans le grand X central.

Le montage est comme un 1/2 log cabin, qu’on reproduit à l’identique 4 fois. Voyez les schémas de Jessie Aller pour mieux visualiser la structure. Le truc amusant de ce modèle, c’est qu’on commence par un carré qui se trouvera au milieu de la bordure ! Le X central assemble les 4 parties et, même si ses couleurs sont importantes, il ne se coud qu’à la fin.

Le placement des couleurs : j’ai utilisé le PDF disponible en fin d’article de Jessie Aller, un schéma de placement des briques. Mon brouillon est tout gribouillé, le résultat est différent de ma dernière version écrite et peu importe, ce qui compte est que je suis satisfaite du résultat !

Voici le centre de ma Jeanne la Diabolique. Je tenais à mettre un petit oiseau au centre !

 

Le départ d’un quart de top se trouve ici à droite, un carré gris et deux triangles jaunes. Et puisqu’on est entre nous, je vous montre ici le carré plus clair qui ne devrait pas être ainsi : je me suis trompée de sens, le tissu est à l’envers. Une erreur de débutante ? Une erreur de quilteuse qui a eu la flemme de découdre et recoudre juste pour ça.

 

Ce top mesure 2 m de côté. Il serait très beau plus petit aussi, avec par exemple des briques coupées de 18 x 7 cm (carrés de 7 cm coupés, 5,5 cm cousus). On ne le voit pas beaucoup, mais je voulais vous montrer, sur la droite, mon oranger du Mexique (Choisya ternata) fleuri comme si on était en avril… Il embaume divinement ! Ce dimanche, premier jour de ciel gris depuis longtemps ici du côté de Toulouse, mais la température reste étonnamment douce pour la mi-novembre.

J’étais bien concentrée sur ma tâche mais, comment dire, mon esprit vagabondait. Et c’était bien le but, m’échapper un temps de la réalité. En préparant ce top, j’avais en tête à la fois l’épopée de la Route 66, l’Histoire des USA avec ses migrants européens fuyant la pauvreté comme dans Y Cwilt Je pensais à cette petite fille galloise du conte de Valériane Leblond. Elle a pris vie, elle m’a chuchoté pourquoi, des années plus tard, elle voulait partir à son tour. Promis, elle vous le racontera ici prochainement. Dans cette petite histoire sans prétention, vous saurez faire la correspondance entre la fiction et la réalité, car dans tout récit on y met du sien !

A très vite avec Gwen,
Katell

Ce quilt veut s’appeler  OH ! Gwen… Vous comprendrez bientôt pourquoi !

Route 66 – Étape 2, vers Springfield, IL

Le convoi se met en route, les copines de la Route 66 ont de la bonne humeur à revendre, un brin de gourmandise (ah les pancakes du matin !), du swing dans les baskets…

Pour celles qui me lisent depuis peu, je rappelle que je me suis inscrite à un groupe Facebook où les participantes, des quilteuses, vont à la fois vivre un voyage virtuel sur la Route 66, de Chicago à Santa Barbara, et faire un quilt. Ici, j’écris des impressions de voyage, parfois inspirée par les copines,  et je partage l’avancée de mon ouvrage pour faire un petit patchwork d’histoires qui fleure bon l’Amérique d’antan. 
Une joyeuse nostalgie baigne dans ce groupe, tout pour nous faire oublier la vie quotidienne.
En route !

Nous étions, fin août, au point de départ, Chicago.

Entre Chicago et Springfield, capitale de l’État de l’Illinois, la Route 66 a parfois été abandonnée au profit des autoroutes et la nature se l’approprie :

Photo prise dans l’État de l’Illinois (lien)

Mais ailleurs, l’heureux temps passé s’affiche en petits et grands musées, en panneaux et divers objets qui rappellent la joie et l’insouciance, particulièrement des années 1950-60. Et tant pis si c’est rouillé, ne le sommes-nous pas aussi parfois ? Nous sommes joyeusement vintage nous aussi !

A Springfield, ancienne station service de la Route 66 devenue un temps musée (lien)

En passant par Decatur…

Une des routes pour arriver à Springfield passe par la petite ville de Decatur. Si vous avez ce livre (Le Guide visuel du patchwork, Ellen Pahl, les Éditions de Saxe), cela vous dit peut-être quelque chose ! Il s’agit d’un point de croix noué en son centre, qui peut servir de nouage de quilting, sans fils qui traînent. 

Voici un nouage traditionnel :

Voici comment faire un nœud Decatur (pages 86-87 de mon édition de 1999) :

On commence comme un point de croix, en prenant bien toutes les épaisseurs du quilt. Ici j’ai marqué les points A – B – C, et au lieu de piquer directement à D (non écrit sur le tissu), je commence à faire une boucle au centre. Ici je triche, ce n’est qu’un tissu et pas un sandwich. 

 

Je termine ma boucle au centre, qui va devenir un petit nœud.

 

Puis on fait glisser l’aiguille entre les épaisseurs, sans couper le fil, pour faire le prochain nœud Decatur (ici, prochain nœud plus bas). Malin, discret, facile, rapide…

Pourquoi donc s’appelle-t-il nœud Decatur ? C’est l’auteure de ce chapitre, Caroline Reardon, qui a vu ce nouage sur un quilt exposé à Decatur… C’est ainsi que ce font certains baptêmes, tout simplement ! Si vous le cherchez sur internet, cela s’appelle Decatur Knot en anglais.

Quand on arrive à Springfield…

Les fans de TV ne peuvent s’empêcher de penser à la famille la plus connue de la ville, les Simpson !

La capitale de l’Illinois est une ville qui semble très agréable à vivre, pas trop grande, tournée vers la bonne chère et la culture, célébrant Abraham Lincoln et… la Route 66 !

La Route 66 est née à Springfield, même si le tracé commence officiellement à Chicago. On s’y réunit pour le fun, tous les engins motorisés sont admis pour célébrer la vieille dame, la Route 66 !

Des terres fertiles

Comme l’Illinois est en pleine région agricole, le Midwest, nommé Corn Belt (la ceinture de maïs) ou le grenier des USA, je profite de notre halte dans cet État pour vous parler des céréales pour le petit-déjeuner. Un clin d’œil tout d’abord aux flocons d’avoine de marque Quaker dans l’article sur le Rajah quilt, créées par des fermiers de l’Ohio, même pas quakers !

La compagnie Kellogg’s au nom mondialement connu est une des grandes réussites américaines, mais savez-vous qui créa les corn flakes ? Ils arrivèrent en France en 1968, mais furent inventés à la fin du 19e siècle…

Un petit-déjeuner hygiénique

A partir de 1830 aux USA, des médecins hygiénistes voulurent améliorer l’espérance de vie en favorisant le végétarisme, l’exercice, la pensée positive et l’abandon du tabac, du café, du thé anglais, de l’alcool… Ils étaient bien en avance sur leur temps ! Cette mouvance restait très minoritaire, mais respectée.
John Harvey Kellogg (1852-1943) naquit dans le Michigan, au sein d’une famille de 16 enfants. Cette famille rallia la religion des Adventistes du 7e Jour dès sa création en 1860. Les Adventistes reprennent dans leur profession de foi la plupart des idées des médecins hygiénistes.

 La maladie est un effort de la nature pour libérer l’organisme des conditions résultant de la violation des lois de la santé…
L’air pur, la lumière du soleil, la tempérance, le repos, l’exercice, la nutrition, l’eau et la confiance en la puissance divine,
tels sont les vrais remèdes.
Ellen White, co-créatrice de l’EAJS, les 8 remèdes naturels

Jeune homme, John Kellogg fut encouragé par son Église à faire des études de médecine réformatrice à Chicago. Avec son frère Will, il dirigea ensuite le premier sanitarium (pas un sanatorium) de l’Église, un centre de bien-être où sont suivies les 8 préconisations de bonne santé. Il appelle cela la vie biologique. Un jour un peu par hasard, il crée des pétales de blé, puis fait de même avec du maïs et les sert au petit-déjeuner dans son établissement. Cette nourriture insipide est bonne contre… la masturbation, dit-il, et les idées de sexe plus généralement, qui sont attisées par les nourritures épicées

Dans le même but de bonne santé conforme à ses principes, c’est lui aussi qui invente le cultissime beurre de cacahuètes !

De la gymnastique au sanitarium de Battle Creek, vers 1900.

Pour nous, au 21e siècle, leurs principes de santé et de prévention des maladies ne sont globalement que du bon sens, mais la plupart des conseils allaient à l’encontre des habitudes de l’époque. Par exemple, se laver tous les jours !

Le bon docteur John Kellogg eut une vie pleine de réussites, avec une vision naturelle de la santé qui reste actuelle sauf… pour les relations sexuelles ! (Mal) guidé par le conservatisme religieux, ses discours à ce sujet sont ahurissants. En revanche, il n’eut jamais une once de racisme et il défendit toute sa vie la cause des Noirs. Il en forma des dizaines, médecins et autres professionnels de santé.

Et la marque Kellogg’s ? Dès le début, les frères Kellogg ne sont pas d’accord sur l’ajout du sucre. Le frère de John, Will, vise plus le succès commercial que la bonne santé ; le goût du public gagne, les corn flakes sont vendus sucrés et le frère fait carrière dans l’agroéconomie. L’ajout de vitamines en fait un aliment qui a aidé le peuple américain en temps de crise (1929, guerres mondiales).  Les pétales de maïs et leurs produits dérivés se vendent dans le monde entier, employant 37 000 personnes. A présent, on critique leur ajout de sucre, de sel, on se méfie de leur contribution à l’obésité (indice glycémique)… Mais quand on a été élevé avec des céréales du matin, elles restent souvent un doudou alimentaire à vie !

Publicité de 1910
Un film raconte son histoire, très romancée. Je ne l’ai pas vu, et vous ?

Mon projet Route 66 : la carte des États-Unis

La première quinzaine d’octobre, chacune a déjà fait son étiquette, on a réuni ses tissus, on sait où on va et on va bel et bien commencer l’ouvrage. Beaucoup de mes copines de route ont déjà fait plusieurs blocs. Pour moi, ce sera ce week-end la préparation de la carte en papier, en suivant les instructions de mon modèle. J’ai enfin reçu mon tissu de fond !

Sur le tissu de fond choisi pour ma carte (Grunge étoilé), voici les feuilles de la carte à télécharger gratuitement ici (merci Flamingotoes.com) puis je découperai les États, en veillant bien à y marquer leur nom en abréviation de deux lettres. En France, nous avons les numéros de départements ; aux USA, on écrit IL pour Illinois par exemple. Après cette petite corvée viendra le grand plaisir de choisir un tissu par État ! 

                               Roule Jeunesse !

A très vite pour le point mensuel des quilts météo.
De nombreux quilts sont encore postés ce mois-ci, quelle diversité !

Katell 

Guérir : faire passer la lumière

Dans notre monde des arts textiles, le Japon compte beaucoup. On y trouve d’abord des artistes exceptionnelles, un raffinement inégalé, des tissus émouvants… Je reste personnellement amoureuse des styles de Keiko Goke, Shizuko Kuroha et de Marie-Claude Tsuruya, Japonaise par alliance. La première incarne la modernité, l’improvisation et la richesse de la fantaisie, alors que les deux dernières subliment les étoffes devenues précieuses par leur ancienneté et leur symbolisme : les vrais indigos, les sarasa et tous ces beaux tissus provenant des kimonos… En ce qui concerne l’art des quilts au Japon aussi, modernité et tradition restent à égalité dans mon cœur.

Même si j’ai admiré les quilts en tissus taupe, je n’en ai jamais été très fan personnellement, mais cela a permis un rapprochement entre nos deux cultures. C’est toujours bénéfique🙂.

Mont Fuji – Japon ©Travel mania. shutterstock

Peu à peu, la mode japonaise a quitté le devant de la scène du patchwork mais a gagné les étagères des librairies pour nous insuffler de nouvelles habitudes. Rangeons avec Marie Kondo pour un intérieur minimaliste, épanouissons-nous avec la recherche de notre ikigaï (la raison pour laquelle on a envie de se lever le matin), mangeons comme à Tokyo des sushis et comme à Okinawa une soupe miso au petit-déjeuner, offrons nos cadeaux emballés d’un furoshiki, jouons à Super-Mario et lisons des mangas, promenons-nous dans les bois pour un shirin yoku (bain de forêt bénéfique), apprécions l’imperfection avec le wabi-sabi, les reprises textiles avec le boro et le chiku-chiku… J’ai l’air de me moquer de toutes ces modes venues du Soleil Levant, mais non, j’y suis sensible et parfois m’y adonne avec enthousiasme, comme plusieurs d’entre vous ! 

 

Le Kintsugi

Et voici la nouvelle mode venue du Japon !

Ah la beauté de l’imperfection, le wabi-sabi ! C’est un concept que je défends depuis longtemps en patchwork et que j’ai abordé dans mon livre BeeBook (toujours en vente auprès de France Patchwork et, espérons-le, bientôt de nouveau en Salons de loisirs créatifs et en JA !). Avec le Kintsugi, il s’agit de réparer sans essayer de rendre l’apparence du neuf, agir en assumant les rides de l’âge, la marque des fêlures. Les deux principes se complètent : l’acceptation de l’imparfait, du « pas neuf », et la vision de la beauté hors jeunesse et nouveauté.

L’art du Kintsugi est donc traditionnellement appliqué aux objets fêlés, cassés, puis réparés avec un soin extraordinaire : les fêlures sont colmatées à l’or, les défauts sont sublimés, les faiblesses rendent l’objet plus solide qu’à l’origine…

La coach Céline Santini va plus loin en faisant le parallèle entre le Kintsugi et la résilience, ce principe psychologique mis en lumière par Boris Cyrulnik. Il s’agit de la capacité d’une personne à transformer un traumatisme en souvenir acceptable, à partir duquel on peut se reconstruire. On guérit en soignant ses blessures et on devient même meilleur et plus fort.

Son livre détaille à la fois l’art de réparer une fêlure d’un objet à l’or et celui de se réparer psychologiquement, se développer harmonieusement, pour aider à mieux vivre. On lit même que les personnes ayant été cabossées par la vie et qui se sont réparées, deviennent plus touchantes, plus intéressantes, plus authentiques. Le parallèle est saisissant. C’est un beau livre que j’ai eu grand plaisir à lire.

Le Kintsugi en patchwork

Déjà, au 19e, le japonisme, la Japanmania, touchait les artistes occidentaux. Pendant que les impressionnistes et autres peintres contemporains modernes s’inspiraient de l’art de l’estampe, l’art de la craquelure des poteries et porcelaines séduisaient les Américaines au point de s’en inspirer et de créer… le patchwork crazy ! C’est du moins une des versions, la plus vraisemblable d’ailleurs, de la naissance de ce style.

Sur un de mes crazy, le livre de Denyse Saint-Arroman, un des rares bouquins sur le crazy en français.

Le Bazar japonais à l’Exposition Universelle de Philadelphia, en 1876. Les porcelaines craquelées furent les inspirations pour le crazy patchwork, et en même temps, au même endroit, les dessins qu’on voit en décoration donnèrent l’idée de créer le bloc de l’Assiette de Dresde (voir son incroyable histoire par ici).

En Angleterre, Charlotte Bailey emballe de tissu chaque morceau d’une porcelaine cassée et les joint en décorant les failles au fil d’or fixé au point de Boulogne, le résultat est incroyable :

Un vase cassé ? Charlotte Bailey a conçu un long processus de rénovation avec chaque morceau emballé de tissu…

Le Kintsugi a fait récemment irruption dans la mode du patchwork moderne, quand il s’agit d’ajouter une petite pièce après une erreur de mesure par exemple. Au lieu de cacher le rattrapage, on le met en valeur, comme ici, après des erreurs de coupe, avec un tissu finement rayé et très visible :

Bien sûr, il apparaît sur des poteries quiltées :

Le principe est devenu plus abstrait en représentant des failles :

Le Kintsugi devient aussi des lignes cassant un bloc, avec les inserts de bandes assemblant le patchwork :

Le livre qui a grandement popularisé le Kintsugi dans le patchwork improvisé est du Britannique Nicholas Ball. Bizarre, je n’ai pas encore pris le temps de vous parler de lui alors que je me sens si proche de sa démarche !

Double page montrant le quilt Kintsugi de Nicholas Ball (éditions Lucky Spools)

Comme bien souvent, Debbie de Seattle a judicieusement utilisé le modèle pour en faire un quilt, simplement beau comme j’aime :

K comme Kintsugi…
Cette lettre m’inspire pour faire mon premier bloc officiel à la manière Kintsugi – même si, avec les quilteuses Patch d’Oc, nous avions déjà utilisé cette technique d’insertion pour nombre de blocs du blason de Lacaze sans lui donner d’autre nom que patchwork libéré.

Ce sont ici les tout premiers blocs faits avec mes amies pour le quilt Blason de Lacaze, avec l’esprit libre de contraintes. Un grand amusement !

K comme Katell. J’ai d’abord pensé écrire mon prénom en langue des oiseaux (piou-piou, cui-cui ? Non, ce sont des jeux de sons, de lettres, de mots, des jeux de sens cachés de mots ou de phrases…), Katell devenant simplement KTL. Le E, avec ses 3 barres parallèles, me semblait le plus difficile à intégrer, mais finalement j’ai écrit toutes les lettres, le E se pliant tout de même gracieusement à l’exercice ! 

Ce sont les premiers essais, je sens que je vais bien m’amuser avec ces lettres très stylisées façon Kintsugi ! Ici un seul bloc pour deux L – deux ailes – pour voler plus vite. 

Ce sera un petit quilt, à poser sur une table, avec son esprit discrètement japonisant… Se souvenir de la beauté de la fêlure qui laisse passer la lumière…

A très vite,
Katell

La Route 66, la nostalgie joyeuse – Le départ, Chicago, Illinois

Bonjour, quel plaisir de revenir sur mon blog pour vous y retrouver !

Depuis 9 ans ½, j’aime vous présenter ici les arts textiles aussi bien par le petit bout de la lorgnette qu’avec des perspectives culturelles et historiques. En cette rentrée, laissez-moi vous raconter les premiers tours de roue d’un périple qui ira jusqu’en juin 2021.

Nous voilà parties, une soixantaine de girls en voyage sur la Route 66 ! Nous traverserons 8 des 50 États des USA. Je précise que c’est un voyage virtuel, le groupe est sur Facebook, je crois qu’on peut encore s’inscrire cette semaine, ensuite ce sera privé. https://www.facebook.com/groups/2960575844038884

On the Route 66, je suis la participante n° 40 !


Pendant une partie des vacances, je me suis demandé quel serait mon projet personnel… J’ai sérieusement envisagé une création sur toute la musique que j’aime qui vient de là qui vient du blues… Le titre aurait été Rock n’ Blues, mais voilà, je peinais à trouver un projet qui collait à l’idée, à tenir sur 8 mois. Finalement, je vais faire une carte des États-Unis en scraps (petits bouts de tissus bons à jeter… normalement) et j’ai donc repris le joli jeu de mots lu quelque part : ce sera la carte United Scraps of America !

Je vais docilement suivre le modèle de carte offert par ici et construire mon top, état par état, tel un puzzle. La seule chose que je sais, c’est que je broderai dessus le trait figurant la Route 66, le reste est encore flou…

Je ne sais même combien mesure ce quilt fini mais j’ai préparé les photocopies, c’est grand, c’est certain !


Patou Pat, notre meneuse de revue, nous a demandé de commencer par l’étiquette, c’étaient les devoirs de vacances pour ancrer chacune dans le projet. Voici la mienne :

Skyline de Chicago se reflétant dans le Lac Michigan

 

Notre ville de départ est Chicago, dans l’Illinois, une très belle ville moderne dont on parle relativement peu en France, depuis que Al Capone est tombé 🙂. Né à New-York et mort à Miami, Al Capone marqua surtout l’histoire de Chicago devenue sans foi ni loi dans les années 1920-30, la Cosa Nostra ayant mainmise sur la Police, la Justice et la Politique… 

Dans ma famille quand j’étais adolescente, j’entendais souvent parler de Chicago, siège social de la société où mon père a travaillé pendant presque 20 ans. La marque est connue, elle se résume à 2 lettres : IH (International Harvester), mais la société garde la sympathie du monde rural avec le nom de ses tracteurs et de son fondateur : McCormick.

Cyrus Hall McCormick est un inventeur du 19e siècle, concevant d’abord des faucheuses tractées par un cheval, puis des moissonneuses innovantes qui se vendent très bien grâce à des pratiques commerciales nouvelles (le début du marketing).

Le succès de la marque devient mondial après l’Exposition Universelle de Londres au Crystal Palace en 1851. Hélas, son fils était moins avisé, bien plus brutal et antipathique… Je vous la fais courte, mais le 1er mai 1886 eut lieu une grande grève à Chicago qui commença dans l’usine McCormick, pour réclamer la division de la journée en tranches de 8 heures :

A l’époque, les ouvriers travaillaient 10 heures 6 jours par semaine.

Si le mouvement commença chez McCormick, couvant déjà depuis des mois, il s’étendit en grève générale du 1er au 4 mai 1886 pour se terminer dans un bain de sang  le soir du 4, sur la place Haymarket de Chicago.

Tract pour le rassemblement à Haymarket, en anglais et allemand, en raison de l’origine des travailleurs. Ce sont des anarchistes pacifistes qui mènent le mouvement, certains deviendront les martyrs de cette soirée où règnera la plus grosse confusion. Les policiers ont ordre de « tirer pour tuer » (phrase reprise récemment par D. Trump) et un inconnu tira une bombe, tuant un policier. L’émeute qui s’ensuit fait d’autres victimes et Chicago devient l’emblème des luttes sociales.

Le résultat de ce chaos est que le 1er mai 1886 fut le premier des 1er mai, Jour du Travail jusqu’à aujourd’hui ! La journée des huit heures fut votée deux ans après.

Revenons à notre périple, prochaines étapes Springfield, St Louis… avec peut-être d’autres histoires à vous raconter !

Let the road trip begin !

 

route_66_2
Symbole de l’essor de la voiture particulière, des grands espaces, des vacances et de la liberté, la Route 66 est dans mes rêves pour ce voyage immobile !

Le prochain article vous montrera mon top Météo : qu’on a eu chaud encore cet été, pfff… J’espérais ne pas utiliser ma couleur dédiée aux 40 à 42°, mais si… La sécheresse sévit encore ici, dans la région toulousaine. Avec ce projet Météo, nous garderons d’autant plus en mémoire cette année 2020, si particulière… En attendant, portez-vous bien, suivez votre route et à bientôt !

Katell